Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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jeudi 3 avril 2025

Dead Sea de Phil Volken (2024) -★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Vu ce jour-ci... Ou plutôt devrais-je dire, subit il y a quelques dizaines de minutes. Bon, j'exagère un peu car dans le genre, il est facile de trouver bien pire dans le registre de l'angoisse prenant pour cadre mers et océans. Allez savoir pourquoi mais je me suis mis à rêver à un ersatz de l'excellent Triangle de Christopher Smith sans tout l'aspect fantastique que celui-ci revêtait à l'époque. Fantasmant sur un paquebot pratiquement désert dans lequel nos protagonistes allaient évoluer, Dead Sea de Phil Volken se déroule finalement sur un petit rafiot rouillé ! Un bateau de pèche piloté par un certain Rey (l'acteur Alexander Wraith). BON ! Vu que le film n'offre pas ou peu d'intérêt, j'vais spoiler un petit peu. Ce qui permettra à celles et ceux qui éventuellement n'auraient pas quatre-vingt dix minutes de leur temps de libre à perdre devant ce navet d'avoir tout de même une vague idée de son contenu. Tout démarre comme bon nombre de films directement tournés en vidéo à l'attention des plate-formes de VOD. Côté visuel, tout est moche et dépersonnalisé. Pas un brin de cachet et comme le veut la tradition : Dead Sea n'est qu'une resucée de tout un tas de longs-métrages dont la majorité est déjà elle-même plutôt navrante. La jolie Kaya (Isabel Gravitt) y est filmée sous toutes les coutures et avec une prédisposition pour la contre-plongée. Surtout lorsqu'il s'agit pour le cameraman de filmer l'héroïne, simplement vêtue d'un bikini, lorsque celle-ci est de dos afin de pouvoir offrir aux libidineux spectateurs que nous sommes la fraîcheur d'une paire de fesses bien fermes, certes petites, et donc pratiquement adolescentes... Mais ne vous emballez pas très chers amis. Pas la peine de sortir le rouleau de Sopalin pour les plus cochons d'entre vous car Dead Sea est avant tout un thriller horrifique où la sexualité es remisée en arrière-plan. Du moins l'intrigue le laisse-t-elle penser car au fond, le suspens et l'angoisse tels qu'ils sont attendus vont tant et si bien se faire attendre que l'on aura l'impression que le réalisateur et scénariste américain nous aura à ce titre, posé un lapin. Accompagnée de ses amis Tessa (Genneya Walton), Xander (Koa Tom) et Julian (Garrett Wareing), Kaya part faire du jet ski en plein océan lorsque l'un des deux engins que les deux couples ont enfourché plus tôt dans l'après-midi (difficile d'évaluer le temps qui passe vu l'atroce montage du film) est renversé on ne sait par quel miracle.


Le temps est calme et la mer n'étant donc pas déchaînée, on ne s'explique pas les raisons de l'accident. Mais ça n'est pas fini puisque arrive à toute berzingue le second jet ski chevauché par Tessa et Xander. Tout sourire, le garçon ne voit pas que devant lui se trouvent à la mer Kaya et Julian. Fauchant ce dernier, désormais parti pour nourrir les prédateurs marins, le second jet ski s'écrase contre le premier. Démunis, les trois rescapés n'ont plus qu'à espérer que la Mort arrive le plus rapidement possible lorsque arrive au large le bateau de pèche de Rey, lequel s'empresse (mouais!) de faire monter le trio à son bord. Drôle de type quand même. Pas très social et assez inactif lorsqu'il s'agit de venir au secours de Tessa et Xander qui à la suite de l'accident ont été blessés. Bref ! Nos trois jeunes adultes ne le savent pas encore mais ils viennent de tomber entre les mains d'un type peu recommandable que l'on pense être tout d'abord un psychopathe parcourant les océans à la recherches d'éventuelles proies. Ce qui d'une certaine manière est vrai. Non pas qu'il paraisse prendre du plaisir à prendre ''dans ses filets'' ceux qui passent dans les parages mais l'homme se fait complice d'un trafic d'organes avec la complicité d'un chirurgien. Un certain Doc (dont le nom mériterait la palme d'or de l'originalité comme on peut le constater) qui opère à vif les proies recueillies par Rey afin de revendre les organes des involontaires donateurs à de riches familles dont les membres ont besoin de greffe. Voilà, c'est tout ce qu'il y avait à savoir sur Dead Sea. En effet, le long-métrage de Phil Volken est un ratage total. Aucun sens du rythme. Aucun suspens. Pas le moindre sentiment d'effroi et des interprètes qui viennent simplement toucher leur cachet. On est là devant un film d'une indigence telle que l'intérêt pour le récit s'interrompt pratiquement dès le générique du début. Isabel Gravitt est jolie, certes. Mais face à la jeune actrice l'on a droit à un Alexander Wraith neurasthénique qui semble être psychologiquement aux abonnés absents. Quand on ne croit pas à un projet, on ne s'y donne pas corps et âme. Bref, Dead Sea est mauvais. Une véritable perte de temps... Passez donc votre chemin...

