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mardi 2 septembre 2025

L'annonce faite à Marius de Harmel Sbraire (1997) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Je n'ai jamais vraiment réussi à comprendre l'emballement autour de Jackie Berroyer. Personnage sympathique, il est vrai, mais bon, côté ''acting'', faut quand même pas pousser l'adoration au point de le considérer comme un excellent interprète ! Après, le pauvre, sans doute n'y est-il pour rien dans cette manière sans cesse hésitante, chevrotante qu'il a d'incarner les rôles qui lui sont offerts au cinéma. Cependant, l'on pourra en contrepartie affirmer que cette vision toute personnelle de l'art de se fondre dans la peau de certains personnages lui sied à ravir lorsque le génial Fabrice Du Welz l'emploie sur le tournage de Calvaire en 2004. Incarnant Bartel, un type totalement perché qui accueille dans son antre Marc Stevens (excellent Laurent Lucas), chanteur ringard pour maisons de retraites (la séquence d'ouverture située dans un hospice situé dans les Ardennes belges demeure d'ailleurs l'une des plus inconfortables qu'ait tourné le cinéaste) avant de le confondre avec son épouse regrettée... Sept ans auparavant et sur un ton nettement plus léger, la réalisatrice Harmel Sbraire l'engageait sur le plateau de L'annonce faite à Marius. Unique long-métrage pour cette dernière qui à l'occasion de cette première et donc dernière œuvre en tant qu'auteur réunit à l'image Jackie Berroyer et l'ancien Inconnus, Pascal Légitimus. Deux ans après Les trois frères de ses compagnons du rire de l'époque Didier Bourdon et Bernard Campan et après avoir été contraint de se séparer d'eux pour cause de différent juridique avec leur producteur Paul Lederman (les trois hommes n'ayant alors plus le droit d'apparaître ensemble à l'écran), Pascal Légitimus incarne le rôle-titre. Sur les conseils d'un jeune distributeur de prospectus avec lequel il travaille, Marius jette à l'égout ceux qui lui ont été confiés. Malheureusement pour lui, il a été photographié lors du délit et se retrouve immédiatement mis à la porte. Son jeune collègue lui conseille alors cette fois-ci de se présenter comme candidat dans un cabinet médical afin de tester de nouveaux médicaments. Un emploi particulièrement fructueux qui devrait enfin lui permettre de payer ses factures. Mais son groupe sanguin ne correspondant pas aux attentes des chercheurs, il est remercié... jusqu'à ce qu'il tombe tout à fait par hasards sur l'un d'entre eux, dont les méthodes de recherches sont relativement singulières...


En effet, le professeur Migeon qu'interprète donc Jackie Berroyer propose à Marius de lui servir de cobaye contre la coquette somme de douze-mille francs ! Mais alors que Marius s'attendait à suivre un protocole classique, l’obstétricien va lui faire avaler un médicament qui le rendra malade afin de mettre en place une expérience tout à fait inédite... Si à l'époque de sa sortie L'annonce faite à Marius pouvait paraître tout à fait fantaisiste, de nos jours, certains sont désormais convaincus que le projet fou du professeur Migeon pourrait être très facilement envisageable. Loin de cette pathologie rarissime qu'est le pseudocyesis masculin dont moins de vingt cas ont été recensés, la gestation masculine qui pour l'instant n'est un principe appliqué qu'à certains animaux comme l'hippocampe est donc au centre de ce récit tout à fait farfelu écrit par la réalisatrice avec la collaboration de... Jackie Berroyer. Comédie qui aurait pu n'être que foncièrement anodine si elle ne traitait pas d'un sujet aussi dénué de tout sens que la gestation masculine chez l'homme, L'annonce faite à Marius permet notamment de retrouver à l'image la toute craquante Léa Drucker dans le rôle de Brigitte. Un rôle dont les contours sont malheureusement mal définis. Comme si la réalisatrice n'avait eu surtout comme seule intention que d'ajouter une touche de féminité dans une intrigue presque cent pour cent masculine tournant pourtant autour d'un sujet qui touche essentiellement le sexe féminin ! À dire vrai, L'annonce faite à Marius est léger, très léger, comme un très long sketch qui aurait sans doute eu sa place à l'époque dans un programme de la chaîne Canal+. Une comédie qui finalement semble avoir été faite pour Jackie Berroyer dont la faiblesse du jeu colle à merveille avec ce personnage de scientifique ''fou''. Pascal Légitimus s'y perd, comme attendant son retour au sein du célèbre trio dont il fut l'une des trois incarnations. Au final, le long-métrage de Harmel Sbraire est une toute petite comédie, qui exige d'être abordée par les spectateurs avec simplicité. Le genre d'intrigue que l'on suit sans déplaisir mais qui à aucun moment ne marque véritablement les esprits. Une œuvre qui passe malheureusement à côté du titre d'O.F.N.I...

