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samedi 18 février 2023

Violenza in un Carcere Femminile (Pénitencier de femmes) de Vincent Dawn (Bruno Mattei) (1982)

 


 

Le WIP (Women in Prison ou Femmes en prisons) est un genre à part entière constitué de dizaines de longs-métrages parmi lesquels les plus célèbres demeurent sans doute les différents volets plus ou moins officiels de la franchise Ilsa, série de longs-métrages que l'on peut également accoler au genre Nazisploitation et auquel Bruno Mattei à lui-même participé ! Violenza in un Carcere Femminile du réalisateur italien fait lui-même partie de ces films mettant en scène des femmes incarcérées dans des geôles et dans des conditions souvent délétères. Connu pour être l'un des plus célèbres réalisateurs de Nanars, Bruno Mattei s'est donc lui-même penché sur le genre en 1982 avec ce long-métrage traduit sous le titre Pénitencier de femmes. À noter qu'il réitérera l'expérience l'année suivante avec Révolte au pénitencier de filles (Emanuelle fuga dall'inferno) dans lequel apparaîtra une nouvelle fois l'actrice néerlando-indonésienne Laura Gemser, véritable égérie du réalisateur italien Joe d'Amato, laquelle donnera ses ''lettres de noblesse'' au personnage de Black Emmanuelle dont Violenza in un Carcere Femminile sera la septième et avant-dernière incarnation (si l'on passe outre les œuvres dérivées mais non officielles portant sur ce personnage)...


Dans celui-ci, l'actrice reprend donc son rôle iconique et intègre le cadre (pas vraiment chaleureux) d'une prison dirigée de main de fer par une directrice tyrannique, laquelle est épaulée par une gardienne de prison sadique. Les amateurs de cinéma gore et glauque transalpin reconnaîtront d'ailleurs sans mal dans la peau de Rescaut l'actrice Franca Stoppi qui trois ans auparavant fit un sacré effet aux spectateurs du très morbide Buio Omega de Joe D'Amato. Dans celui-ci, elle incarnait le rôle de la gouvernante Iris dans ce qui reste encore aujourd'hui comme l'un des films les plus dérangeants de l'histoire du cinéma d'horreur. Concernant Violenza in un Carcere Femminile, sa perversité s'y déploie une fois encore même si son degré de décadence est dilué parmi celui des nombreuses actrices féminines qui participent au projet. Bien que le double personnage d'Emanuelle et de Laura Kendall qu'interprète Laura Gemser est au centre du récit, l'actrice mettra beaucoup de temps avant de s'imposer véritablement au cœur de l'intrigue. Jusque là, Bruno Mattei s'amuse à dévêtir ses interprètes féminines afin de le faire subir un certain nombre d'outrages parmi lesquels, des viols, des séances de torture à coups de bâtons ou de fouets, les prisonnières n'étant elles-mêmes généralement pas tendre entre elles. Écrit par Ambrogio Molteni et Claudio Fragasso, le dix-septième long-métrage de Bruno Mattei se veut une œuvre érotique et horrifique située dans un cadre oppressant d'où peuvent surgir nombres de situations périlleuses...


Le fait est que Violenza in un Carcere Femminile s'avère être l'un des plus mauvais films de l'auteur de Virus Cannibale, Les rats de Manhattan, Scalps ou de Cruel Jaws (volet tout sauf officiel de la franchise Les dents de la mer). Si Laura Gemser interprète un double rôle, c'est parce que l'on apprendra lors du récit les véritables raisons de son incarcération (si je vous dis Coups pour coups de Deran Sarafian avec Jean-Claude Van Damme, ça vous parle?). Concernant l'érotisme, les amateurs resteront sur leur faim. Peux enthousiasmantes, les scènes de nu ne sont là que pour apporter un peu de piment à une œuvre qui en manque cruellement. Mal joué, doublé dans un français qui frise généralement le ridicule (ce qui en matière de Nanar est plutôt une qualité), on ne se souviendra du long-métrage que pour son incapacité à faire preuve de la moindre imagination. Allez ! Nous retiendrons sans doute la séquence lors de laquelle la pauvre Emanuelle est enfermée dans un sarcophage de métal tandis que ses geôlières tapent dessus à coups de bâtons ou lorsque la jeune femme est jetée au cachot puis agressée par des rats fétichistes (leur accoutumance aux pieds de l'actrice semble obsessionnelle). Tout ce qu'entreprend le réalisateur tombe malheureusement à l'eau. Non seulement les environnements sont d'une laideur déprimante, mais les tortures ou les scènes de sexe sont tellement dénuées de charme ou d 'efficacité que l'on s'ennuie ferme ! Si parfois le cinéma de Bruno Mattei fait visuellement illusion, tel n'est pas le cas de ce Violenza in un Carcere Femminile qui coche toutes les cases du mauvais film. Plus proche du Navet que du Nanar...