 

mercredi 2 avril 2025

Last Breath d'Alex Parkinson (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Pour se convaincre que la survie d'un homme après être demeuré sans oxygène pendant près d'une demi-heure puisse être crédible, il faut que l'histoire soit authentique. À défaut de quoi, le principe semble tout à fait invraisemblable. C'est pourtant ce qui est arrivé le 18 septembre 2012 au plongeur en saturation professionnel britannique Chris Lemons lors d'une descendes dans les grands fonds de la Mer du Nord. Intervenant aux abords d'une plate-forme sous-marine située à près de cent mètres sous la surface de la mer, le cordon ombilical qui l'approvisionne en oxygène se rompt, le privant d'air. Ne lui reste alors qu'une toute petite réserve de cinq minutes. Cinq minuscules minutes qui a priori ne suffiront pas aux autres membres de l'équipe de forage pour lui venir en aide. Alors qu'à la surface une tempête fait rage, à bord du bateau qui a acheminé la capsule à bord de laquelle Chris Lemons et deux de ses collègues sont arrivés tout le monde s'apprête à vivre l'une des plus incroyables tentatives de sauvetage... Oui, vraiment, difficile de croire que l'homme ait pu survivre à une telle mésaventure. Les spécialistes n'ayant d'ailleurs jamais pu expliquer comment Chris Lemons a pu survivre tout en conservant toutes ses facultés mentales après que son cerveau ait manqué d'oxygène durant tant de minutes. Ironiquement, l'on retiendra qu'à la suite de cet accident, l'homme a largement battu le record d'apnée détenu par le français Stéphane Mifsud et ses onze minutes et trente-cinq secondes ! En 2019, les réalisateurs Richard da Costa et Alex Parkinson signèrent Le survivant des abysses, un documentaire entièrement consacré à cette incroyable histoire. Seul le second réalisera six ans plus tard une fiction elle-même basée sur le récit de cet accident des grandes profondeurs et du miracle qui procéda du sauvetage et de la survie de Chris Lemons... Fiancé à Morag (Bobby Rainsbury), Chris doit faire partie d'une mission consistant à vérifier l'état d'un réseau de pipelines immergés à près de cent mètres de profondeur.


Installé aux côté de Duncan Allock dont il s'agira de la dernière mission avant une retraite forcée et de Dave Yuasa, le jeune homme va plonger dans une eau à deux degrés en compagnie de ce dernier lorsqu'un incident va le séparer de ses deux compagnons mais aussi et surtout le condamner à une mort prétendument certaine maintenant que le câble à oxygène qui le reliait jusque là s'est rompu. Incapables de se faire à l'idée d'abandonner Chris à son triste sort, Duncan , Dave et l'équipa du navire qui se trouve à la surface entreprendront donc comme dans l'histoire vraie un véritable exploit dans une eau déchaînée... Incarné par l'acteur Finn Cole, Chris est jeune, a la vie devant lui, et c'est peut-être justement parce qu'il a encore l'air d'un gamin que son personnage apparaît si touchant. Tout comme Simu Liu qui incarne un Dave d'abord distant mais sans lequel rien n'aurait été possible. Quant à Woody Harrelson, il interprète le rôle de Ducan Allock. Si les films prenant pour cadre les fonds-marins sont légions et si un certain nombre d'entre eux prennent pour sujet les dangers qui y règnent, Last Breath a donc pour avantage d'être tiré d'un fait-divers authentique. Ce qui rend plus angoissante encore l'aventure de ces trois hommes pris au piège sous les eaux. Accompagné par la très belle bande originale composée par Paul Leonard-Morgan, le film passe de moments de tensions à des séquences véritablement poignantes dues en majorité à l'incarnation des trois principaux interprètes. À contrario, il est évident que sans le cachet ''histoire vraie'', Last Breath n'a pas vraiment d'argument très original à proposer aux spectateurs. Écrit de manière rudimentaire, le film peut malgré tout compter sur l'emploi de techniques de filmage permettant de plonger le spectateur au cœur de l'action grâce à des caméras sous-marines qui renforcent le réalisme de certaine séquences...

