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jeudi 17 mars 2022

La forme de l'eau de Guillermo Del Toro (2017) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Alors qu'en 2015 sortait sur les écrans le très beau Crimson Peak auquel il manquait sans doute un soupçon d'émotion (non pas de celle qu'éprouvaient les personnages mais de celle qu'auraient dû ressentir les spectateurs) que les superbes visuels ne parvenaient pas toujours à combler, le réalisateur mexicain Guillermo Del Toro ne perdit pas son temps et proposa deux ans plus tard l'une de ses œuvres les plus réussies. La forme de l'eau reste en effet parmi l'un des films les plus marquants de leurs auteur. Digérant le cinéma fantastico-poétique de certains grands cinéastes au titre desquels les français Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro ne sont sans doute pas étrangers. Le réalisateur prenait le risque de se noyer (sans mauvais jeu de mots) dans un récit éminemment sirupeux mais, ô miracle, la machine fonctionne à merveille. Dans une certaine mesure, le long-métrage prend la forme d'une succession d'hommages à quelques classiques du cinéma dont le duo de réalisateurs hexagonaux peuvent se montrer fiers. Il y a en effet dans ce conte que l'on rapprochera sans doute tout d'abord de La belle et la Bête (conte célébré dans le monde entier et dont les premières traces remontent au deuxième siècle après J-C à travers Les métamorphoses du philosophe algérien Apulée), passion entre une femme et un monstre, l'exploitation d'une créature célèbre qui vit le jour pour la première fois sur grand écran le 5 mars 1954 à travers L'Étrange Créature du lac noir de Jack Arnold. L'action semble d'ailleurs se situer quelques années après puisqu'en pleine conquête de l'espace, les soviétique ont récemment envoyé en orbite la chienne Laïka ! L'occasion pour les États-Unis de prendre leur revanche en exploitant les capacités respiratoires de la créature que le colonel Richard Strikland vient de ramener d'une rivière située en Amérique du sud...


Une créature humanoïde et amphibienne capable de rester dans et hors de l'eau. Enfermée dans l'une des pièces d'un laboratoire gouvernemental situé à Baltimore, une femme de ménage muette prénommée Élisa va très rapidement se rapprocher de la créature et faire tout son possible pour qu'alors, le tyrannique colonel ne parviennent pas à faire de la bête, un spécimen sur lequel pratiquer des expériences. Partant d'un postulat relativement classique, les qualités visuelles de La forme de l'eau sautent immédiatement aux yeux. Déjà conquis par les exigences esthétiques d'un Guillermo Del Toro sachant s'entourer des meilleurs artisans, les spectateurs retrouvent l'ampleur visuelle de son Labyrinthe de Pan ou de Crimson Peak, justement. Mais cependant, l'on rapprochera davantage son dixième long-métrage de l’œuvre commune des deux réalisateurs français cités plus haut. De Delicatessen et La cité des enfants perdus jusqu'au Fabuleux Destin d'Amélie Poulain que Jean-Pierre Jeunet réalisera cette fois-ci en solo, tout ou presque dans La forme de l'eau transpire l'univers des deux français. En résulte une œuvre visuellement éblouissante. Dont les teintes de verts dominent sur le reste. Une quasi-déliquescence qui semble autant emprunter au cinéma de Jeunet et Caro qu'à un jeu vidéo qui à l'époque de sa sortie marqua les esprits : Bioshock, qui au milieu des années 2000 fut conçu par les développeurs de chez 2K Boston/2K Australia. L'emploi de vieux airs signés d'Andy Williams ou de Carmen Miranda confortant ici l'impression que le jeu a pour tout ou partie été une source d'inspiration majeure. Une musique qui sera cependant accompagnée par la bande originale signée du français Alexandre Desplat et qui...


''Incapable de percevoir ta forme, je te trouve tout autour de moi...''

 

 

...comme par hasard, débute sur un air d'accordéon rappelant furieusement l'esprit parisien du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain dont la musique avait, elle, été composée en son temps par un autre français, Yann Tiersen. Outre le récit d'une rencontre entre une jeune femme muette et une créature amphibienne, La forme de l'eau est aussi sous certains aspects, un film d'espionnage où les russes tentent d'éliminer la créature qui permettrait théoriquement à leurs principaux rivaux de mettre un coup d'accélérateur à leurs projets spatiaux ! Michael Shannen incarne le véritable monstre du film. Ce que l'on a communément l'habitude de nommer dans un film sous le nom de ''grand méchant''. Sinistre, impitoyable et insensible, il est l'antithèse de la fragile héroïne et se conçoit comme la nouvelle version du monstrueux Capitaine Vidal, formidablement interprété par Sergi López dans Le labyrinthe de Pan. Complot scientifico-militaire, espionnage, thriller, fantastique, romance, on trouve de tout dans La forme de l'eau. Des claquettes, un peu de comédie musicale, des thèmes sociaux comme le ségrégationnisme ou de l'héroïsme pur. De la direction artistique de Paul D. Austerberry, des décors de Nigel Churcher, des costumes de Luis Sequeira, de la photographie, sublime, de Fan Laustsen, de la mise en scène de Guillermo Del Toro, de la bande-son jusqu'à l'interprétation de Sally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins (formidable dans le rôle du voisin de la jeune muette), Octavia Spencer, Michael Stuhlbarg ou bien même de Doug Jones dans le costume de la créature, tout respire l'amour du cinéma bien fait. Avec La forme de l'eau, Le labyrinthe de Pan trouvait onze ans après, son égal. La preuve que le réalisateur mexicain en avait encore sous la botte. Chose qu'il semble avoir une fois de plus confirmé cette année avec son dernier long-métrage, Nightmare Alley...

 

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