Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Helena Noguerra. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Helena Noguerra. Afficher tous les articles

dimanche 20 août 2023

10 jours encore sans maman de Ludovic Bernard (2023) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

La majeur partie de sa carrière, le français Ludovic Bernard l'a tout d'abord consacrée en tant qu'assistant-réalisateur. C'est ainsi qu'entre 1992 et 2016 il a débuté sur le petit écran avec une poignée de séries télévisées avant de collaborer auprès de Mathieu Kassovitz, de Richard Berry, de James Huth ou encore de Luc Besson avec lequel il travailla à trois reprises sur les tournages de The Lady en 2011, Malavita en 2013 et Lucy en 2014. Après avoir assuré une dernière collaboration en tant qu'assistant-réalisateur sur le tournage des Neuf vies de Mr. Fuzzypants de l'américain Barry Sonnenfeld en 2016, Ludovic Bernard s'affranchit de la profession d'assistant pour se mettre lui-même à la réalisation l'année suivante avec son tout premier long-métrage, L'ascension. Suivront trois autres films puis la série Lupin diffusée directement sur la plate-forme de streaming Netflix. Parmi les quatre longs-métrages qu'il réalisera donc entre 2017 et 2020 se trouve la comédie 10 jours sans maman. Une œuvre dans laquelle l'acteur Franck Dubosc se retrouvait seul en charge de ses quatre enfants tandis que son épouse Isabelle, incarnée par Aure Atika, prenait des vacances à Mykonos ! Un film qui se voulait dans la lignée de Maman ou Papa 1&2 de Martin Bourboulon ou de Les Dents, Pipi et au Lit d'Emmanuel Gillibert. Une petite comédie sans autre prétention que de faire vivre un moment de détente, quitte à oublier l'essentiel : faire rire ! 10 jours sans maman sort à l'époque durant les vacances d'été et bénéficie de cette période durant laquelle les enfants et une partie de leurs parents sont en congés pour attirer plus d'un million et cent-dix sept mille spectateurs dans les salles. Trois ans plus tard, le réalisateur et ses interprètes remettent le couvert pour une suite dont les ambitions n'ont malheureusement pas été revues à la hausse. On peut même dire que les choses se sont aggravées tant le contenu de cette séquelle paraît d'une extrême pauvreté. Au mieux, le film a peut-être pu séduire les tous petits et les parents qui les ont accompagné au cinéma. Ludovic Bernard et Mathieu Oullion ont eu beau s'adjoindre les services d'un troisième larron à l'écriture en la personne de Mariano Vera, le film n'en est pas moins d'un niveau nettement inférieur à ce qu'est en droit d'attendre le public.


10 jours encore sans maman se casse autant de fois la gueule parterre que son principal interprète chute, lui, au sol chaque fois qu'il entreprend de prendre ses skis pour faire ce que tous ceux qui se rendent à la station de sports d'hiver de Courchevel ont l'intention de faire. Descendre les pentes enneigée de la célèbre commune rurale de Savoie. Franck Dubosc que l'on a de toute manière l'habitude de voir souvent très peu inspiré (Boule & Bill 2, Toute Ressemblance, All Inclusive et la franchise Camping) reprend donc le rôle d'Antoine Mercier, l'ancien directeur des ressources humaines du magasin de bricolage Briconautes à Grasse et qui désormais fait officiellement du télé-travail à la maison. Dans cette suite, il part donc avec ses quatre enfants Arthur, Chloé, Maxime et Jojo en vacances à la montagne pour des péripéties qui prennent un coup de vieux instantanément. Une œuvre qui ne fait preuve d'aucune imagination ni originalité. Tandis qu'Isabelle tente une dernière tentative pour prouver qu'elle est une bonne avocate, Antoine va devoir gérer ses gosses, repousser les avances d'une nymphomane (Karina Marimon dans le rôle de Christiane) ou supporter la présence de son ancien collègue Di Caprio (rôle que reprend l'acteur Alexis Michalik) tout en passant son temps le nez dans la poudreuse. En effet, le film multiplie les scènes lors desquelles le père de famille se casse la gueule à pieds à skis ou assis sur un siège. Même l'idée du personnage d'Arnaud Chappaz qu'interprète Vincent Martin ne mène à rien. Imaginez qu'il soit impossible de sourire au moindre événement... Autant dire que le rire est totalement proscrit dans cette comédie pourtant vivante et généreusement partagée par tous ses interprètes. Une œuvre beaucoup trop légère et finalement sans intérêt que l'on réservera donc aux plus jeunes enfants qui s'amuseront peut-être des chutes répétées de Franck Dubosc dans la neige ou des réflexions répétées Ad Nauseam par son cadet au sujet de ses ''accidents''...

