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vendredi 3 novembre 2023

I hate your guts de Roger Corman (1962) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

I hate your guts (également connu sous le titre The Intruder) est une œuvre étonnante, magistrale et donc indispensable à plus d'un titre. D'abord parce qu'elle s'inscrit dans un style et un courant qui l'éloignent drastiquement de ceux auxquels nous avait habitué jusqu'ici le réalisateur et producteur Roger Corman et ensuite parce que celui-ci signait en cette année 1962, un véritable brûlot politique dont les engagements sont très clairement du côté des opprimés. Une prise de risque alors insensée si l'on tient compte du fait qu'en ce début des années soixante, il faudra attendre encore quelques années pour que l'abolition de la ségrégation raciale soit définitivement acquise sur le territoire américain. Une mise en place forcément de longue haleine et contre laquelle s'élèvent sans doute encore aujourd'hui certaines voix. Pour mieux comprendre le phénomène à l'échelle de l'homme, Roger Corman fait le déplacement en compagnie de l'équipe technique et des interprètes dans le Missouri pour y tourner son film en décors naturels dans une petite localité fictive des États-Unis. Là-bas se concentre une population très majoritairement (pour ne pas dire exclusivement) constituée d'hommes et de femmes blancs refusant les lois sur l'intégration qui viennent d'être votées. En partie interprété par des figurants du cru, certains réagissent assez mal à la lecture du scénario. L'on ne s'étonnera pas que I hate yours guts soit alors empreint d'un tel réalisme. Passons sur la pléthorique carrière de Roger Corman pour strictement nous pencher sur ce joyau qui malheureusement ne connut pas le succès qu'il mérita lors de sa sortie. Non pas que ses qualités fussent remises en question mais le film souffrit d'une distribution calamiteuse et en raison de son propos particulièrement délicat, il connut les affres de la censure ! Alors qu'il n'est pas encore devenu le célèbre Capitaine James T. Kirk de la nom moins populaire série de science-fiction Star Trek, William Shatner arrive dans la petite localité de Caxton dans le rôle d'Adam Cramer. Vêtu d'un costume blanc et portant une paire de lunettes et une cravate noires, l'homme se sait suffisamment séduisant pour d'emblée apprivoiser quiconque se trouvera sur son chemin.



Le Diable existe. Il est séduisant, machiavélique et porte les traits d'Adam Cramer...



C'est ainsi que cet étranger plutôt affable et au discours rassurant se fond tout d'abord au sein de la population en approchant au plus près les personnalités les plus en vue de Caxton. Du maire Verne Shipman interprété par l'acteur Robert Emhardt en passant par le propriétaire du journal local Tom McDaniel (Franl Maxwell) et jusqu'à la jolie serveuse Ella qui n'est autre que la fille de ce dernier et qu'interprète l'actrice Beverly Lunsford. Dans un premier temps, Roger Corman se concentre sur la population dite blanche. Le caractère raciste s'y exprime volontiers en des termes que l'on n'oserait plus imputer aux gens de couleur de nos jours. L'homme noir y est effectivement traité de négro. Installé à l'hôtel, Cramer fait la connaissance du vendeur Sam Griffin (Leo Gordon) et de son épouse Vi (Jeanne Cooper) et le soir-même, alors que la nouvelle loi vient d'autoriser les jeunes noirs à venir étudier dans l'école locale jusqu'ici réservée aux blancs, Adam Cramer montre enfin son vrai visage. ET dans le domaine, Roger Corman et le scénariste Charles Beaumont nous ont concocté l'un des pires représentants de l'espèce humaine. Tout d'abord décrit comme un individu à l'opinion bien tranchée et partagée par la population locale dans son ensemble, l'homme se révèle négrophobe et antisémite tandis qu'il apparaîtra plus tard lâche et veule. À ce titre, William Shatner épouse littéralement les traits de son personnage et celui qui bientôt deviendra le pacifiste commandant de l'Enterprise se montre pour l'instant très inquiétant. Véritable gourou révélant la nature profondément raciste des habitants de Caxton, ceux-ci vont marcher derrière lui et se trouver un nouveau ''courage'' afin d'oppresser ceux qu'ils continuent de considérer comme des étrangers. Authentiquement angoissant, I hate yours guts décrit une humanité sauvage et barbare, qui n'hésite pas à se regrouper en masse lors de réunions de type Ku Klux Klan afin de brûler des croix ou pour lyncher l'homme noir, et même le blanc, lorsque celui-ci ose entrer en contradiction avec les opinions de ses voisins. Véritable uppercut, la résonance du long-métrage demeure encore aujourd'hui fulgurante. Les scènes consacrées aux familles noires sont par contre relativement rares. Ce qui n'empêche pas l'émotion d'être narrée à travers les quelques occasions qu'auront les spectateurs de découvrir à l'image ces opprimés qui ne demandent rien de plus que d'être intégrés à la population. C'est du Roger Corman mais bon dieu, on n'a pratiquement pas fait mieux depuis sur le sujet. Une œuvre à voir, à méditer et à partager...

 

lundi 4 mai 2020

The Horror at 37,000 Feet de David Lowell Rich (1973) - ★★★★★★★☆☆☆




Un vol de la compagnie American Overseas Airlines au départ de Londres et à destination de Los Angeles transporte une dizaine de passagers ainsi que six membres d'équipage. Dans la soute, des bagages, un chien, mais surtout les restes d'une chapelle. Parmi les voyageurs, Alan et Sheila O'Neill, les ''heureux'' propriétaire des vestiges, Mademoiselle Pinder, la propriétaire du chien, l'ancien prêtre Paul Kovalik accompagné de Manya ou encore le docteur Enkalla. Quelques instants après que l'avion ait décollé, des perturbations climatiques semblent être la cause d'un étrange phénomène : en effet, l'avion stationne dans les airs au même endroit depuis qu'une curieuse explosion s'est produite dans la soute à bagages. Alors que mademoiselle Pinder prédit aux propriétaires de la chapelle l'éruption prochaine d'un événement dramatique, les esprits s'échauffent. Peu à peu, les événements s'enchaînent, à commencer par un froid glacial surgissant de la soute et par la mort de l'un des membre d'équipage. Alors que Mademoiselle Pinder affirme qu'il s'agirait de l'esprit vengeur d'un ancêtre de Sheila O'Neill brûlé sur le bûcher il y a des siècles en arrière, certains commencent à croire en ses propos et décident d'agir avant que les événements ne tournent à la catastrophe...


