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dimanche 2 août 2026

Police Flash 80 de Jean-Baptiste Saurel (2026) ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Second long-métrage du réalisateur, scénariste, acteur et directeur de la photographie Jean-Baptiste Saurel après Zénithal en 2024, Police Flash 80 plonge sa petite équipe d'inspecteurs de police en plein cœur des années quatre-vingt au moment même où l'un de ses membres, Johnny Lansky, est retrouvé mort, assassiné. Son ami et collègue Yvon Kastendeuch (François Damiens) est alors placé par le commissaire.... Jean-Louis (Philippe Rebbot) à la tête d'une toute nouvelle unité nommée Police Flash 80. Secondé par la très compétente Guilaine Reblot-Bernard (Audrey Lamy), le fils d'immigrés maghrébins Marfoud Alaoui (Brahim Bouhlel) et de Roberto Torticelli (Xavier Lacaille), il est chargé de faire toute la lumière sur un réseau de trafic d'héroïne qui s'étend localement et dont certains responsables furent coupables de la mort de son ancien coéquipier... Ajoutons à ce petit casting fort sympathique la présence de l'acteur, réalisateur, scénariste et humoriste Thomas Ngijol qui dans le rôle de Luc Le Timal incarne un animateur de Maison des jeunes et de la culture (MJC) et collabore régulièrement avec la police. Concernant le quatuor principal, celui-ci est constitué de membres plutôt hétéroclites. À la tête de l'unité, Yvon agît souvent de manière impulsive et irréfléchie. Heureusement, les méthodes de ce flic qui pourtant a de la bouteille sont tempérées par Guilaine. Méthodique et mesurée, la jeune femme entre souvent en conflit avec son supérieur. Marfoud, lui, bien que très proche de sa mère qui le couve excessivement est un adepte des nouvelles technologies qu'il maîtrise parfaitement. Quant à Roberto, il est parfois celui qui prend le plus de risques en s'infiltrant directement au cœur des réseaux criminels en s'affublant de toute une panoplie de déguisements... Alors que le scénario de Thomas Ngijol, Giulio Callegari et Yohan Zaoui se prête en théorie plus facilement au genre policier ou thriller, Jean-Baptiste Saurel choisit le ton nettement plus léger de la comédie. Le plus délicat demeurant ici de retranscrire une époque désormais révolue qui passe en outre dans le cas présent par une sélection de musiques forcément typées années quatre-vingt...


Signée Alexis Rault, la bande-son vintage est en outre accompagnée de quelques classiques de la variété française de l'époque, tels les groupes et artistes solo Les Avions (Nuit Sauvage), Axel Bauer (Cargo), Guesch Patti (Étienne), Bandolero (Paris Latino) ou encore Philippe Lavil et Jocelyne Beroard (Kolé Séré)... Ensuite, le look des personnages. Blousons de cuir pour Yvon, Lunettes vintage pour Guilaine, moustache en chevron pour Marfoud ou coupe-mulet pour Roberto. Ici, le ton est parodique et donc forcément caricatural. Ça n'est jamais très fin mais ne donne jamais non plus dans le ringard outrancier. Audrey Lamy donne une véritable impulsion au récit, déployant une énergie qui se communique véritablement autour d'elle. L'occasion pour le réalisateur de traiter sur un ton léger de sujets tels que le choc des générations, le sexisme, la criminalité ou la corruption sur fond de satire sociale dont certains éléments renvoient à notre époque et semblent donc être parfois touchés d'anachronisme ! Coté reconstitution, le plus gros effort est donc accompli autour du look des personnages et de l'environnement professionnel dans lequel ils évoluent. Ce qui prête parfois à sourire comme lorsque par exemple, Marfoud est épaté par la présence dans des locaux d'une imprimante de dernière génération capable d'imprimer cinq feuilles par minutes ! Autres occasions de rire, les conflits permanents entre Yvon et Guilaine dont les désaccords sont récurrents ou lorsque Roberto s'affuble de déguisements invraisemblables afin de se fondre au sein de certaines populations. Bref, sans être LA comédie de l'année, Police Flash 80 fait le taf. On passe un très agréable moment au sein de cette section bigarrée et confrontée à un Thomas Ngijol savoureux...

