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lundi 11 juillet 2022

Fear X de Nicolas Winding Refn (2003) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

En une dizaine de longs-métrages, le réalisateur danois Nicolas Winding Refn aura bâtit une filmographie quasiment exemplaire. Chacun y trouvera de quoi contenter sa passion pour l'approche typiquement scandinave du thriller. Et parmi la récurrente excellence de sa mise en scène l'on notera que Fear X n'est certes pas le plus connu d'entre tous mais qu'il demeure tout de même parmi les sommets d'une carrière extrêmement avare en terme de déception. Réalisé en 2003, le troisième long-métrage de Nicolas Winding Refn fait figure d'hémisphère cérébral droit auquel son auteur choisira de joindre dix ans plus tard, son excellent Only God Forgive, complétant ainsi cette matière généralement grise mais qui dans les deux cas s'enrobera d'un rouge carmin véritablement marquant. L'un et l'autre étant généralement les plus mésestimées des œuvres du danois, elles n'en dégagent pas moins une très grande force d'attraction. Concernant Fear X, le scénario que le réalisateur signera lui-même, adaptant ainsi l'ouvrage de l'écrivain américain Hubert Selby Jr, offre au récit un statut à part. Ici, le thriller n'étant pas synonyme d'action, de fusillades ou de courses-poursuites, l'intrigue nous convie à explorer l'âme d'un homme déchiré par la disparition récente de son épouse. Et pour incarner le héros Harry Caine, qui mieux que le toujours formidable John Turturro ? Point trop d'effort n'est exigé de la part de l'acteur tant la lecture de ses expressions faciales suffit à nous éclairer sur la douleur, les émotions et le manque que ressent cet agent de sécurité travaillant dans un centre commercial. Des sentiments terribles qu'il ressent bien évidemment depuis que la femme de sa vie a été tuée par balle par un inconnu alors qu'elle venait rejoindre son époux sur le lieu de son travail. La police enquête et possède même une photo du tueur assez floue, laquelle ne parvient malheureusement pas à aider les inspecteurs à mettre un nom sur son visage. Harry lui aussi mène ses propres investigations. Se repassant des heures d'enregistrements de caméras de sécurité du centre commercial qu'un ami lui procure sous le manteau. Jusqu'au jour où en s'introduisant dans la maison se situant en face de la sienne, il met la main sur une pellicule contenant un lot de photographies qu'il s'empresse de faire développer. Sur l'une d'elles, il lui semble reconnaître le visage d'un homme semblable à celui que lui a présenté la police. Harry décortique la photo sous tous les angles et parvient à découvrir qu'elle fut prise dans une petite ville de l’État du Montana...


Ce qui au mieux pourrait passer pour de l'omniscience et au pire pour des facilités d'écriture assez peu crédibles va en fait nourrir un récit qui sous des dehors languissants va permettre à Nicolas Winding Refn de développer un scénario ambitieux quoique parfois ténébreux. Douze ans après avoir déjà parcouru de long en large les couloirs de l'hôtel du chef-d’œuvre de Joel et Ethan Coen Barton Fink, voici que déambule dans ceux de Fear X (également connu sous le titre Inside Job) un John Turturro véritablement habité. Nicolas Winding Refn semble parfois se confondre dans des univers proches de ceux décrits par un certain David Lynch, les sous-sols où mènent notre héros l'ascenseur de l'hôtel réfléchissant cette même obscurité que l'angle improbable de l'appartement de Fred Madison dans l'incroyable Lost Highway qui vit le jour six ans auparavant. La séquence la plus insignifiante prend ici une tournure hypnotique sans équivalant. Et encore et toujours grâce à l'interprétation toute en retenue et pudeur mais non dénué d'expressivité de son principal interprète. La séquence lors de laquelle une jeune femme lui propose ses services étant particulièrement significative. Le trouble étant moins relatif à l'hypothèse selon laquelle celle-ci et Harry pourraient avoir une relation sexuelle que dans l'idée particulièrement dérangeante qu'une femme puisse s'immiscer dans le cœur (ou plutôt, dans l'entrejambe) d'un homme qui vient tout juste de perdre la femme de sa vie. Dépassés les débordements graphiques des œuvres antérieures de Nicolas Winding Refn, Fear X est d'une finesse et d'une sobriété exemplaires. Si la quête du grand méchant loup est primordiale pour le héros, pour le spectateur elle demeurera lettre morte puisque le danois ne nous fera pas don d'un monstre auquel le scénario pouvait prétendre. Il n'y a donc pratiquement que des victimes. De hasard malheureux, collatérales ou porteuses de valeurs morales tronquées. Aux côtés de John Turturro, on notera les présences de la canadienne Deborah Kara Unger ou de James Remar. Quant à la partition musicale particulièrement glaçante qui parcourt l’œuvre dans son entièreté, elle est en partie signée par le grand Brian Eno. Une musique ambiant littéralement obsédante qui colle parfaitement au récit et aux personnages. Un grand moment de cinéma...

