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mardi 3 juin 2025

Wishmaster de Robert Kurtzman (1997) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Après avoir découvert la veille le second volet de la franchise Wishmaster intitulé Evil never Dies, retour en arrière de deux années avec le premier des quatre chapitres, réalisé celui-ci par Robert Kurtzman, auteur de nombreux effets-spéciaux et notamment sur les tournages de Evil Dead 2 de Sam Raimi, The Hidden de Jack Sholder, Phantasm II de Don Coscarelli, Misery de Rob Reiner et d'innombrables autres longs-métrages horrifiques. Entre 1995 et 2010, ce concepteur d'effets-spéciaux de maquillage aura en outre réalisé cinq films dont aucun n'aura su dépasser le simple stade de petite production d'horreur. Deux ans après avoir mis en boite The Demolitionist, Robert Kurtzman réalise donc Wishmaster dans lequel il met en scène un Djinn qui sous sa forme humaine se fait appeler Nathaniel Demerest. Pour la première des deux seules fois où il apparaît sous les traits de l'acteur vénézuélien Andrew Divoff, ce démon accomplissant les vœux de ses victimes contre lesquels il exige qu'elles lui offrent leur âme est libéré alors qu'il était enfermé dans une opale incandescente elle-même dissimulée dans une statue qu'avait prévu d'ajouter à sa collection un certain Raymond Beaumont. Ce premier Wishmaster de la franchise ne démarre malheureusement pas sous les meilleurs augures puisque le récit remonte tout d'abord aux origines qui ont menées le Djinn à se retrouver pris au piège d'une pierre précieuse. Une séquence relativement courte mais qui laisse déjà entrevoir la piètre qualité de certains effets. Comme ces décors et ces costumes persans de l'an 1127 dont les uns ont l'air conçus en carton-pâte tandis que les autres semblent avoir été fabriqués par des amateurs en prévision d'une convention consacrée à l'Histoire iranienne ! Bref, rien de bien entreprenant s'agissant de plonger le spectateur dans un cadre fantastico-réaliste en ce sens où l'action se déroule ensuite dans le présent. Époque où le scénario inclus donc divers éléments fantastiques. Un script que l'on doit d'ailleurs au scénariste Peter Atkins (auquel on doit ceux des quatre volets de la franchise mais aussi ceux de la quasi totalité des volets de la saga Hellraiser), acteur, producteur, qui signe ici une histoire plutôt quelconque cependant aidée par quelques intervention de notre créature dont l'interprète est déjà très à l'aise consistant son cabotinage. Andrew Divoff était à ce titre l'acteur idéal. Entre sourire carnassier, orbites enfoncées sous une paire de sourcils frondeurs et visage grêlé admirablement mis en scène en lumière rasante, le voir s'amuser en laissant ses victimes espérer obtenir ce qu'elles désirent sans imaginer un seul instant les conséquences de leur choix demeure déjà dans ce premier volet, une friandise plutôt alléchante...


Pour le reste, ce premier long-métrage de la franchise prépare à la suite, et donc au second dont les différences s'avèrent finalement minimes même si les environnements changent parfois drastiquement. Ensuite, tout est affaire de goût. Les uns préféreront peut-être le maquillage du Djinn présent dans ce premier long-métrage tandis que les autres auront sans doute un coup de cœur pour l'aspect humide qu'il arbore dans le second. Coté effets-spéciaux, rien de bien remarquable dans ce Wishmaster qui ne semble donc pas devoir trôner au sommet de la franchise. Là encore, tout ne reposera que sur certaines attentes de la part du spectateur. Peut doté d'effets gore (en dehors d'un arrachage de mâchoire plutôt sympathique), l'actrice Tammy Laurent en fait des tonnes dans le rôle d'Alexandra Amberson et s'avère moins ''affriolante'' que Holly Fields qui dans Wishmaster 2: Evil Never Dies incarnait le rôle de Morgana. Wishmaster semble surtout devoir reposer sur la présence d'une galerie non pas de personnages mais d'interprètes que les amateurs de cinéma horrifico-fantastique apprécieront. Produit en partie par Wes Craven (le papa de la dernière maison sur la gauche, La colline a des yeux, Les griffes de la nuit ou la franchise Scream), Wishmaster 2: Evil Never Dies permet en effet de retrouver quelques acteurs emblématiques du cinéma d'horreur. Les anglophones apprécieront tout d'abord de découvrir le film en version originale pour la présence de l'acteur Angus Scrimm (rendu mondialement célèbre pour son incarnation du Tall Man dans la saga Phantasm) en narrateur. Du côté des acteurs directement présents à l'image, nous citerons Ted Raimi (frère de Sam) dans le petit rôle d'Ed Finney (lequel termine broyé par la chute d'un container enfermant la statue du dieu Ahura Mazda). Puis surviennent à l'écran, Robert ''Freddy Krueger'' Englund, Kane Hodder (plusieurs fois interprète du tueur en série Jason Voorhees de la franchise Vendredi 13), Tony Todd (le Candyman du long-métrage éponyme réalisé en 1992 par Bernard Rose) ou encore Joseph Pilate qui en 1985 interpréta notamment l'immonde Capitaine Henry Rhodes dans l'un des chefs-d’œuvre de George Romero, Day of the Dead. Pourtant, la présence de ces divers acteurs ne modifient malheureusement pas le fait que Wishmaster demeure un film d'horreur relativement moyen...