 

samedi 9 mai 2026

Ça tourne à Saint-Pierre et Miquelon de Christian Monnier (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 

 


Avec ses fausses informations télévisées présentant Roman Zodowski (Référence à Roman Polanski ? Andrzej Zulawski?) comme un original qui a connu le succès avec son premier long-métrage, Ça tourne à Saint-Pierre et Miquelon se révèle mensonger dans quasiment tous les domaines qu'il investit. Ce qui ne sera et surtout, devra pas être renvendiqué au sens péjoratif du terme tant l'objet que l'on tient ici en main paraît peu anodin. Sans être non plus tout à fait passionnant puisque bénéficiant d'un scénario rachitique et d'une mise en scène anémique, le second long-métrage de Christian Monnier (quinze ans après Le chien!) peut s'envisager comme un bol d'air frais iodé situant, comme le titre l'indique, son action à Saint-Pierre et Miquelon. Un archipel français plus connu pour son nom que pour sa zone géographique puisque contrairement à ce que l'on pourrait supposer, celui-ci n'est pas situé dans une zone proche de l'hexagone mais au sud-est de l'île canadienne de Terre-Neuve. C'est donc là-bas, très loin de chez nous et pourtant visuellement si proche de certaines de nos côtes que se déroule l'action de cette comédie qui soyons-en sûrs, n'emballera pas tout le monde. Les gamins sevrés aux jeux vidéos ou aux réseaux sociaux passeront leur temps au pied du canapé à consulter leur smartphone ou à discuter entre eux tandis que d'autres se demanderont quelle idée saugrenue est venue à l'esprit de leur proche de leur offrir ce cadeau empoisonné (DVD disponible depuis 19 octobre dernier). D'un point de vue personnel, Ça tourne à Saint-Pierre et Miquelon est un peu fade. Amusant sans être drôle, et nettement moins transgressif en terme de fantaisie que le En roue libre de Didier Barcelo découvert sur grand écran il y a quelques mois. Rien à voir entre l'un et l'autre, c'est vrai. Mais un brin de folie que les deux longs-métrages partagent malgré tout !


Dans cette comédie où Céline Mauge (l'actrice du même nom, dans son propre rôle) espère jouer dans le nouveau film du trublion du cinéma Roman Zodowski (interprété par l'acteur Philippe Rebbot, raison principale pour laquelle je me suis collé à la projection du film), il n'y à guère à manger en terme de pur comique de situation. Plutôt axé sur la détresse d'une comédienne désespérant de tourner avec son nouveau réalisateur, lui-même enfermé depuis des jours dans une baraque située à proximité du logement temporaire que l'héroïne partage avec deux membres de l'équipe technique, Ça tourne à Saint-Pierre et Miquelon s'emballe dans des séquences de boulimie lors desquelles des plats de morue font les frais de la nouvelle obsession de l'actrice. Entre l'attente et les crises d'hystérie de Céline Mauge, l'ingénieur du son Keanu (Jules Sitruk) et la régisseuse Adèle (l'actrice Adèle Lebon) composent un duo intéressant, entre un adepte des causes environnementales et animales et une jeune femme un brin garçonne. Afin d'apporter un peu de matière et de profondeur à un récit qui reste tout d'abord bloqué sur ses aspirations d'origine, Christian Monnier et l'actrice Sheila O'Connor (La boum 1 et 2 de Claude Pinoteau, P.R.O.F.S de Patrick Schulmann) imaginent une sous-intrigue qui bientôt prendra le pas pour ensuite faire corps avec le sujet du film que sont censés tourner ensemble l'actrice et le réalisateur. Interviennent ainsi Claire Nadeau, Patrick Bouchitey ou Dominique Pinon dans des rôles minimes mais parfaitement essentiels au dessus desquels surnage à peine Philippe Rebbot, malheureusement sous employé ! Céline Mauge porte donc presque à elle seule ce projet tout à fait particulier, de nature parfois automnale qui ne fera exploser de rire que peu de monde mais qui demeure tout de même relativement intriguant. Un moment de douce folie parfaitement accessible au commun des mortels mais qui paraîtra bien ennuyeux pour les habitués de transgressions cinématographiques. Une œuvre mi-figue, mi-raisin...

 

dimanche 24 novembre 2024

Les pistolets en plastique de Jean-Christophe Meurisse (2024) - ★★★★★★★★☆☆

 

 



