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lundi 29 juin 2020

Extracurricular Activities de Jay Lowi (2019) - ★★★★★★★☆☆☆



Je ne pensais pas l'écrire un jour, mais grâce ou à cause du réalisateur américain Jay Lowi, je me suis positionné pour la toute première fois ou presque de mon existence (l'une des rares fois fut à l'occasion du formidable Breakfast Club de John Hugues en 1985) du côté des adolescents et non plus de leurs parents. Ne comptent évidemment pas les expériences trash de John Waters ou de Lloyd Kaufman... Derrière ce titre énigmatique qu'est Extracurricular Activities formé d'un anglicisme délicat à traduire et d'un vocable dont il est inutile d'expliquer quelle en est la signification, le film cache une comédie noire au cynisme sans limites. Mais pourquoi donc ai-je changé de bord ? Simplement parce que chez Jay Lowi, les adultes sont vraiment, vraiment, vraiment cons. D'où l'idée financièrement juteuse pour le jeune Reagan Collins de proposer ses services à des gamins ne supportant plus leurs géniteurs au point d'avoir envie de s'en débarrasser. Ce jeune homme charmant et apparemment bien sous tout rapports, n'aimant ni boire, ni profiter de situations avantageuses (du style, sauter la plus jolie pom-pom girl du lycée tandis qu'elle est ivre) cache un tueur en série particulièrement méthodique. En effet, lorsqu'un contrat est ''signé'' entre Reagan et un ou plusieurs enfants de parents ne ''méritant plus'' de vivre, il est capable de mettre en scène des meurtres si ingénieux qu'ils ne ressemblent au final, à rien d'autre que des accidents...

Mais l'inspecteur Cliff Art Dawkins veille sur la petite localité ou plusieurs parents ont déjà perdu la vie dans diverses conditions. Très rapidement, celui-ci soupçonne Reagan et le traque avec autant de discrétion qu'un bœuf lâché dans une bibliothèque (!?!). Trop malin pour se laisser coincer, l'adolescent est le centre d'intérêt de Mary Alice Walker, la pom-pom girl évoquée plus haut et qui ne se doute pas que derrière le visage angélique et l'attitude chevaleresque de Reagan se cache un monstre... En traitant d'un sujet aussi sinistre sur le ton de l'humour sans prendre les spectateurs pour des idiots, là est la clé de la réussite de Extracurricular Activities. En effet, il ne s'agit plus simplement d'enfiler des perles en plastique tout en nous faisant croire qu'elles sont de culture. L’œuvre de Jay Lowi est aussi réjouissante dans la forme que dans le fond. Surtout, il peut compter sur un jeune Colin Ford prometteur, sobre et charismatique...

Il y a fort à parier qu'au départ le récit fera grincer des dents les plus réfractaires à la mode du jeunisme à tout crin. Pourtant, même si le héros et une grande partie de son entourage n'ont sans doute pas encore fêté leur passage à l'âge adulte, ceux-ci ont beau être mis en avant, le réalisateur n'en demeure pas moins critique à leur sujet. Car s'il en fait le bras armé d'une cause que l'on peut encore espérer kafkaïenne dans un monde qui mute pourtant actuellement dangereusement, Jay Lowi reste conscient de l'absurdité des actes perpétrés par Reagan Collins en les accompagnant systématiquement d'un humour noir que le public français ne saisira peut-être pas toujours du premier coup. Sans les débordements gore façon Society de Brian Yuzna, Extracurricular Activities se déroule presque dans un cadre lynchien où tout semble sinistrement modelé façon ''rêve américain''. Une proposition de Teen Movie originale, pas agaçante pour un sou (on y parle moins baise et alcool que dans la majeure partie des cas), accompagnée par une sous-intrigue policière portée par un excellent Timothy Simons dans le rôle de Cliff Art Dawkins. Et bien que le film de Jay Lowi prône avant tout l'humour noir, cela ne l'empêche pas de conclure son récit avec un cynisme et un nihilisme qui laisseront pantois ceux qui n'avaient pas d'avance prévu une chute pareille...

mardi 3 décembre 2019

Le Monstre de Florence, Autopsie d'un Mythe Criminel de David Didelot (Novembre 2019)



A l'annonce de la parution du Monstre de Florence, Autopsie d'un Mythe Criminel de David Didelot, j'avoue que j'ai ressenti ce même frisson qui me parcourut l'échine en cette année 1991, date de parution d'une série culte de magazines sous le titre explicite de Dossier Meurtre. Soixante numéros plus deux hors-série notamment proposés dans une minuscule et obscure librairie de Seine et Marne à deux ou trois exemplaires seulement. Une collection de référence qui s'arrache encore fort heureusement aujourd'hui d'occasion à des prix plus que convenables. Des ouvrages jamais voyeuristes mais tentant de percer le mystère de ces tueurs en série ou de masse qui défrayèrent la chronique entre la fin du dix-neuvième siècle et jusqu'au trois quarts du suivant. Depuis, sous ce format, rien de bien réjouissant. Il fallait alors se tourner vers des ouvrages édités au format ''broché'' ou ''de poche''. Et je n'évoque pas ces revues crapuleuses qui arborent des titres accrocheurs aux devantures des librairies promettant des récits plus que sordides...
Et puis, vint ce jour où David Didelot, jamais repu d'écriture, nous annonçait la sortie prochaine de son dernier ouvrage consacré au Monstre de Florence, un sombre individu dont votre serviteur ne soupçonnait même pas l'existence...

Le Monstre de Florence, Autopsie d'un Mythe Criminel, c'est d'abord une couverture incroyable. Travail remarquable de Rigs Mordo, pseudonyme sous lequel se cache en réalité Augustin Meunier, l'homme derrière lequel se cache également l'excellent site ''Toxic Crypt''. Également chargé de la maquette et de la mise en pages, Augustin a accompli là, un travail considérable qui participe grandement à la valeur artistique du fanzine que l'on tient alors entre les mains. Un ouvrage entièrement dévolu au Monstre de Venise dont l'identité ne semble jamais avoir été découverte malgré diverses hypothèses... Mais Le Monstre de Florence, Autopsie d'un Mythe Criminel, c'est aussi et surtout l'incroyable travail effectué par David, que l'on savait déjà amoureux de Florence au moins depuis la lecture de son exceptionnelle autobiographie Replay sortie plus tôt en 2019. Un formidable ouvrage, miroir de nos propres errances adolescentes. S'ouvrant sur une prose sublime de Zaroff qui offre à David et aux lecteurs une préface remarquablement bien écrite, Le Monstre de Florence, Autopsie d'un Mythe Criminel plonge ensuite son lectorat dans une étude approfondie d'un fait divers qui toucha Florence de la fin des années soixante jusqu'au milieu des années quatre-vingt...

Il était tout d'abord logique que David évoque Florence qui, si l'on en croit l'auteur, sera sa dernière demeure de son vivant. Un chapitre passionné et passionnant, qui lorsque l'on peut avoir été demeuré indifférent jusque là à cette ville, nous est décrite de telle manière que l'on en tombe amoureux même sans jamais y avoir mis les pieds. Passionnant disais-je, comme tout ce qui suit... Comme ces quelques pages aux couleurs nous rappelant au bon souvenir des giallo ayant un rapport, même lointain, avec l'histoire qui nous intéresse. David nous offre ensuite, une étude comparative entre le tueur insaisissable et ce cinéma qui nous est cher et que l'on pourrait supposer avoir parfois servi de source d'inspiration au ''Monstre''. Comme à son habitude, David y fait preuve d'une culture et d'une connaissance remarquable en la matière. Le lecteur est forcément saisi par la somme d'informations et par l'acuité de l'auteur qui ne se contente pas d'énumérer de vagues informations mais les étaye par des propos qui ne sont pas dus au hasard mais à une recherche sérieuse et approfondie. Entre œuvres cinématographiques, ouvrages littéraires dont plusieurs romans inspirés et ''biographies'' directement sujettes au cas du ''Monstre de Florence'', émissions et séries télévisées, l'ouvrage de David condense en soixante-huit pages (première, deuxième, troisième et quatrième de couverture comprises) tout ce qu'il est nécessaire de savoir si l'on veut pouvoir évoquer un tant soit peu le sujet sans avoir l'air d'un idiot. Oserais-je affirmer que Le Monstre de Florence, Autopsie d'un Mythe Criminel nous ferait presque oublier l'arrêt définitif de son illustre Vidéotopsie ? Non, quand même pas. Mais le dernier ''méfait'' tout en couleur de David Didelot, soyons-en certains, apaisera ceux auquel l'absence de leur fanzine préféré a risqué de faire perdre la tête. Le Monstre de Florence, Autopsie d'un Mythe Criminel prouve que l'ami en a encore sous la pédale, sous la main, sous la semelle, sous le capot et ''tutti quanti''. A peine refermé ce bel ouvrage façonné par des passionnés, une petite voix nous surine déjà que l'expérience n'en est peut-être qu'à ses débuts...

lundi 2 juillet 2012

Le Slasher...