 

mardi 1 avril 2025

37 : l'ombre et la proie d'Arthur Môlard (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Premier long-métrage écrit et réalisé par le cinéaste français Arthur Môlard après les courts-métrages Jiminy en 2013 etScaramouche Scaramouche en 2018, 37 : l'ombre et la proie est un thriller en huis-clos en grande partie tourné à l'intérieur d'une cabine de semi-remorque conduit par Vincent. Un chauffeur marié et père de deux filles qui à la frontière accepte d'accueillir à son bord ''Trente-sept'', une migrante enceinte malgré l'interdiction de prendre des passagers. La jeune femme était jusque là montée dans le camion de Fredo (Arnaud Churin), un autre conducteur et ami de Vincent dont on apprendra très rapidement qu'il a été abattu d'une balle dans la tête. Très vite, Vincent comprend que ''Trente-sept'' est probablement coupable du meurtre. Évoquer ce dernier n'étant en soit une révélation qui n'a rien de vraiment capital puisqu'un détail (du sang coule de la portière passager de la victime) ainsi que l'affiche ne laissent la place à aucune autre hypothèse. D'autant plus que la passagère de notre héros se comporte de manière plutôt inadéquate. En effet, on peut supposer qu'en tant que migrante, la jeune femme aurait dû avoir tendance à se faire discrète. Concernant la mort de Fredo, 37 : l'ombre et la proie ne fait donc pas du cas un mystère et l'intérêt du long-métrage reposera sur un tout autre objet. Et même sur plusieurs qu'il serait majoritairement criminel de révéler ici. À l'origine du projet l'on trouve la société Parasomnia Production dont la structure repose sur le financement de films de genre français. Collaboration entre Moana Films et Sony Pictures Entertainment France, le long-métrage d'Arthur Môlard est l'un des premiers projets de la société qui produit ainsi une œuvre sinon budgété à hauteur d'un blockbuster d'action à la française, du moins aussi ambitieux que put l'être un certain The Hitcher signé en 1986 par le réalisateur américain Robert Harmon. Véritable film culte dans lequel le protagoniste Jim Halsey (C. Thomas Howell) prenait à bord de son véhicule John Ryder (diabolique Rutger Hauer) dans un film sous tension dans lequel ce dernier semait la mort tout en étant particulièrement menaçant vis à vis du jeune conducteur. En cela, 37 : l'ombre et la proie s'en rapproche très clairement. Mais plutôt que de s'inscrire exclusivement dans les genres Thriller, Road-Movie et film d'horreur, Arthur Môlard convoque une thématique très en vogue actuellement : celui du sort des migrants et de leur transport illégal à bord de camions afin de les faire traverser le pays jusqu'en Angleterre.


Si la première partie du film ne brille pas par son originalité, la suite des événements prouvera que le réalisateur et la scénariste Claire Patronik qui est venue le soutenir dans l'élaboration du scénario ont quelque chose de véritablement tangible à proposer au public. Un script pervers et inattendu soutenu par plusieurs twists qui relanceront la machinerie jusqu'au terme du récit. Dans le rôle de Vincent, l'acteur Guillaume Pottier qui dernièrement est apparu dans L'amour ouf de Gilles Lellouche et Bastion 36 d'Olivier Marchal incarne un personnage attachant mais réservé, soucieux de préserver les siens au point d'avoir contracté une assurance vie à son nom si jamais sa famille devait rencontrer des soucis financiers. Bien que le film tourne autour de son personnage et de celui interprété par l'actrice suisse Melodie Simina (dont ''Trente-sept'' est le premier vrai rôle principal sur un grand écran), 37 : l'ombre et la proie n'en met pas moins en scène quelques personnages secondaires. Tels Patti, Carlos et Pepito, respectivement incarnés à l'écran par Agnès Sourdillon, Christophe Vandevelde et Ary Gabison. Le long-métrage d'Arthur Môlard réserve quelques jolis instants de tension, comme lorsque nos deux principaux protagonistes rejoignent les collègues de Fredo dans un bar afin de lui rendre un dernier hommage. Le film n'en est pas moins réduit parfois à quelques facilités qui rendent certaines scènes improbables. Comme lors de cette séquence justement, surtout lorsque Vincent danse avec la jeune migrante. Une situation qui aurait probablement laissé espérer pour le personnage une porte de sortie lui permettant de se saisir du sac de la jeune femme renfermant l'arme à feu de Fredo. Mais non, en Saint-Vincent (comme le décrira notamment Patti), on ne saura sans doute jamais s'il agit avec prudence en raison des conditions physiques de ''Trente-sept'' (je rappelle qu'elle est enceinte) ou pour préserver ses amis qui risqueraient pour le coup de prendre une balle perdue. Toujours est-il que le film ménage une jolie tension, laquelle prend de l'ampleur au fil du récit, jusqu'à cette révélation qui remet tout en question et que je vous pousse à découvrir par vous-même. Au final, aussi exiguë que puisse être la structure du projet, 37 : l'ombre et la proie fonctionne parfaitement. On ne s'ennuie jamais grâce à une relance scénaristique permanente qui permet en outre de mettre de côté les quelques invraisemblances qui émaillent le récit. À voir, donc...

