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dimanche 10 mai 2026

La poupée de Sophie Beaulieu (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Dans Monique : toujours contente de Valérie Guignabodet, Albert Dupontel se trimbalait avec une poupée gonflable. De l'autre côté de l'Atlantique, Ryan Gosling développait dans Lars and the Real Girl de Craig Gillespie une relation émotionnelle avec lui aussi, une poupée. Dans Mannequin de Michael Gottlieb, il s'agissait pour le réalisateur de mettre en scène un mannequin de vitrine qui prenait vie et tombait amoureux d'un employé. Mais celui qui se rapproche sans doute le mieux du long-métrage dont nous allons parler ici nous vient du Japon avec Air Doll du cinéaste Hirokazu Kore-eda, dans lequel une poupée gonflable découvrait le monde après avoir pris vie ! Nous étions alors en 2009 et dix-sept ans plus tard, c'est au tour de la réalisatrice, scénariste, linguiste et traductrice française Sophie Beaulieu de s'atteler à la tâche de donner vie à un personnage inerte. Une poupée sexuelle conçue généralement pour le plaisir des hommes et qui dans le cas de La poupée est tout d'abord le moyen pour Rémi (excellent Vincent Macaigne) de faire table rase sur une séparation dont il a conservé des traces psychologiques. Devenu incapable d'aimer et d'éprouver des sentiments réels pour une femme (contacts physiques, chaleur humaine, etc...), ce vendeur de gazon synthétique qui travaille dans une petite entreprise uniquement constituée de collègues masculins vit donc depuis six mois aux côtés d'Audrey. Le concept, aussi absurde puisse-t-il paraître, repose pourtant sur un constat tout à fait réel puisque les Tpe Doll sont des poupées qui existent réellement et qui sont d'un réalisme parfois bluffant. Tandis que Rémi prévoit de se marier avec elle prochainement alors qu'il n'a toujours pas osé la présenter à ses collègues de travail ou à sa famille (en dehors de sa sœur qui sait qu'Audrey n'est qu'une poupée), l'entreprise GAZONZON accueille une jeune intérimaire qui durant l'absence pour congé parental de l'un des employés va le remplacer...


Une jeune femme pétillante qui semble pourtant en être revenue de ses relations avec les hommes. Étrangement, son arrivée dans la boite coïncide avec le ''réveil'' d'Audrey qui subitement se matérialise en femme en chair et en os... Visuellement, La poupée fait parfois penser à la comédie réalisée voilà dix ans par Franck Magnier, Les têtes de l'emploi. Dans un cas comme dans l'autre, tous deux évoquent parfois dans leur forme la mythique émission de télévision humoristique française Message à caractère informatif qui à la fin du vingtième siècle détournait de vieux documents vidéos d'entreprises. Ou encore la série Caméra café et sa bande de collègues de bureau dans une esthétique moderne relativement minimaliste. Un cachet qui se veut donc parfois cheap, désuet, voire ringard et sur lequel s'attarde pour son premier long-métrage Sophie Beaulieu avec cette petite start-up très masculine et travaillant dans la bonne humeur, jouant au baby-foot durant la pause et accueillant donc Patricia. Personnage incarné à l'écran par une Cécile de France qui à cette occasion est affublée d'une ridicule coiffure qui participera à l'élaboration de son personnage. Gentiment mythomane, certes, mais l'accroche entre elle et Rémi est pratiquement immédiate. Ahhhh, Rémi. Ce type à l'irrésistible bonhomie, à la voix douce et au courage tout relatif (il faut voir sa réaction face à sa poupée devenue femme). Et puis, il y a bien sûr Audrey. Poupée à taille adulte que son propriétaire déplace de pièce en en pièce, face à lui lorsqu'il cuisine et dîne, ou à ses côtés lorsqu'il regarde de vieux documents télévisuels mettant en scène les Grands Hommes de l'Histoire de France ou lorsqu'il dort ! Audrey, donc, interprétée Zoé Marchal, laquelle n'est autre que la fille de Catherine et Olivier Marchal. Nouvelle valeur sûre du cinéma et de la télévision française qui brilla tout récemment dans l'excellente mini série Les lionnes d'Olivier Rosemberg et Carine Prévot dans laquelle elle interprétait l'un des rôles principaux d'un quatuor de braqueuses de banques...


