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mardi 14 octobre 2025

Flic ou voyou de Georges Lautner (1979) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Durant sa carrière d'acteur, Jean-Paul Belmondo a croisé la route de nombreux cinéastes. Tels Jean-Luc Godard, Claude Sautet, Henri Verneuil, Vittorio De Sica, Jean-Pierre Melville, Philippe de Broca, Jacques Deray, Gérard Oury, Philippe Labro, Claude Zidi, Claude lelouch, Patrice Leconte ou encore Georges Lautner. La rencontre entre ce dernier est l'une des plus grandes stars du cinéma populaire français des années quatre-vingt donnera lieu à une aventure qui s'étendra entre 1979 et 1992. Cinq longs-métrages : Flic ou voyou, Le guignolo, Le professionnel, Joyeuses Pâques et enfin L'inconnu dans la maison... Parmi ces cinq films, Flic ou voyou est non seulement la première collaboration entre les deux hommes mais aussi celui qui poursuit en partie dans la veine de la comédie impulsée quelques années auparavant avec des œuvres telles que L'incorrigible de Philippe de Broca ou L'animal de Claude Zidi. Sauf qu'ici, et comme dans bon nombre de longs-métrages mettant en vedette Jean-Paul Belmondo depuis au moins le milieu des années soixante-dix, l'acteur y incarne le rôle d'un flic. Encore un commissaire. Divisionnaire de surcroît. Au vu du charisme du bonhomme, on envisage forcément mal de le voir dans le costume étriqué d'un petit agent de la circulation ou dans celui d'un policier installé en milieu rural et devant traiter de problèmes entre voisins ou de vols de bétail ! Tourné à Nice et notamment sur la Promenade des Anglais, à Antibes, Juan-les-Pins ou dans les studios de la Victorine pour les séquences en intérieur, Flic ou Voyou fait partie de cette catégorie de films qui hésitent perpétuellement entre humour et sérieux. Cela est d'autant plus le cas ici que l'on a droit à de savoureux dialogues de la part du mythique Michel Audiard ainsi que des mises en situation de la part du scénariste, réalisateur et dialoguiste Jean Herman (qui s'inspire ici du roman L'inspecteur de la mer de Michel Grisolia) que Georges Lautner transpose pour un résultat qui affole certains baromètres ! Car n'en déplaise à ceux qui vouent une passion exclusive pour les genres policier, polar ou thriller dans leur globalité, le cinéaste atteint une émulsion entre les genres à laquelle Jean-Paul Belmondo et certains des cinéastes qui l'ont fait tourner sont habitués...


Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, il semblerait que l'inspiration ait quelque peu quitté l'esprit du scénariste au fil de l'écriture. Car si le premier tiers du long-métrage enchaîne à une allure folle les situations les plus ubuesques qui soient, petit à petit, le film trouve son rythme dans le film policier pur jus, pratiquement débarrassé de tout sens de la fantaisie par la suite. Dans cette œuvre qui pose d'emblée la question de savoir si Jean-Paul Belmondo incarne un flic ou un voyou, la réponse s'impose évidemment dès le départ. Le spectateur lambda comme le fan de la star n'est pas bête au point de l'imaginer incarner réellement une crapule. Ce que vient d'ailleurs confirmer le script au bout d'un certain temps. Comme l'on comprend d'ailleurs assez rapidement que sous le nom d'Antonio Cerutti se cache un flic infiltré dont on apprendra le véritable nom un peu plus tard. Le commissaire divisionnaire Stanislas Borowitz s'incruste et sème ainsi la zizanie entre deux chefs de gangs niçois. D'un côté, Théodore Musard, dit ''L'auvergnat''. Un personnage très rapidement et savoureusement humilié par notre cher commissaire. Un personnage incarné par l'excellent Georges Géret. Autre grand truand et ''gueule'' du cinéma français d'alors, l'acteur Claude Brosset (qui cinq ans plus tard retrouvera notamment Belmondo dans Le marginal) dans le rôle d'Achille Volfoni, dit ''Le corse''. Flic ou voyou est aussi l'occasion de traiter du sujet de la corruption dans la police à travers les personnages des inspecteurs Rey et Massard incarnés par Tony Kendall et le toujours excellent Jean-François Balmer. Notons également la présence de Michel Beaune et de la toujours très étrange Catherine Lachens dans le double rôle d'un couple d'hôteliers/restaurateurs. Ou encore celles de Venantino Venantini (retrouvé mort dans des conditions qui peuvent rappeler celle de Tonio, l'indicateur interprété par Stéphane Ferrara, lui-même assassiné dans Le marginal), de Michel Galabru en Commissaire Grimaud, Philippe Castelli en moniteur d'auto-école, Marie Laforêt dans le rôle de la riche propriétaire Edmonde Puget-Rostand. Sans oublier bien sûr celle qui incarne la fille de Borowitz à l'écran : la toute jeune Julie Jézéquel à laquelle Georges Lautner offre là son tout premier rôle au cinéma en lui permettant d'incarner le rôle de l'espiègle Charlotte ! Concluons pour finir en évoquant l'excellent thème principal composé par le prolifique compositeur français Philippe Sarde et l'on tient là un Belmondo de bonne facture...