 

lundi 2 juin 2025

Wishmaster 2: Evil Never Dies de Jack Sholder (1999) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Wishmasters est une franchise de films horrifico-fantastiques respectivement réalisés entre 1997 et 2002 par Robert Kurtzman (Wishmaster), Jack Sholder (Wishmaster 2: Evil Never Dies), et Chris Angel (Wishmaster 3: Beyond the Gates of Hell et Wishmaster 4: The Prophecy Fulfilled). Tout commence en l'an 1127 lorsqu'en Perse, le magicien Zoroastre parvient à enfermer un Djinn dans une opale. Laquelle est ensuite cachée dans la statue d'Ahura Mazda... Pourquoi avoir choisi le second volet de celui qui dans le monde réel se cache sous le nom de Nathaniel Demerest ? Tout d'abord, parce que celui-ci se déroule en partie en milieu carcéral et que la thématique des prisons m'interpelle généralement. Ensuite, et cela peut paraître comme la raison la plus évidente, le long-métrage est signé de Jack Sholder. Un nom que les anciens connaissent forcément puisque dans le courant des années quatre-vingt, le réalisateur américain signa quelques bobines particulièrement sympathiques (Alone in the Dark en 1982, le controversé A Nightmare on Elm Street Part 2: Freddy's Revenge en 1985 ou encore Flic et rebelle en 1989) parmi lesquelles, l'un des meilleurs films de science-fiction et d'action de la seconde moitié de la décennie avec The Hidden. Une œuvre auréolée de plusieurs récompenses dont le Grand Prix du Festival international du film fantastique d'Avoriaz en 1988 ! Doté d'un budget plutôt réduit (deux millions et demi de dollars), Wishmaster 2: Evil Never Dies remet pour la seconde fois en selle l'excellent acteur vénézuélien Andrew Divoff. Habitué aux rôles d'antagonistes (48 heures de plus de Walter Hill en 1990, Air Force One de Wolfgang Petersen en 1997 ou bien Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal de Steven Spielberg en 2008), il est notamment apparu dans plusieurs séries télévisées. Andrew Divoff incarne donc pour la seconde fois le rôle du Djinn, représentation maléfique qui sous un épais maquillage en latex montre parfois son vrai visage. À ce titre, la qualité des effets-spéciaux prosthétiques mérite d'être signalée. Dans cette nouvelle aventure, nous faisons la connaissance de Morgana, jeune femme sexy interprétée par l'actrice Holly Field qui lors d'un cambriolage dans un musée qui tourne mal libère par accident le Djinn qui jusque là était donc enfermé dans une opale elle-même dissimulée dans une statue.