Qu'est-ce qu'un slasher?

Le slasher est une œuvre cinématographique dont l'interprète principal est payé pour toujours sortir du cadre de l'objectif. Il est rare que l'on découvre son identité avant la toute fin du film et les seuls éléments visibles à l'écran qui nous rappellent qu'il s'agit bien d'un homme, c'est la paire de chaussures usées qu'il porte aux pieds et sa main droite qu'il accompagne toujours d'une arme dont les origines peuvent être diverses. Aussi bien cuisinier, que jardinier ou bricoleur, tout ustensile qu'il traine avec lui devient un objet contondant. Pas spécialement futé (quoique), il a pour habitude de trucider de jeunes et beaux adolescents dont le principal loisir est de copuler un peu n'importe où. De ces derniers, il est nécessaire d'en faire des victimes peu évoluées. Portées sur le sexe, l'alcool ou la drogue, les scénaristes décident toujours d'éviter que le spectateur ne s'attache aux victimes en réduisant leur temps d'exposition à l'écran. Les raisons pour lesquelles le tueur assassine aussi froidement des personnes qui pourtant n'ont jamais eu le moindre mauvais geste envers lui restent souvent floues. Voire succinctes. De manière générale, il est épris de vengeance et extermine tous ceux qui se mettent sur son chemin.


L'une des caractéristiques parmi les plus étonnantes chez cet être profondément malade, c'est la résistance physique dont il fait preuve dès lors que l'une de ses victimes ose se défendre. Il est capable d'encaisser des chutes de plusieurs mètres. Il résiste sans mal aux coups de haches, de couteaux ou d'aiguille à tricoter. Certains d'entre eux sont même en mesure de revenir d'entre les morts après avoir été soigneusement réduits à l'état de pantins désarticulés.
Le tueur du slasher possède une endurance exceptionnelle. Et même bien au delà, il est capable de rattraper un adolescent en fuite qui court à perdre haleine et cela, simplement en marchant. A croire qu'il est en possession d'un pouvoir extraordinaire: la téléportation ! Quelques-uns ont malgré leur pédigrée, réussi à entrer dans la légende du cinéma d'horreur. Ce qui tend à prouver que même dans la fiction, il est des métiers qui ne requièrent pas une once d'intelligence, d'instruction ou de culture.
Rarement gâté par la nature, il a souvent le bon sens de cacher son visage derrière un masque. Une manière sans doute d'approcher ses victimes pour ne pas les effrayer avant de les tuer.
Aujourd'hui, il est rare que l'on s'effraie lorsqu'il apparaît sur la toile blanche. Cet évident soucis provient sans doute du fait qu'il est désormais un peu trop représenté au cinéma. On le voit même forniquer avec la comédie. 
 


Les origines du slasher (de 1971 à 1989):


Considéré comme le plus ancien des slashers "Black Christmas" date de l'année 1974. Et pourtant, il suffit de retourner un peu plus loin dans le passé pour trouver une œuvre dont les codes ressemblent beaucoup à ceux du genre qui nous intéresse ici. Maître incontesté du genre Giallo (films policiers horrifiques teintés d'érotisme et dont son compatriote Dario Argento est aussi l'un des grands pourvoyeurs), Mario Bava fut l'auteur d'une "Baie Sanglante" en 1971 dont semblent s'être inspirés les responsables du classique "Vendredi 13" (ce dernier allant jusqu'à piller quelques idées de meurtres du film de Bava). Si dans sa dernière partie le film ressemble à un défouloir assez violent, les cinq ou six premiers meurtres sont exécutés de manière anonymes et sur un rythme étonnamment plus vif que celui que nous infligeront la majorité des slashers à venir. Sept ans plus tard, en 1978, c'est John Carpenter qui s'y colle avec son très célèbre "Halloween". Considéré comme l'un des grands classiques du genre, c'est lui qui impose définitivement les codes à retenir. L'année suivante, David Schmoeller réalise un étonnant "Tourist Trap". Si la principale différence entre son film et la majorité des autres slashers est le pouvoir de télékinésie dont est doté son tueur, l'œuvre fait bien partie du genre. En 1981, le producteur Sean S. Cunningham ("La Dernière Maison Sur La Gauche") scénarise et réalise l'un des plus slashers les plus connus des amateurs et même de ceux qui ne s'en sont pas fait a spécialité: "Vendredi 13". Une œuvre qui connut un nombre incalculable de suites plus ou moins (surtout moins!) réussies. Les années quatre-vingt vont beaucoup inspirer les scénaristes. A moins qu'il ne s'agisse de l'inverse au vu de la relative faiblesse et de la redondance des scénarios proposés. "Le Monstre Du Train" de Roger Spottiswoode, "Le Bal De L'horreur" de Paul Lynch et "Pyromaniac" de Joseph Ellison rien que pour l'année 1980. Durant cette décennie, les classiques de Carpenter et de Cunningham voient naître leurs premiers rejetons.


Le genre, très vite, tourne en rond et finit par se mordre la queue. Fort heureusement, parmi la foule de films proposés, il en est, il est vrai assez rares, qui parviennent à tirer leur épingle du jeu. Mais c'est sans doute davantage grâce à leurs effets-spéciaux réussis qu'à leur scénario. Deux films vont vraiment marquer les esprits. Peut-être même plus encore que les classiques reconnus. Il s'agit de "The Burning" de Tony Maylam et de "The Prowler" de Joseph Zito. La présence de Tom Savini au générique n'est sans doute pas étrangère à la qualité de ces deux œuvres comptant parmi celles qu'il faut absolument avoir vu si l'on veut se pencher sur le genre slasher. S'il fallait d'ailleurs n'en retenir qu'un, le second serait sans doute celui-ci.
Si une grande majorité des slashers nous vient des États-Unis, on découvre parfois avec bonheur de petites productions venues d'ailleurs fort sympathiques comme l'excellent "Bloody Bird" de Michele Soavi en 1987 dans lequel le tueur porte un immense masque d'oiseau. L'auteur du cultissime (et très glauque) "Maniac" William Lustig reprend la caméra pour nous proposer un gentillet (mais efficace) "Maniac Cop" en 1988 avec un flic pour assassin !!! "Douce Nuit, Sanglante Nuit: Coma" fait comme ses ainés et embauche une nouvelle fois le Père Noël pour une série de massacres en 1989.


De la suite... sans les idées (de 1990 à nos jours):



Lorsque les années quatre-vingt dix démarrent, "Vendredi 13" en est déjà à son septième chapitre et "Halloween" repart pour un cinquième volet. Durant cette décennie, beaucoup de slashers médiocres vont voir le jour. Beaucoup de suites également. Wes Craven donne naissance au premier "Scream" en 1996 et Jim Gillespie au premier "Souviens-Toi L'Été Dernier" deux tentatives jugées réussies mais cela demeure une histoire de goût.
Les années 2000 vont voir éclore beaucoup de remakes. Les "Vendredi 13", "Halloween", "Meurtres A La Saint Valentin" et même "Black Christmas" vont être remis au goût du jour avec plus ou moins de bonheur. En France, on préfère se pencher du coté du survival mais dans le courant de l'année 2012 devrait sortir "Dans La Forêt" de Pascal-Alex Vincent, l'une des rares incursions dans le genre...

mardi 10 avril 2012

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Jack L'éventreur "The Lodger" de John Brahm (1943)



De la fiction...