 

mardi 20 avril 2021

La Nouvelle Femme Scorpion : Cachot X de Yutaka Kohira (1977) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Deuxième volet de la seconde franchise des diverses sagas (oui, je sais, c'est compliqué) consacrées à La Femme Scorpion, La Nouvelle Femme Scorpion : Cachot X est le premier et le dernier à mettre en scène l'actrice japonaise Yôko Natsuki qui dans le cas présent prend donc la suite de Yumi Takigawa, laquelle eu quant à elle le privilège de reprendre le rôle de l'emblématique Meiko Kaji dans l'épisode précédent déjà réalisé par Yutaka Kohira. Dans cet épisode sorti un an après La nouvelle femme scorpion - prisonnière n° 701, le sentiments que les événements tournent en boucle se fait très rapidement ressentir. Cependant, il ne faut surtout pas s'arrêter à cette première impression même s'il est vrai que l’héroïne de cette saga longue de plusieurs décennies a tendance à revivre encore et encore les mêmes turpitudes. Avec La Nouvelle Femme Scorpion : Cachot X, Yutaka Kohira s'offre l'opportunité de réécrire l'Histoire de son héroïne qui n'est désormais plus la victime d'une trahison de la part de l'homme qu'elle aimait mais celle de Kato (l'acteur Junkichi Orimoto), un député véreux qui a causé la mort de son compagnon rendu fou et s'est rendu coupable du viol collectif de Nami après l'avoir enfermée dans une pièce en compagnie d'une poignée de malades mentaux. Retour en prison, donc, pour la jeune femme au regard perçant. Comme d'habitude, Nami sera confrontée à des codétenues bien décidées à lui faire payer le sort que leur a accordé le directeur de la prison depuis qu'elle s'est enfuie la dernière fois, mais également à un gardien-chef qui a très mal supporté cette déconvenue...


Brimades, sévices corporels, cachot, amitiés, haines, travaux forcés... on est avec La Nouvelle Femme Scorpion : Cachot X, en terrain conquis. Et si ce sixième volet dans l'ordre chronologique n'est qu'un éternel recommencement, avouons qu'il surpasse de loin le précédent épisodes et peut-être même les troisième et quatrième. Car si l'impression de redondance se fait très rapidement ressentir, ce sixième volet est plus riche que jamais en terme d'événements. Ce qui demeure un comble si l'on tient compte du fait que sa durée est plus courte que celle des épisodes précédents. Imaginez : en l'espace de soixante-quinze minutes seulement, on a droit à toute une série d'événements qui empêchent le film de sombrer dans l'ennui. Entre les différentes séquences mettant en scène Nami face à ses geôliers ou ses codétenues, la visite d'un ministre, les interrogatoires musclés, l'évasion de la jeune femme en compagnie d'un complice inattendu et la traque des autorités, impossible de s'ennuyer ! Amusant sur certains points (la caractérisation de l'un des gardiens, myope et à l'haleine fétide), La Nouvelle Femme Scorpion : Cachot X est surtout un excellent divertissement. Moins marquante que son modèle Meiko Kaji, l'actrice Yôko Natsuki est assurément un joli brin de fille qui réussit tout de même à prendre la relève...


