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lundi 30 avril 2018

El Dia de la Bestia - Le Jour de la Bête d'Alex de la Iglesia (1995) - ★★★★★★★★☆☆



Le Jour de la Bête, deuxième long-métrage du cinéaste Alex de la Iglesia, est un authentique moment de réjouissance qui ravira les amateurs de provocations en tous genres. Pour cette seconde incartade dans l'humour noir, l'espagnol n'y va pas avec le dos de la cuillère et s'attaque, excusez du peu, à l’Église, aux imposteurs endossant le costume de prophètes, aux médias, et même aux fans de métal lors d'une séquence hautement jouissive laissant envisager que le hard rock, ça n'est en matière générale qu'un seul et même riff de guitare ! Le héros, lui, est professeur de théologie. Et c'est en parcourant attentivement L'Apocalypse de Jean que lui est révélée la date et le lieu où descendra sur Terre le Diable : le 25 décembre 1995, à Madrid, en Espagne justement. Ca n'est donc très certainement pas le fruit du hasard si ce jour là, et ceux qui le précèdent, la violence règne dans les rues. Qu'elle soit le fait des criminels ou même de la police d'ailleurs. Afin d'attirer les faveurs du malin, le père Ángel Beriartúa choisit la voie de la criminalité en dépouillant les mendiants, en volant le portefeuille d'un accidenté de la route ou encore en dérobant la valise d'une inconnue. C'est lors de sa rencontre improbable avec un fan de métal, gérant d'un magasin de disque spécialisé dans le hard rock qu'Ángel Beriartúa s'adjoint les services de José maria. Fraîchement débarqué en ville, le curé va trouver en cet étrange personnage, un compagnon de route qui l'aidera à trouver le Mal et à le détruire avant que lui-même n'aie le temps d'exterminer l'espèce humaine...

Avec un tel synopsis, difficile d'imaginer que Le Jour de la Bête puisse être autre chose qu'une énorme blague, d'autant plus que son auteur, au fil des années, a cherché à toujours aller plus loin dans la critique acerbe de nos sociétés. Alex de la Iglesia balance sans ménagement, tout en prenant le risque de subir les foudres de la censure. Pourtant, son deuxième long-métrage choque rarement. Faisant preuve d'une inventivité permanente, le film déroule son implacable scénario. Entre comédie noire et film d'horreur pastichant La Malédiction de Richard Donner, Le Jour de la Bête est une merveille. Le mauvais élève d'une classe refoulé au font de la salle et ruminant sa vengeance envers un système qui l’écœure. Mais plutôt que de se montrer réellement hostile, Alex de la Iglesia imagine un contexte totalement surréaliste d'où émergent des vérités pas toujours bonnes à dire.

Et pour cela, il peut compter sur un casting solide. Alex Angulo dans le rôle du père Ángel Beriartúa qui interprétait celui d'Alex Abadie dans Accion Mutante, Santiago Segura, acteur et réalisateur de la saga Torrente dans la peau, ici, de José Maria. Armando de Razza qui excelle dans le personnage du Professeur Cavan. N'oublions pas également l'actrice Terele Pávez, véritable égérie d'Alex de la Iglesia (elle joua effectivement dans pas moins de huit des longs-métrages du cinéaste espagnol) qui dans le rôle de la mère du fan de métal est totalement hallucinante !

Qu'il est bon d'assister ici au défoulement d'un curé qui pour s'accorder les faveurs du Diable s'autorise les plus vénales actions. A peine imaginable, et pourtant si réjouissant. Alex de la Iglesia forme un couple improbable : deux antagonistes, l'un proche de dieu et l'autre vouant une fascination pour les groupes de métal satanistes. Le Jour de la Bête, c'est du pur délire. Épuisant tant l'action ne cesse de nous en mettre plein la vue. En gourou, prêtre d'une télévision poubelle où il affiche une image stéréotypée de faux voyant mis en lumière par des effets visuels et une lumière abusivement cheap !
Le Jour de la Bête est un grand moment de cinéma et la preuve que la tâche accomplie par le curé Angel Beriartua n'a pas été vaine. Nous somme en 2018 et le Diable, depuis ce fameux réveillon de Noël 1995 durant lequel un curé, un fan de métal et un charlatan l'on empêché de mettre à bien ses projets de fin du monde, n'est plus jamais redescendu sur Terre...