Le quartier de Whitechapel est le théâtre d'une série de meurtres sordides perpétrés par un individu insaisissable. La police étant incapable de mettre la main dessus, la population est appelée à participer à son identification et son arrestation. Une récompense est même offerte à quiconque apportera des informations menant la police jusqu'au meurtrier. Cette série de meurtres qui touche exclusivement les prostituées du quartier coïncide avec l'arrivée dans une pension de famille d'un certain Slade, un pathologiste venu étudier et mener des expériences. Imposant et de nature plutôt discrète et solitaire, l'homme choisit parmi toutes les chambres disponibles de s'installer dans celle située sous les toits et qui servait de cuisine auparavant, réservant même la location des autres. Les propriétaires de la demeure vivent en compagnie de leur nièce Kitty, reine d'un music-hall et promise à un grand avenir dans le cinéma.

Slade est un être curieux, visiblement fasciné par la mort. Il témoigne auprès d'Ellen, la propriétaire, de la curiosité dont il fait généralement l'objet auprès des autres. Tellement absorbé par son travail qu'il en oublie ceux qui le côtoient, sa froideur le rend suspect et ses hôtes lui demandent toujours de quitter les lieux dans lesquels il s'est établi, le poussant à aller chercher ailleurs une chambre à louer. Particulièrement apprécié par ses "nouveaux amis", il a l'habitude de sortir le soir pour ne rentrer que très tard la nuit. Slade eut un frère qui est mort et pour lequel l'homme voue une véritable dévotion. 
 

Les meurtres continuent dans le quartier de Whitechapel et semblent même s'accélérer. Lorsque l'on apprend que le meurtrier porte une petite sacoche noire, Ellen surprend Slade en train de faire disparaître la sienne. Plus tard, c'est Kitty qui tombe nez à nez avec lui dans la cuisine alors qu'il tente de mettre dans le poêle son manteau taché de sang. Si l'époux d'Hélène trouve une explication dans chacun de ces actes et que Kitty doute encore de sa culpabilité, allant jusqu'à même l'inviter à venir assister à son nouveau spectacle dans le quartier de Whitechapel, pour Ellen il ne fait aucun doute que Slade et celui que l'on surnomme Jack L'Éventreur ne sont qu'un seul et même homme. 
 

Jack l'Éventreur est sans conteste l'un des serial killer les plus connus. C'est celui aussi auquel le septième art consacra le plus grand nombres d'œuvres. Tourné en 1943, le film de John Brahm ne fait en réalité que s'en inspirer même si le cinéaste donne à son assassin le nom qui fit frémir Whitechapel et rendit célèbre le tueur de prostituées. Comme c'est généralement le cas, le noir et blanc sublime l'image d'un quartier infesté par la vermine, la corruption, la prostitution et le fog qui envahit les coins de rues les plus sombres. Ce brouillard épais qui facilite la tache de l'éventreur en le cachant aux yeux d'une police qui malgré son imposante présence dans les rues ne parvient pas à mettre la main dessus.
Le comportement du locataire (interprété par le charismatique et très impressionnant Laird Cregar) paraît tellement ambigu, que les moins soupçonneux d'entre nous se diront que oui, Jack l'Eventreur, ça ne peut être que lui. La chose parait si évidente que l'on peut se demander si John Brahm ne fait pas tout cela pour nous mener dans une fausse direction et pour nous proposer un twist final inattendu. Sauf qu'à trop vouloir (et trop vite) faire coïncider les agissements du tueur et le comportement étrange du locataire, on finit par être convaincus de la culpabilité de ce dernier. Si l'interprétation est majoritairement de qualité, on retient surtout le jeu de Laird Cregar qui impose une présence qui à elle seule inquiète. Il hypnotise autant les spectateurs que la charmante Kitty (Merle Oberon) de son regard noir. John Brahm utilise à bon escient ce visage impressionnant, surtout dans la toute fin du film, en plan serré, comme si le tueur venait directement s'en prendre à nous. Ceux que la légende de Jack L'Éventreur fascinent pourraient être déçus de voir romancée la véritable histoire du tueur en série mais la qualité de la mise en scène et l'interprétation suffisent à elles seule à faire oublier ce qui somme toute n'est qu'un détail.
 


...à la réalité

Ils sont quelques-uns à n'avoir jamais été identifiés mais celui que l'on surnomma Jack l'Éventreur en raison de la manière dont il avait l'habitude de traiter les dépouilles de ses victimes, est le plus célèbre. On supposa qu'il ne perpétra que cinq assassinats (même si certains pensèrent qu'il fut responsable de meurtres antérieurs à ceux les plus connus) à la toute fin du dix-neuvième siècle. Ce n'est pas la presse qui lui donna cet effrayant surnom mais la signature d'une lettre que le meurtrier aurait envoyé à la presse et qu'il aurait signé Jack The Ripper. Il tua dans le quartier de Whitechapel, ne s'en prenant qu'aux prostituées. Il tua ses quatre premières victimes en pleine rue et la dernière chez elle, ce qui lui permit de laisser libre cours à ses fantasmes. Il est étonnant de voir combien le personnage peut faire fantasmer même aujourd'hui encore. Pourtant, le nombre peu élevé de victimes le relègue loin derrière de nombreux autres serial killers dont le palmarès est impressionnant. C'est sans doute son surnom et le fait qu'il n'ai jamais été retrouvé qui ont cultivé pendant plus d'un siècle sa légende...

lundi 2 avril 2012

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Albert DeSalvo "L'étrangleur De Boston" de Richard Fleischer (1968)



De la fiction...

Boston dans le milieu des années soixante. Un tueur rode dans la ville et étrangle méthodiquement des femmes d'âge mûr. Pour la police, dresser le profil du tueur est facile. L'homme ne s'en prend qu'à de vieilles femmes seules et de race blanche vivant le plus souvent dans des immeubles. Malgré tout, les autorités piétinent. Et ce n'est pas le quadrillage qu'elle mettent en place à chaque coin de rue et dans les cinémas fréquentés par des pervers bien connus de la police qui vont les aider à mettre la main sur celui qui empoisonne l'existence des habitants de Boston. L'inspecteur Phil DiNatale et le chargé d'enquête John S. Bottomly sont dans l'impasse. Une lueur d'espoir pourtant semble frapper à la porte des deux hommes lorsqu'un extralucide talentueux leur propose ses services. Très vite, il donne un nom au tueur et mène les deux enquêteurs jusqu'à l'appartement d'un homme particulièrement douteux. Malheureusement, ce dernier se révèle être innocent. Le pire, c'est que le portrait que les autorités ont dressé de l'assassin est faussé lorsqu'une nouvelle victime est découverte. Beaucoup plus jeune, de race noire et ayant l'habitude d'être entourée, cette dernière dénote parmi toutes celles qui sont mortes jusqu'à maintenant. Les repères de l'enquête explosent et il faut attendre une erreur de l'étrangleur lui-même pour que la police parviennent enfin à le coincer.


Le film de Richard Fleischer ("L'étrangleur De La Place Rillington", prochainement chroniqué ici) étudie avec brio le fonctionnement d'une enquête policière, ses dérives, son inaptitude à obtenir des résultats concrets ainsi que l'implication de méthodes peu orthodoxes. Dans la seconde moitié du film, c'est plutôt le portrait du tueur qui nous est décrit à travers l'interrogatoire mené par le chargé d'enquête John S. Bottomly.