 

samedi 29 janvier 2022

The Neon Demon de Nicolas Winding Refn (2016) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Avec son avant-dernier long-métrage Only God Forgive réalisé en 2013, le réalisateur danois Nicolas Winding Refn divisait les critiques. Poussé par le désir d'offrir une œuvre esthétiquement brillante et guidée par une approche sensorielle et épidermique, on pouvait (ou pas) lui faire remarquer qu'il manquait simplement à ce petit bijou, l'un des aspects fondamentaux qui transforme définitivement un film en chef-d’œuvre et auquel ne manque finalement plus qu'une chose : un vrai scénario ! Alors... Pour ? Ou contre ? Perso, définitivement pour... Trois ans plus tard, Nicolas Winding Refn revient avec The Neon Demon. Et déjà, alors, certains visages se crispent. Une affiche qui laisse supposer que le danois à choisi de rester sourd aux précédentes critiques et de n'en faire qu'à sa tête en creusant encore un peu plus loin le sillon d'un style visuel qui n'a plus grand chose à prouver ni plus rien en commun avec ses débuts de carrière. De la superbe séquence d'ouverture gothico-horrifique exhibant sur un canapé une Elle Fanning aussi rigide qu'un mannequin d'exposition toute gorge tranchée, on croit un instant que le danois, plutôt que de soigner (enfin) son scénario, a peut-être finalement adopté la méthode d'un Dario Argento (dont les dernières œuvres de Nicolas Winding Refn empruntent l'imagerie sublime mais néanmoins criarde), décrétant qu'une enfilade de meurtres vaut sans doute aussi bien qu'un script bien torché. Mais cette vision macabre qui plus tard sera rejointe par des examens de la conscience humaine par trop dérangeants, ne sert finalement pas de menu à un plat de résistance sanguinolent. Plutôt à une fausse critique du milieu de la mode, sujet qui, forcément, colle idéalement au style visuel du réalisateur.


Clipesque et scintillant comme aux plus beaux jours du Glam Rock, l'ombre sans doute involontaire (quoique) du disco et de ses paillettes en forme d'étoiles ferait presque ressembler notre héroïne à l'un des membres féminins du groupe suédois ABBA ! En s'égarant parfois sur les mêmes chemins de travers que Julian Hopkins, héros incarné par l'acteur Ryan Gosling trois an auparavant dans Only God Forgive, Elle Fanning/Jesse figure son pendant féminin. Adolescente parfaite d'un point de vue esthétique. De même que d'un point de vue morale, le caractère de cette gamine trop vite lancée sur la piste du succès demeure jusqu'ici tout à fait tempéré. Tout The Neon Demon ou presque est déjà relégué lors de la séquence d'ouverture lors de laquelle Jesse ressemble moins à un cadavre égorgé qu'à l'un de ces mannequins de cire qu'exposent les devantures de magasins de fringues. Une posture apparemment anodine qui révèle en fait l'exploitation du corps humain et notamment celui de la femme enfermée dans son rôle d'objet de fantasme. Une aberration qui mène les plus ambitieuses à quitter leur forme originelle à grands coups de bistouris afin de décrocher le ''rôle'' de leur vie. Le dernier long-métrage de Nicolas Winding Refn ne résoudra pourtant sans doute pas l'épineux problème auquel se sont confrontés certains spectateurs trois ans plus tôt. Le danois est gourmand. Trop sans doute puisqu'il ne termine jamais son assiette (comprenne qui pourra). Du moins semble-t-il en être ainsi avec The Neon Demon.


Si l'on comprend la relation entre l'héroïne et le démon du titre, l’avènement du second survient comme un cheveu dans la soupe. Le passage de l'une à l'autre se déroulant sur un trop petit nombre de séquences pour que la chose demeure crédible. Si le réalisateur convie bien Dario Argento, David Lynch est lui aussi invité au banquet, mais de très loin, installé en bout de table. Sans que jamais Nicolas Winding Refn ne s'y retrouve en matière de génie. D'où cette question qui demeure, une fois encore: Mais où est donc passé le scénario ? Car si l'on retrouve le compositeur Cliff Martinez aux manettes de la bande-son et la remarquable touche visuelle du précédent long-métrage du danois (bien que Beth Mickle ait abandonné son poste de directrice artistique au profit de Nicole Daniels et Courtney Sheinin), les scénaristes Mary Laws et Polly Stenham ainsi que le réalisateur ont beau s'y être mis à trois pour écrire le script, le résultat à l'écran ressemble davantage à un mélange peu savant d'idées n'ayant pas toujours de relations entre elles. The Neon Demon se veut sans doute allégorique, fantasmagorique mais se révèle surtout, bordélique et n'est que le reflet d'une vitrine exhibant un Nicolas Winding Refn esthète... À noter la présence amusante (mais parfaitement inutile) de Keanu Reeves en propriétaire de motel graveleux et de superbes créatures parmi lesquelles, les actrices Jena Malone, Bella Heathcote ou encore Abbey Lee Kershaw...

