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mardi 31 mars 2026

Heretics de Jose Prendes (2024) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Je m'souviens de ce moment culte et halluciné où l'animateur et critique gastronomique Jean-Pierre Coffe jeta en pleine émission La grande famille une saucisse de Toulouse industrielle en arguant que c'était de la merde. Et bien, si j'avais eu entre les mains le DVD ou le Blu-ray de Heretics plutôt que sa version dématérialisée, je crois bien que l'un ou l'autre aurait fait un vol plané de plusieurs mètres avant d’atterrir trois étages plus bas après avoir été jeté avec autant de hargne et de vigueur que le bout de charcuterie en question ! Parce que, hein, j'en ai vu des merdes. Mais des comme celle-ci, JAMAIS. Ou si rarement. Une merde, oui. Et même si ma compagne fronce les sourcils en me rappelant chaque fois qu'il est interdit d'employer ce terme, j'affirme qu'aucun autre ne peut le remplacer. Pire que l'explosion de l’usine de pesticides de l’Union Carbide, à Bhopal, en Inde. Pire que l'explosion du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. Pire que cet autre accident nucléaire de niveau 7 survenu après un tremblement de terre à Fukushima, au Japon. Ou pire encore que l’effondrement de l’atelier de confection Rana Plaza à Dacca, au Bangladesh. Oui, Heretics, l'antépénultième long-métrage de Jose Prendes qui jusqu'à maintenant et en vingt-cinq ans de carrière a commis une quinzaine de longs-métrages dont plusieurs films d'horreur, est bien une catastrophe qui dépasse toutes celles commises par l'Homme durant l'évolution industrielle mondiale ! Bon, j'exagère peut-être un peu puisque aux dernières nouvelles, Heretics n'a semble-t-il causé la mort de personne. L'on est par contre en droit de penser que le film aurait dû logiquement mettre un terme à la carrière de son auteur ainsi qu'à celle de ses interprètes parmi lesquels une grande majorité reste inconnue sur notre territoire tandis que la trogne de l'infatigable Eric Roberts s'y dévoile derrière le personnage de John, un prêtre qui depuis la mort de son épouse vit désormais seul avec sa fille Eva (Neely Dayan). Une sainte nitouche qui pourtant sera la seule des héroïnes féminines du long-métrage à dévoiler autant à l'écran sa plantureuse poitrine ! John accepte qu'Eva invite chez eux pour la soirée un groupe d'amis. Après toute une série d'interminables séquences réunissant de jeunes hommes et femmes lors de conversations dont l'ampleur intellectuelle sera du niveau de certains échanges entre influenceuses spécialisées dans la vente de produits de beauté sur Internet, l'un d'entre eux évoque l'idée d'aller faire un tour du côté de la maison des Simmons. Supposée être hantée, Eva hésite. Mais l'avis général l'emportant, la jeune femme accepte finalement de suivre ses amis sans se douter que la visite de cette demeure supposée hantée va se transformer en cauchemar... pour les protagonistes, certes, mais également pour nous, pauvres témoins de la mort d'un genre qui fit florès mais auquel Jose Prendes donne ici le coup de grâce en signant probablement l'un des pires films d'horreur de l'histoire du genre...