 

samedi 11 avril 2020

Fiston de Pascal Bourdiaux (2014) - ★★★★★★☆☆☆☆



En 2014, le public français épris de comédies avait notamment le choix entre aller voir sur grand écran l'original Jacky au Royaume des Filles de Riad Sattouf, le primé La Famille Bélier d'Eric Lartigau, le dernier forfait de Dany Boon Supercondriaque ou bien la révélation Babysitting de Philippe Lacheau et Nicolas Benamou. On pouvait tout aussi bien se présenter devant la salle diffusant Fiston, second long-métrage de Pascal Bourdiaux, auteur du poussif Le Mac quantre ans auparavant, uniquement sauvé des eaux par José Garcia, ou plus tard, de l'indigent Boule et Bill 2. C'est à ce titre seulement que Fiston apparaîtra comme le meilleur long-métrage du réalisateur français qui en l'espace de quatre films n'aura certes pas soulevé des hordes d'admirateurs mais aura au moins le temps d'un film, réuni deux interprètes qui jusque là n'avaient pas encore partagé la vedette d'un long-métrage. Cependant, rien de nouveau ou presque à se mettre sous la dent. Un scénario convenu et apparemment dédié durant une grande partie du déroulement de l'histoire, aux adolescents boutonneux. Il faut avoir l'esprit très ouvert pour accepter une fois encore un Franck Dubosc en mode beauf (le personnage d'Antoine Chamoine et son goût pour la musique country) et un Kev Adams toujours aussi prompt à véhiculer l'image de l'adolescent bête mais pas méchant.

''Ou là ! Ça doit être le bruit mais j'ai cru entendre collier et dents de requin dans la même phrase''

L'histoire ? Alex (Kev Adams) est amoureux de la jolie Sandra Valenti (Nora Arnezeder) depuis l'âge de cinq ans. Mais timide au point de vomir lorsqu'il se retrouve face à elle, il n'ose aborder sa camarade de classe. Apprenant que vingt ans en arrière Antoine Chamoine parvint à séduire la mère de l'adolescente, Alex décide d'entrer en contact avec lui. Mais les choses ne sont pas simples : en effet, célibataire, Antoine est un homme bourru et quelque peu sauvage qui refuse tout d'abord de prodiguer des conseils à Alex. Mais avec le temps, ces deux là vont finir par s'apprécier avec, chacun, un objectif bien précis en tête : l'adolescent va suivre les conseils d'Antoine afin de trouver le courage d'aborder Sandra tandis que ce dernier va essayer de renouer avec la mère de la jeune fille. Mais pour commencer, Alex va devoir laver et réparer la très vieille voiture d'Antoine qui végète depuis des années dans son garage. Le début d'un apprentissage qui sous ses airs de n'avoir aucun rapport avec le service qu'à demandé le jeune garçon, aura des conséquences sur la suite des événements...

Et c'est là qu'entre dans l'Histoire Fiston, dans un contexte de plagiat ou du moins, d'hommage assumé (?) à la comédie dramatique américaine réalisée en 1983 par le réalisateur John G. Avildsen, Karate Kid. Comment en effet ne pas évoquer ce classique lorsque Franck Dubosc exige de Kev Adams qu'il entretienne sa voiture ? Une action qui fait appel au souvenir du cinéphile qui à partir du 26 septembre 1984, pu voir sur grand écran le personnage de Daniel Larusso (incarné par Ralph Macchio) frotter et lustrer un superbe exemplaire de ''1948 Ford Super Deluxe'' appartenant à M. Kesuke Miyagi (l'acteur Noriyuki ''Pat'' Morita). A part ce détail relativement amusant, Fiston est une comédie très classique, anodine, et sans sursaut de génie, mais qui parfois fait rire grâce à quelques bons mots parmi lesquels certains sortent de la bouche de quelques personnages secondaires au titre desquels on retrouve notamment l'excellente Valérie Benguigui dans le rôle de Sophie, la mère fumeuse de H du jeune héros. Helena Noguerra interprète quant à elle le rôle de Monica Valenti, la mère de l'adolescente dont est amoureux Alex. Bien que Fiston ne brille jamais par son scénario, le duo que forment Kev Adams et Franck Dubosc n'est pas inintéressant. Une petite comédie française comme il en existe tant d'autres...