Dans le cas de La poupée, la jeune femme personnifie l'émancipation de son personnage qui jusque là, et à l'image de cette poupée incarnant une femme enfermée dans sa condition de victime du patriarcat, va donc notamment découvrir le libre arbitre ! Avec justesse, beaucoup d'humour, de sincérité et parfois même d'émotion, Sophie Beaulieu signe une comédie plus simple que simpliste. Drainant en outre comme un cahier des charges imposé, quelques idées bien dans l'air du temps comme la ''Non binarité'' ou son contraire, la ''Cisidentité'', à travers le personnage de Domi, la sœur de Rémi, interprétée par l'actrice Adèle Journeaux dont il s'agit ici du premier rôle sur grand écran. Faussement naïve, la comédie de Sophie Beaulieu est un véritable bol d'air frais et derrière le message que l'on pourrait parfois estimer d'opportuniste se cache l'une de ces rares bonnes comédies qui chaque année sortent en France. Originale, drôle, touchante, entre comédie romantique, satire sociale et fantastique, La poupée fonctionne très bien grâce à sa mise en scène sobre mais efficace et surtout grâce à l'excellent jeu d'acteurs. Notons d'ailleurs que parmi ces derniers, Marianne Basler et Gilbert Melki incarnent les parents de Rémi. À découvrir très vite en salle puisque le film est sorti il y a deux semaines environ...

 

samedi 16 septembre 2023

Tristesse Club de Vincent Mariette (2014) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après avoir réalisé une petite série de courts-métrage entre 2009 et 2012, le réalisateur Vincent Mariette s'est jeté dans le grand bain du cinéma projeté sur grand écran avec Tristesse Club deux ans plus tard, en 2014. Un premier long-métrage en forme de quête où trois individus partent à la recherche d'un quatrième qui a disparu après que l'un d'eux, Ludivine Sagnier dans le rôle de Chloé, ait fait croire aux deux autres qu'il était mort. Et cet homme tout d'abord supposé décédé n'est autre que leur père. Accompagnant la jeune et jolie actrice dans cette aventure ô combien étonnante, Laurent Lafitte et Vincent Macaigne forment un duo fort sympathique. Si le premier se montre bougon, voire même désagréable à travers certains de ses propos et son comportement, le second, lui, s'avère particulièrement attachant. Un timbre frêle et l'attitude d'un type relativement timide terminent de convaincre que Bruno n'a absolument rien de commun avec son frère Léon qui pourtant est né du même père et de la même mère. Tristesse Club distille un climat doux-amer à travers un scénario co-écrit avec Vincent Poymiro. À bord d'un véhicule d'un rouge rutilant appartenant à Léon, lui et son frère prennent la route jusqu'à la demeure familiale des Camus où les deux hommes pensent assister à l'enterrement de leur père. Là, ils font la connaissance de Chloé qui affirme être leur demi-sœur. Si Léon fait montre d'une certaine hostilité envers la jeune femme, Bruno, lui, s’intéresse très rapidement à elle et va même tomber sous son charme. Comédie désabusée, le long-métrage de Vincent Mariette n'est peut-être pas la meilleure comédie qui soit née dans les années 2010 et pourtant, sans que l'on rit aux éclats, les aventures de ce trio permettent de passer un très agréable moment.


Alors que la concurrence, celle qui met en avance des noms bien connus et bancables comme ceux de Dany Boon ou Kad Merad, possède en commun le privilège d'attirer dans les salles des spectateurs sans cesse abreuvés des mêmes comédies formatées (dont celles de Michèle Laroque poussent involontairement la caricature dans ses derniers retranchements), c'est parfois sur des inconnus qu'il faut compter dans notre pays pour que le genre parvienne à s'extraire de l'indigence dans laquelle il se noie. Avec ce mort qui n'en est plus un, cette sœur qui n'en est plus une, ce duo de frangins atypique et ces quelques seconds rôles détonants, Tristesse Club déborde d'une étrange énergie qui semble cependant stagner devant l'attitude résignée de Laurent Lafitte dont l'incarnation semble apparemment témoigner d'une torpeur significative. Ludivine Sagnier est toute mignonne dans son ''double-rôle'', désespérée de retrouver le faux mort et ainsi, pourquoi pas, de rapprocher les deux frères. L’œuvre de Vincent Mariette se situe dans un univers où le temps semble s'être arrêté. Ses personnages ont donc en commun cette attitude que partagent certains de ceux que l'on rencontra jadis, au hasard, chez Bertrand Blier même si l'écriture est très largement en deçà des spectaculaire punchlines qui arrosent le cinéma du fils de l'illustre Bernard Blier depuis des décennies. Comme à l'issue du cultissime Buffet Froid dans lequel le papa du réalisateur mais aussi Gérard Depardieu et Jean Carmet échappaient aux griffes angoissantes des milieux urbains, Laurent Lafitte, Vincent Macaigne et accessoirement Ludivine Sagnier arpentent le chemin qui mène aux souvenirs. Et parmi ce trio d'interprètes, le second remporte haut la main tous les suffrages. Car si Laurent Lafitte endosse le rôle ingrat du fil aigri et si Ludivine Sagnier est craquante, le spectateur ne peut que s'attacher au personnage de Bruno Camus. Un être fragile, humain, timide... Autour de notre trio, nous retrouvons notamment l'excellente Noémie Lvovsky dans le rôle de Rebecca, ancienne amante suicidaire du patriarche disparu ou encore Philippe Rebbot dans celui d'Yvan, un ami de la famille...