Et je ne prends aucun pincette en écrivant cela puisque si l'on additionne tout ce qui ne va pas, l'on constate que parmi les colonnes qualités et défauts, la première reste désespérément vide ! Il faut dire que le réalisateur, scénariste, producteur, acteur et directeur de la photographie vénézuélien a fait fort ! Au risque de me répéter comme j'ai tendance à le faire lorsque j'évoque un bousin de cette ampleur, tout dans Heretics est digne d'être jeté à la poubelle. Mise en scène, scénario, cadrage, photographie, bande-musicale (mon dieu ce faux air du groupe Era qui tourne en boucle), interprétation, décors, effets-spéciaux et visuels ou montage, rien ne va. Si la première partie est d'un ennui et d'une vacuité abyssaux, ça n'est presque rien en comparaison de ce qui va suivre. Comme dans tout bon ou mauvais Found Footage, la caméra de Jose Prendes est prise d'irrépressibles tremblements. Là, encore, ça peut se comprendre. Mais lorsque le cinéaste se montre incapable de tenir sa caméra à hauteur de visage, là, on s'indigne. D'ailleurs, à propos de caméra ou de tout autre objet consistant à filmer ce qui entoure les protagonistes, si le concept de Found Footage a toujours privilégié des personnages continuant à filmer ce qui les entoure au mépris du danger, ici, la chose est évidemment invraisemblable. Ce qui, au fond, produit sans doute un effet indésirable et qui pourtant ''sauve'' le film de son passage à la poubelle : les rires ! Car il n'est pas rare en effet d'éprouver ce sentiment de joie rencontré par le passé lors du visionnage de certains grands classiques du Nanar. Car si Heretics est effectivement une bonne grosse daube comme le septième art est rarement capable de nous en proposer de ce niveau là, beaucoup d'événements s'avèrent si invraisemblables qu'il est pratiquement impossible de retenir certains sourires devant des situations que le réalisateur refuse pourtant probablement de voir autrement que sous le prisme du premier degré. Je ne vais pas dévoiler le contenu du maigre scénario pour laisser libre court à l'imagination de celles et ceux qui voudraient malgré tout le découvrir mais sachez que vous vous apprêtez à voit une œuvre hybride. Entre infâme petite production horrifique cumulant tant de tares qu'il mérite sa place dans le top 3 des pires films des années 2010 et comédie involontaire à force de faire tourner ses personnages en rond alors qu'il aurait si simple pour eux de quitter les lieux... Un conseil : regardez le film en version française. Histoire d'en ajouter une couche avec ses doublages dégueulasses et sa post-synchronisation foireuse... !

 

samedi 28 décembre 2024

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Dick Hickock et Perry Smith - In Cold Blood de Johnathan Kaplan (1996)




De la fiction...


La famille Clutter est riche. Herbert, le père conserve une grosse somme d'argent dans un coffre caché dans leur grande demeure familiale, une ferme, dans laquelle il vit avec son épouse Bonnie, dépressive, et leur deux enfants Nancy et Kenyon. Les Clutter son pieux et très appréciés des habitants de leur village. Sauf que le coffre censé receler de l'argent n'existe pas. Dick Hickock en est pourtant certain. Cet ancien taulard tient cette information de source sûre. Son ancien compagnon de cellule Floyd Wells lui a dessiné un plan de la maison des Clutter avec l'emplacement du coffre. Dick va donc se rendre à la ferme des Clutter, et pour ne pas faire la route tout seul, il propose à son ami Perry Smith de l'accompagner. Tous les deux préparent un coup qui va leur permettre de se remplir les poches. Dick se procure un fusil et Perry un couteau.

Le premier a un ascendant certain sur le second, malade et accro à l'aspirine. Perry n'a pas eu une enfance joyeuse. Une mère prostituée et un passage dans un couvent où la sévérité des religieuses l'ont marqué à vie, il n''a plus toute sa tête. Un peu paumés et sans le sous, les deux hommes se rendent en voiture à Holcombs dans le Kansas.Là où vivent les Clutter. Mais lorsque ils arrivent et pénètrent dans la ferme familiale, c'est la désillusion. Pas de coffre, pas d'argent. Ils réveillent alors toute la famille et l'enferment dans la salle bain avec la ferme intention de faire cracher l'argent à Herbert...

Basé sur un fait divers réel et déjà adapté au cinéma en 1967 par Richard Brooks, In Cold Blood est cette fois-ci un téléfilm fleuve de presque trois heures. Ce qui n'empêche pas cette œuvre d'être de qualité, surtout interprétée par des acteurs talentueux, avec en première ligne Anthony Edwards, plus connu pour avoir été le docteur Mark Greene dans la célèbre série télévisée Urgences et le personnage principal de l'excellent film d'anticipation Miracle Mile de Steve de Jarnatt. Aux cotés d'Eric Roberts (qui joua notamment aux cotés de Richard Gere dans Sang chaud pour meurtre de sang-froid de Phil Janou ou bien Runaway Train de Andreï Konchalovsky avec comme partenaire Jon Voight), il interprète le rôle de l'un des deux assassins d'une famille américaine, un fait divers s'étant déroulé dans la nuit du 14 au 15 novembre 1959.