Il y a trois ans sortait sur les écrans la drolatique et très noire comédie de Jean-Christophe Meurisse, Oranges sanguines. Un véritable remède contre la sinistrose que le réalisateur ainsi que la scénariste Amélie Philippe tentent de reproduire à nouveau cette année avec Les pistolets en plastique. Sélectionnée au dernier festival de Cannes à la Quinzaine des réalisateurs, cette nouvelle comédie délicieusement irrévérencieuse et jouissivement déjantée prend plus ou moins pour cadre l'une des affaires criminelles françaises les plus célèbres de ces vingt dernières années. Sans citer l'homme au cœur du débat qui entoure la mort d'une femme et de ses quatre enfants, tous supposément assassinés par le père de famille Xavier Dupont de Ligonnès, l'on est d'abord surpris par la ressemblance entre le suspect et le visage de l'homme qui trône sur l'affiche du film. Un ''interprète'' fantomatique qui n'apparaît pas au cour du récit mais qui sert dès le départ de point d'ancrage entre la fiction et l'affaire criminelle. Paul Bernardin (Laurent Stocker) est aux abonnés absents depuis la mort de son épouse et de ses trois enfants. Le tuteur Jean-Pierre d'une petite association interprété par l'excellent François Rollin remet à Léa (Delphine Baril) et Christine Charlotte Laemmel), deux enquêtrices du Web, un diplôme pour leurs faits d'armes en matière de recherches criminelles. Très intriguées par cet homme sur laquelle la police n'est pas encore parvenue à mettre la main, les deux jeunes femmes partent tout d'abord enquêter sur les lieux du quadruple homicide. En parallèle à leurs recherches, le profileur Zavatta (Anthony Paliotti), connu pour ses très grandes compétences en matière d'identification des criminels, est persuadé d'avoir reconnu Paul Bernardin, présent dans un aéroport et s'apprêtant à prendre l'avion pour Copenhague, au Danemark. À son arrivée, l'homme qui a été identifié comme l'assassin de sa famille est arrêté par les autorités danoises qui l'interrogent avant de le confier à la commissaire Hammer (Anne-Lise Heimburger) qui constate rapidement qu'il y a méprise sur sa personne. Mais alors que l'homme est remis en liberté, nos deux enquêtrices facebook décident de se rendre chez lui, persuadées qu'il s'agit bien de Paul Bernardin qui lui, coule en réalité des jours heureux en Argentine où il s'apprête à épouser sa compagne Joana (Juana Acosta)...


Pas de doute, il s'agit encore ici de comédie noire. Partant pourtant d'un sujet particulièrement sordide, Jean-Christophe Meurisse ne se départit jamais de l'humour macabre qui le caractérise en brossant une galerie de portraits plus jubilatoires les uns que les autres. Même si en toile de fond le long-métrage navigue entre les deux enquêtrices passionnées d'affaires criminelles, un assassin qui se la coule douce sous le soleil d'Argentine et un innocent auquel l'on fait vivre un enfer, Les pistolets en plastique est également l'occasion de croiser de pittoresques seconds rôles. Dont l'un est, en terme de plat de résistance, cette voisine de la famille Bernardin excellemment incarnée Lula Hugot qui éructe véritablement sa haine des étrangers, soliloquant à grands coups de ''Bougnoules'' et de ''Niakoués'' face à deux enquêtrices qui ne parviennent que très difficilement à s'en défaire. Ou comme cette femme enceinte (l'actrice Nora Hamzawi) qui à bord de l'avion à destination de Copenhague s'installe sur le siège mitoyen de Michel Uzès (l'individu suspecté par erreur savoureusement incarné par Gaëtan Peau) pour lui conter ses quatre accouchements ainsi que son épisiotomie. Les pistolets en plastique est également l'occasion pour Jean-Christophe Meurisse de mettre en scène Romane Bohringer dans le rôle de Lucille, la compagne de Zavatta ou Philippe Rebbot dans ce lui de Thiago, un ami de Paul Bernardin. Cynique et insolente, cette comédie est une nouvelle fois l'occasion pour son auteur de s'asseoir littéralement sur la bien-pensance et ainsi se moquer de cette pensée unique que tente de nous imposer la société. En outre, et comme nous le font bien comprendre les médecins légistes John et Johnny (Fred Tousch et Jonathan Cohen) en préambule, l'une des grandes passions du public demeure tout ce qui touche aux faits les plus horribles relégués par la presse et les médias en général. Ainsi donc, Les pistolets en plastique verse parfois dans l'horreur même si l'acte en lui-même est nettement moins exposé devant la caméra qu'il ne le fut à l'époque d'Oranges sanguines. Notons également qu'en comparaison de ce dernier, le nouveau long-métrage de Jean-Christophe Meurisse souffre de séquences et de dialogues parfois poussifs. Comme ce monologue de la commissaire Hammer qui met en scène une Anne-Lise Heimburger visiblement en totale improvisation ou ce passage un peu long lors duquel Léa et Christine investissent la demeure du meurtrier. Mais à part ces quelques scènes pas vraiment brillantes, Les pistolets en plastique demeure ce qui se fait de mieux actuellement en matière de comédie française...

 