Catastrophe... voilà un mot qui colle bien à ce téléfilm intitulé The Horror at 37,000 Feet et diffusé pour la toute première fois aux États-Unis sur CBS le 13 février 1973. Réalisé par David Lowell Rich (qui réalisera notamment les films catastrophes Terreur sur le Queen Mary et Airport 80 Concorde). Tous les éléments d'un bon petit film d'épouvante y sont ajoutés afin de livrer un hybride plutôt intéressant. À commencer par le casting constitué d'interprètes célèbres. Dans le rôle du Capitaine Ernie Slade, l'acteur Chuck Connors. Dans celui d'Alan O'Neill, Roy Thinnes, le David Vincent de la série culte Les Envahisseurs. Et puis, l'on retrouve également dans la peau de l'ancien prêtre Paul Kovalik, le Capitaine Kirk de la célèbre et tout aussi culte série de science-fiction, Star Trek. Côté femmes, on retrouve l'actrice Lynn Loring dont la carrière au cinéma fut courte mais celle à la télévision, beaucoup plus importante. Jane Merrow tourna pour le grand et le petit écran, l'actrice apparaissant notamment dans Le Fantôme de l'Opéra de Terence Fisher en 1962 ou La Fille de jack l’Éventreur de Peter Sasdy en 1971. Notons également la présence de Darlene Carr qui fit une Doris particulièrement convaincante dans le nauséeux Les Proies de Don Siegel aux côtés de Clint Eastwood ou de la jeune Mia Bendixsen qui à l'époque du téléfilm était âgée de neuf ans seulement...

L'un des atouts de The Horror at 37,000 Feet, c'est son cadre. En choisissant d'invoquer le surnaturel à bord d'un avion de ligne, David Lowell Rich crée un climat anxiogène accru par l'impossibilité de fuir et par l’exiguïté des lieux. Ensuite, plutôt que de faire appel à des effets-spéciaux trop grandiloquents, c'est à l'aide de quelques effets, simples, mais réussis, qu'il parvient à rendre crédible la présence d'une entité véritablement hostile. Grâce à l'impeccable interprétation de chacun, le téléfilm diffuse une angoisse sourde et une tension pesante. Un climat déjà très chargé qu'accentue le comportement de certains personnages. En effet, face aux événements, certains perdent le contrôle et se comportent comme au temps de l'inquisition. Référence volontaire ou non, le titre de ce téléfilm qui finira apparemment par être exploité sur grand écran rappelle un excellent épisode de la série The Twilight Zone diffusé dix ans auparavant sur le petit écran. Intitulé Nightmare at 20,000 Feet, il voyait déjà William Shatner vivre à bord d'un avion de ligne un véritable cauchemar. The Horror at 37,000 Feet est une très bonne surprise. Et même si le budget semble avoir été relativement faible, David Lowell Rich parvient à mettre en scène une œuvre horrifique convaincante...

samedi 25 août 2018

Star Trek VI - Terre Inconnue de Nicholas Meyer (1991) - ★★★★★★★☆☆☆





Il était temps qu'un cinéaste, un vrai, reprenne les commandes de la saga cinématographique Star Trek. Car à vouloir suivre les traces de Leonard Nimoy qui avait avant lui réalisé les opus 3 et 4 (Star trek III – A la Recherche de Spock et Star Trek IV – Retour sur Terre), William Shatner n'a fait que laisser libre cours à son narcissisme en réalisant le pire des treize longs-métrages qui ont vu le jour sur grand écran jusqu'à maintenant. Après lui, il fallait un grand cinéaste pour renouer les trekkies avec l'univers de Star Trek. Abandonnant les années quatre-vingt derrière elle, c'est en 1991 que la franchise réapparaît au cinéma avec le sixième long-métrage intitulé Star Trek VI – Terre Inconnue. Délaissant enfin la mise en scène et l'écriture pour ce qu'il sait faire de mieux, William Shatner passe le témoin à Nicholas Meyer. Et pour les fans, le bonhomme n'est pas n'importe qui puisqu'en 1982, il réalisait déjà lui-même ce que de nombreux trekkies considèrent comme le meilleur film de l'hexalogie basée sur la série originale Star Trek (1967-1969) : Star Trek III – La Colère de Khan. Pour son retour au cinéma, la franchise s'attaque à un énorme pavé puisqu'il s'agit de graver définitivement dans le marbre, la fin d'une guerre qui oppose depuis soixante-dix ans La Fédération des planètes unies et l'empire klingon.

L'occasion est donnée à ce peuple de guerriers barbares de faire la paix avec la république fédérale interplanétaire à la suite de la destruction partielle (mais très importante) de la lune minière Praxis qui demeure un haut lieu stratégique pour les klingons. Alors que le chancelier du Haut Conseil Klingon accepte d'être escorté jusqu'au centre de conférence par l'équipage de l'USS Enterprise afin d'y signer un accord de paix entre son peuple et La Fédération des planètes unies, c'est à bord de son propre vaisseau qu'il est attaqué par une salve de torpilles en provenance de l'Enterprise et que lui et plusieurs de ses hommes sont ensuite tués par deux individus qui se sont téléportés à bord. Le Dr McCoy a beau tenter de le sauver, le chancelier meurt de ses blessures. Faits prisonniers, McCoy et le Capitaine Kirk vont alors devoir répondre des accusations de meurtre et de trahison dont ils font l'objet.

Avec Star Trek VI – Terre Inconnue, c'est le retour de la saga Star Trek à un niveau d'excellence qui malheureusement faisait défaut dans le précédent volet. Le film se décompose en plusieurs étapes. Débutant sur un fait d'ampleur cataclysmique (la destruction d'une grande partie de la Lune Praxis comme évoqué plus haut), la séquence propose de très jolies images de synthèses créées par la société d'effets-spéciaux américaine Industrial Light & Magic qui a déjà officié sur plusieurs des longs-métrage de la franchise, sur la série Star Trek – la Nouvelle Génération, et plus tard sur le huitième long-métrage réalisé par l'acteur et réalisateur Jonathan Frakes, Star Trek VIII – Premier Contact. Ensuite, Nicholas Meyer nous convie à un mémorable repas entre les officiers de l'Enterprise, le chancelier Gorkon, et plusieurs de ses hommes. Ce qui donne lieu à quelques scènes fort délectables. Un gros travail a été effectué sur le maquillage des klingons qui pour la plupart, n'ont jamais paru aussi effrayants et charismatiques. Dans la peau du chancelier Gorkon, le spectateur pourra très nettement reconnaître l'acteur britannique David Warner (lequel a notamment joué dans Les Chiens de Paille de Sam Peckinpah, C'Etait Demain, déjà réalisé par Nicholas Meyer, ou encore L'Antre de la Folie de John Carpenter). Nous retrouvons bien évidemment aux commandes de l'USS Enterprise la totalité des principaux acteurs et actrices de la série originale et des précédents volets cinématographiques, ainsi qu'une nouvelle venue en la personne de Kim Cattrall qui interprète là, le rôle du Lieutenant Valeris et pour lequel l'actrice remportera le Saturn Award de la meilleure actrice dans un second rôle dans un film d'aventure pour son interprétation. A noter que son personnage est la première vulcaine à être devenue major de sa promotion à l'Académie de Starfleet.