Le cinéaste Johnathan Kaplan s'attache à nous montrer le quotidien d'une famille de méthodistes dont l'existence n'est pas si idyllique que ça. D'un autre coté, celle d'un duo de brigands dont la vie n'a pas été facile. Durant plus de la moitié de son long-métrage, le réalisateur explore donc cette facette afin que les spectateurs soient en mesure d'atteindre le degré d'émotion lorsque le drame surgit. Il y parvient d'ailleurs assez bien, d'autant plus que toute l'horreur sur la responsabilité des deux hommes nous est délivrée vers la fin, et dans un noir et blanc qui accentue toute l'atrocité des événements.

In Cold Blood est un téléfilm de qualité, qui aurait tout de même pu approfondir les aspects enquête et procès afin de montrer toute l'ampleur d'une telle affaire. L’œuvre vaut surtout pour l'interprétation des actrices et acteurs dont Sam Neil dans le rôle de l'agent du FBI qui enquête sur l'affaire...

… à la réalité

Perry Edward Smith et Richard Eugene Hickock se sont rendus coupable d'un quadruple homicide dans la nuit du 14 au 15 novembre 1959. Richard convainc son camarade de participer au crime qu'il s'apprête à faire. Perry tente de convaincre Richard que le vol peut être exéxuté sans violence et pourtant, la famille toute entière sera tuée. Les deux hommes seront finalement arrêtés, jugé, pui condamnés à la pendaison...









samedi 20 avril 2024

Cycle Requins mutants: Sharktopus de Declin O'Brien (2010) ★★★★★☆☆☆☆☆



Sharktopus sort en 2010 alors que les films de requins s'implantent de plus en plus dans le paysage cinématographique. Un genre qui ne cesse de proliférer et donne parfois lieu à un sous-genre que l'on pourrait aisément comparer aux kaijū eiga, ces films japonais dans lesquels des monstres de taille imposante s'affrontent. Le long-métrage de Declan O'Brien est le premier d'une franchise qui compte jusqu'à maintenant trois film. Dès le 2 août 2014 sera duiffusé sur la chaîne Syfy Sharktopus vs. Pteracuda de Kevin O'Neill, puis l'année suivante, le 19 juillet, Sharktopus vs. Whalewolf, lui-même réalisé par leur même réalisateur. Des œuvres improbables que d'aucun jugera de réjouissantes, surtout les aficionados qui pourraient éventuellement se fatiguer à la longue de ne se contenter que de classiques requins mangeurs d'hommes. Comme l'indique son nom, le sharktopus est une créature mêlant requin et pieuvre et fait directement écho à l'épouvantable nanar signé un an auparavant par Jack Perez, Mega Shark vs Giant Octopus. Si les deux films n'ont en réalité que les deux spécimens d'animaux marins employés, celui de Declan O'Brien a ceci de particulier de posséder la tête et le torse d'un requin, ainsi que les huit tentacules d'une pieuvre.
Ici, il n'est pas question d'exhiber un monstre marin créé par mère Nature mais une bête génétiquement modifiée par un groupe nommé « Blue Water » et à la tête duquel se trouve un certain Docteur Nathan Sands. Le monstre échappe aux contrôles de ses propriétaires et commence à s'en prendre aux vacanciers d'une petite station balnéaire.Dès lors, Nathan Sands n'a pas plus d'autre choix que de faire appel à Andy Flynn, un spécialiste de la chasse sous-marine qui contre trois-cent mille dollars promet de ramener à son propriétaire, le Sharktopus vivant. Accompagné de la bio-mécanicienne Nicole, qui n'est autre que la fille de Nathan Sands, Andy peut également compter sur la collaboration de Santos, son meilleur ami. Tous les trois, ils vont traquer le Sharktopus tandis qu'une équipe très réduite de journalistes va couvrir l'événement...

