Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Oz Perkins. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Oz Perkins. Afficher tous les articles

dimanche 21 décembre 2025

Keeper d'Osgood Perkins (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Le tout dernier long-métrage d'Osgood Perkins est arrivé dans les salles voilà deux jours et celui-ci s'inscrit une nouvelle fois dans les domaines de l'horreur et de l'épouvante. Alors qu'il est déjà en train de s'attaquer au tournage de son nouveau film The Young People, l'auteur de Gretel & Hansel en 2020, de Longlegs en 2024 et de The Monkey en 2025 ne parviendra sans doute pas à réconcilier ses fans et ses détracteurs. Car bien qu'avec sa bande-annonce, Longlegs avait su faire sensation, le film n'était au final qu'un pétard plus ou moins mouillé. Quant à l'adaptation de la nouvelle The Monkey parue pour la première fois en 1980 dans le magazine Gallery aux États-Unis et chez nous dans l'excellent recueil intitulé Brume en 1987, le long-métrage était une assez mauvaise surprise... Keeper (absurdement traduit chez nous sous le titre L'élue) est donc sorti mercredi dernier. Et pour le coup, l'un des principaux enjeux qui semblait tourner autour du couple quasi unique qui se présente à l'écran est semble-t-il passé à la trappe. Vous rêviez de voir une femme et son compagnon se déchirer à l'écran ? D'assister à la lente dégradation de leur relation ? À souffrir pour l'un et (ou) l'autre des deux principaux protagonistes ? À prendre à cœur l'intérêt du premier et à haïr le second ? Tous ces principes ont malheureusement rejoint la grande poubelle des bonnes idées qui dans le domaine de l'horreur sont désormais jetées au profit d'une redondance quasi systématique. Pourtant, Osgood Perkins comme quelques autres cinéastes parmi lesquels nous citerons par exemple Ari Aster ou Robert Eggers parvient (parfois) à donner une image neuve du cinéma d'épouvante. Un caractère qui lui est propre mais qui aussi et surtout est traversé de visions stupéfiantes mais malheureusement trop rares pour que son cinéma marque les esprits sur le long terme. Il s'agit donc bien de sa manière de filmer ses personnages qui fait toute l'excellence de certains plans. Comme justement ceux, particulièrement étranges et décalés vus dans la bande-annonce de Longlegs qui nous laissaient espérer découvrir un grand film d'horreur. Là encore, avec Keeper, le cinéaste use d'angles statiques et parfois symétriques. L'emploi de nombreux miroirs lui permettant ainsi de jouer avec les perspectives tout en livrant très rapidement mais sans en avoir l'air, l'un des indices fondamentaux du récit qui nous sera livré beaucoup plus frontalement lors du dernier tiers. Osgood Perkins aime également à poser sa caméra sur le visage de son héroïne. Quitte à l'observer durant de très longues secondes sans qu'aucun événement extérieur ne vienne briser la monotonie de ces plans...


L'horreur s'y déploie alors de manière subtile, lente et au fond presque invisible... Si le réalisateur, scénariste et producteur originaire de New York foire complètement le portrait de ce couple quelque peu dysfonctionnel en ce sens où Liz (Tatiana Maslany) est très éprise de Malcom (Rossif Sutherland) tandis que ce dernier semble très frileux à l'idée de lui faire l'amour ou même, parfois, de simplement la prendre dans ses bras, Keeper manque surtout de consistance. D'ailleurs, l'absence durant un temps de Malcom, médecin appelé à se rendre à l’hôpital afin de s'assurer du réveil d'une patiente plongée dans le coma, est aussi significative d'un manque d'inspiration scénaristique pour le spectateur que l'épreuve est compliquée à assumer pour Liz. Keeper, dont l'absurde titre français en dit sans doute un peu trop à son sujet alors même que le film n'a pas encore commencé est une œuvre foncièrement étrange. Entre léthargie assumée par une mise en scène lente et pesante et absence de véritables rebondissements en cours de route. Une œuvre malgré tout bourrée de scènes-clés dont la signification n'est jamais vraiment évidente. Rossif Sutherland, lequel est le frère de Kiefer et le fils de l'immense Donald interprète un Malcom mou, inexpressif et totalement transparent. Marquant ainsi de manière beaucoup trop appuyée la distance qui existe entre ce que ressent son personnage et celui incarné par Tatiana Maslany. Quant au récit, tout ou presque ne semble avoir pour but que de nous asséner une dernière partie qui, il est vrai, va tout remettre en question en terme d'épouvante. À titre de comparaison, l'on pourrait opposer l'attentisme de Keeper à celui de The Blair Witch Project. Film chiantissime au possible qui pourtant marqua la majorité des esprits, même ceux des réfractaires, grâce à son effroyable conclusion. Et bien ici, c'est un peu la même chose. On se dit alors que l'attente et la patience valaient bien que l'on subisse quelques ventres mous car lorsque l'héroïne est confrontée à la réalité et qu'assise contre le mur de la cave, Liz découvre ce qui se tramait depuis en réalité les débuts de sa relation avec Malcom, le spectateur se prend une véritable gifle visuello-sensorielle ! L'un des rares quarts-d'heure horrifiques de cette année 2025 a être véritablement efficace. Pour le reste, Keeper est dans la moyenne de ce qu'a l'habitude de nous proposer le cinéaste américain...