 

vendredi 28 janvier 2022

Bleeder de Nicolas Winding Refn (1996) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après avoir réalisé le premier volet de sa brillante trilogie Pusher et avant d'y retourner en 2004, le réalisateur et scénariste danois Nicolas Winding Refn tourne en 1999 un nouvel uppercut avec Bleeder dans lequel nous retrouvons une partie des interprètes de son précédent long-métrage. Comme si Franck, Tonny, Milo et Mike s'étaient retrouvés propulsés dans un univers parallèle, endossant de nouvelles identités en les personnes de Léo, Lenny, Kitjo et Louis. Un monde qui ne s'avère pas davantage enviable que le précédent puisque bien avant d'aborder des univers hauts en couleurs (Only God Forgive en 2013, The Neon Demon en 2016), Nicolas Winding Refn abordait son œuvres sous les oripeaux du drame social transpirant le bitume et la saleté. Loin de la drogue dont fut issue une partie du scénario de Pusher en 1996, Bleeder échappe quelque peu à cette thématique parfois chère au thriller pour plonger désormais ses nouveaux personnages dans un drame pur jus faisant le constat d'existences misérables où le manque d'argent est vécu comme un problème insoluble. Le réalisateur danois en profite pour y exprimer sa passion pour le cinéma à travers le personnage de Lenny qu'interprète le génial Mads Mikkelsen qui débuta sa carrière en même temps que Nicolas Winding Refn trois ans auparavant. Une fidélité qui entre les deux hommes durera jusqu'en 2009 avec le contemplatif Le guerrier silencieux, Valhalla Rising. Dans Bleeder, l'acteur lui aussi d'origine danoise campe le rôle d'un employé de vidéoclub dirigé par Kitjo (qu'interprète Zlatko Buric, qui sera l'acteur central du troisième volet de la trilogie Pusher en 2005). Un être sensible, amoureux d'une jeune serveuse (l'actrice Liv Corfixen dans le rôle de Lea) avec laquelle il tentera d'entretenir une relation amicale relativement touchante dans ce climat délétère imprimé par le degré de racisme latent dont sont victimes les immigrés (à l'image des épiciers pakistanais traités de bougnoules ou de ceux qui à l'entrée de la boite de nuit dirigée par Louis sont refoulés) ou par l'attitude de Leo qui après avoir appris de la bouche de sa petite amie Louise (l'actrice Rikke Louise Andersson) va , semble-t-il, perdre peu à peu la raison...


Bien moins connu que la trilogie Pusher ou que des films à venir de Nicolas Winding Refn (parmi lesquels on retrouve notamment Drive réalisé en 2011), Bleeder n'en est pas moins une œuvre qui au sein d'une filmographie remarquable mérite de trôner à la même place que les meilleurs d'entre elles. Intégré dans un univers réaliste, filmé caméra à l'épaule et sans chichis esthétiques, le second long-métrage de Nicolas Winding Refn ne peut laisser indifférent. Sa morosité ambiante et son issue que l'on devine fatale participent d'un malaise ambiant qui trouvera sans doute son expression la plus dérangeante lors d'une séquence d'injection de sang contaminé par le virus du SIDA proprement glauque ! Kim Bodnia et Rikke Louise Andersson campent un couple au bord de la rupture, pour des raisons qui semblent au départ incompréhensibles (Leo supporte mal l'idée de devenir père tandis que Louise lui annonce son intention de garder le bébé) mais dont il donnera plus tard, une explication. Le contraste entre ce couple qui se déchire lors de séquences dures et réalistes et celui que forment Lea et Lenny dans des scènes touchantes de naïveté est assez remarquable. Le tout noyé sous l'évocation d'un septième art qui imprime la quasi totalité du long-métrage. Donnant lieu ainsi à quelques rares séquences plutôt drôles, à l'image de celle où Lenny décompte le nom des réalisateurs dont les œuvres sont disponibles dans le vidéoclub. Si ses personnages sont en général relativement touchants (chaque action ou presque est exécutée avec une certaine forme d'hésitation), la violence la plus crue s'y exprime parfois. Chacun y interprète brillamment son personnage et si Kim Bodnia s'avère tour à tour émouvant et inquiétant, c'est peut-être Mads Mikkelsen qui cinq ans avant son extraordinaire interprétation dans le second volet de la trilogie Pusher façonnait déjà le personnage de Tonny...

