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samedi 18 juillet 2026

Je Préfère Qu'on Reste Amis... de Eric Toledano et Olivier Nakache (2004) ★★★★★★★☆☆☆



Claude Mendelbaum est défragmenter de logiciels informatiques chez Investek. Célibataire, timide et hypocondriaque, il est le fils d'une mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Ses amis se battent pour qu'il trouve une compagne depuis qu'il s'est séparé de son ex deux ans plus tôt, d'autant plus que son métier lui prend tout son temps. C'est lors du mariage de son meilleur ami Daniel qu'il fait la connaissance de Serge. "Marié à trente ans et divorcé à quarante" comme il aime le répéter sens cesse autour de lui, il rôde dans les mariages afin d'y faire des conquêtes féminines. Père de deux fillettes, il ne voit plus son ex-femme depuis deux ans. Toujours bien habillé, souriant et prêt à faire de nouvelles rencontres, Serge aborde Claude et s'en fait très vite un ami. Pourtant les deux hommes n'ont rien en commun. Serge aime sortir tandis que Claude, lui, préfère cloîtré chez lui. Pourtant, au contact du quinquagénaire, le jeune informaticien va découvrir un univers qui lui est étranger.

En effet, Serge va l'inviter à participer à une soirée un peu particulière. Un speed-dating lors duquel il devra faire ses preuves devant sept femmes, n'ayant pour chacune que sept minutes devant lui pour les convaincre qu'il est l'homme qu'il leur faut. Jeté dans la fosse au lion et pas du tout habitué de ce genre de situation, Claude se vautre lamentablement. Son ami Daniel lui aussi se mêle de sa vie privée et l'invite à rejoindre le cercle des célibataires inscrits dans la boite de rencontres Uni-Célib'. Mais là non plus, le succès n'est pas au rendez-vous.

C'est alors qu'en se rendant à un mariage auquel il n'a pas été convié en compagnie de Serge que Claude tombe sous le charme de la mariée...

Réalisé par le binôme Eric Toledano et Olivier Nakache, Je préfère qu'on reste amis... est une comédie légère et tendre entre deux acteurs français parmi les plus populaires. D'abord Gérard Depardieu, l'un des plus grand acteurs français mais auquel malheureusement plus personne ne semble vouloir offrir de très grands rôles. A ses côtés, Jean-Paul Rouve, aussi à l'aise dans la comédie que dans le drame (Bunker Paradise), est ce jeune homme sensible et timide qui s'habille comme un magasinier de supermarché et qui n'attire pas du tout la gente féminine.

On ne hurle pas vraiment de rire devant les facéties du duo et pourtant, tout fonctionne parfaitement. Les cinéastes parviennent même à injecter une forme d'émotion devant cette convaincante solitude que nos deux héros ressentent malgré l'image joyeuse qu'ils tentent de se renvoyer. Je préfère qu'on reste amis... nous fait également ressentir l'importance et le poids que peuvent avoir l'amitié et la solitude dans une vie. Claude zappe la première en se cloîtrant chez lui et s’accommode de la seconde en se persuadant qu'il s'agit chez lui d'un choix. Serge lui, ne peut concevoir la vie sans amitié et n'accepte aucune forme de solitude, au point d'aller traîner dans des mariages où il n'a pas été convié et des speed-dating qui le conforteront dans l'opinion qu'il a de ne pas encore être bon pour la casse. Rouve et Depardieu forment un duo épatant, d'abord étonnant, mais par la suite vraiment convainquant.

Je préfère qu'on reste amis... est une bonne surprise. Le film ne restera peut-être pas dans les annales, mais il a le mérite de nous faire passer un très agréable moment. Et n'est-ce pas là tout l'intérêt des comédies ?