Le film de requin est un genre si encombré qu'il ne devrait pas être très difficile de s'y faire une place. Le meilleur comme le pire s'y côtoient. Certains ayant comme ici décidé de respecter leur public même si les fonds alloués au projet ne suffiront jamais à camoufler les limites d'un scénario qui ne fait reprendre ce qui a déjà été fait ailleurs. Sharktopus n'est donc qu'un film de requin classique qui ne peut compter que sur son unique originalité : son hybridation. Contrairement à Mega Shark vs Giant Octopus, qui dans le domaine demeure une véritable purge, le film de Declan O'Brien propose un rythme enlevé, avec bon nombre de meurtres originaux (la sauteuse en élastique finissant entre les mâchoires du sharktopus pour ne citer que l'un d'entre eux) et surtout des effets-spéciaux qui dans le genre, se révèlent plutôt sympathique. Pourtant, mieux vaut garder à l'esprit qu'ils ne pourront jamais rivaliser avec ceux des grandes productions. Si les mouvements de tentacules demeurent réalistes, les textures employées cachent mal l'emploi des images de synthèse. L'intégration de la créature dans les décors (surtout lorsqu'elle se saisit d'une proie) est assez mal fichue.

C'est ainsi que le film peut compter sur un rythme qui ne faillit jamais. Du haut de son statut de simple téléfilm, Sharktopus assure le spectacle en évitant la casse. Bien meilleur que beaucoup de ses adversaires d'infortune, le film de Declan O'Brien n'a certainement pas à rougir. Ceci-dit, il demeure tout de même dans le registre du nanar et permet de retrouver l'acteur Eric Roberts (frère de Julia) dans l'un de ses innombrables seconds rôles... Amusant...

lundi 18 février 2019

Bailout the Age of Greed de Uwe Boll (2013) - ★★★★★★☆☆☆☆



Faut-il une fois de plus sauver l'un des nombreux long-métrages de l'écrasante filmographie du cinéaste Allemand Uwe Boll sur laquelle la presse bien pensante s'acharne depuis des années ? Après quelques essais plutôt convaincants dans le domaine du récit historique (Auschwitz) et du milieu carcéral (Stoic), c'est par le plus grand des hasard que je suis une fois encore tombé sur une œuvre, qui si elle ne se désigne jamais comme le fleuron du genre, est un film d'action d'honnête facture. Encore faut-il comprendre dans ce sens, la capacité du réalisateur à se sortir de projets casse-gueule s'effondrant sous le poids de leur médiocrité.
Dans le genre « pétage de plombs », Bailout the Age of Greed se situe en assez bonne position et risque de plaire aux amateurs de redresseurs de torts. Celui du long-métrage traduit sous nos latitudes sous le titre Assaut sur Wall Street (curieusement sorti la même année que Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese !!!) se nomme Jim Bradford, est incarné par l'acteur anglo-australien Dominic Purcell (Prison Break) et surtout, est très mécontent de ce qui lui arrive depuis quelques jours maintenant. Il faut dire qu'il a de quoi être énervé au point de vouloir s'acheter une panoplie d'armes à feu et de vouloir faire payer à ceux qu'il estime être responsables de la mort de sa femme Rosie (Erin Karpluk), atteinte d'une tumeur cancéreuse au cerveau. Décédée avant que la maladie ait terminé son œuvre, Rosie s'est suicidée, ne supportant plus de voir les banques et les assurances leur tomber dessus.

Avant cela, pourtant, Jim a essayé de tout arranger. Malgré ses dettes, malgré des placements en bourse imprudents qui lui ont fait perdre toutes ses économies et malgré son licenciement. Malgré, même, la perte de Rosie. Surnageant, seul et envers tous ceux qu'il estime être responsables du drame qu'il vit actuellement, il tente de survivre. Mais lorsque la maison qu'il a partagé avec Rosie est saisie, Jim étant enjoint de la quitter sous quarante-huit heures, c'est la goutte qui fait déborder le vase. L'ancien convoyeur de fonds s'achète plusieurs armes à feu ainsi que des grenades et se lance dans un périple meurtrier visant les grands pontes de Wall Street. Après un premier meurtre commis dans un parking souterrain, Jim passe à la vitesse supérieure en réalisant un véritable carnage dans le quartier de Wall Street et notamment dans l'immeuble qui l'employait il y a encore quelques jours...