lundi 20 novembre 2017

La Clinique de l'Amour de Artus de Penguern (2012) - ★★★★★★★☆☆☆



L'acteur Artus de Penguern, lorsqu'il se mettait lui-même en scène possédait un univers bien à lui. Kafkaïen, surréaliste, burlesque. Un imaginaire sans frontières. Caricatural, empli d'une joie incroyablement communicative. Malheureusement, un stupide accident vasculaire cérébral l'a emporté le 14 mai 2013 alors qu'il venait tout juste d'atteindre l'âge de cinquante six-ans. Né le 13 mars 1957 à Neuilly-sur-Seine, il aura eu le temps de tourner dans plus de quatre-vingt courts, long-métrages, téléfilms et séries télévisées. En tant que réalisateur, il n'aura par contre eu l'occasion de nous offrir que deux longs-métrages. Ainsi que six courts, entre 1995 et 2010. De son œuvre de cinéaste, j'ai abordé très récemment l'excellent Grégoire Moulin contre l'Humanité, daté de 2000 qu'il interprétait lui-même aux côtés d'une foule d'excellents interprètes. Une histoire d'amour peu commune dont le déroulement se rapprochait plus ou moins de celui de l'excellent After Hours de Martin Scorsese. Il aura fallut douze ans, et donc plus d'une décennie, pour qu'Artus de Penguern revienne au grand format. Après avoir adapté le scénario qu'il écrivit en compagnie de Jérôme L'Hotsky, cette fois-ci, il s'attaque à celui qu'il a écrit avec Gábor Rassov.

Ceux qui ont aimé Grégoire Moulin contre l'Humanité trouveront peut-être cette nouvelle comédie moins nerveuse, mais le fait est que le réalisateur et acteur français a conservé le même univers. Alors, bien entendu, beaucoup de situations paraîtront naïves. Un peu... faciles dans leur résolution. Mais le propos n'est pas là. Le sujet de La Clinique de l'Amour (titre qui renvoie volontairement aux soap-opera diffusés en début d'après-midi sur certaines grandes chaînes) laisse supposer une romance à l'eau de rose pimentée par une intrigue aussi légère qu'inconsistante. Et c'est vrai qu'en temps normal, mis entre les mains d'un autre, l'histoire de ce duel entre frangins chirurgiens dont l'un veut vendre la clinique familiale et l'autre veut la sauver aurait pu se révéler désastreuse. Miraculeusement, la sauce prend. Beaucoup moins grotesque qu'il n'y paraît, La Clinique de l'Amour est une comédie familiale très rafraîchissante qui peut compter sur le sens inné de la mise en scène de Artus de Penguern et sur l'interprétation sans faille d'une troupe entièrement acquise à la cause d'un récit ubuesque.

Artus de Penguern prouve surtout qu'il na pas utilisé toutes ses cartouches douze ans auparavant et qu'il en a encore sous le manteau. Le long-métrage multiplie les invraisemblances. Mais ce qui aurait nuit ailleurs, fait la force de son œuvre. C'est parfois bête, mais jamais véritablement méchant. D'ailleurs, les mauvais esprits qui rôdent dans cet hôpital à l'agonie n'obtiennent jamais gain de cause. Artus est bien trop gentil, bien trop honnête pour laisser le destin de la clinique entre les mains du Malin qui, ici, arbore les traits de Samantha Bitch (Natacha Lindinger, qui justement dans le rôle de la « biatch », fait des étincelles), la nouvelle et très sexy infirmière dont les intentions malhonnêtes transpirent invariablement dans le regard.
Aux côtés de la belle et diabolique infirmière, Bruno Salomone, dans le rôle de Michael Marchal, l'un des frères chirurgiens. Et puis la délicieuse Helena Noguerra, la sympathique Anne Depetrini, la surprenante Zmilie Caen, et quelques vieilles connaissance : Ged Marlon, Michel Aumont, et même Dominique Lavanant. Tous orbitent tels les membres d'une seule et belle famille d'interprètes autour d'Artus de Penguern qui lui, s'est offert le rôle de John Marchal. La Clinique de l'Amour n'est peut-être pas LA comédie des années 2010, mais elle permet de passer un excellent moment de détente. A sa façon, Artus de Penguern abordait la comédie un peu à la manière d'un certain... Alex de la Iglesia... Il y a pire comme référence...

vendredi 20 novembre 2015

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Martha Beck et Raymond Fernandez "Alléluia" de Fabrice du Welz (2014) - ★★★★★★★★★★