Durant une bonne heure, l'emploi par le cinéaste du procédé split-screen (dont s'est fait le spécialiste l'immense Brian De Palma) permet au spectateur d'entrer directement au cœur d'une enquête et de ses diverses ramifications. Aussi complexes qu'une somme colossales de preuves, d'indices et de témoignages à décortiquer, à analyser et à prendre ou à laisser, le montage exhorte le spectateur à réfléchir sur la difficulté d'une telle entreprise. Il devient parfois difficile d'accéder à la totalité des informations qui nous sont divulguées à travers la multiplications de plans qui se superposent. L'ouïe elle-même est mise à contribution puisqu'il faut tendre l'oreille afin de percevoir ce qu'il peut y avoir d'important dans ce conglomérat d'informations qui nous est alors imposé. Entre le sérieux de l'enquête menée par des hommes rompus à la tache et la subite intervention d'un voyant, on réalise combien les enquêteurs sont pris à la gorge. Il leur faut justifier l'absence de résultats auprès des médias et surtout de la population et sont prêts à passer par tous les moyens pour en obtenir. Ce qui ne sera évidemment pas une solution, le hasard faisant bien les choses, c'est le tueur lui-même, et peut-être sans doute trop confiant, qui leur permettra de mettre un terme à l'hémorragie dont sont victimes la ville de Boston et ses habitants. 


Lorsque se clôt le premier acte, le cadre et l'atmosphère diffèrent désormais radicalement. La plupart des intervenants disparaît laissant la place à la confrontation entre le chargé d'enquête John S. Bottomly (Henry Fonda) et l'étrangleur Albert DeSalvo (Tony Curtis). Le premier se doit de faite la preuve que le second est bien celui recherché par toute la police de la ville. Malgré l'avis des psychiatres qui ont déjà diagnostiqué un cas de schizophrénie chez le tueur supposé, Bottomly insiste pour interroger le suspect dont le comportement sème le doute. On se demande parfois s'il ne simule par la folie pour ne pas avoir à reconnaître ses actes ou s'il est bien sous l'emprise d'une maladie qui le condamnera alors à l'internement à vie. La superposition de plans de la première partie disparaît et l'unique décor qui sert de lieu d'interrogatoire dénote très largement avec le fourmillement des débuts. Une pièce d'un blanc immaculé dont un mur est orné d'un miroir sans teint. Deux chaises et une table autour de laquelle se font face Bottomly et DeSalvo. Le rythme change, devient pesant. Tony Curtis laisse exploser son immense talent d'interprète. Tantôt froid comme la mort qu'il a disséminée durant de longs mois, tantôt émouvant lorsqu'il tente de justifier son emploi du temps et que la part sombre de son esprit, celle responsable de ses actes, lui impose la vision des meurtres commis. Albert DeSalvo n'est finalement rien de plus qu'un homme pathétique dont on n'excuse pas les meurtres mais qui parvient à émouvoir malgré toute l'atrocité de ses actes, et notamment dans les dernières secondes, qui distillent un véritable malaise.


...à la réalité


Marié et père de deux enfants, Albert DeSalvo fut surnommé l'étrangleur de Boston en raison des méthodes qu'il employait pour tuer ses victimes. Apprécié par son entourage, l'homme ne pouvait s'empêcher de pénétrer chez des femmes. Il fut souvent arrêté mais ne connut jamais la prison. S'attaquant uniquement aux femmes, il en étrangla treize à l'aide de sous-vêtements entre 1962 et 1964, pénétrant chez elles et les violant indirectement par l'entremise d'objets divers. Il s'amusait à donner aux corps des postures grotesques afin de choquer la police lors de la découverte des cadavres. Albert DeSalvo fut arrêté puis emprisonné en 1964. Condamné à la prison à perpétuité, il fut retrouvé mort dans sa cellule en 1973, lardé de coups de couteaux. Des doutes planaient quand à sa culpabilité mais ce n'est qu'en 2001, après des analyses ADN que son innocence fut confirmée.

Curieuse histoire que celle d'Abert DeSalvo. Considéré comme l'un des tueurs en série américains les plus célèbres auquel plusieurs ouvrages et films furent consacrés et qui serait finalement lui-même une victime. Celle de la justice...

vendredi 23 mars 2012

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Ted Bundy "Ted Bundy" de Matthew Bright (2003)



De la fiction...

Ted Bundy est reconnu comme étant l'un des meurtriers les plus connus. C'est en tout cas à partir de son parcours criminel que fut inventé le terme de "tueur en série". Reste à savoir ce qu'en a fait le réalisateur Matthew Bright ("Freeway"). Son tueur (sous les traits duquel se cache l'acteur Michael Reilly Burke), loin d'avoir le charisme du véritable criminel, parvient somme toute à camper un Ted Bundy convainquant. Un prédateur exclusivement attiré par la gente féminine et qui pratique sur ses victimes une certaine forme d'humiliation. Incapable de se soumettre à des rapports sexuels dits "normaux", ça n'est sans doute pas sa compagne qui parvient à tempérer son engouement pour des pratiques qu'elle-même juge dégradantes. Excusant ses méfaits auprès de certaines de ses proies en invoquant son profil d'homme issu d'un milieu moyen et se vengeant donc sur des femmes qu'il considère inaccessibles, Bundy ne fait en réalité jamais le tri parmi ses victimes, qu'elles soient issues d'un niveau social aisé ou pas. 


Ce qui le pousse à tuer reste évidemment l'humiliation dont il fait l'objet lorsqu'il est ignoré par celle qu'il tente de prendre dans ses filets. Sans compter ni prendre jamais de précautions, il kidnappe, enferme, viole, torture et assassine de nombreuses femmes. Il lui arrive de vouloir imposer à sa compagne Lee (Bliss Boti Ann) le genre de pratique qu'il opère avec ses victimes mais sans jamais aller jusqu'à la tuer. Celle-ci, follement éprise de Ted, finit par accepter d'outrepasser son dégout personnel afin de garder son fiancé auprès d'elle. Le Ted Bundy de Matthew Bright est, comme le fut le vrai tueur, un être égocentrique, qui prend un immense plaisir à humilier ses victimes. Immature et impulsif, il lui arrive d'user de stratagèmes inventif afin de les attirer dans un piège. Portant au bras un plâtre, il lui arrive souvent de faire appel au sens civique de jeunes femmes qui ne se doutent pas du tueur qui se cache derrière son visage d'enfant. Elles acceptent à chaque fois de l'aider à porter ses affaires jusque dans sa voiture, outil qu'il privilégie lors de kidnappings orchestrés parfois en plein jour. 


Malgré son apparente bonhomie, il est difficile de s'attacher à Ted Bundy. Simplement parce que les raisons qui le poussent à tuer restent trop souvent obscures. On aurait aimé que nous soient détaillés sont enfance et son parcours. Il aurait fallut dresser le portrait d'un homme attaché à celle qui l'aime et la jeune fille de cette dernière, la seule à trouver grâce à ses yeux. Affabulateur, l'homme invente sans cesse des portes de sortie afin de s'extraire du cambouis dans lequel il s'enlise. La mise en scène donne au film l'aspect d'un téléfilm. Au même titre que l'excellent "Deliberate Stranger" campé par Mark Harmon. Si ce n'étaient quelques scènes particulièrement gratinées (comme le kidnapping nocturne d'une jeune femme, son humiliation et son meurtre par strangulation), le film tomberait dans une mise en scène particulièrement plate. Ce qui différencie "Ted Bundy" de la majeure partie des films de serial killer est l'absence d'enquête au profit d'un portrait qui manque cruellement d'aspect psychologique. D'autres ont pourtant tenté la chose d'une manière identique mais avec beaucoup plus de bonheur ("Henry, Portrait Of A Serial Killer"). L'image elle-même manque de ce grain qui donne à l'aspect de certaines pellicules un climat profondément malsain. 