Bailout the Age of Greed dure cent minutes environs, et il faudra patienter une bonne heure avant que le héros ne se décide à faire le ménage autour de lui. Uwe Boll s'attache effectivement un peu trop longuement à décrire la lente déchéance d'un homme contraint de vivre avec le poids de la maladie de son épouse. Premier pas vers la folie pour un individu au départ tout à fait banal, déjeunant régulièrement avec ses collègues de travail (parmi lesquels on retrouve le Edward Furlong de Stoic, mais cette fois-ci du bon côté de la barrière, ou l'acteur noir Keith David qui débuta pratiquement sa carrière dans le chef-d’œuvre de John Carpenter, The Thing en 1982, enchaînant ensuite un grand nombre de rôles dans des films parfois notables), marié à une femme malade mais en rémission. Encore faut-il que son époux soit en mesure de payer la facture d'un traitement relativement couteux. Si Bailout the Age of Greed est relativement plaisant à regarder et ne souffre pas trop d'un budget qui se situe très probablement en deçà des quotas habituels pour ce genre de films, il se traîne malheureusement en longueur, Uwe Boll attachant sans doute une très grande importance à la caractérisation de son principal personnage, malheureusement incarné de façon sensiblement balourde. La pression se relâchant enfin lorsque le héros dessoude les quelques types qu'il rend « responsables » de son état, le massacre se révèle plaisant, sans plus. Du moins, jamais à la hauteur de la trop longue attente précédant l'acte meurtrier. Le spectateur se satisfera surtout de la mort d'un John Heard antipathique que les amateurs de cinéma d'horreur purent découvrir à leur tour dans le classique de Douglas Cheek, C.H.U.D en 1984. A noter la présence de l'acteur Eric Roberts dans le rôle de l'avocat Patterson. A noter également la conclusion passablement stupide voyant le héros s'en sortir par une pirouette invraisemblable. Moyen !

lundi 13 février 2017

Cycle Larry Cohen - The Ambulance (1990) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Le cinéaste américain Larry Cohen entame les années quatre-vingt dix avec son dix-septième long-métrage. Et une fois encore, les blouses blanches font partie de l'aventure. Cette autorité entre les mains de laquelle nous confions habituellement nos « maux » va pourtant se révéler fort peu compatible avec ce que l'on attend généralement d'elle. Après le cri de désespoir de It's Alive (rappelons que le titre du film de Larry Cohen s'inspire de la célèbre phrase criée par le docteur Frankenstein dans le fameux long-métrage éponyme de 1931), L'Ambulance met en scène un individu que l'on nommera communément de « collant » et assistant à l'enlèvement d'une jeune femme qu'il tentait de séduire en pleine rue.
Cet homme, c'est Joshua Baker (l'acteur Eric Roberts, qui n'a malheureusement pas joué que dans de bons films). Le genre de type qui s'impose, sûr de son charisme et qui fort heureusement (ou pas) pour sa « victime » féminine, se trouvera présent lorsqu'elle fera un malaise. Atteinte de diabète, elle est immédiatement transportée à l’hôpital. Ou plutôt, c'est ce que l'on pense d’abord. En réalité, la jeune femme a été enlevée. D'ailleurs, cela n'a pas l'air d'étonner grand monde, mais l'ambulance qui la réceptionne est un modèle des années soixante qui n'a plus court en 1990. Mais bref, voici Joshua lancé dans une course effrénée pour retrouver la jolie jeune femme. Qui, soit dit en passant, lui fera un joli bébé dans le dos lorsqu'il la retrouvera.

Aux côtés d'Eric Roberts, on retrouve l'acteur noir James Earl Jones (le flippant Thulsa Doom du Conan le Barbare original) dans le rôle du Lieutenant Détective Spencer. L'Ambulance a tout du bon gros nanar. De part la présence d'Eric Roberts d'abord, mais aussi par son aspect. Mélangeant les genres avec plus ou moins de bonheur, le film de Larry Cohen est catégorisé en tant que comédie d'action horrifique. Je veux bien, oui, reconnaître que quelques gags demeurent amusants. Telle la scène durant laquelle ce bouffeur de chewing-gum de Lieutenant Détective Spencer rend son dernier souffle en mâchant sa chique préférée. Pour le reste...

