Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Robert Urquhart. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Robert Urquhart. Afficher tous les articles

vendredi 30 juillet 2021

The Curse of Frankenstein de terence Fisher (1957) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Allez, on quitte l'univers de la science-fiction (quoique...) mais l'on reste dans celui de Terence Fisher et dans celui de l'épouvante et de l'horreur. Ces films qui font claquer des dents, provoquent des insomnies ou de terribles cauchemars. Qui vous glacent les sangs et accélèrent votre rythme cardiaque... du moins, en théorie. Parce que dans la pratique, ça arrive quand même assez rarement. Terence Fisher toujours, donc. Finis les extraterrestres ridicules... !!! Ah mince ! Je viens tout juste de percuter que j'ai déjà quitté l'univers des étoiles récemment avec l'excellent The Two Faces of Dr. Jekyll de 1959. Bon, c'est pas grave. On va faire avec et ne surtout pas reculer parce que là, on aborde pas n'importe quelle créature du bestiaire fantastique mais l'une des deux ou trois parmi les plus emblématiques. Car aux côtés du mythe de Dracula, celui du docteur Frankenstein et du roman de Mary Shelley Frankenstein ou le Prométhée moderne qui parut pour la première fois au tout début de l'année 1818 fait partie des poids lourds qui ont été et continuent d'être adaptés au cinéma et à la télévision. Le réalisateur britannique Terence Fisher s'est coltiné à lui tout seul la réalisation de cinq longs-métrages mettant en scène ''Dieu'' et sa créature/puzzle. Le premier d'entre eux s'intitule The Curse of Frankenstein, fort curieusement transformé en Frankenstein s'est échappé dans notre pays, comme si nous avions loupé avant lui, un épisode fantôme des aventures du Baron Victor Frankenstein dont le projet, aussi fascinant que morbide, est de créer l'homme parfait à partir de différentes parties de corps humains appartenant à différents individus. Le corps d'un bandit découvert pendu à une potence, les mains d'un sculpteur ainsi que le cerveau d'une sommité intellectuelle...


Et parce qu'il faut obligatoirement passer par l’œuvre originale si l'on veut aborder avec un tant soit peu de crédibilité l'univers de Mary Shelley, les débuts de ce qui deviendra au fil du temps une pentalogie démarre de manière relativement classique. Le fan du roman en particulier et l'amateur de cinéma d'horreur et d'épouvante en général sont donc en terrain conquis. Avant toute chose, une bonne nouvelle. Peter Cushing, l'un des interprètes fétiches du réalisateur sera au rendez-vous sur les cinq longs-métrages. Mauvaise nouvelle en revanche : Christopher Lee n'apparaîtra que dans ce premier film, enchaînant dès l'année suivante sur le tournage de Horror of Dracula dans lequel il incarnera pour la première mais pas la dernière fois le personnage aux dents longues et pointues qui le rendra mondialement célèbre. Dans le cas présent, la créature ne s'offre qu'une partie congrue puisque The Curse of Frankenstein est surtout centré sur l'interprétation de Peter Cushing. Démarrant par la rencontre entre un prêtre et le Baron Frankenstein enfermé dans une cellule, le film est un long flash-back revenant sur les événements qui ont mené à l'arrestation de Victor Frankenstein. Pour la toute première fois, le mythe apparaît sur grand écran en couleurs. Ce qui n'en fait malheureusement pas un sommet du genre puisque le réalisateur James Whale mis la barre très haute vingt-six ans auparavant avec son chef-d’œuvre sobrement intitulé Frankenstein...


The Curse of Frankenstein décrit la folie d'un homme qui rêvait de devenir Dieu à la place de Dieu et qui accouche en fin de compte d'une créature monstrueuse parfaitement ingérable et meurtrière. Loin d'atteindre l'acteur Boris Karloff dans son interprétation de la créature, Christopher Lee fait ce qu'il peut avec les moyens du bord et un maquillage nettement moins marquant. Heureusement, le film est porté par l'interprétation de Peter Cushing qui déploie des trésors d'imagination afin de rendre crédible cet homme aussi fou que génial qu'est le docteur Frankenstein. Décors baroques, laboratoire encombré de fioles et de substances chimiques, quelques fonds en matte painting, le spectateur n'échappera pas à la présence d'une touche féminine en la personne d'Elizabeth (l'actrice Hazel Court que l'on retrouvera à plusieurs reprises chez Terence Fisher mais également chez Roger Corman) et de la gouvernante Justine qu'interprète l'actrice Valerie Gaunt. Également aux côtés du scientifique, son assistant Paul Krempe qu'incarne Robert Urquhart et auquel le scénario offre un temps de présence ainsi qu'une importance plus grands que ceux de la créature elle-même. Le directeur de la photographie Jack Asher offre un visuel pour l'époque remarquable, d'autant plus que la Hammer Film Productions qui produit le long-métrage a choisi de confier à Terence Fisher le projet, lequel aura alors en charge la délicate mission de réaliser le tout premier long-métrage de la société entièrement en couleur. Aujourd'hui non dénué d'un certain charme désuet, The Curse of Frankenstein est dans les grandes lignes relativement classique et respectueux de l'ouvrage de Mary Shelley même si le scénario prend certaines libertés concernant des personnages et plusieurs situations issus du roman. Terence Fisher n'attendra pas bien longtemps avant de remettre le couvert puisque dès l'année suivante il réalisera le second volet de sa pentalogie, le bien nommé The Revenge of Frankenstein...