La passion naît presque immédiatement dans le cœur de Gloria. Intense, immédiate, animale et sauvage. La force des premières images de cette rencontre improbable entre une jeune femme d'origine espagnole déçu e d'un homme dont elle est divorcée et d'un autre, nouveau dans sa vie, dont les intérêts sont tout autres a quelque chose de miraculeux. Comme l'émotion palpable et l'attachement du spectateur pour ces deux personnages naufragés le sont quand dans la plupart des œuvres du même genre c'est le détachement qui prédomine par manque de temps, de moyens ou de talent, nous laissant dans une indifférence totale. Celui qui use de sa belle prose pour séduire sa dernière proie et lui faire cracher quelques billets révèle un visage bien différent et un comportement fait de prostration et de crédulité, pantalon sur les genoux, lorsqu'il assiste sans moyen d'agir ou de participer au meurtre particulièrement sauvage du personnage de Marguerite campé par Édith Le Merdy. 
Si le film est parfois filmé dans des tons presque crus et monochromes valsant entre bleu électrique et rouge carmin, la dite scène, jouée dans une cave humide, image granuleuse et halo de lumière laiteux viennent appuyer le propos sordide de ce meurtre sauvage signifiant l'exclusivité de Gloria sur le corps et l'esprit de celui dont elle est FOLLEment amoureuse. Celle qui jusqu'alors nous avait exhibé ses faiblesses, entre pleurs incontrôlés, cris hystériques presque enfantins et capricieux, et naïveté assumée lors de ses retrouvaille avec Michel (prodigieusement interprété par l'éblouissant acteur Laurent Lucas), nous montre un tout autre visage. Elle arbore en effet le visage en tout point semblable à celui de Frank Zito dans le Maniac de William Lustig, et même si les deux personnages n'ont que très peu de rapports (et même voire aucun), c'est la même folie qui se dessine dans leurs yeux durant cet instant terrible où ils commettent ces actes jusqu’au-boutistes de meurtres. 


C'est pour Gloria aussi sans doute l'occasion d'affirmer sa position en tant que maîtresse exclusive de Michel, amant effaré par la scène à laquelle il vient d'assister. La scène est longue, et dure sûrement aussi longtemps qu'un acte réel de meurtre par strangulation. Et pour rendre la chose encore plus difficile à regarder, le cinéaste belge Fabrice du Welz appuie le propos en accentuant les bruits dérangeants dispensés par cette femme qui agonise sur le sol de sa propre cave.

"Tu te rends compte de ce que tu viens de faire Gloria ?" Premiers mots de Michel, suivis de "T'as conscience qu'elle allait nous donner l'argent, que c'était une question de jours ?".

Le moment ne serait pas si tragique qu'on en viendrait presque à rire. Car après la seconde phrase (alors qu'à l'issue de la première on croit encore noter un semblant d'humanité chez l'amant), Fabrice du Welz met en avant les principaux enjeux de cette relation. Plus encore que le meurtre, c'est l’appât du gain qui prévaut sur tout le reste. Que Gloria tue n'a plus vraiment d'importance tant qu'elle attend que la victime ait confié son argent à ses deux insoupçonnés futurs bourreaux...


Si cet article n'explore que le second acte d'une œuvre qui en compte quatre, ça n'est que pour mieux conserver toute la substance d'un film qui revient sur un fait divers horrible survenu à la toute fin des années 40 et dont les auteurs sont les célèbres meurtriers Martha Beck et Raymond Fernandez. Alors que la première devait être la prochaine proie du second qui escroquait ses victimes, celui-ci tombe amoureux de la jeune femme. Martha Beck finit par participer aux activités criminelles de Fernandez. Si certains aspects diffèrent de l'histoire vraie, Alléluia compte pas mal de points en commun avec le récit de Beck et Fernandez. Les noms diffèrent mais les agissements sont similaires. A la différence près que Gloria (l'éblouissante Lola Duenas) est celle qui dans le film commet les meurtres. Les noms ne sont pas les mêmes mais l'adaptation est assez fidèle. La musique de Vincent Cahay appuie aussi bien l'aspect sordide de certaines situations et la poésie macabre qui s'en dégage. Manuel Dacosse assure quant à lui une photographie superbe. Dix ans après son très réussi Calvaire, Fabrie du Welz signe son quatrième et indéniablement meilleur film. Une œuvre qui sera nominée dans différents festivals et notamment à Canne dans la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs et le Festival International du Film de Toronto. Un chef-d’œuvre et un classique qui laisse une marque indélébile dans l'esprit de celui qui l'explore...

Le vrai visage de la mort


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...