 

vendredi 18 août 2023

Quand tu seras grand d'Andréa Bescond et Éric Métayer (2023) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Janvier 2023. Le premier long-métrage de la réalisatrice française Sophie Boudre sort sur les écrans. Il s'intitule Un petit Miracle et, comme je l'indiquais il y a quelques mois dans un article qui lui était consacré, le film n'était pas franchement fou ni réellement original. Après les œuvres portant sur des sports collectifs intégrant des catégories d'individus dits ''minoritairement représentés'' (homosexuels, déficients mentaux, etc...), l'un des concepts dont se sont emparés certains scénaristes et réalisateurs porte désormais sur les maisons de retraite, les Ehpads ainsi que sur leur résidents. Pourquoi pas. Nos vieux ont eux aussi droit à leur moment de gloire. Sophie Boudre et ses deux scénaristes Sarah Kaminsky et Julie Manoukian imaginaient une classe de jeunes élèves intégrant les locaux d'une maison de retraite après que l'école du village soit partie en fumée. Une cohabitation forcée entre ses résidents et de jeunes têtes blondes pas vraiment convaincante ! Les grands (et les petits) esprits se rencontrant parfois ponctuellement sur grand écran, Andréa Bescond et Éric Métayer voient leur second projet en commun sortir dans les salles obscures trois mois plus tard. Écrit et réalisé par le duo de metteurs en scène, scénaristes et comédiens, Quand tu seras grand aurait tout l'air de s'être inspiré du long-métrage de Sophie Boudre s'il ne s'agissait pas d'une pure coïncidence. Car en effet, le récit situe une nouvelle fois son action dans une maison de retraite dont les pensionnaires vont devoir partager le réfectoire avec une classe d'élèves dont certains vont s'avérer particulièrement agités. Autant dire que d'emblée, à la lecture du synopsis, on n'a pas trop envie de se plonger dans ces aventures principalement interprétées par Vincent Macaigne et Aïssa Maïga. Si c'est pour se retaper pour la seconde fois une histoire de cohabitation entre les pensionnaires d'une maison de retraite et des gamins pour tout à fait disciplinés, non merci. Et pourtant, les nombreux défauts qui empêchèrent Un petit Miracle de devenir l'une des meilleures comédies de ce début d'année semble avoir totalement échappé au long-métrage de Andréa Bescond et Éric Métayer. Tout ne semblait cependant pas gagné d'avance. Bien que Vincent Macaigne dans le rôle de l'interne Yannick et Aïssa Maïga dans celui de l'animatrice Aude fassent le taf, il manque tout d'abord à Quand tu seras grand, cette touche d'originalité que ne parvient même pas à contrebalancer l'énergie déployée par l'un et l'autre.


Sans mauvais jeu de mots (parce qu'il ne faudrait pas systématiquement penser qu'un film avec des ''vieux'' sent forcément le formol), le film souffre de rhumatismes scénaristiques qui nuisent tout d'abord au bon cheminement du récit. Comprendre par là que parmi les spectateurs, certains des moins patients risquent de couper court à l'aventure bien avant que le véritable intérêt de l'histoire ne s'y exprime enfin. Car, allez savoir pourquoi, ce qui jusque là ne semblait être que l'observation des dégradations d'un lieu de vie regroupant nos aînés et l'affrontement de l'un de ses employés avec une animatrice au fort caractère se mue en une toute autre histoire. La présence du jeune Kristen Billon dans le rôle de Brieuc n'y étant pas tout à fait étrangère, ce jeune ''rebelle'' d'une dizaine d'années, amateur de skateboard mais pas de discipline va être au centre d'un récit profondément émouvant touchant principalement l'un des résidents de la maison de retraite prénommé Yvon. Un rôle remarquablement interprété par Christian Sinniger dont le nom est certainement moins connu que la trogne mais auquel le film semble rendre hommage en lui offrant un rôle dur et poignant. Le déroulement de Quand tu seras grand s'avère donc étonnant. Comme si ses auteurs s'étaient rendus compte en cours de route que leur scénario ne tenait pas vraiment la route ou ne reposait que sur de fragiles acquis. On sourit tout d'abord à peine devant des scènes qui même parfois sont malaisantes à force de montrer l'état des lieux ou l'abandon des pensionnaires par leur propre famille. Ne parlons même pas des moyens dérisoires mis entre les mains des employés. Le sujet est survolé grâce à un Vincent Macaigne qui agit comme une véritable boule d'énergie mais n'est jamais réellement approfondi. L'arrivée de Christian Sinniger et du jeune Kristen Billon va changer la donne et transformer cette comédie sociale au départ tout à fait anodine en un concentré d'émotions qui mettent en valeur l'écriture et la sensibilité des auteurs et de leurs interprètes. Nous pensions tomber sur une comédie, nous avons eu à ,faire avec un drame larmoyant dans ce que le terme peut avoir de moins péjoratif ! Si Vincent Macaigne et Aïssa Maïga forment un duo amusant, voire attachant, Christian Sinniger et Kristen Billon (sans oublier Evelyne Istria qui dans le rôle de Gigi incarne une compagne hémiplégique d'Yvon plus vraie que nature) campent un tandem attendrissant et même, parfois, bouleversant...