 

lundi 13 octobre 2025

Le Marginal de Jacques Deray (1983) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Habitué des rôles de flics aux méthodes musclées et peu en accord avec ce qu'en attend en général leurs différentes directions, Jean-Paul Belmondo retrouve le réalisateur et scénariste Jacques Deray treize ans après Borsalino et quatre avant Le solitaire. C'est donc ici la seconde fois que le cinéaste fait des infidélités à son acteur fétiche, Alain Delon, qu'il accompagna durant sa carrière à neuf reprises. Borsalino réunira d'ailleurs en 1970, les deux acteurs qui deviendront dans les années quatre-vingt les plus populaires interprètes du cinéma français... Après L'as des as de Gérard Oury et avant Les morfalous de Henri Verneuil, Jean-Paul Belmondo incarne dans Le marginal le personnage du commissaire divisionnaire Philippe Jordan installé à Marseille. Flic intègre, il a dans le viseur le trafiquant de drogue Sauveur Mecacci. Interprété par l'acteur américain Henry Silva, dont la riche carrière télévisuelle et cinématographique débuta en 1950 avec la série télévisée Armstrong Circle Theatre et se termina en 2001 avec le film Ocean's Eleven de Steven Soderbergh. Un soir après une rude journée de travail, Philippe Jordan décide de ramener chez lui une fille aux mœurs légère. Mais à leur arrivée dans son appartement, le commissaire découvre le cadavre d'une petite frappe. Débarque alors son supérieur qui a été alerté par un appel téléphonique anonyme de la présence d'un corps dans l'appartement de Philippe Jordan. Piégé, s'ouvre alors à ce dernier, deux possibilités ! Soit il assume les conséquences d'un meurtre qu'il n'a pourtant pas commis, soit il accepte d'être muté dans un petit commissariat du dix-huitième arrondissement de Paris... Contraint de faire ses valises pour aller s'installer dans la Capitale sans avoir pu mettre la main sur Sauveur Mecacci, Philippe Jordan ne désespère cependant pas de le mettre un jour derrière les barreaux... Le marginal fait partie de ces excellents films policiers et d'action mettant en scène un Jean-Paul Belmondo cabotinant beaucoup moins que dans un certain nombre de longs-métrages l'ayant mis en scène avant et après celui-ci. Et pour cause : le sujet est grave puisqu'il traite ceux de la drogue et du grand banditisme. Visage buriné, parfois fermé et employant des méthodes expéditives, la star hexagonale se charge comme à son habitude d'effectuer elle-même ses propres cascades...


