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vendredi 26 juin 2020

Falling Down (Chute Libre) de Joel Schumacher (1993) - ★★★★★★★☆☆☆



Si nos pensées pouvaient agir comme les balles d'un revolver ou d'un fusil, chacun de nous sèmerait derrière lui mort et désolation. Qui peut se vanter de n'avoir jamais voulu la mort d'un voisin écoutant sa musique un peu trop fort, d'un automobiliste dressant son majeur devant son interlocuteur tout en le définissant sous divers noms d'oiseaux ou d'un type lui barrant la route à l'accueil d'une banque ou la caisse d'un supermarché ? Personne, convenons-en. Parfois il en est qui passent à l'acte comme William Foster, ce père de famille et ancien époux d'Elisabeth Travino dont il lui est interdit de s'approcher à moins de cent mètres. Aujourd'hui, la chaleur est écrasante et pris dans un immense embouteillage qui risque de le mettre en retard pour l'anniversaire de sa fille Adele, William pète littéralement un câble, sort de son véhicule et se met en route pour retrouver sa petite ''famille''. Mais en chemin, l'homme qui n'a plus toute sa raison va semer la mort et la terreur. Il s'en prend notamment au gérant d'une épicerie, à deux membres d'un gang de latinos, s'attaque à un fast-food puis à un vendeur de surplus militaire néo-nazi dont il abandonne derrière lui le cadavre. Alors que les victimes encore vivantes de Foster témoignent au commissariat, l'inspecteur Martin Prendergast dont c'est le dernier jour en poste avant la retraite s'intéresse de très près à cette affaire. Aidé par l'inspectrice prénommée Sandra, il se lance à la poursuite de William avant que celui-ci ne parvienne à ses fins : retrouver son ex-femme et leur fille Adele...

Sorti en France sous le titre Chute Libre, Falling Down est l'un des plus célèbres longs-métrages du réalisateur américain Joel Schumacher qui fut notamment responsable de Génération Perdue en 1987, L'Expérience Interdite en 1990, de deux films tournant autour du super-héros Batman ou de Phone Game en 2002 et Le Nombre 23 en 2007. Film d'action et policier sur fond de drame social poignant, Falling Down est littéralement habité par ses deux principaux personnages qu'interprètent Michael Douglas et Robert Duvall. Deux hommes lâchés dans un contexte urbain auquel le scénario de Ebbe Roe Smith et la mise en scène de Joel Schumacher apportent une aura de film post-apocalyptique dont le spectateur sentira poindre les premiers remous. Au delà du simple divertissement que le film semble être tout d'abord, le réalisateur américain s'efforce de dresser toute une liste de critiques envers ce pays qui l'a vu naître à New York le 29 août 1939 avant d'y mourir quatre-vingt ans plus tard d'un cancer. Quelles que soient les raisons qui animent William Foster, cet individu qui nous est tout d'abord décrit comme un homme tout à fait normal ayant perdu la raison après ce qui semble n'avoir été qu'un gros coup de chaleur, Joel Schumacher bat le chaud et le froid concernant celui-ci. En effet, car si à certaines occasions l'on peut s'émouvoir de cet homme qui ressent à tout pris le besoin de retrouver celles qu'il aime, le scénario le décrit également comme un être froid, violent et surtout, mentalement déséquilibré...

Face à lui, l'inspecteur Martin Prendergast, proche de la retraite, et qui lui-même doit faire face à des problèmes personnels même si de moindre importance. Méprisé de sa hiérarchie qui ne sait pas que sa peur apparente d'être confronté au monde extérieur au commissariat où il séjourne à longueur de journées est directement lié à son épouse Amanda (l'actrice Tuesday Weld), il est en revanche apprécié de certains de ses collègues et notamment de l'inspectrice Sandra qu'interprète l'actrice américaine originaire du Bronx Rachel Ticotin. À redécouvrir aujourd'hui ce film tout de même âgé de vingt-sept ans, on peut se demander dans quelles mesures il aurait pu ou pourrait encore servir de curseur prévisionnel dans un contexte où la vie dans des grandes cités telle que celle décrite dans le film ressemblent de plus en plus à des jungles où l'homme ne cesse de s'attaquer à ses semblables. Et comment Falling Down échappe-t-il aujourd'hui à la polémique lorsque l'on assiste à l'affrontement entre l'antagoniste et l'homme d'origine asiatique ou mexicaine ? Peut-être parce que Joel Schumacher prend de l'avance en se chargeant de lui opposer ensuite l'un de ces immondes représentants de la suprématie blanche adepte du dictateur Adolf Hitler et du troisième Reich...

''Après sept ans, vous savez ce qu'ils m'ont dit ? Que je n'étais pas économiquement viable...''