mardi 22 novembre 2022

Pétaouchnock d'Édouard Deluc (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pas sûr que nous y aurions gagné au change, mais c'est dans l'espoir d'aller découvrir au cinéma CGR de Narbonne Jack Mimoun et les secrets de Val Verde de Malik Bentalha et Ludovic Colbeau-Justin que ma compagne et moi nous sommes retrouvés devant Pétaouchnok d'Édouard Deluc. L'un comme l'autre professant de par leur seul titre d'hypothétiques aventures exotiques, nous nous sommes donc pris en pleine figure ce genre de quiproquos dont nous nous serions bien passés. Du moins, dans les premiers instants et ce générique qui nous a très rapidement fait comprendre que l’œuvre à laquelle nous nous apprêtions à assister n'était pas celle espérée. Exit donc le Val Verde, ce pays imaginaire qui fut notamment évoqué ou fut le théâtre de nombres de longs-métrages d'actions tels que Commando de Mark L. Lester, L'arme fatale de Richard Donner ou encore du génial Predator de John McTiernan. Nous restons donc en France pour un voyage ''au cœur des Pyrénées'', là où deux amis ont décidé d'organiser des randonnées à cheval afin de subvenir à leurs besoins. Ludo (Pio Marmaï) espère surtout récupérer celle qu'il aime. Ou plutôt, CELLES qu'il aime puisque il ne perd pas l'espoir de renouer avec son épouse ainsi que sa fille. Pour cela, une seule méthode : se prendre en main. Après avoir effectué les démarches nécessaires et s'être procuré un car afin de transporter leurs premiers touristes, Ludo et Richard (Philippe Reboot) accueillent ces derniers à la gare et leur proposent un séjour en montagne. Un retour à la nature qui va de très loin dépasser l'espérance de tous. Parmi les touristes, Camille Chamoux dans le rôle de l'actrice Agnès. La chieuse de service. Olivia Côte dans celui de Sophie, la dépressive, accompagnée de Moussa Mansaly dans la peau de son époux Ali et de leur fille. Délia Espinat-Dief et Pablo Pauly campent le couple Valentine/Jonas tandis que Sami Ameziane (également connu sous le nom de scène ''Comte de Bouderbala'') interprète Fred, le père d'un adolescent mal dans sa peau. Sans oublier Emilio Zurano, dans le rôle du cassos de service, Kevin qui, selon ses propres termes, a tué ses parents !


Autant dire que la galerie de portraits qui nous est présentée ici a de quoi alimenter la base du scénario écrit à quatre mains par Édouard Deluc et Nathalie Najem. Mais ça, c'est sur le papier. Car si Pétaouchnok n'est pas la mauvaise comédie à laquelle nous habitue de manière un peu trop récurrente le cinéma français depuis des années, on ne peut pas dire que le film soit savoureusement drôle. En fait, tout l'intérêt du long-métrage repose sur les épaules du duo formé par Pio Marmaï et Philippe Reboot. Le stoïcisme et l'humanisme de l'un et de l'autre ménageant des séquences fort divertissantes même si là encore, le rire n'est que très rarement au rendez-vous. Retrouver le premier est toujours un authentique plaisir de par ses choix de carrière généralement bienvenus tandis que le second continue son petit bonhomme de chemin dans l'incarnation de personnages mêlant fantaisie et marginalisation. Philippe Reboot semble en effet s'être donné comme ligne de conduite de reprendre la relève du Michel Blanc de Viens chez moi j'habite chez une copine de Patrice Leconte en 1981 ou du Denis de Marche à l'ombre que l'ancien membre du Splendid réalisa et interpréta lui-même trois ans plus tard. Avec cette dégaine de semi-clochard aviné plein d'optimisme en sus ! Pétaouchnok, c'est un peu Les randonneurs de Philippe Harel en mode 2.0. Une mise à jour moins burlesque mais tout aussi grinçante et éprise de caricature, avec ses personnalités bigarrées de milieux sociaux apparemment divergeant. Si l'aventure n'est pas aussi rafraîchissante qu'elle paraissait sur le papier, c'est sans doute parce que le réalisateur a choisi de la traiter sur un ton plus proche de la mélancolie que de l'humour. Tous les poncifs rattachés à ce style d'exercice sont bien présents mais à contrario, la grande variété de personnalités empêche le réalisateur de s'intéresser à chacun à part égale. D'où le sentiment d'assister à un spectacle où tous n'ont pas les mêmes chances de pouvoir s'exprimer de manère équivalente. Des situations souvent rapidement évacuées pour ne concentrer l'essentiel que sur les bévues que rencontreront les deux organisateurs et leurs touristes. Quant au spectateur, il profitera moins des paysages que prévu, totalement absorbé dans la contemplation d'une épreuve longue à amorcer et rude à maintenir jusqu'à son terme. Pétaouchnok est donc une sympathique comédie, moins burlesque que la majorité de la concurrence mais en revanche, nettement plus convaincante...