Le petit ami de la jeune femme et un troisième complice sont tués par le garde du musée avant que Morgana ne tue ce dernier. Prenant la fuite, elle laisse derrière elle son compagnon qui s'apprête à mourir lorsque le Djinn propose à celui-ci d'exaucer un vœu en échange de son âme. Plus tard, la police débarque sur le lieu de drame et arrête le djinn qui sous les traits de Nathaniel Demerest s'accuse du meurtre du gardien. Pour quelle raison ? Se retrouver derrière les barreaux et ainsi pouvoir proposer ses services aux prisonniers en échange de leur âme. Mais alors que le Diable est enfermé, il semble être connecté à distance avec Morgana. Laquelle fait appel à son ami, le père Gregory (l'acteur Paul Johansson), afin de l'aider à débarrasser la terre de la présence du démon avant que celui-ci ne parvienne à réaliser une prophétie... L'un des autres atouts de ce Wishmaster 2: Evil Never Dies demeure évidemment dans la présence à l'image de l'acteur vénézuélien dont le cabotinage tout en retenue et sourire démoniaque est un régal de tous les instants. L'un des aspects les plus plaisants consiste également dans la réalisation de certains vœux que le Diable va prendre au pied de la lettre. Comme lorsqu'un taulard veut traverser les barreaux d'une cellule pour s'enfuir de prison ou lorsqu'un autre aimerait que son avocat se ''fasse mettre''. Sans parler de cette drôlatique séquence lors de laquelle le propriétaire mafieux d'une boite de nuit désire la tête de son pire ennemi... Alors que l'un des tout premiers vœux débouche sur une scène plutôt gore, la suite demeure nettement moins graphique que l'on pouvait l'espérer. Si le maquillage d'Andrew Divoff lorsqu'il apparaît sous les traits du Djinn est effectivement remarquable, on n'en dira pourtant pas autant de certains décors ''infernaux'' qui démontrent les limites imposées à l'époque concernant les effets-spéciaux visuels ! Bref, ça n'est pas du grand cinéma, l'on ne retrouve pas le génie et la sensibilité du Jack Sholder de The Hidden mais Wishmaster 2: Evil Never Dies n'est jamais vraiment déplaisant à regarder. Notons que dès le troisième volet de la franchise, Andrew Divoff sera malheureusement remplacé par l'acteur John Novak. L'absence du vénézuélien s'explique par le fait qu'il ait proposé un scénario écrit par ses soins mais refusé par les producteurs qui préférèrent celui d'un certain Alex Wright. Un script que l'acteur détesta au point qu'il choisi de claquer la porte, laissant ainsi John Novak reprendre le rôle...

 

samedi 11 janvier 2025

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Richard Speck - Chicago Massacre de Michael Feifer (2007)



De la fiction...

Après avoir été condamné à consulter un psychologue à la suite d'un vol de véhicule, Richard Speck est libéré. Ce jeune homme de vingt-cinq ans seulement a un casier long comme le bras constitué de pas moins de trente-six arrestations. Alors qu'il a promis au juge des peines de prendre rendez-vous auprès d'un psychologue, il fuit et monte dans un train en direction de Chicago. Durant le trajet, il fait la connaissance de la jolie Sharon, étudiante infirmière qu'il croise plus tard alors qu'il flâne dans les rues de la ville. S'invitant plus tard dans l'internat où dort la jeune femme, Richard lui demande de l'argent. Devenant de plus en plus pressant, il s'en prend à une amie de Sharon qui en entendant du bruit surgit brusquement de sa chambre.

Richard s'en prend également à elle ainsi qu'aux autres étudiantes qu'il réveille les une après les autres. Réunies dans la même pièces, il leur demande de s'attacher les poignets entre elles avant d'en saisir une par le bras et de se rendre dans une autre chambre afin de lui faire subir des sévices. Richard menace la jeune femme d'une arme à feu, la frappe, l'étrangle et la tue à coups de couteau. Une fois qu'il en a terminé avec elle, part s'occuper de la suivante, et ainsi de suite. Malheureusement pour lui, des neuf étudiantes, une parvient à se cacher. Le lendemain, la police est prévenue et lorsque l'officier Jack Whitaker, chargé de l'enquête, arrive dans le dortoir, c'est pour constater l'effroyable spectacle : huit jeune étudiantes-infirmières ont été tuées...