Aucune chance de s'ennuyer devant ce sixième volet de la saga cinématographique Star trek. Le scénario écrit à quatre main par le cinéaste et par Denny Martin Flinn et reposant sur une histoire originale de Leonard Nimoy, offre une quantité de situations qui empêche la lassitude de s'installer. Car outre l'apparente trahison de Starfleet envers l'empire Klingon, Nicholas Meyer nous offre l'occasion d'assister au procès de Kirk et McCoy, à l'enquête menée par Spock, Scotty, et les autres membres de l'Enterprise sur les origines réelles de l'attentat, ou encore à l'emprisonnement des condamnés sur l'astéroïde gelé Rura Penthe (offrant ainsi l'occasion de faire connaissance avec une multitude d'espèces aliens). L'une des spécificités majeures de ce sixième opus demeure dans le fait que ce sera la dernière fois que l'on pourra y voir l'équipage original au grand complet. En effet, celui du capitaine Jean-Luc Picard de la série Star Trek – la Nouvelle ; Génération allant petit à petit prendre la relève, le septième long-métrage Star Trek VII - Générations offrira aux trekkies l'opportunité d'y voir s'y croiser les membres des deux équipages. Parmi lesquels manquera cruellement la présence de Leonard Nimoy dans le rôle de Spock. Concernant les effets-spéciaux, s'ils demeurent relativement classiques, ILM y propose un très bel effet de Morphing, une technique à l'époque toute récente et remplaçant le classique fondu enchaîné par superposition de visages. La musique est désormais confiée au compositeur américain Cliff Eiderlman. Un changement qui n'affecte en rien la qualité du long-métrage et demeure au final en toute homogénéité avec les œuvres passées. Nicholas Meyer nous offre là un excellent spectacle, parfois très amusant (le repas avec le chancelier Gorkon, Uhura s'adressant aux Klingons dans leur langue, etc...) , replaçant ainsi la franchise sur de bons rails. De quoi permettre à la saga de repartir d'un bon pied pour les décennies à venir. Nous noterons la présence de la mannequin Iman dans la peau de l'alien Martia, ainsi que celle de l'acteur Christian Slater dans le rôle d'un officier de communication de l’Excelsior. L'un des meilleurs opus...

Star Trek V - The Final Frontier de William Shatner (1989) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Pour ce cinquième long-métrage de la franchise Star Trek, Leonard Nimoy abandonne le rôle de réalisateur qu'il tint dans les deux précédents volets à William Shatner, l'interprète du Capitaine James T. Kirk, lequel bénéficie en réalité d'une clause de la nation la plus favorisée. Ce qui en terme simple signifie que l'acteur bénéficiera des mêmes avantages que ceux obtenus par Leonard Nimoy. Mais alors que ce dernier fut l'auteur de deux chapitres de la saga cinématographique, William Shatner n'aura eu le privilège que d'en réaliser un seul : Star Trek 5 : L'Ultime Frontière. Et au vu du résultat obtenu par l'acteur, on peut comprendre pourquoi il n'a pas persévéré (du moins dans l'univers Star Trek et au cinéma puisqu'il se contentera par la suite de réaliser plusieurs épisodes de diverses séries télévisées). Les cinquièmes aventures de l'équipage de l'Enterprise demeure sans doute comme le pire d'entre tous. Partant sur un postulat au demeurant fort intéressant (la rencontre du capitaine Kirk et de l'équipage du vaisseau avec Dieu), le résultat est catastrophique.

Alors que Leonard Nimoy avait fait du précédent (Star Trek 4 : Retour sur Terre) un chapitre à part, un entracte humoristique plutôt réussi, en se comportant comme un gamin qui veut jouer lui aussi avec ses propres jouets, William Shatner plantait en cette année 1989, un couteau dans le dos d'une saga fort heureusement assez solide pour s'en remettre. Suivant la création de la seconde série télévisée basée sur l'univers extensible de Star trek (Star Trek : La Nouvelle Génération 1987-1994), le cinquième chapitre s'ouvrait pourtant sur des augures rassurantes. L'apparition pour la première fois à l'écran du demi-frère de Spock, Sybok. Un demi-frère assimilé à Sarek, mais également à une mère Vulcaine. Une princesse qui pourtant semble n'avoir jamais existé, du moins dans la fratrie puisque dans l'épisode Sarek de la série Star Trek : La Nouvelle Génération, était évoquée une première épouse de Sarek, humaine, et non vulcaine.

Un détail qui reflète bien le manque de rigueur et de sérieux de la part d'un William Shatner acteur, réalisateur, et scénariste d'un Star Trek 5 : L'Ultime Frontière particulièrement ennuyeux. Laissant divaguer ses personnages alors en permission lors de séquences proprement inintéressantes, la suite ne sera malheureusement pas plus engageante. La philosophie habituelle s'y offre la part congrue, et lorsqu'est évoquée la puissante thématique de l'existence de Dieu, le résultat est navrant. De retour sur le tournage après sa participation à la composition de la bande-originale du premier long-métrage, Jerry Goldsmith est encore celui qui s'en sort le mieux. Sa partition est exceptionnelle, surtout si on la compare à l’œuvre à laquelle elle a été rattachée. William Shatner semble avoir beaucoup de mal à concrétiser son projet. Un sujet casse-gueule qui sans un minimum de talent ou de connaissances ne pouvait qu'échouer.

Star Trek 5 : L'Ultime Frontière met fin aux années quatre-vingt de la plus triste des façons. En voulant faire joujou avec la franchise, William Shatner n'a pas pris conscience des enjeux d'une telle entreprise. Méprisé par les fans, et on comprend pourquoi, le scénario de ce cinquième chapitre fut sans doute trop lourd à porter. Trop ambitieux. Et malgré les 33 millions de dollars financés et devant permettre la réalisation du projet, le résultat est tout juste comparable à un gros nanar friqué. Même s'il s'y essaie, l'acteur-réalisateur-scénariste ne parvient pas à retrouver l'humour du précédent volet. Quelques gags mal placés tentent de raviver l'intérêt mais le problème de rythme est tellement ancré dans le scénario que rien ne parvient à éveiller l'attention du public. Star Trek 5 : L'Ultime Frontière ne ressemble finalement à rien d'autre qu'à ce vieux modèle d'Enterprise dont prend le contrôle le capitaine Kirk dans ce cinquième long-métrage. Un vaisseau qui fuit de partout et dont certains mécanismes défaillent... Navrant !