 

lundi 31 mars 2025

Jiko Bukken: Kowai Madori de Hideo Nakata (2020) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Aux côtés de son homologue Takashi Shimizu, le réalisateur japonais Hideo Nakata demeure l'un des plus fameux créateurs de contenu horrifique de type J-Horror. Tout comme lui, il signa quelques classiques parmi lesquels plusieurs volets de la franchise Ringu et surtout, le chef-d’œuvre absolu du film de fantômes asiatiques Honogurai Mizu no Soko Kara plus connu chez nous sous le titre Dark Water. Après avoir majoritairement mis en scène des films d'horreur tout en étant désormais beaucoup moins exposé à l'échelle internationale, Hideo Nakata continue aujourd'hui à explorer l'univers des esprits belliqueux, notamment à travers Jiko Bukken: Kowai Madori, un antépénultième long-métrage qui prend en partie pour cadre le petit monde de la télévision. Mais tout commence sur les planches d'une salle de spectacle où sont en représentation Taisa Nakai (Kôji Seto) et Yamame Yamano (Kazuya Kamenashi). Deux humoristes qui ne parviennent absolument pas à faire rire leur public en dehors de la jeune Kaori (l'actrice et chanteuse Megumi que l'on vit notamment dans un certain nombre de longs-métrages mettant en scène le célèbre Kaijū Godzilla). Les deux hommes décident alors de se séparer. Le premier se voit offrir un emploi de scénariste mais le producteur qui l'engage décide au bout du compte de se passer de ses services. Quant au second, ce même producteur lui offre l'opportunité de se rendre sur les lieux d'un drame à l'aide d'une caméra lorsqu'il filme à son insu un phénomène paranormal. Rencontrant un certain succès auprès du public médusé, Yamame Yamano est désormais employé afin d'enregistrer toute intervention surnaturelle se produisant en des lieux où survinrent des drames. Par chance, Taisa Nakai est engagé à ses côtés. Quant à Kaori, séduite par Yamame Yamano, la jeune femme décide de suivre l'ancien duo d'humoristes lors de leurs nouvelles pérégrinations... Adapté du roman éponyme de Tanishi Matsubara, Jiko Bukken: Kowai Madori met en scène trois personnages dans un mélange de film d'épouvante, de fantastique et de romance s'inscrivant dans un contexte télévisuel. Hideo Nakata les plonge donc dans l'univers de la petite lucarne et nous propose une alternative originale du thème des fantômes basée sur l'expérience vécue par Tanishi Matsubara qui outre sa carrière de comique explora des appartements prétendument hantés. Des expériences qui furent diffusées dans l'émission de télévision japonaise Omaera Ikuna dédiée aux phénomènes paranormaux.


Le concept est ici découpé en plusieurs chapitres, chacun correspondant à l'investigation d'un appartement. Mais l'essentiel du récit tourne précisément autour de l'un d'eux. Alors que le père de Taisa Nakai n'a jamais cru en la carrière d'humoriste de son fils et que Yamame Yamano est convaincu des bienfaits de rendre les gens heureux, l'on découvre que Kaori développe depuis toute petite le don de voir l'esprit des morts. Si l'acteur Kôji Seto est souvent mis en retrait, Hideo Nakata s'investit davantage dans l'écriture du duo Kazuya Kamenashi/Megumi afin d'en faire un couple naïf et attachant. Durant près de deux heures, Jiko Bukken: Kowai Madori reste malgré tout très loin des œuvres les plus emblématiques du cinéaste japonais qui retrouve donc ici l'une des ses thématiques favorites. Mais à multiplier les interventions surnaturelles n'ayant aucun rapports entre elles avant de fixer l'objectif des protagonistes sur une inquiétante femme vêtue d'une robe rouge victime d'un meurtre horrible, Hideo Nakata noie tout d'abord son récit et brouille les pistes. Si certaines séquences font œuvre de remplissage et si les interventions surnaturelles ne sont pas toutes du meilleur goût, Jiko Bukken: Kowai Madori bénéficie malgré tout de quelques séquences mémorables qui rappellent combien le réalisateur et scénariste japonais compta dans l'ascension à l'échelle internationale du genre J-Horror ! Si les événements se précisent et se précipitent véritablement lors du dernier tiers du long-métrage, quelques scènes marquantes permettent avant cela au spectateur de tenir jusque là. Comme cette séquence lors de laquelle, séparés de quelques centaines de mètres mais connectés par téléphones portables interposés, Yamame Yamano et Taisa Nakai sont simultanément confrontés à la dite femme en robe rouge. Hideo Nakata ne précise jamais véritablement ses intentions. Du moins n'appuie-t-il jamais suffisamment fort sur le côté émotionnel (la relation entre Yamame Yamano et Kaori) ou sur le sensationnel pour que les spectateurs soient véritablement bouleversés par l'idylle entre les deux personnages principaux où effrayés par les différentes incarnations surnaturelles. Au regard des classiques que réalisa dans le passé Hideo Nakata, Jiko Bukken: Kowai Madori apparaît certes comme une curiosité tout en étant n'étant nettement moins convainquant...