jeudi 21 septembre 2017

« Películas Para no Dormir » : La Habitación del Niño de Alex de la Iglesia (2006) - ★★★★★★★☆☆☆



La Habitación del Niño fait partie d'une série de six téléfilms diffusés à la télévision espagnole en 2006 dans le cadre de la collection « Películas para no dormir » que l'on peut littéralement traduire chez nous par « Films pour ne pas dormir ». En ce qui concerne celui réalisé par Alex de la Iglesia, on peut effectivement imaginer qu'un certain public peu habitué au genre épouvante ait eu quelques soucis durant leur sommeil après l'avoir regardé. Non pas que La Habitación del Niño soit un monument de l'horreur et de l'épouvante mais tout de même, le téléfilm de l'espagnol parvient à procurer quelques frissons du plus bel effet, et ce, en usant de procédés assez simples.

Simple, l'histoire l'est également très clairement. Un couple emménage dans une luxueuse demeure d'un très chic quartier de Barcelone. Juan et Sonia sont les parents d'un très joli bébé et pour pouvoir le surveiller la nuit sans avoir à se lever, ils installent dans sa chambre un écouteur afin de suivre ses activités nocturnes. Mais très vite, les sons qui sortent du récepteur qu'ils ont installé dans leur chambre se révèlent inquiétants. Alors qu'ils entendent l'enfant rire, le souffle d'un homme se fait lui aussi entendre à travers l’émetteur. Se précipitant dans la chambre de leur fils, Juan ne constate cependant rien d'anormal. Après quelques nuits agitées, il décide d'acheter un appareil de vidéo surveillance. Désormais, le système à infra-rouge permet aux parents de voir ce qu'il se passe dans la chambre de leur fils à travers un écran vidéo silencieux. Malheureusement, ce que Juan y découvre le terrifie. Cette fois-ci c'est certain : un homme erre la nuit dans la chambre de son enfant. Se précipitant dans celle-ci armé d'un couteau, il est très vite rejoint par Sonia qui, découvrant leur fils dans les bras de son époux tenant une arme, prend peur et décide dès le lendemain de partir s'installer avec leur bébé chez sa mère. Malgré les suppliques de Juan qui demande à Sonia de changer d'avis, le voici désormais seul, contraint d'affronter lui-même celui qui rôde chaque nuit dans leur magnifique demeure...

Malgré ses allures de téléfilm ne dépassant pas les quatre-vingt minutes (obligeant ainsi Alex de la Iglesia à entrer directement dans le vif du sujet), La Habitación del Niño instaure un climat de suspicion et de peur assez convaincants. En usant de jump scare, l'espagnol s'assure un certain nombre de sursauts de la part des spectateurs. Mais ce qui convainc davantage encore, c'est l'emploi des divers appareils de surveillance. Des parasites émis par l'écouteur jusqu'à ceux produits par la caméra de surveillance. Des bribes d'images renvoyant sur ce que l'on pourrait envisager comme une dimension parallèle à travers laquelle un visiteur malveillant a choisi de sévir. A l'aide d'un montage nerveux permettant de camoufler des mouvements manquant de symétrie (entre le décor environnant et celui que retransmet la caméra lorsque le personnage de Juan part à la chasse au rôdeur), Alex de la Iglesia fait monter la pression d'un cran supplémentaire. L'image en noir et blanc, parasitée et dévoilant un décor plus sombre que l'univers du jeune couple est plutôt convaincant lui aussi.
Toute l'intrigue repose sur la véracité ou non des événements qui se produisent sur plusieurs jours. Une assez courte période durant laquelle le cinéaste explore les thématiques du double maléfique, du fantôme, de la paranoïa et de la méfiance vis à vis de l'autre. La Habitación del Niño est une parenthèse dans l’œuvre de Alex de la Iglesia qui abandonne pour un court moment le délire visuel de ses précédents longs-métrages pour s'accorder avec un style bien plus posé. Cette différence de rythme n'a fort heureusement aucun conséquence sur les qualités du téléfilm même si l'on est habitué au style particulièrement enjoué de l'espagnol. Au final, La Habitación del Niño est une assez réjouissante surprise qui ne souffre d'aucune longueur du fait de sa courte durée. Une première incartade dans le genre horrifique qui réussit plutôt bien à Alex de la Iglesia. Pour l'occasion, le cinéaste s'offre les services de nouveaux venus parmi ses interprètes en la personne de Leonor Watling et F. Javier Gutiérrez...