 

samedi 7 mars 2020

Frankenstein s'est Echappé de Terence Fisher (1957) - ★★★★★★★☆☆☆



Né de l'imaginaire de l'écrivain britannique Mary Shelley et apparaissant pour la toute première fois en 1818 dans son roman Frankenstein ou le Prométhée moderne, Frankenstein est souvent source de quiproquos. Alors que bon nombre de personnes tombent encore dans le piège en se représentant le célèbre mythe sous l'apparence d'une créature reconstituée à partir de différents morceaux de corps humains, il faut tout d'abord remettre les choses dans l'ordre en précisant que Frankenstein n'est pas la célèbre créature à laquelle donne vie ce génie un peu fou se prenant pour dieu mais bien ce dernier, connu sous le nom de Victor Frankenstein. Il sera plus commun alors d'appeler sa création ''le Monstre'', ou plus simplement ''la Créature''. Le cinéma ne pouvant s'empêcher de s'emparer du phénomène, dès 1910, le réalisateur américain J. Searle Dawley réalisait un court-métrage muet sobrement intitulé Frankenstein et respectant en grande partie le roman de Mary Shelley. Suivent alors Life Without Soul de Joseph W. Smiley en 1915, Il Mostro di Frankenstein d'Eugenio Testa en 1921, mais surtout Frankenstein et La Fiancée de Frankenstein tout deux réalisés par James Whale en 1931 et 1935 et qui demeurent à ce jour parmi les plus brillantes adaptations du mythe. La société de production britannique Hammer Film Productions s'empare elle aussi du récit de Mary Shelley et ce, dès 1957 avec Frankenstein s'est Échappé de Terence Fisher, lequel réalisera en un demi-siècle environs, une soixantaine de long-métrages et d'épisodes de séries télévisées dont plusieurs films pour la célèbre firme britannique. Il sera en effet à l'origine d'une adaptation du Fantôme de l'Opéra en 1962, de Dracula, Prince des Ténèbres en 1966 ou de plusieurs autres longs-métrages mettant en scène la créature de Frankenstein...

Pour cette première incartade de la Hammer Film Productions dans l'univers du célèbre savant fou Victor Frankenstein et de sa créature reconstituée à partir de différents éléments humains, le réalisateur britannique s'avère plus ou moins respectueux envers la structure même du roman Frankenstein ou le Prométhée moderne puisque l'on y retrouve certains éléments fondamentaux, Frankenstein s'est Échappé éludant par contre d'autres aspects de l’œuvre de l'écrivain britannique. En cette année 1957, Christopher Lee n'est pas encore l'immense acteur que le monde va bientôt connaître à travers le monde même s'il a déjà derrière lui une dizaine d'années de carrière. C'est sa grande taille qui attire tout d'abord Terence Fisher, plus que ses éventuelles capacités d'interprétation. D'ailleurs, à en juger par les capacités motrices et intellectuelles de la créature qu'il doit interpréter, il ne sera pas demandé à l'acteur de fournir une performance particulière. Non, simplement l'acteur hantera-t-il les somptueux décors des studios Bray où se situent en grande partie le récit.

Forcément méconnaissable puisque caché sous l'épais maquillage de la créature, Christopher Lee n'en est cependant pas moins impressionnant de part sa taille et cet horrible visage défiguré qu'il arbore. Frankenstein s'est Échappé se déroule tel un long flash-back puisque l’œuvre démarre alors que le baron Frankenstein est enfermé dans une cellule et attend son exécution. Revenant sur la genèse de l'expérience qui l'enverra finalement derrière les barreaux, il prend les traits de l'acteur Peter Cushing, autre interprète fétiche de la Hammer Film Productions pour laquelle il tournera un certain nombre de longs-métrages retrouvant ainsi à nouveau à ses côtés Christopher Lee et Terence Fisher. En prenant des couleurs, Frankenstein s'est Échappé perd sans doute un peu de la séduisante esthétique apportée vingt-six ans plus tôt par James Whale. Ce qui n'empêche pas l’œuvre de Terence Fisher d'être une excellente surprise et de laisser présager le meilleur pour la suite (six autre longs-métrages seront réalisés pour la Hammer). Le charisme inné et l'empathie qu'il dégage tout aussi naturellement font de Peter Cushing un Victor Frankenstein loin d'être détestable même si on le découvre œuvrant dans le meurtre afin de donner vie à sa créature. Moins hystérique que le personnage incarné en 1931 par Colin Clive dans le chef-d’œuvre de James Whale mais tout aussi fascinant, le personnage incarné par Peter Cushing hésite entre folie et sobriété. Quant à l'actrice Hazel Court, elle apporte cette petite touche de féminité essentielle au récit même si au fond, le personnage d'Elizabeth qu'elle incarne n'a pas véritablement conséquences sur le déroulement de celui-ci. Frankenstein s'est Échappé n'est peut-être pas la meilleure de toutes les adaptations du mythe de Frankenstein, mais il est une réussite tout de même...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...