A noter, la présence des regrettées Annie Girardot et Valérie Benguigui...

samedi 11 avril 2020

Fiston de Pascal Bourdiaux (2014) - ★★★★★★☆☆☆☆



En 2014, le public français épris de comédies avait notamment le choix entre aller voir sur grand écran l'original Jacky au Royaume des Filles de Riad Sattouf, le primé La Famille Bélier d'Eric Lartigau, le dernier forfait de Dany Boon Supercondriaque ou bien la révélation Babysitting de Philippe Lacheau et Nicolas Benamou. On pouvait tout aussi bien se présenter devant la salle diffusant Fiston, second long-métrage de Pascal Bourdiaux, auteur du poussif Le Mac quantre ans auparavant, uniquement sauvé des eaux par José Garcia, ou plus tard, de l'indigent Boule et Bill 2. C'est à ce titre seulement que Fiston apparaîtra comme le meilleur long-métrage du réalisateur français qui en l'espace de quatre films n'aura certes pas soulevé des hordes d'admirateurs mais aura au moins le temps d'un film, réuni deux interprètes qui jusque là n'avaient pas encore partagé la vedette d'un long-métrage. Cependant, rien de nouveau ou presque à se mettre sous la dent. Un scénario convenu et apparemment dédié durant une grande partie du déroulement de l'histoire, aux adolescents boutonneux. Il faut avoir l'esprit très ouvert pour accepter une fois encore un Franck Dubosc en mode beauf (le personnage d'Antoine Chamoine et son goût pour la musique country) et un Kev Adams toujours aussi prompt à véhiculer l'image de l'adolescent bête mais pas méchant.

''Ou là ! Ça doit être le bruit mais j'ai cru entendre collier et dents de requin dans la même phrase''

L'histoire ? Alex (Kev Adams) est amoureux de la jolie Sandra Valenti (Nora Arnezeder) depuis l'âge de cinq ans. Mais timide au point de vomir lorsqu'il se retrouve face à elle, il n'ose aborder sa camarade de classe. Apprenant que vingt ans en arrière Antoine Chamoine parvint à séduire la mère de l'adolescente, Alex décide d'entrer en contact avec lui. Mais les choses ne sont pas simples : en effet, célibataire, Antoine est un homme bourru et quelque peu sauvage qui refuse tout d'abord de prodiguer des conseils à Alex. Mais avec le temps, ces deux là vont finir par s'apprécier avec, chacun, un objectif bien précis en tête : l'adolescent va suivre les conseils d'Antoine afin de trouver le courage d'aborder Sandra tandis que ce dernier va essayer de renouer avec la mère de la jeune fille. Mais pour commencer, Alex va devoir laver et réparer la très vieille voiture d'Antoine qui végète depuis des années dans son garage. Le début d'un apprentissage qui sous ses airs de n'avoir aucun rapport avec le service qu'à demandé le jeune garçon, aura des conséquences sur la suite des événements...

Et c'est là qu'entre dans l'Histoire Fiston, dans un contexte de plagiat ou du moins, d'hommage assumé (?) à la comédie dramatique américaine réalisée en 1983 par le réalisateur John G. Avildsen, Karate Kid. Comment en effet ne pas évoquer ce classique lorsque Franck Dubosc exige de Kev Adams qu'il entretienne sa voiture ? Une action qui fait appel au souvenir du cinéphile qui à partir du 26 septembre 1984, pu voir sur grand écran le personnage de Daniel Larusso (incarné par Ralph Macchio) frotter et lustrer un superbe exemplaire de ''1948 Ford Super Deluxe'' appartenant à M. Kesuke Miyagi (l'acteur Noriyuki ''Pat'' Morita). A part ce détail relativement amusant, Fiston est une comédie très classique, anodine, et sans sursaut de génie, mais qui parfois fait rire grâce à quelques bons mots parmi lesquels certains sortent de la bouche de quelques personnages secondaires au titre desquels on retrouve notamment l'excellente Valérie Benguigui dans le rôle de Sophie, la mère fumeuse de H du jeune héros. Helena Noguerra interprète quant à elle le rôle de Monica Valenti, la mère de l'adolescente dont est amoureux Alex. Bien que Fiston ne brille jamais par son scénario, le duo que forment Kev Adams et Franck Dubosc n'est pas inintéressant. Une petite comédie française comme il en existe tant d'autres...