 

dimanche 30 mars 2025

Minna no Uta de Takashi Shimizu (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Fidèle au genre qui le rendit populaire auprès des amateurs de frissons, le réalisateur et scénariste japonais Takashi Shimizu continue aujourd'hui à explorer les domaines de l'horreur, de l'épouvante et du fantastique. Si ses dernières œuvres n'ont semble-t-il toujours pas été distribuées sur le territoire français, en usant de quelques subterfuges, il est malgré tout possible de mettre la main dessus avant tout le monde. Un exercice qui demande un peu d'ingéniosité, de savoir-faire, de doigté et surtout, de patience. Alors que je ne désespéré pas d'évoquer très prochainement Immersion et Anoko wa Daare? respectivement réalisés en 2023 et 2024, j'ai eu la chance de pouvoir découvrir aujourd'hui son antépénultième projet cinématographique intitulé Minna no Uta qui dans notre langue signifie ''La chanson de tout le monde''. Un drôle de titre pour un long-métrage qui au fond se révèle relativement classique dans sa forme et dans son contenu puisque après la télévision, la cassette vidéo ou encore le téléphone maudit, la J-Horror se dote désormais d'une cassette audio dans le catalogue des objets maudits propres au cinéma asiatique. Takashi Shimizu opère donc un bond dans le passé en nous rappelant aux bons souvenirs de Ringu de Hideo Nakata et consorts. Au cœur du récit, un nouveau drame que l'auteur de la franchise Ju-on, de Rinne ou de la trilogie formée autour de Inunaki, le village oublié, JKAï, la forêt des suicides et Ushikubi Village crée autour d'une jeune étudiante disparue qui réapparaît sous la forme d'un fantôme lorsque est retrouvé et diffusé sur les ondes radio une cassette audio vieille de trente ans. L'on y entend la voix de Sana Takaya (Tomoko Hoshi), soliloquant et chantant une berceuse qu'elle rêvait de partager avec le monde entier. Minna no Uta prend ensuite pour cadre un studio d'enregistrement et un gymnase dans lesquels un groupe de Boys Band japonais enregistre son tout nouvel album et répète une chorégraphie ainsi qu'un hôtel luxueux qui les abrite le temps de mettre un terme à leur projet. Lors d'une interview, une cassette envoyée par une inconnue est diffusée sur les ondes. À la suite de quoi, l'un des membres du groupe disparaît. C'est là qu'intervient alors le détective Tsugutoshi Gonda (Makita Sports). Pas très au fait des nouveaux courants musicaux, il découvre l'identité de chaque membre du groupe à travers une vidéo diffusée sur les réseaux.


Engagé par la manager du groupe, Tsugutoshi Gonda n'a que trois jours pour retrouver la trace du disparu s'il veut pouvoir empocher une rondelette somme d'argent ! Plus qu'un simple film d'épouvante, Minna no Uta est d'abord un film policier durant lequel le détective en charge de l'enquête va pénétrer un univers qui lui est inconnu, empli de phénomènes pour l'instant inexpliqués et inexplicables. Des événements paranormaux auxquels n'importe qui de normalement constitué voudrait échapper mais l'argent qui l'attend à la clé permettra sans doute à cet homme qui n'assure pas vraiment son rôle de père et d'époux de prouver enfin sa valeur. Comme souvent chez Takashi Shimizu et chez les autres cinéastes japonais dont les œuvres prennent généralement pour cadre des récits fantastiques, il n'est pas d'emblée évident de suivre confortablement l'aventure du détective et des membres du groupe. Il faut d'abord s'accoutumer des différents protagonistes dont seul le détective Gonda tranche de part son âge avancé. Un flic qui travaille à l'ancienne, carnet et stylo à la main. Minna no Uta se décompose en une succession de séquences entrecoupant des passages consacrés à l'enquête du détective lors duquel Gonda interroge les principaux témoins, de nombreux flash-back remontant aux trois derniers jours, mais aussi et surtout à l'époque du drame, au tout début des années quatre-vingt dix, lorsque les événements témoignent d'un accident (meurtre?) dont les conséquences se projetteront donc trente ans plus tard. Minna no Uta aurait probablement mérité de n'être concentré que sur quatre-vingt ou quatre-vingt dix minutes et non pas sur plus de cent. Sa durée ayant pour conséquences quelques ventres mous dont nous nous serions bien passés. Mais au-delà de cette seule critique, l'on retrouve ce qui distingue le cinéma de Takashi Shimizu de ses compatriotes. Une mélancholie, une noirceur et des séquences chocs qui contrebalancent les quelques passages ennuyeux. Comme tout bon film de J-Horror, la résolution de l'affaire interviendra lors d'un final visuellement saisissant, caractérisant de la manière la plus iconique une ''créature'' aussi néfaste que morbide dans ses projets d'étude ! Bref, Minna no Uta signe quelque peu le retour en grâce d'un très grand spécialiste de la J-Horror qui depuis quelques temps avait tendance à s'égarer...

