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lundi 11 décembre 2023

Rasen de Jōji Iida (1998) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dans la longue, très longue série de longs-métrages consacrés à la mythologie entourant le personnage de Sadako Yamamura et en dépit d'un titre différent de l'original, Rasen du réalisateur et scénariste japonais Jōji Iida n'en demeure pas moins l'un de ses meilleurs représentants. Et pourtant, si l'on en juge par son contenu, on remarquera que l'auteur d'une dizaine de longs-métrages en presque vingt ans de carrière prend de grandes libertés avec le script original de Hiroshi Takahashi lui-même adapté du roman Ringu écrit par Kōji Suzuki en 1991. L'entité n'est désormais visuellement plus aussi remarquable que cette même année 1998 où sortait justement Ringu de Hideo Nakata, véritable phénomène qui allait rendre mondialement populaire le genre J-Horror ! The Spiral, titre à l'internationale de Rasen, coupe court avec l'approche qui sera généralement appliquée tout au long de la saga et notamment dès l'année suivante avec le retour de Hideo Nakata aux commandes de Ringu 2. Écrit et donc réalisé par Jōji Iida, Rasen met en scène le médecin légiste Mitsuo Ando (l'acteur Kōichi Satō), un homme anéanti par la mort de son jeune fils qui s'est noyé sans que son père ait pu faire quoi que ce soit pour le sauver. Hanté par d'horribles cauchemars, il est de plus poussé par l'un de ses collègues à autopsier le corps de l'un de leurs amis dont le cadavre vient tout juste d'être retrouvé chez lui. À savoir que l'acteur qui joue le mort n'est autre que Hiroyuki Sanada qui fut tout d'abord connu du jeune public pour avoir incarné Ayato / Le Fantôme dans la série culte japonaise, San Ku Kaï. Pressé par les autorités de découvrir si l'homme s'est suicidé, s'il est mort d'une crise cardiaque ou d'une toute autre maladie, Mitsuo va très vite découvrir que sa mort est liée à une étrange cassette vidéo réputée pour causer la mort de celles et ceux qui la regardent. D'abord méfiant, l'arrivée de nouveaux cadavres tous liés à cette fameuse cassette va ensuite conforter le médecin légiste dans l'idée que celle-ci est peut-être effectivement maudite. Et pour le savoir, Mitsuo va lui-même la regarder... Bien que Rasen apparaisse comme une trahison par rapport au premier long-métrage qui fut tourné parallèlement en cette année 1998, il n'en est rien. En effet, le long-métrage n'est pas qu'une simple suite au Ringu de Hideo Nakata mais l'adaptation du roman Rasen (sorti chez nous sous le titre Double Hélice) qu'écrivit lui-même Kōji Suzuki en 1995.


Profitons-en d'ailleurs pour évoquer Ring: Kanzenban et rendons à César ce qui lui appartient puisque l'on ne doit pas la première incartade dans l'univers de Sakado Yamamura à Hideo Nakata mais à Chisui Takigawa qui trois ans avant lui réalisait en 1995 ce téléfilm directement inspiré de l'ouvrage de l'écrivain. Pour en revenir à Rasen, le récit ne s'articule pas du tout ou si peu autour du drame que connut la jeune fille. Et même si son meurtre est rapidement évoqué à travers une courte séquence, le film s'intéresse surtout aux investigation du protagoniste finement interprété par Kôichi Satô, lequel incarne un Mitsuo Andô plutôt crédible. L'enquête policière étant largement mise de côté, nous suivons donc les traces de cet homme déchiré par la mort de son fils mais qui, à travers ses recherches va découvrir des éléments lui permettant d'espérer son retour parmi les vivants. De ce point de vue là, Rasen part un peu en vrille, il est vrai. L'actrice Hinako Saeki interprète une Sadako Yamamura nettement moins terrifiante que dans Ringu. Débarrassée de son teint blafard, de ses yeux cerclés de noir ou de sa longue chevelure lui barrant le visage, elle apparaît comme une séductrice dont les intentions sont par contre toujours aussi évidentes : revenir parmi les vivants quitte à prendre la place de son hôte ! L'une des grandes différences entre Ringu et Rasen se situe ici dans la ''contamination'' par Sadako envers ses victimes. Car la légende qui veut que ceux qui ont regardé la cassette vidéo dans laquelle l'on retrouve les fameuses et très étranges images du premier opus meurent les uns après les autres ne semble désormais plus être que L'UN des moyens dont use Sadako pour revenir dans le monde matériel. L'entité est désormais traitée comme une maladie de type variole se transmettant entre individus. Bien que Rasen soit assez lent, le film de Jōji Iida s'avère très convainquant. Un très grand soin a été apporté à la mise en scène ainsi qu'à la caractérisation de son principal personnage. Ce qui le rend beaucoup plus attachant que la plupart des protagonistes de la franchise. De plus, la discrète et minimale bande musicale de La Finca (dont Rasen sera la seule partition musicale créée pour le cinéma) imprime une ambiance relativement troublante. Certains se désespéreront sans doute de n'y pas retrouver la ''créature'' telle qu'ils la connaissent ou de ne pas sursauter lors de Jump-Scares totalement absents de Rasen. Tant pis pour eux car cette troisième adaptation dans l'ordre chronologique des sorties est vraiment une réussite...