 

samedi 14 mai 2022

Trois fois rien de Nadège Loiseau (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Autour de ceux que l'on évite, qui nous sont transparents, que l'on méprise (parfois) ou auxquels on donne une petite pièce ou un sandwich pour se donner bonne conscience, le cinéma et ses auteurs sont parfois bien plus généreux que le commun des mortels sans même avoir recours au don d'argent. Si mettre en scène clochards, SDF et marginaux de tous poils ne fera sans doute malheureusement jamais avancer les choses, les gagnants sont toujours les mêmes : ceux qui partagent le temps d'un long-métrage les galères de ces âmes perdues de la société avant de retourner vivre dans leur petit quotidien réconfortant. On parle évidemment là des spectateurs. Si l'on s'en tient exclusivement au cinéma français, le thème mériterait sans doute quand même que l'on s'attarde sur quelques films étrangers plus ou moins légers, plus ou moins cruels. Crazy Murder (2015) de de Doug Gerber et Caleb Pennypacker et son SDF serial killer schizophrène et scatophile. Street Trash (1987) de Jim Muro et ses amateurs de gniole à un dollar explosant ou fondant littéralement après absorption d'un alcool nommé Vyper. C.H.U.D (1984) de Douglas Cheek et ses clodos contaminés et transformés en d'affreuses créatures sanguinaires. Prince of Darkness (1988) de John Carpenter et sa horde de gueux alliés à un phénomène diabolique s'attaquant à des étudiants et des scientifiques dans une petite chapelle. Ou encore le magnifique The Fisher King (1991) de Terry Gilliam, rencontre improbable entre un animateur radio et un vagabond excentrique. Et la liste pourrait être rallongée à l'infini... En France l'on est moins porté sur une imagerie délirante que sur l'aspect social de ces femmes et ces hommes qui n'éveillent en général les consciences que lorsque l'hiver arrive et que les températures baissent drastiquement. On pense à La crise (1992) de Coline Serreau et le personnage de Michou qu'interprète savoureusement Patrick Timsit. Un individu obsédé par la bière mais dont la vision de notre société est des plus clairvoyante. Au formidable Sans toit ni loi (1985) d'Agnès Varda, lequel remonte le fil de l'existence d'une jeune marginale dont le corps vient d'être retrouvé dans un fossé au bord d'une route. À l'inoubliable Une époque formidable (1991) de et avec Gérard Jugnot, son histoire et ses personnages tous plus touchants les uns que les autres. Ou d'une manière beaucoup plus réaliste et donc radicale, l'excellent Les invisibles de Louis-Julien Petit qui a vu le jour sur les écrans français le 9 janvier 2019...


L'on est sans doute moins chez nous dans l'absurde et l'imaginaire qu'Outre-Atlantique, mais ces quelques exemples de cinéma hexagonal prouvent à eux seuls toute la richesse de notre patrimoine cinématographique. Trois fois rien est sorti sur les écrans français le 16 mars dernier et reste l'exemple le plus récent témoignant du sort de ''nos'' SDF. Réalisé par Nadège Loiseau, certains diront qu'il aura sans doute fallut toute la sensibilité d'une femme pour donner corps à ce trio de marginaux coincés entre la rue et des épreuves administratives parfois comparables à celles qui faillirent faire perdre la tête à deux de nos plus célèbres personnages de bande-dessinée, Astérix et Obélix lors de l'une des douze épreuves des Douze Travaux d'Astérix. Sur un ton nettement plus léger que Les invisibles et donc plus proche d'Une époque formidable, la réalisatrice signe une comédie sociale centrée sur trois SDF qui viennent tout juste de gagner au Loto. Avec un tel synopsis, on imagine déjà une comédie classique (genre, Ah si j'étais riche de Michel Munz et Gérard Bitton avec Jean-Pierre Darroussin et Richard Berry) dont la seule différence serait le statut de sans-abris des trois héros de cette histoire prénommés Casquette (Philippe Rebbot), Brindille (Antoine Bertrand) et La Flèche (Côme Levin). Mais là où Nadège Loiseau allie avec intelligence l'humour et le social, la distraction et les conditions de vie de ces trois exclus s'inscrit dans la subtile mixité des genres. Un regard objectif sur les galères de trois SDF liés par l'amitié mais également par les difficultés qu'ils vont rencontrer. Cette fameuse chaîne administrative qui contraint ces trois là à trouver un appartement s'ils veulent pouvoir toucher l'argent d'un gain estimé par une employée de La Française des Jeux à un peu plus de deux-cent vingt mille euros...


Trois fois rien, c'est aussi trois histoires personnelles, trois personnalités bien distinctes. La Flèche tout d'abord, qui après avoir été ballotté de foyers en foyers a décidé de voler de ses propres ailes dès l'âge de treize ans. Punk à chien, véritable électron libre à l'énergie débordante, son âge (la vingtaine tout au plus) justifie à peine son immaturité. Brindille, lui, est celui auquel la réalisatrice accorde sans doute le plus d'importance. Celui qui veut réussir. Sortir de la merde et pourquoi pas, revoir son ex-femme et ses deux enfants. On regrettera que le personnage de Casquette n'ait pas été un peu plus développé tant Philippe Rebbot s'avère convainquant. Mais comme le dit si justement La Flèche lors d'un dîner : ''Il ne dira rien. Pour faire comme dans les séries américaines...''. À mesure que le récit progresse, le récit devient de plus en plus intense, émouvant et parfois même, accablant. Nos trois principaux interprètes (auxquels ont ajoutera les touches féminines que représentent les actrices Émilie Caen et Nadège Beausson-Diagne) sont tous les trois formidables, chacun dans un registre sensiblement différent. Mais des trois, sans doute, l'on oubliera le plus difficilement l'incarnation de l'acteur d'origine québécoise Antoine Bertrand, lequel se montre parfois bouleversant. Une comédie douce, amère, sur l'amitié, la fraternité et une certaine forme de paternité, dans la droite lignée d'Une époque formidable même si ce dernier, dans sa catégorie, semble indétrônable...

