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mardi 18 novembre 2025

Good Fortune d'Aziz Ansari (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Pour son second long-métrage trois ans après la comédie dramatique Being Mortal pour lequel il convia à l'époque Bill Murray, l'acteur, réalisateur, scénariste, producteur et écrivain américain Aziz Ansari, signe une comédie fantastique dans laquelle il offre désormais l'un des principaux rôles à Keanu Reeves. Interprétant celui d'un ange prénommé Gabriel, l'acteur incarne un personnage profondément allégorique qui n'est au fond pas loin de représenter l'homme généreux qu'il est dans la vie, faisant de très importants dons anonymes aux hôpitaux et renonçant régulièrement à une partie de son salaire afin de permettre à de tous jeunes talents de pouvoir se lancer dans leur carrière. Aussi sobre dans sa manière de concevoir son existence que l'est son personnage d'ange situé à l'échelle la plus basse comme en témoigne la petitesse de ses ailes, Keanu Reeves interprète donc Gabriel, descendu sur Terre pour veiller sur Elena (Keke Palmer). Également chargé de protéger celles et ceux qui aux commandes de leur voiture ont tendance à manquer d'attention, Gabriel va, contre les recommandations de sa supérieure, l'ange Martha (Sandra Oh), s'occuper d'Arj (incarné par Aziz lui-même). Un jeune homme à tout faire qui après avoir réussi à se faire engager par le richissime homme d'affaire Jeff (Seth Rogen) va être finalement renvoyé. Passant habituellement ses nuits dans sa voiture, celle-ci se retrouve à la fourrière et le jeune homme ne sait plus où dormir. C'est alors que Gabriel lui apparaît. Tandis que ce dernier tente de le rassurer en lui montrant son avenir, Arj rêve de pouvoir mener une existence similaire à celle de Jeff. Mais persuadé que celle-ci n'en vaut pas la peine, Gabriel propose au jeune homme d'échanger son existence avec celle de Jeff. Contrairement à ce que pense l'ange, Arj va aimer sa nouvelle vie et avoir beaucoup de mal à se faire à l'idée de retourner à son misérable quotidien... Good Fortune tourne autour de quatre principaux personnages.


Aux côtés de Gabriel, d'Arj et de Jeff l'on retrouve donc l'actrice Keke Palmer dans le rôle d'Elena, jeune femme belle et simple dont va tomber amoureux Aziz. Traitant son sujet sur le ton de l'humour, Aziz Ansari s'emploie tout d'abord à mettre Gabriel/Keanu Reeves à l'écart, scrutant ce pauvre Arj sur le dos duquel les problèmes s'accumulent. Après une première partie peu engageante durant laquelle on ne sait pas vraiment où veut en venir le cinéaste, le film devient réellement intéressant lorsque les trois hommes sont tour à tour confrontés à la réalité. En effet, tandis qu'Arj profite largement de la richesse de Jeff, il lui semble qu'Elena avec laquelle il entretient une relation lui échappe. Seth Rogen et Keanu Reeves forment alors un duo relativement drôle. Le personnage incarné par le premier se retrouve dans la situation peu envieuse d'Arj tandis que Gabriel perd ses ailes et devient un humain, contraint tout comme Jeff de devoir travailler pour gagner suffisamment d'argent pour pouvoir dormir à l'hôtel... Réalisateur mais également acteur de son propre script, Aziz Ansari signe une comédie fantastique relativement touchante qui laisse de côté l'image négative qui pourrait émerger d'un personnage ''volant'' l'existence d'un autre pour au contraire développer chez lui un certain sens moral. Ne payant tout d'abord pas de mine, l'ange incarné par Keanu Reeves ne consent tout d'abord pas à dire un seul mot avant de ''descendre sur Terre'' et de découvrir notamment le plaisir de boire, de manger et de fumer tout en ressentant une certaine gène propre à certains phénomènes physiologiques comme celui de transpirer ! En omettant volontairement d'approfondir la lutte des classes, le cinéaste choisit de faire de l'ensemble de ses personnages, des hommes et des femmes moralement bons. Le trio d'interprètes masculins fonctionne plutôt bien et le film, sans être d'une drôlerie exceptionnelle, est vraiment plaisant à regarder...

 

jeudi 17 octobre 2024

Le fleuve de la mort (River's Edge) de Tim Hunter (1986) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le 3 novembre 1981, l'adolescente Marcy Renee Conrad alors âgée de seulement quatorze ans est assassinée par Anthony Jacques Broussard de deux ans son aîné. Son corps est alors retiré du lieu du crime (sa maison étant située dans la municipalité de Milpitas du comté de Santa Clara) avant d'être déplacé et jeté par son assassin dans les collines avoisinantes. Violée puis étranglée, l'adolescente est ensuite exposée à la vue de plusieurs étudiants du lycée de la ville par son meurtrier lui-même. Et malgré tout, il faudra attendre deux jours avant que le corps ne soit découvert par la police après que deux témoins de la scène de crime aient décidé de prévenir les autorités. Par la suite, Anthony Jacques Broussard sera arrêté, jugé en 1985 puis condamné à un minimum de vingt-cinq ans de prison avant de recouvrer la liberté le 6 avril 2023. Après plusieurs demandes de libération qui furent toutes rejetées, il aura finalement effectué près de vingt-huit ans d'incarcération... Le fleuve de la mort s'inspire de ce sordide fait-divers. Ici, tous les noms des protagonistes de l'affaire ont été modifiés et le cadre dans lequel se déroule l’intrigue a lui-même été substitué au profit d'un univers qui, s'il n'excuse en aucune manière les faits et gestes des divers intervenants, explique en tout cas l'état d'esprit des personnages. Premier fait marquant allant au delà de la simple abomination que représente le meurtre d'une gamine par son propre petit ami dont les motivations restent ici relativement vagues, c'est bien la description du cadre de vie de ces jeunes paumés qui pose question. Dans les rôles de Layne, Matt, Clarissa, Samson (le tueur en question) ou Tim, et par extension, les adultes eux-mêmes,Crispin Glover, Keanu Reeves, Ione Skye et Daniel Roebuck définissent ici une morale qui semble avoir complètement disparu du quartier où vivent les habitants de ce petit patelin concentrant en quelques dizaines de kilomètres carré toute la lie de la société américaine. Des gosses laissés à l'abandon par une mère divorcée, consommatrice de marijuana, compagne d'un beau-père pas vraiment enclin à s'occuper de ses beaux-enfants. Le réalisateur Tim Hunter et le scénariste Neal Jimenez (ce dernier ayant écrit le scénario après avoir découvert le drame dans un journal) composent avec Le fleuve de la mort une œuvre forte, presque morbide dans son étalage d'une Amérique profonde couplée à une population quasi essentiellement constituée de culs-terreux.