 

lundi 2 mars 2020

Cycle Les Inconnus: Les Trois Frères de Didier Bourdon et Bernard Campan (1995) - ★★★★★★★★☆☆



En y réfléchissant bien, cela faisait un moment que je ne m'étais pas lancé dans un cycle et c'est pourquoi j'ai décidé d'évoquer ces jours prochains l'un des plus fameux trios d'humoristes hexagonaux qui, certains d'entre nous ne le savent peut-être pas, étaient cinq à l'origine, lors de leur rencontre et de leur apparition dans l'émission culte de Philippe Bouvard, Le Petit Théâtre de Bouvard. En effet, aux côtés de Smaïn et de Seymour Brussel, Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus formèrent le groupe des Inconnus le 23 juin 1984 pour y interpréter un certain nombre de sketchs qui, avouons-le, avec le temps ont bien mal vieilli. Les cinq hommes tournent ensemble un seul et unique long-métrage en 1985. Le culte Le Téléphone Sonne Toujours Deux Fois (titre faisant référence au Facteur Sonne Toujours Deux Fois réalisé en 1946 par le cinéaste américain Tay Garnett), une comédie policière dans laquelle apparaissent notamment Jean-Claude Brialy, Clémentine Célarié, Henri Courseaux, Darry Cowl, Michel Galabru, Jean Yanne ou encore Patrick Sébastien (et la liste est encore très longue!). Après avoir rencontré le succès dans les années quatre-vingt dix avec l'excellente série d'émissions parodiques La Télé des Inconnus, c'est en 1995 que Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus réapparaissent sur grand écran sous le nom des Inconnus (le premier et le troisième ayant cependant tourné dans divers longs-métrages jusqu'à maintenant) avec Les Trois Frères. Réalisé par Didier Bourdon et Bernard Campan, le film est un immense succès et frôle les sept millions d'entrées pour un budget initial égal à 7 150 000 euros.

Si les trois humoristes interprètent trois demi-frères qui ne se sont jamais connu, le scénario de Didier Bourdon, Bernard Campan et Michel Lengliney (Il est Génial Papy ! de Michel Drach) joue sur les différences sociales de ces trois hommes que rien n'aurait pu rapprocher si ce n'est un héritage de trois millions de francs laissé derrière lui par une mère qu'ils n'ont jamais connue. Comme cela sera généralement le cas dans les films des Inconnus, les trois acteurs ne s'embarrassent pas de pseudonymes puisque chacun d'entre eux est ''reconnu'' sous son véritable prénom. C'est ainsi que Didier Bourdon incarne Didier Jean-Marie Latour, vigile dans un supermarché et supposé futur gendre de son patron avec la fille duquel il a prévu de faire sa vie. En réalité, un prétexte pour réussir son existence professionnelle. Scrutant les clientes à l'aide d'un réseau de caméra trafiquées par ses soins et installées dans les cabines d'essayage, il ne le sait pas encore, mais il est le père d'un petit Michaël (Antoine du Merle), fils de Christine Rossignol (Marine Jolivet) avec laquelle il eut une liaison quelques années auparavant. Bernard Campan, lui, interprète Bernard Michel Latour, petit acteur sans envergure qui pour péniblement subvenir à son existence accepte de travailler sur les marchés pour son ami Albert (Albert Dray). Quant à Pascal Légitimus, il incarne Pascal Eusèbe Latour, cadre ambitieux d'une entreprise de communication et ''propriétaire'' d'un luxueux appartement de cent mètres carré environs.