Chicago Massacre est le premier long-métrage de Michael Feifer en tant que réalisateur. Et autant le dire tout de suite, pour un début, c'est plutôt raté. Basé sur un fait divers monstrueux qui se déroula à Chicago le 14 juillet 1966, le film retrace le parcourt sanglant du tueur de masse Richard Speck. Afin de ressembler physiquement au tueur, l'acteur Corin Nemec est affublé de prothèses en latex fixée sur les joues et rappelant le visage très abîmé de l'auteur des meurtres.
Corin Nemec est surtout connu pour avoir été l'acteur principal de la série pour adolescents Parker Lewis ne Perd Jamais entre 1990 et 1992. Depuis, on ne peut pas dire qu'il ait fait une carrière mémorable si ce n'est pour de courtes apparitions dans quelques célèbres séries télévisées (Beverly Hills, NCIS : Los Angeles). Depuis, on a pu le découvrir dans d'improbables productions animalières (Robocroc, Lake Placid vs. Anaconda) et le cinéaste responsable de Chicago Massacre lui a même confié des rôles dans plusieurs de ses films puisqu'on le reverra dès les second et troisième films du cinéaste.

Dire que Chicago Massacre est mauvais est un euphémisme, et ce n'est pas les présences des acteurs Andrew Divoff (Lost, Esprits Criminels) et de Tony Todd (Candyman, The Man from Earth) qui changeront grand chose. Si les meurtres sont effectivement sordides, la mise en scène et mollassonne et brouillonne. Des flash-back disséminés un peu n'importe comment, une image trop propre pour rendre l'horreur du fait divers et une enquête inexistante ou du moins, inintéressante au possible...

… à la réalité

Né le 6 décembre 1941 et mort le 5 décembre 1991, Richard Speck s'est rendu tristement célèbre après avoir massacré huit jeune infirmières dans une maison où elle avaient l'habitude de loger. C'est grâce au témoignage de l'unique survivante qui se cacha pendant que ses camarades étaient atrocement tuées que la police est parvenue à mettre la main sur le coupable seulement cinq jours après les faits. Condamné à mort lors de son premier procès, sa peine est ensuite commuée à 400 ans de prison. Richard Speck fut également soupçonné d'avoir commis trois autres meurtres mais l'absence de preuve fit qu'il ne pu être reconnu coupable...

dimanche 18 décembre 2022

48 heures et 48 heures de plus de Walter Hill (1983 & 1990)

 


 

Producteur, scénariste mais aussi et surtout réalisateur d'innombrables longs-métrages particulièrement efficaces, Walter Hill sort du tournage de l'oppressant Southern Comfort lorsqu'il tourne le premier volet du diptyque 48 Hours. Sorti sur les écrans en 1982, 48 Heures met en scène l'acteur Nick Nolte dans le rôle de l'inspecteur de police Jack Cates. Les deux hommes se retrouveront tout d'abord sur le tournage d'Extrême préjudice en 1987 puis sur celui de 48 heures de plus trois ans plus tard. Face à Nick Nolte, Eddie Murphy entame sa carrière d'acteur à l'écran après s'être notamment fait connaître en tant qu'humoriste dans l'émission de télévision américaine Saturday Night Live. Le mythe est né puisqu'avec 48 heures, l'afro-américain va entamer une carrière émaillée d'énormes succès populaires parmi lesquels le génial Un fauteuil pour deux de John Landis dès l'année suivante, Le Flic de Beverly Hills de Martin Brest en 1984 ou encore Un prince à New York lui aussi réalisé par John Landis en 1988. Comme on le soupçonne assez rapidement, 48 heures est un buddy movie qui oppose donc un flic coriace à un détenu (ici, en l'occurrence Eddie Murphy dans le rôle de Reggie Hammond), lequel purge une peine de prison dont il lui reste six mois à effectuer lorsque l'inspecteur Jack Cates le prend en charge afin que le taulard l'aide à enquêter sur deux hommes qui se sont rendus responsables de la mort de l'un de ses collègues (Jonathan Banks dans le court rôle de l'inspecteur Algren). James Remar et Sonny Landham incarnent ces deux criminels en cavale que l'improbable duo va poursuivre dans les rues de San Francisco. Le premier débute sa carrière au cinéma à la fin des années soixante-dix et apparaît notamment déjà auprès de Walter Hill dans le film culte de Les guerriers de la nuit en 1979 tandis que le second y incarnera le petit rôle d'un flic avant d'apparaître dans le rôle du soldat mercenaire Billy Sole dans l'excellent Predator de John McTiernan en 1987. 48 Heures mêle comédie, action et policier tandis que Nick Nolte et son acolyte Eddie Murphy campent un duo efficace qui pourtant, et cela demeure flagrant surtout si l'on compare le film à ce qui s'est fait les années suivantes, a quelque peu vieilli. L'on pouvait envisager que l'engouement demeurerait intact mais l'intrigue et le rythme s'avèrent aujourd'hui relativement poussifs tandis qu'à l'époque le film n'était rien moins qu'un modèle de Budy Movie. Le long-métrage de Walter Hill n'en demeure pas moins une excellente comédie policière campée par un tonitruant duo et par des méchants particulièrement sadiques et charismatiques. Une œuvre qui servira d'ailleurs sûrement de références pour les ''copies'' qui verront le jours des années plus tard à l'image de la géniale franchise de Richard Donner, L'arme fatale...


