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samedi 16 juillet 2022

Rampage - Hors de contrôle de Brad Peyton (2018) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

L'idée même d'une adaptation de jeu vidéo sur grand écran n'est pas des plus attrayante. Mais lorsque en plus le concept de ce dernier (Rampage, développé et édité par Bally Midway en 1986) consiste à détruire des quartiers entiers en incarnant un singe, un loup ou un crocodile aux proportions démesurées, il y a de quoi franchement s'inquiéter. Réalisé par un habitué des grosses productions du nom de Brad Peyton, Rampage - Hors de contrôle est le type même du blockbuster qui tâche. Le genre de budget (cent-vingt millions de dollars) qui sied si bien aux délires de son réalisateur, de ses quatre scénaristes (Ryan Condal, Carlton Cuse, Ryan Engle et Adam Sztykiel) et de son principal interprète, ici l'acteur Dwayne Johnson dont il s'agit de la troisième collaboration avec Brad Peyton après le film d'aventures fantastiques Voyage au centre de la Terre 2 : L'Île mystérieuse en 2012 et le film catastrophe San Andreas en 2015. Autant dire que dans le cas présent, inutile de faire travailler ses méninges puisque Rampage - Hors de contrôle permet de mettre ses cellules grises en mode veille tandis que le héros, le primatologue Favis Okoye, mettra tout en œuvre pour sauver la ville de Chicago du passage de trois créatures terrestres génétiquement modifiées par l'absorption d'un gaz d'origine humaine. C'est effectivement en travaillant sur l'authentique protéine d'origine bactérienne CRISPR-cas9 que des scientifiques vont mettre au point un sérum permettant de décupler les facultés physiques de n'importe quel organisme en modifiant certaines séquences de l'ADN. Tout commence à bord d'une station spatiale où ont lieu des expériences mais ces dernières tournant mal, la seule survivante prend place à bord d'une navette à destination de la Terre. Malheureusement pour elle, l'engin explose en plein vol et disperse à la surface de notre planète plusieurs échantillons du programme avec lesquels vont entrer en contact divers animaux...


Ceux-là même que l'on rencontrait déjà à l'époque du jeu vidéo mais qui grâce aux phénoménales avancées en matières d'effets-spéciaux numériques n'ont plus rien de commun avec la ''bouillie de pixels'' de l'époque. Évidemment, il demeure dans Rampage - Hors de contrôle aussi peu de crédibilité que dans San Andreas. Tout étant revu à la sauce blockbuster bien bourrin, le film pète de partout, les morts se comptant par paquets de dix et les dégâts collatéraux étant très nombreux. Des carcasses de voitures ou de tanks broyées et volant dans les airs afin d'atteindre des hélicoptères volant en hauteur. Si tout ou partie du long-métrage paraît improbable, une fois le concept accepté, on passe un très bon moment. Et si aucune profondeur ne vient enrichir le script, si certaines facilités scénaristiques étonnent (heu... que font les politiques ? Sont-ils seulement au courant de ce qu'entreprend l'armée?), si les méchants sont aussi insuffisamment caractérisés que le héros et son entourage, le plaisir coupable et enfantin de voir tout s'écrouler comme un château de sable ou de carte reste jouissif. D'autant plus que le principal avantage de Rampage - Hors de contrôle est que l'on n'aura pas à ranger sa chambre une fois le défouloir parvenu à son terme. Un film pour tous et à tous les âges. Du plus jeune jusqu'au plus vieux. Les enfants ne feront pas de cauchemars et les anciens ne risqueront pas la crise cardiaque. Rien d'effrayant, donc. Une bande-son assurée par le fidèle compositeur du réalisateur, Andrew Lockington, énergique et collant parfaitement à l'action (sorte de resucée de tout ce que l'on peut entendre dans ce genre de long-métrage), de quoi en prendre plein les yeux grâce à une mise en scène vivante et un montage rapide (mais pas trop, histoire de ne pas se tuer les yeux devant l'écran), des effets-spéciaux concluant avec ses bêbêtes génétiquement modifiées et ces buildings, voitures, bateaux, soldats qui explosent, volent ou sont dévorés par nos Godzilla et King Kong de substitution. Bref, le film primaire idéal !


A noter qu'aux côtés de l'ancien footballeur et ancien catcheur Dwayne Johnson, nous retrouvons notamment l'actrice Naomie Harris dans le rôle du docteur Kate Caldwell, Jeffrey Dean Morgan (le méchant Negan de la série télévisée The Walking Dead) dans celui de l'agent Harvey Russell de l'OGA ainsi qu'en tant qu'antagonistes, l'actrice Malin Akerman dans le rôle de Claire Wyden et Jake Lacy dans le rôle de son frère et collaborateur Brett...

