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vendredi 10 septembre 2021

Audrey Rose de Robert Wise (1977) - ★★★★★★★★☆☆

 


Il y a de fortes chances pour que parmi ceux qui seraient amenés à découvrir aujourd'hui Audrey Rose, l'antépénultième long-métrage cinématographique de Robert Wise, une certaine partie d'entre eux soient déçus. Comme cela s'est déjà produit parmi ceux qui s'attendaient très certainement à tomber sur une alternative au chef-d’œuvre de William Friedkin, L'exorciste. À dire vrai, les deux longs-métrages n'entretiennent que de très lointains rapports. Deux œuvres versant dans le fantastique, l'une évoquant le sujet de la possession diabolique et la seconde, un cas de réincarnation. Et ça n'est pas parce que Robert Wise réalisa quatorze ans auparavant l'un des grands classiques de l'épouvante avec La maison du Diable en 1963 qu'il faut s'attendre à frémir devant Audrey Rose. Et pourtant... il n'est pas interdit d'éprouver un certain effroi devant les agitations nocturnes dont est la proie la jeune Ivy depuis quelques jours. Un comportement qui coïncide avec l'arrivée prochaine de son anniversaire mais aussi et surtout l'arrivée dans les parages d'un individu qui inquiète très fortement ses parents Janice et Bill Templeton. Il faut bien comprendre qu'ici, on est moins dans un cas d’emprise mentale que d'un cas révélant la possibilité de la réincarnation. Plutôt que d'en rajouter dans l'outrance visuelle, Robert Wise réalise une œuvre juste, tempérant son propos entre trois formes d'attitude. D'abord celle de l'étranger en question, qu'interprète l'acteur britannique Anthony Hopkins quatorze années avant d'incarner le glaçant Hannibal Lecter du Silence des agneaux de Jonathan Demme en 1991...


Convaincu du bien fondé de son opinion qui voit en la jeune Ivy la réincarnation de sa propre fille Audrey Rose morte il y a des années dans un grave accident de voiture aux côtés de son épouse, Elliot Hoover s'oppose à un père de famille (l'acteur John Beck) qui rejette en bloc l'idée qu'une jeune fille décédée puisse être réincarnée dans le corps de la sienne. Et puis, il y a la mère, Janice Templeton (l'actrice Marsha Mason) qui après avoir banni le concept fini par l'accepter à force d'avoir été confrontée à des éléments de preuve apparemment indiscutables. Pas un film d'horreur, ni un film d'épouvante, mais sans doute une œuvre fantastique même si le sujet est traité avec sobriété et avec la volonté certaine d'apporter des éléments de réponse à celles et ceux qui pourraient avoir des questions sur le sujet de la réincarnation. Touchant et parfaitement maîtrisé par le réalisateur sur la base d'un roman dont est à l'origine l'écrivain Frank De Felitta, Audrey Rose est en tous points exemplaire. L’œuvre tente à prouver qu'il est parfois inutile de faire appel au moindre effet spécial et que seule l'interprétation peut réussir à convaincre le spectateur que l'on tient entre les mains un véritable joyau. Capable d’œuvrer dans des genres aussi différents que la science-fiction, l'épouvante, le fantastique, la comédie musicale, le drame ou le policier, Robert Wise signe, oui, un classique du genre, n'en déplaise à ceux qui le rejetèrent ou se laissèrent séduire par la trompeuse évocation du long-métrage de William Friedkin inscrite sur l'affiche officielle...

 

vendredi 30 avril 2021

L'odyssée du Hindenburg de Robert Wise (1975) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Catastrophes naturelles, maritimes, ferroviaires, aériennes... De ces dernières est demeurée la plus célèbre d'entre elles la franchise Airport. Comme le fut en son temps le Titanic dans le milieu maritime et le récit de l'épouvantable tragédie qui découla de son premier et unique voyage en mer, la simple évocation du Hindenburg est un spoiler à lui seul. Car au même titre que le fameux paquebot transatlantique d'origine britannique qui le 14 avril 1912 heurta un iceberg et causa la mort de 1491 passagers sur les 2201 (équipage compris), le sort du Hindenburg est d'ors et déjà scellé lorsque les passagers de cette Odyssée du Hindenburg montent à bord du plus célèbre des dirigeables. Le plus connu d'entre tous et le plus grand également et dont la destruction lors d'un incendie le 6 mai 1937 causa le décès de trente-cinq voyageurs dont plus de la moitié faisait partie de l'équipage. C'est donc en tout état de cause que l'issue est inscrite dans le marbre. Reste pour le réalisateur Robert Wise (La maison du Diable) et pour ses scénaristes Nelson Gidding (un fidèle du réalisateur) et Richard Levinson (la série Columbo) qu'à composer avec son casting et un script digne de ce nom pour que L'odyssée du Hindenburg ne repose pas simplement sur l'unique reconstitution d'un drame qui à l'époque, chose incroyable, fut filmé, mais sur un script suffisamment étoffé pour justifier une durée avoisinant les deux heures de long-métrage...