 

lundi 19 juin 2023

John Wick : Chapitre 4 de Chad Stahelski (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec une quasi régularité, le réalisateur américain Chad Stahelski revient tous les deux ou trois ans sur le devant de la scène avec un nouvel épisode de la franchise John Wick. L'homme a débuté sa carrière de cinéaste en 2014 et ne s'est jusqu'à maintenant consacré qu'à cette seule sage mettant principalement en scène l'acteur Keanu Reeves. Chose qui risque de changer à l'avenir puisque Chad Stahelski est sur un nombre important de projets qui devraient rapidement voir le jour. En 2024 devrait apparaître sur grand écran Ballerina qui, comme son nom ne l'indique pas, est un spin-off de la franchise que devrait cette fois-ci mettre en scène le réalisateur Len Wiseman qui signa notamment le quatrième volet des aventures de John McLane Die Hard 4 : Retour en enfer en 2007. Mais pour revenir aux nouvelles aventures de John Wick qui ont vu le jour sur grand écran le 22 mars dernier en France et seulement deux jours plus tard sur le territoire américain, les choses n'ont pas vraiment évoluées depuis le précédent épisode dans lequel notre héros était poursuivi par des membres de l'organisation qui l'a déchu de ses droit et sur la tête duquel elle a placé une prime de quatorze millions de dollars pour sa mort. Après une ouverture de piteux intérêt lors de laquelle John Wick tue le Grand Maître (l'acteur franco-marocain Said Taghmaoui) qui présidait jusque là Grande Table, l'homme se rend à Osaka, dans l'hôtel continental de la ville tenu par son ami Shimazu (l'acteur japonais Hiroyuki Sanada rendu mondialement célèbre dans le courant des années soixante-dix en interprétant le rôle d'Ayato dans la série de science-fiction culte, San Ku Kaï). Là-bas va bientôt s'engager un combat entre les deux hommes et un groupe d'individus venus en découdre avec John Wick afin d'empocher les quatorze millions de dollars... qui bientôt passeront à vingt ! Le fond et la forme de ce quatrième volet sobrement intitulé John Wick : Chapitre 4 ne diffèrent absolument pas des précédents épisodes dans son mode de fonctionnement. Démultipliant les séquences d'action et prenant le risque que le spectateur finisse par éprouver un sentiment d'overdose, ce quatrième volet est le plus long de tous puisqu'il frise les trois heures de long-métrage. John Wick : Chapitre 4 fait directement suite aux aventures du troisième volet intitulé quant à lui John Wick Parabellum, lequel date déjà de 2019. Il aura donc fallut quatre années à Chad Stahelski et à ses scénaristes Michael Finch et Shay Hatten afin de concevoir une œuvre qui au fond n'a rien de très original...