 

jeudi 26 novembre 2020

Only God Forgives de Nicolas Winding Refn (2013) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Première approche du maître danois Nicolas Winding Refn, il y a sept ou huit ans avec son incroyable trilogie Pusher sur les conseils d'un ami que je cataloguerai de clairvoyant. Trois polars sombres, nerveux, avec un pic émotionnel en deuxième acte (exceptionnel Mads Mikkelsen). Puis quelques mois plus tard, découverte du tout aussi frappant Bleeder réalisé trois ans après le premier volet de sa trilogie, soit en 1999. Fin de siècle déprimante avec un Kim Bodnia formidable. Bronson faisant suite, petite déception très rapidement effacée lors d'une seconde projection. Valhalla Rising, seconde déception qui contrairement au film précédent sorti un an auparavant en 2008 persiste encore aujourd'hui. Puis Drive que je bouderai durant cinq ans, pensant à une relecture moins acnéique de la saga Fast and Furious dont je n'ai de toute manière jamais vu aucun des longs-métrages. Fausse route mais très belle surprise. Non, le cinéma du danois n'est pas mort. Pourtant, Only God Forgives viendra fausser mes impressions. À tel point que je me refuserai d'aller jusqu'au bout de l'expérience. Mais alors que Neon Demon se profile dans mon agenda alors qu'il est pourtant sorti depuis quatre ans, il fallait que je me replonge dans le récit de ce neuvième long-métrage.


Et à dire vrai, il aurait été dommage de ne pas justement replonger dans ce qui demeure en fait comme un long-métra ge majeur dans la carrière de son auteur. C'en est même tétanisant. Là où Valhalla Rising péchait sans doute par excès de silences quatre ans plus tôt, Only God Forgives gagne ses gallons d’œuvre envoûtante justement parce qu'il sait tempérer entre ces instants de grande violence qui l'émaillent et la grande fragilité, poésie ou beauté qui se dégage de certaines séquences. Une contemplation nimbée d'une esthétique de plaques chauffantes qui donne au spectateur l'impression d'avoir le visage à proximité d'un brasier alimenté en permanence. Ryan Gosling dans la peau de Julian Hopkins, spectateur d'une vengeance implacable que l'on aurait cru le voir brandir d'une main armée mais qui sera celle de Chang, l'ange de la vengeance. Cette effigie à peine masquée d'une police dépassant le cadre de sa profession en s'arrogeant le droit de tuer et ce, en toute impunité. Glaçant est l'acteur thaïlandais Vithaya Pansringarm qui dans ce rôle porte le sabre comme un membre supplémentaire et se déplace tel un félin, tout en finesse, dans des décors d'une richesse visuelle époustouflante...


Si le scénario de Nicolas Winding Refn est des plus sommaire, on ne lui reprochera cependant pas d'avoir fait le choix de Russel Barnes pour les décors, de Larry Smith pour la photographie ou de Beth Mickle pour la direction artistique. Un tout petit budget n'atteignant même pas les cinq millions de dollars pour un résultat réellement bluffant. Des œuvres de cette ampleur, évidemment, on en redemande. Même si certaines clés de ce récit demeurent encore dans le flou après le déroulement du générique de fin. Sans doute avec moins de force que le chef-d’œuvre de Gaspar Noé Enter the Void tout en demeurant dans une certaine mesure dans un contexte similaire, on ressort de l'expérience repu d'avoir vécu quelque chose de formidablement viscéral. Aidé par les incarnations des deux acteurs évoqués plus haut mais aussi celle de la toute aussi éblouissante Krstin Scott Thomas, Only God Forgives est davantage encore que le merveilleux exercice de style qu'il semble être au départ. Sans doute imprégné de l'univers de l'italien Dario Argento, des couleurs criardes jusqu'à certains martellements orchestrés de main de maître par le compositeur Cliff Martinez, on retrouve ici certaines thématiques du réalisateur transalpin. Comme les traumas de l'enfance. Parfois boudé, cet avant-dernier long-métrage de l'auteur de la trilogie Pusher demeura sans doute l'aboutissement de sa carrière de réalisateur. Mais Neon Demon me dira bientôt si j'ai tort ou bien raison...

 

vendredi 22 juillet 2016

Drive de Nicolas Winding Refn (2011)



Driver est un jeune homme solitaire qui cumule les emplois de mécanicien et de cascadeur. Il lui arrive parfois d'accepter des contrats pour le compte de malfrats. Shannon, son employeur aimerait se faire un paquet de fric en le faisant concourir dans des courses automobiles mais il a pour cela besoin de beaucoup d'argent. C'est ainsi que le vieil homme contacte Bernie Rose, un mafieux que Shannon connaît depuis des années. Un certain Nino est lui aussi de la partie et accepte de financer le projet. Shannon connaît très bien cette canaille pour avoir eu la jambe brisée par ses soins lors d'une vieille affaire qui a mal tourné.

Driver croise un jour la route d'Irene et de son fils Benicio, ses voisins. L'époux de la jeune femme est en prison mais sa sortie est prévue dans une semaine. Alors que Driver et Irene sympathisent et que le cascadeur apprécie de plus en plus le contact de la mère et de son enfant, peu de temps après la sortie de prison de Standard, son mari, Driver le trouve gisant dans son sang, victime d'une agression perpétrée par deux types qui l'ont protégé en prison. Driver apprend que l'ex-taulard ne se sortira de cette situation que s'il accepte de participer à un braquage. Les vies d'Irene et de Benicio étant menacées, Driver propose à Standard de l'aider à réaliser ce coup en échange d'une unique condition : qu'Irene et son fils ne soient plus menacés. Mais rien ne va se dérouler comme prévu.