Des familles au chômage et des adolescents dont les atours sont loin de s'aligner sur ceux des plus prestigieuses universités américaines. Ici, ils portent des pantalons et des vestes de jeans ou des chemises de bûcherons et attachent moins d'importance à leurs études qu'à se retrouver le soir pour boire de la bière et perpétrer d'innocents méfaits. L'on retrouve ainsi quelques vedettes du grand écran. Comme Keanu Reeves qui la même année avait interprété le héros d'un groupe d'auto-défense de leur lycée dans La loi du campus et qui beaucoup plus tard deviendra la vedette d'un nombre importants de longs-métrages de très grande qualité (Speed de Jan de Bont en 1994, L'Associé du diable de Taylor Hackford en 1997, Matrix de Lana et Lilly Wachowski en 1999 ou encore de la franchise John Wick de Chad Stahelski dès 2014). Crispin Glover devint quant à lui célèbre à l'échelle mondiale en incarnant le rôle de George McFly dans le premier volet de la séries de trois films cultes, Retour vers le futur de Robert Zemeckis. Ione Skye a ensuite poursuivi sa carrière au cinéma et sur le petit écran sans pour autant avoir durablement marqué les esprits. En quarante-deux ans de carrière, l'étrange Joshua John Miller aura tourné dans une trentaine d’œuvres dont Halloween 3 : le sang du sorcier Tommy Lee Wallace en 1982 et surtout dans l'excellent film de vampires Near Dark de Kathryn Bigelow un an après sa troublante (et psychotique) performance dans Le fleuve de la mort. Quant à Daniel Roebuck, il incarne le ventripotent assassin de ce long-métrage réellement dérangeant, surtout lorsque l'on remet l'histoire dans son contexte d'origine. Les adultes étant relativement peu représentés, nous noterons tout de même la présence à l'image de l'acteur Dennis Hooper dans le rôle du revendeur de drogue complètement barge (et amoureux de sa poupée gonflable) Feck. Acteur qui la même année aura interprété les personnages tout aussi dingues que le lieutenant Lefty Enright dans Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper ou Frank Booth dans l'un des chefs-d’œuvre de David Lynch, Blue Velvet. Le fleuve de la mort marque surtout par son constant pessimisme. Des personnages et un environnement qui jamais ne transpirent la joie et le bonheur. Terreau fertile de toutes les outrances et où les Fées ont semble-t-il choisi de ne jamais mettre les pieds...

 

mercredi 11 septembre 2024

Speed de Jan de Bont (1994) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Au cinéma, lorsque un groupe d'individus ou qu'un homme isolé piègent un bateau, un immeuble, un train ou comme ici, un bus et même, pourquoi pas, disséminent ça et là des bombes dans différents coins d'une grande ville, c'est souvent pour les mêmes raisons. L'on invoque parfois des motivations qui n'ont rien à voir mais au final, tout n'est que prétexte à repartir les mains pleines de billets verts ou le compte en banque bien garni ! Que l’appât du gain soit ou non le but recherché par ces hommes, les films mettant en scène des criminels employant des explosifs afin d'exercer des pressions sur des négociateurs, des politiques ou toute autre forme d'autorité afin d'obtenir ce qu'ils veulent sont légion. Piège de Cristal et Une journée en enfer de John McTiernan, Alerte à la bombe de John Guillermin, Terreur sur le Britannic de Richard Lester et j'en passe et des meilleurs... et des moins bons. L'une des œuvres les plus iconiques du genre durant la première moitié des années 90 vit le jour sur grand écran en 1994. Réalisé par Jan de Bont qui avant cela avait travaillé comme directeur de la photographie sur des dizaines de longs-métrages signait donc en cette année, l'un des meilleurs films d'action de la décennie. Employant un acteur qui depuis n'a eu de cesse de séduire le public par la qualité de ses choix artistiques, son charisme et l'empathie naturelle qu'il dégage, c'est donc Keanu Reeves qui dans Speed va avoir la lourde responsabilité de venir en aide aux passagers d'un bus lancé à vive allure. Les freins n'ont pas cédé par manque d'entretien, non. C'est bien pire que cela. Un dingue du nom de Howard Payne a décidé de faire payer à la ville de Los Angeles l'argent qu'il estime devoir récupérer de ses anciens employeurs. Pour qui cet homme désormais à la retraite travailla-t-il ? Nous le saurons beaucoup plus tard. Après avoir échoué dans son projet de rançon face à la ténacité de deux agents du SWAT du nom de Harold Temple et Jack Traven qui l'ont empêché de mener à bien un premier projet d'attentat, Payne réapparaît quelques temps plus tard en faisant exploser un bus sous les yeux de Jack Traven (Keanu Reeves)...


Ce dernier, qui se trouvait comme par hasard à l'endroit du drame au moment où il eu lieu entend sonner un téléphone public. En décrochant, il entend la voix de celui qu'il croyait mort quelques temps auparavant. Après avoir fait sauter le bus en question, Payne fait comprendre au démineur qu'une bombe est présente dans un second bus et que si jamais le chauffeur qui le conduit descend en deçà des cinquante miles, celle-ci explosera. Seul hypothétique moyen d'éviter que le criminel ne mette à exécution son funeste projet : Payer la rançon qu'il exige... Speed de Jan de Bont, c'est un peu l'équivalent de Piège de cristal. Un modèle environnemental drastiquement réduit qui en revanche à pour principal intérêt de se dérouler dans un véhicule lancé à vive allure. En ville mais aussi sur une autoroute jonchée d'embûches. De quoi donner du fil à retordre à l'excellent Keanu Reeves qui joue un alter ego super-héroïque de l'homme très attachant qu'il semble être dans la vie de tous les jours. Face à lui, un Dennis Hooper totalement allumé qui huit ans auparavant avait déjà incarné le très inquiétant Frank Booth dans le chef-d’œuvre de David Lynch, Blue Velvet... Tous les acteurs principaux ou presque se retrouvent ici dans une situation très particulière qui fait que les contacts physiques s'avèrent relativement rares. Laissé seul à bord du bus en compagnie d'une quinzaine de voyageurs et d'un chauffeur incarné par l'acteur Hawthorne James, la communication entre le flic, le criminel, Harold (Jeff Daniels) et la hiérarchie se fera à l'aide de téléphones. Le montage de John Wright est nerveux et l'action ininterrompue. La touche de féminité est ici incarnée par l'actrice Sandra Bullock, laquelle interprète une Annie Porter que l'on pressentait chiante mais qui au final compose aux côtés de Keanu Reeves un très sympathique tandem. Cascades à profusions, charriant bien entendu leur lot d'invraisemblances, humour et seconds rôles très attractifs (Alan Ruck dans celui du passager un brin irascible ou l'excellent Joe Morton dans celui du chef du SWAT, Herb McMahon), Speed n'a quasiment pas pris une ride même si certaines situations prêtent à rire (le bus s'élançant vers l'avant afin de franchir une partie de l'autoroute encore en construction). Bref, on ne s'ennuie pas un seul instant...