 

mardi 15 avril 2025

The Monkey d'Oz Perkins (2025) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Ancien fan absolu de l'écrivain américain Stephen King, j'ai pourtant abandonné la lecture de son œuvre après la sortie en France de La petite fille qui aimait Tom Gordon. Trahissant ainsi ma fidélité à celui qui me fit rêver durant tant d'années en le trompant avec Graham Masterton... Côté cinéma, l'adaptation de ses romans et de ses nouvelles n'étant que trop rarement dignes de son travail de romancier essentiellement spécialisé dans les domaines de l'horreur, du fantastique et de l'épouvante, je ne m'attendais à rien de spécifique en me lançant dans la projection de The Monkey d'Oz Perkins. Cinéaste dont il me semble avoir tout vu. Ou du moins, l'essentiel. Comme le récent Longlegs qui malgré mes attentes me laissa pourtant sur ma faim ! Alors que l'on pourrait s'attendre à ce que la photographie soit une nouvelle fois confiée à Andres Arochi, c'est pourtant cette fois-ci Nico Aguilar qui est aux commandes. Le mimétisme étant repoussé dans ses derniers retranchements, l'on retrouve l'esthétique si particulière de l'avant dernier long-métrage du cinéaste américain à travers une œuvre dont la teinte semble la plupart du temps avoir été traitée à l'aide de filtres verdâtres. À dire vrai, l'on pourrait même remonter à quelques années en arrière, jusqu'en 2019 avec Doctor Sleep, la séquelle tardive de The Shining signée en 2019 par Mike Flanagan dont quelques années plus tard, le cinéma d'Oz Perkins allait s'inscrire dans une même veine artistique. N'ayant pas spécialement apprécié cette suite que je n'ai de toute manière jamais réussi à voir jusqu'au bout, la fugace impression de revivre cette même pénible et rédhibitoire expérience m'a tout de suite pris à la gorge lors du lancement de The Monkey. La nouvelle d'origine, traduite chez nous sous le titre Le singe et disponible dans l'excellent recueil de nouvelles Brume au milieu des années quatre-vingt, me laissa d'excellents souvenirs. Contrairement à l'adaptation d'Oz Perkins qui coche quasiment toutes les cases de l’œuvre comico-horrifique ratée ! Car le long-métrage, oui, se veut amusante et terrifiante. Quoique concernant la terreur que son auteur semble vouloir nous infliger, celle-ci semble finalement avoir été oubliée du cahier des charges tant l'on attend encore et encore que le moindre signe d'effroi ne nous fasse hérisser le poil. Les fans de l'auteur américain se rassureront en se disant qu'au pire, le cinéaste ne parviendra jamais à faire pire que l'ignoble adaptation sur grand écran de la pantagruélique saga en huit volumes constitués en tout de plusieurs milliers de pages, La tour sombre.


