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jeudi 27 juillet 2017

Camera Obscura de Aaron B. Koontz (2017) - ★★★★★★★☆☆☆


Camera Obscura est le tout premier long-métrage du cinéaste américain Aaron B. Koontz qui jusqu'à maintenant n'avait réalisé que quelques courts-métrages. Pour son premier format long, le producteur de Starry Eyes nous offre une descente aux enfers particulièrement efficace. Le genre de film coup de poing qui laisse des traces. Et même si le film n'atteindra certainement jamais le statut de chef-d’œuvre, il demeure néanmoins un film brillant, aux multiples possibilités, invoquant le traumatisme d'un ancien reporter-photographe de guerre autant que le surnaturel. Encore faut-il être conscient de la fragile barrière qui sépare ces deux événements. Tout laisse d'abord supposer que l'histoire tournant autour du personnage de Jack Zeller (l'excellent Christopher Denham) n'est peut-être due qu'au cadeau offert par Claire, son épouse, pour son anniversaire. Un très vieil appareil-photos déniché dans une vente aux enchères. Alors que Jack n'a pratiquement pas mis un pied dehors depuis qu'il est victime de troubles post-traumatiques découlant de son expérience sur le champ de bataille, Claire lui offre l'opportunité de retrouver du boulot. Jack reprend la photographie mais alors qu'il confie une dizaine de pellicules au propriétaire d'une boutique de développement après avoir photographié différentes bâtisses, les photos qu'il récupère plusieurs jours après ne correspondent pas toutes avec celles qu'il a prises. En effet, certains clichés montrent des cadavres. Des corps immortalisés que Jack n'a jamais lui-même pris en photo. Les journaux télévisés diffusent tout d'abord une information concernant la mort d'un homme sur un chantier que Jack a visité et photographié. Il s'aperçoit que les photos sur lesquelles sont représentés des cadavres d'hommes et de femmes prévoient à l'avance le décès de ceux qui y sont photographiés. Mais le pire reste à venir : Claire elle-même semble être l'une des prochaines victimes. La photo la représentant étant datée du jour où Jack et elle ont prévu de fêter leur anniversaire de mariage, le photographe lui propose d'aller dans un autre restaurant que celui dans lequel il avait prévu d'aller et où la mort de Claire semble devoir se dérouler. Mais il est déjà trop tard. Claire attend Jack au restaurant et c'est dépité qu'il court la retrouver. Après le dîner, le couple quitte les lieux et tombent dans un guet-apens. Un homme armé exige de Claire et Jack qu'ils lui remettent portefeuille et sac à main. Le couple s'exécute mais avant de partir, l'homme tire et c'est un inconnu qui à la place de Claire meurt. Sur le cliché, l'image de Claire disparaît et laisse la place au mort. Malheureusement pour elle et Jack (qui ne l'a pas mise au courant des étranges phénomènes qui se déroulent depuis qu'il a acquis l'appareil-photos), sur la photo suivante, la prochaine victime n'est plus un inconnu mais de nouveau l'épouse de Jack. Celui-ci va tout mettre en œuvre pour que son épouse échappe une fois encore à la mort...

Je parlais plus haut de l'expérience post-traumatique de Jack et l'élément surnaturel qui vient mettre un coup de frein au bonheur des Ziller. Mais la principale question que l'on peut se poser est, où demeure la frontière entre le réel, et le cauchemar ? Aaron B. Koontz développe plusieurs idées sans qu'à aucun moment on ne puisse se faire une idée tout à fait claire concernant la réalité ou non des événements. En laissant planer le doute sur les conséquences du traumatisme de son principal personnage, le cinéaste laisse une large place à l'éventualité selon laquelle Jack s'enfonce de plus en plus dans des troubles psychiatriques graves. Sans jamais réellement savoir si oui ou non les photos existent vraiment (on ne notera aucune espèce de réaction du développeur des photos vis à vis de leur propriétaire et quant au seul témoin des clichés, la caméra place son objectif devant les acteurs sans qu'aucune ligne de dialogue ne nous laisse réellement entrevoir ce que suggèrent les photographies).
Plus Camera Obscura déroule sa diabolique intrigue, et plus son héros se trouve dans une situation inextricable, se laissant ainsi transporter dans une succession de meurtres toujours plus sanglants (le climax demeurant sans doute lors du meurtre du quincaillier dont la durée dépasse largement ce que l'on a l'habitude de voir au cinéma). Une tension qui ne cesse de monter jusqu'à ce que le héros atteigne les limites de la folie. Fou ? Sain d'esprit ? À vous de le deviner. Le film est accompagné d'une bande originale intégralement composée par le musicien Steve Moore qui outre quelques albums personnels et la participation à plusieurs groupes à écrit les partitions de plusieurs petits films d'horreur. Sa musique, ici, participe grandement à la tension qui règne. Au final, Camera Obscura est une excellente surprise...

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