La trilogie Pusher, Bronson, Bleeder et désormais Drive... Le cinéaste danois Nicolas Winding Refn nous a habitués à un cinéma « coup de poing ». Drive s'inscrit dans une logique implacable. Un cinéma divertissant, cruel et beau à la fois. Une esthétique électrisante, une émotion palpable, de celle qui manque malheureusement trop souvent à ce genre de productions. Une romance qui avance à pas feutrés pour ce personnage énigmatique, troublant, réservé, économe lorsqu'il s'agit d'exprimer son ressenti. Jusqu'à maintenant je ne connaissais de l'acteur-réalisateur que son remarquable premier film en tant que cinéaste (Lost River). Mais à le découvrir dans ce puissant long-métrage signé d'un cinéaste décidément plein de talent et de surprise, l'envie de défricher sa filmographie se fait de plus en plus pressante. Ryan Gosling, car c'est bien de lui dont on parle ici, est simplement prodigieux de retenue. Une vraie gueule d'ange. Posé, son personnage ne s'exprime presque uniquement que par bribes, une économie qui se cache sans doute par la volonté de voiler sa véritable personnalité.

Tourné deux ans après le très austère et intérieur Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising, Driver, malgré les apparences et le milieu dans lequel évolue son principal personnage, peut se voir comme le bilan d'une œuvre déjà importante. Nicolas Winding Refn y injecte une bonne dose de criminalité. Les malfrats de Driver ne sont-ils pas effectivement les « cousins » des Milo, Radovan, Frank et Tonny des différents volets de Pusher ? Mais désormais, Hollywood nimbe de ce second film tourné aux États-Unis d'une esthétique propre et glaçante quand auparavant, le réalisme participait grandement à l'intrigue. Toujours aussi spectaculaire et sanglant, le cinéma de Winding Refn continue de ménager quelques scènes graphiquement très impressionnantes. Entre le visage d'une jeune femme qui explose à l'impact d'une balle de fusil à pompe et celui d'un malfrat réduit en bouillie par Driver dans une cage d'ascenseur, le film se révèle parfois très gore.

Nicolas Winding Refn emprunte à son Guerrier silencieux... la « sécheresse » de certains dialogues, renforçant si besoin était l'aura et le mystère qui entoure le personnage de Driver. Froid et sombre comme le cinéma de Michael Mann ou celui de William Friedkin, Drive ménage pourtant quelques moments de pure émotion. Une partie du génie du cinéaste se trouve effectivement dans son approche esthétique. A l'image du premier et seul baiser échangé entre Driver et Irene (Carey Mulligan) d'une beauté renversante, entre jeux de lumière et placement des interprètes, le spectateur et touché ! En plein cœur...

Si l'on a toujours apprécié l'aspect « amateur » et underground » du cinéaste, son cinéma y a très certainement gagné en maturité en déplaçant ses intrigues sur le continent américain. Si ce bouleversement géographique n'a pas toujours réussi aux réalisateurs, à Winding Refn et à son cinéma, cela a fait un bien fou. Drive est sans nul doute l'un de ses deux ou trois meilleurs films. Une claque. Ryan Gosling y est impérial, aidé en cela par de solides interprètes. Bryan Cranston, Albert Brooks, le jeune Kaden Leos ou Ron Perlman pour ne citer qu'eux...

mercredi 25 mai 2016

Pusher 3 : L'Ange de la mort de Nicolas Winding Refn (2006)



Milo, l'un des plus grands trafiquants de drogue de Copenhague fête aujourd'hui les vingt-cinq ans de sa fille Milena. Et parce qu'il a décidé de lui consacré toute son énergie, il a décidé d'arrêter les conneries. Ou presque. S'il a bien l'intention de stopper sa consommation d'héroïne, il a toujours comme objectif de demeurer l'un des plus grands fournisseurs en la matière. Depuis quelques semaines, Milo fréquente une association des Narcotiques Anonymes afin de décrocher définitivement. Mais l'homme vieillissant a de quoi être stressé.

Non seulement il doit gérer les préparatifs pour la fête d'anniversaire de Milena, mais il doit également préparer un repas d'anniversaire pour les cinquante invités. De plus, après s'être arrangé avec le trafiquant de drogue albanais Luan qui lui avait par erreur refourgué une cargaison de dix-milles pilules d’ecstasy au lieu de l'héroïne prévue, il est arnaqué par un certain Little Muhammed auquel il a confié la drogue mais qui, contrairement à ce qui était prévu, ne donne plus signe de vie.
Désormais, Milo est redevable de Luan et de ses associés.Il a peu de temps pour rembourser la drogue disparue et doit également gérer le caractère bougon de sa fille Milena qui veut que sa petite fête d'anniversaire se déroule dans les meilleures conditions...