Alors qu'il y a huit ans des ingénieurs sont arrivés à la conclusion que le LZ 129 Hindenburg (nom complet du célèbre dirigeable) avait pris feu après avoir été chargé en électricité lors de son passage dans une zone orageuse, les scénaristes Nelson Gidding et Richard Levinson envisagent plusieurs solutions dont certaines font directement et bien des années avant, référence aux conclusions des ingénieurs. En effet, si la charge en électricité est officiellement due au passage du dirigeable dans une zone orageuse, dans L'odyssée du Hindenburg, la charge en question est due à son passage au cœur d'un nuage. Une séquence mise en images et lors de laquelle l'on assiste au phénomène dit des ''Feux de Saint-Elme'' qui se produit dans certaines conditions météorologiques. Autre explication ici transformée pour les besoins du récit, la rupture d'un câble qui selon John Duggan aurait été causé par des essais répétés sur les turbulences et qui auraient fragilisé le câble en question. Dans le film de Robert Wise, la séquence prend une toute autre allure puisque c'est l'auteur présumé d'un attentat (William Atherton dans le rôle du gréeur Boerth) qui par accident amène à la rupture du câble, provoquant ainsi une déchirure dans la toile de l'une des ailes de l'Hindenburg. Mais le film n'évoque pas uniquement l'hypothèse d'un accident mais bien d'un attentat comme semble le désigner le personnage du gréeur et la bombe qu'il détient et place dans la structure du dirigeable...


Les vraies grandes stars du cinéma américain ne se bousculent pas ici. Pas de Steve McQueen, de Paul Newman, de Charlton Heston, d'Elizabeth Taylor ou d'Ava Gardner, mais tout de même, la présence de George C. Scott dans le rôle du colonel Franz Ritter chargé de la sécurité du Hindenburg. Vedette des films de guerre Docteur Folamour de Stanley Kubrick en 1964 et Patton de Franklin J. Schaffner en 1970 ainsi que du chef-d’œuvre de l'effroi The Changeling de Peter Medak dix ans plus tard, il incarne un officier allemand soupçonneux très éloigné du héros auquel on aurait pu s'attendre. C'est d'ailleurs ce que partagent tous les protagonistes dont aucun n'est véritablement séduisant et ne crée aucune forme d'empathie. Aux côtés de la star, l'actrice Anne Bancroft dans le rôle de la comtesse Ursula, Burgess Meredith dans celui d'Emilmion Vogel, Charles Durning en Capitaine du Hindenburg Max Pruss ainsi que Roy Thinnes, le David Vincent de la série télévisée de science-fiction Les Envahisseurs. Si le pari d'exposer la catastrophe en toute dernière partie du long-métrage s'avère particulièrement osé, Robert Wise nourri suffisamment son œuvre de situations diverses et variées pour que l'on n'ait pas vraiment le temps de s'ennuyer. La majeure partie de l'intrigue se situe donc dans les entrailles de la bête et dans les incroyables coursives constituées d'innombrables et impressionnants embranchements. Quant à la catastrophe elle-même, Robert Wise a l'ingénieuse idée de la filmer en noir et blanc et de mêler aux séquences de tournage par un astucieux montage, les effroyables images d'archives de la catastrophe...

