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samedi 28 avril 2018

La Comunidad - Mes Chers Voisins d'Alex de la Iglesia (2000) - ★★★★★★★★☆☆



Un vieil article retrouvé au fin fond de mon disque dur. Fautes corrigées, mais phrases laissées telles quelles... Donc article relativement moins bien écrit que les derniers publiés. Sorry... !!! 

Julia, travaille pour une agence immobilière Espagnole. En ce jour pluvieux, elle fait visiter à un jeune couple un appartement situé dans un vieil immeuble, charmant, mais aussi en très mauvais état. Alors qu'elle s'attend à ce que celui-ci soit en adéquation avec le reste de l'immeuble, Julia constate avec surprise qu'il n'en n'est rien et malgré le refus du couple de l'acheter après avoir pris connaissance du prix bien trop élevé à son goût, l'agent immobilière décide de passer la nuit dans cet intérieur confortable et chaleureux en compagnie de son mari Ricardo qui depuis un certain temps peine à conserver une forme sexuelle olympienne. Alors qu e le couple se retrouve dans une chambre où trône au beau milieu, un matelas d'eau, leurs ébats sont interrompus par une invasion de cafards tombant d'une fissure située au plafond ainsi que par une fuite d'eau provenant de l'appartement situé juste au dessus.de l'appartement dans lequel ils ont choisi de passer la nuit. 

 Ricardo appelle aussitôt les pompiers qui arrivent peu de temps après pour constater qu'à l'étage du dessus, le propriétaire est mort depuis un certain temps. Dans son appartement règne un désordre indescriptible. Les sols sont jonchés de sacs poubelle, de détritus, de canettes et d'un tas d'autres objets qui indiquent que l'homme devait s'être cloîtré depuis longtemps sans jamais avoir mis les pieds dehors. Alors que les pompiers s'escriment à descendre sur une civière le corps pourrissant de la victime entourés des locataires de l'immeuble interloqués, le corps laisse échapper un portefeuille que Julia s'empresse de dérober avant de s'enfermer dans l'appartement où elle a élu domicile le soir même. Elle y découvre un croquis, sorte de damier qu elle comprendra plus tard être le schéma du dallage de l'appartement dans lequel à été découvert le cadavre. Le soir même elle se rend discrètement à l'étage supérieur et aidée du croquis elle met la main sur un magot de plus de trois cent millions de pesetas. Dès lors, les locataires de l'immeuble, tous plus ignobles et intéressés les uns que les autres auront pour Julia un intérêt certain, surveillant les moindres de ses faits et gestes, jusqu' à ce que cette dernière finisse par comprendre pourquoi les voisins s'intéresse tant à elle... 

Mes chers Voisins (La Comunidad) de Alex de la Iglesia débute comme bon nombre de comédies : légère, presque insouciante, avant que ne change le ton et que la noirceur vienne peu à peu prendre le dessus. Le cynisme du propos (la rage de locataires avides de mettre la main sur une fortune) ainsi que la noirceur de certaines situations (la découverte de l'appartement délabré) donnent au film l'étrange impression de voguer dans des registres aussi variés que la comédie (légère ou noire), l'horreur (la mort dans l'ascenseur) ou le théâtral (la dernière demi-heure proprement hallucinante). Alex de la Iglesia réussit une fois encore à livrer une comédie quasi parfaite. Avec une régularité exemplaire, le cinéaste parvient depuis ses début à offrir aux amateurs d'humour noir des longs-métrages formidablement drôles et sinistres à la fois. L'espagnol respecte un cahier des charges qu'il semble s'être imposé et ce, depuis son tout premier (et cultissime) Accion Mutante

Est-ce consciemment ou s'agit-il simplement du fruit du hasard si le film rappelle tant le Delicatessen de Jeunet et Caro? Si ces derniers firent de leurs locataires de légitimes monstres affamés lancés à la poursuite d'un pauvre clown qui ne demandait pas tant attention de leur part, et ce, dans un univers post-apocalyptique (il s'agit là d'anticipation) Alex de la Iglesia lui, fait des siens, des individus proprement odieux et crapuleux, tout juste intéressés par l'appât du gain. Après avoir égratigné la société, ses dirigeants, ses marginaux, la religion (le fantastique El Dia de la Bestia), le monde du spectacle, et avant de s'attaquer à celui du cinéma, à la concurrence entre vendeurs de grands magasins, ou encore la télévision et les médias sous toutes leurs formes (La chispa de la vida), le cinéaste espagnol aborde l'avarice sous une forme particulièrement outrée. Les acteurs sont tous formidables dans leur comportement abjecte, conduits par une Carmen Maura sublime, séduisante, et attachante. Une véritable perle... noire...

