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lundi 13 février 2023

L'impasse de Brian de Palma (1993) - ★★★★★★★☆☆☆

 



 

Il y a ceux qui n'aiment pas les films d'horreur. Ceux qui n'aiment pas les films de cape et d'épée. Ceux qui n'aiment pas les films de science-fiction. Ceux qui n'aiment pas les films d'aventure. Ceux qui n'aiment pas les films de cul (Vraiment ?). Etc, etc, etc... Moi, c'est les films sur la Mafia et sur la drogue. Enfin, à part quelques rares exemples bien entendu. Comme The King of New York et Bad Lieutenant tout deux signés d'Abel Ferrara ou Scarface de Brian de Palma. Tiens ! Justement le réalisateur dont on va parler dans cet article. Je n'adhère donc qu'avec parcimonie au cinéma de Martin Scorsese. Taxi Driver par exemple et surtout lorsqu'il sort de sa zone de confort (After Hours). Dix ans après le chef-d’œuvre Scarface, Brian de Palma, donc, retrouvait l'acteur Al Pacino, immense interprète à la flamboyante carrière et aux multiples rôles de mafieux. Rien d'étonnant à ce qu'on le retrouve alors au générique de L'impasse en 1993, soit dix années après leur première collaboration. Si dans Scarface Al Pacino incarnait un jeune homme ambitieux débutant sa carrière dans le monde de la drogue avec pour objectif de devenir le nouveau parrain, L'impasse suit les aventures d'un homme qui s'est déjà imposé dans le milieu bien avant que le film ne démarre...


Lorsque Carlito Brigante sort de prison après avoir purgé une peine de cinq ans (au lieu des trente années prévues), le monde autour de lui a changé. Bien décidé à prendre sa retraite, s'il y a bien une chose qui par contre est demeurée intacte, c'est son amour pour Gail qu'il retrouvera bientôt. Alors que tout le monde s'attendait sans doute à retrouver Brian de Palma et Al Pacino dans une œuvre uniquement centrée sur la drogue et la Mafia, certains spectateurs se sont sans doute sentis lésés une fois le long-métrage arrivé à son terme. Car s'il y existe bel et bien un domaine dans lequel le réalisateur excelle et se complaît souvent, c'est l'amour. Oui, les histoires d'amour ne sont pas rares chez Brian de Palma et ici comme très souvent, les choses finissent mal. C'est en tout cas ce que semblent vouloir nous démontrer les premières images, sublimement accompagnées par la partition musicale de Patrick Doyle qui prend donc la place d'Ennio Morricone ou Pino Donaggio au générique. Si le changement d'époque ne saute pas directement aux yeux du spectateur, Brian de Palma se sert assez maladroitement de la bande musicale pour tenter de créer un décalage entre le monde qu'a connu Carlito Brigante et celui dans lequel il est désormais condamné à vivre. À ce titre, le film est tout d'abord plongé sous un amas de séquences situées dans une boite de nuit et même en extérieur, de plein jour, où hommes et femmes dansent sur des airs de salsa. Le héros du récit évoque alors cette nouvelle mode qui ne correspond pas à ses goûts : ce disco qui émerge alors puisque l'intrigue se déroule au beau milieu des années soixante-dix. Pourtant, à ce moment très précis, le genre n'a pas encore fait son apparition à l'écran et débarque subitement comme un cheveu dans la soupe...


Une manière pour Brian de Palma d'évoquer le temps qui a passé. Carlito Brigante a beau être devenu un personnage légendaire, une icône du trafic de cocaïne, cette nouvelle génération de trafiquants sans foi ni loi qui règnent désormais sur la ville définit les contours d'un personnage faisant partie d'un passé révolu où ''intégrité'', fidélité et ''valeurs morales'' avaient encore un sens. Brian de Palma qui avait pour habitude de rendre déchirantes des histoires d'amour qui se terminaient mal (Blow Out) semble avoir déjà nettement plus de mal à convaincre ici. Et pourtant, le jeu d'Al Pacino face à Penelope Ann Miller séduit, amuse et touche. Redevenant l'enfant innocent que fut sans doute son personnage. Entouré d'une panoplie de seconds-rôles (dont un Sean Penn en avocat cocaïnomane méconnaissable) comme les chérit habituellement Martin Scorsese, le cinéma de Brian de Palma se fait ici, bizarrement tout petit malgré des séquences qui marquent instantanément les esprits (la tuerie située dans la salle de billard, etc...). L'on retrouve sporadiquement le génie du réalisateur sans qu'il ait pour autant recours à certains des éléments qui participèrent de sa légende (Plans-séquences, Split-screen). Mais ces travelling circulaires, ces contre-plongées ou ces vues subjectives sont bien sa marque de fabrique. Au final, L'impasse est un excellent mélange entre film de gangsters, drame et thriller qui reste cependant en deçà de ce qu'était capable de produite à l'époque l'auteur de Phantom of the Paradise, Body Double ou Les Incorruptibles...