Comme le veut plus ou moins la tradition depuis les origines de la saga, ce sixième volet des aventures de Nami Matsushima offre quelques plans de nus sous les douches ou lorsque l'unique amie de l'héroïne sert d'offrande au ministre venu constater les conditions de vie des détenues. L'une des plus étonnantes spécificités de La Nouvelle Femme Scorpion : Cachot X demeure dans le nombre stupéfiant d'incohérences qui parsèment le récit. L'une des plus flagrantes demeurant dans l'évasion de Nami et de l'infâme gardien en chef dégradé Ichirô Kajiki (l'acteur Takeo Chii) qui pour le coup, deviennent alliés. L'aboutissement de toute une série d'événements qui trouvent une certaine forme d'absurdité lors d'un interrogatoire pendant lequel, allez savoir pourquoi, le gardien Kajiki dédouanera Nami sans raison valable apparente. Le film prend alors un caractère et une tournure qui laissent présager tout et n'importe quoi sachant que le scénario de Tooru Shinohara (fidèle depuis les origines de la saga) et de Tatsuhiko Kamoi (première et dernière participation à l'écriture du scénario sur la série) prend des libertés avec la vraisemblance du propos. Mais qu'importe. Même si Meiko Kaji et Shun’ya Itō sont déjà loin et que le scénario ressemble peu ou prou à ceux des épisodes précédents, La Nouvelle Femme Scorpion : Cachot X est suffisamment rythmé et doté de nombreuses séquences qui permettent de passer un très agréable moment. Sixième épisode de la saga, celui-ci sera son chant du cygne, du moins durant les quatorze années suivantes puisque le réalisateur Toshiharu Ikeda réveillera la franchise et son héroïne en 1991 avec Scorpion Woman Prisoner: Death Threat (Joshuu sasori: Satsujin yokoku)...

 

lundi 12 avril 2021

La nouvelle femme scorpion : Prisonnière n° 701 de Yutaka Kohira (1976) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

La nouvelle femme scorpion : Prisonnière n° 701, c'est un peu le changement dans la continuité. Alors que je m'étais promis de laisser passer assez de temps pour ''oublier'' l'interprétation de la sublime actrice japonaise Meiko Kaji qui incarnait à merveille Nami Matsushima, la femme scorpion du titre, l’irrépressible besoin de me plonger dans le diptyque qui fut réalisé en 1976 ne tarda pas à m’étreindre. Dans quel état allais-je retrouver ce mythique personnage et d'une manière générale, la saga née sous l'impulsion de Shun’ya Itō (auteur des trois premiers longs-métrages), poursuivie par Yasuharu Hasebe (qui réalisera le dernier volet de la tétralogie originale) et donc reprise à deux occasions et dans cette seule année 1976 par Yutaka Kohira ? Des scénaristes originaux, il ne demeure plus que Tooru Shinohara, resté seul sur le navire et donc unique maître du destin de Nami Matsushima qu'interprète désormais la très jolie Yumi Takigawa. Jolie, oui. Mais sans doute un peu moins charismatique que l'irremplaçable Meiko Kaji que l'on aurait cru éternelle mais qui abandonna le rôle à l'issue du quatrième volet Mélodie de la rancune trois ans auparavant. On dira ce que l'on voudra, mais même nantie d'un joli regard, d'un visage poupin, d'une silhouette agréable et d'atouts féminins non négligeables, Yumi Takigawa n'incarne pas la femme scorpion idéale. Pour autant, l'actrice fait illusion. Aidée en cela par un scénario qui, s'il n'a rien de vraiment original, a le soucis de reprendre les codes du premier volet sous la forme d'un pseudo remake moins passionnant mais tout autant dégueulasse vis à vis de la gente féminine...


