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dimanche 16 octobre 2022

Cible émouvante de Claude Zidi (1993) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Thierry Deroc de Plebelecq, Gérard Gallois, Francis Carlier et Daniel Boutineau sont tous les quatre d'anciens camarades et étudiants de l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC). Amis, ils ont réussi dans la vie. Du moins, les trois premiers puisque Daniel ne semble avoir connu que bévues et désillusions. Mais ce soir, les choses vont changer. Alors que ses trois compagnons refusent de participer à un projet d'achat visant la construction d'un parc d'attraction, Daniel a la chance de gagner le jackpot au Loto. Des millions de francs qui vont lui permettre de faire immédiatement affaire avec Bernard Hassler. Un ancien camarade qui comme la bande des quatre a lui aussi étudié à HEC et qui depuis est devenu un puissant homme d'affaire. Mais malheureusement pour lui, Daniel vient d'être la victime d'une blague stupide de la part des trois autres qui se sont débrouillés pour faire un faux tirage du Loto visant à faire croire à leur ami qu'il a gagné la plus grosse somme mise en jeu ! Ayant mis sur la table des négociations avec Bernard Hassler un gros chèque mais aussi et surtout le magasin de sa mère, Daniel est anéanti. C'est ainsi qu'il retrouve ses trois amis après avoir compris qu'ils lui ont fait une mauvaise plaisanterie. Dès lors, Thierry et Gérard vont se démener pour arranger les choses. À commencer par récupérer le contrat que Daniel a signé avec ce requin de Bernard Hassler. Et que ce dernier garde en sécurité chez lui, enfermé dans un coffre... Spécialiste de la comédie hexagonale, le réalisateur français Claude Zidi aura durant sa carrière enchaîné les succès populaires. Parmi ces derniers, L'aile ou la cuisse avec Louis de Funès, Les sous-doués avec (entre autres) Daniel Auteuil, Inspecteur la Bavure avec le duo Gérard Depardieu et Coluche ou en 1984 avec l'immense succès, Les ripoux, interprété par Philippe Noiret et Thierry Lhermitte. Après le peu convainquant Les rois du gag l'année suivante, il réalise en 1987 Association de malfaiteurs et change, avec ce long-métrage, de registre. Sans être d'une indicible noirceur puisque l’œuvre n'est pas dénuée d'un certain humour, ce nouveau film de Claude Zidi est surtout un thriller dans lequel deux hommes d'affaire vont mettre à jours les magouilles d'un troisième. Le Bernard Hassler. en question qu'interprète le toujours épatant Jean-Pierre Bisson. Une pourriture comme le septième art en charrie régulièrement. Un homme aux dents acérées qui ne connaît ni la pitié, ni les remords. D'une assurance et d'un égocentrisme qui confinent au génie, le bonhomme tentera d'ailleurs vainement de séduire l'actrice Claire Nebout (Orages d'été) qui dans le rôle de Claire Decker-Giraudy s'avérera être la fiancée de Thierry !


Ce qui d'emblée séduit dans Association de malfaiteurs, c'est son impeccable casting constitué d'interprètes couramment employés dans les années quatre-vingt. Outre ceux déjà cités ci-dessus l'on retrouve également Christophe Malavoy dans le rôle de Gérard, Véronique Genest dans celui de la commissaire Monique Lemercier (cinq avant d'entamer pour douze années de suite le personnage de Julie Lescaut, autre célèbre commissaire de police), Jean-Claude Leguay dans la peau de ce pauvre Daniel ou encore Roger Dumas dans celle du super-intendant Brunet (son personnage croisera en outre furtivement la route d'un avocat véreux avant d'en devenir un lui même dans la série télévisée Orages d'été (encore elle) deux ans plus tard... Dans mes plus lointains souvenirs, j'en avais conservé un très bon de ce long-métrage il est vrai, loin d'égaler les meilleurs films de Claude Zidi. Il était donc logique qu'un jour je m'y replonge et, sans avoir été déçu de constater qu'à mes yeux il avait perdu de sa superbe, l'effet est quand même moins puissant qu'à l'époque. On se rend compte aujourd'hui de la faiblesse de l'intrigue reposant pourtant sur un événement qui aurait pu être à l'origine d'une machination diabolique. Pourtant, les situations s'enchaînent sans grand bouleversement. Chaque fois que le scénario de Michel Fabre, Didier Kaminka, Simon Michaël et Claude Zidi lui-même entreprend une action, on a le sentiment que le réalisateur ne va pas au bout de ses intentions. Qu'il s'agisse de la ''relation'' entre Hassier et Claire, des documents qu'ont en main un temps Thierry et Gérard, ou de tout autre événement, Claude Zidi semble n'avoir pas les épaules pour les exploiter jusqu'au bout. Mais en fait, tout ceci n'a rien de vraiment grave puisque Association de malfaiteurs est d'abord une œuvre légère comme savait si bien en concocter le réalisateur. Une comédie policière populaire parfaitement interprétée (notons également la présence de l'acteur Hubert Deschamps dans le rôle de l'oncle de Gérard, Tonton Gadin). Association de malfaiteurs demeure de nos jours un excellent divertissement qui a peut-être juste un tout petit peu perdu de son éclat...