800 Balas de Alex de la Iglesia (2002) - ★★★★★★★☆☆☆



Fort Bravo Texas Hollywood en Andalousie. C'est dans ces décors plantés en plein cœur du désert de Tabernas que furent tournées certaines scènes de plusieurs grands westerns-spaghetti parmi lesquels, Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone. Un village reconstitué dans lequel le cinéaste espagnol Alex de la Iglesia choisi également de planter ses caméras pour une œuvre qui plus qu'aucune autre, demeure incroyablement touchante. De part l'hommage de l'auteur du Crime Farpait ou du Jour de la Bête au western italiens. De la nostalgie qui en découle mais aussi du portrait de cet homme refusant d'abandonner tout ce auquel il a sacrifié son existence. Alex de la Iglesia s'amuse des codes du genre tout en rendant un témoignant de sa passion pour les cascadeurs, personnages centraux d'un récit qui n'oublie jamais de donner la part belle à une critique sociale féroce. Le dictât imposé par les puissants face à des tout petits qui pour se défendre auront recours à des méthodes radicales.

800 Balles est le titre de ce sixième long-métrage d'Alex de la Iglesia qui pour l'occasion quitte le confort citadin pour imposer son style dans des décors poussiéreux où plane l'ombre du grand acteur américain Clint Eastwood. Un acteur mais également un personnage, idole à laquelle se réfère sans cesse Julián Torralba, le grand-père de Carlos, petit-fils qu'il n'a jamais rencontré mais qui va littéralement bouleverser son existence. La sienne mais celle aussi de ses compagnons d'infortunes qui comme lui, continuent depuis des décennies à faire vivre ce petit village croupissant sous un soleil de plomb. La vie n'a pas épargné Julián. Surtout depuis la mort de son fils que Laura, sa fille, ne lui a jamais pardonné. Accusé à tort ou à raison d'en être responsable alors qu'ils tournaient ensemble une scène de poursuite à cheval il y a de nombreuses années, le cascadeur ne s'en est jamais remis. Alors, quand débarque Carlos, tout lui revient en mémoire. Et après des débuts difficiles entre l'homme et l'enfant, les voici qu'ils deviennent inséparables. C'est alors que Laura s'apprête à faire démolir le village afin d'y faire construire un projet qui devrait lui rapporter des millions de dollars. Face à cet ignoble imprévu, Julián et ses compagnons se joignent afin de résister à l'envahisseur...

Deux heures suffiront à hisser 800 Balles au rang de petit chef-d’œuvre. Après un démarrage difficile qui perd le spectateur dans un conglomérat de situations un peu désespérantes et surtout, peu amusantes en regard du passé de l'auteur de Muertos de Risa, 800 Balles tire tout ou partie de sa force dans le portrait très émouvant de ce vieil homme délaissé par sa famille qui retrouve l'amour filial auprès d'un petit-fils fasciné par celui qui affirme avoir doublé parmi les plus grands acteurs américains. De George C. Scott dans le film Patton de Franklin J. Schaffner à Clint Eastwood dans Et Pour quelques Dollars de Plus. Vérité, mensonge ou simple fantasme, il faudra pour cela patienter jusqu'à la fin pour connaître les tenants et les aboutissants de ce qui, cependant, reste mineur en comparaison des thèmes abordés par l'espagnol. Alex de la Iglesia traite ainsi effectivement ses personnages de cascadeurs comme des réfugiés que les autorités (police et armée) vont tenter par tous les moyens d'expulser. Les médias télévisés participant à la grande débâcle, chacun prend position devant son petit écran.
Amour, haine et trahison. Rires et pleurs. 800 Balles passe par tout un panel d'émotions qui se révèlent étonnantes. Film de guerre, westerns-spaghetti, drame, action, comédie, Alex de la Iglesia nous en donne pour notre argent. Son œuvre, malgré les sentiments mitigés qu'il suscite demeure une formidable réussite et prouve qu'en matière d'émotion, l'espagnol est capable d'accomplir de grandes choses. Lors du duel entre Cheyenne (l'acteur Angel de Andrès Lôpez) et Julián, lequel est interprété par l'acteur et réalisateur espagnol Sancho Gracia. A leurs côtés, on découvre une foule d'interprètes attachants parmi lesquels, le non négligeable Luis Castro dans le rôle de Carlos ainsi que deux des égéries du cinéaste espagnol, Terele Pávez et Carmen Maura.