Ni même dans ses combats rapprochés constitués de gungfights, de combats à mains nues ou au sabre et autres armes blanches. Le réalisateur pousse le curseur de l'invraisemblance de telle manière qu'il n'est pas rare de pouffer de rire devant certaines actions. Et même, devant certains personnages comme celui qu'incarne l'acteur, réalisateur et chorégraphe chinois Donnie Yen. En effet, celui-ci interprète Caine, un ancien ami de John Wick qui pour assurer la sécurité de sa fille accepte d'éliminer notre héros. Dans ce nouveau chapitre, son personnage est aveugle et n'est aidé que par d'autres sens que la vue, particulièrement aiguisés et qui lui permettent d'accomplir des prouesse totalement abracadabrantesques. Autant dire que ses diverses interventions paraissent totalement burlesques, voire grotesques. Il s'agit d'ailleurs du fond de commerce généralement accordé à la franchise puisque à force de sans cesse se relever et de survivre à des légions d'ennemis qu'il finit systématiquement par tuer en ayant lui-même subit des blessures qui auraient laissé à terre n'importe quel homme de constitution normale, John Wick sort du champ de personnage de simple film d'action et se mue ainsi en super-héros quasiment invincible. Ce que semble définitivement corroborer John Wick : Chapitre 4 dans lequel ses adversaires et lui portent sur le dos des costume pare-balles qui évitent à ce dernier de nombreuses ''occasions'' de mourir sous le feu nourri de ses opposants. Il fallait ici lui opposer un grand méchant. Il ne s'agira pas de Donnie Yen. Ni même de l'afro-américain Shamier Anderson qui interprète le rôle de M. Personne mais bien de l'acteur suédois Bill Skarsgård, connu pour avoir notamment interprété le rôle de Grippe-sous dans le diptyque horrifique Ça de l'argentin Andrés Muschietti. Dans le cas présent, il incarne le Marquis de Gramont, un français auquel la Grande Table a octroyé la possibilité de faire éliminer John Wick par quel que moyen que ce soit. Bien que John Wick : Chapitre 4 soit fondamentalement classique et donc très proche des précédents volets dans son déroulement et sa narration, les fans de la franchise et les amateurs d'action et de combats n'en seront pas moins aux anges puisque le film bénéficie de scènes d'affrontements battant absolument tous les records en terme de durée. Et particulièrement celle située en France et démarrant autour de l'Arc de Triomphe pour se conclure au pied du Sacré Cœur. La conclusion de ce quatrième volet laisse supposer que la franchise ne comptera pas de cinquième opus. Pourtant, le futur tournage de John Wick 5 semble avoir été récemment confirmé..

 

samedi 13 août 2022

Bullet Train de David Leitch (2022) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Bullet Train confirme bien tout le mal que je ressens à l'évocation du réalisateur américain Quentin Tarantino : je demeure totalement hermétique à son style. Alors, lorsque déboule sur grand écran le dernier long-métrage de l'auteur de Atomic Blonde en 2017 ou Fast & Furious : Hobbs & Shaw en 2019, rien ne peut m'inquiéter davantage que la comparaison que certains se sont amusés à établir entre les deux réalisateurs. Pas même le fait que David Leitch ait mis en scène le clip vidéo Ashes pour la chanteuse canadienne Céline Dion en 2018. S'il est vrai que le bonhomme injecte à Bullet Train un style narratif parfois typique de l'auteur de Reservoir Dogs ou de Jackie Brown (seul film acceptable de Tarantino à mon goût), c'est avec peine qu'il parvient à se hisser au sommet d'un courant dont je reconnais malgré tout certaines qualités. D'une manière générale, Bullet Train peut s'envisager comme le parent pauvre du cinéma d'action américain. Car bien que ses interprètes y délivrent une certaine énergie et que son look soit imprégné du style japonais auquel il se réfère, question scénario, on frise l'anémie. Le script de Zak Olkewicz basé sur le roman éponyme de l'écrivain japonais Kōtarō Isaka n'est qu'un long tunnel (ou qu'une longue succession de wagons devrais-je plutôt dire) parcouru de flash-back censés donner du corps à une intrigue qui fait la part belle à toute une panoplie de séquences d'action que certains aimeraient comparer aux divers volets de l'excellente franchise John Wick créée en 2014 par Chad Stahelski, le scénariste Derek Kolstad mais aussi... David Leitch ! Oui, celui-là même qui cette année vient donc justement de commettre ce Bullet Train qui qualitativement demeure plutôt du niveau de Piège à grande vitesse de Geoff Murphy que de Snowpiercer, le Transperceneige de Bong Joon-ho auquel certains osèrent le comparer...