 

samedi 31 juillet 2021

Jungle Cruise de Jaume Collet-Serra (2021) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Jaume Collet-Serra...  Jaume Collet-Serra... Ça me parle... Ca serait pas l'un des deux auteurs du film d'horreur espagnol [•REC] ? Mince, non, je confonds avec Jaume Balagueró. Mais alors... ? Bon sang mais c'est bien sûr : c'est le gars qui a attiré ma curiosité il y a douze ans en salle avec Esther. Un long-métrage dont je n'ai pourtant conservé aucun souvenir. Ce soir, j'avais le choix entre rester enfermé entre les murs de mon appartement et me farcir les quasi deux heures de Le dernier Mercenaire, le dernier ''Van Damme'' et Jungle Cruise de Jaume Collet-Serra . Mais après avoir assisté cet après-midi aux vingt premières minutes sur Netflix du premier, j'ai compris que ça n'allait pas voler bien haut et surtout, que la tendance allait trop tirer du côté ''djeuns'' pour me convenir. Mais j'y reviendrai, c'est certain. C'est donc en traînant des pieds que j'ai transporté ma carcasse jusqu'à la première salle de cinéma pas trop éloignée de chez moi pour y découvrir ce que je n'attendais pas comme le nouveau messie du film d'aventures façon Indiana Jones mais plutôt comme une épopée comique et bourrée d'action. Pourtant pas spécialement fan de l'hypertrophié musculaire Dwayne Johnson malgré un San Andreas aussi réjouissant qu'improbable en 2015, c'est plutôt le joli d'Emily Blunt minois qui m'a fait passer la porte du cinéma. En réalité, plutôt l'évocation de certains longs-métrages dans lesquels j'avais pu la découvrir auparavant. Non pas le surestimé Sans un Bruit de  John Krasinski mais plutôt Sicario de l'un de mes chouchous, le canadien Denis Villeneuve, Looper de Rian Johnson ou encore un peu plus loin, L'agence de George Nolfi...  

 

Pas trop de monde dans la salle, deux ou trois couples, quelques solitaires et une famille, enfants et adolescents compris. Fondu au noir dans la salle... Cent vingt-huit minutes plus tard, qu'en est-il du long-métrage de  Jaume Collet-Serra ? À dire vrai, pas grand chose. Un long-métrage friqué pour familles nombreuses, comportant des clins d’œil plus ou moins ouvertement officiels. Si la bande-annonce promettait une action sans fin, sans coupures ainsi que des myriades de séquences à effets-spéciaux, la durée de Jungle Cruise impose de longs passages de bavardages pas vraiment passionnants. On sourit gentiment et le trio formé par Dwayne Johnson, Emily Blunt et Jack Whitehall est relativement attachant. On a droit à l'évocation de l'homosexualité de MacGregor Houghyon, le frère de l'héroïne Lily. Trop pour un film qui ne s'y prête pas forcément mais pas assez pour la communauté LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres) qui aurait aimé qu'en dehors de quelques (vulgaires) références, le mot Gay imprime le récit.  Jack Whitehall et son allure de Kyle MacLachlan rajeunit de trente ou quarante ans, Emily Blunt et son agaçant personnage emprunté à celui de À la poursuite du diamant vert (Kathleen Turner interprétant le rôle de Joan Wilder dans le film de  Robert Zemeckis en 1984), Dwayne Johnson et sa silhouette, son visage qui lui donnent l'allure d'un Mads Mikkelsen bodybuildé permettent de ne pas trop s'ennuyer même si un énorme ventre mou s'installe au bout d'une heure et quart et pour les trente minutes suivantes. Et autant de temps qu'il aurait peut-être été de bon ton de nous épargner en l'expurgeant afin de rendre le film aussi attractif que sa bande-annonce...  

 

Jungle Cruise est une comédie d'aventures qui emprunte autant aux Aventuriers de l'arche perdue de Steven Spielberg avec ses allemands dirigés par un certain Prince Joachim (l'acteur Jesse Piemons dans une sorte de grotesque croisement entre Matt damon et Benny Hill) qu'à  Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar de  Joachim Rønning et Espen Sandberg puisque le personnage de Aguirre interprété par Edgar Ramirez et ses hommes évoquent immédiatement celui du capitaine Armando Salazar qu'incarnait quatre ans plus tôt l'acteur espagnol Javier Bardem. Rien de transcendant, donc, ni rien de véritablement innovant en matière d'aventure, de mise en scène, d'interprétation ou d'effets-spéciaux. La faune recréée en images de synthèse s'avère peu crédible (à chaque apparition du jaguar Proxima, le fauve pue littéralement les CGI). Le film, censé se dérouler sur le fleuve Amazone a en réalité été tourné à des milliers de kilomètres de là, dans l'archipel d'Hawaï. L'illusion y est cependant parfaite et les décors de toute beauté. Sûr que les plus jeunes et celles et ceux qui ne connaissent toujours pas les grands classiques du cinéma d'aventures risquent de se réjouir en partie de ce spectacle haut en couleurs. Les autres risquent par contre de faire grise mine et peut-être même de s'y ennuyer. Sans être totalement inconsistants, les personnages (et le film, issu d'une attraction disponible dans certains parcs Disney) s'avèrent plutôt fades au regard de leurs ancêtres dans le domaine. Un film que l'on aura tôt fait d'oublier... Ce qui n'empêche pas l'acteur Dwayne Johnson de rêver déjà d'une séquelle...

