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mardi 23 septembre 2025

The Thursday Murder Club de Chris Columbus (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Depuis que le producteur, réalisateur et scénariste britannique Kenneth Branagh a remis au goût du jour la mode du Whodunit en proposant de nouvelles transpositions à l'écran des plus grands classiques de la romancière Agatha Christie (Murder on the Orient Express en 2017, Death on the Nile en 2022 et A Haunting in Venice en 2023), d'autres se sont attaqués au genre . Et même en France puisque à travers une toute autre approche Rémi Bezançon a réalisé l'excellent Le Mystère Henri Pick en 2019 tandis que trois ans plus tard, Nicolas Pleskof a signé un Murder Party de mémoire relativement triste... Le dernier Whodunit à avoir vu le jour non pas sur grand écran mais directement sur la plateforme de streaming Netflix est une production Amblin Entertainment. Une société créée en 1980 par Kathleen Kennedy, Frank Marshall mais aussi et surtout par Steven Spielberg sous la bannière de laquelle le cinéaste à produit la majeure partie de ses films. Une entreprise américaine qui produit pourtant ici une œuvre d'origine britannique. Un retour aux sources et aux fondamentaux tellement proche du concept originel que comme on le constatera assez rapidement, The Thursday Murder Club a beau avoir vu le jour sur nos écrans de télévision il y a moins d'un mois le 28 août, celui-ci n'en demeure pas moins une vision quelque peu passéiste du genre. Tant et si bien que l'on a moins l'impression d'être devant un long-métrage qui aurait mérité sa place dans les salles de cinéma que d'être devant une œuvre qui aurait pu être directement exposée chez nous sur France 3 où fut notamment accueillie la série Midsomer Murders plus connue sous le titre Inspecteur Barnaby. Diffusé dans l'hexagone sous le titre Le Murder Club du jeudi, le long-métrage de Chris Columbus n'est pas celle d'un novice puisque parmi sa vingtaine de réalisations, on lui doit notamment Maman, j'ai raté l'avion ! en 1990 et sa suite sortie en 1992, Madame Doubtfire en 1993, L'homme bicentenaire en 1999 ou encore les deux premiers volets de la franchise Harry Potter (L'école des sorciers en 2001 ainsi que La chambre des secrets l'année suivante). Bref, du cinéma populaire parfois très enfantin et qui par conséquent ne sera pas forcément du goût de tout le monde...


Abordant son nouveau projet sous un angle un tout petit peu plus ''mature'', Chris Columbus signe donc un long-métrage proche de l'univers de la célèbre romancière britannique bien qu'en réalité, The Thursday Murder Club soit en fait l'adaptation du premier des quatre volumes que constitue actuellement la série de romans éponymes écrits par l'écrivain anglais Richard Osman. Production Amblin Entertainment oblige, le casting est constitué de grands interprètes, à l'image de l'actrice britannico-américaine Helen Mirren, de la britannique Celia Imrie, du britannico-indien Ben Kingsley, de l'américain Pierce Brosnan ou de l'écossais David Tennant qui après avoir notamment brillé dans l'excellente série Broadchurch en incarnant l'inspecteur Alec Hardy entre 2013 et 2017 interprète ici le rôle de Ian Ventham, l'un des deux propriétaire de la maison de retraite Coopers Chase qu'il a décidé de radicalement ''transformer'' avec ou sans l'assentiment des pensionnaires. Décidant en outre de faire raser le cimetière mitoyen ! Elizabeth Best, Ron Ritchie, Ibrahim Arif et la nouvelle venue en la personne de l'ancienne infirmière Joyce Meadowcroft vont tout mettre en œuvre pour empêcher que cela n'arrive. Membres exclusifs du Murder Club du jeudi, ils vont en outre enquêter sur le meurtre du copropriétaire de la maison de retraite, John Grey (l'acteur Paul Freeman). Un assassinat qui arrange les affaires de Ian Ventham puisque la victime qui détenait la moitié des parts dans l'affaire ne semblait pas prête à accepter le projet... Sans être mauvais, The Thursday Murder Club est en fait assez anodin dans le genre Whodunit. Rien d'exceptionnel si ce n'est un humour omniprésent et des décors magnifiques situés dans le comté de Buckinghamshire et dans celui de Hertfordshire. Notons la présence de Naomie Ackie dans le rôle de l'inspectrice Donna De Freitas, celle de Daniel Mays dans celui de son supérieur hiérarchique Chris Hudson ou encore celle de Jonathan Pryce dans le rôle de Stephen Best, l'époux d'Elizabeth. The Thursday Murder Club demeure un bon divertissement, qui part certes un peu dans tous les sens et fait plutôt figure de long téléfilm policier que de véritable long-métrage voué à une hypothétique sortie en salle... Sachant qu'il s''agit de l'adaptation du premier volet de la saga de romans de Richard Osman, il n'est pas interdit de penser qu'une suite pourrait prochainement voir le jour. Attendons tout d'abord de voir si ce premier film attire suffisamment de téléspectateurs...