Fausse suite du premier volet bien que certains éléments rattachent le récit de cette séquelle à l'original, 48 heures de plus sort huit ans après 48 heures et semble rendre tout d'abord hommage au cinéma de l'italien Sergio Leone avec son ouverture à la manière du chef-d’œuvre Il était une fois dans l'Ouest de 1969. sauf qu'ici, les chevaux se situent sous le capot de grosses cylindrées pilotées par trois individus qui n'ont rien à envier aux deux criminels du premier volet. Trois terreurs en blouson noirs, armés jusqu'aux dents et au faciès de croquemitaine ! Cette fois-ci, la collaboration entre le flic et Reggie (qui purgea ENCORE une peine de prison de sept années) va s'avérer plus que nécessaire puisque les deux hommes vont personnellement avoir à faire avec Malcom Price (l'acteur Ted Markland), Willie Hickok (David Anthony Marshall) et Cherry Ganz (Andrew Divoff). Si les trois hommes veulent abattre Reggie, c'est parce qu'un étrange individu se faisant appeler L'ange bleu les a engagé pour cela. Et si l'un de ces trois criminels s'acharne à vouloir tuer l'inspecteur Jack Cates, c'est parce que ce dernier tua des années en arrière son frère Albert Ganz, l'un des deux malfaiteurs que l'on pouvait voir dans 48 heures. Une nouvelle fois confiée au compositeur James Horner, la bande musicale de 48 heures de plus ressemble étrangement à celle que composa Roy Budd en 1980 pour Commando que réalisa Ian Sharp. Non seulement certains accords semblent avoir été ''empruntés'' aux compositions de ce dernier mais l'usage là aussi de Steel Drums paraît écarter le moindre doute à ce sujet ! Parmi les seconds rôles l'on retrouve Brion James dans le rôle de l'inspecteur Ben Kehoe qui déjà était présent dans le premier volet tandis que Kevin Tighe incarne l'infâme Blake Wilson, lequel tente par tous les moyens possibles de nuire à la carrière de Jack Cates...

 

mercredi 29 septembre 2021

The Rage de Robert Kurtzman (2007) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

The Rage de Robert Kurtzman n'a rien à voir avec le long-métrage que réalisa David Cronenberg en 1977 ni avec son infâme remake signé des sœurs Jen et Sylvia Soska de 2019. Non, l'auteur en 1997 de Wishmaster accouche plutôt avec son troisième long-métrage en 2007 d'un ersatz du Re-Animator de Stuart Gordon. Ce classique du gore vieux de trente-six ans qui continue à faire son petit effet auprès des fans du cinéma d'horreur. Avec ses deux petits millions de dollars de budget, The Rage se range directement dans la catégorie des petites productions horrifiques flirtant avec le Z. Robert Kurtzman reprend à son compte le concept du film d'infectés avec son scientifique d'origine russe (l'acteur vénézuélien Andrew Divoff), le docteur Viktor Vasilienko, qui après s'être fait voler ses recherches basées sur un sérum contre le cancer et après avoir subit des traitements visant à lui faire perdre la tête est parvenu à prendre la fuite pour se consacrer désormais à la conception d'un virus visant à annihiler l'espèce humaine. Dire que ses ennemis sont entre-temps parvenus à lui faire perdre la raison est un euphémisme puisque en comparaison, on peut considérer que le docteur Herbert West de Re-Animator fut tout à fait sain d'esprit. C'est dire s'il manque une case (et même plusieurs) à Viktor Vasilienko qui n'hésite pas à se servir de cobayes humains dans une grange transformée pour l'occasion en laboratoire de recherches scientifiques. Alors qu'il semble avoir réussi à mettre au point le fruit de ses recherches, il est mordu par l'un de ses cobayes infectés qui de plus, parvient à prendre la fuite. Dehors, la créature commence par s'en prendre à tout ce qui se trouve sur son chemin mais finit par mourir, laissant ainsi tout loisir à des vautours de se repaître de ses chairs. Résultats, ces volatiles charognards se retrouvent à leur tour infectés et s'en prennent désormais à toutes celles et ceux qu'ils repèrent dans le coin. À commencer par un homme, sa nièce et son neveu...