 

lundi 19 juin 2023

John Wick : Chapitre 4 de Chad Stahelski (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec une quasi régularité, le réalisateur américain Chad Stahelski revient tous les deux ou trois ans sur le devant de la scène avec un nouvel épisode de la franchise John Wick. L'homme a débuté sa carrière de cinéaste en 2014 et ne s'est jusqu'à maintenant consacré qu'à cette seule sage mettant principalement en scène l'acteur Keanu Reeves. Chose qui risque de changer à l'avenir puisque Chad Stahelski est sur un nombre important de projets qui devraient rapidement voir le jour. En 2024 devrait apparaître sur grand écran Ballerina qui, comme son nom ne l'indique pas, est un spin-off de la franchise que devrait cette fois-ci mettre en scène le réalisateur Len Wiseman qui signa notamment le quatrième volet des aventures de John McLane Die Hard 4 : Retour en enfer en 2007. Mais pour revenir aux nouvelles aventures de John Wick qui ont vu le jour sur grand écran le 22 mars dernier en France et seulement deux jours plus tard sur le territoire américain, les choses n'ont pas vraiment évoluées depuis le précédent épisode dans lequel notre héros était poursuivi par des membres de l'organisation qui l'a déchu de ses droit et sur la tête duquel elle a placé une prime de quatorze millions de dollars pour sa mort. Après une ouverture de piteux intérêt lors de laquelle John Wick tue le Grand Maître (l'acteur franco-marocain Said Taghmaoui) qui présidait jusque là Grande Table, l'homme se rend à Osaka, dans l'hôtel continental de la ville tenu par son ami Shimazu (l'acteur japonais Hiroyuki Sanada rendu mondialement célèbre dans le courant des années soixante-dix en interprétant le rôle d'Ayato dans la série de science-fiction culte, San Ku Kaï). Là-bas va bientôt s'engager un combat entre les deux hommes et un groupe d'individus venus en découdre avec John Wick afin d'empocher les quatorze millions de dollars... qui bientôt passeront à vingt ! Le fond et la forme de ce quatrième volet sobrement intitulé John Wick : Chapitre 4 ne diffèrent absolument pas des précédents épisodes dans son mode de fonctionnement. Démultipliant les séquences d'action et prenant le risque que le spectateur finisse par éprouver un sentiment d'overdose, ce quatrième volet est le plus long de tous puisqu'il frise les trois heures de long-métrage. John Wick : Chapitre 4 fait directement suite aux aventures du troisième volet intitulé quant à lui John Wick Parabellum, lequel date déjà de 2019. Il aura donc fallut quatre années à Chad Stahelski et à ses scénaristes Michael Finch et Shay Hatten afin de concevoir une œuvre qui au fond n'a rien de très original...


Ni même dans ses combats rapprochés constitués de gungfights, de combats à mains nues ou au sabre et autres armes blanches. Le réalisateur pousse le curseur de l'invraisemblance de telle manière qu'il n'est pas rare de pouffer de rire devant certaines actions. Et même, devant certains personnages comme celui qu'incarne l'acteur, réalisateur et chorégraphe chinois Donnie Yen. En effet, celui-ci interprète Caine, un ancien ami de John Wick qui pour assurer la sécurité de sa fille accepte d'éliminer notre héros. Dans ce nouveau chapitre, son personnage est aveugle et n'est aidé que par d'autres sens que la vue, particulièrement aiguisés et qui lui permettent d'accomplir des prouesse totalement abracadabrantesques. Autant dire que ses diverses interventions paraissent totalement burlesques, voire grotesques. Il s'agit d'ailleurs du fond de commerce généralement accordé à la franchise puisque à force de sans cesse se relever et de survivre à des légions d'ennemis qu'il finit systématiquement par tuer en ayant lui-même subit des blessures qui auraient laissé à terre n'importe quel homme de constitution normale, John Wick sort du champ de personnage de simple film d'action et se mue ainsi en super-héros quasiment invincible. Ce que semble définitivement corroborer John Wick : Chapitre 4 dans lequel ses adversaires et lui portent sur le dos des costume pare-balles qui évitent à ce dernier de nombreuses ''occasions'' de mourir sous le feu nourri de ses opposants. Il fallait ici lui opposer un grand méchant. Il ne s'agira pas de Donnie Yen. Ni même de l'afro-américain Shamier Anderson qui interprète le rôle de M. Personne mais bien de l'acteur suédois Bill Skarsgård, connu pour avoir notamment interprété le rôle de Grippe-sous dans le diptyque horrifique Ça de l'argentin Andrés Muschietti. Dans le cas présent, il incarne le Marquis de Gramont, un français auquel la Grande Table a octroyé la possibilité de faire éliminer John Wick par quel que moyen que ce soit. Bien que John Wick : Chapitre 4 soit fondamentalement classique et donc très proche des précédents volets dans son déroulement et sa narration, les fans de la franchise et les amateurs d'action et de combats n'en seront pas moins aux anges puisque le film bénéficie de scènes d'affrontements battant absolument tous les records en terme de durée. Et particulièrement celle située en France et démarrant autour de l'Arc de Triomphe pour se conclure au pied du Sacré Cœur. La conclusion de ce quatrième volet laisse supposer que la franchise ne comptera pas de cinquième opus. Pourtant, le futur tournage de John Wick 5 semble avoir été récemment confirmé..

 

samedi 29 octobre 2022

The Gift (Intuitions) de Sam Raimi (2000) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

La future elfe Galadriel des trilogie Le seigneur des anneaux et Le Hobbit de Peter Jackson incarne en cette année 2000 l'héroïne de The Gift (Intuitions) de Sam Raimi. Cate Blanchett est Annie Wilson. Une jeune femme qui a perdu son mari lors d'une explosion et qui désormais s'occupe seule de ses trois fils. Afin de subvenir à leurs besoin, la jeune femme lit dans les cartes et se fait payer en nature. Parmi ses clients se trouve le garagiste Buddy Cole (l'acteur Giovanni Ribisi que l'on a pu notamment découvrir dans le troisième épisode de la saison trois de la série de science-fiction X-Files intitulé Coup de foudre). Hilary Swank (Million Dollar Baby de Clint Eastwood) interprète quant à elle Valerie Barksdale, l'épouse d'un homme violent lui-même incarné par Keanu Reeves. Quant à Katie Holmes et Greg Kinnear, ils forment ici le couple Jessica King/Wayne Collins. Dans ce récit réunissant une belle brochette d'interprètes à laquelle nous ajouterons J.K.Simmons dans le rôle du shérif Pearl Johnson ou Gary Cole dans celui de David Duncan, on s'aperçoit assez rapidement que l'histoire tourne surtout autour du personnage d'Annabelle Wilson. En effet, The Gift semble être entièrement dédié à Cate Blanchett qui incarne une veuve élevant seule ses trois enfants et devant faire face aux problèmes parfois très délicats de certains de ses clients. Reposant sur un scénario co-écrit par Billy Bob Thornton et Tom Epperson, The Gift est un drame ''fantastique'' passionnant se muant peu à peu en un thriller certes relativement convenu mais dont on ne décroche cependant pas avant le générique de fin. Aidée par l'excellente interprétation générale et par le jeu subtile de son héroïne, Sam Raimi quitte ici l'univers dans lequel il a baigné dès ses débuts. En cela, le réalisateur américain rejoint Peter Jackson, justement, et prouve qu'il est aussi à l'aise dans l'horreur et le gore que dans le thriller ou n'importe quel autre genre cinématographique !