 

samedi 29 mars 2025

La damnée d'Abel Danan (2024) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Hasard malheureux du calendrier, c'est après avoir découvert Control Freak de Shal Ngo que je suis tombé sur La damnée du réalisateur français Abel Danan dont le premier long-métrage Don't Watch! a vu le jour sur la plateforme de streaming UniversCiné en décembre dernier et dont le second film partage avec celui du cinéaste américain quelques similitudes (légende taoïste d'un côté et marocaine de l'autre). Conçu bien en amont mais diffusé dans les salles de cinéma en octobre 2024 sans doute en raison du Covid-19,  La damnée apparaît déjà aujourd'hui comme étant fortement anachronique. Alors que le virus qui enferma la population française durant de longs mois bénéficia à de nombreux longs-métrages tous genres confondus, La damnée arrive avec un train de retard (un '' détail '' qui amusera plus ou moins les fréquents usagers de la Sncf). Incarné par une héroïne d'origine marocaine, l'on aurait pu et dû se prêter au fantasme de découvrir une œuvre exotique provenant du Maghreb mais bien qu'étant née d'une famille originaire dOudja, l'actrice Lina El Arabia, l'évocation et les rarissimes représentations géographiques du Maroc ainsi que certaines compositions dues au musicien français Benjamin Grossmann n'empêchent pourtant pas La damnée de n'être qu'un petit film d'horreur qui reste ancré dans un esprit très occidental. N'en déplaise aux quelques séquences tournées au Maroc revenant sur les origines du Mal qui semble s'être invité dans le petit appartement de l'héroïne prénommée Yara, Abel Danan ne parvient malheureusement pas à se distinguer de la concurrence.


Le réalisateur tente de semer le doute entre les troubles psychiatriques d'une jeune femme atteinte d'agoraphobie, les symptômes présumés du Covid-19 et la présence d'une créature originaire d'un petit village marocain bien décidée à se venger sur la descendance de celles et ceux qui s'en prirent à elle au temps de son vivant. Après, évidemment, le film emprunte son concept à toute une vague de longs-métrages portant sur le thème des esprits et des malédictions sans pour autant parvenir à apporter sa pierre à l'édifice. La damnée manque ainsi cruellement d'originalité et bien que portant son sujet autour d'une légende géographiquement exotique, le résultat est d'une platitude quasi exemplaire. On sent pourtant qu'Abel Danan et son interprète principale tentent des choses. Si certains visuels ne sont pas inintéressants et si Lina El Arabia fait tout pour rendre crédible la situation dans laquelle est plongé son personnage, au final, le film demeure plutôt fade. N'est pas Roman Polanski ou Catherine Deneuve qui veut. Nous sommes donc très loin du génial Répulsion auquel, parfois, le film semble se référer (le meurtre au couteau) ou des productions asiatiques façon J-Horror qui demeurent avant tout parmi les meilleures références en matière d'agressions surnaturelles et domestiques. Concernant le sous-texte très contemporain du patriarcat, là encore, le réalisateur se montre relativement timide. La damnée reste essentiellement une sorte de vade-mecum du cinéma fantastico-horrifique qui permet surtout à son auteur de régurgiter toutes ses connaissances en la matière sans pour autant y ajouter sa touche personnelle. En conclusion, l'on réservera tout d'abord le film aux néophytes puisque les habitués risquent de s'ennuyer devant cet étalage de poncifs...