 

jeudi 20 septembre 2018

The Andromeda Strain de Robert Wise (1971) - ★★★★★★☆☆☆☆



L'auteur de science-fiction américain Michael Crichton a laissé derrière lui une foule d’œuvres qui ont marqué leur époque. Du tout début des années soixante-dix avec le roman La Variété Andromède traduit au cinéma sous le titre Le Mystère Andromède, jusqu'à la célèbre série télévisée Urgences dès 1994, en passant, au hasard, par Jurassic Park, Sphère, ou encore Prisonniers du Temps. S'il n'a pas toujours adapté lui-même ses écrits au cinéma, on lui doit pourtant quelques classiques de la science-fiction tels que Mondwest, Looker, ou bien Runaway : l’Évadé du Futur. Concernant l’œuvre qui nous intéresse présentement, Michael Crichton n'en est que l'auteur du roman connu tout d'abord sous le titre initial The Andromeda Strain, lequel sera repris sur grand écran dans sa version originale. Adapté par le scénariste Nelson Gidding, Le Mystère Andromède applique une méthode consistant à pousser au plus loin le réalisme du propos en faisant preuve d'une rigueur scientifique qui en refroidira plus d'un.

De la hard science-fiction nous projetant non pas à des milliers ou des millions de kilomètres au dessus de nos têtes mais bien sous le sol dur et poussiéreux de notre bonne vieille Terre, au cœur d'un complexe souterrain érigé sur cinq niveaux permettant successivement d'atteindre un degré d'asepsie ne souffrant pas de la moindre fluctuation, le dernier niveau se devant d'être irréprochable en la matière. A défaut de quoi, un système d'autodestruction est mis en place et n'est réversible qu'au cas où l'unique détenteur d'une clé déverrouillant le système de mise à feu insère cette dernière dans un boîtier prévu à cet effet, et ce, dans les cinq minutes à venir. Décors aseptisés, dialogues techno-scientifiques, expériences de laboratoire rigoureuses. Ici, on ne plaisante pas avec le sujet évoqué. Le réalisateur Robert Wise, auteur notamment du formidable La Maison du Diable, signe une œuvre qui peut paraître pour beaucoup, comme hermétique. Fermant la porte à une partie du public qui aurait de toute manière abandonné l'aventure devant la quasi absence d'action, le spectateur se doit de se laisser absorber par ce récit en apesanteur dont l'unique force repose sur l'interprétation et la recherche incessante de vérité.

Même si certains abandonneront en cours de route, le début s'avère pour tous, des plus prometteur. En effet, après la chute d'une sonde ayant voyagé durant un temps dans l'espace, la petite ville de Piedmont est le théâtre d'un affreux spectacle : tous ses habitants ou presque sont morts. Seuls un nourrisson et un vieillard ont survécu au mal étrange qui a décimé le reste de la population. Après que la zone ait été mise en quarantaine, quatre des plus grands scientifiques du pays sont alors dépêchés dans un laboratoire dont l'existence est tenue secrète. Là-bas, ils vont tenter de découvrir ce qui a tué les habitants de Piedmont et la raison pour laquelle deux d'entre eux ont survécu...

Même si les dialogues ne sont pas d'une complexité rédhibitoire, mieux vaut suivre consciencieusement le déroulement du scénario car les personnages incarnés par Arthur Hill, David Wayne, James Olson et Kate Reid risquent très vite de nous perdre. Robert Wise parvient à jongler avec des termes techniques suffisamment clairs pour que le spectateur ne se sente pas totalement étranger à l'histoire qui se déroule sous ses yeux. Pour qui a la patience de tenir jusqu'au bout, Le Mystère Andromède exerce une véritable fascination, projetant le spectateur dans une œuvre de fiction réaliste, mais manquant parfois d'une véritable audace lui conférant le statut d’œuvre culte. Le défi du long-métrage de Robert Wise ne repose donc que sur l'exploration d'une bactérie extraterrestre et des moyens invoqués pour l'empêcher de proliférer et mettre ainsi en danger l'espèce humaine toute entière. Car une fois l'identité de la chose révélée, comment l'exploiter ? A cette question, le film n'apporte aucune réponse. Toujours est-il que Le Mystère Andromède est une œuvre atypique et exigeante. Étonnant !