dimanche 22 novembre 2020

San Andreas de Brad Peyton (2015) & Maximum Overdrive de Stephen King (1986)



Nouvelle soirée spéciale mais cette fois-ci consacrée à une œuvre catastrophe et une autre catastrophique. Bien que la première aurait pu être la seconde, elle parvient tout de même à remplir son principal objectif, celui de divertir. Car oui, San Andreas est avant tout autre chose, un spectacle visuellement ahurissant. Bien entendu, pour ce qui est du réalisme, il faudra aller chercher ailleurs et notamment du côté de Earthquake de Mark Robson qui demeure même quarante ans après sa sortie comme le meilleur film sur le sujet des tremblements de terre et l'un des tout meilleurs films catastrophes de l'histoire du cinéma.

Le cinéaste canadien Brad Peyton n'est pas un parfait inconnu puisque ce réalisateur, scénariste et producteur de trente-six a débuté sa carrière à l'âge de vingt-deux ans avec Full. Depuis, il a tourné plus d'une dizaine de films dont Voyage au Centre de la Terre 2 : L'Île Mystérieuse. Son dernier film, lui, est un spectacle numérique permanent comptant quelques faux plans-séquences particulièrement réussis. Si l'introduction du film est grotesque et totalement surréaliste (il faut voir la jeune femme victime d'un improbable accident survivre à une chute dans un gouffre de plusieurs dizaines de mètres), les scènes d'apocalypse vont se succéder à un rythme endiablé.
Prenant la voie de la surenchère au même titre que le 2012 de Roland Emmerich, le film de Peyton lui est pourtant très supérieur. En tout cas, moins agaçant et plus plaisant à suivre.

Dwayne Jonhson campe le rôle d'un secouriste qui aux commandes de son hélicoptères aide son prochain. La tâche à laquelle il va devoir s'atteler sera cette fois-ci un peu particulière puisqu'il s'agira d'abord de sauver celle censée devenir bientôt son ex-épouse (l'actrice Carla Gugino récemment vue dans la série produite par M. Night Shyamalan, Wayward Pines), puis ensuite, de venir en aide à leur fille Blake (Alexandra Daddario) heureusement épaulée par deux frangins (Hugo Johnstone-Burt et Art Parkinson).

Très franchement, si le film en met plein la vue en matière d'effets-spéciaux et si le récit, parfois abracadabrant, tient le spectateur en haleine, il faudra laisser ses neurones au vestiaire. On a droit au sempiternel divorce, à l'amant d'abord charmant et qui va se révéler un parfait poltron, à l'amourette entre adolescent et au petit frère débrouillard. Sauf qu'ici, et contrairement à une grande majorité de films catastrophes, le sujet ne développe pas l'aspect humanitaire qui pousse généralement l'homme à aider son prochain quoi qu'il arrive. San Andreas se borne à suivre le sauvetage d'une gamine par ses parents avec en toile de fond un aspect scientifique balayé un peu trop rapidement pour être convaincant. Toujours est-il que malgré son physique de catcheur (qu'il est d'ailleurs), l'acteur Dwayne Johnson parvient tout de même à interpréter le rôle relativement émouvant de ce sauveteur qui quelques années auparavant a perdu l'une de ses filles dans un accident de rafting sans parvenir à la sauver. Par contre, tout réussis qu'ils sont, les effets-spéciaux sont tellement nombreux à l'image qu'ils finissent par nuire au visuel de l'ensemble. Si dans leur globalité ils demeurent impressionnants, on ne sait parfois pas où donner du regard et cela gâche un peu le plaisir. C'est d'ailleurs durant les passages les moins engorgés en la matière que le film se révèle le meilleur. Malgré la crainte du début, San Andreas se trouve être finalement un très agréable divertissement qui ne peut que ravir la famille...