C'est vrai également que le film fait preuve d'une énergie conférant à ses scènes d'action un rythme plutôt soutenu. Par contre, en matière de scènes d'horreur, il faudra aller voir ailleurs. En effet, L'Ambulance est excessivement avare en la matière. En fait, on a beau chercher, mais il ne demeure pas l'ombre d'une goutte de sang, si ce ne sont les éraflures du héros lors de la bagarre avec une bande de voyous toxicomanes. C'est un peu léger, mais bon, passons. Red Buttons participe lui aussi au projet. Et si son nom ne vous dit rien (il a notamment joué dans L'Aventure du Poséidon et même dans un épisode de La Petite Maison dans la Prairie), vous le reconnaîtrez aisément dans le rôle du compagnon de chambre du héros.
Autre acteur participant à L'Ambulance, Eric Braeden. Sous ce nom (presque) imprononçable se cache l'un des plus importants protagonistes du célèbre soap-opera, Les Feux de l'Amour. Victor Newman, c'est lui. Un rôle qu'il endosse depuis maintenant trente-sept ans. Dans L'Ambulance, c'est lui le médecin fou qui fait enlever des femmes et des hommes atteints de diabète afin de pratiquer sur eux des opérations dont le but ultime est de guérir définitivement la maladie.
Pas vraiment crédible, l'acteur est aussi rigide que dans la série qui l'a fait connaître dans le monde entier. En même temps, on s'en fiche un peu puisque de toute manière L'Ambulance n'est à priori pas le chef-d’œuvre auquel on ne s'attendait de toute manière pas du tout. Petite anecdote amusante : Larry Cohen aurait conçu le scénario de son film alors qu'il était à l'arrière d'une ambulance en direction d'un hôpital...

mardi 4 août 2015

The Human Centipede 3: Final Sequence de Tom Six (2015)



C'est promis, Human Centipede 3: Final Sequence sera le dernier volet de la saga. D'ailleurs, c'est pas moi qui le dit mais son titre. Dans le premier volet, deux jeunes touristes américaines tombaient en panne de voiture avant d'être les victimes d'un chirurgien fou persuadé d'être capable de créer un mille-patte humain fabriqué à partir de plusieurs corps. La suite mettait en scène un handicapé mental fasciné par le premier épisode et désireux de vouloir faire mieux puisque cette fois-ci, il ne s'agissait plus de coller trois cobayes uniquement, mais douze ! 2009, 2011, et depuis, plus de nouvelles. On pouvait penser alors que ce projet fou réalisé par un certain Tom Six dont ces œuvres sont jusqu'à aujourd'hui ses seuls méfaits en tant que cinéaste, allait en rester là. Et bien non, quatre ans plus tard, le silence radio est rompu. Le troisième volet de ces aventures assez particulières ont bien là, et même si aucun fil conducteur ne vient donner une cohérence logique à cette trilogie, le cinéaste a encore quelques ressources. Du moins, quelques idées.

Première chose, plutôt que d'offrir les rôles principaux à de nouveaux acteurs, Tom Six reprend les « héros » des deux premiers volets, à savoir l'inquiétant Dieter Laser qui passe ici du rôle de chirurugien fou au directeur de pénitencier encore plus barré ! Quand à son assistant, il s'agit du malade mental carrément glauque de la seconde partie, soit l'acteur Laurence R. Harvey. Pour cette dernière œuvre consacrée à la création d'un mille-pattes humain, Tom Six, du moins ses personnage, projette d'en créer un à partir de la totalité des prisonniers dont le directeur a la responsabilité.

On se rend malheureusement compte (ou avec beaucoup de bonheur, au contraire) que ce projet n'est qu'une infime partie du spectacle qui nous est offert cette fois-ci. Car en réalité, le fond du problème n'est pas ici la création du mille-pattes mais plutôt la psychologie de ce directeur de prison qui peut se vanter de faire partie du top 10 des personnages les plus barrés de l'histoire du cinéma. Contrairement à ses prédécesseurs, Human Centipede 3: Final Sequence est plutôt avare en matière d'hémoglobine. A part quelques giclées de sang et une très belle et inconfortable castration orchestrée sur un second rôle bien connu des amateurs de films de prisons (l'acteur italo-américain Robert LaSardo), le film est plutôt soft. C'est surtout dans les agissements et les propos raciaux du personnage principal qu'il faut chercher la vraie provocation de l’œuvre. Un directeur de prison antisémite qui n'hésite pas à chercher des noises auprès des musulmans et des juifs qui pour le coup, et dans cette immense galère n'ont jamais parus aussi semblables les uns que les autres.