Un pécheur venu avec les enfants de son frère disparu et pour lesquels le réalisateur ne va avoir aucune pitié. Car quel que soit l'âge de ses victimes, Robert Kurtzman leur inflige les pires horreurs à travers une succession de séquences gore qui, si elle n'atteignent pas le haut de degré de conception de celles du chef-d’œuvre de Stuart Gordon ont tout de même le mérite d'être en très grand nombre. Dès les premières minutes le massacre commence. Membres arrachés, têtes qui volent dans les airs, le pire à craindre pour les cinq jeunes gens (trois fille et deux garçons) qui vont bientôt prendre le relais de l'oncle Ben (non, non, pas celui de la fameuse marque de riz) et des rejetons de son frère au sein d'une intrigue se résumant à pas grand chose d'autre que de survivre, ce sera ces quatre vautours qui après avoir repéré leur proies en hauteur finiront par fondre sur elles afin de les massacrer. Éventrations, énucléations, et j'en passe et des meilleurs. Les effets-spéciaux ne sont peut-être pas parmi les plus remarquables que l'on ait pu voir au cinéma mais ils sont généreux et surtout, émaillent la plupart des séquences. C'est crade et le sang pisse de partout. Il n'y a guère que les vautours qui soient totalement ratés puisqu'ils ressemblent davantage à des dindes très énervées qu'à des rapaces amateurs de viande faisandée. Pas de grande vedette du cinéma d'horreur et d'épouvante à l'horizon mais l'on peut tout de même noter la présence à l'écran de l'acteur Reggie Bannister, l'un des principaux interprètes de la franchise Phantasm de Donn Coscarelli que les fans reconnaîtront sans le moindre doute. Il incarne ici le rôle de l'oncle Ben auquel le récit offre un sort peu enviable. Vomi par un très grand nombre de critiques, The Rage est certes basique d'un point de vue scénaristique, relativement mal interprété et doté d'un visuel vraiment laid, mais le film de Robert Kurtzman possède cependant un rythme plutôt soutenu et de très nombreuses séquences gore. De quoi contenter les amateurs du genre...

 

samedi 31 mars 2018

Sélection de 3 films à voir, à revoir... ou à éviter (10)