Yutaka Kohira n'étant visiblement pas de ceux qui édulcorent un propos, il convie pour cette nouvelle aventure, des antagonistes de haut vol qui par contre, eux, rivalisent d'ingéniosité et de perversité pour maltraiter une Nami Matsushima étonnamment prolixe. Elle qui fut presque muette, n'allongeant qu'une poignée de lignes de dialogue au total sur la durée des quatre premiers épisodes, démarre les hostilités, sourire aux lèvres, bavarde, presque mariée, et dont la sœur aînée détient des informations (enregistrées sur bande magnétique) capitales qui devraient permettre de faire tomber Kato, un sénateur corrompu. Mais le sort de cette dernière est très vite scellé. Alors qu'elle a confié la cassette à sa jeune sœur, elle est assassinée et Nami accusée du meurtre. On ne sait pas exactement à quel moment se situe cette intrigue mais au vu de la fraîcheur de notre héroïne, il est plus qu'envisageable de penser que La nouvelle femme scorpion : Prisonnière n° 701 est un reboot et non une suite aux précédentes aventures de la femme scorpion. Nami découvre donc la prison et ses désagréments. Enfermée dans une cellule en compagnie de codétenues particulièrement perverses, la bienveillance de deux des gardiens ne fera pas long feu devant la perfidie de certaines d'entre elles. Dont une ''patronne'' que l'on rêve très vite de voir dissoute par notre héroïne. Il faudra pour cela patienter plus de la moitié du long-métrage, Yutaka Kohira se complaisant dans une description du milieu carcéral particulièrement abjecte. Qu'il s'agisse des codétenues, de la majorité des gardiens ou en Haut Lieu, tout le monde semble corrompu. Pas d'échappatoire autre que l'évasion comme solution pour Nami qui patiemment,et toujours accompagnée de son célèbre regard de glace, va fomenter aux côtés d'autre détenues, leur future fuite...


Sans parvenir à faire de l'ombre à Meiko Kaji, Yumi Takigawa s'en sort pourtant très honorablement. La nouvelle femme scorpion : Prisonnière n° 701 enfonce le curseur de l'érotisme saphique lors de jeu sexuello-pervers auxquels Nami n'échappe pas. Une fois encore on a droit à la perpétuelle trahison. Ici, le futur époux qui non content de travailler pour le sénateur corrompu, coupable de la condamnation de la jeune femme, s'est de plus mis en ménage avec sa fille afin de l'épouser. De quoi rendre Nami suffisamment furieuse pour avoir envie de fuir ses conditions carcérales et d'aller ''s'expliquer'' avec celui qui aurait dû être son époux. Ce cinquième épisode de la saga La Femme Scorpion reprend l'idée de l'homme dont est éprise l'héroïne jusque dans la méthode qu'elle emploie pour l'éliminer (le flingue remplaçant le couteau). Si cela manque d'originalité, on appréciera cependant le long passage en prison, dont la perversité n'a rien à envier à certains passages de la tétralogie originale. La vengeance y étant à la hauteur de nos espérances (sus à la vieille sorcière, brûlée comme sur un bûcher), on ne reprochera pas à Yutaka Kohira d'avoir repris l'essentiel du propos tenu dans les quatre précédents volets même si tout cela sent tout de même un peu le réchauffé. Visuellement, le japonais aborde le thème sans grande originalité, à par peut-être une courte séquence paranoïaque et kaléidoscopique. Une expérience visuelle que le réalisateur ne poursuivra malheureusement pas le reste du long-métrage. Peut-être dans les prochaines aventures intitulées La nouvelle femme scorpion : Cachot X et qu'il réalisa la même années ?

 