 

vendredi 28 mars 2025

Control Freak de Shal Ngo (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour son second long-métrage deux ans après The Park il y a deux ans, le réalisateur originaire de Minneapolis Shal Ngo revient cette année avec son second film intitulé Control Freak. Une œuvre de type Body Horror, genre dont l'importante résurgence a récemment donné naissance à des longs-métrages tels que le surestimé Titane de la française Julia Ducournau, les films de Brandon Cronenberg (fils de l'illustre David Cronenberg) ou encore plus récemment, le surcoté The Substance de cette autre cinéaste française qu'est Coralie Fargeat ! Écrit et réalisé par Shal Ngo, Control Freak met en scène l'actrice américaine Kelly Marie Tran dans le rôle de Valérie, une conférencière et écrivaine très influente qui prépare une tournée mais qui depuis toujours semble être atteinte d'un mal dont l'origine reste difficile à déterminer. Alors que la mère de la jeune femme est morte par noyade lorsque que Valérie n'était qu'une toute jeune enfant, son père Sang (Toan Le) est devenu prêtre bouddhiste malgré sa dépendance aux drogues dures. Un père que Valérie évite de fréquenter autant que cela lui est possible, persuadée qu'il a sa part de responsabilité dans le décès de sa mère. Relativement proche de sa tante Thuy (Kieu Chinh), la jeune femme vit avec son compagnon Robbie (Miles Robbins), lequel a la particularité d'être également employé par Valérie. Si dans les médias et à travers ses ouvrages celle-ci apparaît comme une femme parfaitement saine de corps et d'esprit prodiguant des conseils à toutes celles et ceux qui acceptent de l'écouter, au quotidien, la vie n'est pas aussi simple qu'elle en a l'air. En effet, Valérie est victime d'irrépressibles démangeaisons qui la poussent à se gratter le cuir chevelu jusqu'au sang. Un trouble qui remonte à son enfance et que le réalisateur semble tout d'abord vouloir lier à la mort de sa mère. Mais là où Control Freak bifurque, c'est dans l'exploration d'une mythologie d'origine taoïste évoquant les Sanshi. Des vers spirituels de trois types surnommés ''Les trois cadavres'' qui infesteraient le corps des humains de leur naissance jusqu'à leur décès afin de les contraindre à commettre des actes monstrueux. Nommés Jōshi, Chūshi et Geshi, l'un d'eux apparaît à l'image sous des traits et des dimensions bien différents de la légende. Tout d'abord, les vers sont remplacés par des fourmis.


Ce qui sans doute accentue le phénomène de terreur puisque cette créature parfaitement concrète appartenant au monde réel est dans notre univers, visible chaque jour. Ensuite, bien que ces créatures soient minuscules, elles conservent une version à taille humaine particulièrement hideuse qui de près ou de loin rappelle la version définitive de la mouche dans le chef-d’œuvre réalisé par David Cronenberg dans le courant des années quatre-vingt, The Fly ! Le long-métrage de Shal Ngo décrit la lente et douloureuse descente aux enfers d'une jeune femme pas tout à fait bien dans sa peau en exploitant le filon de la mythologie taoïste mais aussi celui des désordres psychiatrique et physiologique.Si bien que durant une partie importante du récit l'on ne sait pas si Valérie est en proie à une malédiction ou si elle est victime de démence et donc de simples visions cauchemardesques. Incarné par une interprète de talent, Control Freak souffre en partie d'une durée beaucoup trop importante. Bien que cent-cinq minutes ne relèvent pas du marathon, encore faut-il être en mesure de combler chaque instant du récit. Ce qui ne semble être ici pas le cas puisque le réalisateur répète parfois ad nauseam les mêmes plans, par dizaines, comme cette traversée d'un pont où ces séances de ''grattage'' mettant notre héroïne face à ses obsessions. D'ailleurs, pour en revenir au concept de Body Horror, les amateurs du genre risquent de tomber des nues devant une œuvre qui en la matière est plutôt avare. Car à part quelques toutes petites effusions de sang et, il est vrai, la vision d'un trou crânien relativement répugnant, question horreur, c'est la dèche ! Le film repose avant tout sur la performance de sa principale interprète, habitée (ou non) par une entité qui la fait régulièrement vriller ou concevoir des systèmes très ingénieux lui évitant autant que cela lui est possible de se gratter l'arrière du crâne. Bref, Control Freak est une intéressante alternative dont les principaux défaut sont malgré tout sa durée, sa redondance et son manque d'effets gore. Sympa, sans plus...