Là où Falling Down semble ne pas tout à fait assumer son statut de critique cynique envers son pays demeure dans les quelques trop discrètes insinuations que le réalisateur abandonne ensuite pour ne plus s’intéresser qu'à la traque du policier et au dingue qui en ville manifeste son ''grain de folie'' à travers des exactions que n'aurait sans doute pas renié le Terminator du long-métrage éponyme de James Cameron sorti neuf ans auparavant. Ghettoïsation, clochardisation, consumérisme et j'en passe. De menues séquences qui expriment l'état de notre société actuelle que la partition musicale de James Newton Howard rend encore plus marquantes, voire glaçantes. Le long-métrage de Joel Schumacher a la particularité d'être une œuvre profondément divertissante tout en étant cruelle, visionnaire et parfois nihiliste. Surtout, l'américain signa là l'un de ses meilleurs films...

mardi 8 octobre 2019

Colors de Dennis Hooper (1988) - ★★★★★★☆☆☆☆



Si l'on excepte Les Guerriers de la Nuit de Walter Hill en 1979, Colors de Dennis Hooper qui sortit lui en 1988 peut-être envisagé comme l'un des premiers longs-métrages à avoir évoqué la difficile question des gangs qui sèment la terreur et font de nombreux morts chaque année aux États-Unis. Mais alors que l’œuvre de Walter Hill situait son intrigue à New York dans un contexte anticipatif proche de la notion de post-apocalyptique, Colors tire sans aucun doute la sienne de faits divers authentiques survenant de manière régulière dans les quartiers les plus chauds de Los Angeles où sévissent deux des plus célèbres gangs de la ville : d'un côté les ''Crips'' dont la particularité des membres et de s'habiller en bleu tout en évitant scrupuleusement le rouge, couleur d'appartenance de leurs ennemis jurés les ''Bloods''. Les raisons pour lesquelles ces deux gangs se font la guerre depuis maintenant presque cinq décennies en ayant laissé derrière eux des milliers de morts parmi leurs rangs respectifs semblent moins intéresser Dennis Hooper que les trafics de drogue, les combats perpétuels entre gangs (le film ne se contentant pas seulement d'évoquer les deux célèbres d'entre eux même si leur opposition est un point essentiel abordé dans le film) entre fusillades en pleine rue, règlements de compte et même, dans un dernier instant de lucidité avant l'affrontement final, la démonstration d'une méthode d'apprentissage pour entrer dans l'un d'eux particulièrement violente mais reflétant pourtant la réalité.

Si Colors a conservé tout son impact, c'est peut-être parce que rien n'a vraiment changé depuis dans un monde qui prône une certaine violence largement reléguée par les médias comme principale source d'information. Face à ces gangs surarmés, l'acteur Dennis Hooper qui prenait pour la quatrième fois de sa carrière les rennes d'un long-métrage en le réalisant lui-même leur oppose un duo de flics que tout semble opposer. La jeunesse, l'impétuosité et l'arrogance de l'un contre l'expérience, l'ancienneté et la maturité de l'autre. D'un côté, le jeune Danny McGavin qu'incarne Sean Penn dont la carrière à débuté sept ans auparavant et qui avant ce long-métrage tourna notamment dans le génial Comme un Chien Enragé de James Foley en 1986. De l'autre, l'immense Robert Duvall qui débuta à la télévision au tout début des années soixante et qui ne semble pas avoir encore mis fin à sa carrière puisqu'on pouvait encore le découvrir l'année passée dans Les Veuves de Steve McQueen (le réalisateur, hein ! Pas l'acteur).

Dennis Hooper nous guide dans les quartiers chauds de Los Angeles alors même que le scénario remanié par Michael Schiffer faillit revêtir un tout autre visage entre les mains du scénariste Richard Di Lello qui prévoyait une intrigue se déroulant non plus à Los Angeles mais à Chicago en laissant quelque peu de côté les gangs pour se concentrer autour du trafic de drogue. Ce qui aurait été fort dommage car même si Colors n'est certes pas parfait, il témoigne d'une situation qui perdure. Typique des années quatre-vingt, et ce même si à l'époque nous étions à l'orée de la décennie qui allait prendre leur place, on notera la présence d'une musique electro écrite par le musicien Herbie Hancock mais aussi constituée de plusieurs morceaux de Hip-hop notamment composés par Eric B. & Rakim, Afrika Islam ou Ice-T. Aujourd'hui, si Colors a pris quelques rides, il fut à l'époque considéré comme une œuvre culte. Un statut qui mérite de perdurer de nos jours puisque Dennis Hooper osait à travers ce quatrième long-métrage en tant que réalisateur, pénétrer un territoire ''miné''...