Gros succès de cette année 1995, Les Trois Frères est l'une de ces comédies cultes que l'on peut revoir sans cesse et sans jamais s'en lasser. En faisant croiser la route de ces trois frères qui n'ont absolument rien en commun, Bernard Campan, Pascal Légitimus et Didier Bourdon offrent une vision critique sous-jacente de notre société jamais rébarbative et démontrent que dans le désarroi le plus total, les liens familiaux même les plus ténus permettent de se soutenir et de relever la tête. Une vision, certes, puérile, voire utopique, mais néanmoins à l'origine de scènes toutes plus cultes les unes que les autres. Au hasard, on pense notamment au rendez-vous chez le notaire, les quelques scènes situées chez la belle-famille de Didier (dont un beau-père raciste savoureusement interprété par l'acteur et comédien Pierre Meyrand), la séquence des ''acides'', le repas chez Pascal, la visite de l'huissier (Maître Gonzalez interprété par l'excellent Jean-François Pastout) ou encore le passage à l'émission de télévision Le Millionnaire tout à fait dans le ton des pastiches que créa le trio lors de leurs diverses interventions télévisuelles dans La Télé des Inconnus. Le long-métrage est l'occasion de retrouver des seconds rôles irrésistibles avec en premier plan Bernard Farcy dans le rôle de Steven Marchand, le patron de Pascal, Élie Sémoun dans celui de son bras-droit Brice, ou encore Bruno Lochet et Yolande Moreau (ex-Deschiens) dans ceux des propriétaires du PMU. Certaines répliques demeurent toujours aussi fameuses, comme ''le jus de fruit'', ''le monochorme de Whiteman'', tout comme certains détails demeurent inoubliables comme l'entreprise de communication dont tous les employés portent une queue de cheval à l'effigie du boss, ou Didier, Bernard et Pascal contraints de se grimer pour échapper aux forces de l'ordre, convaincus d'avoir causé la mort de l'huissier. Culte !

mardi 9 avril 2019

Le Pharmacien de Garde de Jean Veber (2002) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Un armateur italien, un marchand de tabac et une américaine qui « torturait les animaux » sont retrouvé morts dans d'étranges circonstances. Le premier est retrouvé noyé dans une mare de mazout, le second est découvert le visage enfermé derrière un masque constitué de dizaines de cigarettes consumées, quant à la dernière, la police la retrouve avec un sourire sinistre sur les lèvres. Tous les trois ont un point commun : ils sont mort par où ils ont péché. Leur bourreau, on le devine très vite, est pharmacien et écologiste. Afin de faire payer à celles et ceux qui détruisent la faune et la flore, il n'a trouvé d'autre moyen que de tuer les coupables.
Si ce résumé vous rappelle quelque chose, c'est sans doute parce que parmi vos souvenirs s'est logé celui d'une œuvre sortie sept ans plus tôt aux États-Unis. Un film qui a ouvert la voie à une mise en situation des scènes de crimes terriblement convaincante. Morbide, crapoteuse. Des cadavres dont on sentirait presque l'odeur se dégager des corps et traverser l'écran pour titiller nos narines. Ce film, c'est Seven de David Fincher. Un thriller noir, suitant. Une image parcourue de visions sinistres. Une pluie battante qui tombe de manière ininterrompue sur une cité en proie à un tueur qui durant sept jours, va tuer autant de fois des individus par le péché qu'ils ont commis. Gourmandise, orgueil, Luxure, etc...

On devine alors que le cinéaste Jean Veber, fils du célèbre réalisateur, scénariste, producteur et dialoguiste français Francis Veber s'est inspiré du classique américain pour mettre en scène ce récit dont il a lui-même écrit les dialogues et le scénario. Entendons-nous bien : si certaines situations sont en rapport avec la source d'inspiration de Jean Veber, la comparaison s'arrête là. En effet, Le Pharmacien de Garde s'avère pitoyable au regard de l’œuvre de David Fincher. Ce qui se révèle d'ailleurs dommage, compte-tenu du très intéressant casting du film. Le pharmacien est incarné par l'acteur Vincent Perez, dont l'habituelle et excellente verve est malheureusement sous-employée ici. A ses côtés, on retrouve un Guillaume Depardieu déchiré et lui-même apparemment peu convaincu par cette rocambolesque histoire transgenres un peu cafouillis. On a le plaisir de retrouver Laurent Gamelon en collègue bourru et pas très malin et quelques minuscules rôles dont un Kad Merad en policier scientifique.
Mais si l'en est un qui fait véritablement regretter que l'auteur du film ne l'aie pas davantage exploité, c'est l'acteur Pascal Légitimus qui, sans mauvais jeu de mots, légitime à lui seul l'existence du Pharmacien de Garde. Il s'impose ici comme un acteur exceptionnel et surtout éminemment crédible dans le rôle du prostitué travesti.
A côté, tout le reste n'est que futilité, et l'interprétation de ses partenaires s'en trouve diminuée. Quant à l'histoire, elle mêle aussi bien le fantastique que le policier. Vincent Perez campe cet écologiste-fou maniant les produits dangereux avec une expertise hors du commun. Véritable Docteur Jeckyll et Mister Hyde, il se mue en une créature qui rappelle parfois le personnage de Ashe Corven qu'il interpréta dans le long-métrage de Tim Pope, The Crow : la Cité des Anges.
En voulant brasser tout un tas d'idées, Jean Veber se retrouve sans la possibilité d'en maîtriser une seule jusqu'au bout. Le Pharmacien de Garde transpire l'amateurisme, ses interprètes (toujours en dehors de Pascal Legitimus, incroyable) pâtissant de cette médiocre direction d'acteurs. Toujours est-il qu'il ressort du film une drôle d'impression. En tout cas, une œuvre qui ne ressemble à aucune autre. Sans véritable identité mais qui se suit tout de même avec un certain amusement...