Le réalisateur Nikolaj Arcel signant ainsi l'une des plus infâmes purges adaptées d'un roman de fantasy ! En comparaison, The Monkey s'en tire avec un moindre mal même si l'expérience peut être parfois considérée d'éprouvante. Car derrière ce titre et cette affiche qui sans ambages renvoient à ce sinistre automate qui déjà dans la nouvelle était la cause d'une série de meurtres violents, Oz Perkins semble d'abord vouloir s'amuser avec le contexte de ces deux frères aux tempéraments bien différents et que l'on pourrait l'espace d'un instant comparer au binôme fantasmagorique d'un autre ouvrage de Stephen King, La Part des ténèbres. Trop long, The Monkey l'est assurément. Car outre le désir de signer une œuvre ambitieuse à partir d'un matériau de base peut-être trop léger pour en faire un LONG-métrage, le cinéaste se disperse en conjectures en abandonnant des thématiques dont il aurait pu approfondir les concepts, certes déjà traités sur grand et petit écran (comme l'évoque le harcèlement scolaire que subit lors de son adolescence le jeune Hal). Interprétés par Theo James, les jumeaux Shelburn (Hal et Bill) se retrouvent séparés dès lors que le film change d'époque pour plonger ses protagonistes dans le présent. Succédant ainsi à une première partie pauvrement mise en scène. À tel point que The Monkey ressemble tout d'abord à un vieux téléfilm des années quatre-vingt qu'aurait retrouvé dans un grenier un dénicheur de vieilles bobines. Le reste étant à l'aune du préambule, le film d'Oz Perkins aura beau satisfaire les amateurs de gore pas très regardant sur la qualité de ses effets-spéciaux (qui cachent très mal leur technique à base de CGI), côté humour, l'on est au niveau d'un encéphalogramme plat. Parfois proches du malaise (les grossières références du révérend vis à vis de la morte qui s'apprête à rejoindre ses ancêtres au cimetière), il est difficile de passer derrière les grands classiques de la parodie d'horreur ou de la comédie horrifique et de prétendre inscrire son œuvre dans l'un ou l'autre de ces registres. Oz Perkins a beau insister sur la dualité entre les deux frères et sur les scènes d'exposition consacrées à leur horrible ''marionnette'', le film ne fonctionne pourtant absolument pas. Une œuvre totalement stérile dont on retiendra quelques plans sanglants inventifs. Pas de quoi en faire un classique du genre ni l'une des bonnes adaptations cinématographiques de Stephen King...

 

mercredi 25 septembre 2024

Gretel et Hansel d'Oz Perkins (2020) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Alors qu'est récemment sorti sur les écrans de cinéma Longlegs d'Oz Perkins et que son auteur s'apprête à adapter la nouvelle du romancier d'épouvante américain Stephen King, The Monkey, retour sur Gretel et Hansel, troisième long-métrage signé du fils de l'acteur Anthony Perkins. Régulièrement adapté à l'écran depuis le début du siècle dernier, l'ouvrage des frères Jacob et Wilhelm Grimm Hansel et Gretel, le fut notamment de manière très originale en 2003 par le réalisateur Néerlandais Alex van Warmerdam sous le titre Grimm. La version d'Oz Perkins, assez fidèle au conte des frères originaires de Berlin, en Allemagne, évoque tout d'abord le sort d'une enfant malade qui bénéficia par décision de son père de l'aide d'une sorcière qui lui permit de recouvrer la santé. L'enfant guérit, grandit, mais en possession d'un certain nombre de pouvoirs maléfiques qu'elle met alors à profit, les habitants du hameau avec en tête de cortège son père décident finalement de chasser la jeune fille... Bien des années plus tard, Gretel (Sophia Lillis) et son petit frère Hansel (Samuel Leakey) sont expulsés par leur mère qui les menace de les couper en petits morceaux si jamais ils refusent de partir. Isolés dans les bois et affamés, les deux enfants se réfugient tout d'abord dans une vieille maison abandonnées avant de faire la connaissance d'un homme avenant qui leur conseille de rejoindre un village non loin de là et où ils seront très bien accueillis. En chemin, Gretel et Hansel découvrent une autre demeure (dont la forme fait très probablement référence à celle qui abritait la sorcière en tout début de récit) où vit une vieille femme qui leur offre le gîte et le couvert. La nourriture y est en abondance et c'est repus que l'adolescente et son petit frère acceptent de passer la nuit chez elle... Proche du récit originel, Gretel et Hansel inverse cependant dès son titre le degré d'importance des deux personnages. Oz Perkins fait de Gretel l'héroïne principale tandis que Hansel ne fait que la suivre et obéir à celle qui devient par conséquent, un substitut à cette mère qui les chassa de manière impropre du cocon familial. Rien d'étonnant chez le cinéaste qui depuis ses débuts et jusqu'à très récemment a toujours fait de la femme, l’icône principale de la totalité de ses œuvres.


