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mardi 31 mars 2026

Heretics de Jose Prendes (2024) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Je m'souviens de ce moment culte et halluciné où l'animateur et critique gastronomique Jean-Pierre Coffe jeta en pleine émission La grande famille une saucisse de Toulouse industrielle en arguant que c'était de la merde. Et bien, si j'avais eu entre les mains le DVD ou le Blu-ray de Heretics plutôt que sa version dématérialisée, je crois bien que l'un ou l'autre aurait fait un vol plané de plusieurs mètres avant d’atterrir trois étages plus bas après avoir été jeté avec autant de hargne et de vigueur que le bout de charcuterie en question ! Parce que, hein, j'en ai vu des merdes. Mais des comme celle-ci, JAMAIS. Ou si rarement. Une merde, oui. Et même si ma compagne fronce les sourcils en me rappelant chaque fois qu'il est interdit d'employer ce terme, j'affirme qu'aucun autre ne peut le remplacer. Pire que l'explosion de l’usine de pesticides de l’Union Carbide, à Bhopal, en Inde. Pire que l'explosion du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. Pire que cet autre accident nucléaire de niveau 7 survenu après un tremblement de terre à Fukushima, au Japon. Ou pire encore que l’effondrement de l’atelier de confection Rana Plaza à Dacca, au Bangladesh. Oui, Heretics, l'antépénultième long-métrage de Jose Prendes qui jusqu'à maintenant et en vingt-cinq ans de carrière a commis une quinzaine de longs-métrages dont plusieurs films d'horreur, est bien une catastrophe qui dépasse toutes celles commises par l'Homme durant l'évolution industrielle mondiale ! Bon, j'exagère peut-être un peu puisque aux dernières nouvelles, Heretics n'a semble-t-il causé la mort de personne. L'on est par contre en droit de penser que le film aurait dû logiquement mettre un terme à la carrière de son auteur ainsi qu'à celle de ses interprètes parmi lesquels une grande majorité reste inconnue sur notre territoire tandis que la trogne de l'infatigable Eric Roberts s'y dévoile derrière le personnage de John, un prêtre qui depuis la mort de son épouse vit désormais seul avec sa fille Eva (Neely Dayan). Une sainte nitouche qui pourtant sera la seule des héroïnes féminines du long-métrage à dévoiler autant à l'écran sa plantureuse poitrine ! John accepte qu'Eva invite chez eux pour la soirée un groupe d'amis. Après toute une série d'interminables séquences réunissant de jeunes hommes et femmes lors de conversations dont l'ampleur intellectuelle sera du niveau de certains échanges entre influenceuses spécialisées dans la vente de produits de beauté sur Internet, l'un d'entre eux évoque l'idée d'aller faire un tour du côté de la maison des Simmons. Supposée être hantée, Eva hésite. Mais l'avis général l'emportant, la jeune femme accepte finalement de suivre ses amis sans se douter que la visite de cette demeure supposée hantée va se transformer en cauchemar... pour les protagonistes, certes, mais également pour nous, pauvres témoins de la mort d'un genre qui fit florès mais auquel Jose Prendes donne ici le coup de grâce en signant probablement l'un des pires films d'horreur de l'histoire du genre...


Et je ne prends aucun pincette en écrivant cela puisque si l'on additionne tout ce qui ne va pas, l'on constate que parmi les colonnes qualités et défauts, la première reste désespérément vide ! Il faut dire que le réalisateur, scénariste, producteur, acteur et directeur de la photographie vénézuélien a fait fort ! Au risque de me répéter comme j'ai tendance à le faire lorsque j'évoque un bousin de cette ampleur, tout dans Heretics est digne d'être jeté à la poubelle. Mise en scène, scénario, cadrage, photographie, bande-musicale (mon dieu ce faux air du groupe Era qui tourne en boucle), interprétation, décors, effets-spéciaux et visuels ou montage, rien ne va. Si la première partie est d'un ennui et d'une vacuité abyssaux, ça n'est presque rien en comparaison de ce qui va suivre. Comme dans tout bon ou mauvais Found Footage, la caméra de Jose Prendes est prise d'irrépressibles tremblements. Là, encore, ça peut se comprendre. Mais lorsque le cinéaste se montre incapable de tenir sa caméra à hauteur de visage, là, on s'indigne. D'ailleurs, à propos de caméra ou de tout autre objet consistant à filmer ce qui entoure les protagonistes, si le concept de Found Footage a toujours privilégié des personnages continuant à filmer ce qui les entoure au mépris du danger, ici, la chose est évidemment invraisemblable. Ce qui, au fond, produit sans doute un effet indésirable et qui pourtant ''sauve'' le film de son passage à la poubelle : les rires ! Car il n'est pas rare en effet d'éprouver ce sentiment de joie rencontré par le passé lors du visionnage de certains grands classiques du Nanar. Car si Heretics est effectivement une bonne grosse daube comme le septième art est rarement capable de nous en proposer de ce niveau là, beaucoup d'événements s'avèrent si invraisemblables qu'il est pratiquement impossible de retenir certains sourires devant des situations que le réalisateur refuse pourtant probablement de voir autrement que sous le prisme du premier degré. Je ne vais pas dévoiler le contenu du maigre scénario pour laisser libre court à l'imagination de celles et ceux qui voudraient malgré tout le découvrir mais sachez que vous vous apprêtez à voit une œuvre hybride. Entre infâme petite production horrifique cumulant tant de tares qu'il mérite sa place dans le top 3 des pires films des années 2010 et comédie involontaire à force de faire tourner ses personnages en rond alors qu'il aurait si simple pour eux de quitter les lieux... Un conseil : regardez le film en version française. Histoire d'en ajouter une couche avec ses doublages dégueulasses et sa post-synchronisation foireuse... !

 

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