vendredi 7 septembre 2018

La Loi de la Jungle de Antonin Peretjatko (2015) - ★★★★★★★☆☆☆



La Guyane, sa forêt, ses mygales et son chantier hors norme que le monde entier devrait lui envier. C'est là-bas qu'est envoyé par le ministère de la norme, Marc Châtaigne, pour s'assurer de la mise aux normes européennes du chantier Guyaneige. La toute première piste de neige amazonienne Un projet pharaonique planté au beau d'une forêt tropicale remplie de serpents, d'araignées et de scorpions. Aidé sur place par la jolie Tarzan (!?!), stagiaire elle aussi, Marc va y vivre une aventure dépaysante, bourrée de péripéties, enrobée d'un humour totalement déjanté et libérée de toute logique. C'est en roue libre que vivent cette aventure Vincent Macaigne et Vimala Pons. Pas toujours drôle mais totalement absurde, La Loi de la Jungle se voudrait une alternative au cinéma de Quentin Dupieux que les fans de ce dernier ne s'en étonneraient même pas. Pourtant, ici, tout y est infiniment plus limpide malgré l'impression de bordel généralisé qui s'en dégage. En à peine quatre-vingt quinze minutes, le cinéaste français Antonin Peretjatko s'autorise toutes les folies sans même se donner la peine de savoir quels gags, parmi la myriade de ceux proposés, fonctionneront, et quels autres échoueront dans leur tentative de faire rire le public venu assister à un meeting-pot où se croiseront involontairement quelques classiques du septième art. Si les cris de la faune sauvage et un passage forcé dans les eaux de l'un des cinq fleuves guyanais rappelleront à certains deux des plus fameux longs-métrage de l'allemand Werner Herzog (oui, faut quand même avoir une sacrée imagination pour comparer le jeune français et ce génie du septième art), la pittoresque étreinte entre nos deux héros dans la boue (r)éveillera de savoureux souvenirs à ceux qui découvrirent en son temps, celle de l'héroïne Emmanuelle dans le quatrième opus de ses charnelles aventures...

Film d'aventure burlesque duquel pointe une romance absurde, l'héroïne Tarzan de La Loi de la Jungle s'y prend pour un temps, pour Bud (Spencer), ou Terence (Hill), à choisir. La grande force du second long-métrage d'Antonin Peretjatko demeure dans ce duo explosif qui s'attire tout en se repoussant. Entre les idéaux de chacun, le torchon brûle jusqu'à ce que naisse cette petite étincelle qui les rapprochera lorsque la Mort viendra frapper à la porte de l'un d'eux. Une porte qui restera fermée et donnera lieu à l'une des scènes d'amour les plus absurdement écourtée de l'histoire du cinéma.

Ce qu'il faut retenir également de l’œuvre barrée du cinéaste, c'est le travail effectué sur la bande-son et l'image. Et l'on ne parle pas seulement de la photographie, de l'éclairage ou des choix musicaux (sur lesquels je reviendrai), mais bien du rythme imposé par un montage qui effectue une importante modification en terme d'images par seconde comparé à la très grande majorité des films circulant sur le marché. En effet, Antonin Peretjatko a choisit de tourner son film en 22 images par seconde au lieux des 24 ou 25 réglementaires. Le résultat ne se fait pas longtemps attendre puisque cette technique inédite (du moins, je le crois), offre au film l'apparence d'un dessin animé, les voix étant alors plus aiguës et plus rapides. En bref, plus saccadées, comme l'est également l'action, les personnages semblant ainsi victimes de convulsion involontaires. Participant au comique de situation, apparaissent à l'écran l'excellent Pascal Legitimus ou Matthieu Amalric. D'autres personnalités également, peut-être moins connues mais qui en revanche apportent une valeur ajoutée en terme d'humour. Fred Tousch dans le rôle de l'huissier poursuivant Marc Châtaigne jusqu'en Guyane en est le parfait exemple.