Matthew Bright jongle entre sobriété et détails sordides. En effet, l'un des aspects les moins ragoutants de la personnalité du tueur est mis en avant à plusieurs reprises: son goût pour la nécrophilie est abordé chaque fois que l'ennui s'impose. Comme si le réalisateur lui-même choisissait d'injecter le malaise là où commence à s'interposer une certaine lassitude. Sans vouloir être médisant, peut-être pouvons-nous supposer qu'elles ont été mises là sans véritable volonté de choquer mais comme unique moyen de fidéliser les spectateurs qui voudraient fuir la projection. Le pire est que cela fonctionne. Il suffit d'assister aux "relations" qu'entretient le tueur avec les têtes coupées qu'il entrepose chez lui ou les fréquents retours qu'il effectue sur les lieux de certains crimes pour s'en convaincre. Michael Reylli Burke fait ce qu'on lui dit et s'en sort relativement bien.

En bref, ce qui manque cruellement au film et qui aurait pu le rendre beaucoup plus intéressant, c'est notre indéniable besoin d'en savoir plus sur l'enfance du tueur. S'attachant à dresser le destin d'un meurtrier sur une courte période qui ne s'étale que sur quelques années, il devient impossible de s'émouvoir devant sa détresse, qu'elle soit sincère ou simulée lorsque vient le moment de son exécution. On ne peut excuser ses actes, ni même un tant soit peu les comprendre.



...à la réalité

Theodore Robert Bundy est né le 24 novembre 1946 dans le Vermont. Condamné à la peine de mort à l'âge de 43 ans, il aura marqué les annales du crime non seulement en raison de l'horreur de ses crimes mais aussi pour l'indéniable charme qu'il dégageait. Il kidnappait ses victimes exclusivement féminines en usant de stratagèmes ingénieux. Il lui arrivait de s'introduire dans des chambres d'étudiantes afin de les assommer avant de les violer. Il décapita certaines de ses victimes, emportant chez lui leur tête comme de vulgaires trophées. Il retournait sur le lieux de ses méfaits, s'allongeait auprès des cadavres en putréfactions et pratiquait sur eux des relations sexuelles. Bundy jugea bon de se défendre seul durant son procès, ce qu'il ne l'empêcha pas d'être condamné à mort en 1989. Il fut exécuté sur la chaise électrique le 24 janvier.

jeudi 8 mars 2012

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Peter Kürten "M Le Maudit" de Fritz Lang (1931) et "Le Vampire De Düsseldorf" de Robert Hossein (1965)



De la réalité...

Deux films consacrés à Peter Kürten célèbre tueur en série surnommé "le vampire de Düsseldorf" en raison de son goût pour le sang de ses victimes qu'il buvait en leur entaillant la gorge avant de s'en délecter. Voleur, violeur, pyromane et assassin, il tua de nombreuses personnes avec une nette prédisposition pour les jeunes enfants. Cela ne l'empêcha pas de s'en prendre à des hommes et des femmes ainsi qu'à des personnes âgées. Il étranglait, assommait à coups de marteaux, poignardait ses nombreuses victimes et la diversité des armes employées poussa la police de Düsseldorf à croire que plusieurs assassins étaient en activité...

 







...à la fiction

Le film de Fritz Lang "M Le Maudit" s'attache avec brio à reconstituer la vie des habitants d'une époque révolue. Il tourna son film peu de temps après l'exécution de Peter Kürten. Son tueur (ici nommé Hans Beckert et interprété par l'excellent Peter Lorre) rôde le soir à la recherche de jeunes victimes (Lang faisant l'impasse sur les adultes et les vieillards) alors que la police qui espère toujours le prendre dans ses filets patauge continuellement, suspectant toujours des innocents. La population s'énerve, les esprits s'échauffent et le comportement suspect d'un homme croisé dans la rue en compagnie d'une jeune fille pousse la foule à le lyncher sur la place public, certaine de mettre enfin la main sur le véritable assassin. La police s'épuise à rester éveillée jour et nuit dans l'espoir de mettre un terme aux agissements de Beckert mais sans succès. Elle s'acharne tant et si bien que la pègre devient victime des contrôles incessants orchestrés par la police afin de trouver l'assassin et se retrouve par la même dans l'impossibilité de "travailler" correctement. Au point que celle-ci décide elle-même de poursuivre ses propres investigations pour trouver le tueur d'enfants allant jusqu'à faire appel au réseau de mendiants de la ville afin d'avoir un maximum de renseignements sur les mouvements suspects ayant lieu en ville. Finalement c'est grâce à l'un de ces derniers que Beckert sera reconnu. Il sera alors arrêté, non pas par la police mais par la pègre qui l'emmènera dans un entrepôt à l'intérieur duquel le tueur devra répondre de ses actes. Alors que l'on pense son sort scellé, c'est l'arrivée inopinée de la police au moment propice qui va le sauver... 


Le film de Robert Hossein quand à lui se déroule dans un contexte historique réel dans lequel Hitler qui est alors à la tête des partis nationalistes, cherche le chemin du pouvoir. Le peuple au chômage erre dans le seul but de trouver un peu de nourriture et de travail. Robert Hossein nous présente un Peter Kürten beaucoup moins discret que celui de Lang. Beaucoup plus séduisant surtout. La ville où il sévit et les meurtres barbares qu'il perpétue lui offrent le surnom de "vampire de Düsseldorf". Interprété par Robert Hossein lui-même, Kürten est présenté comme un petit homme frêle et peu sûr de lui. Il est le jour un homme insignifiant, ouvrier se ventant d'être au chômage alors qu'il n' en est rien. Pendant que les hommes manifestent dehors, lui traîne dans les rues et passe son temps à regarder les femmes. Étriqué dans un costume qu'il ne quitte jamais, il est la nuit un homme tout à fait différent. Amoureux fou d'une jeune femme travaillant dans un cabaret et prénommée Anna, il se rend chaque soir au spectacle qu'elle donne, s'asseyant toujours à la même table. Il essaie tant bien que mal de l'inviter à boire un verre mais la jeune femme est coriace et comme elle sait pouvoir manipuler les hommes grâce à ses charmes, elle n'hésite pas à le faire à sa guise. Alors qu'un jour Kürten est refoulé par la jeune femme qui semblait au premier abord accepter son invitation, cette dernière semble séduite par la manière de réagir de l'homme et va peu à peu et volontairement le laisser gagner du terrain.
Mais Kürten est avant tout un prédateur. Un tueur sans pitié qui ne parvient pas à refouler ses pulsions meurtrières. Autant peut-on le voir sourire, usant ainsi de son charme pour prendre dans ses filets de jeunes femmes naïves qu'il rencontre dans les bars le soir, autant le moment venu de tuer, il porte le masque de la mort. Un masque qui fait froid dans le dos et qui montre la détermination du personnage. A l'aise il peut ainsi se montrer d'une parfaite élégance alors que dans d'autres occasions il est maladroit, longe les murs et marche d' une manière presque grotesque mais mais aussi, touchante...
Tout parait se passer merveilleusement bien entre Anna et lui. La jeune femme semble elle aussi amoureuse et l'on suppose un moment les pulsions du jeune homme ont pris fin. Mais hélas, Anna tombe un matin sur une lettre écrite par Peter. Une missive qu'il a adressé à la police. Une lettre signée du vampire...


Alors que le film de Fritz Lang est très noir et nous plonge dans un univers expressionniste, celui de Robert Hossein est poétique. Son personnage est lui aussi plus attachant. Il faut dire qu'il est beaucoup plus présent à l'image alors que le tueur de Lang lui n'apparaît vraiment que dans la seconde partie du film. Son visage rond aux yeux globuleux beaucoup moins avenant ne joue pas non plus en sa faveur. Les deux assassins pourtant laissent un sentiment étrange. Plus que leurs meurtres odieux c' est leur personnalité qui marque les conscience. Le tueur de Fritz Lang, alors que son grotesque procès est en train de se jouer, devient misérable, inoffensif, enfantin. Celui de Robert Hossein n'est qu'un pantin qui ne fait aucune différence entre le bien et le mal. Et c'est peut-être cette ignorance, sa façon de déambuler dans les rues et ses gestes timides et imprécis qui le rendent si touchant. La musique joue un rôle très important et participe grandement à l'atmosphère envoûtante du film. Dans "M Le Maudit", on retiendra surtout le petit air sifflé qui suit le tueur dans sa quête mortelle et qui le fera tomber entre les mains de la justice.