Qu'il s'agisse de poursuivre les truands à pied, en hélicoptère ou à bord d'une voiture blindée, Jean-Paul Belmondo n'a semble-t-il pas peur de se froisser un muscle ou de mettre sa vie en danger lors de séquences qui gagnent en intérêt et en intensité dès lors que l'on sait qu'il n'a pas été doublé par un cascadeur... Auteur d'innombrables chefs-d’œuvre, le compositeur italien Ennio Morricone signe deux ans après la bande originale de l'excellent Professionnel de Georges Lautner (déjà interprété par Jean-Paul Belmondo), celle du Marginal. Une bande musicale immédiatement reconnaissable et typique du cinéma français des années quatre-vingt ! Autre aspect propre à cette décennie : cette incroyable galerie de personnages secondaires dont certains suivirent en parallèle la carrière de Jean-Paul Belmondo. En dehors de la présence de l'acteur américain Henry Silva l'on peut donc notamment découvrir à l'écran de vraies ''gueules'' du cinéma français telles que celles de Pierre Vernier (qui jouera également aux côtés de Jean-¨Paul Belmondo dans Le guignolo et Le professionnel de Georges Lautner en 1979 et 1981, dans Le solitaire de Jacques Deray en 1986 ou encore dans Les misérables de Claude Lelouch en 1992), de Maurice Barrier (la mini-série télévisée Des grives aux loups, Le Grand Blond avec une chaussure noire d'Yves Robert ou encore Coup de tête de Jean-Jacques Annaud) ainsi que celles de Claude Brosset (dans le rôle du truand Antonio Baldi), Jean-Claude Dreyfus (dans celui d'un travesti), Michel Robin (dans la peau d'Alfred Gonet dit Freddy le chimiste) ou encore de Tchéky Karyo qui interprète ici le personnage de Francis Pierron, un petit trafiquant et ami du commissaire Philippe Jourdan. Côté interprètes féminines, l'on retiendra surtout la présence de l'actrice brésilienne Maria Carlos Sotto Mayor, une très jolie plante, sexy, qui incarne le rôle de la prostituée Livia Dolores Maria Monteblanco... Plus qu'un simple film policier ayant pour vocation de divertir le public, Le marginal offre aussi et surtout la description d'un Paris interlope vraiment sinistre. Avec ses paris nocturnes clandestins, ses peep-show, sa boite gay ultra glauque qui n'a presque rien à envier à celle de Irréversible de Gaspar Noé, ses bars malfamés ou encore ce squat tenu par des antillais et notamment pas l'éternel voyou du cinéma français, l'acteur Jean-Roger Milo. Bref, du très bon divertissement..

 

dimanche 9 octobre 2022

Peur sur la ville de Henri Verneuil (1975) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Alors qu’il a déjà derrière lui une solide carrière de réalisateur, le français Henri Verneuil rivalise en 1975 avec un certain cinéma originaire d’Italie. Pur produit transalpin inspiré d’une collection de romans aux couvertures jaunes comparable à la série noire bien de chez nous, le giallo a surtout connu son heure de gloire dans les années soixante et soixante-dix. Sans dresser une liste exhaustive des metteurs en scène ayant participé à son élaboration et à son succès sur grand écran, on peut tout de même citer Mario Bava, Dario Argento, Lucio Fulci ou encore Sergio Martino et Umberto Lenzo parmi les plus connus. En 1975, donc, alors que bon nombre de longs-métrages du genre fleurissent en Italie, Henri Verneuil se lance dans l’aventure du film de tueur en série policier avec ce qui demeure comme l’un des rares exemples à l’époque de « Giallo à la française ». À l’affiche de ce film qui dépasse les deux heures, l’une des grandes stars du cinéma populaire français, Jean-Paul Belmondo. Lancé sur les rails d’une très prolifique carrière d’interprète depuis pas mal d’années, Bebel trouve dans le personnage du commissaire Jean Letellier une nouvelle occasion de donner la réplique dans une œuvre plus sombre que la moyenne de celles auxquelles il participera dans les années à venir...
 
 
Face à l’acteur italien Adalberto Maria Merli qui assure le double rôle de Pierre Valdeck et de l’étrangleur de femmes connu sous le nom de Minos, Jean-Paul Belmondo est accompagné de Charles Denner et croise les destins funestes des personnages incarnés par Rosy Varte, Léa Massari, Catherine Morin, et se retrouve confronté à un Jean-François Balmer « révolté » contre l’institution policière. Bien que le film dépasse les deux heures, une sous-intrigue mettant en scène l’acteur Giovanni Cianfriglia dans le rôle du truand Marcucci empêche « Peur sur la Ville » de tourner en rond. Outre la confrontation entre le commissaire et le tueur en série, le film de Henri Verneuil est surtout l’occasion d’incroyables cascades et de courses-poursuites exécutées par la star française elle-même. Qu’il tente de mettre la main sur Minos en passant par les toits de Paris ou qu’il essaie d’attraper le récalcitrant Marcucci en se « promenant » sur celui d’une rame de métro lancée à vive allure, Jean-Paul Belmondo exécute le tout avec une spectaculaire aisance. Seule entorse aux habitudes de la star : Lorsque le commissaire Letellier traverse une vitre à la fin du film, c’est en fait le cascadeur Michel Berreur que l’on voit lors de cette séquence... Sévèrement burné mais jamais bourrin, « Peur sur la Ville » est de surcroît accompagné par une partition musicale composée par l’italien Ennio Morricone. Au final, si l’humour est bien moins présent que dans de nombreux projets auxquels a participé Jean-Paul Belmondo, « Peur sur la Ville » n’en est pas moins un excellent divertissement...