Pétant de couleurs criardes et de néons qui rendent à l'ensemble du trajet (de l'aventure, du récit, de l'épreuve, appelez l'expérience comme bon vous semble) l'aspect d'une errance dans des rues tokyoïtes qui peu à peu se désertifieraient de leur faune, Bullet Train est une comédie d'action totalement vidée de toute substance. Cinq tueurs s'y retrouvent regroupés et débute alors un massacre qui n'a pas le dixième du poids, de l'ampleur ou de la beauté chorégraphiée de la plus anodine des séquences produites dans l'un des volets de la franchise John Wick. Ni même de celles du premier volet du diptyque The Raid si l'on devait évoquer deux types de collusions entre les cinémas asiatique et américain. Avec sa brochette d'acteurs et leur attitude de poseurs, on a parfois l'impression que David Leitch regrette cette période pas du tout lointaine où il tournait le second volet des aventures du super-héros de Deadpool. Bullet Train ? Kuésaco ? Une comédie pas drôle. Un film d'action ennuyeux. Des combats soporifiques, répétitifs, sans imagination ou presque et des interprètes qui surjouent. Une sorte de Tex Avery live et ferroviaire auquel il manque une âme toute personnelle puisque le film ne tente que de reproduire une recette mille fois utilisée ailleurs sans avoir le pouvoir de se démarquer. Si la présence de Brad Pitt a au départ quelque chose d'attrayant, son bob et ses lunettes ont tendance à effacer de nos mémoires ce charisme ahurissant qu'il avait notamment su cultiver sur les plateaux de Kalifornia de Dominic Sena, Seven de David Fincher ou de L'Armée des douze singes de Terry Gilliam. À ses côtés, une brochette d'acteurs/pitres qui s'en donnent à cœur joie mais également la présence toujours impeccable de l'acteur japonais Hiroyuki Sanada qui, ne l'oublions pas, devint célèbre à la toute fin des années soixante-dix dans son pays et en France grâce à son interprétation de Ayato dans la série télévisée de science-fiction culte San Ku Kaï . Pour le reste, Bullet Train est un film sans aucun intérêt auquel sans doute les adolescents trouveront un certain intérêt. Quant aux autres, on leur conseillera plutôt d'éviter de perdre leur temps et leur argent à aller voir cette quasi-purge sur grand écran...

 

vendredi 14 mai 2021

Mortal Kombat de Simon McQuoid (2021) - ★★★★★★★☆☆☆




À l'origine, Mortal Kombat est le nom d'un jeu vidéo qui vit le jour dans les salles de jeu en 1992 avant de débarquer chez Sega sur la Megadrive et chez Nintendo sur la SuperNes. À la différence de la franchise Street Fighter dont il fut le principal concurrent, le jeu de la société américaine de développement et d'édition de jeux vidéos Midway Games mise sur une violence outrancière et un système de combat relativement ingénieux reposant sur les fameuses fatality sur lesquelles se concluent les combats. Mais surtout, Mortal Kombat bénéficie de graphismes inédits puisque les combattants sont tous numérisés et gagnent donc en réalisme. La franchise compte à ce jours onze jeux portés sur différentes plate-formes, le dernier en date, sobrement intitulé Mortal Kombat 11, étant sorti le 23 avril 2019 sur PC, PlayStation 4 ou bien Nintendo Switch. Un tel succès et une telle popularité ne pouvaient qu'amener à l'adaptation de cet univers sur grand écran et c'est chose faite trois ans après l'édition du tout premier jeu avec la sortie en salle de Mortal Kombat de Paul W. S. Anderson. Deux ans plus tard, c'est au tour de John R. Leonetti d'adapter la franchise sur grand écran avec une suite intitulée Mortal Kombat : Destruction finale. En 1996 sort le court-métrage d'animation Mortal Kombat : Defenders of the Realm de Clancy Brown, Olivia d'Abo et Dorian Harewood, entre 1998 et 1999 la série Mortal Kombat: Conquest de Juan Carlos Coto, en 2011 la web-série Mortal Kombat: Legacy de Kevin Tancharoen et en 2020, le long-métrage d'animation Mortal Kombat Legends : Scorpion's Revenge d'Ethan Spaulding.