jeudi 23 août 2018

Star Trek IV - The Voyage Home de Leonard Nimoy (1986) - ★★★★★★★☆☆☆



L'univers Star Trek et le voyage dans le temps, ça n'est pas une histoire d'amour qui date d'aujourd'hui, mais, sans mauvais jeu de mots, plutôt d'hier. Et même d'avant hier puisque on retrouve les prémices de ce principe, dont la réalité reste encore à démontrer, dans le vingt-huitième épisode de la première saison de la série originale éponyme diffusé sur la chaîne américaine NBC pour la première fois le 6 avril 1967. Le voyage dans le temps sera abordé à différentes occasions. Comme beaucoup plus tard dans le huitième long-métrage de la franchise, Star Trek – Premier Contact avec l'équipage du Capitaine Picard de la série Star Trek – la Nouvelle Génération. Entre temps, l'équipage de James T. Kirk aura eu lui aussi le temps de faire un bond dans le passé sur grand écran grâce au quatrième film sorti dans les salles le 3 février 1988 en France (plus d'un an et demi après sa sortie aux États-Unis!!!). Star Trek IV – Retour sur Terre demeure sans doute à ce jours comme le plus ludique des longs-métrages. Une expérience temporelle ne nécessitant pas la moindre connaissance dans le domaine du voyage dans le temps et si peu dans celui relatif à l'univers Star Trek.

D'ailleurs, l'acteur et ici, réalisateur Leonard Nimoy, le célèbre vulcain Spock, extraie le récit de ce quatrième long-métrage de la continuité en choisissant intelligemment de plonger l'équipage de l'Enterprise dans le passé alors même que le film s'ouvrait sur le procès conduisant à accuser l'amiral Kirk (William Shatner) du vol d'un oiseau de proie klingon, ET de la tentative d'anéantissement de ce même peuple. Leonard Nimoy élude le sujet avec l'arrivée aux abord de la Terre d'un étrange vaisseau dont la présence menace toute vie sur Terre. Alors que Kirk et son équipage acceptent de revenir sur Terre à bord du vaisseau de proie afin d'être traduits par la cour martiale, c'est lors de l'analyse d'un son produit par l'étrange sonde qu'ils comprennent que celle-ci tente de communiquer avec les baleines à bosse. Problème : en ce vingt-troisième siècle, elles n'existent plus, exterminées par l'homme dans le passé. C'est ainsi donc que l'amiral Kirk décide de retourner dans le vingtième siècle, dans le San Francisco du milieu des années quatre-vingt pour y prélever des baleines à bosse afin de permettre à la sonde, une fois retournés dans le présent, de communiquer avec elles et d'empêcher la destruction de la Terre. Le voyage ne sera pas de tout repos pour l'équipage de l'Enterprise...

Plus qu'un simple film de science-fiction, Leonard Nimoy a fait des quatrièmes aventures de Kirk, Spock, McCoy, Scott, Chekov, Uhura, Sulu et les autres, une véritable comédie. De retour dans NOS années quatre-vingt, celles du vingtième siècle, ces hommes et ces femmes du futur seront non seulement mis face à des contraintes technologiques vieillissante, mais également à des coutumes vestimentaires, et à un mode de langage d'un autre âge. Si Star Trek IV – Retour sur Terre repose en partie sur l'une des grandes tragédies environnementales et écologiques de notre ère (l'extinction de certaines espèces animales et notamment, celle des baleines à bosse), et donc, sur un sujet des plus grave, il est inutile de compter à chaque instant sur le sérieux du sujet. Il suffit d'entendre Spock répéter 'merde' à tout bout de champ ou Scotty s'adresser directement à un ordinateur des années quatre-vingt pour rire aux éclats. En ce sens, le film est une réussite. Comme est relativement réussi le message que le film délivre à travers ce récit spatio-temporel brillant par l'éclat de son habituel habillage philosophique qu'il évoque, ici, une fois encore. Comment en effet ne pas tomber sous le charme d'un Spock, plongeant dans un bassin pour y coller son visage sur le flanc d'une baleine ? Ou devant cette jeune femme du vingtième siècle préoccupée par le sort accordé aux deux cétacés dont elle a la charge ?
On respire ici, davantage, l'Enterprise ayant explosé dans l'épisode précédent et l'oiseau de proie demeurant un vaisseau trop petit pour l'éclatant équipage entourant l'amiral Kirk, il fallait trouver un subterfuge efficace : et celui-ci porte le nom de San Francisco. Un décor qui tranche forcément avec les habituels scènes de space opera offertes habituellement par la franchise ou les intérieurs du célèbre vaisseau, mais qui donne un souffle nouveau, quoique temporaire, à la saga. Les effets-spéciaux y sont donc moins nombreux, et bien que relativement discrets et réalisés par ILM, ils demeurent honnêtes pour l'époque (le film date de 1986). Si Star Trek IV – Retour sur Terre n'est pas un grand film de science-fiction, il s'agit cependant d'un excellent divertissement qui au regard d'une saga cinéma qui n'a jamais vraiment su demeurer sur une même ligne qualitative (au contraire des différentes séries télévisées qui ont toujours su conserver un certain niveau d'excellence), n'est ni le meilleur, ni le pire qu'aient engendré les différents auteurs de la franchise...

jeudi 31 août 2017

The People de John Korty (1972)



Avant toute chose, je voudrais remercier les propriétaires du merveilleux blog UFSF qui depuis des années offrent l'opportunité de découvrir de nombreuses perles rares qui sans eux, demeureraient certainement très longtemps encore dans l'ombre. The People de John Korty, petit téléfilm américain datant de 1972 et apparemment diffusé dans notre pays il y a très longtemps, n'est peut-être pas un chef-d’œuvre, mais il a au moins le mérite d'exister et d'apporter une pierre supplémentaire à l'immense édifice que représente le thème des extraterrestres. Dans sa grande mansuétude, et sans doute pour que la jeune génération, à l'époque, ne s'effraie pas du sujet, ni de l'éventualité, pourquoi pas, qu'un jour viennent fouler la surface de notre planète des petits hommes verts, gris, ou de toute autre couleur, le cinéaste John Korty préféra les montrer sous un angle bien différent de celui communément employé. Ici, pas de créatures belliqueuses ayant choisi notre bonne vieille Terre pour s'approprier ses richesses naturelles, ou pour transformer l'humanité en immense garde-manger. Non, le réalisateur préfère décrire une petite communauté perdue au beau milieu des champs. Des habitants qui au premier abord apparaissent comme des ploucs. Des rednecks incultes aux mœurs et aux coutumes étranges. Alors que les élèves de la petite école de Bendo ont toujours respecté les traditions de leurs ancêtres, l'arrivée de Melody Amerson, une jeune institutrice aux méthodes douces va bouleverser les habitudes de la communauté. D'abord accueillie froidement par la plupart des habitants qui voient l'arrivée d'une très jeune femme d'un mauvais œil, Melody peut compter sur la bienveillance de Valancy Carmody, une curieuse jeune femme semblant posséder divers dons. Sur elle, mais également sur le Docteur Curtis qui, tout comme Melody, arrive de « l'extérieur » et reste donc hors de portée des habitudes des villageois.
Traînant des pieds pour se déplacer avec interdiction formelle de marcher normalement (nous comprendront plus tard pourquoi), les enfants n'ont pas le droit de jouer, de faire de la musique, de faire du sport. Tout juste doivent-il aller à l'école, avec ce que leurs coutumes nécessitent de contraintes. Petit à petit, Melody, à force de persévérance va découvrir qu'en fait, les habitants deBendo viennent d'un autre monde et qu'ils sont descendus sur terre pour s'y réfugier...