 

L'as des as de Gérard Oury (1982) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L’air de rien, le cinéaste Gérard Oury sera parvenu à faire évoluer les mentalités de certains dont les idées préconçues furent alors étiolées au fil d’une filmographie rappelant à notre bon souvenir les qualités intrinsèques de la communauté juive. Son ombre planant sur l’une des périodes les plus sombres de l’histoire à travers « La Grande Vadrouille » en 1966. Mais plus précisément évoquée avec le cultissime « Les Aventures de Rabbi Jacob » en 1973. L’immense Louis De Funès n’avouait-il d’ailleurs pas avoir changé d’opinion concernant cette même communauté lors d’un entretien télévisuel après qu’il eut incarné l’irascible et raciste Victor Pivert? Comme un goût de « revenez-y » dans le cœur, Gérard Oury et sa scénariste de fille Danièle Thompson imaginent en 1981, l’histoire d’un boxeur au temps de l’Allemagne Nazi. On imagine mal Louis de Funès incarner le personnage de Georges Cavalier dans cette nouvelle œuvre de Gérard Oury et ça tombe bien puisque pour interpréter ce nouveau personnage que l’on pourrait presque relier à ce héros ordinaire qu’interprétait Bourvil dans « La Grande Vadrouille », le réalisateur a déjà pensé à un autre grand nom de la comédie française. Un certain Jean-Paul Belmondo, ravit de participer au projet après avoir évoqué l’idée de départ auprès de Gérard Oury.
 
 
Ancien boxeur et entraîneur de la futur équipe de boxe française qui se rendra dans quelques jours aux jeux olympiques de 1936 organisés à Berlin, « Jo » Cavalier va sans le savoir, être au cœur d’un récit riche en rebondissements. Croisant la route du jeune Simon Rosenblum, il en va de la vie même de ce gamin et des membres sa famille. Au départ aussi encombrant que le jeune Christian Lecache/Franck Ayas que rencontrera cinq ans plus tard Jean-Paul Belmondo/ le Commissaire Stan Jalard dans « Le Solitaire » de Jacques Deray, Simon (Rachid Ferrache) saura se rendre utile, voire indispensable. « L’As des As » n’est peut-être pas le plus fins des longs-métrages qu’a tourné durant sa carrière Gérard Oury. Peut-être pas le plus drôle non plus parmi ceux qu’à interprété la star Jean-Paul Belmondo. Et pourtant. Presque quarante ans après, redécouvrir cette œuvre est un réel plaisir. Le film peut tout aussi bien être considéré comme un melting-pot des deux autres films du cinéaste évoqués plus haut. L’alchimie fonctionne si bien entre les interprètes et leur réalisateur qu’on pardonne assez facilement quelques gags que l’on aurait sans pu voir chez d’autres. A commencer par Philippe Clair lors des débuts cinématographiques des Charlots (voir la ceinture de munitions défroquer son propriétaire en plein champ de bataille). Quelques bons mots presque dignes d’un certain Audiard (Jo s’adressant ainsi à un officier nazi: « con vous êtes, c’est juste mais c’est pas français »).
 
 
Fidèle à lui-même, Bebel effectue ses propres cascades. Sur le capot d’une voiture lancée à pleine vitesse sur une route de campagne ou à bord d’un avion survolant des décors souvent bucoliques. Si « L’As des As » n’est pas à proprement parler le genre de long-métrage où l’on se tord de rire toutes les trente secondes, sa fraîcheur est demeurée intacte. Et puis, il est l’occasion de scènes que l’on pourra considérer d’anthologiques, ne fusse que cette longue séquence située chez le führer lui-même. Quiproquos en pagaille et vive émotion lors d’une scène qui rappelle la formidable séquence de danse juive des « Aventures de Rabbi Jacob ». Un très bon cru. Entre nanar de luxe et comédie populaire bien de chez nous...