Pour la plupart d'entre eux, il s'agit d'un ratage complet. Une malédiction à laquelle semblent vouloir pourtant jeter un sort le scénariste Greg Russo, le réalisateur Simon McQuoid et le producteur James Wan qui en 2021 proposent sans doute la meilleure adaptation du jeu vidéo sur grand écran... Les français ayant eu comme d'habitude la malchance de découvrir le reboot de Mortal Kombat après tout le monde (c'est à dire un mois après l'Asie, l'Australie, les États-Unis ou encore le Canada), le film a été mis à disposition des plate-formes de VOD à partir du 12 mai dernier. Inutile de dire que dans l'esprit, cette nouvelle aventure que partagent les personnages de Sonya Blade, Sub-Zero, Jax, Raiden, Scorpion, Liu kang et un petit nouveau en la personne de Cole Young propose un spectacle où la testostérone prime sur l'intellect. Ici, inutile de préciser que d'avoir un Bac+2,3,4,5,6 ou 7 ou même plus simplement son diplôme national du brevet ne vous servira à rien. Scénario brut et caractérisation à la ramasse sont deux des points essentiels permettant au long-métrage de Simon McQuoid d'aller avant tout, droit au but ! Ne surtout pas réfléchir, ne pas se laisser à quelque épanchement lacrymal que ce soit. L'émotion passe par les poings, les coups de pieds ou de tête. À mains nues, armés de sabres ou muni de pouvoirs tels que les flammes, le gel ou les rayons-laser...


D'une durée de cent-dix minutes, Mortal Kombat est une succession de combats parfaitement maîtrisés en matière de chorégraphie. Les décors de Naaman Marshall et Rolland Pike apporte une touche supplémentaire à des affrontements qui très souvent se terminent dans des gerbes de sang. Gore et violent, le long-métrage de Simon McQuoid offre ce que le spectateur est venu demander. C'est primaire comme on aime. Pas besoin de réfléchir un seul instant, le seul défaut se trouvant finalement dans l'absence de caractérisation qui empêche l'empathie pour tel ou tel personnage. À noter que parmi les acteurs on retrouve le japonais Hiroyuki Sanada que les plus anciens reconnaîtront pour avoir joué le rôle de Ayato dit ''le fantôme'' dans la série de type Tokusatsu San Ku Kaï entre 1978 et 1979. Quant au rôle principal, si tant est qu'il y ait un personnage principal dans cette aventure, il est incarné par l'acteur Sino-britannique Lewis Tan. Vu le final, il est fort probable qu'une suite soit prévue. Maintenant, sans doute faudra-t-il patienter jusqu'à obtenir les scores de ce premier reboot qui ma foi, est une excellente surprise...

dimanche 23 juillet 2017

Life : Origine Inconnue de Daniel Espinosa (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆




Il y a peu, j'en était encore à me demander quand arriverait le jour où un film mettant en vedette l'acteur Jake Gyllenhaal me décevrait. Un bien, ce jour tant redouté, semble être arrivé. Le responsable de cette impardonnable erreur de parcours, c'est le cinéaste suédois Daniel Espinosa qui, comme son nom ne l'indique pas, est originaire de Stockholm. J'aurais aimé lui dire de rester chez lui le jour où il eut l'idée de réaliser ce qui ne demeure finalement qu'une pâle resucée du classique de Ridley Scott, Alien, le Huitième Passager. Car Life : Origine Inconnue a beau se dérouler sur une station internationale située en orbite autour de notre bonne vieille Terre, le film de Daniel Espinosa délivre presque point par point, la même histoire que le classique étouffant et éminemment plus angoissant réalisé par l'américain presque quarante ans plus tôt. Presque un anniversaire pour LE film consacrant le mélange des genres science-fiction et épouvante. Mais plutôt que de nous offrir une ressortie en grandes pompes du chef-d’œuvre de Ridley Scott, certains producteurs opportunistes ( David Ellison, Dana Goldberg, Bonnie Curtis et Julie Lynn) semblent lui préférer une novélisation finalement peu convaincante et manquant cruellement d'originalité.
Le récit de Life : Origine Inconnue évoque la mission de six membres de l'équipage de la station spatiale internationale réceptionnant une sonde revenant de Mars et contenant un certain nombre d'échantillons dont plusieurs semblent être d'origine organique. Pour l'équipage constitué du Dr David Jordan, de Miranda North, de Rory Adams, du japonais Sho Kendo, de Hugh Derry et de la russe Katerina Golovkin, l'aventure qui se présente devant eux marquera sans doute une date très importante pour l'humanité puisqu'ils vont découvrir que l'un des échantillons n'est autre que la preuve de l'existence d'une vie extraterrestre sur Mars. En état de stase, la cellule reprend soudainement vie lorsque Hugh décide de modifier la composition de l'air dans la pièce où sont conservés les échantillons. L'équipage tout entier est fasciné, et bientôt, ce qui ne ressemblait jusque là qu'à un embryon se développe à grande vitesse pour devenir une créature multicellulaire d'une force et d'une forme incroyables. Plus émerveillé encore que les autres, Hugh en oublierait même les règles de sécurités régies par la station internationale. Ce que n'oublient d'ailleurs pas de lui rappeler ses compagnons.

Mais au bout de quelques jours, et alors que sur Terre, le nom de Calvin a été proposé afin d'identifier la créature, celle-ci semble être dotée d'une intelligence propre et d'une force insoupçonnable. Lors d'une énième expérience, Hugh va d'ailleurs en faire les frais lorsqu'au contact de Calvin, il va perdre sa main droite. C'est le début du cauchemar pour les membres de la station car dès lors, Calvin va s'échapper du laboratoire où il était enfermé et tenter d'éliminer un à un chacun d'entre eux, avec un seul objectif : parvenir jusqu'à entrer dans l'atmosphère terrestre...

Bien qu'il tente d'en mettre plein la vue, Life : Origine Inconnue n'innove à aucun moment. Qu'il s'agisse pour Daniel Espinosa d’œuvrer dans l'épouvante ou d'éprouver les habitudes du spectateur en terme de visuel en lui proposant des scènes de destructions spatiales massives, son long-métrage n'est qu'une succession de redites. Pour l'horreur et le sentiment d'angoisse, je renverrai une fois encore les spectateurs en direction du classique cité plus haut, quant aux effets-spéciaux montrant les dégâts infligés à la station internationale, on avait déjà vu aussi saisissant visuellement avec le pourtant très navrant Gravity de Alfonso Cuaron quatre ans auparavant. D'ailleurs, à part le twist final assez inattendu, l'approche terrestre de la navette ressemble presque à un copier-coller de l'original.
Ensuite, je comprends que tous les interprètes aient droit à leur part de gâteau, mais découvrir un Jake Gyllenhaal souriant avec béatitude sans décrocher un mot durant au moins une bonne demi-heure est assez exaspérant. Sous-employé lors du premier tiers du film, Daniel Espinosa aura sans doute à cœur d'évoquer le fait que l'acteur aura à lui seul le champ libre pour profiter de l'espace libéré par la mort de ses compagnons pour s'imposer enfin comme véritable star du film. Au final, Life : Origine Inconnue n'est rien de moins, rien de plus qu'une honnête petite série B nantie d'un confortable budget de plus de cinquante millions de dollars. Pas de quoi fouetter un chat mais relativement agréable à regarder, surtout si l'on parvient faire abstraction de l’œuvre (toujours la même, citée plus haut) dont il n'est qu'un pâle remake...

jeudi 22 décembre 2016

Ringu de Hideo Nakata (1998)