D'une manière générale, La Loi de la Jungle possède les qualités de ses défauts et vice versa. On s'amuse un temps de l'absurdité du propos en nous demandant jusqu'où le cinéaste repoussera la cocasserie du sujet abordé (Une piste de neige en Guyane, quelle idée absurde!!!). Malheureusement, le film souffre de s'éparpiller et finit par ne plus ressembler à rien d'autre qu'à une successions de gags sans réel fil conducteur. Pour revenir à la bande-son, nous louerons le travail effectué par Thomas de Pourquery qui compile ici de grands airs de musique classique avec des choses beaucoup moins attendues tels que le classique Oxygène de Jean-Michel Jarre ou l'un des thèmes musicaux du dessin-animé Goldorak. Foutraque mais diablement original La Loi de la Jungle risque cependant de ne pas plaire à tout le monde...

mardi 5 juillet 2016

Le Téléphone Sonne Toujours Deux Fois de Jean-Pierre Vergne (1984)



Alors qu'un tueur en série tue des femmes et les assommant à l'aide d'un combiné téléphonique, plaquant ensuite sur leur front le cadran de l'appareil en question, le détective privé Marcel Bichon... pardon, Marc Elbichon enquête sur l'affaire avec l'espoir de mettre la main sur l'homme qui met en échec la police. Et pour ce faire, il fait appel à de vieux compagnons : D'abord Franck potin, propriétaire d'un bar sans clients qui pour les attirer fait tourner un enregistrement de bruits d'ambiance et a installé des mannequins un peu partout autour des tables. Blacky, propriétaire d'un bateau dans lequel il a installé une station de radio qui réunit parfois jusqu'à sept auditeurs ! Enfin, il y a Momo, l'homme de ménage de Marc Elbichon.

Lors de leurs investigations, les quatre hommes vont faire la connaissance d'Ugo Campani, un reporter-photographe qu'ils vont d'abord soupçonner d'être le tueur qui sévit en ville. Ugo connaît bien Marc depuis la fameuse affaire des Couche-culottes usagées. Le quintet va avoir maille à partir avec un commissaire et vont faire appel à l'étrange Docteur Clipps pour résoudre leur affaire...

Comme le seront plus tard La Cité de la Peur des nuls ou bien Mais qui a tué Pamela Rose ? du duo Kad et O, Le Téléphone Sonne Toujours Deux Fois fais dorénavant partie des classiques de la parodie policière à la française. Le titre lui-même fait référence à un classique du roman noir de James M. Cain, Le facteur sonne toujours deux fois, qui fut lui-même adapté à plusieurs reprises au cinéma. En dehors de Bernard Campan qui tourne là dans son premier long-métrage, ses acolytes de la célèbre émission télé Le Petit Théatre de Bouvard ont déjà quant à eux fait un peu de cinéma. Mais c'est bien grâce au cinéaste Jean-Pierre Vergne qui débuta sa carrière en tant que réalisateur cinq ans plus tôt avec Les Charlots Contre Dracula que les membres du quatuor interprètent leur premier vrai grand rôle. Un quintet dirons-nous plutôt puisque Smaïn lui-même fit partie de la célèbre troupe des Inconnus à ses débuts avant que la bande ne soit plus formée que par Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus après le départ en 1988 de Seymour Brussel.

Le Téléphone Sonne Toujours Deux Fois est véritablement poilant et ce, même s'il a foncièrement vieilli après toutes ces années. Les répliques et mises en situations sont souvent drôles, absurdes et parfois même grotesques. Quelques passages sont devenus des classiques comme la Courbe Référentielle de Bernstein expliquée par Didier Bourdon à des collaborateurs qui finissent par s'endormir devant ses calculs complexes. Des calculs que le personnage interprété par Seymour Brussel parvient à résoudre en deux ou trois opérations seulement.