dimanche 25 septembre 2022

Le casse de Henri Verneuil (1971) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Retour sur un Bebel de qualité mais un Bebel sans doute moins populaire... Parce que moins fou, moins ''exhibitionniste'', traitant son personnage avec moins de dérision et d'excès. Cette marque qu'il imprimera par la suite beaucoup plus couramment, quel que soit son personnage. Le Bebel des années à venir, passionnant les foules venues se délecter de ses cascades, de ses gaudrioles, de sa verve théâtrale mais qui dans le cas qui nous intéresse ici incarne Azad, qui aux côtés de trois complices (dont la délicieuse Nicole Calfan, au temps de sa jeunesse et de sa grande beauté) va braquer le domicile d'un riche homme d'affaire athénien. Nous sommes au tout début des années soixante-dix et forcément, le matériel employé par Azad, Ralph (Robert Hossein qui dix ans plus tard campera l'antagoniste commissaire Rosen dans le superbe Le professionnel de Georges Lautner) et Renzi (l'acteur italien Renato Salvatori) nous paraîtra désuet. Certains gestes feront même peut-être tiquer certains agités du bocal se prenant un peu trop la tête, mais déjà, cette seule séquence installe un principe qui parcourra le film de long en large. Ce suspens étirant certaines d'entre elles afin de maintenir une pression chez le spectateur. Car tout aussi bien équipée que puisse être notre équipe de cambrioleurs, le destin ne va pas les ménager. S'introduisant donc dans la demeure d'un certain monsieur Tasco (l'acteur espagnol José Luis de Vilallonga) en pleine nuit, un flic (Omar Sharif dans le rôle d'Abel Zacharia) va passer par là et trouver étrange la présence d'une voiture garée non pas à l'intérieur de la propriété mais le long du trottoir. Une situation dont parviendra cependant à se dépêtrer l'astucieux Azad. Mais les choses allant de paire, une fois l'acte répréhensible commis, les quatre complices qui s'attendaient à quitter le pays mallette de bijoux en mains à bord d'un navire dès le lendemain matin vont malheureusement devoir patienter cinq jours en ville...


Voici donc comment nous est présenté Le casse. Un casting brillant et hétéroclite, un metteur en scène de grande valeur particulièrement rigoureux, mais aussi et surtout, un Ennio Morricone à la baguette, signant l'une de ces partitions qui vous hantent et n'ont pas besoin d'être nommées pour deviner qui se cache derrière. Plus que des scènes d'anthologie qui se succèdent (impossible d'oublier l'incroyable course-poursuite en voiture entre Jean-Paul Belmondo et Omar Sharif dans les rues d'Athènes, orchestrée par Rémy Julienne et son équipe, et dont la durée donne encore de nos jours le vertige), le film est un duel entre deux hommes. On pourrait à nouveau évoquer la confrontation entre le commandant Josselin Beaumont (Belmondo) et l'effroyable commissaire Rosen du Professionnel mais le couple Belmondo/Sharif fait ici des merveilles. Une œuvre dans laquelle personne n'est ni vraiment mauvais, ni vraiment bon. Course-poursuite : imaginez que le personnage incarné par Jean-Paul Belmondo croise à nouveau la route de celui interprété par Omar Sharif. C'est alors la fuite. Dès qu'il claque la portière de sa Fiat 124 Special T rouge, le compteur démarre et c'est alors parti pour neuf minutes et seize secondes d'un duel dans les rues d'Athènes lors de laquelle le flic poursuit le voleur de bijoux à bord de son Opel Rekord A noire. Si le boulevard qui s'ouvre devant les deux hommes paraît d'abord avantager leur circulation, il faudra moins de temps qu'il ne le faut pour le dire pour se rendre compte de la mise en danger de ceux qui sont au volant et de celle des badauds qu'ils croiseront en chemin. Une pointe d'humour : Cette procession religieuse dont les bougies s'éteignent devant le souffle produit par le passage des deux véhicules. Et que dire de ce spectacle produit par des danseurs de sirtaki dans un amphithéâtre, lequel se mue alors en une arène à l'extérieur de laquelle les spectateurs ont déjà oublié ceux qu'ils étaient venus applaudir au profit des deux bolides fonçant à toute allure ? Un duel de taule froissée démentiel dont une question persistera jusqu'à son terme : lequel des deux hommes en sortira vainqueur ? Le rugissement des moteurs laisse la place à un silence presque ''assourdissant'' et le polar se mue alors en western...