 

mardi 21 septembre 2021

L'origine du monde de Laurent Lafitte (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'origine du monde, premier long-métrage de l'acteur Laurent Lafitte en tant que réalisateur, s'inspire autant à travers son développement de la pièce éponyme de l'auteur dramatique français Sébastien Thiéry qu'elle-même empreinte son titre à L'origine du monde du peintre français Gustave Courbet peinte en 1866. Cette toile sur huile mondialement célèbre représentant un sexe de femme symbolise en elle-même la recherche du héros incarné par Laurent Lafitte qui dans la peau de Jean-Louis Bordier tente de résoudre un épineux problème : en effet, son vieux pote vétérinaire Michel Verdoux (excellent Vincent Macaigne) découvre en l’auscultant que le cœur de son ami ne bat plus. Faut-il y voir une allégorie sur l'absence d'émotions, de sentiments, d'amour ou plus simplement une fantaisie qui ne recherche rien d'autre que rires et esclaffement du public ? Difficile de répondre à cette question lorsque un traitement ordonné par la coach de son épouse Valérie (formidable Karin Viard) pousse le ''héros'' à se surpasser et ainsi atteindre un but en passant par un exercice absolument inabordable : celui de prendre en photo la ''chatte'' de sa mère (c'est pas moi qui l'exprime ainsi, c'est Laurent Lafitte/ Jean-Louis lui-même), la dite origine du monde afin que Margaux, la coach en question savoureusement interprétée par l'actrice Nicole Garcia puisse l'étudier et ainsi comprendre pourquoi le cœur de Jean-Louis ne bat plus et par conséquent résoudre le problème avant les trois jours prochains, date fatidique après laquelle il risque de mourir...


Sur un ton pas toujours aussi absurde qu'il n'y paraît, et même à travers l'emploi de séquences brumeuses absolument magnifiques (une seule suffisait, alors pour l'avoir répétée?), L'origine du monde ose franchir quelques strates hors de portée de la bienséance en mettant à nu ces trois comparses que sont Laurent Lafitte, Karin Viard et Vincent Macaigne. Un trio complété par Nicole Garcia, donc, mais peut-être plus encore par l'actrice Hélène Vincent à laquelle le réalisateur offre l'opportunité de sortir enfin de cette référence systématique, aussi solide et contraignante qu'une camisole de force, que fut le rôle de Marielle Le Quesnoy qu'elle interpréta dans le classique d'Etienne Chatiliez, La vie est un long fleuve tranquille. Trente-quatre ans plus tard, grâce à Laurent Lafitte et au soin qu'il a pris non seulement de prendre en considération la caractérisation de ses rares mais précieux interprètes et notamment Hélène Vincent, on se souviendra peut-être désormais tout d'abord de cette dernière pour le rôle de Brigitte Bordier qu'elle aura interprété en 2021. Chose assez rare dans le paysage comique français, et même quasiment unique, chaque personnage bénéficie d'une écriture et d'une direction d'acteur absolument remarquable. C'est bien simple : en étudiant chaque interprète, son temps de présence ou sa façon d'aborder son personnage, il est difficile de dire parmi Laurent Lafitte, Karin Viard, Vincent Macaigne, Nicole Garcia ou l'épatante Hélène Vincent, lequel ou laquelle est au dessus du lot. À armes égales, les uns et les autres se battent en duel pour nous offrir des répliques plus savoureuses les unes que les autres...


