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jeudi 17 octobre 2024

Le fleuve de la mort (River's Edge) de Tim Hunter (1986) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le 3 novembre 1981, l'adolescente Marcy Renee Conrad alors âgée de seulement quatorze ans est assassinée par Anthony Jacques Broussard de deux ans son aîné. Son corps est alors retiré du lieu du crime (sa maison étant située dans la municipalité de Milpitas du comté de Santa Clara) avant d'être déplacé et jeté par son assassin dans les collines avoisinantes. Violée puis étranglée, l'adolescente est ensuite exposée à la vue de plusieurs étudiants du lycée de la ville par son meurtrier lui-même. Et malgré tout, il faudra attendre deux jours avant que le corps ne soit découvert par la police après que deux témoins de la scène de crime aient décidé de prévenir les autorités. Par la suite, Anthony Jacques Broussard sera arrêté, jugé en 1985 puis condamné à un minimum de vingt-cinq ans de prison avant de recouvrer la liberté le 6 avril 2023. Après plusieurs demandes de libération qui furent toutes rejetées, il aura finalement effectué près de vingt-huit ans d'incarcération... Le fleuve de la mort s'inspire de ce sordide fait-divers. Ici, tous les noms des protagonistes de l'affaire ont été modifiés et le cadre dans lequel se déroule l’intrigue a lui-même été substitué au profit d'un univers qui, s'il n'excuse en aucune manière les faits et gestes des divers intervenants, explique en tout cas l'état d'esprit des personnages. Premier fait marquant allant au delà de la simple abomination que représente le meurtre d'une gamine par son propre petit ami dont les motivations restent ici relativement vagues, c'est bien la description du cadre de vie de ces jeunes paumés qui pose question. Dans les rôles de Layne, Matt, Clarissa, Samson (le tueur en question) ou Tim, et par extension, les adultes eux-mêmes,Crispin Glover, Keanu Reeves, Ione Skye et Daniel Roebuck définissent ici une morale qui semble avoir complètement disparu du quartier où vivent les habitants de ce petit patelin concentrant en quelques dizaines de kilomètres carré toute la lie de la société américaine. Des gosses laissés à l'abandon par une mère divorcée, consommatrice de marijuana, compagne d'un beau-père pas vraiment enclin à s'occuper de ses beaux-enfants. Le réalisateur Tim Hunter et le scénariste Neal Jimenez (ce dernier ayant écrit le scénario après avoir découvert le drame dans un journal) composent avec Le fleuve de la mort une œuvre forte, presque morbide dans son étalage d'une Amérique profonde couplée à une population quasi essentiellement constituée de culs-terreux.


Des familles au chômage et des adolescents dont les atours sont loin de s'aligner sur ceux des plus prestigieuses universités américaines. Ici, ils portent des pantalons et des vestes de jeans ou des chemises de bûcherons et attachent moins d'importance à leurs études qu'à se retrouver le soir pour boire de la bière et perpétrer d'innocents méfaits. L'on retrouve ainsi quelques vedettes du grand écran. Comme Keanu Reeves qui la même année avait interprété le héros d'un groupe d'auto-défense de leur lycée dans La loi du campus et qui beaucoup plus tard deviendra la vedette d'un nombre importants de longs-métrages de très grande qualité (Speed de Jan de Bont en 1994, L'Associé du diable de Taylor Hackford en 1997, Matrix de Lana et Lilly Wachowski en 1999 ou encore de la franchise John Wick de Chad Stahelski dès 2014). Crispin Glover devint quant à lui célèbre à l'échelle mondiale en incarnant le rôle de George McFly dans le premier volet de la séries de trois films cultes, Retour vers le futur de Robert Zemeckis. Ione Skye a ensuite poursuivi sa carrière au cinéma et sur le petit écran sans pour autant avoir durablement marqué les esprits. En quarante-deux ans de carrière, l'étrange Joshua John Miller aura tourné dans une trentaine d’œuvres dont Halloween 3 : le sang du sorcier Tommy Lee Wallace en 1982 et surtout dans l'excellent film de vampires Near Dark de Kathryn Bigelow un an après sa troublante (et psychotique) performance dans Le fleuve de la mort. Quant à Daniel Roebuck, il incarne le ventripotent assassin de ce long-métrage réellement dérangeant, surtout lorsque l'on remet l'histoire dans son contexte d'origine. Les adultes étant relativement peu représentés, nous noterons tout de même la présence à l'image de l'acteur Dennis Hooper dans le rôle du revendeur de drogue complètement barge (et amoureux de sa poupée gonflable) Feck. Acteur qui la même année aura interprété les personnages tout aussi dingues que le lieutenant Lefty Enright dans Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper ou Frank Booth dans l'un des chefs-d’œuvre de David Lynch, Blue Velvet. Le fleuve de la mort marque surtout par son constant pessimisme. Des personnages et un environnement qui jamais ne transpirent la joie et le bonheur. Terreau fertile de toutes les outrances et où les Fées ont semble-t-il choisi de ne jamais mettre les pieds...