Neuf ans après le premier volet et seulement une année après le second, le cinéaste danois Nicolas Winding Refn met un terme définitif à sa désormais mythique saga des Pusher. Pusher 3 : L'Ange de la Mort clôt dont dix années d'un cinéma underground plongeant dans la fange des trafiquants de drogue de Copenhague. Un univers sordide, violent, noir comme la mort et blanc comme la poudre. Après Frank et Tonny qui chacun leur tour ont donné ses lettres de noblesse à un cinéma qui n'offre jamais de concession au cinéma dit « grand public », c'est logiquement au tour de Milo d'être le nouveau héros de cette formidable saga danoise. En tournant le dernier chapitre presque dix ans après le premier, Nicolas Winding Refn permet à son œuvre d'arborer une apparence ayant radicalement changé depuis l'ère de Frank.

Désormais, Milo n'est plus le maître en matière de trafique de drogue. Les petits jeunes ont pris la relève et ils viennent désormais d'Albanie et de Pologne. Le cinéaste danois aborde le difficile problème de la traite des blanches durant une scène de laquelle découlera une conclusion particulièrement violente. Zlatko Buric a vieilli, son personnage également.

Si l'on pouvait espérer une fin lumineuse de la part de Nicolas Winding Refn, c'était sans compter sur la descente aux enfers dont va être principalement la victime le héros de ce troisième volet. Pusher 3 : L'Ange de la Mort demeure donc fidèle aux œuvres qui l'on précédé. On retrouve avec plaisir l'acteur Slavko Labovic qui dans le premier volet était le principal homme de main de Milo, et devenu depuis patron d'une pizzeria, renforçant davantage encore l'anachronisme qui entoure le héros évoluant dans un cadre changeant tandis qu'il persévère de son côté à user des même pratiques que par le passé. Comme les épisodes 1 et 2 l'étaient déjà, Pusher 3 : L'Ange de la Mort est lui aussi un petit chef-d’œuvre du genre. Une vraie perle noire se terminant sur un générique sobre mais terriblement poignant...

mardi 24 mai 2016

Pusher 2: Du Sang sur les Mains de Nicolas Winding Refn (2004)



Du sang sur les Mains démarre à la sortie de prison de Tonny, l'ex ami de Franck qui depuis ses aventures dans le premier volet de la trilogie Pusher a mis les voiles et est parti se planquer au Danemark. Tonny est bien décidé à effacer toutes ses conneries et compte bien repartir à zéro. Il retrouve son père, Smeden dit « Le Duc » avec la ferme intention de lui prouver qu'il peut changer. Mais le Duc est un homme dur, froid et impénétrable qui accepte avec la plus grande des difficultés que son fils ose venir pointer le bout de son nez. Car il n'a plus confiance en Tonny. Ce dernier a prouvé à de trop nombreuses reprises que l'on ne pouvait pas s'y fier. Heureusement, Tonny peut encore compter sur de très rares amis, à l'image de « O » qui bientôt va se marier. Charlotte, l'ex petite amie de Tonny a un enfant. La jeune femme affirme que celui-ci en et le père et lui demande de l'aider à subvenir à leurs besoins. Au départ réticent, Tonny fini peu à peu par s'attacher à l'enfant. Et pour pouvoir les aider lui et sa mère, il demande à son père d'accepter de lui donner du travail.

Par ailleurs, acceptant de rendre service à un ami, Tonny se rend à un rendez-vous auquel se trouve présent Milo, le trafiquant de drogue responsable de la fuite de Franck au Danemark. Mais rien ne se passe comme prévu et Tonny se trouve embarqué dans une histoire qui touche malheureusement de près son père...

Que dire... Si Pusher était une véritable réussite, sa suite, Du sang sur les Mains, fait paraître le premier volet pour du « pipi de chat ». Ce second volet est une véritable claque. Démarrant plutôt mollement, l'impression mitigée des premières minutes est vite reléguée aux oubliettes et la performance de l'acteur principal interprétant le rôle de Tonny, l'extraordinaire Mads Mikkelsen, nous fait celle pourtant déjà lumineuse de Kim Bodnia dans le premier épisode.

Tatoué, le crâne rasé, l'air hébété et les neurones rangés au placard, le personnage de Tonny est étonnamment touchant. On se lie d'amitié pour ce personnage détruit par une existence de débauche, de violence et de larcin qui cherche l'amour et la fierté d'un père intransigeant.