Marie-France Pisier est superbe et méconnaissable dans le rôle d' Anna, Robert Hossein assure un rôle qui lui colle à la peau quand à Peter Lorre dans "M Le Maudit", il est d'avance condamné en raison d'un physique peu avenant.


"Le vampire de Düsseldorf" et "M Le Maudit" sont donc deux excellents films qui abordent un même sujet mais sous un angle totalement différent...

jeudi 23 février 2012

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Henry Lee Lucas "Henry, Portrait Of A Serial Killer" de John McNaughton (1986)


 
De la fiction...

Henry tue. Sans distinction d'âge ou de sexe, il commet des meurtres de manière impulsive mais, de façon méthodique, il n'utilise jamais la même arme deux fois de suite afin de tromper la police qui ne peut ainsi faire aucun rapprochement entre chacun de ses crimes. Couteaux, armes à feu, cordes, tessons de bouteille ou bien encore téléviseurs sont les outils dont il use pour assouvir ses pulsions meurtrières. Il peut se révéler discipliné et suivre sa proie jusque chez elle en prenant soin de noter ses habitudes ou bien totalement spontané en tuant sur un simple coup de tête. S'il n'a pas d'objection à participer au massacre d'un couple et de leur enfant, l'inceste et la nécrophilie restent cependant des pratiques auxquelles il se refuse. Exerçant le métier d'exterminateur de cafards, Henry montre, lorsqu'il n'est pas pris d'une furie meurtrière, le visage d'un honnête citoyen.


Ottis Toole est l'ami de Henry. Les deux hommes vivent ensemble dans un taudis et ne partagent pas au départ le même goût pour le meurtre. C'est Henry qui initie Ottis à cette pratique. Ce dernier prend très vite goût au penchant morbide de son ami. Si Henry revêt le visage du tueur froid, Ottis pratique dorénavant le meurtre de manière ludique. Il y prends très vite goût. A tel point qu'il devient très vite esclave de cette nouvelle "passion". Contrairement à Henry, ce dernier n'oppose aucune espèce de résistance aux pires exactions. Frère de la jeune Becky, il tente à plusieurs reprises d'avoir des relations sexuelles avec elle. Mais Henry veille à ce que son ami n'aille pas jusqu'au bout de ses fantasmes et protège la jeune femme des pulsions de son frère ainé. 


L'arrivée de Becky dans la vie ambiguë de couple hors norme va détruire le peu d'homogénéité qui s'est jusqu'alors imposée entre les deux hommes. S'ils perpétuent ensemble un nombre croissant d'assassinats, il ne se ressemblent en revanche pratiquement pas. Ottis est pervers et sadique quand Henry lui ne fait que tenter de se "guérir" d'un passé traumatisant qu'il ne parvient pas à oublier.


Une amitié sincère nait entre Henry et Becky. On pense même qu'elle seule semble capable de le soigner de ses blessures mais c'est bien l'arrivée de la jeune femme qui va faire "exploser" le quotidien sordide des deux assassins.


"Henry, Portrait Of A Serial Killer" se traine depuis sa sortie en 1986, une sérieuse réputation de film violent, glauque et sanglant. Au regard de classiques tels que "Maniac" et "Schizophrenia" le film se révèle en réalité plutôt sobre. Le sang n'y coule pas tant que ça, et la violence y est plus souvent sous-jacente. Quand à l'aspect morbide, il est très certainement représenté par la seule scène véritablement "difficile" du film durant laquelle Henry et Ottis perpétuent un massacre dans la demeure d'un couple et de leur enfant. Filmée à l'aide d'une caméra amateur, la scène se révèle assurément d'un réalisme assez troublant. Comme les deux films précités ou bien encore l'excellent "Seul Contre Tous" de Gaspard Noé, John McNaughton privilégie le portrait d'un tueur en série plutôt qu'une enquête policière classique. On ne verra d'ailleurs jamais la police intervenir dans aucune d'entre elles. D'un point de vue horrifique, et si l'on zappe toute relation avec l'histoire véridique d'Henry Lee Lucas, le film peut se voir comme un pur film d'épouvante jouant sur une atmosphère quelque peu malsaine mais relativement avare en scène sanguinolentes. D'un point de vue dramatique, le film revêt par contre une apparence particulièrement dérangeante, surtout pour ceux qui s'attendraient à un biopic et surtout pas à un film d'horreur. L'image, l'interprétation et les décors témoignent d'un budget ridicule et c'est bien la mise en scène de John McNaughton et le jeu de Mickael Rooker qui font de "Henry, Portrait Of A Serial Killer" un classique instantané. 


Ce qui dérange dans ce film, c'est la complicité qui se crée entre le tueur et le spectateur, et volontairement mise en œuvre par le cinéaste. Mais peut-être aussi est-ce parce qu'au classique bestiaire fantastique, McNaughton a choisit de montrer le visage d'un vrai monstre et des conséquences qu'ont pu avoir sur lui son enfance et le monde qui l'entoure. L'un des aspects les plus terrifiants du film est le détachement avec lequel Henry et Ottis perpétuent leurs crimes. La ville des états-Unis dans laquelle se situe l'action sert de bac à sable à un binôme de monstres dont les mobiles sont bien différents. Henry se révèle beaucoup moins abjecte que son confrère et même si l'on ne peut à aucun moment légitimer ses actes, on peut malgré tout les comprendre. Ce qui n'est pas le cas d'Ottis qui tue dans l'unique but de s'offrir un moment de pur plaisir orgasmique que pas même une relation sexuelle normale ne semble pouvoir remplacer. C'est en partie ce qui mettra un terme à leur relation, les deux hommes n'ayant objectivement pas grand chose en commun...



… à la réalité.

Si le film marque les esprits, il n'est cependant rien en comparaison de l'histoire dont s'est inspiré John McNaughton. Celle de l'un des plus grands tueurs en série de tous les temps. Petit, Henry fut victime de la perversité de sa mère. Cette dernière obligeait son fils à se vêtir de vêtements féminins et le contraignait à assister à ses ébats de prostituée. Le père d'Henry perdit ses deux jambes sur une voie ferrée et mourut de froid une nuit d'hiver alors qu'il se trainait jusque devant la demeure familiale dont sa femme lui refusait l'accès. On suppose qu'Henry aurait perpétré son premier meurtre à l'age de quatorze ans mais ce qui est certain, c'est qu'il tua sa mère alors qu'il n'en n'avait que vingt-quatre. Condamné à plus de vingt ans de prison, il est libéré après dix ans de réclusion et fait bientôt la connaissance d'Ottis Toole qui deviendra son complice et son amant. Si Becky a bien existé, elle n'a jamais été la soeur d'Ottis mais sa nièce. Henry alla jusqu'à l'enlever et la tuer. Le tueur fut condamné pour ce crime et avoua alors être l'auteur de plus de six-cents meurtres. Mythomane avéré, "seulement" deux-cents meurtres purent être authentifier alors que d'autres, ayant eu lieu le même jour mais dans des états bien trop éloignés les uns des autres pour être perpétrés par Lucas lui-même ne purent lui être incombé. Henry Lee Lucas mourut en prison à l'âge de soixante-cinq ans


Si le scénario se focalise avant tout sur le personnage de Henry Lee Lucas, le pedigree de son véritable complice Ottis Toole a de quoi faire frémir. S'il a commis bien moins de meurtres que son acolyte, c'est l'image de cannibale et de pyromane qui retiennent l'attention. Violé par son père ainsi que par son beau-père, sa sœur l'oblige à se prostituer et sa grand-mère le familiarise avec le satanisme. Ensemble, ils participent à des sacrifices d'animaux et à des profanations de cadavres que sa grand-mère exhume dans des cimetières. Comme Henry, il tue pour la première fois à l'age de quatorze ans et pratique l'anthropophagie sur sa victime. C'est sa rencontre avec Henry Lee Lucas qui va accentuer son goût pour le meurtre. Il tuera à six reprise mais ira jusqu'à confesser plus d'une centaine de meurtres. Tout comme Henry, sa peine de mort fut commuée en prison à vie. Il mourut lui-même en prison du sida à l'age de quarante-neuf ans.

mercredi 8 février 2012

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Graham Young "Le Manuel D'Un Jeune Empoisonneur" de Benjamin Ross (1995)



De la fiction...