dimanche 11 avril 2021

Mélodie de la rancune de Yasuharu Hasebe (1973) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Alors que dans le précédent volet La tanière de la bête de Shun’ya Itō le réalisateur annonçait la fin des aventures de Nami Matsushima, un autre cinéaste va remettre les pendules à l'heure et en décider autrement après seulement quelques mois. À l'issue du tournage de Mélodie de la rancune, quatrième et dernier volet de la première série de longs-métrages consacrés à la femme scorpion, l'actrice Meiko Kaji qui fut jusque là l'interprète exclusive du personnage de Nami continuera vers une longue carrière, la dernière information la concernant se situant autour de l'année dernière sur le tournage de The Voice of Sin réalisé par son compatriote Nobuhiro Doi. Sans la moindre fioriture, le réalisateur Yasuharu Hasebe reprend le flambeau avec une Mélodie de la rancune en totale concordance avec les trois précédents volets. Si celui-ci sonne comme une certaine continuité dans l'écriture puisque Hirô Matsuda et Tooru Shinohara y sont toujours aux commandes,ils sont rejoints par le scénariste Fumio Kônami qui les avait quitté sur le précédent volet. Yasuharu Hasebe accompagne d'ailleurs les trois hommes sur l'écriture et tous les quatre mettent au monde un récit qui démontre que le nombre ne fait pas forcément la force et qu'un scénario écrit à huit mains n'est pas obligatoirement une valeur sûre. Comme le prouve ce Mélodie de la rancune qui sans être mauvais ne surprendra jamais les fans de la franchise. Demeure cependant une chose sûre. Yasuharu Hasebe conserve le goût que cultivait Shun’ya Itō pour la violence la plus crue. Les viols et les agressions n'ayant pas disparu, l'entourage de l'héroïne en prend pour son grade. Mais malgré quelques séquences particulièrement gratinées comme le viol en réunion d'une gardienne de prison par des flics de plus en plus corrompus, Mélodie de la rancune sonne parfois comme un message d'espoir qui malheureusement ne tiendra pas longtemps face au nihilisme de certaines séquences...


Car oui, Nami Matsushima rencontre ici l'amour auprès d'un homme qui l'a prise sous son aile et lui a offert un toit. Rare exemple de la gente masculine qui dans l'univers de la femme scorpion a tendance à marquer en permanence sa supériorité physique et sociale sur ses congénères du sexe opposé. Autant dire que dans le contexte social délirant qui parasite actuellement notre pays la projection d'un tel film sur grand écran serait inenvisageable ! Sans être jamais sensuelle ou appétissante, la sexualité est souvent vécu ici comme un acte violent. La franchise nous aura dressé tout un panel de déviances dont le viol collectif n'est pas des moindres. L'héroïne n'est finalement désormais pas la plus à plaindre puisque autour d'elle souffrent des individus dans des conditions encore plus déplorables. Et à ce titre, son compagnon justement, Yasuo Kudo (qu'interprète l'acteur Masakazu Tamura), un ancien activiste de gauche victime de tortures de la part d'une police répressive (le film semble d'ailleurs faire référence à l'armée rouge japonaise) avec lequel elle va nouer une véritable amitié et une relation intime réelle avant que sous la pression, celui-ci ne la trahisse. Et donc, retour à la case départ pour Nami qui doit être exécutée par pendaison dans les cinq mois à venir. On ne s'étonnera pas d'y voir des gardiennes fouetter les geôlières tandis que Nami sera menacée et violentée à plusieurs reprises par un flic qui l'accuse d'être responsable de la mort de sa femme...


Incarné par l'acteur Hiroshi Tsukata, l'inspecteur Hirose est un digne descendant des crapules qui jusque là se sont succédé pour faire vivre un enfer à Nami. Une femme scorpion capable cette fois-ci d'enchaîner deux ou trois phrases sans imposer de longues minutes de silence entre elles. Mais ne vous excitez pas. Les occasions d'entendre la toujours aussi troublante Meiko Kaji se font rares. Si mes souvenirs sont bons, on l'y entend s'exprimer à deux occasions dont l'une est effectuée dans l'ombre et hors champ de la caméra. Déjà que l'épisode précédent était avare en matière de délires visuels, Mélodie de la rancune en est carrément exsangue. Comparé aux trois premiers volets, celui de Yasuharu Hasebe fait preuve d'un minimalisme et d'une totale absence d'imagination qui l'empêchent de se distinguer du tout venant dans ce type de production. Le film ne repose en fait que sur quelques séquences bien tordues comme savait et sait toujours en produire le cinéma japonais et sur la charismatique présence de Meiko Kaji bien entendu. Le film se clôt sur le superbe Main Theme du compositeur Shunsuke Kikuchi qui jusque là a parcouru les quatre longs-métrages. C'est donc avec regret que la première saga s’interrompe et que l'actrice Meiko Kaji abandonne son interprétation de la femme scorpion...