jeudi 21 septembre 2017

800 Balas de Alex de la Iglesia (2002) - ★★★★★★★☆☆☆



Fort Bravo Texas Hollywood en Andalousie. C'est dans ces décors plantés en plein cœur du désert de Tabernas que furent tournées certaines scènes de plusieurs grands westerns-spaghetti parmi lesquels, Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone. Un village reconstitué dans lequel le cinéaste espagnol Alex de la Iglesia choisi également de planter ses caméras pour une œuvre qui plus qu'aucune autre, demeure incroyablement touchante. De part l'hommage de l'auteur du Crime Farpait ou du Jour de la Bête au western italiens. De la nostalgie qui en découle mais aussi du portrait de cet homme refusant d'abandonner tout ce auquel il a sacrifié son existence. Alex de la Iglesia s'amuse des codes du genre tout en rendant un témoignant de sa passion pour les cascadeurs, personnages centraux d'un récit qui n'oublie jamais de donner la part belle à une critique sociale féroce. Le dictât imposé par les puissants face à des tout petits qui pour se défendre auront recours à des méthodes radicales.

800 Balles est le titre de ce sixième long-métrage d'Alex de la Iglesia qui pour l'occasion quitte le confort citadin pour imposer son style dans des décors poussiéreux où plane l'ombre du grand acteur américain Clint Eastwood. Un acteur mais également un personnage, idole à laquelle se réfère sans cesse Julián Torralba, le grand-père de Carlos, petit-fils qu'il n'a jamais rencontré mais qui va littéralement bouleverser son existence. La sienne mais celle aussi de ses compagnons d'infortunes qui comme lui, continuent depuis des décennies à faire vivre ce petit village croupissant sous un soleil de plomb. La vie n'a pas épargné Julián. Surtout depuis la mort de son fils que Laura, sa fille, ne lui a jamais pardonné. Accusé à tort ou à raison d'en être responsable alors qu'ils tournaient ensemble une scène de poursuite à cheval il y a de nombreuses années, le cascadeur ne s'en est jamais remis. Alors, quand débarque Carlos, tout lui revient en mémoire. Et après des débuts difficiles entre l'homme et l'enfant, les voici qu'ils deviennent inséparables. C'est alors que Laura s'apprête à faire démolir le village afin d'y faire construire un projet qui devrait lui rapporter des millions de dollars. Face à cet ignoble imprévu, Julián et ses compagnons se joignent afin de résister à l'envahisseur...

Deux heures suffiront à hisser 800 Balles au rang de petit chef-d’œuvre. Après un démarrage difficile qui perd le spectateur dans un conglomérat de situations un peu désespérantes et surtout, peu amusantes en regard du passé de l'auteur de Muertos de Risa, 800 Balles tire tout ou partie de sa force dans le portrait très émouvant de ce vieil homme délaissé par sa famille qui retrouve l'amour filial auprès d'un petit-fils fasciné par celui qui affirme avoir doublé parmi les plus grands acteurs américains. De George C. Scott dans le film Patton de Franklin J. Schaffner à Clint Eastwood dans Et Pour quelques Dollars de Plus. Vérité, mensonge ou simple fantasme, il faudra pour cela patienter jusqu'à la fin pour connaître les tenants et les aboutissants de ce qui, cependant, reste mineur en comparaison des thèmes abordés par l'espagnol. Alex de la Iglesia traite ainsi effectivement ses personnages de cascadeurs comme des réfugiés que les autorités (police et armée) vont tenter par tous les moyens d'expulser. Les médias télévisés participant à la grande débâcle, chacun prend position devant son petit écran.
Amour, haine et trahison. Rires et pleurs. 800 Balles passe par tout un panel d'émotions qui se révèlent étonnantes. Film de guerre, westerns-spaghetti, drame, action, comédie, Alex de la Iglesia nous en donne pour notre argent. Son œuvre, malgré les sentiments mitigés qu'il suscite demeure une formidable réussite et prouve qu'en matière d'émotion, l'espagnol est capable d'accomplir de grandes choses. Lors du duel entre Cheyenne (l'acteur Angel de Andrès Lôpez) et Julián, lequel est interprété par l'acteur et réalisateur espagnol Sancho Gracia. A leurs côtés, on découvre une foule d'interprètes attachants parmi lesquels, le non négligeable Luis Castro dans le rôle de Carlos ainsi que deux des égéries du cinéaste espagnol, Terele Pávez et Carmen Maura.