C'est en réalité presque là que débute vraiment Le casse. Dont le titre aurait tendance à nous divertir quand la véritable raison du film est ailleurs. Dans ce face à face entre deux monstres du cinéma dont les personnages, pour être tout à fait honnête, se valent très largement d'un point de vue morale. Car on le découvrira par la suite, raisonner notre cambrioleur ou pire, les envoyer ses complices et lui derrière les barreaux ne va pas être la priorité d'Abel Zacharia. Mais chut... ! Les dialogues ont beau avoir parfois l'air ceux d'un roman de gare et non pas ceux d'une grande œuvre littéraire (Henri Verneuil s'est chargé lui-même de leur écriture), la chose ici n'a pas vraiment d'importance. Tout tient en fait dans le regard et le sourire plein de malice d'Omar Sharif et dans cette fausse candeur que lui soumet parfois Jean-Paul Belmondo. On appréciera (ou pas) le message sous-jacent que le réalisateur s'est amusé à ''graver'' sur pellicule. Ce mépris qu'il semble avoir pour ces riches notables, hautains et arrogants. C'est peut-être là, qui sait, que lui est venue l'idée de faire du flic, ce personnage ambigu et au fond, pas vraiment intègre. Mais n'oublions pas que le film est tout d'abord l'adaptation du roman signé de l'écrivain américain David Goodis, The Burglars. Notons également que le roman fut déjà adapté sur grand écran en 1957 par le réalisateur américain Paul Wendkos sous son titre éponyme traduit chez nous sous celui du Cambrioleur. Bon, après, le film n'est pas dénué de défauts. Comme ces sept minutes environs, sortant totalement le film de son contexte et situées entre la rencontre du héros avec un mannequin de charme et un spectacle de cabaret dont on cherche encore l'intérêt ! Interprété par de grands acteurs et surtout, devrais-je dire, DEUX grands interprètes, Le casse est ce que l'on pourrait appeler un ''grand Belmondo''. Ce qu'il est au demeurant. Mais tellement davantage encore...

 

lundi 21 novembre 2016

Le Professionnel de Georges Lautner (1981)



Après avoir passé deux années entières enfermé dans une prison au Malagawi pour avoir tenté de tuer le président N'Jala, l'agent des services secrets français Josselin Beaumont parvient à prendre la fuite et, de retour en France, a bien l'intention d'honorer le contrat pour lequel il avait été envoyé par ses services en Afrique. Mais en deux ans, tout à changé, et alors que N'Jala doit passer trois jours dans l'hexagone, les autorités sont sur les dents. Avertis de la présence de « Joss » dans les parages et de son intention de tuer le président africain, ils vont tout mettre en œuvre pour arrêter leur agent avant qu'il ne mettre son plan à exécution...

Réalisé par Georges Lautner sur un scénario écrit par ce dernier et par Jacques Audiard également (adaptation tirée du roman Mort d'une bête à la peau fragile de Patrick Alexander), Le Professionnel se situe très exactement entre deux séries de films mettant en scène l'acteur français Jean-Paul Belmondo dans des rôles de personnages exubérants. Qu'il soit flic ou voyou, c'est un peu le même type d'emploi que lui accordent les différents cinéastes qui le prennent comme principal interprète de leurs œuvres.
C'est pourquoi Le Professionnel peut être considéré comme une incartade dans la carrière de l'acteur. Du moins, en ce qui concerne sa filmographie entre le milieu des années soixante-dix et la fin des années quatre-vingt. Tout d'abord, il y a cette musique, sublime, émouvante et obsédante du compositeur italien Ennio Morricone. Un air qui parcourt le film de la première à la dernière seconde. Une œuvre nostalgique, emprunte d'une émotion vive qui laisse un troublant sentiment de solitude. Celle de ce personnage admirablement campé par Jean-Paul Belmondo qui n'était à l'époque, rien de moins que l'une des plus grandes star du cinéma français.
Comme Louis de Funès était à la comédie, Jean-Paul Belmondo était le grand rendez-vous du dimanche soir dans le domaine du film d'action.

Alors, revoir aujourd'hui son œuvre, et donc, notamment, Le Professionnel revêt, ici aussi, une forme de nostalgie. Un personnage beaucoup plus sombre, désespérément seul malgré une épouse, une ancienne maîtresse, et un ami (le toujours exceptionnel Michel Beaune) tous proches de lui dans l'âme mais tellement éloignés de ses principales préoccupations. « Donné » par sa patrie, sa hiérarchie, drogué, forcé à faire des aveux lors d'un pastiche de procès en Afrique, torturé puis contraint aux travaux forcés, l'homme à de quoi en vouloir à la France. Mais plus qu'un « soldat » Jean-Paul Belmondo campe un homme à la ruse et à l'intelligence exceptionnelles. Avec beaucoup de pudeur et de retenue, il joue un Joss tout en retenue, mais sans jamais être véritablement avare en matière de répliques. De celles dont il nous a habitué tout au long de sa carrière. Une fois encore, l'acteur assure lui-même les cascades.

