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jeudi 20 décembre 2018

Calibre de Matt Palmer (2018) - ★★★★★★★★☆☆



Calibre de Matt Palmer. Ou comment un accident de chasse va transformer la vie de deux amis d'enfance ainsi qu'un village tout entier en cauchemar, et créer une tension palpable parmi les spectateurs. Bluffant ! Tel est donc ce tout premier long-métrage d'un cinéaste originaire du Royaume-Unis. Un coup d'essai se transformant en véritable coup de maître. Tout ici est fait pour que le spectateur assiste à un drame particulièrement inconfortable de l'acabit du final de Southern Comfort que l'américain Walter Hill réalisa trente-sept ans plus tôt. Ce sentiment de malaise qui se dégage généralement du contraste entre l'arrivée dans un village rural d'individus fraîchement débarqués de la ville avec leurs illusions et leur arrogance, et l'accueil pas toujours très chaleureux de ses habitants. C'est un peu ce que l'on ressent très rapidement avec Calibre. Deux gamins qui quittent leur confort de citadins pour un week-end de chasse entre amis de quinze ans aux alentours d'un village écossais.

D'emblée, Matt Palmer instaure un climat pesant qui ne cessera pas de grandir jusqu'à atteindre des proportions que le spectateur ressentira aussi viscéralement que nos deux jeunes héros incarnés par Jack Lowden et Martin McCann. Interprétant respectivement les personnages de Marcus et Vaughn, le cinéaste confronte ses deux interprètes aux caractères profondément antagonistes de leurs personnages. Car s'ils ont beau être amis depuis quinze ans, ils divergent sous bien des aspects. Le premier est un chasseur expérimenté, célibataire, et d'une totale maîtrise de lui-même tandis que le second possède une compagne qui bientôt lui donnera un enfant. La chasse n'étant pas sa passion première, tuer le rebute. Lorsque les deux personnages débarquent dans ce village de l’Écosse profonde, ils sont plus ou moins bien accueillis. Si certains voient d'un bon œil leur arrivée, très rapidement, des tensions naissent entre Marcus et Vaughn et quelques habitants. D'ailleurs, l'un des villageois tiendra des propos qui s'avéreront prophétiques lorsqu'il menacera Marcus.

Mais alors que le malaise s'installe déjà, le spectateur est encore loin d'imaginer jusqu'où Matt Palmer jouera la carte de l'angoisse. Si Calibre n'a vu le jour sur la plate-forme Netflix qu'il y a six mois environs, le projet est vieux de onze ans. Le tournage quant à lui a débuté en 2016. L'une des grandes forces du long-métrage de Matt Palmer demeure dans l'écriture d'un scénario qui peu à peu enferme les citadins dans une situation inextricable. Si l’ambiguïté de la séquence se déroulant dans le bar au début du film laisse entrevoir les tensions qui viendront appesantir plus tard le récit, elle n'est rien en comparaison de ce qui va suivre. D'abord au cœur de cette forêt étouffante (surtout de nuit), lieu d'un drame particulièrement troublant. Puis au village ou pas même leur chambre ne signifie un quelconque lieu de repli.

Matt Palmer étudie en profondeur la psychologie de ses deux principaux interprètes confrontés aux scrupules qui les taraude (et qui semblent tout d'abord concerner Vaughn), face à d'impressionnants « golgoths » dont un Ian Pirie particulièrement flippant. Discrète, la partition musicale d'Anne Nikitin intègre parfaitement l'intrigue. On n'est jamais gênés par une quelconque surenchère musicale, la bande-son étant cependant relativement présente. Pas d'excès non plus en terme d'action, le cinéaste préférant faire évoluer ses personnages dans un contexte anxiogène né du regard de certains autochtones et des décors qui tranchent de manière assez brutale avec ceux des grandes métropoles. Ici, même si l'on n'est pas au cœur d'un village habité par des individus que le cinéma d'outre-atlantique a pour habitude de nommer des « rednecks », on sent bien que les habitants ont leurs propres règles, leur propre mode de vie, leurs propres lois. Matt Palmer réalise donc une œuvre puissamment incommodante. Déjà un classique qui aurait peut-être mérité une étoile de plus si le final n'avait pas été abordé de manière aussi simpliste...

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