Il y eut en 2006, un remake au classique de George Romero, La Nuit des Morts-Vivants, Night of the Living Dead 3D. En fait, il s'agissait du second remake puisque seize ans auparavant, le maquilleur de génie Tom Savini en avait déjà proposé une version colorisée d'excellente facture. L’œuvre signée Jeff Broadstreet se révélait donc ainsi aussi inutile qu'opportuniste. En 2013, le cinéaste américain réitère l'expérience en ne réalisant plus cette fois-ci un remake, mais une préquelle à son propre long-métrage. Naît ainsi Night of the Living Dead 3D : Re-Animation. En fouillant même sur la toile, le fan complétiste découvrira qu'il existe un projet assez curieux mais ô combien original intitulé Night of the Living Dead: Reanimated, lequel reprend le scénario de George A. Romero et John A. Russo en lui appliquant le style de plusieurs artistes spécialisés dans le cinéma d'animation (j'y reviendrai dans un prochain article). On pourra également évoquer le projet Rise of the Living Dead qui n'est autre qu'une préquelle au classique de George Romero, réalisée par... George Cameron Romero, le fils de l'illustre cinéaste. Mais pour l'instant, il s'agit donc de parler de Night of the Living Dead 3D : Re-Animation, cet espèce d'étron cinématographique dont l'unique intérêt est de respecter l'amorphe allure de créatures décharnées. Ici, donc, pas d'infectés sprintant à la recherche de viande fraîche. Les macchabées déambulent lentement. A l'image d'une intrigue qui pourrait aisément suffire à un court-métrage d'une dizaine de minutes. Car l'un des principaux problèmes du film de Jeff Broadstreet demeure dans son incapacité à garder le spectateur éveillé, concentré, ou même simplement intéressé devant ce que l'on pourrait considérer comme un véritable monument d'ennui. On aura en effet rarement ressenti ailleurs l'impression d'assister à la projection d'un long-métrage mis en position 'arrêt sur image'. Le récit se traîne sur des dizaines de minutes lors desquelles il ne se passe absolument rien de bien excitant. Et la présence de Jeffrey 'Re-Animator Combs, malheureusement, n'y change rien.
Jeff Broadstreet s'autorise quelques références à George Romero et à son œuvre mais rien ne peut sauver son projet du naufrage. A part quelques morts-vivants apparaissant furtivement, le film se contente de nous proposer d'interminables conversations. D'un côté, celle opposant les frères Gerald et Harold Tovar (respectivement Andrew Divoff et Jeffrey Combs), et de l'autre, les trois employés de la morgue des Tovar, DyeAnne, la gothique, Russel, l'assistant de Gerald, et Cristie, la nouvelle recrue. Si Night of the Living Dead 3D : Re-Animation vous plombe une soirée, ça n'est certainement pas grâce aux scènes d'horreur qui se compteraient presque sur les doigts d'un manchot si l'on voulait être plus sévère envers le film qu'il ne le mérite. Non, si le film de Jeff Broadstreet est assommant, c'est parce qu'il est aussi mal interprété que dirigé. Les dialogues sont aussi ineptes que ceux d'un soap opera. La photographie et la lumière sont immondes. Quant à l'interprétation, que voulez-vous : lorsqu'un cinéaste a décidé de laisser s'exprimer ses interprètes sans véritablement les diriger, le résultat ne peut être, comme ici, que catastrophique. Night of the Living Dead 3D : Re-Animation mérite de trôner parmi les trois ou quatre plus mauvais films consacrés aux morts-vivants. C'est dire s'il est mauvais...❤❤💔💔💔💔💔💔💔💔

Haute Tension, c'est la seconde réalisation d'Alexandre Aja, fils d'Alexandre Arcady, qui réalisait là son tout premier film d'horreur avant de s'envoler aux États-Unis pour y aller tourner le remake de La Colline a des Yeux. Avec Haute Tension, Alexandre Aja nous offre enfin un film gore français digne d'intérêt. Le premier d'une vague qui déferlera bientôt sur le territoire hexagonal. En effet, si l'on ne tient pas compte du Baby Blood déjà âgé de dix-sept ans lorsque sort le film d'Alexandre Aja, les Frontière(s) et autre Martyrs ne sont que les descendants de ce petit film qui peine à atteindre l'heure et demi. Un format relativement court qui à la décharge du film lui procure un rythme soutenu. Le cinéaste n'y va pas avec le dos de la cuillère lorsqu'il s'agit d'abattre ses cartes en matière de scènes d'horreur. Sans distinction aucune, il charge l'imposant Philippe Nahon (sorti quatre ans plus tôt d'un Carne réaliste et sordide) d'exécuter sans la moindre morale une famille toute entière. Un couple de quinquagénaire et leur gamin d'à peine neuf ou dix ans. Seules survivront à cette première partie en forme de 'home-invasion', deux amies. La fille du couple et sa copine venue pour une nuit, dormir à la campagne. Pas de chance pour la pauvre Cécile de France qui du coup, va vivre un calvaire aussi long que dure le film. Pourchassant le tueur avant qu'il ne tue sa copine Alex. Le spectateur pourra apprécier l'aspect bricolé du long-métrage. Son image granuleuse, ses éclairages vifs et saignants, ses cadrages bancals et son montage nerveux. L'horreur y est graphique. Le sang gicle, au sol, sur les murs, et même jusqu'au plafond. Nahon y est filmé tel un prédateur sans morale, que la caméra tarde à filmer dans les yeux et auquel le scénario n'offre pas la parole durant la première moitié du film. Un tueur pervers, à l'imagination débordante lorsqu'il s'agit de perpétrer des meurtres. On retiendra l'égorgement de la mère de famille filmé en vue subjective à travers les fines ouvertures d'un placards, ou mieux encore, l'originale décapitation de son époux.
D'aspect bricolé, Haute Tension emporte tout sur son passage. C'est crade, parfois hystérique, mais ça fait du bien de voir qu'en France, on en capable de rivaliser avec le cinéma 'redneck' en provenance des États-Unis. Le film d'Alexandre Aja transpire la même sueur malodorante que celle de la famille frappadingue imaginée longtemps auparavant par le regretté Tobe Hooper. Certains reprochèrent au cinéaste d'avoir pompé son histoire sur celle de Intensity que le cinéaste Yves Simoneau réalisa cinq ans auparavant. Il est vrai qu'à la lecture du synopsis de ce dernier, on peut douter que le scénario de Aja et de Grégory Levasseur soit purement le fruit de leur imagination. Autre fait marquant dans Haute Tension, la scène située dans les chiottes pour le moins dégueulasses de la station-service. Tout rappelle en cet instant dramatique la scène culte se déroulant dans le métro new-yorkais du chef-d’œuvre de William Lustig, Maniac. Le film pousse à ce point la ressemblance que son héroïne arbore elle-même un large sourire lorsqu'elle se rend compte que le tueur a quitté les lieux sans découvrir sa présence. Alors que ce détail avait un sens dans Maniac (la victime pouvant penser que tout n'était que le fruit de son imagination), le sourire de Cécile de France demeure, lui, tout à fait déplacé. A part quelques petits défauts de cet acabit, Haute Tension est un film d'horreur efficace qui comblera les fans du genre...❤❤❤❤❤💔💔💔