La suite fait un peu plus mal à la rétine. Stephen King, écrivain que l'on ne présente plus et qui est le plus adapté au cinéma et à la télévision décide un jour d'endosser le rôle de réalisateur. Pour cela, il adapte une nouvelle écrite de sa propre main, Poids Lourds, extraite de son recueil Danse Macabre. L'idée est pourtant au départ des plus séduisante. Imaginez donc vos objets électriques se mettant à agir indépendamment de votre volonté au point de tout faire pour vous faire passer de vie à trépas.

On imagine tout d'abord que signé du maître de l'épouvante, Maximum Overdrive ne pourra qu'exceller dans le domaine de l'horreur. Pourtant, on déchante assez vite. La faute à un rythme d'une lenteur stupéfiante. Et même la présence de Emilio Estevez n'y changera rien. Le film est d'un mortel ennui. Et le pire pour un auteur d'épouvante est que le spectateur ne ressente pas la peur devant son œuvre. C'est malheureusement le cas avec ce Maximum Overdrive qui, au contraire des classiques du nanar que l'on prend un immense plaisir à partager entre amis, ne vaut absolument pas la peine que l'on perde plus d'une heure trente à le regarder. Un ratage complet !

samedi 28 septembre 2019

Doom d'Andrzej Bartkowiak (2005) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Alors là, je sais pas quoi dire. Pas quoi écrire. Et encore moins penser tant le spectacle auquel l'on fait face lorsque l'on est mis devant le fait accompli se révèle d'une bêtise plus imposante que tous les muscles des soldats réunis dans cette soupe mélangeant abominablement action et science-fiction dans des décors d'une pauvreté désarmante. Ça n'est certes pas la première fois que le septième art propose une histoire et un contexte aussi pauvres mais lorsque l'on pense aux soixante-dix millions de dollars qui ont été injectés dans cette adaptation de l'un des plus célèbres jeux vidéos, il y a de quoi trouver cela indécent. Si passe encore le peu d'envergure scénaristique du jeu vidéo créé en 1993 par la célèbre société de développement de jeux vidéos ID Software, sur grand écran, il en va autrement. Autant dire que Doom s'adresse à un public averti.

Si l'intrigue se déroule sur Mars, il ne faudra pour autant pas s'attendre à un quelconque space opera ou à une œuvre de l'envergure d'un The Martian réalisé bien des années plus tard par Ridley Scott. Tiens, d'ailleurs, en évoquant celui-ci, Doom peut faire penser à quelques encablures prêt à l'un des classiques qu'il réalisa en 1979. Le chef-d’œuvre de science-fiction et d'épouvante Alien, le Huitième Passager. Et peut-être même encore plus à sa suite qui fut réalisée cette fois-ci par le réalisateur James Cameron sept ans plus tard sous le titre Aliens, le Retour. Le réalisateur polonais Andrzej Bartkowiak convoque à l'occasion de ce qui demeure à ce jour son antépénultième long-métrage, les coursives du long-métrage de Scott et les marines de Cameron. Après ça, Doom se différencie par une approche bourrine, une mise en scène et une écriture exécrables. Incarné par des acteurs ayant la particularité de posséder dans leur grande majorité une arcade sourcilière aussi saillante que leurs lointain ancêtres les homo-sapiens, ces derniers sont de plus affublés (du moins dans notre langue) d'un timbre de voix collant parfaitement à leurs agissements de soldats bas du front !

Agités par une volonté farouche de battre des records en matière de punchlines débilitante, chacun y va de sa phrase assassine puérile, la médaille d'or revenant sans doute au personnage du caporal Dean Portman qu'interprète l'acteur Richard Brake. Un exemple comme un autre qui décrédibilise totalement le récit comme cela est généralement le cas dans ce genre de science-fiction de petite envergure. Et dire que Dave Callaham et Wesley Strick s'y sont mis à deux pour nous pondre un scénario qui pompe également (et honteusement) le chef-d’œuvre de John Carpenter, The Thing. Amateurs de finesse, passez votre chemin. Qu'il s'agisse de l'intrigue, des dialogues ou de la mise en scène, même la touche féminine apportée par l'actrice britannique Rosamund Pike ne parvient jamais à relever le niveau. Les décors sont affreux, minimalistes et baignés d'une lueur bleutée qui à la longue fini par s'avérer usante nerveusement. Visuellement inconfortable, Doom se pare d'une partition musicale indigeste signée par le musicien britannique Clint Mansell, pourtant capable du meilleur lorsqu'il compose notamment pour le cinéaste Darren Aronovsky (Pi, Requiem for a Dream, etc...). Restent quelques passages durant lesquels nos marines dégénérés font la connaissance de créatures techniquement plus ou moins convaincantes. À part cela, Doom est une authentique purge !!!
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