Hantée par des cauchemars effrayants, harcelée par l'époux violent de l'une de ses clientes, courageuse face au comportement de certains habitants (Giovanni Ribisi se montre parfois inquiétant), la jeune femme va être au cœur d'une affaire de disparition et de meurtre dans laquelle va entrer en jeu son talent pour la voyance. En se penchant presque exclusivement sur le portrait d'Annabelle Wilson, Sam Raimi semble oublier ses fils et son entourage. Question caractérisation, The Gift se montre relativement chiche. Sans doute moins intéressé par la personnalité de la plupart des personnages qu'il ne fait que survoler, l'auteur de Evil Dead renoue quelque peu avec le surnaturel sans pour autant y apposer la marque de Satan ! Ici, tout est question de subtilité. La grandiloquence et les effets-spéciaux à outrance n'étant plus d'actualité pour celui qui débuta sa carrière en jetant au visage des spectateurs une profusion d'effets gore, The Gift pourrait ne pas convenir à une certaine catégorie plus encline à bouffer du CGI à outrance. Si la caractérisation n'est donc pas le premier des soucis chez le réalisateur, son œuvre n'en est pas moins dotée d'une profonde humanité. Avec ses portraits parfois saisissants d'une Amérique profonde charriant du redneck à la pelle, Keanu Revves, Giovanni Ribisi et quelques figurants incarnent ces habitants vivant dans des contrées presque sauvages où la culture et la civilisation n'ont pas encore eu le temps de s'installer. L'on est tout de même loin des canons du genre que sont Délivrance de John Boorman ou Sans retour de Walter Hill et de toute manière, le propos n'est pas là. Car lors de la seconde partie, le film change de sujet même si le discours reste toujours le même : le surnaturel et les talents de voyance de l'héroïne sont mis à contribution lors de l'affaire de meurtre en question. La direction d'acteurs et l'attitude des principaux intéressés font que l'on devine malheureusement trop tôt qui est l'assassin de Jessica King. The Gift n'en demeure pas moins un bon thriller, divertissant et jamais ennuyeux malgré le rythme imposé par la mise en scène. Une œuvre où s'impose une Cate Blanchett remarquable au point d'effacer pratiquement celles et ceux qui l'accompagnent durant le récit...

 

vendredi 28 octobre 2022

Replicas de Jeffrey Nachmanoff (2018) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Aaaaah, Keanu Reeves. Ce charmant acteur qui préfère le métro aux limousines avec chauffeur et qui laisse volontiers sa place aux vieilles dames. Une serviabilité qui transparaît jusque sur grand écran où l'acteur est ce héros attachant que l'on retrouve généralement dans la plupart de ses films. On ne va pas perdre de temps et citer la totalité des longs-métrages dans lesquels il a joué mais n'en relater qu'une poignée : Point Break de Kathryn Bigelow en 1991, Speed de Jan de Bont en 1994, L'Associé du diable de Taylor Hackford en 1997, The Matrix des frères, PARDON ! Des sœurs Wachowski en 1999 ou la trilogie des John Wick dans les années 2010. Que du bon là-dedans. Un menu de choix qui aura fait l'impasse sur quelques failles dont Replicas de Jeffrey Nachmanoff fait sans doute partie. Certains diront qu'il y a pire mais celles et ceux qui apprécient une certaine rigueur en matière de réalisme risquent de tirer la gueule ! De la science-fiction, de l'action et quelques bons sentiments liés à l'amour familial, voilà les enjeux de ce troisième long-métrage cinématographique de Jeffrey Nachmanoff qui à cette occasion s'offre les services du scénariste Chad St.John, lequel adapte à cette occasion une histoire créée à l'origine par Stephen Hamel. Un sujet ô combien passionnant mais loin d'être inédit puisque bien avant le réalisateur et ses scénaristes, d'autres se sont penchés sur le sujet du clonage ou du transfert d'âme. Pour cette dernière, on remontera jusqu'au Robocop de Paul Verhoeven dans lequel, certes, c'est le cerveau tout entier du héros qui était transféré à l'intérieur d'une machine devant servir de prototype à l'Omni Cartel des Produits ou OCP...


L'une des principales différences entre cet immense classique de la science-fiction que fut Robocop et l’œuvre de Jeffrey Nachmanoff étant que dans le cas de Replicas, tous les souvenirs des cobayes (ou presque comme les spectateurs pourront le découvrir très rapidement) seront conservés. Bourré d'invraisemblances et de fâcheuses coïncidences, ce dernier pêche par un excès de subterfuges gros comme un furoncle au beau milieu du nez. Imaginez : alors que les recherches menées par le neuroscientifique William Foster (Keanu Reeves) et son assistant Ed Whittle (Thomas Middleditch) semblent ne pas devoir aboutir et que le dirigeant de la société qui les emploie s'apprête à couper les finances, une seconde ''chance'' est donnée à Will de continuer dans le secret de sa cave ses recherches sur les corps de trois des membres de sa famille qui viennent de décéder dans un grave accident de voiture. Je sais, écrit aussi froidement, on pourrait croire que je manque de cœur ou de chaleur. Mais c'est à peu près de cette manière qu'est approché le sujet. Rendez-vous compte : alors qu'il est le témoin direct (puisque au volant du véhicule) de la mort de sa femme Mona (interprété par l'actrice Alice Eve dont la ressemblance avec la française Cécile de Ménibus s'avère relativement troublante), de ses deux filles Sophie et Zoe et de son fils Matt, Will ne prend pas le temps de verser la moindre larme et pense déjà à les cloner et à transférer ainsi leur esprit dans de nouveaux corps à leur image. Loin de moi d'imaginer que le protagoniste ait d'autres pensées que de ''sauver'' ceux qu'il aime, mais reconnaissons que la séquence est traitée avec un manque flagrant de finesse et d'émotion. C'est long, laborieux et pétri de raccourcis facile échappant aux conséquences réelles que pourraient avoir de telles implications scientifiques...


Allez, surnage tout de même une excellente idée mais qui là encore, n'est que survolée alors qu'elle aurait pu être à l'origine du développement d'une sous-intrigue passionnante (les conséquences de la disparition de Zoé et la suppression de son souvenir de la mémoire des consciences nouvellement intégrées dans le cerveau des clones)... Comme dans toute bonne intrigue du type, Replicas offre la présence d'un méchant vraiment détestable en la personne de Jones qu'interprète l'acteur John Ortiz. Le directeur de l'entreprise qui emploi Will et Ed, laquelle cache les intentions réelles qui se camouflent derrière le projet. Malgré le sujet et la présence de Keanu Reeves à l'écran, le film est un bide sur le territoire américain. Pourtant émaillé de défauts rédhibitoires, le long-métrage de Jeffrey Nachmanoff n'est cependant pas la catastrophe annoncée. Discrets, les effets-spéciaux ne transforment pas le monstre en bête de foire (ses trente millions de budget l'empêchant d'être catalogué dans la section Blockbuster) et se montrent au contraire plutôt subtiles et satsifaisants. Le film tient surtout sur l'interprétation de la star américain dont le seul charisme parvient à plus ou moins faire oublier les défauts d'un scénario parfois grotesque. De la science-fiction l'on passe ensuite au film d'action/thriller avec sa course-poursuite entre le héros et l'enc.... de service et son final les opposant au sein même de l'entreprise. Bref, Replicas n'est franchement pas à conseiller à qui voudrait se faire la main pour la première fois sur la filmographie de Keanu Reeves mais n'est pas aussi mauvais que certains le prétendent...