Pourtant, L'origine du monde, à moyen ou à long mais certainement pas à court terme, fait l'étrange effet d'un œuf à la coque que l'on vient de consommer avec délectation. Qu'en reste-t-il ? Une coquille toute vide. Non pas que le long-métrage fasse tout à fait cet effet mais en dehors de l'interprétation, de certaines situations fort cocasses et de dialogues souvent cuisinés aux petits oignons, sachons reconnaître que le scénario est des plus léger. Mais alors, rien de vraiment grave. Vincent Macaigne en véto en peu neuneu (voire ringard. Non mais t'as vu ses chemises à carreau d'un autre monde?) mais profondément attachant, Nicole Garcia sur un mode de pensée très en vogue nous offre parmi les séquences les plus drôles et Hélène Vincent en octogénaire harcelée par son fils, sa belle-fille (avec laquelle elle entretient tout sauf des rapports amicaux) et leur ami Michel trouve le ton juste. Une vieille mémé ultra classique... mais un peu trash sur les bords (vous comprendrez). À dire vrai, L'origine du monde, c'est un peu l'univers d'Albert Dupontel auquel on aurait tenté de mettre un filtre quelque peu défectueux. Se dégage du tout venant sans saveurs de la comédie français un esprit libre, décomplexé, mais qui aurait pu pousser le concept encore plus loin, jusqu'à même s'attarder sur certains points qui ne sont évoqués que très succinctement. Une comédie qui en tout cas mérite que l'on se déplace dans les salles obscures...

 

dimanche 26 janvier 2020

Fête de Famille de Cédric Kahn -2019) - ★★★★★★★★☆☆



Les réunions familiales ou entre amis sur grand écran, on sait généralement comment cela commence et comment cela se termine. La plupart des longs-métrages distillent les éclats de rire du début à la fin grace à des dialogues finement écrits. On s'aime, on se déteste, on rit, on pleure, mais dans la plupart des cas, tout ça finit dans une certaine bonne humeur. On pense notamment à Un Air de Famille de Cédric Klapisch ou Cuisine et Dépendances de Philippe Muyl. Et puis, il y a quelques exemples plus rares de comédies qui prennent une direction tout à fait différente. Le genre à ne ménager ni leurs personnages ni les spectateurs. Exemple: le glaçant Préjudice du réalisateur et scénariste BELGE Antoine Cuypers. Oui, comme si la Belgique était une fois encore moins frileuse que la France à prendre des chemins de traverse et diriger la Comédie vers un humour beaucoup moins confortable. Bien plus noir comme on a l'habitude de nommer le genre lorsqu'il se penche sur des sujets plus délicats tels que la mort, la maladie, les histoires de famille, etc...
Il ne faut cependant pas croire que dans notre hexagone, ne subsistent que les comédies légères de Dany Boon (Bienvenue chez les Ch'tis), Kad Merad (Brillantissime, la daube signée en 2018 par Michèle Laroque) Christian Clavier (Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu et sa suite réalisées toutes deux par Philippe de Chauveron) ou Frank Dubosc (Camping 1, 2, 3, la trilogie ringarde de Fabien Onteniente, également auteur du nullissime All Inclusive). Non, certains auteurs savent mettre des mots sur... les maux, et le faire avec style ainsi qu'avec un sens certain de la mise en scène. Comme chez Antoine Cuypers, l'acteur français Cédric Kahn, lequel a le bon gout de s'offrir l'un des principaux rôles de son tout dernier long-métrage en tant que réalisateur Fête de Famille, signe une comédie qui au fil du récit s'assombrit à tel point que l'on oublie presque les sourires du début pour ne retenir que la noirceur du propos...
L'histoire est pourtant ce qu'il y a de plus classique. Aujourd'hui est une journée spéciale pour Andréa, cette septuagénaire qui pour fêter son anniversaire a réuni toute sa famille. Toute ou presque puisqu'il en manque une: sa fille Claire qui vit depuis trois ans aux Etats-Unis. Pourtant, le rêve d'Andréa se réalise puisque Claire refait justement surface ce jour là. C'est donc en compagnie de ses frères Vincent et Romain, de leur conjointe respective, des deux fils du premier mais également de la fille de Claire, Emma et de son petit ami Julien et bien sûr de son époux Jean qu'Andréa espère fêter son anniversaire. Malheureusement rien ne va se dérouler comme prévu. Alors qu'Emma et ses deux petits cousins préparent une pièce de théâtre à l'attention de leur grand-mère, alors que Romain tente de retenir sa fiancée Rosita qui ne se sent pas à sa place dans ce contexte qui peu peu à peu va se déliter et alors que Romain met la dernière patte aux préparatifs de l'anniversaire de sa mère, Claire annonce son intention d'ouvrir un gîte en Espagne avec une amie. Mais pour cela, elle a besoin de deux-cent mille euros. Une somme qu'elle a bien l'intention de récupérer de l'hypothétique vente de la maison familiale. Ce qui n'est pas au goût de tout le monde...
Cédric Kahn met en place ce qui n'aurait pu être qu'un vaudeville dans lequel s'enchaînent les quiproquos et les disputes entre membres d'une même famille sauf qu'il choisit une vue de la famille proche de la vision d'Antoine Cuypers. A tel point que Fête de Famille paraît comme une adaptation francisée d'une comédie dramatique belge particulièrement noire. Si Catherine Deneuve se pose en matriarche dépositaire d'un calme presque religieux, l'interprétation démentielle de l'extraordinaire Emmanuelle Bercot balaye absolument tout sur son passage. En admirateur et en fin connaisseur du métier d'acteur, Cédric Kahn dirige ses interprètes avec une précision et une maturité exceptionnelles. A travers Fête de Famille le réalisateur et acteur étudie les comportements d'une famille où tout ou partie semble avoir été sacrifié au mensonge. Si l'on s'amuse d'abord de certains traits de caractère (Vincent Macaigne est irresistible en vidéaste amateur irrésponsable), très rapidement, le ton change lorsque débarque le personnage de Claire. Sanguine, instable, bipolaire, Emmanuelle Bercot l'incarne avec une touchante justesse et une force telle qu'elle parvient à nous indisposer. Dans le paysage humoristique français, Fête de Famille figure presque comme une exception. En tout cas, une franche réussite, admirablement interprétée et mise en scène. Un film à voir, absolument...