 

mardi 8 octobre 2019

Colors de Dennis Hooper (1988) - ★★★★★★☆☆☆☆



Si l'on excepte Les Guerriers de la Nuit de Walter Hill en 1979, Colors de Dennis Hooper qui sortit lui en 1988 peut-être envisagé comme l'un des premiers longs-métrages à avoir évoqué la difficile question des gangs qui sèment la terreur et font de nombreux morts chaque année aux États-Unis. Mais alors que l’œuvre de Walter Hill situait son intrigue à New York dans un contexte anticipatif proche de la notion de post-apocalyptique, Colors tire sans aucun doute la sienne de faits divers authentiques survenant de manière régulière dans les quartiers les plus chauds de Los Angeles où sévissent deux des plus célèbres gangs de la ville : d'un côté les ''Crips'' dont la particularité des membres et de s'habiller en bleu tout en évitant scrupuleusement le rouge, couleur d'appartenance de leurs ennemis jurés les ''Bloods''. Les raisons pour lesquelles ces deux gangs se font la guerre depuis maintenant presque cinq décennies en ayant laissé derrière eux des milliers de morts parmi leurs rangs respectifs semblent moins intéresser Dennis Hooper que les trafics de drogue, les combats perpétuels entre gangs (le film ne se contentant pas seulement d'évoquer les deux célèbres d'entre eux même si leur opposition est un point essentiel abordé dans le film) entre fusillades en pleine rue, règlements de compte et même, dans un dernier instant de lucidité avant l'affrontement final, la démonstration d'une méthode d'apprentissage pour entrer dans l'un d'eux particulièrement violente mais reflétant pourtant la réalité.

Si Colors a conservé tout son impact, c'est peut-être parce que rien n'a vraiment changé depuis dans un monde qui prône une certaine violence largement reléguée par les médias comme principale source d'information. Face à ces gangs surarmés, l'acteur Dennis Hooper qui prenait pour la quatrième fois de sa carrière les rennes d'un long-métrage en le réalisant lui-même leur oppose un duo de flics que tout semble opposer. La jeunesse, l'impétuosité et l'arrogance de l'un contre l'expérience, l'ancienneté et la maturité de l'autre. D'un côté, le jeune Danny McGavin qu'incarne Sean Penn dont la carrière à débuté sept ans auparavant et qui avant ce long-métrage tourna notamment dans le génial Comme un Chien Enragé de James Foley en 1986. De l'autre, l'immense Robert Duvall qui débuta à la télévision au tout début des années soixante et qui ne semble pas avoir encore mis fin à sa carrière puisqu'on pouvait encore le découvrir l'année passée dans Les Veuves de Steve McQueen (le réalisateur, hein ! Pas l'acteur).

Dennis Hooper nous guide dans les quartiers chauds de Los Angeles alors même que le scénario remanié par Michael Schiffer faillit revêtir un tout autre visage entre les mains du scénariste Richard Di Lello qui prévoyait une intrigue se déroulant non plus à Los Angeles mais à Chicago en laissant quelque peu de côté les gangs pour se concentrer autour du trafic de drogue. Ce qui aurait été fort dommage car même si Colors n'est certes pas parfait, il témoigne d'une situation qui perdure. Typique des années quatre-vingt, et ce même si à l'époque nous étions à l'orée de la décennie qui allait prendre leur place, on notera la présence d'une musique electro écrite par le musicien Herbie Hancock mais aussi constituée de plusieurs morceaux de Hip-hop notamment composés par Eric B. & Rakim, Afrika Islam ou Ice-T. Aujourd'hui, si Colors a pris quelques rides, il fut à l'époque considéré comme une œuvre culte. Un statut qui mérite de perdurer de nos jours puisque Dennis Hooper osait à travers ce quatrième long-métrage en tant que réalisateur, pénétrer un territoire ''miné''...
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