 

dimanche 4 avril 2021

La Femme scorpion (女囚701号/さそり, Joshū 701-gō : Sasori) de Shun'ya Itô (1972) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

1972 est l'une des dates importantes dans l'histoire du cinéma japonais. Et si le long-métrage dont il est question dans cet article ne fait certes pas partie des plus longues sagas qu'aient produit le pays (parmi lesquelles on trouve notamment la saga Zatoïchi et ses vingt-sept longs-métrages!) ni des plus connus, La Femme Scorpion est de ces cycles qui s'avèrent absolument immanquables. Tout commence donc il y a presque cinquante ans. Le réalisateur japonais Shun'ya Itô débute sa carrière avec le tout premier volet d'une saga qui en comptera six entre 1972 et 1977. D'autres épisodes verront le jour beaucoup plus tard, à partir de 1991. Quatre nouveaux épisodes qui étendent leur champ d'action entre ce début des années quatre-vingt dix et 1998, sortie du dernier volet en date Scorpion: Double Venom 2 de Ryōji Niimura. Plusieurs cinéastes se seront partagés la tâche à travers un peu plus d'un quart de siècle mais c'est bien à Shun’ya Itō et aux scénaristes Fumio Kōnami et Hiroo Matsuda que l'on doit l'existence sur grand écran de la femme scorpion, de son vrai nom Nami Matsushima, personnage créé à l'origine par le mangaka Tōru Shinohara. Héroïne vengeresse, elle est dans cette première adaptation cinématographique une jeune femme trahie par Sugimi, un inspecteur de police dont elle est éprise et qui après lui avoir demandé d'infiltrer un groupe faisant partie de la mafia japonaise se retrouve enfermée en prison en compagnie de codétenues et de geôliers dont elle va être le souffre-douleur. Une martyre sur laquelle glisse les souffrances physiques et psychologique. Incarnée à quatre occasions dans la saga par l'actrice Meiko Kaji, Nami Matsushima surnommée ''Le Scorpion'' va tenter dans ce premier volet d'échapper à sa condition de prisonnière innocente afin de recouvrer la liberté et de retrouver son ancien amant afin de lui faire payer sa trahison...


Mais jusqu'à ce que l'héroïne parvienne à se libérer de ses entraves, le film de Shun'ya Itô va non seulement mettre à rude épreuve la jeune femme ainsi que les rares amies sur lesquelles elle peut encore compter mais aussi les spectateurs. Car La Femme Scorpion est WIP (Women In Prison, ou film de prison presque exclusivement interprété par des femmes) relativement violent qui ne nous épargne que trop rarement les sévices auxquels s'adonnent de lubriques gardiens de prison, mais également certaines (voire la majorité) des prisonnières qui en matière de brutalité redoublent d'imagination. Teinté d'un érotisme plus malsain que véritablement troublant, La Femme Scorpion enchaîne en effet les séquences violentes lors desquelles un sang bien rouge coule des jambes, des bras ou du visage des pensionnaires mais aussi parfois de l’œil d'un gardien, un énorme morceau de verre enfoncé dans l'orbite droit ! Si l'ensemble ressemble à un étalage d'atrocités gratuites, Shun'ya Itô les met en scène de manière relativement inventive et exerce un certain sens de la mise en scène. Voire Nami à terre, humiliée, trompée, filmée en gros plan, le décor en arrière-plan changeant, ou filmée par en dessous, allongée sur une plaque vitrée permettant d'assister à l'humiliation de son amant en plongée et sous divers éclairages...