vendredi 7 septembre 2018

La Loi de la Jungle de Antonin Peretjatko (2015) - ★★★★★★★☆☆☆



La Guyane, sa forêt, ses mygales et son chantier hors norme que le monde entier devrait lui envier. C'est là-bas qu'est envoyé par le ministère de la norme, Marc Châtaigne, pour s'assurer de la mise aux normes européennes du chantier Guyaneige. La toute première piste de neige amazonienne Un projet pharaonique planté au beau d'une forêt tropicale remplie de serpents, d'araignées et de scorpions. Aidé sur place par la jolie Tarzan (!?!), stagiaire elle aussi, Marc va y vivre une aventure dépaysante, bourrée de péripéties, enrobée d'un humour totalement déjanté et libérée de toute logique. C'est en roue libre que vivent cette aventure Vincent Macaigne et Vimala Pons. Pas toujours drôle mais totalement absurde, La Loi de la Jungle se voudrait une alternative au cinéma de Quentin Dupieux que les fans de ce dernier ne s'en étonneraient même pas. Pourtant, ici, tout y est infiniment plus limpide malgré l'impression de bordel généralisé qui s'en dégage. En à peine quatre-vingt quinze minutes, le cinéaste français Antonin Peretjatko s'autorise toutes les folies sans même se donner la peine de savoir quels gags, parmi la myriade de ceux proposés, fonctionneront, et quels autres échoueront dans leur tentative de faire rire le public venu assister à un meeting-pot où se croiseront involontairement quelques classiques du septième art. Si les cris de la faune sauvage et un passage forcé dans les eaux de l'un des cinq fleuves guyanais rappelleront à certains deux des plus fameux longs-métrage de l'allemand Werner Herzog (oui, faut quand même avoir une sacrée imagination pour comparer le jeune français et ce génie du septième art), la pittoresque étreinte entre nos deux héros dans la boue (r)éveillera de savoureux souvenirs à ceux qui découvrirent en son temps, celle de l'héroïne Emmanuelle dans le quatrième opus de ses charnelles aventures...

Film d'aventure burlesque duquel pointe une romance absurde, l'héroïne Tarzan de La Loi de la Jungle s'y prend pour un temps, pour Bud (Spencer), ou Terence (Hill), à choisir. La grande force du second long-métrage d'Antonin Peretjatko demeure dans ce duo explosif qui s'attire tout en se repoussant. Entre les idéaux de chacun, le torchon brûle jusqu'à ce que naisse cette petite étincelle qui les rapprochera lorsque la Mort viendra frapper à la porte de l'un d'eux. Une porte qui restera fermée et donnera lieu à l'une des scènes d'amour les plus absurdement écourtée de l'histoire du cinéma.

Ce qu'il faut retenir également de l’œuvre barrée du cinéaste, c'est le travail effectué sur la bande-son et l'image. Et l'on ne parle pas seulement de la photographie, de l'éclairage ou des choix musicaux (sur lesquels je reviendrai), mais bien du rythme imposé par un montage qui effectue une importante modification en terme d'images par seconde comparé à la très grande majorité des films circulant sur le marché. En effet, Antonin Peretjatko a choisit de tourner son film en 22 images par seconde au lieux des 24 ou 25 réglementaires. Le résultat ne se fait pas longtemps attendre puisque cette technique inédite (du moins, je le crois), offre au film l'apparence d'un dessin animé, les voix étant alors plus aiguës et plus rapides. En bref, plus saccadées, comme l'est également l'action, les personnages semblant ainsi victimes de convulsion involontaires. Participant au comique de situation, apparaissent à l'écran l'excellent Pascal Legitimus ou Matthieu Amalric. D'autres personnalités également, peut-être moins connues mais qui en revanche apportent une valeur ajoutée en terme d'humour. Fred Tousch dans le rôle de l'huissier poursuivant Marc Châtaigne jusqu'en Guyane en est le parfait exemple.