 

mercredi 11 septembre 2024

Speed de Jan de Bont (1994) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Au cinéma, lorsque un groupe d'individus ou qu'un homme isolé piègent un bateau, un immeuble, un train ou comme ici, un bus et même, pourquoi pas, disséminent ça et là des bombes dans différents coins d'une grande ville, c'est souvent pour les mêmes raisons. L'on invoque parfois des motivations qui n'ont rien à voir mais au final, tout n'est que prétexte à repartir les mains pleines de billets verts ou le compte en banque bien garni ! Que l’appât du gain soit ou non le but recherché par ces hommes, les films mettant en scène des criminels employant des explosifs afin d'exercer des pressions sur des négociateurs, des politiques ou toute autre forme d'autorité afin d'obtenir ce qu'ils veulent sont légion. Piège de Cristal et Une journée en enfer de John McTiernan, Alerte à la bombe de John Guillermin, Terreur sur le Britannic de Richard Lester et j'en passe et des meilleurs... et des moins bons. L'une des œuvres les plus iconiques du genre durant la première moitié des années 90 vit le jour sur grand écran en 1994. Réalisé par Jan de Bont qui avant cela avait travaillé comme directeur de la photographie sur des dizaines de longs-métrages signait donc en cette année, l'un des meilleurs films d'action de la décennie. Employant un acteur qui depuis n'a eu de cesse de séduire le public par la qualité de ses choix artistiques, son charisme et l'empathie naturelle qu'il dégage, c'est donc Keanu Reeves qui dans Speed va avoir la lourde responsabilité de venir en aide aux passagers d'un bus lancé à vive allure. Les freins n'ont pas cédé par manque d'entretien, non. C'est bien pire que cela. Un dingue du nom de Howard Payne a décidé de faire payer à la ville de Los Angeles l'argent qu'il estime devoir récupérer de ses anciens employeurs. Pour qui cet homme désormais à la retraite travailla-t-il ? Nous le saurons beaucoup plus tard. Après avoir échoué dans son projet de rançon face à la ténacité de deux agents du SWAT du nom de Harold Temple et Jack Traven qui l'ont empêché de mener à bien un premier projet d'attentat, Payne réapparaît quelques temps plus tard en faisant exploser un bus sous les yeux de Jack Traven (Keanu Reeves)...


Ce dernier, qui se trouvait comme par hasard à l'endroit du drame au moment où il eu lieu entend sonner un téléphone public. En décrochant, il entend la voix de celui qu'il croyait mort quelques temps auparavant. Après avoir fait sauter le bus en question, Payne fait comprendre au démineur qu'une bombe est présente dans un second bus et que si jamais le chauffeur qui le conduit descend en deçà des cinquante miles, celle-ci explosera. Seul hypothétique moyen d'éviter que le criminel ne mette à exécution son funeste projet : Payer la rançon qu'il exige... Speed de Jan de Bont, c'est un peu l'équivalent de Piège de cristal. Un modèle environnemental drastiquement réduit qui en revanche à pour principal intérêt de se dérouler dans un véhicule lancé à vive allure. En ville mais aussi sur une autoroute jonchée d'embûches. De quoi donner du fil à retordre à l'excellent Keanu Reeves qui joue un alter ego super-héroïque de l'homme très attachant qu'il semble être dans la vie de tous les jours. Face à lui, un Dennis Hooper totalement allumé qui huit ans auparavant avait déjà incarné le très inquiétant Frank Booth dans le chef-d’œuvre de David Lynch, Blue Velvet... Tous les acteurs principaux ou presque se retrouvent ici dans une situation très particulière qui fait que les contacts physiques s'avèrent relativement rares. Laissé seul à bord du bus en compagnie d'une quinzaine de voyageurs et d'un chauffeur incarné par l'acteur Hawthorne James, la communication entre le flic, le criminel, Harold (Jeff Daniels) et la hiérarchie se fera à l'aide de téléphones. Le montage de John Wright est nerveux et l'action ininterrompue. La touche de féminité est ici incarnée par l'actrice Sandra Bullock, laquelle interprète une Annie Porter que l'on pressentait chiante mais qui au final compose aux côtés de Keanu Reeves un très sympathique tandem. Cascades à profusions, charriant bien entendu leur lot d'invraisemblances, humour et seconds rôles très attractifs (Alan Ruck dans celui du passager un brin irascible ou l'excellent Joe Morton dans celui du chef du SWAT, Herb McMahon), Speed n'a quasiment pas pris une ride même si certaines situations prêtent à rire (le bus s'élançant vers l'avant afin de franchir une partie de l'autoroute encore en construction). Bref, on ne s'ennuie pas un seul instant...