Pour terminer, un autre film d'horreur français mais qui lui, par contre, se révèle relativement médiocre. La Traque d'Antoine Blossier (à ne pas confondre avec l'excellent long-métrage de Serge Leroy datant de 1975 ou le téléfilm de Laurent Jaoui de 2008) tente en 2011 de renouer avec le genre survival en mixant vaguement le Razorback de Russell Mulcahy à Isolation de Billy O'Brien. Malheureusement, son film n'offre ni les stupéfiants décors et la sublime photographie du premier, ni l'ambiance véritablement oppressante du second. C'est d'autant plus dommage qu'Antoine Blossier fait preuve d'une véritable énergie dans sa mise en scène. Après un premier quart-d'heure ne servant qu'à situer ses personnages, La Traque jette quatre individus en plein cœur d'une forêt dans laquelle se déroulent de bien curieux événements. L'occasion pour le cinéaste d'évoquer succinctement le thème de l'environnement à travers le personnage incarné par l'excellent François Levantal.
Il est d'autant plus dommage de constater que le résultat demeure puéril quand sur le papier, l'intrigue se révélait pleine de promesses. En effet, le mystère entourant le 'suicide' de cerfs s'étant jetés contre une clôture électrifiée puis la découverte par les quatre principaux personnages que des prédateurs tuent tout ce qui se présente dans la forêt avait de quoi aiguiser l'appétit des amateurs de frissons. Si La Traque déborde d'énergie durant l'heure suivante (le film ne dure en effet que quatre-vingt minutes), on pourra trouver agaçant les mouvements de caméra épileptiques qui rendent pénible la visibilité de certains passages. Dès lors que la scène est plongée dans l'obscurité, les attaques des prédateurs qui seront très rapidement identifiés comme étant des sangliers victimes de pollution pétrochimique, deviennent brouillonnes. Antoine Blossier économise ses moyens en filmant ses créatures planquées derrières des buissons secoués énergiquement par ses assistants, ce qui en terme d'effets sanglants risque de décevoir les spectateurs qui se repaîtront avant tout de cadavres d'animaux pourrissant que de victimes humaines d'abord attirées au cœurs d'herbes hautes avant d'être malheureusement tuées en toute discrétion. Autre point qui demeure négatif : la caractérisation des personnages. En faisant de ses héros des individus particulièrement antipathiques, Antoine Blossier laisse les spectateurs indifférents au sort tragique que la nature revancharde leur accorde. A part cela, La Traque se suit sans réel déplaisir mais sans jamais se démarquer d'une concurrence qui lui est éminemment supérieure...❤❤❤❤❤💔💔💔💔💔
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