Voici donc l'histoire de ce petit téléfilm qui en forme de conte pour enfant, décrit la colonisation d'une minuscule région par des individus venus d'une autre galaxie. Des êtres aux pouvoirs hors-norme mais qui, ne voulant surtout pas que l'on sache qui ils sont en réalité, font tout pour demeurer entre eux et surtout ne pas dévoiler leurs pouvoirs aux étrangers. The People est une agréable surprise. Pour son histoire qui change radicalement des habituelles invasions extraterrestres et pour cette manière peu commune de brasser les genres en conservant une certaine homogénéité. Produit par Francis Ford Coppola, le téléfilm de John Korty met en scène l'actrice Kim Darby mais également l'acteur William Shatner, mondialement connu pour avoir incarné le célèbre Capitaine James T. Kirk dans la série Star Trek originale. Quant à Laurie Walters, si son joli minois vous rappelle quelque chose, c'est parce qu'entre 1977 et 1981, elle interprétera le rôle de Joanie dans la série culte Huit, ça Suffit. A noter que Kim Darby et William Shatner s'était déjà donné la réplique dans l'épisode Miri de la série originale Star Trek en 1966. The People possède quant à lui un fort potentiel sympathie, d'autant plus qu'il se rapproche sous divers aspects à l'un des épisodes d'une autre série culte, La Petite Maison dans la Prairie, lorsque Laura par enseigner dans une une bourgade paumée, l'aspect fantastique en sus, bien évidemment. Une jolie petite surprise...

lundi 16 mai 2016

Terreur à l'hôpital central de Jean-Claude Lord (1982)



La journaliste Deborah ballin est de retour chez elle après avoir animé une émission de débat lorsqu'elle est brutalement agressée par un déséquilibré qui cherche à l'assassiner. Fort heureusement, elle survit à ses blessures et est emmenée d'urgence dans un hôpital où travaille l'infirmière Sheila Munroe qui est désormais responsable de la célèbre patiente. Devant être opérée dans les jours à venir, Deborah demeure dans une chambre de l'établissement en attendant l'intervention du chirurgien. Plus tard, son infirmière la change de chambre. Dès le lendemain, on retrouve le cadavre de la patiente qui a pris sa place ainsi que celui d'une infirmière. Lorsque Deborah la journaliste l'apprend, elle est dans tous ses états. Persuadée que le psychopathe va revenir pour la tuer une bonne fois pour toute, elle est certaine qu'il rode déjà dans les couloirs de l’hôpital...

Terreur à l'hôpital central est le septième d'une quinzaine de longs-métrages que le cinéaste montréalais Jean-Claude Lord a réalisé entre 1966 et 2002.

Petit slasher mâtiné de thriller, le film a la particularité de présenter un tueur en série fétichiste qui a pour habitude de prendre en photos ses victimes au moment de leur mort, ce qui lui donne une certaine crédibilité, sachant que cette spécificité est commune a certains serial killers, eux, bien réels. Autre particularité, Terreur à l'hôpital central est majoritairement interprété par des premiers rôles célèbres puisque l'on peut constater au générique la présence de Lee Grant (Les Naufragés de l'espace de John Sturges, Les Naufragés du 747 de Jerry Jameson, entre autres, et même un épisode de la série policière Columbo). Linda Purl (Ciel de Glace de Neil Kinsella, et plusieurs épisodes de la série Arabesque), William Shatner, le célèbre Capitaine Kirk de la série originale Star Trek, mais aussi et surtout, dans le rôle ici, du sociopathe, l'acteur originaire de Toronto au Canada, Michael Ironside. 
 

Avec pas moins de douze films à son actif à l'époque du tournage de Terreur à l'hôpital central, Michael Ironside est sans doute l'interprète qui ici donne un certain intérêt à ce film qui malheureusement n'atteint jamais le degré d'imagination des vrais classiques du genre que sont The Prowler ou The Burning. Michael Ironside a vraiment, vraiment la gueule de l'emploi et il se donne à fond dans ce rôle de psychopathe qui tue sans doute à travers ces femmes qu'il photographie ensuite, sa chère maman que son père battait et qui un jour a décidé de se rebeller en lui jetant à la figure une pleine casserole d'huile bouillante. Michael Ironside est aussi célèbre pour avoir interprété un rôle important dans le film Scanners de David Cronenberg l'année précédente, mais aussi et surtout entre 1984 et 1985, celui de Ham Tyler dans l'excellente série de science-fiction V. Un succès tel que sa carrière est devenue alors au cinéma, incroyablement prolifique...

C'est donc bien grâce à lui que Terreur à l'hôpital central maintient un certain intérêt même si les autres interprètes font ce qu'ils peuvent pour donner le meilleur d'eux-même. Le principal soucis du film de Jean-Claude Lord est qu'il a trop tendance à tourner en rond. Si l'on a bien compris que le tueur avait l'intention de terminer le travail en tuant la journaliste, il se trouve des situations idéales lors desquelles pourtant il n'agira pas. Et ceci pour la plus simple raison que le scénario est vide et qu'il fallait bien remplir les vides avec... du vide. Pas tout à fait un mauvais film, mais certainement pas l'un des meilleurs représentants du genre slasher...

samedi 29 décembre 2012

Star Trek III: The Search for Spock de Leonard Nimoy (1984)


 Ce qui est utile à beaucoup l'emporte sur les désirs d'un seul. Spock

Spock est mort, sacrifiant son existence pour que survivent les membres du vaisseau Enterprise, A la suite du Salut Aux Morts, son corps est envoyé sur l'aride Ceti Alpha V, devenue depuis une planète flamboyante appelée Genesis du nom du projet visant à faire éclore la vie sur une planète totalement stérile. La torpille dans laquelle repose son corps émet un signal cependant un signal qui attire l'attention du lieutenant Saavik et du docteur David Marcus, le fils de l'amiral James T. Kirk. A l'approche de Genesis, le vaisseau USS Grissom se met en orbite autour de la planète tandis que Saavik et Marcus demandent l'autorisation au commandant J.T. Esteban d'aller vérifier l'origine du signal émis par la torpille à photons du capitaine Spock.