 

samedi 29 janvier 2022

The Neon Demon de Nicolas Winding Refn (2016) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Avec son avant-dernier long-métrage Only God Forgive réalisé en 2013, le réalisateur danois Nicolas Winding Refn divisait les critiques. Poussé par le désir d'offrir une œuvre esthétiquement brillante et guidée par une approche sensorielle et épidermique, on pouvait (ou pas) lui faire remarquer qu'il manquait simplement à ce petit bijou, l'un des aspects fondamentaux qui transforme définitivement un film en chef-d’œuvre et auquel ne manque finalement plus qu'une chose : un vrai scénario ! Alors... Pour ? Ou contre ? Perso, définitivement pour... Trois ans plus tard, Nicolas Winding Refn revient avec The Neon Demon. Et déjà, alors, certains visages se crispent. Une affiche qui laisse supposer que le danois à choisi de rester sourd aux précédentes critiques et de n'en faire qu'à sa tête en creusant encore un peu plus loin le sillon d'un style visuel qui n'a plus grand chose à prouver ni plus rien en commun avec ses débuts de carrière. De la superbe séquence d'ouverture gothico-horrifique exhibant sur un canapé une Elle Fanning aussi rigide qu'un mannequin d'exposition toute gorge tranchée, on croit un instant que le danois, plutôt que de soigner (enfin) son scénario, a peut-être finalement adopté la méthode d'un Dario Argento (dont les dernières œuvres de Nicolas Winding Refn empruntent l'imagerie sublime mais néanmoins criarde), décrétant qu'une enfilade de meurtres vaut sans doute aussi bien qu'un script bien torché. Mais cette vision macabre qui plus tard sera rejointe par des examens de la conscience humaine par trop dérangeants, ne sert finalement pas de menu à un plat de résistance sanguinolent. Plutôt à une fausse critique du milieu de la mode, sujet qui, forcément, colle idéalement au style visuel du réalisateur.


Clipesque et scintillant comme aux plus beaux jours du Glam Rock, l'ombre sans doute involontaire (quoique) du disco et de ses paillettes en forme d'étoiles ferait presque ressembler notre héroïne à l'un des membres féminins du groupe suédois ABBA ! En s'égarant parfois sur les mêmes chemins de travers que Julian Hopkins, héros incarné par l'acteur Ryan Gosling trois an auparavant dans Only God Forgive, Elle Fanning/Jesse figure son pendant féminin. Adolescente parfaite d'un point de vue esthétique. De même que d'un point de vue morale, le caractère de cette gamine trop vite lancée sur la piste du succès demeure jusqu'ici tout à fait tempéré. Tout The Neon Demon ou presque est déjà relégué lors de la séquence d'ouverture lors de laquelle Jesse ressemble moins à un cadavre égorgé qu'à l'un de ces mannequins de cire qu'exposent les devantures de magasins de fringues. Une posture apparemment anodine qui révèle en fait l'exploitation du corps humain et notamment celui de la femme enfermée dans son rôle d'objet de fantasme. Une aberration qui mène les plus ambitieuses à quitter leur forme originelle à grands coups de bistouris afin de décrocher le ''rôle'' de leur vie. Le dernier long-métrage de Nicolas Winding Refn ne résoudra pourtant sans doute pas l'épineux problème auquel se sont confrontés certains spectateurs trois ans plus tôt. Le danois est gourmand. Trop sans doute puisqu'il ne termine jamais son assiette (comprenne qui pourra). Du moins semble-t-il en être ainsi avec The Neon Demon.


Si l'on comprend la relation entre l'héroïne et le démon du titre, l’avènement du second survient comme un cheveu dans la soupe. Le passage de l'une à l'autre se déroulant sur un trop petit nombre de séquences pour que la chose demeure crédible. Si le réalisateur convie bien Dario Argento, David Lynch est lui aussi invité au banquet, mais de très loin, installé en bout de table. Sans que jamais Nicolas Winding Refn ne s'y retrouve en matière de génie. D'où cette question qui demeure, une fois encore: Mais où est donc passé le scénario ? Car si l'on retrouve le compositeur Cliff Martinez aux manettes de la bande-son et la remarquable touche visuelle du précédent long-métrage du danois (bien que Beth Mickle ait abandonné son poste de directrice artistique au profit de Nicole Daniels et Courtney Sheinin), les scénaristes Mary Laws et Polly Stenham ainsi que le réalisateur ont beau s'y être mis à trois pour écrire le script, le résultat à l'écran ressemble davantage à un mélange peu savant d'idées n'ayant pas toujours de relations entre elles. The Neon Demon se veut sans doute allégorique, fantasmagorique mais se révèle surtout, bordélique et n'est que le reflet d'une vitrine exhibant un Nicolas Winding Refn esthète... À noter la présence amusante (mais parfaitement inutile) de Keanu Reeves en propriétaire de motel graveleux et de superbes créatures parmi lesquelles, les actrices Jena Malone, Bella Heathcote ou encore Abbey Lee Kershaw...

 

dimanche 19 décembre 2021

Bill & Ted's Excellent Adventure de Stephen Herek (1989) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Lorsque l'on regarde en arrière la filmographie de l'acteur américain Keanu Reeves, on peut se demander comment celui qui fut le Johnny Utah de Point Break en 1991, l'officier Jack Traven de Speed en 1994, le Kevin Lomax de L'associé du Diable en 1997, le Neo de Matrix dès l'année suivante ou le John Wick de la trilogie éponyme démarrée en 2014 (et bientôt affublée de deux volets supplémentaires) a pu incarner l'un des deux demeurés de L'Excellente Aventure de Bill et Ted (Bill & Ted's Excellent Adventure), cette indescriptible comédie de science-fiction sortie en 1989 et pompant très vaguement le concept du chef-d’œuvre Retour vers le futur de Robert Zemeckis. Aux côtés d'Alex Winter, ici son acolyte et à la carrière cinématographique beaucoup moins passionnante, l'une des plus grandes stars du cinéma américain s'adonne à la bouffonnerie sur un mode ultra caricatural (pauvre Keanu Reeves/Ted Logan qui paraît encore plus con à l'écran que Alex Winter/Bill Preston), agitant sans cesse la tête comme s'il cherchait en permanence à remettre de l'ordre dans ses idées. Considéré sur le territoire américain comme une œuvre culte (rien d'étonnant à cela me direz-vous), ceux qui découvrent comme moi aujourd'hui ce film que l'on aurait pu croire digne de trôner aux côté d'un autre qui, pour le coup, mérite véritablement ce statut (La Folle journée de Ferris Bueller de John Hugues qui lui est antérieur de trois ans), risquent de très rapidement déchanter. Car à moins d'avoir le même Q.I que nos deux jeunes abrutis, Bill & Ted's Excellent Adventure a peu de chance de leur laisser un souvenir impérissable. Seuls ceux qui le découvrirent à l'époque de sa sortie ayant la fibre nostalgique pourront également lui trouver quelque intérêt ! Peter Hewitt signera deux ans plus tard son premier long-métrage cinématographique avec la première séquelle intitulée Les Folles Aventures de Bill et Ted. Une carrière qu'il consacrera plus tard majoritairement à la comédie familiale à travers des œuvres aussi dispensables que Le Monde des Borrowers en 1998, Garfield en 2003 ou le cinquième volet (!!!) de la franchise Home Alone avec Maman, la maison est hantée ! En 2012.