Escaliers forçant les prisonnières à lever les jambes chaque fois qu'elles font un pas... un système permettant aux gardiens situés sous les marches de reluquer l’entrejambe de ces dames vêtues d'un uniforme plutôt léger et d'une culotte pour les plus chanceuses. Quelques séquences de nudité ça et là, quelques poitrines à l'air, une ou deux scènes de douches, du bondage et des coups de bâtons. Tout ceci peut paraître gratuit mais participe pourtant d'une certaine logique. Celle qui façonnera l'esprit et le corps de Nami Matsushima. Une héroïne, une Sasori (scorpion en japonais), dont la seule motivation deviendra alors, la vengeance. De son regard perçant, Meiko Kaji fige l'espace et le temps. De sa beauté toute juvénile, elle contraste avec le quotidien sordide qui est le sien. Si les décors sont on ne peut plus classique pour ce genre de long-métrage, la photographie de Hanjiro Nakazawa et la bande originale de Shunsuke Kikuchi font parfois des miracles. Le choix de certains cadrages et de certains éclairages apportent ce petit plus qui élève l’œuvre bien au delà du classique WIP. Plus que la violence extrême de certaines séquences manquant pourtant parfois de crédibilité ou de réalisme (que les interprètes retiennent leurs coups est une évidence un peu trop appuyée), La Femme Scorpion est une très belle réussite et une entrée en matière idéale dans l'univers de son héroïne...

 

mardi 18 juillet 2017

Red Heat de Robert Collector (1985) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Si le terme peut paraître un tant soit peu exagéré, la seconde incartade de l'actrice Linda Blair en prison est un peu plus... subtile que dans le précédent (et navrant) Chained Heat. Contrairement à ce que laisse envisager le titre du film de Paul Nicholas, celui réalisé par Robert Collector n'a aucun rapport scénaristique est n'est pas une suite. D'ailleurs, à ce propos, Chained Heat fut renommé en vidéo Red Heat II après la sortie de Red Heat afin d'assurer de nouvelles ventes. Mais ne nous y trompons pas, les personnages ainsi que les interprètes, en dehors de Linda Blair n'ont rien de commun. Exit donc Sybill Danning, Henry Silva et les autres. Désormais, le casting est constitué de Sue Kiel, William Ostrander et surtout Sylvia Kristel. Cette dernière se rendit célèbre dans le monde entier grâce à son interrpétation d'Emmanuelle dans le film éponyme de Just Jaexkin.
Linda Blair campe désormais le rôle de Christine Carlson. En vacances en Allemagne, la jeune femme tombe dans un piège fomenté par le KGB et se retrouve enfermée dans une geôle berlinoise qui n'a rien à envier aux prisons américaines. Chrsitine va devenir le témoin des violences perpétrées par les codétenues ainsi que par les gardiens dont la perversité n'a rien à envier aux prisonnières.

A tous points de vue, Red Heat enterre son homologue germano-américain. Saphisme, viols et maltraitances sont au rendez-vous de ce Women in Prison fort alléchant. Les filles se déshabillent avec toujours autant de facilité et les sévices font preuve d'une grande imagination. A croire que Robert Collector prend un malin plaisir à exhiber ses actrices dans des situations plus humiliantes les unes que les autres. Contrairement à Chained Heat, la violence de Red Heat pourra en rebuter certains. Les interprètes semblent s'être investies dans leur rôle, ce qui n'était pas le cas précédemment. La prison est bien plus inquiétante, Linda Blair beaucoup plus convaincante et Sylvia Kristel à mille lieues du célèbre personnage qu'elle interpréta onze années auparavant.

On pourra toujours arguer que le scénario ne tient qu'en quelques lignes, c'est vrai. D'une certaine manière, cela n'a pas d'importance puisque le style et le genre s'y prêtent parfaitement. L'une des principales distinctions que l'on puisse faire entre les deux films, c'est l'approche moins érotique (d'un point de vue nudité puisque les scènes de sexe, elles, demeurent toujours aussi nombreuses) et plus violentes des actes perpétrés. Alors que l'on se fichait du sort des 'pensionnaires' de Chained Heat, certains actes perpétrés dans Red Heat pourraient retourner l'estomac des plus fragiles et notamment des femmes qui pourraient, devant un tel étalage de violence critiquer le caractère misogyne du film de Robert Collector.
Red Heat donne parfois le sentiment de n'être qu'un sursaut vain offrant à deux actrices dont le succès fut rapide et fulgurant (L'Exorciste pour Linda Blair, et donc Emmanuelle pour Sylvia Kristel), la possibilité de surnager dans l’impitoyable univers qu'est le septième art. Les derniers soubresauts de deux femmes qui ne retrouveront jamais l'état de grâce qu'elle connurent des années en arrière. Des deux WIP interprétés par Linda Blair, s'il fallait n'en voir qu'un, ce serait celui-là, sans doute possible...