Ce qui peut refroidir certains spectateurs, c'est ce pessimisme extrême dans lequel sont plongés les acteurs. Aucun d'entre eux ne viendra soutenir notre héro. Ils ont tous quelque chose à se reprocher. Dealers, toxicomanes, voleurs de voitures, on n'en n'apprend pas davantage sur la mère de Tonny, seul espoir de réconfort pour le jeune homme. Une chaleur qui n'aura pas lieu puisque l'on apprend qu'elle est morte depuis un certain temps. Le personnage de Tonny étant au centre de l'intrigue, sa personnalité et son caractère ont été étoffés depuis le premier volet de la trilogie.
Aujourd'hui, s'il n'est pas foncièrement aussi stupide qu'avant, il a également un charisme beaucoup plus prononcé.

Du sang sur les Mains est une œuvre difficile. Parfois très crue visuellement. Un thriller à l'ambiance particulièrement froide que l'acteur principal réussit à maintes reprises à rendre émouvant. Surtout dans les rapports qu'il entretient avec le père, ici interprété par l'excellent Leif Sylvester Petersen. On n'est pas près d'oublier l'ultime affrontement entre le père et le fils. Une scène presque insoutenable mais admirablement mise en scène par le décidément très épatant Nicola Winding Refn. Un chef-d’œuvre...

vendredi 13 mai 2016

Pusher 1 de Nicolas Winding Refn (1996)



Franck est un petit criminel sans envergure qui deale de l'héroïne à Copenhague en compagnie de son pote Tonny. Il fréquente l'entraîneuse Vic et avec son accord, il profite de l'occasion pour planquer de la drogue dans son appartement. Un jour, Tonny fait part à Franck de l'intention d'un certain « suédois » de lui acheter deux-cent grammes de poudre. Mais comme il ne possède pas une telle quantité d'héroïne, Franck fait appel à Milo, originaire de Serbie, et important trafiquant de drogue auquel il doit déjà l'importance somme de cinquante mille couronnes. Milo confie à Franck les deux-cent grammes de poudre et lui donne rendez-vous à quinze le jour même afin de récupérer l'argent de la transaction qui doit se monter à cent-vingt mille couronne. Mais lorsque l'échange a lieu entre franck et le « suédois », rien ne se déroule comme prévu. Les flics débarquent et une course-poursuite s'engage alors entre Franck et deux d'entre eux. Pour ne pas plonger, Franck jette l'héroïne dans un lac.

Après avoir passé vingt-quatre heures en garde à vue, Franck est libéré. Il téléphone à Milo et lui annonce qu'il n'a ni l'argent, ni la drogue. Celui-ci ne lui donne alors que très peu de temps pour le rembourser, la somme étant depuis passée de cent-vint mille à cent-quatre vingt mille couronnes, sans compter les cinquante-mille que Franck lui doit déjà. Mais avant cela, ce dernier part à la recherche de Tonny qui, selon la police, l'a balancé durant sa garde à vue...

Premier volet de l'excellente trilogie éponyme, Pusher 1 est une véritable révélation. Bien avant Bronson, Le Guerrier Silencieux ou encore Drive, le cinéaste d’origine danoise Nicolas Winding Refn signe une œuvre coup de poing, réaliste, violente et noire comme la nuit qui semble irrémédiablement recouvrir d'une chape de plomb l'existence de Franck, ici interprété par le génial Kim Bodnia qui débuta sa carrière dans le flippant Le Veilleur de Nuit de Ole Bornedal (l'original et non pas le médiocre remake) et que Nicolas Winding Refn réembauchera trois ans plus tard dans le toujours aussi réaliste et éprouvant Bleeder.

Chaque épisode de la trilogie met en scène l'un des plus importants personnages de ce premier volet. Ici, il s'agit bien évidemment de Franck. Personnage apparemment sans émotions et qui va se retrouver dans une merde sans issue probable. Toute l’œuvre se concentre sur la quête d'argent de Franck. Poursuivi par Milo et son homme de main Radovan (respectivement Zlatko Buric et Slavko Labovic), on le suit dans une démarche qui ne peut l'amener qu'à sa propre destruction. Nicolas Winding Refn ne cherche à aucun moment à faire de son œuvre un strict divertissement. Tout ici est d'un réalisme exacerbé. Copenhague nous est présentée sous son aspect le moins glorieux. Des toxicomanes qui attendent leur dope, des putes qui en plus de vendre leur corps acceptent de travailler pour Franck, une Vic apparemment « saine » mais qui, déjà elle-même, est entraîneuse dans une boite de nuit. Des trafiquants de drogue aussi, et surtout des amis prêts à « cracher le morceau » pour se sortir de situation délicates.