Lors de leur retour sur Terre, l'amiral Kirk et l'équipage de l'Enterprise apprennent avec surprise que les réparations dont à besoin leur vaisseau ne seront pas effectuées et qu'en raison de son âge il sera mis hors-service. Chaque membre est donc réaffecté sur un vaisseau différent.



Kirk reçoit ses plus fidèles compagnons dans ses quartiers. Alors qu'il s'attend à recevoir Scott, c'est Sarek, le père de Spock qui se présente devant lui. Le vulcain reproche à l'amiral d'avoir abandonné le corps de Spock sur Genesis, renonçant ainsi à tout espoir de donner suite à l'existence spirituelle de son fils. Sarek pénètre alors l'esprit de Kirk, pensant que Spock a uni le sien à celui de l'amiral mais n'y trouve aucune trace de son fils. C'est ainsi qu'il apprend de la bouche de Kirk que le Docteur McCoy est peut-être celui que le vulcain cherche.

L'amiral décide donc de partir à la recherche de son ami vulcain en compagnie de ses amis McCoy, Scott, Chekov et Sulu, s'opposant ainsi à l'interdiction d'utiliser à nouveau l'Enterprise. Subtilisant ce dernier, l'équipage reconstitué vole donc vers la planète Genesis.

L'amiral Kirk et son équipage endossent un temps le costume de rebelles afin de retrouver le plus humain des vulcains.


Mais entre temps, un oiseau de proie klingon s'approche de l'USS Grissom, détruisant ce dernier et tuant l'équipage tout entier. Saavik et David, qui se trouve toujours sur Genesis, ne se doute pas que trois klingons sont lancés à leur recherche. Lorsque l'Enterprise approche de Genesis, il ne trouve aucune trace du Grissom et l'amiral Kirk se demande les raisons du silence entretenu par l'équipage de celui-ci...

Star Trek III: A La Recherche De Spock est donc la troisième adaptation cinématographique adaptée de la fameuse série télévisée Star Trek. Réalisé par Leonard Nimoy lui-même (Spock), l'œuvre mêle les ambitions de klingons avides de pouvoir mettre la main sur Genesis et de dominer la planète du même nom, à l'espoir mis en œuvre par Kirk et son équipage pour retrouver Spock. On y retrouve les personnages de David Marcus, le fils de Kirk, ainsi que celui de Saavik (cette fois-ci interprété par Robin Curtis). Lorsque ces derniers tombent sur la capsule de Spock, la présence d'organismes vivants signifie une erreur grossière de scénario. Car en effet, ces créatures agglutinées contre la paroi métallique de la torpille rappellent celles enfermées dans l'aquarium du SS Botany Bay. Alors, si la planète a bien été analysée afin de s'assurer que nulle trace de vie y est présente, comment se fait-il que ces bestioles conservées par Khan n'aient pas été repérées?

Le scénario, partant à priori d'une idée plutôt plaisante, se révèle quelque peu décevant. Tout d'abord, si les décors ne sont tout de même pas comparables avec ceux en carton-pâte de la série originale, ils manquent parfois de réalisme. Quand à l'affrontement entre Kirk et le commandant klingon Kruge, il n'est pas de la trempe de celui qui opposait l'amiral à Khan. Déjà, l'intro s'éternise un peu trop sur les derniers plans du film précédent. Ensuite, l'histoire mêlant plusieurs intrigues avant de les faire se rejoindre manque d'enthousiasme. Les pérégrinations de Saavik et Marcus sont mollassonnes. La bataille entre Klingons et humains expédiée, et quand à la fameuse cérémonie du Fal-Tor-Pan qui doit clore la résurrection de Spock, elle est anecdotique. Peut-être l'un des épisodes cinématographiques les moins réussis. Dernier point. Mais qui donc se cache derrière le doublage catastrophique de Chekov, faisant du pauvre homme un castra à fort accent russe? Nicolas Brémont...

mercredi 12 septembre 2012

Star Trek II: The Wrath Of Khan de Nicholas Meyer (1982)



Une soif de vengeance dont les origines remontent à bien des années auparavant.

Carnet de bord du capitaine James T. Kirk. Coefficient espace-temps 3141.9.

L'USS Enterprise vient d'intercepter un étrange vaisseau nommé Botany Bay. Le docteur MacCoy y détecte à son bord des battements de cœur. Le capitaine Kirk, secondé par l'historienne Marla McGivers et par le docteur McCoy lui-même, se rend sur le vaisseau et y découvre une centaine de corps endormis. Marla détermine le type de vaisseau dont il s'agit et annonce que le Botany Bay est un vaisseau-dortoir. Mais la téléportation des membres de l'Enterprise semble avoir déclenché le réveil de l'un des passagers du Botany Bay qui est sauvé in-extremis de la mort par le capitaine Kirk qui demande alors à ce que l'étranger soit téléporté jusqu'à l'infirmerie. L'homme se présente sous le nom de Khan. Kirk lui apprend qu'il est endormi depuis deux cents ans. Khan récupère assez vite des forces et les examens révèlent qu'il est physiquement et intellectuellement doté de capacités hors du commun. Spock étudie les archives mais n'en découvre aucune concernant le Botany Bay. Il étudie une hypothèse selon laquelle, dans les années 1990, à l'époque où la planète Terre vivait des heures sombres, un groupe de criminels aurait pu s'emparer de l'un des plus récents vaisseaux spatiaux. Mais sans faits, et comme le dit judicieusement Spock, rien ne peut corroborer ses propos.
A l'infirmerie, Khan reprend des forces mais lorsque le capitaine Kirk l'interroge sur les motifs de l'expédition du Botany Bay, le commandant du vaisseau-dortoir reste évasif. Permettant malgré tout à son invité de consulter la documentation de l'Enterprise, le capitaine rejoint Spock sur la passerelle qui lui apprend que sur Terre 'un groupe de supers-hommes s'emparèrent du pouvoir en 1993 dans plus de quarante nations avant d'être vaincus et de prendre la fuite à bord du Botany Bay. Khan faisait justement partie de ces hommes agressifs et arrogants.
Mais cet homme au charisme certain, qui par sa seule présence parvient à séduire l'historienne Marla McGivers et à s'en faire une acolyte, n'a désormais qu'un seul but: prendre le contrôle de l'USS Enterprise. Et pour cela, il doit tout d'abord retourner sur le Botany Bay où l'attendent ses hommes. Après une bataille acharnée entre les deux hommes dont le capitaine Kirk sort victorieux, ce dernier fait arrêter Khan mais choisit d'abandonner les charges retenues contre lui et décide de l'envoyer, ainsi que tout ses hommes, sur la planète Ceti Alpha V...