Mais concernant tout d'abord l’œuvre de Stephen Herek, l'auteur de cette première engeance, c'est sur la pointe des pieds et avec une certaine méfiance que l'on se ruera sur la filmographie du bonhomme, pas forcément plus avantagé que son compatriote et notamment, donc, sur ce Bill & Ted's Excellent Adventure à la réputation éminemment usurpée ! Le sujet ? Deux adolescents, Ted et Bill, fans de rock (comme pouvait d'ailleurs l'être le Marty McFly de Retour vers le futur) obtiennent de très mauvais résultats au lycée. Menacés d'être renvoyés si lors de leur prochain exposé d'histoire ils ne parviennent pas à décrocher des notes suffisantes, les voici approchés par Rufus (l'acteur George Carlin), lequel voyage dans le temps à bord d'une cabine téléphonique ! L'homme leur propose de prendre place à bord de l'une d'entre elles et de voyager dans le temps à la rencontre de diverses figures historiques parmi lesquelles Napoléon sera la première d'entre elles. En contrepartie, les deux adolescents devront profiter de ce privilège pour préparer leur futur exposé d'histoire. Voilà... c'est tout ce qu'il y a à savoir sur le synopsis. Concernant les diverses séquences se déroulant dans le passé, mieux vaut se replonger dans les fameux passages se situant en l'an mille des deux premiers volets de la franchise Les visiteurs. Et même, pourquoi pas, redécouvrir le troisième se déroulant durant la Révolution ? Tout plutôt que d'assister au spectacle affligeant de ces deux nigauds traversant les époques à la vitesse de l'éclair sans qu'aucune sorte de profondeur scénaristique ne vienne nourrir le propos...


Après Napoléon, Bill et Ted rencontreront Billy le Kid au Nouveau Mexique en 1879, puis se dirigeront vers la Grèce de -410 avant Jésus Christ où il feront connaissance avec Socrates, etc, etc... Une succession de péripéties qui transporteront les deux adolescents jusque dans le futur avant de retourner encore et encore dans le passé entre la Vienne du début du vingtième siècle, Orléans en 1429, la Mongolie du début du treizième siècle et la Maison Blanche à l'époque d'Abraham Lincoln. Et même un court passage au temps de la Préhistoire. Puis retour dans le présent aux côtés des quelques personnalités historiques que Bill et Ted ont ''kidnappé''... On se dit qu'une fois ces derniers intégrés dans notre présent (enfin, celui de la fin des années quatre-vingt), le film va enfin pouvoir nous offrir tout le potentiel qu'il n'a jusqu'ici pas été en mesure de mettre en œuvre. Mais non, là encore, c'est la gaudriole traversée par des dialogues ineptes qui domine. Pas drôle pour un sou et exploitant très mal le concept du voyage dans le temps (malgré des décors et des costumes souvent réussis), Bill & Ted's Excellent Adventure multiplie tant et si mal les exploits de nos deux adolescents dans le passé que ces séquences ne laissent jamais le temps au récit d'imposer des personnages secondaires et des sous-intrigues intéressants. Des scènes qui durent en général entre une toute petite poignée de minutes et une dizaine, pour la plus ''généreuse'' d'entre elles. Difficile à supporter sur la durée, les pitreries et les aventures de Keanu Reeves et d'Alex Winter sont au mieux assommantes, au pire, insupportables. Financé à hauteur de dix millions de dollars, le film en rapportera malgré tout le quadruple rien que sur le territoire américain. Longtemps après la séquelle réalisée par Peter Hewitt en 1991, les deux acteurs reprendront leur rôle respectif en 2020 dans un troisième volet cette fois-ci réalisé par Dean Parisot et intitulé Bill et Ted sauvent l'univers...

 

vendredi 4 juin 2021

John Wick 2 de Chad Stahelski (2017) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après un premier volet je dois le dire, carrément exaltant et incarné par un Keanu Reeves totalement habité et d'un charisme fou, il semblait vain d'espérer que la première des séquelles consacrées au personnage de John Wick parviendrait à se hisser à la hauteur de l'original. Et ce, pour une raison simple : John Wick frisait la perfection. Ce qui alors laissait une toute petite porte permettant aux nombreuses suites qui allaient voir le jour (entre les épisodes 2 et 3 déjà produit et diffusés ainsi que les 4 et 5 prévus au planning) d'aller encore plus loin dans un concept ô combien rudimentaire. De la bagarre, rien que de la bagarre, à travers des dizaines de séquences d'action où gunfights et art martiaux s'en donnent à cœur joie. La sobriété de son titre donne une idée assez précise du contenu de John Wick 2. L’œuvre qui cette fois-ci n'est plus réalisée que par Chad Stahelski, David Leitch ayant de son côté tourné la même année une alternative féminine en la personne de Lorraine Broughton (l'actrice Lorraine Broughton) avec Atomic Blonde, ressemble presque comme deux gouttes d'eau à son prédécesseur. Certes en plus ambitieux, mais avec cet aspect de redondance qui ravira sans doute une partie des fans d'origine mais décontenancera sans doute une autre partie des spectateurs venus assister à une évolution franche de leur nouveau héros...


Ce qui à ce titre, est malheureusement absent. John Wick est égal à lui-même. Et si l'action se déroule désormais en Italie, que le bodycount de cet ancien tueur à gages qui a repris du service a été revu à la hausse, qu'il est désormais confronté à la Camorra, une authentique organisation mafieuse d'origine italienne constituée de plusieurs familles, et que de nouveaux adversaires sont apparus entre-temps, c'est un peu toujours la même histoire. À tel point que John Wick 2 pourra s'avérer d'un vertigineux ennui même lors de certaines phases de combats dont le mimétisme proche de ceux du premier volet de la franchise frise l'impardonnable. Dans le fond et dans la forme, rien de bien différent si ce n'est que nous retrouvons donc désormais John Wick face à Santino D'Antonio (l'acteur italien Riccardo Scamarcio), après qu'il ait été confronté au russe Viggo Tarasov (l'acteur suédois Michael Nyqvist). Adrianne Palicki est remplacée quant à elle à l'écran par le mannequin australien Ruby Rose, et quant à Willem Dafoe, il lui fallait logiquement un alter ego dans ce second chapitre et qui mieux que Laurence Fishburne pour incarner The Bowery King. Une forme d'hommage au duo que lui et Keanu Reeves formèrent entre 1999 et 2003 dans la trilogie Matrix de celles qui encore à l'époque se faisaient encore appeler Larry Wachowski et Andy Wachowski ?