samedi 15 juillet 2017

Chained Heat de Paul Nicholas (1983) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆


Linda Blair dans un WIP (Women in Prison). Ouais, pourquoi pas. Dix ans tout rond après avoir joué la gamine possédée de L'Exorciste de William Friedkin, l'actrice a un peu vieilli. La voici désormais adulte, et même si forcément ses traits se sont légèrement durcis, on reconnaît aisément celle qui traumatisa des millions de spectateurs en 1973. Pour ceux qui voudraient qu'on les ménage après l'expérience éprouvante que fut ce monument du cinéma d'épouvante, je ne vous conseillerai guère ce Chained Heat signé et co-écrit par Paul Nicholas. Non pas que le film atteigne un degré d'horreur aussi important que celui de L'Exorciste, mais il demeure parmi les films les plus mauvais qu'il m'ait été donné de voir récemment. Et pourtant, des kilomètres de pellicules, j'en bouffe chaque semaine, chaque mois, et à longueur d'années. Aux États-Unis, lors de son premier week-end en salle, le film rapporte plus de deux millions deux-cent cinquante mille dollars à ses investisseurs. De quoi éprouver des difficultés quant à savoir les raisons qui ont poussé les gens à perdre plus d'une heure trente en salle pour aller voir ce mauvais WIP (quel euphémisme!).

Sans doute la notoriété de Linda Blair n'a-t-elle pas été étrangère à tout ceci. Ou bien la présence de Sybil Danning, de John Vernon, ou bien encore de Henry Silva ont-il contribué à l'aura d'une œuvre en tout point ratée. En effet, Chained Heat accumule les tares. Déjà, le sujet ô combien rabattu de l'innocent que l'on enferme en prison par erreur (ou de manière abusive comme cela est le cas ici) est traité de manière simpliste. Le récit s'articule autour de Carol Henderson (Linda Blair) qui parce qu'elle a tué un homme accidentellement alors qu'elle était au volant de sa voiture se retrouve en prison. Mais pas n'importe laquelle des géôles puisque celle-ci renferme une autorité au moins aussi dangereuse et pervertie que les prisonnières elles-mêmes.
Le danger étant partout, la pauvre Carole ne peut se fier qu'à elle-même. Ou presque puisqu'elle pourra compter sur le soutient de Val (l'actrice Sharon Hugues), sa seule amie en prison. A part cette dernière, Chained Heat dresse le portrait peu reluisant d'un établissement carcéral où se déroulent de bien étonnantes pratiques. Les prisonnières, lorsqu'elles ne sont pas les victimes d'abus sexuels de la part de leurs co-détenues servent de viande fraîche à de vieux messieurs qui n'hésitent pas un seul instant à abuser d'elles. Il est également question de drogue, et de conflits raciaux entre blancs et noirs, les deux chefs rivales étant quant à elles interprétées par Sybil Danning et Tamara Dobson.

Pour couronner le tout, même les gardiens participent aux ébats. Les détenues n'hésitent pas à se dévêtir devant l'objectif de la caméra. Linda Blair elle-même en fait les frais. Le directeur de la taule est aussi dingue et pervers que les autres et rien n'y personne ne semble tourner rond. Malgré toutes ces appétissantes friandises, Chained Heat est d'un ennui abyssal. Je ne vous parle même pas de la version française doublée à la truelle. On sent bien qu'aucun des interprètes ne se sent investit par le rôle qui lui a été confié. L'interprétation est si mauvaise, qu'à aucun moment on a envie d'arracher ces pauvres femmes aux conditions infamantes qui leurs sont imposées. Une série B à éviter...
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