 

dimanche 20 septembre 2020

Effacer l'Historique de Gustave Kervern et Benoît Delépine (2020) - ★★★★★★★★☆☆





Samedi 19 Septembre 2020, Cinéma des Corbières à Sigean. Cinq spectateurs, pas un de plus pour découvrir le dernier long-métrage de Gustave Kervern et Benoît Delépine. Est-ce le mauvais temps qui a découragé les gens à venir en masse ? Ou bien le port du masque obligatoire même si dans un si petit cinéma, les gérants y sont plutôt cool ? Peut-être est-ce plus simplement le manque de communication sur la toile car peu d'informations, voire aucunes, n'a filtré sur sa diffusion dans cette charmante petite ville qu'est Sigean. Il fallait pour le savoir, être passé devant le cinéma ou avoir été mis au courant par une personne au courant de l'événement. Effacer l'Historique est le neuvième long-métrage du duo formé par Gustave Kervern et Benoît Delépine qui se sont d'abord fait connaître sur la chaîne Canal+ avant de débuter leur carrière cinématographique en 2004 avec leur premier long-métrage Aaltra (Benoît Delépine ayant en réalité fait ses premières armes aux côtés de Christophe Smith huit ans auparavant avec le court-métrage À l'Arrachée). Seize ans plus tard, rien n'a vraiment changé. Ou plutôt, si. Car si le fond est toujours le même, la forme a pris une ampleur incroyable dans la maîtrise de ces deux maîtres es cynisme. Avec une rigueur ''militaire'' (une expression qui devrait forcément leur déplaire), Gustave Kervern et Benoît Delépine démontent les maux de notre société avec aujourd'hui en toile de fond, la technologie dans son ensemble, et plus précisément certains outils comme les téléphones portables et les réseaux sociaux. En matière de social, justement, les deux hommes en profitent notamment pour s'attaquer également de front à l'administration...





Toujours aussi mordants et cyniques, Gustave Kervern et Benoît Delépine plongent le spectateur dans un univers comparable à ceux proposés par les cinq saisons de la série britannique Black Mirror. Mais plutôt que de projeter leurs personnages dans un futur proche, les deux réalisateurs et scénaristes envisagent leur film sous un paysage actuel dans lequel la technologie a pris une place si importante qu'elle emprisonne ceux qui la consomment. C'est dans ce contexte (sur)réaliste qu'interviennent les trois anciens gilets jaunes Marie, Christine et Bertrand, trois amis respectivement interprétés par Blanche Gardin, Corrine Masiero et Denis Podalydès. Trois individus qui vont régler leurs comptes avec cette put.... de technologie dont ils sont malgré eux devenus esclaves. En effet, après une soirée trop arrosée dans un bar lors de laquelle elle a couché avec un ''Saxetapeur'' (excellent Vincent Lacoste) qui a filmé leur rapport, elle est menacé par le jeune homme de mettre en ligne la vidéo si elle refuse de lui donner dix-milles euros. Bertrand, père d'une adolescente harcelée et filmée par certains de ses camarades à l'école fait tout ce qu'il peut pour faire retirer la vidéo de facebook. Mais après des dizaines de relances par courrier, il n'a toujours obtenu aucune réponse. Quant à Christine, chauffeur VTC, elle se désespère de ne recevoir de ses clients que des mauvaises appréciations. En guerre contre ceux qui minent leur existence, les trois amis se lancent à leur assaut...


Gustave Kervern et Benoît Delépine signent sans doute leur film le plus abouti. Bien que la plupart des sujets abordés soient à l'origine d'une comédie particulièrement amère, on s'étonne de rire aux éclats à certains moments clés du long-métrage. L'interprétation du trio de tête y est évidemment pour beaucoup mais le script lui-même également. Totalement absurde mais reflétant l'inquiétante dictature des réseaux sociaux et leur monopole sur les données personnelles, en un peu plus de cent-cinq minutes seulement Effacer l'Historique propose un catalogue effarant de situations aussi glaçantes que réalistes même si elles sont en général enrobées sous des dehors de comédie bouffonne. Effacer l'Historique est non seulement l'occasion de découvrir un trio d'interprètes étonnants mais également des seconds rôles savoureux. Vincent Lacoste donc, mais aussi Benoît Poelvoorde en livreur ''Alimazone'', Bouli Lanners dans le rôle de ''Dieu'', un hacker vivant au sommet d'une éolienne, Philippe Rebbot dans le rôle de l'individu ayant toutes les clés pour profiter du système ou encore l'écrivain Michel Houellebecq pour un passage en forme de clin d’œil dans lequel il incarne un homme suicidaire. Humour noir, cynisme, bourré d'idées géniales et de répliques déjà cultes, l’œuvre de Gustave Kervern et Benoît Delépine n'oublie cependant pas de faire passer un message d'espoir et s'autorise, après la dérision, le désespoir et la noirceur, une jolie touche de poésie. LE chef-d’œuvre du duo ? Et pourquoi pas, tiens...