 

mardi 9 avril 2019

Le Pharmacien de Garde de Jean Veber (2002) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Un armateur italien, un marchand de tabac et une américaine qui « torturait les animaux » sont retrouvé morts dans d'étranges circonstances. Le premier est retrouvé noyé dans une mare de mazout, le second est découvert le visage enfermé derrière un masque constitué de dizaines de cigarettes consumées, quant à la dernière, la police la retrouve avec un sourire sinistre sur les lèvres. Tous les trois ont un point commun : ils sont mort par où ils ont péché. Leur bourreau, on le devine très vite, est pharmacien et écologiste. Afin de faire payer à celles et ceux qui détruisent la faune et la flore, il n'a trouvé d'autre moyen que de tuer les coupables.
Si ce résumé vous rappelle quelque chose, c'est sans doute parce que parmi vos souvenirs s'est logé celui d'une œuvre sortie sept ans plus tôt aux États-Unis. Un film qui a ouvert la voie à une mise en situation des scènes de crimes terriblement convaincante. Morbide, crapoteuse. Des cadavres dont on sentirait presque l'odeur se dégager des corps et traverser l'écran pour titiller nos narines. Ce film, c'est Seven de David Fincher. Un thriller noir, suitant. Une image parcourue de visions sinistres. Une pluie battante qui tombe de manière ininterrompue sur une cité en proie à un tueur qui durant sept jours, va tuer autant de fois des individus par le péché qu'ils ont commis. Gourmandise, orgueil, Luxure, etc...

On devine alors que le cinéaste Jean Veber, fils du célèbre réalisateur, scénariste, producteur et dialoguiste français Francis Veber s'est inspiré du classique américain pour mettre en scène ce récit dont il a lui-même écrit les dialogues et le scénario. Entendons-nous bien : si certaines situations sont en rapport avec la source d'inspiration de Jean Veber, la comparaison s'arrête là. En effet, Le Pharmacien de Garde s'avère pitoyable au regard de l’œuvre de David Fincher. Ce qui se révèle d'ailleurs dommage, compte-tenu du très intéressant casting du film. Le pharmacien est incarné par l'acteur Vincent Perez, dont l'habituelle et excellente verve est malheureusement sous-employée ici. A ses côtés, on retrouve un Guillaume Depardieu déchiré et lui-même apparemment peu convaincu par cette rocambolesque histoire transgenres un peu cafouillis. On a le plaisir de retrouver Laurent Gamelon en collègue bourru et pas très malin et quelques minuscules rôles dont un Kad Merad en policier scientifique.
Mais si l'en est un qui fait véritablement regretter que l'auteur du film ne l'aie pas davantage exploité, c'est l'acteur Pascal Légitimus qui, sans mauvais jeu de mots, légitime à lui seul l'existence du Pharmacien de Garde. Il s'impose ici comme un acteur exceptionnel et surtout éminemment crédible dans le rôle du prostitué travesti.
A côté, tout le reste n'est que futilité, et l'interprétation de ses partenaires s'en trouve diminuée. Quant à l'histoire, elle mêle aussi bien le fantastique que le policier. Vincent Perez campe cet écologiste-fou maniant les produits dangereux avec une expertise hors du commun. Véritable Docteur Jeckyll et Mister Hyde, il se mue en une créature qui rappelle parfois le personnage de Ashe Corven qu'il interpréta dans le long-métrage de Tim Pope, The Crow : la Cité des Anges.
En voulant brasser tout un tas d'idées, Jean Veber se retrouve sans la possibilité d'en maîtriser une seule jusqu'au bout. Le Pharmacien de Garde transpire l'amateurisme, ses interprètes (toujours en dehors de Pascal Legitimus, incroyable) pâtissant de cette médiocre direction d'acteurs. Toujours est-il qu'il ressort du film une drôle d'impression. En tout cas, une œuvre qui ne ressemble à aucune autre. Sans véritable identité mais qui se suit tout de même avec un certain amusement...
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