 

jeudi 27 mars 2025

Presence de Steven Soderbergh (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Il y a des films qui parfois ont tendance à réveiller de vieilles blessures. Celles qui eurent un effet dévastateur sur notre ego. Comme en 2007, avec Paranormal Activity d'Oren Peli. Cette escroquerie que je me refusais à aller voir sur grand écran en sachant que l'expérience allait être pénible avant de finalement me laisser convaincre par cette petite voix insistante qui dans ma tête m'ordonna de payer ma place ainsi que celle de ma compagne afin de le découvrir en salle. Ou comme dix ans plus tard, en 2017, cette fois-ci sans avoir a débourser le moindre centime, lorsque je posais mes fesses dans le canapé pour assister à la projection de A Ghost Story dont son auteur, David Lorewy, n'a sans doute toujours pas encore aujourd'hui terminé de se donner ce plaisir solitaire qu'évoque chez lui cette faconde sans intérêt ! En 2025, comme un cauchemar récurrent, voilà que Steven Soderbergh s'y met à son tour. Auréolé d'une réputation ''récupérée'' dès 1989 avec Sex, Lies, and Videotape et tout au long d'une carrière presque parfaitement accomplie, le voici qui s'attaque à l'un des grands mythes du cinéma fantastique alors même que le septième art semble en avoir déjà fait le tour depuis très longtemps. C'est pourtant avec un concept fort que le réalisateur et scénariste américain revient dans le média qui l'a rendu célèbre. Adoubé par la profession dont les éloges sont aussi nombreuses qu'incompréhensibles, Presence bénéficie d'un atout, un seul ! Celui de filmer son œuvre du point de vue de son fantôme. Un ectoplasme qui ne se manifestera jamais autrement qu'en vue subjective. En théorie, la caméra s'efface donc au profit d'une entité qui jette un regard persistant sur une famille dont les quatre membres ont connu des jours meilleurs. Entre Chris (Chris Sullivan) et Rebekah (Lucy Liu), rien ne va plus. Alors que le père de famille émet l'éventualité de se séparer de son épouse, cette dernière se désintéresse de sa fille Chloe (Callina Lang), adolescente dont la meilleure amie Nadia fut une ancienne toxicomane récemment décédée. Son frère Tyler (Eddy Maday) lui présente Ryan (West Mulholland), garçon pour lequel elle développe un certain intérêt et avec lequel elle débute une relation. Jeune homme pourtant prévenant, l'entité qui hante les lieux semble vouloir interagir avec la jeune femme en s'opposant à l'histoire qui se met en place entre les deux adolescents.


Filmé à travers divers plans-séquences, ce n'est qu'à partir de cette relation naissante entre Chloe et Ryan que Presence signifie véritablement l'existence du fantôme même si dès les premières secondes la caméra survole les différentes pièces de la nouvelle maison des Payne comme le ferait un ectoplasme invisible de tous. Comme un pressentiment, l'esprit qui demeure en ces lieux tente d'avertir des dangers qui rôdent autour du personnage de Ryan. Une perception pourtant difficile de prime abord à quantifier chez le spectateur. Seul moyen pour l'entité de se manifester : faire tomber une étagère au moment même où le couple s'apprête à avoir une relation sexuelle ou plus tard, faire cuter a sol un verre à l'attention de Chloe qui contient une drogue versée par les soins de son nouveau petit ami ! Déjà persuadée d'une présence invisible dans leur domicile, l'adolescente finit par se convaincre qu'il s'agit peut-être du fantôme de Nadia... L'on a droit à la sempiternelle intervention d'une médium incarnée à l'image par Natalie Woodlams-Torres et qui d'emblée ressent une présence. Le long-métrage de Steven Soderbergh partage avec son public de longues séquences de quotidiens. Celui de Chloe, évidemment, mais aussi ceux de ses parents ou de son frère Tyler qui s'agace très vite du comportement de sa sœur vis à vis de ses croyances. Échappant au principe des systèmes de caméras témoignant des exactions d'une entité invisible et faisant de son fantôme une ''créature'' bienveillante, Presence n'est absolument pas le film d'épouvante qu'il semblait prétendre être à l'origine. Nul frisson parcourant l'échine du spectateur. Aucun Jump Scare et pas la moindre vision horrifique ne viendra perturber les habitudes des amateurs d’œuvres à caractère surnaturel. Rien qu'une succession de séquences aux dialogues parfois insipides ne servant qu'à remplir le cahier des charges réglementaire de tout long-métrage devant tenir sur la longueur. Le film demeure malgré tout un cran au dessus des deux exemples cités ci-dessus même si en dehors du concept en vue subjective, le reste ne suffit pas à faire de Presence une œuvre remarquable. Et c'est là bien tout le problème. À n'avoir rien d'autre à proposer que le regard posé d'un fantôme sur un drame à venir et, il est vrai, à travers de jolis mouvements de caméra, Steven Soderbergh aurait sans doute mieux fait d'étoffer ses dialogues au lieu de ne nous servir qu'une succession de discours fades et stéréotypés...

 

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