mercredi 5 septembre 2018

Les Invités de mon Père d'Anne Le Ny (2009) - ★★★★★★★★☆☆



Second long-métrage de l'actrice et réalisatrice Anne Le Ny, plus connue pour ses différentes interprétation au cinéma qu'en tant que cinéaste, Les Invités de mon Père est une excellente surprise. Débutant sur le ton d'une comédie savoureuse, le film va peu à peu glisser vers un courant plus émouvant que drôle. Conviant les personnages incarnés par Fabrice Luchini, Karin Viard, Michel Aumont et Valérie Benguigui à accueillir dans leur existence deux clandestines d'origine moldave, Tatiana (Veronica Novak) et sa fille Sorina (Emma Siniavski), le fils, la fille et leur conjoint respectifs vont être les témoins de la transformation de leur père, Lucien. Un homme au grand cœur, veuf, aux convictions profondément ancrées, médecin retraité, qui accepte d'accueillir chez lui une mère et sa fille en situation irrégulière. Alors qu'il s'est marié avec Tatiana sans en avoir touché un mot à ses enfants, ces derniers vont constater peu à peu que la jeune et jolie moldave semble avoir une grande emprise sur lui, bouleversant non seulement la vie du patriarche, mais également celle de ses enfants qui finissent par ne plus le reconnaître. Alors que la jeune Sorina s'intègre parfaitement dans sa nouvelle école, bien qu'elle ait trouvé un emploi de femme de ménage dans un hôtel, Tatiana rencontre encore de nombreuses difficultés avec l'administration. Bien qu'ayant accueilli la mère et la fille les bras ouverts, Arnaud et Babette vont cependant constater le changement qu'opère la présence de Tatiana envers un Lucien qui ne semble plus avoir toute sa raison. De manière inattendue, le vieil homme est tout simplement tombé amoureux de sa jeune compagne. Ce qui engendre alors des conséquences qui vont se révéler dramatiques pour toute la famille...

D'abord très drôle, Les Invités de mon Père glisse peu à peu sur une pente vertigineuse. Anne Le Ny réalise une œuvre pleine de tendresse, admirablement interprétée, étudiant avec une réelle maîtrise le cas des clandestins dans notre pays : mariage blanc, difficulté d'intégration, clichés, xénophobie. La cinéaste y montre de manière exemplaire les différents comportements d'individus d'une même famille ayant des points de vue divergents. Elle y démontre surtout que même avec un luxe de prudence, il arrive que rien ne se déroule comme prévu. Michel Aumont est émouvant dans le rôle de Lucien, ce vieil homme pourtant bien entouré depuis la disparition de son épouse. Impliqué dans des œuvres humanitaires, sa nature humaine ne pourra cependant pas l'empêcher de tomber amoureux de la jolie Tatiana. Une Tatiana dure, parfois inflexible... un comportement qui laisse entrevoir son existence passée et ses nouvelles ambitions de mère préoccupée par l'avenir de son enfant. Fabrice Luchini et Karin Viard campent quant à eux un couple de frère et sœur remarquables, pris dans un ouragan d'émotions dont la jeune moldave n'est évidemment pas étrangère.

Anne Le Ny ne prend aucune précaution avec ses personnages et nous les livre tels qu'ils en existe dans la vie. Entre prise de conscience et choix cornéliens aboutissant sur des conséquences qui forcément auront des répercussions, la réalisatrice réussit là où d'autres se sont cassés les dents : Les Invités de mon Père ne juge à aucun moment les faits et gestes de ses différents personnages et évite surtout toute démagogie. Rien à voir donc avec la légèreté d'une comédie telle que À bras ouverts de Philippe de Chauveron dont le fond ne sert que la forme pour un résultat qui se révèle au final désastreux. Anne Le Ny réalise une comédie dramatique dont le propos, même huit ans après sa sortie, n'a pas pris une ride puisqu'éternellement d'actualité. Une totale réussite...

dimanche 28 octobre 2012

Le Prénom de Alexandre de La Patellière (2012)