 

mardi 8 octobre 2019

Colors de Dennis Hooper (1988) - ★★★★★★☆☆☆☆



Si l'on excepte Les Guerriers de la Nuit de Walter Hill en 1979, Colors de Dennis Hooper qui sortit lui en 1988 peut-être envisagé comme l'un des premiers longs-métrages à avoir évoqué la difficile question des gangs qui sèment la terreur et font de nombreux morts chaque année aux États-Unis. Mais alors que l’œuvre de Walter Hill situait son intrigue à New York dans un contexte anticipatif proche de la notion de post-apocalyptique, Colors tire sans aucun doute la sienne de faits divers authentiques survenant de manière régulière dans les quartiers les plus chauds de Los Angeles où sévissent deux des plus célèbres gangs de la ville : d'un côté les ''Crips'' dont la particularité des membres et de s'habiller en bleu tout en évitant scrupuleusement le rouge, couleur d'appartenance de leurs ennemis jurés les ''Bloods''. Les raisons pour lesquelles ces deux gangs se font la guerre depuis maintenant presque cinq décennies en ayant laissé derrière eux des milliers de morts parmi leurs rangs respectifs semblent moins intéresser Dennis Hooper que les trafics de drogue, les combats perpétuels entre gangs (le film ne se contentant pas seulement d'évoquer les deux célèbres d'entre eux même si leur opposition est un point essentiel abordé dans le film) entre fusillades en pleine rue, règlements de compte et même, dans un dernier instant de lucidité avant l'affrontement final, la démonstration d'une méthode d'apprentissage pour entrer dans l'un d'eux particulièrement violente mais reflétant pourtant la réalité.

Si Colors a conservé tout son impact, c'est peut-être parce que rien n'a vraiment changé depuis dans un monde qui prône une certaine violence largement reléguée par les médias comme principale source d'information. Face à ces gangs surarmés, l'acteur Dennis Hooper qui prenait pour la quatrième fois de sa carrière les rennes d'un long-métrage en le réalisant lui-même leur oppose un duo de flics que tout semble opposer. La jeunesse, l'impétuosité et l'arrogance de l'un contre l'expérience, l'ancienneté et la maturité de l'autre. D'un côté, le jeune Danny McGavin qu'incarne Sean Penn dont la carrière à débuté sept ans auparavant et qui avant ce long-métrage tourna notamment dans le génial Comme un Chien Enragé de James Foley en 1986. De l'autre, l'immense Robert Duvall qui débuta à la télévision au tout début des années soixante et qui ne semble pas avoir encore mis fin à sa carrière puisqu'on pouvait encore le découvrir l'année passée dans Les Veuves de Steve McQueen (le réalisateur, hein ! Pas l'acteur).

Dennis Hooper nous guide dans les quartiers chauds de Los Angeles alors même que le scénario remanié par Michael Schiffer faillit revêtir un tout autre visage entre les mains du scénariste Richard Di Lello qui prévoyait une intrigue se déroulant non plus à Los Angeles mais à Chicago en laissant quelque peu de côté les gangs pour se concentrer autour du trafic de drogue. Ce qui aurait été fort dommage car même si Colors n'est certes pas parfait, il témoigne d'une situation qui perdure. Typique des années quatre-vingt, et ce même si à l'époque nous étions à l'orée de la décennie qui allait prendre leur place, on notera la présence d'une musique electro écrite par le musicien Herbie Hancock mais aussi constituée de plusieurs morceaux de Hip-hop notamment composés par Eric B. & Rakim, Afrika Islam ou Ice-T. Aujourd'hui, si Colors a pris quelques rides, il fut à l'époque considéré comme une œuvre culte. Un statut qui mérite de perdurer de nos jours puisque Dennis Hooper osait à travers ce quatrième long-métrage en tant que réalisateur, pénétrer un territoire ''miné''...
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