Pourtant, malgré la noirceur du tableau, il demeure quelque chose de fondamentalement lumineux dans l’œuvre du danois. Le cinéaste crée l'empathie du spectateur pour son héros bien qu'il n'exprime jamais véritablement ses émotions. Petit criminel sans envergure, Franck n'en demeure pas moins attachant. Alors que Pusher 1 apparaît comme une œuvre underground et fauchée, la grande maîtrise et les connaissances de son auteur en font un film extraordinairement « vrai ». Jamais une once de surenchère. Chaque acte devenant la conséquence de celui qui le précède. On y découvre surtout l'immense acteur Mads Mikkelsen dans son tout premier rôle. Étonnant d'ailleurs de voir à quel point son rôle a pu prendre de l'ampleur entre ce premier volet et le suivant dont il sera le principal interprète, élevant la saga à un rang encore supérieur. Pusher 1 est un thriller noir, pessimiste et jusqu’au-boutiste qui ne peut que ravir les amateurs du genre. Un classique instantané comme le seront les deux volets suivants...

lundi 18 avril 2016

500ème article: Le Guerrier Silencieux, Valhalla Rising de Nicolas Winding Refn (2009)



Le film se passe aux environs de l'an 1000. Une tribu Pagan dirigée par Barde retient prisonnier durant des années le membre d'un clan ennemi, One-Eye, dit le Borgne, ainsi nommé après avoir perdu un œil. Le Borgne combat pour le compte de Barde et ses hommes durant des duels sauvages qui rapportent de l'argent au vainqueur. Parvenant finalement à fuir sa condition de prisonnier, le Borgne élimine un a un ses geôliers en dehors de leur chef qui parvient à prendre la fuite. Suivi de près par un jeune enfant ayant fait partie lui aussi des esclaves de la tribu pagan, Sans but précis, le Borgne et Are tombent nez à nez avec un groupe de chrétiens vinkings parti en campagne contre ceux qu'ils estiment s'être emparés de leurs biens. En route vers Jérusalem, ils ont bien l'intention de reprendre les rennes de la cité. Connu dans la région pour être l'un des meilleurs guerriers, le Borgne est invité à se joindre au groupe.

A bord d'un bateau, les voilà qui font route vers Jérusalem. Mais un brouillard épais et persistant les éloigne de leur but. Emportés vers une destination qui leur est inconnue, ils finissent par arriver sur les terres d'une tribu invisible et sauvage vivant encore à l'ère de l'âge de pierre...

Pour ce cinq-centième article, n'ayant pas d'idée précise sur le contenu que je devais y mettre, c'est Fred et Mike qui m'ont aiguillé vers ce septième long-métrage de Nicolas Winding Refn que j'avais encore scrupuleusement (et presque honteusement) évité de regarder. Pourquoi ? Pour aucune raison particulière en réalité. Le septième art étant si vaste et les choix si nombreux, j'avais laissé Fred et Mike (en fait, ils n'ont jamais eu besoin de mon autorisation pour le faire) se faire une idée de la chose et s'occuper d'en écrire une critique que vous pouvez d'ailleurs découvrir ici => Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising. L'avantage étant qu'avec ce film et nos articles conjoints, vous pourrez vous faire une idée assez large de ce qui constitue cette œuvre à mille lieues de sa trilogie urbaine Pusher. Tout oppose en effet cette dernière et Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising, mise à part la présence commune aux deux films du génial acteur Mads Mikkelsen.

Dire que je ne m'attendais pas à ça serait exagéré. Je n'ai pu, lors du visionnage, m'empêcher de faire comme Mike et comparer Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising au Cœur de verre du cinéaste allemand Werner Herzog que, pour ma part, je considère comme un chef-d’œuvre. En effet, ce brouillard persistant, cette lenteur incommodante, cet immobilisme scénaristique hallucinogène ne peuvent laisser indifférent. Mais alors que les acteurs d'Herzog jouaient sous hypnose, les scénaristes Nicolas Winding Refn et Roy Jacobsen semblent s'être quant à eux endormis sur leur projet. Je veux bien que le danois ait eu envie de changer d'air, d'explorer de nouveaux horizons, quitte à pondre une œuvre autrement plus auteurisante que ses méfaits passés. Mais encore, aurait-il fallut qu'il y ait du fond. Quand à la barbarie qui explose à divers moments du récit, si elle se révèle, il faut l'avouer, particulièrement efficace, d'autres s'étaient déjà essayé à la tâche avec au moins autant de bonheur, si ce n'est davantage (Conan le Barbare de John Milius en 1982). 
 

Si le fond manque cruellement dans Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising (je n'aurai tout de même pas la prétention d'en avoir saisi tout le sens), la forme quant à elle y est. Le spectacle visuel est fantastique. On pourrait même comparer l’œuvre à un autre long-métrage d'Herzog, Aguirre, la Colère de Dieu et ses personnages à la recherche d'un eldorado utopique. A dire vrai, et en y réfléchissant quelques instants, Aguirre semble être même la principale et unique référence de Winding Refn. Presque point par point, les deux œuvres se rejoignent.
A sa décharge, Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising demeure malgré tout une œuvre énigmatique et atypique , qui peut-être se livre davantage après plusieurs visions. Nicolas Winding Refn n'a cependant jamais été aussi bon que lorsqu'il donne dans le béton ! Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising aurait pu être un coup de génie. Il n'est finalement qu'un coup de poing dans le flanc...
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