mardi 18 septembre 2018

La Maison du Diable de Robert Wise (1963) - ★★★★★★★★★☆



Entre les murs d'un immense manoir réputé pour être hanté, quatre personnes se réunissent afin de démontrer l'existence réelle ou non de phénomènes surnaturels. Conviés par l'anthropologue (et non anthropologiste comme le précise de manière erronée la version française) John Markway, le propriétaire de la demeure, Luke Sanderson (le sceptique du groupe), Theodora, l'extralucide, et Eleanor Lance, une jeune femme fragile fuyant sa condition, se retrouvent donc ainsi enfermés pour un séjour qui s'avérera particulièrement effrayant puisque dès la première nuit, d''étranges événements vont se produire au Castel. Neil (Eleonor) et Theo (Theodora) vont passer la nuit dans la même chambre, effrayées par des bruits étranges qui se répéteront durant tout le séjour. Murmures, rires et cris d'enfants, coups frappés contre certains murs de l'édifice... les deux jeunes femmes vont être les témoins de la présence d'une force obscure et terrifiante. Le professeur Markway tente d'établir la réalité des événements tandis que Luke Sanderson reste froid aux témoignages apportés par les deux jeunes femmes. Devant l'effroi de Neil, le professeur lui conseille de quitter les lieux. Mais la jeune femme refuse, convaincue qu'elle doit rester au manoir...

La Maison du Diable (à ne pas confondre avec Amityville, la Maison du Diable réalisé en 1979 par le cinéaste Stuart Rosenberg) de Robert Wise est un authentique chef-d’œuvre. L'un des plus grands films d'épouvante situant son action dans un immense manoir réputé hanté. Tourné à la fin de l'année 1962, c'est l'impressionnant manoir de Ettington Hall à Aldermlinster en Angleterre qui sert de décor à l'un des films de maisons hantées les plus inquiétants. Malgré son âge, et l'idée saugrenue d'en faire un remake (plutôt navrant) trente-six ans plus tard (Hantise de Jan de Bont), The Hanting (titre original) n'a pas perdu de sa force et conserve tout ce qui faisait déjà à l'époque, le sel de son histoire. Car plutôt que de résumer son œuvre à un groupe explorant les dédales labyrinthiques d'une demeure comptant sans doute plus d'une centaine de pièces, Robert Wise a l'idée ingénieuse de caractériser au maximum son personnage principal merveilleusement incarné par l'actrice américaine originaire du Michigan, Julie Harris (À l'est d'Éden d'Elia Kazan, Le Voyage des Damnés de Stuart Rosenberg, ou encore La Part des Ténèbres de George A. Romero). Une jeune femme que l'on découvrira assez rapidement fragile, apte à capter les phénomènes paranormaux se manifestant dans le manoir. On y apprend notamment que la jeune femme a perdu onze années de son existence à veiller sa mère malade. Fuyant sa sœur (qui l'abrite mais la sermonne en permanence en l’accusant de la mort de leur mère), et son existence, au volant du véhicule de cette dernière, Neil rappelle à ce moment très précis l'héroïne du chef-d’œuvre Psychose du britannique Alfred Hitchcock qui elle-même fuyait, mais pour d'autres raisons.

Le manoir de Ettington Hall est le lieu idéal pour tourner un long-métrage sur ce sujet. Des gargouilles effrayantes par dizaines, des pièces immenses aux plafonds gigantesques permettant au cinéaste des cadrage spectaculaires. Le noir et blanc renforce la lumière dont les ombres projetées contre les différents éléments du décor s’intègrent parfaitement au sentiment d'angoisse qui se dégage des lieux.L'ambiance sonore demeurant au moins aussi importante que le visuel, Robert Wise ne ménage pas ses effets, surtout lorsque la nuit tombe et que des coups sourds viennent pleuvoir contre les murs du manoir et vriller les tympans de ses héroïnes. Un simple mur se transforme en visage démoniaque. Des sculptures apparemment anodines semblent parfois prendre vie. Et même si cela n'est pas toujours très clairement établi, il arrive que le spectateur lui-même ressente d'étranges sensations. Plus que l'éventuelle existence de fantômes, c'est surtout la lente dégradation mentale de l'héroïne qui marque les esprits, devenant peu à peu l'objet de forces obscures. Rien n'est pourtant moins certain que cela lorsque Neil marmonne intérieurement et inlassablement son désir de demeurer au manoir. A tel point que l'on se demande si tout n'est finalement pas que folie extraite de son esprit malade. Si ce n'étaient ces coups frappés contre les murs chaque nuit...

