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lundi 30 mars 2026

We Bury the Dead de Zak Hilditch (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En 2010, la série télévisée américaine The Walking Dead a non seulement réussi à remettre au goût du jour le phénomène du zombie mais aussi à le rendre populaire auprès d'un public divers et varié. De ''presque'' sept à soixante dix-sept ans, les téléspectateurs se ruèrent alors en masse devant leur poste de télévision pour suivre les aventures de Rick Grimes, de sa famille, de ses amis mais aussi d'antagonistes de haute volée alors même que sur grand écran et depuis huit ans déjà, 28 days Laters de Danny Boyle et ses infectés avaient volé la vedette à ces créatures malodorantes et rampant à la vitesse d'hommes et de femmes très sévèrement pris de boissons après une soirée trop bien arrosée... Trop de zombies tuant le concept, on a vu des hordes de créatures dans autant de bons et de médiocres longs-métrages au point que le mythe a fini par s'essouffler et par ne passionner plus qu'un tout petit groupe d’irréductibles quand d'autres se sont probablement tournés vers d'autres horizons comme le Body Horror... Et pourtant, malgré un désintérêt presque aussi logique que le dégoût que peut produire la consommation quotidienne et sur des années du même plat, il est possible parfois de tomber sur une perle plus ou moins rare qui détonne face à la concurrence. We Bury the Dead est le dernier long-métrage du réalisateur et scénariste australien Zak Hilditch qui en 2017 s'est fait connaître à l'échelle mondiale pour avoir adapté pour la plateforme de streaming Netflix le court roman de Stephen King 1922 et qui en 2024 a donc choisi de mettre en scène une petite poignée de personnages dans un énième film de zombies même si le terme s'avère en réalité plutôt réducteur puisque le film diffère de la concurrence tout en réunissant pas mal d'éléments propres au genre. Au titre desquels, un monde dévasté ici réduit à l'échelle de la Tasmanie, cet état australien sur les côtes duquel les États-Unis ont testé une arme expérimentale qui a décimé plus de cinq-cent milles habitants ; Soit, la totalité des autochtones dont l'époux de l'héroïne, en place depuis un certain temps et qui comme les autres n'a pu échapper à la catastrophe. Bien qu'une partie de l'île soit toujours en quarantaine et surveillée par l'armée en raison d'un immense feu qui n'a pas encore été tout à fait éteint, Ava Newman (l'actrice britannique Daisy Ridley) conserve toujours l'espoir de retrouver son époux vivant. Mais situé aux dernières nouvelles dans une région qui connaît une restriction, la jeune femme débarque en Tasmanie afin de participer à la recherche et à la récupération des cadavres dans l'espoir de pouvoir peut-être échapper à la vigilance des militaires pour rejoindre celui qu'elle aime...


Aidée par Clay (l'australien Brenton Thwaites), la jeune femme va alors prendre la route à l'arrière d'une moto pilotée par celui qui jusqu'à maintenant lui servait de binôme lors de l'ingrate tâche consistant extraire les morts de chez eux. Rattaché au film de zombies, We Bury the Dead développe de manière beaucoup moins radicale que certains concurrents ce concept qui met généralement en place un univers sombre et hostile dans un futur plus ou moins proche et dystopique et où la loi du plus fort et du plus immoral concourt avec les créatures qui se sont relevées pour des questions de territoire et de survie (les secondes agissant de manière mécanique et sans réelle conscience de faire le mal). L'idée d'un monde où les ressources se sont raréfiées, où les morts ont en grande partie pris la place des vivants et où des individus très mal intentionnés usent de tous les moyens pour obtenir ce qu'ils veulent est ici réduite à sa plus simple expression. En dehors d'un soldat ayant perdu quelque peu la tête et envisagé de remplacer sa femme défunte par notre héroïne ou d'un groupe d'individus tuant tout ce qui traîne (au sens littéraire) sur leur chemin, le long-métrage de Zak Hilditch s'avère particulièrement sobre. Ici, l'espoir d'assister à des séquences gore lors desquelles des morts-vivants dévoreront celles et ceux qui oseront passer à proximité s'amenuise au fil d'un récit dont on comprendra que ce qui intéresse tout d'abord le réalisateur et scénariste est le refus du deuil. Car évidemment, plutôt que de se contenter d'une fin optimiste durant laquelle Ava retrouverait un Mitch (Matt Whelan) bien vivant, Zak Hilditch préfère décrire l'histoire de la jeune femme à travers un road trip bien moins hostile que dans certains autres films du genre même si dans le cas de We Bury the Dead, les dangers existent bel et bien. Ce qui force ici le respect est la sobriété et la grande intelligence avec laquelle le cinéaste australien traite son sujet. On est notamment touchés par cette jeune héroïne dont certaines séquences reviennent sur sa vie de couple. Bref, sans être LE film de zombies que tout le monde attendait certainement, We Bury the Dead s'avère être une très bonne surprise, et ce même si le film ne se distingue pas visuellement de la majorité des œuvres du genre tournées sur le continent américain alors même que celui-ci a été réalisé en Australie-Occidentale, à Albany...

 

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