Plus long d'une demi-heure, John Wick 2 pâtit sans doute de cette rallonge inutile qui impose des tunnels de dialogues pas toujours passionnants. S'il arrive que Keanu Reeves cabotine, l'univers dépeint n'en est pas moins d'une noirceur absolue. Un cadre ultra sombre que contrecarre une dernière partie. Trois quart-d'heure lumineux situés dans des décors impressionnants entre jeux de lumières et de miroirs. Les combats y sont plus que jamais lisibles, mais certes répétitifs puisque les mouvements de notre héros et de ses adversaires semblent être contraints à certaines limites. On appréciera cependant toujours autant cet univers parallèle dans lequel vivent les personnages. Un monde dans lequel chaque individu, chaque passant, et même jusqu'au clochard qui fait la manche semble faire partie d'un tout indissociable et régit par des règles strictes. Toujours dirigé par Winston (l'acteur britannique Ian McShane) où sont accueillis par le réceptionniste Charon qu'interprète savoureusement l'acteur américain Lance Reddick, les criminels, le Continental conserve toujours cette petite part de mystère que l'on espère voir se développer au même titre que l'univers de son héros au fil des épisodes qui succéderont à ce John Wick 2 qui reste d'excellente facture. Notons que le troisième volet de la franchise a vu le jour il y a deux ans en 2019 sous le titre de John Wick Parabellum et que Chad Stahelski en est toujours l'auteur...

jeudi 3 juin 2021

John Wick de David Leitch et Chad Stahelski (2014) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Fallait pas tuer Daisy ! Ce mignon petit chiot de sexe féminin, dernier cadeau offert par l'épouse récemment décédée de John Wick. Fallait pas non plus lui voler sa mustang datée de 69, ni débarquer chez lui et le laisser pour mort. Après s'être reconverti en mari aimant loin de sa carrière d'ancien tueur à gages, John Wick rempile dans l'objectif de remonter jusqu'à Iosef Tarasov, le fils d'un grand patron de la pègre connu sous le nom de Viggo Tarasov. Armé jusqu'aux dents, vêtu d'un costume de couleur sombre impeccable, barbe de trois jours et cheveu mi-long laqué, John Wick fait mal à tous ceux qui l'ont précédé et n'en déplaise à toutes celles et ceux qui ergotent sur le devenir du genre en proclamant que le Hutch Mansell de Nobody lui est supérieur, ses successeurs auront bien du mal à rivaliser. Si l'acteur Bob Odenkirk et le réalisateur Ilya Naishuller assurent sept ans plus tard le transport de la marchandise jusqu'à bon port, faute sera à moitié pardonnée au scénariste Derek Kolstad d'avoir repris dans les grandes lignes son propre script jusqu'à opposer au (super)héros, de bons gros méchants tout droit issus d'origines slaves, tout comme en 2014. Un grand millésime que cette année là. Non, sans déconner l'ancêtre Léon (Luc Besson, 1994) peut être fier de cette progéniture qui fit des petits chaque décennie lui succédant.


Taken de Pierre Morel avait su y ajouter une très belle dose d'action avec un Liam Neeson ultra-charismatique. Mais en 2014, John Wick devait rivaliser avec un adversaire de poids en la personne de Robert McCall que devait incarner l'acteur Denzel Washington dans Equalizer d'Antoine Fuqua. Fallait choisir son camp. Ou plutôt, non ! Pourquoi pas après tout se délecter des deux ? John Wick, c'est avant tout autre chose l'acteur Keanu Reeves. D'un charisme absolu, en homme survitaminé que pas même les balles et les coups de couteaux ne parviennent à faire tomber, il n'en demeure pas moins humain et plie parfois devant plus fort que lui. C'est alors là qu'intervient toute la fantaisie du personnage créé par Derek Kolstad. Se comportant tantôt comme n'importe quel super-héros capable de se sortir de situations inextricables pour le commun des mortels, il montre cependant certaines faiblesses. Plus que le film bourrin qu'il paraît être, John Wick semble vouloir d'entrée de jeu faire passer un message : celui de l'émotion. Celle qui touche au Cœur, exploit réalisé en seulement quelques minutes. Une fois démontrée leur capacité en la matière, les réalisateurs Chad Stahelski et David Leitch changent de braquet et nous proposent un spectacle total, entre gunfights, art-martiaux, courses-poursuites et explosions. Pas ou peu.... Non, en fait, pas du tout de gentils à l'horizon. John Wick dépeint un univers sombre dominé par l'argent et divers trafics dont le détail nous est étonnamment épargné.


Un monde parallèle où la police ne s'étonne pas de découvrir en arrière-plan d'un appartement un cadavre allongé sur le sol mais où le spectateur s'étonnera peut-être, lui, de la voir retourner jusqu'à sa voiture sans demander d'explications à John Wick. Chorégraphies de combats et de gunfights au millimètre, un Keanu Reeves envoûtant et un parterre d'acteurs totalement fou : Michael Nyqvist interprète le rôle de Viggo Tarasov. Assez poltron pour être capable de vendre son fils pour sauver sa peau. Adrianne Palicki incarne Mlle Perkins, sorte de James Bond girl déviante, aussi séduisante qu'inquiétante. Et puis, bien sûr, Willem Dafoe, qu'on ne cesse jamais d'aimer chaque fois qu'il apparaît sur un écran et qui dans le cas présent interprète Marcus, ce sniper chargé d'éliminer le perturbateur... John Wick est absolument jouissif. C'est violent, très meurtrier (on ne compte plus les morts une fois la trentaine de cadavres passée), rythmé par la bande-son de Tyler Bates et Joel J. Richard, les combats sont, une fois n'est pas coutume, parfaitement lisibles malgré des environnements qui rendent parfois les choses complexes (la boite de nuit, ses centaines de figurants et ses éclairages stroboscopiques). Pour un budget ''riquiqui'' de vingt millions de dollars, le film rapportera presque cinq fois la mise sur le plan international. Un joli succès qui sera à l'origine d'une séquelle trois ans plus tard réalisée cette fois-ci par Chad Stahelski tout seul sur un scénario une fois encore écrit par Derek Kolstad...

 

vendredi 21 juillet 2017

To the Bone de Marti Noxon (2017) - ★★★★★★★☆☆☆







Un film sur l'anorexie. Le sujet n'est pas nouveau et à déjà été porté plus de quinze fois au cinéma sous différentes manières, mais le dernier en date, To the Bone, fait sans doute partie des meilleurs. C'est sans doute celui qui concentre également toutes les données nécessaires afin de connaître mieux cette maladie dont la seule évocation demeure malgré tout, assez incommodante. Réalisé par une femme dont il s'agit ici du tout premier long-métrage, la cinéaste Marti Noxon évite les écueils attendus dans ce genre de production. Jamais larmoyant, et donnant encore moins dans le voyeurisme, To the Bone est une œuvre profonde, émouvante, et admirablement interprétée. On tente d'y déceler l'élément déclencheur de la maladie. La famille, éclatée. Le père, toujours absent. La mère, à des années-lumières de là. Une vie partagée avec une demi-sœur et une belle mère. On croit comprendre très vite les raisons du mal qui touche la jeune et jolie Ellen. Mais c'est sans compter sur la force irrépressible qui l'empêche de se nourrir. Comme une dépendance. La même que celle qui lie l’héroïnomane et son sachet de poudre , ou le coureur de fond pris de sueurs abondantes dès lors qu'on ne lui accorde pas la plage de liberté nécessaire à son entraînement.