L'actrice new-yorkaise Sophia Lillis qui jusque là avait notamment participé au tournage des deux volets de Ça d'Andrés Muschietti (adaptation de l'un des plus gros succès littéraires de Stephen King) donne donc la réplique au tout jeune Samuel Leakey mais aussi et surtout à la sud-africaine Alie Krige dont la carrière d'actrice débuta à la fin des années soixante-dix et que l'on pu notamment découvrir en reine Borg dans le long-métrage Star Trek – Premier Contact de Jonathan Frakes ou dans le rôle de la cheffe d'une secte dans l'excellent Slient Hill de Christophe Gans... Ceux qui n'apprécient pas particulièrement le style d'Oz Perkins risquent ici de camper sur leurs positions tandis que ceux qui suivent avec délectation la lente et remarquable évolution de son cinéma seront sans doute une nouvelle fois séduits par le caractère éminemment crépusculaire de ce troisième long-métrage que l'on rapprochera d'une certaine manière de The Witch de Robert Eggers ou encore, et cela peut paraître plus étonnant, de Nosferatu, eine Symphonie des Grauens de Friedrich Wilhelm Murnau... Les raisons étant, me semble-t-il, évidentes. Surtout d'un point de vue narratif et esthétique. Visuellement, et cela n'étonnera ni les pro, ni les anti Oz Perkins, celui-ci persiste et signe dans sa volonté de donner à son Œuvre avec un grand O, une patte très personnelle. Laquelle caractérise en profondeur son travail même si par rapport aux trois autres longs-métrages qu'il a mis en scène jusqu'à maintenant nous pouvons noter quelques changements d'ordre technique. La directrice artistique Julie Kirkwood est ici remplacée par Galo Olivares tandis que la bande originale n'est plus assurée par son frère Elvis (lequel assurera malgré tout celle de Longlegs en 2024) mais par le musicien et compositeur de musiques de films français, Robin Coudert. Rien de bien gênant puisque l'on retrouve ces ambiances chères au réalisateur qui, en outre, et exceptionnellement (du moins jusqu'au futur The Monkey), abandonne l'écriture au profit du scénariste Rob Hayes, lequel adapte donc le conte des frères Grimm. Gretel et Hansel est une excellente surprise pour quiconque est en mesure de supporter la lenteur avec laquelle Oz Perkins développé son sujet. Ménageant une ambiance délétère et angoissante ne faisant que s'amplifier au court du récit, ce troisième long-métrage est le digne héritier des deux précédents. Avis aux fans du cinéastes et aux contemplatifs qui admireront sur un rythme plutôt lympathique il est vrai, une œuvre d'une très grande beauté visuelle. Un régal pour les yeux et les oreilles...

 

mardi 24 septembre 2024

I Am the Pretty Thing That Lives in the House d'Oz Perkins (2016) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après avoir découvert Longlegs, The Blackcoat's Daughter et maintenant I Am the Pretty Thing That Lives in the House, il est désormais possible d'affirmer que la filmographie du réalisateur Oz Perkins maintient une certaine cohérence. Une continuité de style qui en fait un artisan du septième art fidèle à son approche esthétique du cinéma. Une prise de risque qui peut par contre être considérée de relativement osée puisqu'elle pourra en séduire certains tout en divisant une partie des spectateurs qui n'y verront là qu'une succession d'effets de style cachant certaines lacunes. Une impression qui peut sembler s'intensifier devant le visionnage de I Am the Pretty Thing That Lives in the House, justement. Œuvre qui parmi les autres (me reste plus encore qu'à découvrir Gretel et Hansel qu'Oz Perkins réalisa en 2020 pour parfaire mon opinion à son sujet) reste la plus rachitique en terme d'écriture et de mise en scène même si là encore, le visuel et le sound-design participent à l’imprégnation du spectateur par une histoire somme toute très souvent évoquée sur grand écran. Oz Perkins a, comme le public va finir par le découvrir au fil de sa filmographie, l'habitude de reprendre des thèmes du cinéma fantastique et d'horreur afin de les aborder à sa manière si personnelle. Entre thriller et satanisme pour Longlegs et possession démoniaque pour The Blackcoat's Daughter, s'agissant de son second long-métrage réalisé en 2016, le réalisateur et scénariste y aborde cette fois-ci le thème du fantôme. Toujours avec cette même sensibilité et ce même lien qui raccroche les événements présents au passé de l'héroïne. Car comme à son habitude, Oz Perkins met d'abord la femme à l'honneur. Après Emma Roiberts, Lauren Holly et Kiernan Shipka et avant Maika Monroe, il offre à Ruth Wilson et Paula Prentiss les deux principaux rôles de son second long-métrage. Deux générations d'interprètes qui se télescopent dans cette œuvre à fleur de peau où l'un des choix les plus fondamentalement ingénieux est d'avoir choisi un personnage particulièrement sensible à tout événement se produisant dans le décor unique d'une demeure isolée où vit une vieille femme prénommée Iris et apparemment catatonique. Une ancienne gloire de la littérature fantastique qui fut notamment auteur d'un roman à laquelle elle dénia volontairement de donner une fin...