Les Derniers Tyrans est donc l'épisode à l'origine de la phénoménale colère de Khan, qui bien des années plus tard trouvera l'occasion rêvée de se venger de son ennemi juré, l'amiral Kirk.

"La vengeance est un plat qui se mange froid". Khan.

Journal de bord, date interplanétaire 8130,4

Tandis que l'équipage du vaisseau Enterprise, constitué d'anciens membres et de nouvelles recrues, subit l'échec du test Kobayashi Maru contrôlé par l'amiral Kirk, l'USS Reliant fait route en direction de Ceti Alpha VI avec l'espoir de n'y trouver aucune trace de vie afin d'y mener à bien le projet Genesis, œuvre du docteur Carol Marcus qui jusqu'à maintenant n'a pas encore rencontré le succès escompté. Chekov perçoit à la surface de la planète un léger flux d'énergie qui risque de contrecarrer les plans du projet. C'est pourquoi il se rend en compagnie du Capitaine Terell à a surface de ce que les deux hommes croient tout d'abord être Ceti Alpha VI. En réalité, cette dernière a explosé il y a quinze ans, changeant l'orbite et transformant Ceti Alpha V, la planète sur laquelle Chekov et Terell viennent d'atterrir, en un désert de sable aride. Les deux hommes tombent devant une capsule à l'intérieur de laquelle Chekov découvre des objets ayant appartenu à l'un des pires adversaires que l'Enterprise eut à combattre dans toute son histoire: Khan ! Lorsqu'il se rend compte de leur méprise, Chekov invite le Capitaine Terell à quitter de toute urgence la capsule mais il est trop tard, le piège se referme sur eux et ils deviennent les prisonniers du Tyran et des quelques survivants qui l'accompagnent depuis deux cents ans et qui ont jurer de vivre et de mourir sous ses ordres. Désormais, Khan n'aura qu'un unique but: se venger de l'amiral Kirk...


Plus qu'une suite au premier long-métrage sorti trois ans plus tôt, Star Trek: La Colère De Khan fait donc suite à l'épisode Les Derniers Tyrans, épisode datant de 1967, soit quinze années plus tôt, ce qui correspond exactement au nombres d'années qui sépare dans le long-métrage les première et seconde rencontre entre l'Enterprise et l'arrogant Khan. Car ce personnage emblématique toujours interprété par le très charismatique Ricardo Montalban a accumulé des rancœurs contre l'amiral Kirk qui ne se doute pas encore du piège qui se referme sur lui. Les scénaristes Harve Benett et Jack B. Sowards imaginent pour cela deux outils imparables. Tout d'abord la première, apparemment insignifiante mais terriblement efficace. Une petite créature qui une fois logée dans son cortex cérébral va permettre à Khan de contrôler Chekov. On pourra d'ailleurs trouver un peu facile le malaise dont est victime ensuite cet ancien chef de la sécurité devenu depuis officier scientifique sur le Reliant. Confortant ainsi l'efficacité aléatoire de cette petite créature et permettant surtout aux membres de l'Enterprise de reprendre pour un temps le contrôle de la situation.



Ensuite, le projet Genesis. Cette fabuleuse (mais pour le moment surréaliste) invention permettant de donner la vie à partir de l'ABSENCE de vie. Selon les propos du docteur Carol Marcus, "la structure moléculaire est réorganisée au niveau subatomique en une matière génératrice de vie de masse égale". En bref, il s'agit d'introduire le projet Genesis sur une planète à la surface de laquelle pas la moindre trace de vie n'est présente. Et c'est là que l'idée folle de Khan apparaît. Car l'introduction du projet Genesis sur une planète habitée aurait des conséquences terribles sur ses habitants. C'est donc à un affrontement de titans auquel nous avons droit. Entre deux personnages charismatiques (Khan donc, ainsi que l'amiral James T. Kirk toujours interprété par William Shatner). On y découvre parmi l'habituel cortège d'anciens personnages (Spock, le Docteur McCoy, Scott, Chekov, Sulu et Uhura), de nouvelles recrues dont la vulcain Saavik (Kirstie Alley, qui se permet un minuscule et très amusant dialogue dans la langue des siens en compagnie de Spock).

Des effets-spéciaux derniers cris ordonnés par le papa de Star Wars.

L'un des aspects les plus remarquable pour l'époque, ce sont les effets-spéciaux réalisés par la boite de George Lucas, ILM (Industrial Light & Magic ), ceux qui permettent de visualiser durant La Colère De Khan, les effets du projet Genesis. Pour l'époque, ils sont ce qui se fait de mieux.
Nous faisons également, et en même temps que lui, la connaissance du fils de l'amiral Kirk. Le fougueux David Marcus (Merritt Butrick). Si le film laisse entrevoir une bataille acharnée entre deux sanguins, le film recèle de scènes épatantes. Déjà, la réapparition de Khan à l'écran au début du film est l'un des moments forts. Les rides de Ricardo Montalban lui vont plutôt bien et malgré le calme de son personnage, on sent bien la amertume qui se cache derrière. Et puis il y a cette scène à la toute fin du film entre l'amiral et son ami de toujours le Capitaine Spock...



La musique, écrite par James Horner fait son travail même si, on aurait préféré peut-être à nouveau Jerry Goldsmith derrière les manettes. Elle reste cependant d'une honnête facture. Pus qu'à une suite, Star Trek: La Colère De Khan ressemble davantage à un remake long format des Derniers Tyrans auquel les années auront permit une certaine liberté au niveau des effets-spéciaux.

lundi 3 septembre 2012

Star Trek: The Motion Picture de Robert Wise (1979)



Au beau milieu de l'espace, trois vaisseaux klingons abordent la lisière d'une gigantesque nuée bleutée. Ces guerriers expérimentés, devant la curieuse entité qu'ils ont face à eux, ne trouvent rien de mieux que d'y lancer des missiles. Ceux-ci n'ont aucun effet sur la masse extraordinaire qui en retour tire de formidables boules d'énergie qui désintègrent en un instant les vaisseaux klingons. Une base spatiale terrestre est témoin de la tragédie et selon ses calculs, elle estime que la nuée abordera bientôt l'espace de la fédération en direction de la planète Terre.