La vie des Young n'est pas des plus trépidante. Le père et la belle-mère passent leur temps devant les émissions musicales télévisées. La fille est avant tout préoccupée par son apparence et fréquente un type idiot. Graham, lui, est un adolescent un peu différent des autres. Il ne partage pas les jeux de ses camarades de classe, reste le plus souvent isolé dans sa chambre, ne fréquente personne en dehors de Mick auquel il va "emprunter" à sa manière la jeune et jolie Sue Buttler. Cette dernière va involontairement l'aider dans sa future démarche en lui procurant des livres interdits que le responsable de la bibliothèque de l'école lui a refusé. Graham est un élève qui s'intéresse principalement aux sciences et notamment celle qui touche aux poisons. Un jour qu'il se trouve en compagnie de son ami dans les sous-sol de l'école, il parcourt un livre et tombe sur un article consacré au sulfure d'antimoine, une substance réputée très instable et qui peut devenir un poison entre les mains de quiconque ne sait pas l'utiliser. D'après Newton cette matière peut même se transformer en un magnifique diamant. Graham commence donc à se construire un minuscule laboratoire sur le plancher de sa chambre mais alors qu'il tente l'expérience, le sulfure d'antimoine explose. Une tragédie pour le jeune homme. Mick et lui ayant l'habitude d'échanger leurs sandwiches, Graham en profite pour ajouter dans les siens un peu de la substance sur laquelle il travaille afin d'en observer les effets mais aussi pour avoir la main mise sur la jeune Sue qui a prévu deux rendez-vous le même vendredi soir avec chacun des garçons. Mick tombe subitement malade et Graham peut donc sortir avec Sue en toute quiétude. Leur relation ne dure que le temps d'un spectacle et un diner en tête à tête. Graham révulse la jeune femme en abordant les accidents, la mort et en lui montrant même la photo d'une infirmière les seins à l'air. A ce propos, lorsque la jeune femme quitte le restaurant, laissant planter là le jeune Graham, elle oublie la boite de chocolats qu'il lui a offerte. On imagine assez facilement ce que ces derniers peuvent contenir et penser que le jeune empoisonneur avait l'intention de faire de Sue, sa prochaine victime).

Comme c'est à chaque fois le cas chez les Young, c'est toujours Graham qui se prend une raclée à la moindre contrariété, surtout lorsque la belle-mère trouve dans la chambre de sa fille des revues pornos. Graham nie qu'elles lui appartiennent, suppose qu'elles puissent être au compagnon de sa sœur et jette même un regard soupçonneux vers son père qui, une fois n'est pas coutume, n'intervient pas. Le lendemain matin, le jeune homme se rend à la pharmacie et demande au propriétaire Mr Goez de lui procurer un tube de thalium dont il mélange le contenu avec les chocolats qu'il avait prévu d'offrir à Sue et les donne à sa belle-mère qui se gave et tombe subitement malade. Un soir, alors qu'il rentre de l'école, Graham apprend de la bouche de son père que sa belle-mère est à l'étage avec le docteur Scott. Connu pour être le petit scientifique de la famille, le médecin confie à Graham le soin de s'occuper du traitement de la malade. Dès lors, ce dernier mélange le thalium avec le médicament de sa belle-mère et s'emploie avec minutie à l'empoisonner à petite dose et noter sur un carnet et jour après jour, l'évolution du mal... Pour se retrouver seul avec sa belle-mère et ne pas avoir à supporter la présence de sa sœur et l'envoyer à l'hôpital, il ajoute aux gouttes pour les yeux qu'elle utilise, un acide qui lui brûle la cornée de l'œil. La belle-mère de Graham dépérit, jusqu'à ne plus ressembler qu'à l'ombre d'elle-même. Elle maigrit, perd ses cheveux autant que la tête. Et Graham continue, froidement à examiner les effets du poison qu'il lui donne quotidiennement. Jusqu'au jour où elle meure. Ensuite, c'est le père de Graham qui souffre des mêmes symptômes. Son fils lui propose de faire appel au docteur Scott mais il refuse. C'est après avoir fait des examens que son fils est découvert. Ma dosé, le poison a laissé des traces. Graham est enfermé dans un institut psychiatrique où il sera le sujet d'un traitement mené par le nouveau psychiatre, le docteur Zeigler.


Basé sur l'étude des rêves, ce remède pose un sérieux problème à Graham puisque ce dernier n'en fait jamais. C'est ainsi qu'il "vole" ceux de son compagnon de chambre Berridge et parvient à se faire accepter comme patient direct du docteur Zeigler. Graham lui raconte ses toutes premières tentatives pour obtenir du sulfure d'antimoine, un diamant. Expérience qui s'est soldée par un échec et que le docteur croit être responsable de tout ce qui a suivi. En voulant créer quelque chose de beau, Graham se serait par défaut lancer dans une entreprise beaucoup moins reluisante. Lorsque Berridge meure pendu, Graham n'a plus matière à rester en contact avec le docteur qui choisi d'arrêter là leur collaboration. Mais alors que tout semble terminé, Graham fait pour la première fois un rêve dans lequel lui apparaît ce fameux diamant qu'il a si longtemps fantasmé. Lorsqu'il en parle avec le docteur Zeigler, ce dernier lui propose de l'aider à retenter l'expérience qui l'a mené à devenir un dangereux empoisonneur.

A ce moment précis du film, on ne sait plus si Graham (Hugh O'Conor) exprime enfin une émotion réelle lorsque l'expérience marche ou s'il la feint dans l'espoir d'être libéré. La principale différence entre le film de Benjamin Ross s'exprime ici, lors du second tiers du film. Le personnage du film use de son temps pour apprendre différents métiers mais aussi et surtout pour tenter d'échapper à l'emprisonnement. Si à la fin le docteur Zeigler lui confie la tache de s'occuper du petit jardin dévolu aux plantes médicinales, le jeune homme n'en n'use jamais à de sombres fins contrairement au véritable empoisonneur qui testa les effets de poisons sur ses codétenus. Par certains aspects, mais dans une moindre mesure, cette partie là du film fait parfois penser au "Clockwork Orange" de Stanley Kubrick.

Graham rentre ensuite dans le rang, est libéré, retourne vivre chez sa sœur mais l'expérience est mal vécue par tout le monde et Graham part s'installer dans une chambre d'hôtel. Il est employé dans une usine qui fabrique des lentilles pour appareils-photos mais lorsque l'un de ses collègues lui parle d'un projet de caméra filmant six-mille images par secondes, ce dernier lui montre l'un des éléments essentiels à la bonne tenue des bobines: le thalium. Enfermé dans une armoire, ce dernier va servir pour de nouvelles expériences à Graham qui, après une déconvenue, choisit comme sujets ses nouveaux collègues de travail.



On le sait très vite, l'empoisonneur est incapable d'échapper à ses pulsions. Si au départ, c'est le comportement de sa belle-mère, de sa sœur et de son père envers lui qui le pousse à se servir d'eux comme cobayes, c'est également parce que certains de ses collègues maintiennent une certaine distance qu'il deviennent à leur tour les victimes de ses horribles expériences. Le véritable empoisonneur était connu pour être un personnage particulièrement froid, ce que tente d'exprimer le visage de Hugh O'Conor qui y parvient mais sans jamais égaler la profonde noirceur de celui du vrai tueur. Le film peut se lire comme une satire sur le milieu familial, psychiatrique et professionnel d'un petit bourg d'Angleterre. Benjamin Ross privilégie l'humour noir au dépend du drame même si certaines scènes sont visuellement éprouvantes (la scène de la belle-mère durant laquelle elle perd ses cheveux). Le film donne même parfois la nausée surtout lorsque l'on voit avec quel soucis Graham questionne puis note dans son carnet l'évolution du mal, s'énervant même lorsqu'il ne parvient pas à obtenir les informations nécessaires à ses recherches. Plus que le portrait d'un tueur, "Le Manuel D'Un Jeune Empoisonneur" est une excellente comédie dramatique réalisée en 1995 par Benjamin Ross. On on notera l'excellente partition musicale et notamment l'ouverture de "Musique Pour Les Funérailles De La Reine Mary", un joyau...