dimanche 17 septembre 2017

El Bar de Alex de la Iglesia (2017) - ★★★★★★★★☆☆



En plein cœur de Madrid, les clients habituels d'un bar se retrouvent comme chaque jour. Eux mais également quelques inconnus qui passent ici tout à fait par hasard. Le bar est tenu par la patronne Amparo, laquelle emploie depuis des années, Sâtur, qu'elle considère comme son propre fils. Parmi les clients se trouvent ce jour-là Trini, une habituée qui passe son temps le dos tourné, le regard rivé devant une machine à sous et Israel, un clochard que la propriétaire du bar a pris sous son aile. Aujourd'hui, les lieux comptent huit clients. Outre Israel et Trini ont passé la porte du bar Nacho, Andrés, Sergio, un balayeur, ainsi qu'un individu apparemment malade qui dès son arrivée s'est réfugié dans les toilettes. Un autre également mais qui ne tarde pas à quitter l'établissement et qui, dès qu'il a passé la porte d'entrée, se prend une balle en pleine tête. Dehors, les rues sont évacuées. Il n'y a plus âme qui vive à part Amparo, Sâtur et leurs clients. Le seul à véritablement s'inquiéter du sort du pauvre homme étendu sur le trottoir, c'est l'éboueur. Qui contre l'avis des autres décide de sortir et de lui venir en aide. Sur la liste des cadavres, l'éboueur est le suivant. Lui aussi meurt d'une balle dans la tête. Persuadés qu'ils ont peut-être été les victimes d'un attentat perpétré par un tireur fou, les personnes retranchées dans le bar commencent à émettre des hypothèses. L'inquiétante grandit lorsqu'ils se rendent compte que la télévision ne retransmet aucune information concernant le drame qui vient de se dérouler devant le bar. Pire : les cadavres disparaissent et bientôt, des individus en combinaison viennent mettre le feu devant l'établissement. Pour Trini, Nacho et les autres, il s'agit alors d'une question de survie...

Alex de la Iglesia revient en 2017 avec son dernier né, El Bar. Et autant vous prévenir tout de suite : le cinéaste espagnol auteur des remarquables Le Jour de la Bête, Mes Chers Voisins, Le Crime Farpait, Les Sorcières de Zugarramurdi (pour ne citer que ceux là alors même que toute sa filmo (ou presque) mérite d'être explorée) revient en très grande forme avec une œuvre qui contrairement à la majeure partie de ses longs-métrages ne traite pas celui-ci d'un point de vue uniquement humoristique mais fait preuve d'un talent fou pour les ruptures de ton puisqu'après une première partie faussement tragique reprenant en partie les codes inhérents aux films d'infectés sur un ton où l'humour noir possède une place prépondérante, le cinéaste plonge ses interprètes dans un climat horrifique assez bien fichu pour un auteur qui ne verse habituellement pas trop dans ce type d'ambiance (pour cela, il faudra remonter jusqu'au Jour de la Bête qui, au demeurant, était plus drôle que réellement inquiétant). De la propreté javellisée du bar aux tréfonds des égouts d'une ville charriant une quantité incroyable de déchets, le cinéaste opère un savant changement de ton, radicalisant son propos au point d'imposer à ses interprètes une complète collaboration. A ce titre, Mario Casas, Blanca Suarez, Carmen Machi, Secun de la Rosa et surtout, oui, surtout Jaime Ordonez accomplissent un travail d'interprétation remarquable. Dans des conditions effroyables, voilà leurs personnages plongés dans des eaux plus dégueulasses encore que celles du Gange. Étrons et autres résidus de la vie quotidienne des habitants de Madrid accompagnent des actrices et acteurs qui n'hésitent pas à plonger directement au fond de cette rivière putride.