Si le public américain et une majorité des spectateurs français ont sans doute entendu parler pour la première fois des « Yūrei Eiga  », ces fantômes du folklore japonais dont la principale caractéristique et de posséder une longue chevelure sombre qui leur barre le visage, c'est sans doute grâce au Remake américain The Ring réalisé par le cinéaste Gore Verbinski en 2002. il faut cependant remonter plus loin dans le temps, en 1998, et ce, à travers l’œuvre séminale du japonais Hideo Nakata qui avec Ringu a réalisé ce qui est devenu très vite un film culte. Un long-métrage qui sert depuis de référence ultime de la J-Horror. Les maniaques de la réappropriation iront même jusqu'à logiquement citer l'auteur du roman éponyme original, Kōji Suzuki. A peu de choses près, The Ring est calqué sur Ringu. Les deux films s'appropriant la trame du roman, on y trouvera donc logiquement les mêmes situations ainsi que les mêmes personnages, dont les noms ont bien sûr été modifiés, le premier étant originaire du Japon et le second des États-Unis.

L'une des plus importantes différences entre les deux œuvres est l'implication de l'ancien époux du personnage campé par Nanako Matsushima dans la version japonaise. En effet, Ryuji Takayama (l'ex de la journaliste Reiko Asakawa, interprété par l'acteur Hiroyuki Sanada) s'implique assez vite dans le drame qui se joue autour de son ex-épouse et de leur fils. Tandis que la version américaine proposait un compagnon immature travaillant dans le journalisme, Ryuji, lui, affiche dès le départ la ferme intention d'aider Reiko dans sa recherche de vérité. Une réalité qui éclate assez vite puisque dès les premiers instants, la légende entourant l'existence d'une cassette vidéo tuant au bout de sept jours ceux qui ont osé la regarder est déjà bien ancrée dans la tradition japonaise. Un fait avéré à travers l'interview de la journaliste auprès de jeunes enfants n'ayant jamais découvert le contenu de la cassette mais connaissant malgré tout son existence.
Contrairement au personnage de Noah Clay dans The Ring version 2002, Ryuji est un individu beaucoup moins cartésien du fait de sa capacité à percevoir des événements surnaturels. Tout comme Reiko d'ailleurs qui perçoit des images provenant d'événements faisant partie du passé.

Ici, rien à voir avec le surnaturel bon marché des Paranormal Activity et consorts. Hideo nakata ne construit pas son œuvre à partir du vide mais d'un scénario qui nous fait réfléchir sur l'emprise du média télévisuel et sur ses conséquences désastreuses. Des conséquences ici extrapolées à travers la mort d'individus ayant supporté la vision d'images horrifiques. Celles-là même qui nous sont assénées au quotidien et dont est généralement friand le public. Un curieux phénomène se produit lorsque l'on découvre pour la première fois Ringu. L'angoisse qui découle des visions traumatiques surnage alors même qu'il ne se passe parfois pas grand chose. L’œuvre du japonais se pare d'une ambiance parfois tellement lourde sans doute liée au dépaysement que provoque le lieu de tournage, que la simple évocation de quelques notes de musique (j'entends par là l'air se faisant entendre chaque fois qu'un jour passe) suffit à donner le frisson. Pourtant, à le comparer à la version américaine, Ringu semble parfois très discret. Le cadre étant très différent (ici, les traditionnelles demeures japonaises, là-bas le modernisme occidental) il peut arriver que l'on se détache un instant de cette histoire qui peut nous sembler ne toucher qu'un « drôle » de peuple.

Mais c'est sans compter sur la remarquable mise en scène de son auteur et l'impeccable interprétation de ses principaux acteurs et actrices. Des deux principaux jusqu'à Yoichi Asakawa (qui joue le fils de Reiko et Ruyji) qui là, demeure encore un enfant tout à fait commun alors que celui de Gore Verbinski possède très vite des dispositions psychiques et une intelligence hors du commun pour un enfant de cet âge. Hideo Nakata prend possession de l'espace et de chaque recoin. A tel point que même lorsqu'une scène n'est pas sujette à l'apparition de l'entité tant redouté, il nous semble l'apercevoir dans le reflet d'un miroir ou tapie dans l'ombre. Certain préféreront sans doute la version de 2002. Quoi qu'il en soit, jamais, sans l’œuvre de Hideo Nakata, la saga des Ring n'aurait pris une telle ampleur. Peut-être même n'aurait-elle jamais vu le jour...
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