Dieter Laser est éminemment convainquant, au point que l'on se demande parfois s'il joue réellement ou bien s'il est ainsi au quotidien. Raciste, son personnage l'est, c'est une certitude. Mais misogyne également. Il faut voir comme le bonhomme traite sa secrétaire à laquelle il rappelle de ne « pas oublier de lui vider les couilles avant le déjeuner » !!! Pour se donner l'imposante stature dont il a besoin dans cet univers strictement masculin, le directeur fait importer d'Afrique des Clitoris séchés qu'il consomme comme des amuses-gueule !!! Et des idées comme celle-ci, le film en regorge. Dieter Laser campe un personnage outré, totalement hors la loi mais auquel on laisse bizarrement effectuer ses tâches. L'acteur allemand porte le film de Tom Six sur ses épaules. Concernant l'humour omniprésent, on ne sait s'il est toujours volontaire, mais il sert néanmoins de soupape à ceux qui ne verrait dans cette conclusion plutôt sympathique qu'un amas putride et sordide de dialogues fascisants où la vulgarité et l'immoralité prennent des proportions que certains jugeront sans aucun doute d’impertinentes...

samedi 16 mai 2015

Wrong Cops de Quentin Dupieux (2013)



Los Angeles, 2014. La police n'ayant plus vraiment de raison d'être depuis que la criminalité à chuté, les flics d'un petit commissariat de quartier laissent libre court à leurs penchants. L' officier Duke deale sans scrupules dans la rues, vendant son herbe planquée dans des rats morts. L'officier De Lucas, lui est obsédé par les seins des femmes. Il n'hésite pas à les menacer de son arme jusqu'à ce qu'elles collaborent et lui montrent leur avantageuse poitrine. Quand à l'officier Rough, il se voit déjà comme un grand producteur de musique électronique. Sauf qu'il est seul à le croire, son entourage confirmant que sa musique, « c'est de la merde ».

Réunir Eric Judor, Marilyn Manson, Grace Zabriskie, Eric Wareheim et Eric Roberts dans un seul et même film, il n'y a vraiment que le talentueux Quentin Dupieux pour avoir une idée pareille. Le bonhomme a pris de la bouteille depuis son premier long-métrage « Steak » principalement interprété par le duo de comiques Eric et Ramzy. Le premier a d'ailleurs bien de la chance de pouvoir compter sur le cinéaste puisque ce dernier lui confia également le rôle d'un jardinier dans son film précédent, Wrong.

Même si Quentin Dupieux refuse que l'on considère Wrong Cops comme le film de la maturité, force est de constater l'évolution née de ses différentes réalisations et qui s'exprime ici à travers une œuvre plus aboutie que les précédentes. S'il y a bien un point qui relie sa filmographie toute entière, c'est cette frontière incertaine entre l'humour pas toujours évident à déchiffrer et cette inconfortable impression que l'on a d'être immergé dans un univers aux confins du cauchemar. Steak et sa bande d'adolescents liftés relégués au rang de caïds pitoyables. Rubber et son pneu serial-killer. Et maintenant Wrong Cops et ses flics borderline, plus pourris encore que les voyous qu'il étaient censés mettre aux arrêt par le passé.

Le cinéma de Quentin Dupieux est un art que l'on aime ou que l'on déteste. Avec lui, le juste milieu n'existe pas. En réalité, il pratique l'art de l'absurde avec un sens de la mise en scène assez bluffant. Chose qui n'étonnera pas ceux qui suivent sa carrière de musicien sous le pseudo Mr Oizo et qui signe également l'excellente bande-son du film. On notera la belle performance du chanteur Marilyn Manson en adolescent harcelé par un flic. Son personnage de looser dégage une émotion inédite pour cet artiste habituellement provocateur et que l'on découvre désormais sans maquillage. Eric Judor, lui, est le « freak » du film. Une bosse énorme au dessus de l'arcade gauche qui ne cache en tout cas certainement pas celle des affaires. En témoigne le passage dans le bureau du producteur de musique (Kurt Fuller que les plus anciens reconnaîtront pour avoir joué dans quelques célèbres films d'action des années quatre-vingt, quatre-vingt dix, Running Man, Double Détente ou encore le méconnu Appel d'Urgence).Une excellente surprise...
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