samedi 7 mars 2020

Mine de Rien de Mathias Mlekuz (2020) - ★★★★★★★★☆☆



Le social est une valeur marchande qui sur grand écran fonctionne actuellement à plein régime et connait un certain succès auprès de la presse et du public. Rien que ces dernières années, le public français a eu droit à quelques bonnes et même, très bonnes surprises. Quelques comédies légères, telle Jusqu'ici tout va bien de Mohamed Hamidi, l'excellent Les Crevettes Pailletées de Cédric Le Gallo, moins connu que Le Grand Bain de Gilles Lellouche mais tout aussi intéressant à découvrir, mais aussi des œuvres parfois plus dures et encore davantage ancrées dans la réalité. On pense notamment aux Invisibles de Louis-Julien Petit ou au chef-d'oeuvre de Stéphane Brizé, En Guerre, sorti le 16 mai 2018. Et puis sortent parfois des œuvres dont on n'attend rien de spécifique au tournant. Du moins peut-on les envisager comme d'énièmes variations sur un même thème. C'est ainsi donc que nous nous rendions ce matin dans l'une des neuf salle du MEGA CGR de Narbonne avec l'espoir de nous changer les idées devant une comédie. Le choix s'étant tout d'abord porté sur la présence des excellents Arnaud Ducret (L'Embarras Du Choix, Monsieur Je-sais-tout ou Les dents, pipi et au lit) et Philippe Rebbot (Bon rétablissement !, Une Famille à Louer) et sur une affiche qui ne laissait pourtant la place à aucune ambiguïté quant à l'approche de ce premier long-métrage réalisé par l'acteur-réalisateur Mathias Mlekuz (scénario écrit en compagnie de Philippe Rebbot et Cécile Telerman), c'est d'abord avec un certain désarroi que l'on a commencé à suivre les aventures d'Arnaud et de Di Dello dans une région connue pour les célèbres corons chers au chanteur Pierre Bachelet auxquels il rendit hommage avec la chanson ''Les Corons'' mais également atteinte d'un fort taux de chômage. Une œuvre qui semble tout d'abord hésiter entre comédie aux ressorts humoristiques inefficaces et drame social décrit avec peu d'enthousiasme. C'est dire si la première impression est négative et si l'on a vite fait de cataloguer Mine de Rien comme une comédie dramatique sans relief.

Il faudra cependant patienter jusqu'à ce que le héros soit suffisamment ivre et à l'agonie pour avoir une idée surprenante: construire un parc d'attractions sur une ancienne mine de charbon qui a fermé ses portes, laissant l'intégralité de ses ouvriers sur le carreau. C'est peut-être à cet instant très précis que Mine de Rien prend toute sa valeur en apportant tout ce qui semblait lui manquer jusqu'à cet instant. On comprendra que le réalisateur ait d'abord choisi de présenter ses personnages tout en décrivant avec justesse leurs conditions de vie mais c'est bien lorsque tous ensemble, dans une même communauté de sentiments et de solidarité, ils vont se battre pour bâtir ce qui peut-être, leur permettra de retrouver leur dignité. Mine de Rien ne dépasse pas les une heure et vingt-cinq minutes et pourtant, Mathias Mlekuz est parvenu en aussi peu de temps à évoquer tout un tas d'aspects de la vie quotidienne des habitants de cette petite ville minière engagés tous ensemble dans une bataille contre la maire en place, les services sociaux et des combats personnels parfois terriblement pesants. Arnaud Ducret est absolument formidable dans la peau d'Arnaud, divorcé, chômeur, mais qui devant l'adversité et un sort qui semble vouloir s'acharner sur lui, conserve calme et optimisme. Tranchant relativement à ses côtés, le personnage qu'interprète Philippe Rebbot apporte une note de fantaisie dans ce tableau parfois dépeint avec une très grande noirceur. À ce titre, on pense notamment à la séquence particulièrement poignante durant laquelle la mère d'Arnaud, divinement incarnée par Hélène Vincent, réclame son fils alors qu'elle vient d'être admise dans une maison de retraite. Le partenaire d'Arnaud Ducret agit comme une soupape de sécurité qui évite au long-métrage de tomber dans le nihilisme absolu. Il faudrait citer tous les seconds rôles Rufus, Mélanie Bernier, Marianne Garcia, Cyril Aubin, etc...) qui apportent leur lot de fraîcheur à cette comédie dramatique et sociale qui apporte une réponse positive et optimiste à un sujet grave et particulièrement dans l'air du temps. Mine de Rien, c'est l'honneur retrouvé d'une communauté d'ouvriers faisant face à l'adversité. Tantôt dans la joie et la bonne humeur et parfois saupoudré de moments incroyablement émouvants. À dire vrai, Mathias Mlekuz signe pour un premier film, l'une de ces pépites, rares, qu'il faut savoir dénicher de temps en temps. Le plaisir y est immense et la satisfaction d'avoir vécu un réel instant de partage et de communion avec ses personnage, authentique...