...à la réalité

Graham Young nait le 7 septembre 1947 et meure le 1er Aout 1990 à l'âge de 42 ans. Souvent taxé de tueur en série, il s'agit plutôt d'un "empoisonneur en série" puisqu'il n'a tué qu'à une seule reprise en 1962 et qu'un tueur en série ne peut être appelé ainsi qu'après avoir fait au moins trois victimes. Les poisons le fascinent très vite. Dès l'âge de quatorze ans, il en teste certains sur un ami à lui ainsi que sur les membres de sa famille, ce qui provoquera la mort de sa belle-mère Molly. Certainement tès intelligent, il arriva cependant à Graham d'oublier dans quel aliment en particulier il incorporait le poison et il tomba alors lui-même malade. I fut envoyé à un psychiatre qui redirigea sa famille vers la police. Il fut arrêté en Mai 1962 et confessa les empoisonnements mais comme sa belle-mère fut incinérée après son décès, ses restes ne purent être analysés.

Alors qu'il aurait du passer les quinze prochaines années enfermé dans l'hôpital psychiatrique de Broadmoor, il fut libéré neuf ans plus tard, les médecins étant persuadé qu'il était totalement guéri. Il profita cependant de son long séjour dans cette institution pour empoisonner certains de ses codétenus. Lorsqu'il fut enfin libre, il travailla dans les laboratoires John Hadland qui fabriquaient des lentilles infrarouges dont l'un des principaux éléments était le thallium, le poison dont il avait fait sa spécialité. Si ses nouveaux collègues étaient au courant du passé criminel de Young, ils ne savaient par contre pas pour quelles raisons il avait été enfermé. Les victimes du vrai tueur furent beaucoup plus nombreuses que celles du personnage fictif. Sur son lieu de travail, il empoisonna plus de 70 personnes mais heureusement, aucune ne mourut. On peut considérer que Graham Young lui-même à mené la police jusqu'à lui car à force de trop vouloir suivre et participer à l'enquête de la médecine du travail qui durant un temps supposa que les maux dont souffraient les employés pouvaient provenir du "Bug Bovington", les soupçons se sont porter sur lui. C'est en confiant à l'un de ses collègues qu'il se passionnait pour les produits chimiques et toxiques que ce dernier est allé voir la police.

Graham Young a été arrêté le 21 Novembre 1971. Il portait sur lui un flacon de thalium et les inspecteurs de police ont retrouvé chez lui le fameux carnet dans lequel il notait le fruit des expériences. Young est mort en prison en 1990. Officiellement d'un infarctus du myocarde, mais certains pensent qu'ils aurait été victime de certains codétenus...

jeudi 28 avril 2011

RAMPAGE (le sang du châtiment) de William Friedkin (1987)





"Rampage" fait partie de ces films sur lesquels on fantasme sans jamais les avoir vu. Alors on traque sur la toile le moindre article. On chine dans le village d'à coté avec le peu d'espoir de trouver un jour sur l'étalage d'un vieux cinéphile endetté, l'objet du culte. Et puis, lorsqu'enfin nous tenons entre les mains cette vieille relique à la bande usée, on la manipule avec précaution. Comme si elle risquait de tomber en morceau au moindre faux pas. Puis vient le moment de la glisser dans le vieux magnétoscope ressorti pour l'occasion. Après une révision de l'appareil à l'aide d'un film dont on se fiche de savoir si la bande va finir sa vie au cœur du mécanisme et une fois assuré que tout fonctionne, on décroche le téléphone, on coupe sa messagerie instantanée, on se prépare un verre, puis enfin on présente le film devant la gueule du magnétoscope avant de lui donner un petit coup de pouce en appuyant sur la tranche de la cassette.



Fondu au rouge.




Le film est réputé pour sa violence, son atmosphère malsaine et même, d'après certains, la peur qu'il engendre. Ceux qui le découvriront dans les jours, les mois ou les années qui viennent risquent d'être quelque peu décontenancés. Visuellement, le film n'a pas le caractère morbide du fantastique "Cruising" de William Friedkin. Quand à la violence, elle n'est perçue qu'à travers quelques instantanés, comme des clichés pris sur les lieux de crimes particulièrement sordides montrés de manière sporadique. Les scènes marquantes sont relativement rares au regard de pas mal de films du même cinéaste et parfois, on ressent la désagréable impression de regarder un épisode de "Perry Mason". Non, sans rire! Le développement de l'enquête ainsi que le procès, deux des aspects les plus importants du scénario, sont mis en scène de façon relativement anecdotique.



Friedkin s'attache davantage à défendre son point de vue sur la peine de mort et sur l'état mental du tueur lors des meurtres. On peut ou pas adhérer à cette manière d'expédier certains aspects de l'histoire pour se concentrer au mieux sur ce qu'il veut démontrer. Il faut savoir que deux montages radicalement différents du film ont été montés. Dans le premier, celui qui concerne cette version, le cinéaste expose sa position contre la peine de mort. Depuis, ayant changé d'avis sur la question, il a remonté son film afin de livrer une vision différente des choses. Il ne faut en aucun cas s'attendre à un film où le sang inonde la pellicule mais plutôt comme une analyse qui demande au spectateur de juger si oui ou non un tel tueur peut être considéré comme fou ou sain d'esprit. Et s'il mérite la peine de mort ou simplement de rester en prison jusqu'à la fin de ses jours.



 
Charlie Reece (Alex Mc Arthur) est ce tueur que la police recherche depuis que l'on a découvert un triple meurtre perpétré dans la maison d'un paisible quartier des États-Unis. Déjà responsable de six meurtres épouvantable, Reece est persuadé que son sang est empoisonné et le seul moyen de le purifier est, selon ses convictions, de boire celui d'êtres pures. C'est ainsi qu'il frappe au hasard, dans le voisinage, et sans distinction de sexe ou d'âge. Il tue à l'aide d'une arme à feu, mutile ses victimes au couteau puis boit leur sang. Il est jeune, beau, travaille dans une station service et vit avec une mère (Grace Zabriskie) qui collectionne les tranquillisants. Rien ne le distingue de son prochain. Les rares personnes qui l'on vu rôder autour des scènes de crimes témoignent qu'il mesure plus d'un mètre quatre-vingt, qu'il a les cheveux longs et qu'il porte une veste rouge. Ce qu'ils n'entendent pas par contre, c'est cette curieuse mélodie qu'il siffle chaque fois avant de sonner à la porte de ses futures victimes. Il a toujours sur lui un sac en plastique et un couteau.





Des détails qui mèneront Tony Fraser (Mickael Biehn), jeune avocat chargé de faire condamner le tueur enfin arrêté, à douter de l'option plaidée par Reece et son avocat lors du procès. Celle de la folie. Fraser est marié à Kate (Deborah Van Valkenburgh) et le couple a connu un drame terrible puisque leur fille est morte quelques temps auparavant. Si Kate voit d'un mauvais œil l'implication de Tony dans cette nouvelle affaire, ce dernier va tout mettre en œuvre afin de faire condamner à mort le jeune Charlie Reece. Auprès de la police et des spécialistes qui l'on étudié lorsqu'il était enfermé à l'hôpital psychiatrique, il va tenter de prouver que le tueur en série est sain d'esprit et que ce dernier ne fait que jouer le rôle qui lui évitera de finir sur la chaise électrique.

à suivre...
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