Face à lui, un casting solide, fait d’interprètes aux caractères bien trempés. Jean Desailly, Cyrielle Clair, Jean-Louis Richard, Michel Beaune donc, mais également Bernard-Pierre Donnadieu (excellent comme toujours) et surtout Robert Hossein. Blafard, sinistre, incapable d'exprimer le moindre sentiment. A part peut-être lorsqu'il exprime la pitié qu'il ressent vis à vis d'Edouard Valéras qu'il a pourtant lui-même contraint à trahir son ami Joss. Ce dernier justement, et le Commissaire Rosen, l'un se cachant toujours derrière l'autre, jusqu'à ce duel ultime entre les deux hommes renvoyant aux westerns-spaghettis chers au cinéaste italien Sergio Leone. Trente-cinq ans plus tard, Le Professionnel n'a pas pris une ride et demeure comme faisant partie des plus belles réussites de la star Belmondo...

dimanche 29 mai 2016

L'Alpagueur de Philippe Labro (1975)



L'Alpagueur, c'est un homme chargé par les hommes d'une organisation secrète, d'agir dans l'ombre des autorités afin de mettre fin aux agissements des criminels en tous genres. Pour sa nouvelle mission, l'inspecteur Doumecq le charge de faire tomber le commissaire Gavarni, flic pourri et grand bonnet d'un réseau de prostitution qui s'est étendu à un niveau international.
L’épervier, c'est Gilbert. S'il travaille officiellement pour une grande compagnie aérienne, il agit dans l'ombre dans le but exclusif de voler les banques. Il s'est surtout fait connaître dans la presse pour être l'auteur de nombreux assassinats. Non seulement il tue les employés des banques qu'il dévalise, mais également ses complices qu'il va chercher parmi les délinquants.

Les autorités étant impuissantes à tenir en échec le criminel, l'inspecteur Doumecq fait une fois de plus appel à l'Alpagueur afin de mettre un terme aux agissements de l’épervier. Et pour cela, il se fait enfermer dans une prison où est retenu prisonnier le jeune Costa Valdes qui n'est autre que l'un des complices passés de l’épervier auquel il a réussi miraculeusement à échapper. Profitant de son séjour en prison, l'Alpagueur va sympathiser avec Costa et en profiter pour faire tomber un certain Salicetti qui depuis des années organise contre de l'argent, des évasions...

Pendant des années il a chassé les fauves les plus dangereux du monde. Un jour il m'a dit: "Le seul animal intéressant qu'il me reste à chasser, c'est l'homme..." 
L'inspecteur Doumecq          

On sent derrière le scénariste et le réalisateur de L'Alpagueur, l'écrivain. En effet, Philippe Labro, aidé de Jacques Lanzman pour l'adaptation du scénario et l'écriture des dialogues, aurait pu se contenter d'une chasse à l'homme entre deux hommes solitaires dont la principale similitude de caractère est de manœuvrer toujours dans l'ombre, l'un travaillant non-officiellement pour la police, le second se débarrassant sans scrupules de ses complices. Mais plus que cette traque efficace, le cinéaste abreuve son long-métrage de scènes ayant ou non un quelconque rapport avec le sujet principal de L'Alpagueur.

Entre la scène durant laquelle Jean-Paul Belmondo se charge de faire arrêter des trafiquants de drogue à Rotterdam, celle durant la quelle il démasque un commissaire corrompu jusqu'à la moelle, celle où il fait tomber le prisonnier d'une geôle presque totalement sous son emprise, et la traque dont fait l'objet l’Épervier, le film n'est jamais avare en terme de situations et d'action. Le scénario, habillement mené, ira même jusqu'à introduire une scène durant laquelle l'Alpagueur sera confronté à un certain Spitzer lors d'une mémorable action située dans une ferme. Spitzer... l'homme justement à la tête du réseau de trafic de drogue démantelé au tout début du film. La boucle est donc blouclée.