samedi 3 septembre 2016

Les Chaises Musicales de Marie Belhomme (2015)



De retour d'une fête organisée pour des enfants où pour l'occasion elle s'est déguisée en Dark Vador, Perrine provoque la chute d'un homme dans une benne remplie de gravas qui le plonge dans le coma. Effrayée, la jeune femme prend le temps d'appeler les secours avant de prendre la fuite. Pleine de remords, Perrine décidé de se rendre à l’hôpital et d'en savoir d'avantage sur lui. Se faisant passer pour sa cousine, elle apprend bientôt qu'il se prénomme Fabrice, qu'il est professeur de chant dans un établissement scolaire, qu'il est divorcé, et qu'il est le propriétaire d'un chien et le père d'un tout jeune garçon, Arsène.
Perrine va si bien s'immiscer dans l'existence de Fabrice qu'elle va se faire passer pour une amie auprès de son fils, qu'elle va lui emprunter son boulot durant son séjour à l'hôpital, et même s'installer provisoirement dans son appartement pour s'y occuper de son chien...

Qu'on l'aime ou qu'on... l'adore, Isabelle Carré a cette capacité d'apporter une réelle fraîcheur a tout ce qu'elle touche. Véritable pile se rechargeant chaque fois qu'elle interprète un nouveau rôle, elle n'a depuis ses débuts d'actrice en 1988 (elle interprète le rôle de Valérie dans l'émouvant Romuald et Juliette de Coline Serreau), cessé de tourner. Cette belle jeune femme qui se prédestinait à une carrière de danseuse peut être fière d'avoir finalement abandonné celle-ci pour se consacrer au cinéma. Les Chaises Musicales est le premier long-métrage de la cinéaste et actrice Marie Belhomme. Une comédie tendre et parfois émouvante, aussi décalée que peut l'être sa principale interprète. Une histoire d'amour qui n'a rien de commun avec ce que l'on a coutume de connaître puisqu'ici, le personnage que campe Isabelle tombe peu à peu amoureux d'un homme dont elle a provoqué par accident la plongée dans le coma.

Isabelle Carrée, égale à elle-même, possède ce petit quelque chose qui fait de son personnage une « créature » à mille lieues des héroïnes sûres de ce qu'elles désirent et qui contrôlent totalement leur destinée. Marie Belhomme évite tous les écueils du film à l'eau de rose un brin « cucul la praline » et nous propose une œuvre au format de plus en plus rare au cinéma puisque le film ne dépasse pas les quatre-vingt minutes. Pourtant, malgré la présence de l'actrice, il manque une certaine profondeur à ces Chaises Musicales qui se délectent alors comme une simple et toute petite comédie sans véritables enjeux.

A ses côtés, nous retrouvons l'actrice madrilène Carmen Maura, qui bien avant de jouer dans le film de Marie Belhomme avait déjà souvent tourné pour son compatriote, le cinéaste Pedro Almodovar, pour Alex de la Iglesia, mais aussi pour les cinéastes français Jean-Pierre Mocky, Etienne Chatiliez et André Téchiné. La carrière de Philippe Rebbot (neveu de Sadi Rebbot, qui fut le principal interprète de la célèbre série télévisée Papa Poule) , acteur, mais également scénariste et réalisateur semble s'être accélérée depuis quelques années puisqu'il multiplie les apparitions au cinéma depuis le début des années 2010. Dans Les Chaises Musicales, il campe le rôle de Fabrice, cet homme dont tombe amoureuse Perrine. Un choix très curieux mais qui opère finalement un charme tout particulier. Pas vraiment le beau gosse dont on aurait rêvé pour la délicieuse Isabelle Carré mais au fond, ce choix définit finalement assez bien l'attirance de cette jeune femme dont l'intérêt initial pour celui dont elle a provoqué l'accident n'a rien de physique. Un premier film sympathique, distrayant, plein de fraîcheur, qui nous laisse espérer le meilleur pour l'avenir de son auteure...
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