Au delà de la folle course à la survie qu'entreprennent les excellents «souffres-douleur» d'Alex de la Iglesia, l'auteur dénonce les dérives médiatiques qui ont tendance à faire avaler aux citoyens des informations plus ou moins erronées. L'espagnol tente de manière quelque peu détournée (toujours cet humour diaboliquement noir) de désamorcer l'actualité brûlante concernant les récents attentats qui eurent lieu peu de temps auparavant à Paris avant le tournage de El Bar qui lui, fut tourné en Espagne. Le dernier bébé du génial espagnol Alex de la Iglesia ne déroge pas à la règle qu'il s'est fixé depuis le début de sa carrière (à part en de très rares occasions avec l'anglais Crimes à Oxford et la commande La habitación del niño) : une énorme dose d'humour noir, un climat parfois inquiétant, une grande cuillerée de suspens et surtout, un bordel extraordinairement maîtrisé. Un Alex de la Iglesia comme on l'aime, comme on l'adore, comme on le vénère...

mardi 20 mai 2014

Las Brujas de Zugarramurdi de Alex de la Iglesia (2014)



Alors qu'ils braquent une boutique renfermant de l'or, José, son fils Sergio et Tony prennent la fuite à bord d'un taxi conduit par Manuel, ce dernier devenant ainsi malgré lui, le complice de la bande. L'objectif de José est de quitter le pays et de se réfugier en France. Divorcé de son ex-femme, il désire la garde partagée ce qui n'est pas au goût de celle qui part à la rescousse de son fils engagé dans une poursuite entre braqueurs et policiers.

Alors qu'ils sont poursuivis par la police, Manuel propose à José de prendre un raccourci en pleine forêt. Parvenant à distancer leurs poursuivants, les malfrats tombent sur une auberge tenue par une étrange vieille femme. Manuel est témoin d'un curieux événement mais n'en parle pas à José et Tony. Les trois hommes, le fils de José et un client enfermé dans le coffre de la voiture depuis le début de la cavalcade reprennent la route et traversent le village de Zugarramurdi après avoir renversé une femme qui se révèle être celle qu'ils ont quitté quelques minutes plus tôt à l'auberge.

A la sortie du village, ils sont stoppés par une autre femme qui affirme être la fille de celle qu'ils viennent de renverser. Elle demande aux trois hommes s'ils ont aperçu sa mère et après qu'ils lui aient menti en lui répondant que non, elle leur demande de bien vouloir la raccompagner chez elle. Là, ils font la connaissance d'Eva, la fille de la propriétaire. Tony séduit par la silhouette alléchante de la jeune femme commence à la draguer, suivi de José qui n'est pas indifférents à ses charmes. Pendant ce temps là, Sergio disparaît. Cherchant son fils dans l'immense et lugubre demeure, il le retrouve nu et enchaîné, près à être cuit par la vieille femme qu'ils ont renversée plus tôt dans la soirée..

Dernier film réalisé par le génial Alex de la Iglesia, Les Sorcières de Zugarramurdi renoue avec le cinéma déjanté du cinéaste qui avait disparu lors de son incartade britannique durant le tournage de Crimes à Oxford. Un bon film mais qui s'éloignait des œuvres folles du réalisateur des excellents Action Mutante, Perdida Durango, Mort de Rire, Mes Chers Voisins, etc... Toujours emprunts d'un humour décalé, le cinéma d'Iglesia a souvent démarré de manière conventionnelle pour finir dans un spectacle visuellement bluffant. Les Sorcières de Zugarramurdi, s'il ne déroge pas à la règle, commence très vite a anoncer la couleur avec un braquage hors du commun. Bob l'éponge, l'homme invisible et un soldat tout droit sorti de Toy Story son les protagonistes d'un braquage qui tourne mal, tous menés par le ,Christ lui-même, suivi de son tout jeune fils. Un film d'action en somme qui frise la folie du Killing Zoé de Roger Avary, la violence en moins et l'humour en plus.

Puis survient un virage à cent quatre-vingt degré. Exit l'action, et bienvenue au fantastique, celui qui nous avait bien fait rire dans le cultissime Jour de la Bête, toujours réalisé par Alex de la Iglesia. Des héros qui se dégonflent au moindre bruit, un séducteur immature et puéril(Mario Casas) et un père de famille (Hugo Silva) fou d'inquiétude pour son fils disparu mais qui oublie son rejeton devant la plastique superbe de la jeune sorcière Eva (Carolina Bang). On retrouve avec un immense plaisir Santiago Segura, un grand habitué du cinéma d'Iglesia, dans un rôle où il se présente de façon méconnaissable.

Action, humour, ambiance parfois lugubre, décors gothiques, images de synthèse de qualité, rythme effréné, interprétation convaincante et réalisation à la hauteur font de ces Sorcières de Zugarramurdi un excellent film d'Alex de la Iglesia. Peut-être pas l'un des trois meilleurs mais du moins un indispensable pour tous ceux qui aiment ce cinéaste atypique... On en redemande...
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