D'une manière générale, La Loi de la Jungle possède les qualités de ses défauts et vice versa. On s'amuse un temps de l'absurdité du propos en nous demandant jusqu'où le cinéaste repoussera la cocasserie du sujet abordé (Une piste de neige en Guyane, quelle idée absurde!!!). Malheureusement, le film souffre de s'éparpiller et finit par ne plus ressembler à rien d'autre qu'à une successions de gags sans réel fil conducteur. Pour revenir à la bande-son, nous louerons le travail effectué par Thomas de Pourquery qui compile ici de grands airs de musique classique avec des choses beaucoup moins attendues tels que le classique Oxygène de Jean-Michel Jarre ou l'un des thèmes musicaux du dessin-animé Goldorak. Foutraque mais diablement original La Loi de la Jungle risque cependant de ne pas plaire à tout le monde...

jeudi 15 février 2018

Le Sens de la Fête de Éric Toledano et Olivier Nakache (2017) - ★★★★★★★☆☆☆




Le Sens de la Fête est la sixième collaboration entre les cinéastes Éric Toledano et Olivier Nakache sur grand écran. Après l'énorme succès de Intouchables en 2011 (le film tient depuis la seconde place au box-office dans l'histoire du cinéma français), les deux auteurs utilisent à nouveau opportunément l'acteur Omar Sy pour Samba en 2014 après son premier passage à Hollywood pour le film X-Men: Days of Future Past. Le Sens de la Fête est la première collaboration entre le duo et l'acteur Jean-Pierre Bacri que l'on avait l'habitude jusque là de voir aux côtés de sa compagne, l'actrice, réalisatrice et scénariste Agnès Jaoui. Les spectateurs ont pu notamment le découvrir dans Subway de Luc Besson en 1985, Escalier C de Jean Charles Tacchella la même année, l'excellent Mort un Dimanche de Pluie Joël Santoni (dont je désespère d'écrire un article à sa hauteur) l'année suivante, Mes Meilleurs Copains de Jean-Marie Poiré en 1989, Un Air de Famille de Cédric Klapisch en 1996, La Vie très Privée de Monsieur Sim de Michel Leclerc en 2015, et donc, Le Sens de la Fête en 2017. Une année qui brillera d'ailleurs par la présence de l'acteur français par trois fois puisqu'Alain Chabat l'engagera sur le tournage de son dernier long-métrage en date Santa et Cie, et on aura également eu l'immense plaisir de le voir dans Grand Froid de Gérard Pautonnier, une comédie noire proche de l'humour scandinave avec un Bacri “Draculéen”...

Si quelques passages du dernier film d'Éric Toledano et Olivier Nakache sont situés dans les environs de Fontainebleau, la majeure partie de l'action se situe à l'intérieur et dans le jardin du Château de Courances dans l'Essonne. Un cadre magnifique pour long-métrage, bien qu'interprété par une foule de seconds rôles, et pratiquement voué à Jean-Pierre Bacri. Lequel ne se départit pas une fois encore de son rôle d'individu passablement désagréable qui ont fait son succès dans bon nombre de longs-métrages (Cuisine et Dépendances, pour ne citer que l'un des plus célèbres). Mais si cette fois-ci, le personnage de Max Angeli qu'il campe dans une unité de temps n'excédant pas les vingt-quatre heures, il y a une raison valable à cela. Car Max organise des mariages depuis trente ans. Fatigué par cette profession éreintante, il a bien envie de raccrocher les gants. Ce qui ne l'empêche pas de tout faire pour que le mariage de son nouveau « client » se déroule sans encombres.
Malheureusement, malgré une belle journée ensoleillée, rien ne va se dérouler comme prévu. Car Max va devoir assurer le service entre un futur marié arrogant et des employés qui parfois, n'en vont faire qu'à leur tête. Le récit s'articule donc autour d'une journée longue et périlleuse pour Max et ses employés. Cuisiniers, serveurs, photographe et animateur auront beau vouloir mettre du cœur à l'ouvrage, chacun voudra y mettre son grain de sel. Le résultat sera, à l'écran, particulièrement détonnant.

Le principe mis en place par Éric Toledano et Olivier Nakache est tel qu'on a parfois l'impression que les deux cinéastes (également responsables du scénario) ont installé une batterie de caméra, les laissant tourner une journée durant, bien que le tournage ait duré neuf semaines. Autour de Jean-Pierre Bacri, le duo impose d'excellents interprètes tels que Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche, mais également Eye Haïdara, Alban Ivanov, ou encore Vincent Macaigne qu'on a pu voir l'année précédente dans l'excellent Des nouvelles de la planète Mars de Dominik Moll aux côtés de François Damiens, et même l'actrice Hélène Vincent que l'on a pu notamment voir dans La Vie est un Long Fleuve Tranquille d’Étienne Chatiliez en 1987 et déjà chez Éric Toledano et Olivier Nakache dans Samba. Outre ces quelques visages bien connus du monde du septième art, les cinéastes ont également fait appel à Benjamin Lavernhe dans le rôle de l'insupportable futur marié ainsi qu'à des interprètes aussi étonnants que l'acteur tamoul Manickam Sritharan.