Le film de Jean-Pierre Vergne est également l'occasion de retrouver des têtes bien connues du cinéma français. A commencer par Jean-Claude Brialy dans le rôle du Commissaire. Clémentine Célarié y interprète le rôle d'Annabella, Michel Constantin celui du directeur d'un cinéma, Darry Cowl celui d'un flic et Patrick Sébastien dans celui d'un sans domicile fixe  « aveugle ». L'acteur humoriste Jean Yanne lui-même fait partie du casting. On y retrouve également Henri Courseaux dans le rôle du Docteur Clipps. L'acteur retrouvera la dernière formation des Inconnus sur plusieurs tournages puisqu'en effet, on le verra en Notaire dans Les Trois Frères et en Colonel dans L'Extraterrestre...


mercredi 19 mars 2014

Les Trois Frères, Le Retour de Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus (2014)



Didier, Bernard et Pascal se retrouvent bien des années après lorsqu'ils sont convoqués par Maître Vaselin, un avocat employé par la maison de disque de leur défunte mère qui était encore sous contrat à l'époque de sa disparition. Les trois frères ont conservés des rapports houleux et voient d'un mauvais œil ces retrouvailles dont ils espèrent cette fois-ci récupérer un peu d'argent en héritage. Bernard se produit au Caveau des Trois Mulets, une petite salle de spectacle dans laquelle il interprète un one man show de piètre qualité. Pascal vit avec une vielle cougar à l'appétit sexuel féroce dans l'espoir de la marier et de profiter de son immense fortune. Quand à Didier, il est marié à une femme quelconque, et vit dans l'austère maison de la mère de celle-ci. Il espère lui aussi faire fortune et attend que la vieille grabataire décède pour profiter de son héritage. S'il fait croire à tout le monde qu'il est professeur de philo, il passe en réalité ses journées à vendre des sex-toys à bord de sa voiture.

Bernard, Pascal et Didier apprennent qu'ils doivent de l'argent à la maison de disque et Maître Vaselin leur apprend que s'ils refusent de payer la somme, c'est l'un d'entre eux qui en paiera l'intégralité pour les deux autres. Pascal et Didier se débrouillent pour vider leur compte en banque tandis que Bernard, le crédule du trio, encaisse le comportement malhonnête de ses frangins et se voit contraint de payer pour eux. Il ne peut, de plus, offrir à sa fille Sarah qu'il vient de retrouver après de nombreuses années de séparation, les cinq-cents euros qu'il lui a promis.

L'adolescente est poursuivi par un dealer qui la recherche depuis qu'elle lui a volé un sac entier de MDMA. Les trois frères vont finalement se lier pour venir en aide à la fille de Bernard...

Dix-neuf ans après Les Trois Frères, Bernard Campan, Didier Bourdon, et cette fois-ci Pascal Légitimus réalisent la suites des aventures du trio de demi-frères. Les Trois Frères, Le Retour fut attendu comme le messie. Depuis les déboires qu'ils connurent avec le producteur Lederman, la réunion des trois humoristes fut impossible et les revoir enfin réunis fut une nouvelle attendue de tous ceux qui apprécièrent leur humour.
Alors, qu'en est-il de ce tout nouveau film des Inconnus ? Et bien, à l'image du triste titre du film (quel manque d'imagination), la majorité des gags sont éculés et ressemblent à des fonds de tiroir. Sorti vingt ans plus tôt, le film aurait sans doute fait un malheur. Sauf qu'aujourd'hui on aurait aimé en avoir un peu plus pour notre argent.

Les Inconnus reprennent la même formule et proposent une suite qui colle un peu trop à la première mouture. Du copier-coller qui pourtant, fonctionne. En effet, il n'est pas rare que le public rigole de bon cœur. Et même si certaines idées ont été vues ailleurs, on ne peut résister à certains gags qui fonctionnent toujours (le nom de certains personnages comme Vaselin et Hassec, les affiches partiellement cachées de la banque et qui donnent une idée plutôt réaliste de ce que pensent ses employés de nos trois héros). Avant même que cela ne se produise, on s'attend déjà à retrouver nos compères Didier et Bernard face aux affres de la drogue comme cela était déjà le cas dans le premier film. Si Les Trois Frères, Le Retour n'est pas un chef-d’œuvre d'humour, il vole malgré tout à mille lieues d'autres tentatives de retours comme Les Bronzés, Amis Pour La Vie, lui, un véritable naufrage...


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