En 2010, la série
télévisée américaine The Walking Dead
a non seulement réussi à remettre au goût du jour le phénomène
du zombie mais aussi à le rendre populaire auprès d'un public
divers et varié. De ''presque'' sept à soixante dix-sept ans, les
téléspectateurs se ruèrent alors en masse devant leur poste de
télévision pour suivre les aventures de Rick Grimes, de sa famille,
de ses amis mais aussi d'antagonistes de haute volée alors même que
sur grand écran et depuis huit ans déjà, 28
days Laters
de Danny Boyle et ses infectés avaient volé la vedette à ces
créatures malodorantes et rampant à la vitesse d'hommes et de
femmes très sévèrement pris de boissons après une soirée trop
bien arrosée... Trop de zombies tuant le concept, on a vu des hordes
de créatures dans autant de bons et de médiocres longs-métrages au
point que le mythe a fini par s'essouffler et par ne passionner plus
qu'un tout petit groupe d’irréductibles quand d'autres se sont
probablement tournés vers d'autres horizons comme le Body Horror...
Et pourtant, malgré un désintérêt presque aussi logique que le
dégoût que peut produire la consommation quotidienne et sur des
années du même plat, il est possible parfois de tomber sur une
perle plus ou moins rare qui détonne face à la concurrence. We
Bury the Dead
est le dernier long-métrage du réalisateur et scénariste
australien Zak Hilditch qui en 2017 s'est fait connaître à
l'échelle mondiale pour avoir adapté pour la plateforme de
streaming Netflix
le court roman de Stephen King 1922
et qui en 2024 a donc choisi de mettre en scène une petite poignée
de personnages dans un énième film de zombies même si le terme
s'avère en réalité plutôt réducteur puisque le film diffère de
la concurrence tout en réunissant pas mal d'éléments propres au
genre. Au titre desquels, un monde dévasté ici réduit à l'échelle
de la Tasmanie, cet état australien sur les côtes duquel les
États-Unis ont testé une arme expérimentale qui a décimé plus de
cinq-cent milles habitants ; Soit, la totalité des autochtones
dont l'époux de l'héroïne, en place depuis un certain temps et qui
comme les autres n'a pu échapper à la catastrophe. Bien qu'une
partie de l'île soit toujours en quarantaine et surveillée par
l'armée en raison d'un immense feu qui n'a pas encore été tout à
fait éteint, Ava Newman (l'actrice britannique Daisy Ridley)
conserve toujours l'espoir de retrouver son époux vivant. Mais situé
aux dernières nouvelles dans une région qui connaît une
restriction, la jeune femme débarque en Tasmanie afin de participer
à la recherche et à la récupération des cadavres dans l'espoir de
pouvoir peut-être échapper à la vigilance des militaires pour
rejoindre celui qu'elle aime...
Aidée
par Clay (l'australien Brenton Thwaites), la jeune femme va alors
prendre la route à l'arrière d'une moto pilotée par celui qui
jusqu'à maintenant lui servait de binôme lors de l'ingrate tâche
consistant extraire les morts de chez eux. Rattaché au film de
zombies, We Bury the Dead développe
de manière beaucoup moins radicale que certains concurrents ce
concept qui met généralement en place un univers sombre et hostile
dans un futur plus ou moins proche et dystopique et où la loi du
plus fort et du plus immoral concourt avec les créatures qui se sont
relevées pour des questions de territoire et de survie (les secondes
agissant de manière mécanique et sans réelle conscience de faire
le mal). L'idée d'un monde où les ressources se sont raréfiées,
où les morts ont en grande partie pris la place des vivants et où
des individus très mal intentionnés usent de tous les moyens pour
obtenir ce qu'ils veulent est ici réduite à sa plus simple
expression. En dehors d'un soldat ayant perdu quelque peu la tête et
envisagé de remplacer sa femme défunte par notre héroïne ou d'un
groupe d'individus tuant tout ce qui traîne (au sens littéraire)
sur leur chemin, le long-métrage de Zak Hilditch s'avère
particulièrement sobre. Ici, l'espoir d'assister à des séquences
gore lors desquelles des morts-vivants dévoreront celles et ceux qui
oseront passer à proximité s'amenuise au fil d'un récit dont on
comprendra que ce qui intéresse tout d'abord le réalisateur et
scénariste est le refus du deuil. Car évidemment, plutôt que de se
contenter d'une fin optimiste durant laquelle Ava retrouverait un
Mitch (Matt Whelan) bien vivant, Zak Hilditch préfère décrire
l'histoire de la jeune femme à travers un road trip bien moins
hostile que dans certains autres films du genre même si dans le cas
de We Bury the Dead,
les dangers existent bel et bien. Ce qui force ici le respect est la
sobriété et la grande intelligence avec laquelle le cinéaste
australien traite son sujet. On est notamment touchés par cette
jeune héroïne dont certaines séquences reviennent sur sa vie de
couple. Bref, sans être LE film de zombies que tout le monde
attendait certainement, We Bury the Dead
s'avère être une très bonne surprise, et ce même si le film ne se
distingue pas visuellement de la majorité des œuvres du genre
tournées sur le continent américain alors même que celui-ci a été
réalisé en Australie-Occidentale, à Albany...
.png)
.png)
.png)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire