Vu ce jour-ci... Ou
plutôt devrais-je dire, subit il y a quelques dizaines de minutes.
Bon, j'exagère un peu car dans le genre, il est facile de trouver
bien pire dans le registre de l'angoisse prenant pour cadre mers et
océans. Allez savoir pourquoi mais je me suis mis à rêver à un
ersatz de l'excellent Triangle
de
Christopher Smith sans tout l'aspect fantastique que celui-ci
revêtait à l'époque. Fantasmant sur un paquebot pratiquement
désert dans lequel nos protagonistes allaient évoluer, Dead
Sea
de Phil Volken se déroule finalement sur un petit rafiot rouillé !
Un bateau de pèche piloté par un certain Rey (l'acteur Alexander
Wraith). BON ! Vu que le film n'offre pas ou peu d'intérêt,
j'vais spoiler un petit peu. Ce qui permettra à celles et ceux qui
éventuellement n'auraient pas quatre-vingt dix minutes de leur temps
de libre à perdre devant ce navet d'avoir tout de même une vague
idée de son contenu. Tout démarre comme bon nombre de films
directement tournés en vidéo à l'attention des plate-formes de
VOD.
Côté visuel, tout est moche et dépersonnalisé. Pas un brin de
cachet et comme le veut la tradition : Dead
Sea
n'est qu'une resucée de tout un tas de longs-métrages dont la
majorité est déjà elle-même plutôt navrante. La jolie Kaya
(Isabel Gravitt) y est filmée sous toutes les coutures et avec une
prédisposition pour la contre-plongée. Surtout lorsqu'il s'agit
pour le cameraman de filmer l'héroïne, simplement vêtue d'un
bikini, lorsque celle-ci est de dos afin de pouvoir offrir aux
libidineux spectateurs que nous sommes la fraîcheur d'une paire de
fesses bien fermes, certes petites, et donc pratiquement
adolescentes... Mais ne vous emballez pas très chers amis. Pas la
peine de sortir le rouleau de Sopalin pour les plus cochons d'entre
vous car Dead Sea
est avant tout un thriller horrifique où la sexualité es remisée
en arrière-plan. Du moins l'intrigue le laisse-t-elle penser car au
fond, le suspens et l'angoisse tels qu'ils sont attendus vont tant et
si bien se faire attendre que l'on aura l'impression que le
réalisateur et scénariste américain nous aura à ce titre, posé
un lapin. Accompagnée de ses amis Tessa (Genneya Walton), Xander
(Koa Tom) et Julian (Garrett Wareing), Kaya part faire du jet ski en
plein océan lorsque l'un des deux engins que les deux couples ont
enfourché plus tôt dans l'après-midi (difficile d'évaluer le
temps qui passe vu l'atroce montage du film) est renversé on ne sait
par quel miracle.
Le
temps est calme et la mer n'étant donc pas déchaînée, on ne
s'explique pas les raisons de l'accident. Mais ça n'est pas fini
puisque arrive à toute berzingue le second jet ski chevauché par
Tessa et Xander. Tout sourire, le garçon ne voit pas que devant lui
se trouvent à la mer Kaya et Julian. Fauchant ce dernier, désormais
parti pour nourrir les prédateurs marins, le second jet ski s'écrase
contre le premier. Démunis, les trois rescapés n'ont plus qu'à
espérer que la Mort arrive le plus rapidement possible lorsque
arrive au large le bateau de pèche de Rey, lequel s'empresse
(mouais!) de faire monter le trio à son bord. Drôle de type quand
même. Pas très social et assez inactif lorsqu'il s'agit de venir au
secours de Tessa et Xander qui à la suite de l'accident ont été
blessés. Bref ! Nos trois jeunes adultes ne le savent pas
encore mais ils viennent de tomber entre les mains d'un type peu
recommandable que l'on pense être tout d'abord un psychopathe
parcourant les océans à la recherches d'éventuelles proies. Ce qui
d'une certaine manière est vrai. Non pas qu'il paraisse prendre du
plaisir à prendre ''dans ses filets'' ceux qui passent dans les
parages mais l'homme se fait complice d'un trafic d'organes avec la
complicité d'un chirurgien. Un certain Doc (dont le nom mériterait
la palme d'or de l'originalité comme on peut le constater) qui opère
à vif les proies recueillies par Rey afin de revendre les organes
des involontaires donateurs à de riches familles dont les membres
ont besoin de greffe. Voilà, c'est tout ce qu'il y avait à savoir
sur Dead Sea.
En effet, le long-métrage de Phil Volken est un ratage total. Aucun
sens du rythme. Aucun suspens. Pas le moindre sentiment d'effroi et
des interprètes qui viennent simplement toucher leur cachet. On est
là devant un film d'une indigence telle que l'intérêt pour le
récit s'interrompt pratiquement dès le générique du début.
Isabel Gravitt est jolie, certes. Mais face à la jeune actrice l'on
a droit à un Alexander Wraith neurasthénique qui semble être
psychologiquement aux abonnés absents. Quand on ne croit pas à un
projet, on ne s'y donne pas corps et âme. Bref, Dead
Sea
est mauvais. Une véritable perte de temps... Passez donc votre
chemin...