Lily est maintenant installée chez la romancière depuis un an lorsque des événements commencent à se produire dans la maison. À commencer par une étrange tâche noire qui semble devoir irrémédiablement s'étendre sur un mur et don Lily s'inquiète des répercussions qu'elle pourrait avoir sur sa santé. Un moindre mal en comparaison de ce que la jeune femme va devoir subir les semaines et les mois à venir... Qui aurait vraiment envie de s'occuper d'une vieille dame étrange ou en tout cas rarement visible installée à l'étage de sa propriété ? Thème que les fans d'épouvante avaient déjà pu explorer dans le chef-d’œuvre de Dan Curtis en 1976, Burnt Offerings, dans lequel une famille sautait sur l'occasion de louer à moindre frais une très belle demeure à un frère et une sœur à la seule condition qu'elle accepte de s'occuper de leur tante durant leur séjour... L'approche d'Oz Perkins n'est pourtant pas similaire. I Am the Pretty Thing That Lives in the House aurait même tendance à dangereusement préfigurer ce qu'allait nous asséner le très prétentieux A Ghost Story un an plus tard. À la différence de quoi, le film d'Oz Perkins propose quelques éléments fantastiques authentiquement marquants, entre vieilles ficelles (ectoplasmes, apparitions évanescentes) et approches visuelles et sonores absolument remarquables et innovantes. À l'heure où les visages parcheminés peuvent avoir un impact émotionnel sur la réaction du public, encore et toujours, Oz Perkins propose un travail remarquable sur le cadrage. Toujours accompagné de son frère Elvis en charge de composer la partition musicale, il confie pour la seconde fois à la directrice de la photographie Julie Kirkwood (The Monster de Bryan Bertino en 2016) la lourde responsabilité d'enrober le récit comme elle le fit brillamment avec The Blackcoat's Daughter. Le ton est donné. Dans un univers ouaté et anxiogène, Oz Perkins plonge sa fragile héroïne comme au centre d'une œuvre picturale en mouvement. Jouant avec certains cadrages dont il s'est fait une spécialité, le réalisateur propose une œuvre au scénario simple mais dont la mise en forme tient de l’œuvre d'art. Assez lent mais remarquablement interprété par une Ruth Wilson parfaitement crédible dans le rôle de Lily, I Am the Pretty Thing That Lives in the House est envoûtant...

 

