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samedi 22 décembre 2018

Angustia de Bigas Luna (1987) - ★★★★★★★★☆☆



Attention: spoils !

 Dans l'histoire du cinéma d'épouvante espagnol, Angustia de Bigas Luna tient une place toute particulière. Car bien qu'il ne soit pas le premier du genre, il fut sans doute l'un des premiers qui « parla » véritablement au public français. Une petite révolution qui remporta quelques prix bien mérités dont le prix Goya des meilleurs effets-spéciaux et une mention spéciale au légendaire festival d'Avoriaz. Ce fut également l'occasion de découvrir un cinéaste qui n'en était pourtant pas à son coup d'essai puisque ce film sorti chez nous sous le titre Angoisse fut déjà son sixième. Pour évoquer et surtout se débarrasser tout de suite du seul défaut de cette œuvre, nous évoquerons un doublage catastrophique. Autant dire qu'il faudra découvrir Angustia dans sa version originale afin de pouvoir en profiter dans les meilleures conditions.
Espagnol d'origine, le film de Bigas Luna n'en est pour autant pas principalement incarné par des interprètes du cru puisque les rôles d'Alice et John Pressman furent confiés à la Zelda Rubinstein et Michael Lerner, deux acteurs américains dont la première est surtout connue des amateurs de fantastique pour avoir tenu le rôle de la médium Tangina Barrons dans le long-métrage de Tobe Hooper et Steven Spielberg, Poltergeist. Ils furent cependant accompagnés de quelques interprètes espagnols dont Angel Jové, l'acteur fétiche du cinéaste depuis ses débuts.

Angustia est un petit chef-d’œuvre de mise en scène, ce qui, au premier abord et sans mauvais jeu de mots, ne sautera peut-être pas immédiatement aux yeux de chacun. Le récit tourne autour d'Alice et John Pressman donc, une mère et son fils vivant dans une vieille demeure où certaines créatures (inhabituelles) du bon Dieu ont élu domicile. John est l'assistant-ophtalmologue d'un médecin de grande réputation mais est condamné à perdre la vue. Renvoyé à la suite d'une plainte déposée par une cliente du cabinet insatisfaite de ses services, Alice hypnotise son fils et l'enjoint d'ailler faire payer à celle-ci le licenciement de John. S'ensuit alors une visite nocturne dans la luxueuse demeure de la femme en question, John la massacrant, ainsi que son époux avant de prélever leurs yeux. Une fois son méfait accompli, plutôt que de s'arrêter là, John part en ville et se dirige tout droit vert un cinéma...

Et c'est là que le film de Bigas Luna prend une tournure étonnante et véritablement intéressante puisque l'on découvre alors que tout ce à quoi nous venons d'assister n'était qu'un film projeté dans une salle de cinéma. Une salle à moitié remplie et dans laquelle ont pris place deux amies lycéennes, Patty (Talia Paul) et Linda (Clara Pastor). Quittant la salle, l'une d'elle va réaliser qu'un tueur s'est introduit dans le cinéma et tue tous ceux qu'il croise. L'espagnol signe avec Angustia l'une des plus admirables mises en abîme de l'histoire du cinéma. Un film dans le film repoussant le principe à ses extrémités. En effet, les événements se produisant à l'écran trouvent leur écho dans les agissements d'un tueur (Angel Jové) apparemment obsédé par le film en question. Bigas Luna signe une œuvre admirable qui malgré son titre procurera finalement très peu de frissons mais offrira quelques plans incroyables tel celui d'un John gigantesque se retournant vers l'une des spectatrices venue assister à ses méfaits. On peut même considérer que Bigas Luna a poussé le concept encore plus loin puisque le générique de fin préfigure le fait que les aventures de Patty et Linda sont elles-mêmes le fruit d'une fiction projetée dans une salle de cinéma. Un film dans le film dans le film. On appréciera également et essentiellement le jeu de Michael Lerner dans le rôle de John Pressman et l'ambiance qui peu à peu devient de plus en plus sinistre sur la toile blanche projetant ses aventures. Angustia est définitivement un film culte, malheureusement trahi par un doublage français des plus médiocre...

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