Le Sens de la Fête est savoureusement drôle, les situations abracadabrantes s'enchaînant les unes après les autres sans que le rythme n'en souffre. Constitué de différents actes, le film est accompagné d'une excellente partition de jazz composée par le contrebassiste israélien Avishai Cohen. Jean-Pierre Bacri est au sommet de son art, encore davantage mis en valeur par de solides partenaires féminins et masculins. C'est bien simple, on ne s'ennuie pas un seul instant. Mieux: Éric Toledano et Olivier Nakache se permettent même une petite touche d'émotion bienvenue vers la fin du film...

lundi 5 septembre 2016

Des Nouvelles de la Planète Mars de Dominik Moll (2016)



Philippe Mars est astronaute. Du moins dans ses rêves puisque dans la vie réelle, il est ingénieur en informatique. Divorcé de Myriam, journaliste qui couvre des événements à l'étranger, il est le père de Sarah, une adolescente qui veut absolument réussir pour ne pas « finir comme papa » et de Grégoire, subitement devenu végétarien, et dont une jeune camarade mythomane de seulement douze ans aimerait obtenir les faveurs. Quant à Xanaé, de son véritable prénom Fabienne, c'est la sœur de Philippe. Artiste-peintre, elle prépare une exposition dans laquelle elle projette d'exhiber des peintures de leurs parents dans le plus simple appareil.

Stop. On va arrêter là. Des Nouvelles de la Planète Mars, on peut s'en douter, n'est pas un film comme les autres. C'est même sans doute l'une des comédies françaises les plus étranges qu'ait pondu le septième art depuis ce début d'année 2016. La présence de l'acteur et humoriste François Damiens vient d'ailleurs confirmer cette impression. Lui, mais pas seulement. Celui qui lui tient la dragée haute à son personnage, c'est Jérôme, son désastreux collègue de travail. Celui par lequel l'indicible inconfort pénètre l’œuvre de Dominik Moll, auteur notamment de Harry, Un Ami qui vous veut du Bien et de Lemming. Un individu relégué dans une assez vaste pièce, envahie de matériel au rebut. L'impression qu'il fait partie lui-même de cet ensemble d'objets devenus inutiles est assez marquant. Une dépression et c'est l'accident. Jérôme pète un câble, et jette sur la trajectoire de Philippe, alors qu'un autre était visé, un hachoir qui va couper l'oreille du père de famille.


Les urgences pour Philippe, la psychiatrie pour Jérôme. Rien n'aurait dû destiner ces deux hommes à se rencontrer à nouveau, et pourtant. Par un concours de circonstances, le premier accueille le second chez lui, et c'est le quotidien d'un Philippe mal aimé par les siens qui va s'en retrouvé bouleversé...

Dominik Moll a choisit de traiter son sujet à l'aide de personnages hauts en couleurs, et parfois même inquiétants. Comme peut l'être Vincent Macaigne qui campe ici le personnage de Jérôme et qui sous certains aspects rappelle l'acteur Eric Wareheim que le cinéaste Quentin Dupieux semble plutôt apprécier puisqu'il l'a engagé sur le plateau de deux de ses derniers long-métrages. Des Nouvelles de la Planète Mars n'est pas une comédie légère, n'en déplaise à celles et ceux qui aimeraient retrouver l'humoriste François Damiens dans le registre qui l'a fait connaître à travers notre pays. Son personnage est sur une perpétuelle tangente, comme s'il allait lui-même connaître l'état dépressif dans lequel est tombé Jérôme. Il faut dire que son personnage est entouré de proches particulièrement farfelus. La fille, ambitieuse et moralisatrice (l'excellente Jeanne Guittet), le fils se rapprochant assez vite de l'hôte encombrant (Tom Rivoire), ou encore l'inattendue convive de Jérôme, Chloé, elle aussi sortie tout droit de l'hôpital psychiatrique. En fait, on se demande parfois dans quelle mesure le passage du rêve à la réalité prend forme au moment où Philippe se réveille. Des Nouvelles de la Planète Mars se regarde comme un long cauchemar qui ne prendrait fin qu'au moment où Philippe s'éveille de cet état d'immobilisme que lui reproche à un moment donné le personnage de Chloé interprété par l'actrice belge Veerle Baetens. Une œuvre étonnante, parfois dérangeante, mais assurément originale...
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