Enfin presque, puisque l'on a droit à un excitant final entre notre Bebel national et l'excellent Bruno Cremer qui pour l'occasion, campe un Épervier impressionnant de part sa stature, son timbre de voix, et cette habitude qu'il a de nommer ses complices, « Coco ». Aux côtés de ces deux grands interprètes, on retrouve Patrick Fierry, Victor Garrivier, Claude Brosser, ou encore Jean-Pierre Jorris.. L'Alpagueur est un excellent Belmondo, dans la veine de ce qu'il a interprété de mieux dans les années 70-80...


samedi 27 février 2016

Le Solitaire de Jacques Deray (1987)



Le commissaire Stan et son ami est collègue de longue date l'inspecteur Simon ont prit la décision de quitter la police. Stan a tapé les lettres de démission, et les deux hommes ont pour projet d'ouvrir un hôtel aux Antilles. Fêtant dans un restaurant leur départ, ils se rendent ensuite dans une boite de nuit où Schneider, un dangereux truand qu'ils n'ont toujours pas réussi à mettre derrière les barreaux, est présent. C'est le dernier coup des deux flics avant de quitter leur boulot. Ils aperçoivent le truand qui quitte la salle principale et se réfugie dans les toilettes de la boite. Simon est à ses trousses, mais au moment d'entrer dans les toilettes, Schneider surgit arme au poing et descend l'inspecteur. Lorsque Stan arrive sur les lieux, il est déjà trop tard. Simon est mort et Schneider a pris la fuite.

De retour chez lui, le commissaire déchire les deux lettres de démission et décide de rester dans la police jusqu'au jour où il mettra Schneider en prison. Deux années passent et toujours rien. Stan s'occupe de Christian, le fils de Simon dont il est le parrain. Lorsque du jour au lendemain une série de braquage remue la ville, Stan y voit la signature de son plus vieil ennemi et donc du retour de celui qui tua deux ans plus tôt son plus fidèle ami. Malgré les dénégations du commissaire Pezzoli, Stan persiste à croire que Schneider est de retour. Le flic et le truand vont alors jouer au jeu du chat et de la souris, Schneider laissant derrière lui les cadavres de ceux qui pourraient contrecarrer ses projets...

A plusieurs titres, Le Solitaire a de quoi retenir l'attention. Tout d'abord, il s'agira entre le cinéaste Jacques Deray et l'acteur Jean-Paul Belmondo de leur quatrième et dernière collaboration. Le film signe également la fin d'une série de films policiers dont l'acteur fut le héros. Après un box-office en deçà de ce qu'avaient l'habitude d'engranger les précédentes productions estampillées Belmondo, l'acteur change radicalement de style et effectue ici ses dernières cascades.

L'acteur Michel Creton que l'on aperçoit dans le rôle de Simon et qui converse avec son acolyte sur l'éventualité d'ouvrir un hôtel aux Antilles reprend une partie du texte des Bronzés de Patrice Leconte dans lequel il jouait lui-même déjà. Le rôle du truand Schneider est interprété par l'excellent Jean-Pierre Malo que l'on avait déjà pu voir dans un rôle beaucoup plus nuancé dans l'excellent polar (peut-être même le meilleur produit en France jusqu'à aujourd'hui) Mort un Dimanche de Pluie avec Nicole Garcia et Jean-Pierre Bacri. Malo campe donc le fameux truand, tueur de convoyeurs de fonds, psychopathe en puissance qui élimine tous ceux qui se mettent en travers de sa route. Face à lui, un flic un peu moins débonnaire qu'à son habitude. Entre les deux, une galerie de portraits sympathiques : François Dunoyer en ancien acolyte de Schneider, cuisiné par le commissaire Stan. Michel Beaune en commissaire de la brigade des mœurs mettant des bâtons dans les roues de son homologue, ou encore Pierre Vernier dans le rôle de Maurin, flic très sympathique mais dont les manières feront les frais d'une remarque assez drôle de la part de la concubine de Schneider.
Le Solitaire n'a peut-être pas remporté autant de succès que les précédents films interprétés par Jean-Paul Belmondo, toujours est-il qu'il demeure très plaisant à regarder. Ne serait-ce que pour les premiers et seconds rôles, pour l'histoire, simple, mais addictive, et pour l'époque qu'elle rappelle. Pas de doute, on est bien dans les années quatre-vingt avec ce qu'elles génèrent comme spécificités : à commencer par la bande originale dont un titre à rallonge interprété par Carlos Sotto Mayor qui à l'époque était la compagne de notre Bebel national... 

 
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