Sur Vulcain, Spock participe à la cérémonie de kolinahr visant à le dépouiller des passions engendrées par son contact avec les hommes. Alors qu'il s'apprête à recevoir un talisman, le symbole de la logique totale, il refuse cette obtention et choisit de partir affronter l'entité qui lentement fait route vers la Terre.



L'amiral James Kirk se rend sur la base de la Fédération des Planètes Unies. Il s'apprête à reprendre le commandement de l'Enterprise afin de mener à bien la mission qui consiste à stopper la progression de l'immense nuée. Il retrouve sur le célèbre vaisseau ses anciens compagnons de route Scottie, Sulu, Tchekov, et U'Hura. Kirk a passé les deux dernières années à diriger les opérations spatiales et lui et une partie du nouvel équipage ne connaissent encore rien des nouveaux instruments du vaisseau Enterprise. Le commandement de ce dernier a jusqu'à maintenant été confié au jeune capitaine Decker qui ignore encore que l'amiral Kirk va prendre sa place. Lorsqu'il apprend qu'il est déchu de son poste, Decker est furieux, d'autant plus qu'il semble plus qualifié que Kirk depuis les récentes modifications du vaisseau. L'équipage tout entier est convié à la retransmission du drame qui a touché les vaisseaux de combat klingons. Kirk annonce que le but de l'Enterprise est d'intercepter, d'étudier et d'agir auprès de la nuée en fonction des résultats obtenus. L'équipage apprend notamment que la nuée est à moins de trois jours de la planète Terre. La base epsilon 9, qui vient de retransmettre les images est alors victime de l'immense nuage qui l'aborde et la désintègre à son tour.



Alors que le départ est prévu quarante minutes plus tard, les six derniers membres de l'équipage sont prêts à monter à bord de l'Enterprise sauf l'un d'entre eux qui se refuse à monter dans le transbordeur. Kirk décide alors de rencontrer le récalcitrant, un certain docteur Mac Coy! Convaincu par le commandant Kirk de la nécessité de sa présence, le médecin accepte finalement de participer au voyage.
Le vaisseau quitte la zone d'embarquement et, alors qu'il prend de la vitesse, il est pris dans une spirale au cœur de laquelle est présent un astéroïde que l'Enterprise approche dangereusement. Decker s'interpose entre Kirk et l'équipage et ordonne que soient tirées des torpilles en direction de l'astéroïde. Ce dernier est anéanti mais Kirk demande à Decker des explications. Celui-ci alors convainc le commandant du bien fondé du contre-ordre imposé à l'équipage et Kirk accepte de reconnaître les qualités de Decker qui connait mieux que lui la nouvelle version de l'Enterprise. Une navette aborde ensuite le vaisseau et y dépose Spock venu aider son vieil ami en tant qu'attaché scientifique.



L'équipage est dorénavant au complet, prêt à affronter l'immense nuée qui n'est maintenant plus qu'à deux jours de la Terre...

L'univers de Gene Roddenberry transposé pour la toute première fois au cinéma.

Pour cette première incartade de l'univers créé par Gene Roddenberry dans les salle obscures, pas de créatures en costumes de papier mâché ni de décors planétaires en carton-pâte. Juste la rencontre d'un équipage mené par un capitaine Kirk promu au grade d'amiral, et d'une entité aux dimensions stupéfiantes qui ne cesse de croître. En fait, le fruit d'un fantasme né de l'imagination et du désir d'une seule espèce: l'Homme. Celui de découvrir ce qui se cache aux confins de l'univers. Si entre la série originale et ce premier long-métrage dix années ont passé, cela se ressent surtout au niveau des effets-spéciaux qui ont, il faut le reconnaitre, fait un bond immense dans le futur. Ceux qui découvrent aujourd'hui Star Trek à travers les séries qui ont suivi l'originale risquent une déconvenue au vu de la piètre qualité des effets-spéciaux de cette dernière. On ne pourra pas leur reprocher de bouder celle-ci même si déjà, le fort potentiel de cette immense saga perçait lorsque le capitaine Kirk était aux commandes du vaisseau Enterprise. On ne découvrira dans Star Trek: The Motion Picture aucune race extraterrestre, ni aucun somptueux décor de planète de type M. Afin d'absorber l'attention même des spectateurs les moins avertis, ceux qui sont encore étrangers à la philosophie qui préconise habituellement un minimum d'attention de la part du Trekkie, le scénario se veut d'une agréable légèreté. On ne demande à aucun moment au spectateur de réfléchir sur tel ou tel événement. L'histoire déroule son fil calmement. Sans se presser. L'œuvre aurait pu aisément être écourtée d'une bonne demi-heure mais comme tout bon film catastrophe, le scénario prend le temps de présenter chacun des personnages les plus importants de cette nouvelle aventure spatiale. Car si Star Trek: The Motion Picture est une œuvre de science-fiction, il s'agit également d'un film catastrophe. Tout juste a-t-on troqué une comète, un astéroïde pour une nuée aux dimensions inimaginables qui se dirige vers notre planète.




Un space-opéra qui conjugue les talents de Robert Wise à la mise en scène, et Jerry Goldsmith à la bande-son.

On retrouve donc aux cotés de Kirk (William Shatner) les très célèbres Spock (Leonard Nimoy) et le Docteur Mac Coy (DeForest Kelley). On découvre aussi de nouvelles têtes (Stephen Collins dans le rôle de Decker et Persis Khambatta dans celui d'Ilia). L'aventure, grandiose, est accompagnée d'une magnifique partition signée Jerry Goldsmith qui emporte littéralement le spectateur au cœur de la voie lactée. Aux commandes de ce space-opéra, le cinéaste Robert Wise (La Maison Du Diable) fait des merveilles. On s'amuse de constater que les costumes de l'équipage ont gardé leur aspect quelque peu ringard alors que le vaisseau à lui été totalement rénové. Les acteurs ont quand à eux pris quelques rides mais il est facile de reconnaître chacun d'entre eux. Spock et le Docteur Mac Coy conservent toujours une certaine ambiguïté dans leurs rapports. On devine toujours derrière leurs perpétuelles joutes verbales un humour pince sans rire.
 
Quand à l'idée d'opposer dans un premier temps le jeune capitaine Decker au vieux routier Kirk, elle permet à ce dernier de réaliser combien ses deux années passées à diriger les opérations spatiales l'ont éloigné des progrès immenses mis en œuvre pour rendre l'Enterprise encore plus puissant. Mais également à celui qui devient très vite son second de reconnaître chez son ancêtre, une faculté d'adaptation face au danger, hors du commun. Il est prouvé dans Star Trek: The Motion Picture que seule l'union fait la force et que les capacités de chacun bénéficient à tous.

 
Une première excursion dans les salles de cinéma plutôt réussie...


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