 

mercredi 31 juillet 2019

Malevolent de Ólafur Jóhannesson (2018) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Directement sorti chez nous sous le titre Les Mauvais Esprits, Malevolent est le dernier long-métrage du cinéaste islandais Ólafur Jóhannesson qui jusqu'à maintenant avait partagé sa carrière entre fictions et documentaires. Pour son dernier film, il choisit de s'intéresser au thème des maisons hantées à travers le portrait de quatre jeunes adultes, Jackson, sa sœur Angela et leurs amis Beth et Elliot, qui ont monté une arnaque afin de soutirer de l'argent à de pauvres individus persuadés que leur demeure est hantée. Jackson organise chaque expédition tandis qu'Angela se fait passer pour une médium capable de capter la présence de fantômes. Elliot quant à lui est cameraman et Beth, l'assistante technicienne du groupe. Depuis quelques jours, Angela ressent réellement la présence d'esprits autour d'elle. Une sensation qui se matérialise par des saignements de nez. Alors qu'elle refuse d'aller plus loin dans les investigations et de laisser tomber les arnaques, le groupe est convié par une certaine mademoiselle Green de se rendre en sa demeure afin d'y traquer l'esprit de jeunes filles mortes dans des conditions atroces. Se refusant d'abord d'y participer, c'est sur l'insistance de Jackson que la jeune femme accepte de s'y rendre en compagnie des trois autres. Mais alors que le groupe s'apprête à faire de leur hôte la nouvelle victime de leur escroquerie, Angela commence à ressentir dès sa visite des lieux, la présence des petites filles mortes assassinées voilà des années...

Avec un tel pitch, mieux vaut être un inconditionnel du genre ''maisons hantées'' si l'on ne veut pas avoir l'effroyable sensation de vivre et revivre encore ce même récit qui depuis des décennies encombre les genres fantastique, horreur et épouvante. Malevolent est donc un long-métrage de plus à mettre sur le compte des poltergeist, fantômes, esprits, ectoplasmes et j'en passe. Si l'intérêt repose tout d'abord sur les origines islandaises du réalisateur Ólafur Jóhannesson, que le film se déroule en écosse, et que son auteur a choisi de situer l'intrigue au beau milieu des années quatre-vingt, inutile d'espérer autre chose qu'un film relativement médiocre. Pour commencer, les personnages et leurs interprètes. Si ces derniers sont passablement convaincant, la caractérisation des personnages qu'ils incarnent est très largement en dessous des exigences que pourrait avoir le spectateur pour lequel celle-ci a au moins autant d'importance que la mise en scène, le scénario ou l'interprétation. Difficile de s'intéresser à Angela, son frère Jackson ou leurs deux compagnons, la palme de l'inactivité revenant à Beth (l'actrice Georgina Bevan) que le réalisateur et le scénariste Ben Ketai semblent avoir totalement oublié.

Autre originalité : la demeure. Plutôt que le classique château, Ólafur Jóhannesson opte pour une immense demeure de style internat. Ce qui n'aura malheureusement pas de répercussion sur l'ambiance du film qui ne génère à aucun moment le moindre sentiment d'angoisse. Même l'insistance de l'islandais à vouloir faire sursauter les spectateurs à grands renforts de ''Jump Scares'' est totalement inefficace. En tentant de remédier à l'absence totale de fantaisie concernant le reste de l'intrigue, Ólafur Jóhannesson transforme son film de maison hantée en torture-porn indigeste. Mais alors que le film aurait pu prendre une forme sordide et dérangeante, le fait même que le cinéaste ne soit pas spécialement attaché à ses personnages se ressent dès lors que le spectateur demeure indifférent au sort qui est accordé à ses jeunes adultes. Et je ne parle même pas des invraisemblances qui émaillent l'intrigue comme cette séquence lors de laquelle le jeune Elliot est victime de plusieurs coups de hachette auxquelles il survit malgré tout ou l'absence de hurlements de la part d'Angela et de son frère Jackson lorsque la ''fêlée'' de l'intrigue leur coud les lèvres. Bref, même si Ólafur Jóhannesson n'en est pas à sa première réalisation, Malevolent a tout du film de débutant. Ennuyeux et inutile...
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