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Vincent et son épouse Anna sont invités chez sa soeur Élisabeth, mariée à Pierre, professeur spécialiste de la Renaissance à la Sorbonne. Un vieil ami d'enfance, Claude, est lui aussi convié à cette soirée durant laquelle Vincent va donner le prénom qu'Anna et lui ont choisi de donner à leur futur enfant. Alors qu'Élisabeth passe le plus clair de son temps aux fourneaux, Pierre et Claude tente de deviner le prénom qu'ont choisi les futurs parents. Les deux hommes dressent une liste mais ne parviennent pas à le deviner. Vincent les aide alors en leur précisant que le prénom commence par la lettre A. Affairée, Élisabeth est outrée de constater que les hommes ne l'ont pas attendue pour essayer de de trouver la bonne réponse.
Devant l'échec du trio, Vincent annonce finalement à Élisabeth, Pierre et Claude le prénom du futur enfant. Et là, c'est le choc. La sœur, le beau-frère et l'ami d'enfance de Vincent ne comprennent pas le choix d'Anna et Vincent. Durant un moment, même, Pierre et Claude sont persuadés qu'il s'agit d'une plaisanterie. Pourtant Vincent semble n'avoir jamais été si sérieux. Cette annonce sera le départ d'une soirée mouvementée au cœur de laquelle les esprits vont s'échauffer au point de faire resurgir de vieilles et tenaces rancœurs...


L'ouverture du film se fait sur les chapeaux de roues d'un scooter parcourant une capitale française, berceau d'une histoire pleine de tragédies. Un peu à la manière du Fabuleux Destin D'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet, le film débute sur la présentation des personnages au travers d'une voix-off interprétée par Patrick Bruel. Le choix du prénom, après avoir été durant la première partie le centre de toutes les discussions, ne devient plus qu'un lointain prétexte pour développer ce qui fait la trame principale du récit. Comme une boule immense gardée durant de nombreuses années en travers de la gorge, chacun va en profiter pour dire ce qu'il a sur le cœur. Et le spectacle devient alors grandiose, même s'il se concentre majoritairement sur une seule pièce, le salon, véritable champ de bataille verbal. On ressent les origines du film qui s'inspire de la pièce éponyme mise en scène par les mêmes auteurs Alexandre de La Patellière (dont c'est ici la première œuvre cinématographique) et Matthieu Delaporte (réalisateur d'un premier film, La Jungle).

Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Guillaume de Tonquelec et Judith El Zein reprennent le rôle qu'ils interprétaient sur scène. Quand à Charles Berling, il remplace Jean-Michel Dupuis dans celui de Pierre. Son personnage, vanté comme un homme pourvu d'un humour dévastateur ne fait plus le poids devant son ami Vincent qui ne loupe jamais une occasion de se montrer cynique. Claude (Guillaume de Tonquelec) est tromboniste dans un grand orchestre symphonique. Tendre et élégant, il est le pont entre Pierre et Vincent. Celui qui temporise, dans la mesure du possible les joutes verbales de ses deux amis. Valérie Benguigui, qui dans une grande partie du film reste relativement sobre se lâche littéralement vers la fin et démontre son éblouissant talent d'actrice.

On notera également la courte présence de Françoise Fabian qui illumina de sa présence de nombreux films ( Au Rendez-Vous De La Mort Joyeuse de Luis Bunuel, Salut L'Artiste de Yves Robert) dans le rôle de la mère d'Élisabeth et Vincent. Un Vincent interprété par le chanteur-acteur Patrick Bruel, comédien de talent découvert au cinéma en 1979 grâce au film d'Alexandre Arcady, Le Coup De Sirocco.

Le Prénom est une œuvre de qualité, aux dialogues et situations savoureux. On passe outre l'étroitesse du décor et l'on s'invite à ce diner qui n'a rien de con, qui provoque de grandes vagues d'hilarité et de petites touches d'émotion. A ranger aux côtés de Cuisine Et Dépendances, Un Air De Famille, ou bien encore Carnage.
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