Face à Neil, Robert Wise lui oppose le personnage de Theo, incarnée par Claire Bloom. L'extralucide un brin sadique. Puis Luke Sanderson Russ Tamblyn), le propriétaire sceptique, qui durant une très grande partie du film semble totalement détaché des événements, préférant le bon mot à la recherche de la vérité. Enfin, le professeur Markway (Richard Johnson), l'anthropologue, l'organisateur de cet événement, lequel temporise et rassure la jeune et naïve Neil. On n'oubliera pas non plus Valentina Dyall et Rosalie Crutchley, qui à eux deux campent les Dudley, le sinistre couple de valets. Bien que l'impressionnante demeure nous fasse croire à un gros travail de préparation en terme de décors et d'effets, La Maison du Diable fait preuve en réalité d'une grande sobriété. Robert Wise préfère mettre ses billes et son talents dans la mise en scène et dans l'interprétation de ses actrices et acteurs. A aucun moment le moindre ectoplasme ne fait son apparition. Tout juste apercevrons-nous les effets de leur présence (porte se refermant toutes seules, et surtout, l'une d'entre elles se gondolant sous la force de l'esprit que se cache derrière elle). Perclus de scènes marquantes (le visage diabolique se dessinant sur l'un des murs de la chambre de Neil) et par le jeu exceptionnel de ses interprètes, l'oeuvre de Robert Wise est un classique. A voir, et à revoir...

lundi 3 septembre 2012

Star Trek: The Motion Picture de Robert Wise (1979)



Au beau milieu de l'espace, trois vaisseaux klingons abordent la lisière d'une gigantesque nuée bleutée. Ces guerriers expérimentés, devant la curieuse entité qu'ils ont face à eux, ne trouvent rien de mieux que d'y lancer des missiles. Ceux-ci n'ont aucun effet sur la masse extraordinaire qui en retour tire de formidables boules d'énergie qui désintègrent en un instant les vaisseaux klingons. Une base spatiale terrestre est témoin de la tragédie et selon ses calculs, elle estime que la nuée abordera bientôt l'espace de la fédération en direction de la planète Terre.


Sur Vulcain, Spock participe à la cérémonie de kolinahr visant à le dépouiller des passions engendrées par son contact avec les hommes. Alors qu'il s'apprête à recevoir un talisman, le symbole de la logique totale, il refuse cette obtention et choisit de partir affronter l'entité qui lentement fait route vers la Terre.



L'amiral James Kirk se rend sur la base de la Fédération des Planètes Unies. Il s'apprête à reprendre le commandement de l'Enterprise afin de mener à bien la mission qui consiste à stopper la progression de l'immense nuée. Il retrouve sur le célèbre vaisseau ses anciens compagnons de route Scottie, Sulu, Tchekov, et U'Hura. Kirk a passé les deux dernières années à diriger les opérations spatiales et lui et une partie du nouvel équipage ne connaissent encore rien des nouveaux instruments du vaisseau Enterprise. Le commandement de ce dernier a jusqu'à maintenant été confié au jeune capitaine Decker qui ignore encore que l'amiral Kirk va prendre sa place. Lorsqu'il apprend qu'il est déchu de son poste, Decker est furieux, d'autant plus qu'il semble plus qualifié que Kirk depuis les récentes modifications du vaisseau. L'équipage tout entier est convié à la retransmission du drame qui a touché les vaisseaux de combat klingons. Kirk annonce que le but de l'Enterprise est d'intercepter, d'étudier et d'agir auprès de la nuée en fonction des résultats obtenus. L'équipage apprend notamment que la nuée est à moins de trois jours de la planète Terre. La base epsilon 9, qui vient de retransmettre les images est alors victime de l'immense nuage qui l'aborde et la désintègre à son tour.



Alors que le départ est prévu quarante minutes plus tard, les six derniers membres de l'équipage sont prêts à monter à bord de l'Enterprise sauf l'un d'entre eux qui se refuse à monter dans le transbordeur. Kirk décide alors de rencontrer le récalcitrant, un certain docteur Mac Coy! Convaincu par le commandant Kirk de la nécessité de sa présence, le médecin accepte finalement de participer au voyage.
Le vaisseau quitte la zone d'embarquement et, alors qu'il prend de la vitesse, il est pris dans une spirale au cœur de laquelle est présent un astéroïde que l'Enterprise approche dangereusement. Decker s'interpose entre Kirk et l'équipage et ordonne que soient tirées des torpilles en direction de l'astéroïde. Ce dernier est anéanti mais Kirk demande à Decker des explications. Celui-ci alors convainc le commandant du bien fondé du contre-ordre imposé à l'équipage et Kirk accepte de reconnaître les qualités de Decker qui connait mieux que lui la nouvelle version de l'Enterprise. Une navette aborde ensuite le vaisseau et y dépose Spock venu aider son vieil ami en tant qu'attaché scientifique.