lundi 23 septembre 2024

The Blackcoat's Daughter d'Oz Perkins (2016) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après avoir découvert le dernier long-métrage d'Oz Perkins, Longlegs, je fus curieux de jeter un œil à ses œuvres précédentes. Et notamment à The Blackcoat's Daughter qui dans l'ordre chronologique vient se placer en toute première position. Reste à savoir si I Am the Pretty Thing that Lives in the House et Gretel & Hansel s'intègrent parfaitement au style narratif du fils de l'iconique Anthony Perkins, mais une interconnexion existe bel et bien entre le premier et le dernier long-métrage de ce cinéaste aussi à l'aise dans la mise en scène que dans l'écriture. Il est d'ailleurs relativement étrange que ceux qui découvrirent Longlegs à sa sortie n'aient pas pensé à faire le rapprochement entre les deux œuvres, sans doute trop préoccupés à faire l'éloge d'un film que beaucoup considèrent déjà comme l'une des nouvelles références en matière de cinéma d'horreur et d'épouvante. Honneur devant être tout d'abord fait à l'acteur Nicolas Cage, véritable caméléon capable de jouer dans d'authentiques chefs-d’œuvre comme dans autant de nanars et qui dans le cas de Longlegs est absolument saisissant. Si j'avais la mauvaise langue facile, j'oserais même affirmer que le film repose presque exclusivement sur ces scènes lors desquelles il intervient. Oz Perkins se distingue tout d'abord par son approche de la mise en scène et de l'écriture. Dans le cas de The Blackcoat's Daughter, le cinéaste fait déjà montre d'une sensibilité morbide en exploitant le religieux, l'adolescence, la mort et le surnaturel dans une approche assez particulière à laquelle le spectateur n'est fort heureusement pas contraint d'adhérer. À lui de choisir de suivre ou non l'aventure de ces trois jeunes héroïnes sans se poser la moindre question puisque tout comme pour Longlegs, Oz Perkins nous épargnera tout effort de réflexion en étant vers le dernier tiers relativement concis dans sa théorie des événements qui se seront produits durant le récit... Un sujet finalement tout bête que l'on rencontra en leur temps chez Stuart Rosenberg, William Friedkin, Richard Donner, ou plus récemment chez James Wan ou Na HONG-Jin.


La question demeurant ici, comment faire pour amener les personnages à évoluer dans un contexte proprement étouffant, énigmatique, voire cryptique, sans perdre le public en chemin. Question qu'élude très rapidement le réalisateur américain qui préfère mener la barque selon ses propres envies et selon sa fibre artistique. Remonter le temps jusqu'à ce The Blackcoat's Daughter davantage connu sous le titre February, c'est aussi remarquer combien il passa sous les radars malgré sa sélection officielle en 2016 au festival du film fantastique de Gérardmer. Joan, Kat et Rose sont les héroïnes de ce cauchemar de quatre-vingt dix minutes environ. Respectivement interprétées par Emma Roberts, Kiernan Shipka et Lucy Boyton, la première et la seconde se positionnaient en l'espace d'une seule année comme les nouvelles égéries du cinéma d'épouvante même si, encore une fois, l'existence de ce film est demeurée très majoritairement ignorée du grand public. Confiée à Elvis Perkins, autre fils de l'illustre Anthony Perkins qui confia ses traits à l'inquiétant Norman Bates du Psychose d'Alfred Hitchcock, la bande musicale colle parfaitement à cet univers délétère qu'a su si bien retranscrire son frère Oz. Musique ambiant et sound-design se révèlent très impressionnant et donnent une dimension à The Blackcoat's Daughter qui sans eux auraient probablement été perçus de manière beaucoup moins anxiogène. Là où le long-métrage se démarque également de la concurrence est son approche du récit. Passant d'une héroïne à l'autre et en l'absence de caractérisation très précise, laquelle s'organise autour de très courts flash-back qui viennent s'intercaler entre des séquences nettement plus longues, Oz Perkins place les pièces de son puzzle de manière à ne jamais vouloir reconnaître que le scénario est en fait relativement simple. Il s'agit donc alors d'employer tout un décorum visant à détourner l'attention du spectateur et ainsi le plonger dans un univers ouateux redoutablement efficace. Ne me reste désormais plus qu'à découvrir les deux autres longs-métrages d'Oz Perkins afin de confirmer ou d'infirmer la cohérence totale ou non de son univers...