samedi 3 septembre 2016

Les Chaises Musicales de Marie Belhomme (2015)



De retour d'une fête organisée pour des enfants où pour l'occasion elle s'est déguisée en Dark Vador, Perrine provoque la chute d'un homme dans une benne remplie de gravas qui le plonge dans le coma. Effrayée, la jeune femme prend le temps d'appeler les secours avant de prendre la fuite. Pleine de remords, Perrine décidé de se rendre à l’hôpital et d'en savoir d'avantage sur lui. Se faisant passer pour sa cousine, elle apprend bientôt qu'il se prénomme Fabrice, qu'il est professeur de chant dans un établissement scolaire, qu'il est divorcé, et qu'il est le propriétaire d'un chien et le père d'un tout jeune garçon, Arsène.
Perrine va si bien s'immiscer dans l'existence de Fabrice qu'elle va se faire passer pour une amie auprès de son fils, qu'elle va lui emprunter son boulot durant son séjour à l'hôpital, et même s'installer provisoirement dans son appartement pour s'y occuper de son chien...

Qu'on l'aime ou qu'on... l'adore, Isabelle Carré a cette capacité d'apporter une réelle fraîcheur a tout ce qu'elle touche. Véritable pile se rechargeant chaque fois qu'elle interprète un nouveau rôle, elle n'a depuis ses débuts d'actrice en 1988 (elle interprète le rôle de Valérie dans l'émouvant Romuald et Juliette de Coline Serreau), cessé de tourner. Cette belle jeune femme qui se prédestinait à une carrière de danseuse peut être fière d'avoir finalement abandonné celle-ci pour se consacrer au cinéma. Les Chaises Musicales est le premier long-métrage de la cinéaste et actrice Marie Belhomme. Une comédie tendre et parfois émouvante, aussi décalée que peut l'être sa principale interprète. Une histoire d'amour qui n'a rien de commun avec ce que l'on a coutume de connaître puisqu'ici, le personnage que campe Isabelle tombe peu à peu amoureux d'un homme dont elle a provoqué par accident la plongée dans le coma.

Isabelle Carrée, égale à elle-même, possède ce petit quelque chose qui fait de son personnage une « créature » à mille lieues des héroïnes sûres de ce qu'elles désirent et qui contrôlent totalement leur destinée. Marie Belhomme évite tous les écueils du film à l'eau de rose un brin « cucul la praline » et nous propose une œuvre au format de plus en plus rare au cinéma puisque le film ne dépasse pas les quatre-vingt minutes. Pourtant, malgré la présence de l'actrice, il manque une certaine profondeur à ces Chaises Musicales qui se délectent alors comme une simple et toute petite comédie sans véritables enjeux.

A ses côtés, nous retrouvons l'actrice madrilène Carmen Maura, qui bien avant de jouer dans le film de Marie Belhomme avait déjà souvent tourné pour son compatriote, le cinéaste Pedro Almodovar, pour Alex de la Iglesia, mais aussi pour les cinéastes français Jean-Pierre Mocky, Etienne Chatiliez et André Téchiné. La carrière de Philippe Rebbot (neveu de Sadi Rebbot, qui fut le principal interprète de la célèbre série télévisée Papa Poule) , acteur, mais également scénariste et réalisateur semble s'être accélérée depuis quelques années puisqu'il multiplie les apparitions au cinéma depuis le début des années 2010. Dans Les Chaises Musicales, il campe le rôle de Fabrice, cet homme dont tombe amoureuse Perrine. Un choix très curieux mais qui opère finalement un charme tout particulier. Pas vraiment le beau gosse dont on aurait rêvé pour la délicieuse Isabelle Carré mais au fond, ce choix définit finalement assez bien l'attirance de cette jeune femme dont l'intérêt initial pour celui dont elle a provoqué l'accident n'a rien de physique. Un premier film sympathique, distrayant, plein de fraîcheur, qui nous laisse espérer le meilleur pour l'avenir de son auteure...
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