Keanu Reeves est le Docteur William Beckham. L'homme auquel va être confié Ellen. Une charge lourde. Une responsabilité hors norme puisqu'à l'amour de la vie, la jeune femme de vingt ans lui préfère l'abstinence. Plutôt que de simplement s’appesantir sur le sort de son héroïne, l'américaine Marti Noxon préfère conjuguer drame et humour. Ses vedettes ne sont pas que des victimes d'un terrible fléau que la Mort rêve d'emporter mais également des jeunes filles et des jeunes hommes aussi attachants que peuvent l'être nos proches. Pas de quoi fuir donc, à la vision de ces corps décharnés dont seul celui de l'héroïne sera véritablement exposé comme preuve de la déchéance physique dont sont victimes les anorexiques.

La jeune Lily Collins porte à bout de bras le film, aidée en cela par une brochette d'interprètes impeccables, dont un Alex Sharp dans le rôle de Luc soufflant à l'héroïne de la nouvelle locataire un message d'espoir absolument nécessaire pour que ne meure pas dans l’œuf et dans cette maison où se réunissent les patients du Docteur William Beckham, la trame conduisant à laisser entrevoir une ouverture vers la guérison. Un drame donc, mais comme écrit plus haut, une comédie également. Et même si l'humour n'étouffe pas tout à fait le poignant message véhiculé par la réalisatrice et par ses comédien(ne)s, il est un bien nécessaire lui aussi. Il désamorce tout ce que l'on aurait pu redouter, les discrets changements de ton désamorçant ainsi, et avec élégance, les quelques douloureux passages de To the Bone. On retrouve également au générique, l'actrice Lili Taylor, loin des thématiques plus sombres et fantastiques (The Addiction d'Abel Ferrara) ou de l'humour trash du Pecker de John Waters. A voir ne serait-ce que pour se convaincre que l'anorexie ne mérite pas d'être encore considérée comme un tabou, mais juste pour ce qu'elle est : une affection dont on peut guérir ses malades...

The Bad Batch de Ana Lily Amirpour (2016) - ★★★★★★☆☆☆☆



Difficile de parler objectivement de cet OFNI inattendu réalisé par l'américaine originaire d'Iran, Ana Lily Amirpour dont il s'agit ici du second long-métrage après A Girl Walks Home Alone at Night. Un étrange objet que l'on pourrait presque comparer à un mélange improbable de Mad Max (ou tout autre film post-apocalyptique centrant son intrigue au beau milieu d'un désert), de La Colline à des Yeux, de Bone Tomahawk, de road-trip hallucinatoire et de romance. A sa sortie de prison, la jeune, belle, et blonde Arlen (l'actrice Suki Waterhouse, laquelle participa notamment au tournage du remake du premier volet de la trilogie Pusher) est forcée de quitter l'état du Texas et s'enfonce peu à peu dans le désert, côté mexicain, où elle est enlevée par une tribu de cannibales qui a pour habitude de conserver ses proies vivantes après avoir prélevé leurs membres afin de garder la viande fraîche. Déjà, faire de son héroïne une femme à laquelle manque la moitié d'un bras et d'une jambe paraît osé. Ce 'détail' renforce d'ailleurs la drôle d'impression qui plane au dessus de la tête de la jeune femme. On hésite entre la trouver séduisante (il faut dire que Suki Waterhouse est particulièrement jolie) et ressentir un certain malaise devant cette vision peu commune d'une femme à laquelle on a ôté une partie de sa féminité.
Autre 'détail' curieux, la communauté regroupant les dits cannibales. Des culturistes. Tous, sans exception. Tellement bouffis de muscles que l'on a parfois du mal à séparer les représentantes féminines de leurs congénères masculins. Et puis, en face, à quelques kilomètres de l'enfer cannibale (dont on ne suivra finalement pas les aventures durant le reste de l'aventure), vivent au cœur de Comfort, des centaines de paumés sous le joug de The Dream, sorte de gourou charismatique interprété par l'excellent Keanu Reeves. Est-ce un fait exprès ou est-ce simplement le fruit du hasard, mais l'acteur y ressemble étonnamment à Jim Jones, lequel fut notamment responsable de la mort de plus de neuf-cent des disciples de sa communauté de Jonestown.

Étonnante également, la participation de l'acteur Jim Carrey dans le rôle de Hermit (l'homme au caddy), totalement méconnaissable en clochard-bon samaritain aidant son prochain égaré dans le désert. Son rôle dans la communauté demeure difficile à cerner puisqu'il est autant capable d'aider Arlen lorsque celle-ci échoue dans sa traversée du désert, que d'informer (contre un portrait de lui-même) un cannibale de la présence de sa fille kidnappée au sein de la communauté de Comfort. Il est amusant de noter, d'ailleurs, l'approche similaire de la cinéaste envers ses 'indésirables' aux yeux de la loi et ceux tout juste chroniqués sur Cinémart dans l'article consacré à Accion Mutante de Alex de la Iglesia. Meurtriers, clandestins et homosexuels sont condamnés à errer hors du territoire américain dont les panneaux situés à la frontière américano-mexicaine annoncent d'entrée de jeu la couleur : celui qui quitte l'espace américain y perd tout ses droits. Elle n'est plus 'résidente des États-Unis d'Amérique, et n'est plus gouvernée par les lois et organismes en vigueur dans ce pays.'

Autre personnage central de The Bad Batch, Miami Man, interprété par l'océanien Jason Momoa. Apparence de brute épaisse mais personnage plutôt calme, bardé de tatouages, paire de lunettes noires vissées en permanence devant les yeux et un désir profond de retrouver sa fille après qu'il ait découvert sa femme morte dans une décharge. La romance citée plus, c'est la sienne, et celle d'Arlen. La belle et la bête. La blonde, reprise de justice, et le culturiste, mangeur de viande humaine. Encore l'un des aspect 'barrés' de l’œuvre de Ana Lily Amirpour. Un film qui tente de ménager quelques visuels léchés et hypnotiques, d'ailleurs, pas toujours très efficaces (d'autres s'y sont essayé avec beaucoup plus de bonheur), à l'image du trip au LSD (le timbre remplaçant ici l'hostie des églises. C'est parfois très long. Plusieurs scènes durant au delà de la raison. C'est léthargique (soporifique?), attentiste, tout en demeurant à certains moments, plutôt sympathique et agréable à suivre. On regrette la sous-exploitation de Keanu Reeves en gourou superstar. Icône charismatique et technoïde trop peu présente à l'écran. Au final, The Bad Batch se regarde sans véritable désintérêt mais demeure parfois trop timide pour marquer durement les consciences...
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