jeudi 14 septembre 2017

À l'Aube du 6e Jour de Roger Spottiswoode (2000) - ★★★★★★☆☆☆☆



Le clonage humain est depuis longtemps la matière à diverses entreprises. Si en 2008, la firme californienne Stemagen réussit à cloner deux individus sur cinq sujets, la destruction des embryons ne laisse jusqu'à ce jour, pas entrevoir une quelconque évolution en matière de science et de législation, la pratique étant absolument interdite. C'est pourtant dans ce registre que bon nombre de romanciers et de cinéastes ont puisé leur inspiration. Un fantasme sur lequel même certains des plus illustres farfelus se sont empressés de mettre la main. C'est ainsi que le jeudi 26 décembre 2002, la scientifique (et mythomane) française Brigitte Boisselier, protégée du fondateur et chef du mouvement raëlien, Raël, affirmait la mise au monde d'un bébé obtenu par clonage. Un événement qui fit beaucoup parler de lui mais qui ne fut jamais prouvé. Le cinéma ne s'étant jamais fait l'écho de ce mensonge éhonté, certains ont pourtant évoqué le sujet. Steven Spielberg l'investissant à travers le clonage des dinosaures, ou comme ici, le cinéaste britanico-canadien Roger Spottiswoode
avec À l'Aube du 6e Jour. À l'époque, l'acteur américain d'origine autrichienne Arnold Schwarzenegger a beau être l'une des plus grandes stars du cinéma aux États-Unis, on sent bien que le film ne sera pas d'une finesse exemplaire. Bien que le scénario écrit à quatre mains par Cormac et Marianne Wibberley ne soit pas des plus désagréable, À l'Aube du 6e Jour est avant un film d'action dans un contexte d'anticipation.
Les auteurs du scénario imaginent donc un futur dans lequel la technologie à pris une place considérable dans le quotidien des habitants des grandes métropoles. Un atout majeur dont savent profiter bon nombre de concitoyens, dont Adam Gibson qui vit avec son épouse Natalie, leur fille Clara, ainsi que leur chien Oliver. Alors que le clonage humain demeure interdit, celui pratiqué sur les animaux reste quant à lui, tout à fait légal. La société Re-pet se charge en effet de cloner des animaux de compagnie en préservant l'intégrité des données mémorielles de l'animal concerné. C'est ainsi qu'Adam en fera les frais à ses dépends.

Le jour même de son anniversaire, alors qu'il s'apprête à transporter des skieurs à bord d'un hélicoptère, Natalie lui téléphone pour lui annoncer que Oliver est mort. Forcé de se rendre dans les locaux de Re-pet, Adam étudie la possibilité de faire cloner Oliver malgré les contraintes morales que cela lui impose. Sachant que les siens préparent pour le soir-même une fête en son honneur et que son meilleur ami et collège Hank Morgan a accepté de le remplacer au pied lever pour un transport de la plus haute importance, Adam décide cependant de ne pas faire cloner Oliver et retourne à la maison avec entre les mains, un cadeau pour Clara. Mais alors qu'il arrive chez lui, il constate que leur chien est bien vivant. Pire, il entend à l'intérieur son épouse, sa fille et leurs invités entonner un chant d'anniversaire. Passant le visage devant la fenêtre du salon, Adam constate avec effroi qu'un clone a pris sa place. Dès lors, il est traqué par les hommes de Michael Drucker, PDG d'une entreprise spécialisée dans le clonage. Adam est maintenant un fugitif. Mais en cours de route, il apprend que plusieurs personnalités ne sont en fait que des clones. L'existence même de deux Adam Gibson risque de mettre en péril l'existence de l'industriel Michael Drucker ainsi que celle de ses collaborateurs. Adam doit donc mourir. Mais ce dernier fera tout pour rester en vie et surtout protéger les siens des hommes de mains de Michael Drucker...

À l'Aube du 6e Jour de Roger Spottiswoode n'est clairement pas le meilleur film de son auteur, mais vu la manière dont le cinéaste a décidé d'aborder le problème, le film s'en sort malgré tout avec les honneurs. Arnold Schwarzenegger est dans son élément et fait preuve d'une belle énergie dans sa tentative de découvrir la vérité sur les expériences menées par l'industriel. Si certains effets-spéciaux ont bien mal vieilli, on se réjouit d'un spectacle qui pour une fois ne surcharge pas l’œuvre en matière d'effets numériques. Les véritables amateurs de science-fiction et de technologie remarqueront cependant, et ce malgré les évidentes qualités des interprètes et de la mise en scène, qu'un tel sujet, pour atteindre les cimes du genre, ne pouvait être confié qu'à de grands, très grands spécialistes dans le domaine. Ici, c'est du pur spectacle, sans presque aucun véritable réflexion en la matière. Un petit blockbuster des familles qui réjouira un public peu aguerri à la question du clonage et peu habitué à la hard science-fiction. Une honnête série B.
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