L'équipage est dorénavant au complet, prêt à affronter l'immense nuée qui n'est maintenant plus qu'à deux jours de la Terre...

L'univers de Gene Roddenberry transposé pour la toute première fois au cinéma.

Pour cette première incartade de l'univers créé par Gene Roddenberry dans les salle obscures, pas de créatures en costumes de papier mâché ni de décors planétaires en carton-pâte. Juste la rencontre d'un équipage mené par un capitaine Kirk promu au grade d'amiral, et d'une entité aux dimensions stupéfiantes qui ne cesse de croître. En fait, le fruit d'un fantasme né de l'imagination et du désir d'une seule espèce: l'Homme. Celui de découvrir ce qui se cache aux confins de l'univers. Si entre la série originale et ce premier long-métrage dix années ont passé, cela se ressent surtout au niveau des effets-spéciaux qui ont, il faut le reconnaitre, fait un bond immense dans le futur. Ceux qui découvrent aujourd'hui Star Trek à travers les séries qui ont suivi l'originale risquent une déconvenue au vu de la piètre qualité des effets-spéciaux de cette dernière. On ne pourra pas leur reprocher de bouder celle-ci même si déjà, le fort potentiel de cette immense saga perçait lorsque le capitaine Kirk était aux commandes du vaisseau Enterprise. On ne découvrira dans Star Trek: The Motion Picture aucune race extraterrestre, ni aucun somptueux décor de planète de type M. Afin d'absorber l'attention même des spectateurs les moins avertis, ceux qui sont encore étrangers à la philosophie qui préconise habituellement un minimum d'attention de la part du Trekkie, le scénario se veut d'une agréable légèreté. On ne demande à aucun moment au spectateur de réfléchir sur tel ou tel événement. L'histoire déroule son fil calmement. Sans se presser. L'œuvre aurait pu aisément être écourtée d'une bonne demi-heure mais comme tout bon film catastrophe, le scénario prend le temps de présenter chacun des personnages les plus importants de cette nouvelle aventure spatiale. Car si Star Trek: The Motion Picture est une œuvre de science-fiction, il s'agit également d'un film catastrophe. Tout juste a-t-on troqué une comète, un astéroïde pour une nuée aux dimensions inimaginables qui se dirige vers notre planète.




Un space-opéra qui conjugue les talents de Robert Wise à la mise en scène, et Jerry Goldsmith à la bande-son.

On retrouve donc aux cotés de Kirk (William Shatner) les très célèbres Spock (Leonard Nimoy) et le Docteur Mac Coy (DeForest Kelley). On découvre aussi de nouvelles têtes (Stephen Collins dans le rôle de Decker et Persis Khambatta dans celui d'Ilia). L'aventure, grandiose, est accompagnée d'une magnifique partition signée Jerry Goldsmith qui emporte littéralement le spectateur au cœur de la voie lactée. Aux commandes de ce space-opéra, le cinéaste Robert Wise (La Maison Du Diable) fait des merveilles. On s'amuse de constater que les costumes de l'équipage ont gardé leur aspect quelque peu ringard alors que le vaisseau à lui été totalement rénové. Les acteurs ont quand à eux pris quelques rides mais il est facile de reconnaître chacun d'entre eux. Spock et le Docteur Mac Coy conservent toujours une certaine ambiguïté dans leurs rapports. On devine toujours derrière leurs perpétuelles joutes verbales un humour pince sans rire.
 
Quand à l'idée d'opposer dans un premier temps le jeune capitaine Decker au vieux routier Kirk, elle permet à ce dernier de réaliser combien ses deux années passées à diriger les opérations spatiales l'ont éloigné des progrès immenses mis en œuvre pour rendre l'Enterprise encore plus puissant. Mais également à celui qui devient très vite son second de reconnaître chez son ancêtre, une faculté d'adaptation face au danger, hors du commun. Il est prouvé dans Star Trek: The Motion Picture que seule l'union fait la force et que les capacités de chacun bénéficient à tous.

 
Une première excursion dans les salles de cinéma plutôt réussie...


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