vendredi 20 septembre 2024

Longlegs d'Oz Perkins (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Longlegs d'Oz Perkins, c'est quoi ? Le visage de Nicolas Cage décapité par la caméra portée à l'écran à mi-hauteur dans une image cadrée au format 4/3 et aux bords arrondis. C'est Maika Monroe dans le rôle de l'agent du FBI Lee Harker dont l'extralucidité va lui permettre de découvrir la cache d'un tueur en série insaisissable et de déchiffrer des codes énigmatiques inscrits sur des bouts de papier laissés sur divers lieux de crimes. Longlegs, c'est aussi une esthétique due au remarquable travail du directeur de la photographie Andres Arochi. Et puis ? Et puis c'est tout ! Ou presque. C'est avant sa sortie en juillet dernier sur les écrans du monde entier, une Hype et une réputation qui le précèdent. Certains s'emballent déjà et le considèrent comme la nouvelle référence du cinéma d'épouvante. Bref, il y a ici d'un côté matière à se méfier et de l'autre, de quoi se réjouir. Veuillez par avance m'excuser si je préfère me ranger du côté des premiers. De ceux qui en ont tellement soupé de se voir asséner tous les superlatifs à propos de certaines œuvres qui n'en méritaient pas tant. Ô combien chanceux, celui-ci m'avait échappé. Jamais entendu parler de lui avant de le découvrir sur grand écran et donc jamais vu un seul Teaser ou une seule bande-annonce. Alors, pourquoi m'être donné la peine de me rendre au cinéma pour l'y découvrir ? Pour une raison très simple : la présence de Nicolas Cage au générique. Et autant dire que l'acteur ne m'avait pas autant saisi à la gorge que depuis le formidable Leaving Las Vegas de Mike Figgis dont il partagea la vedette en 1995 aux côtés de la sublime Elisabeth Shue... Dans le cas de Longlegs, bien entendu, rien de commun avec ce drame bouleversant qui demeure selon moi le meilleur film incarné par l'acteur américain. Très justement comparé au chef-d’œuvre de Jonathan Demme, Le silence des agneaux, le long-métrage d'Oz Perkins, qui n'est autre que le fils de l'acteur Anthony ''Psychose'' Perkins disparu voilà trente-deux ans, Longlegs s'avère selon mon point de vue personnel très inférieur à cette référence ultime en matière de thriller... Il faut dire qu'en dehors de son esthétique irréprochable et de son entrée en matière absolument dévastatrice, le choix du réalisateur de changer de braquet en cours de route afin de transformer son thriller en un mix entre fantastique et horreur n'est pas du goût de tout le monde...


Et surtout pas du mien. Ensuite, il demeure des ''détails'' qui grillent d'emblée l'enquête de notre agent du FBI dont le charisme et le génie inné n'est absolument pas comparable avec ceux de Clarice Starling (incarnée à l'époque par la sublime Jodie Foster). Que sa clairvoyance lui permette d'un seul coup d’œil de deviner où se terre celui qui à chaque série de meurtres signe ses messages cryptés sous le pseudonyme Longlegs passe encore. Mais que la jeune Lee Harker soit en mesure de les déchiffrer en à peine quelques minutes, c'est la goutte qui fait déborder le vase de l'illogisme. Je sais, je sais... Inutile de m'écrire en commentaire que tout fait est accompagné de sa justification. Et ce sera d'ailleurs le cas s'agissant la résolution de ces messages énigmatiques ! Le problème est qu'en y réfléchissant bien, le spectateur, lui-même alors en mode extralucide, devinera très vite les tenants et les aboutissants de cette affaire moins dérangeante et terrifiante qu'il n'y paraît et qui lient le tueur à celle qui est chargée de le traquer. Nous évoquions un peu plus haut le charisme de Jodie Foster dans Le silence des agneaux et dont son supérieur Jack Crawford (l'acteur Scott Glenn) n'était d'ailleurs pas dépourvu lui-même... Concernant l'agent Carter (Blair Underwood) qui de son côté est celui de Lee Harker, celui-ci marque une nette différence de charisme tant il paraît suivre l'héroïne tel un toutou. Un personnage au fond parfaitement inutile. S'il est difficile d'éprouver la moindre empathie vis à vis du personnage incarné par Maika Monroe, le tueur qu'interprète Nicolas Cage reste sans doute l'un des monstres à visage humain du septième art parmi les plus saisissants. Tout dans son attitude en font un personnage qui entrera certainement dans la légende du cinéma. En revanche, le film, lui, ne mérite pas selon moi tous les éloges dont il a pu bénéficier. Car non seulement l'on devine assez rapidement l'enjeu du scénario, mais Oz Perkins met celui-ci en scène de manière si peu appliquée que le résultat à l'écran est plus proche du brouillon que de la totale maîtrise d'un Seven réalisé par David Fincher en 1995. Bref, une déception de moyenne envergure mais qui s'avérera beaucoup plus importante chez ceux qui n'ont pas aimé mais qui attendaient beaucoup de la part du dernier long-métrage signé d'Oz Perkins...

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...