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jeudi 1 octobre 2026

Insidious: The Red Door de Patrick Wilson (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆


Tandis que la famille Lambert a laissé la place aux Brenner dans Insidious : Chapitre 3 et aux Rainier dans Insidious : La Dernière Clé, le cinquième volet de la franchise créée par Leigh Whannell et tout d'abord réalisée par James Wan marquait en 2023 le retour à l'écran des principaux membres de la famille d'origine constituée de Josh (Patrick Wilson), de son ex épouse Renai (Rose Byrne) ou encore de Dalton (Ty Simpkins). Avant que l'intrigue ne se déroule neuf ans après les précédents événements au centre desquels furent plongés les Lambert, Insidious: The Red Door démarre par une séquence durant laquelle le père et le fils sont plongés sous hypnose afin qu'ils oublient tout de leur affrontement avec les démons. Afin de protéger Dalton, ses parents vont en outre lui faire croire que durant cette période celui-ci fut plongé dans le coma. Neuf années passent et l'adolescent part faire ses études dans une école d'art afin d'y perfectionner son talent de dessinateur. Accompagné par son père, lui et Josh ne se quittent pas en bons termes. Partageant pour le moment sa chambre d'étudiant avec l'étudiante Christina Winslow (Sinclair Danie), Dalton est pris de vertiges lorsque durant un cours administré par la prof Armagan (Hiam Abbass), le jeune homme dessine une porte. Sans le savoir puisqu'il n'a conservé aucun souvenir des événements ayant eu lieu près d'une décennie en arrière, Dalton vient involontairement d'ouvrir une brèche donnant directement sur le ''Lointain'' et sur les démons qui y vivent. De son côté, Josh commence à avoir des visions cauchemardesques. Perturbé par son absence de liens vis à vis de sa famille et incapable de mettre de l'ordre dans certains de ses souvenirs, il se lance dans une quête de vérité. Un concept que partage à l'université Dalton qui lui aussi est désormais harcelé par d'abominables visions... Ce cinquième et avant-dernier opus de la franchise Insidious dont le dernier volet est récemment sorti sur les écrans sous le titre Insidious : L'Invasion du Lointain fait donc fi des troisième et quatrième longs-métrages pour se recentrer sur la famille d'origine de la saga. Réalisé par Patrick Wilson qui endosse donc ici les rôles de réalisateur et d'interprète du père de famille, Insidious: The Red Door est scénarisé par Scott Teems...


C'est la première fois que ce dernier intervient dans la franchise, lui qui la même année concevra aux côtés de Peter Sattler et de David Gordon Green le script de L'Exorciste : Dévotion qui devait être le premier volet d'une nouvelle trilogie reposant sur le chef-d’œuvre éponyme de William Friedkin avant que le projet ne soit finalement abandonné. Dans cette quatrième itération, Patrick Wilson renoue donc avec la famille constituée par son propre personnage, l'ex épouse ici très peu visible à l'écran et surtout son fils Dalton avec lequel il entre régulièrement en conflit. Critiqué, malmené, incendié par la plupart des critiques et des spectateurs, Insidious: The Red Door demeure sans doute pour certains le plus incompris de toute la saga. En effet, Patrick Wilson et son scénariste semblent être davantage et en priorité motivés par l'idée d'évoquer la cellule familiale. Celle-là même qui a éclaté et que les horreurs auxquelles les différents protagonistes vont être bientôt confrontés pourraient peut-être permettre de recoller les morceaux. Alors oui, bien sûr, Patrick Wilson prend son temps. Oui, le film ne prend pas immédiatement d'assaut les personnages. Et quand bien même les spectateurs seraient uniquement venus assouvir leur soif inextinguible pour les démons, les jumpscares et autres joyeusetés horrifiques, Insidious: The Red Door rencontre le même soucis pour ces dernier que le dernier volet de la franchise Conjuring intitulé L'heure du jugement. Cette propension à plonger les spectateurs dans l'intimité des personnages qui semble donc pour eux incompatible avec le concept de film d'horreur. Et pourtant, bien avant que le film de Patrick Wilson ne joue comme les précédents avant lui la carte de la facilité, ce sont sans doute ces moments de pure communion avec les personnages de Josh et de Dalton qui offrent au long-métrage ses rares qualités. N'en déplaise à ceux qui affirment le contraire et qui voient en ces séquences la somme, le résultat, d'une œuvre à minina ennuyeuse et au pire, merdique au dernier degré. Sans dire que le film est un chef-d’œuvre puisqu'il n'est que le énième avatar de légions de films reposant sur le même concept, Insidious: The Red Door reste relativement agréable à regarder. Surtout durant les trente ou quarante premières minutes, avant que tout ne se mette à dégénérer...


samedi 28 octobre 2023

Insidious : The Last Key d'Adam Robitel (2018) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Voilà, nous arrivons presque au terme de la franchise Insidious puisque après ce quatrième volet, il n'en restera plus qu'un, sorti en cette année 2023. À moins que d'autres projets concernant la saga initiée par James Wan en 2010 ne viennent de nouveaux bouleverser l'ordre établi dans un avenir prochain. Pour ce quatrième volet, son auteur aura au moins fait l'effort d'apporter au nom de la célèbre franchise horrifique, un sous-titre nettement moins commun que les précédents volets. Dans Insidious : The Last Key, la famille Lambert réapparaît pour un court instant sous forme de caméo. Comme pour le précédent épisode qui se concentrait sur Elise Rainier et ses acolytes Specs et Tucker, cette nouvelle aventure est axée sur ces trois personnages et plutôt qu'un retour au présent, le récit prend directement suite après les événements de la préquelle sortie trois ans auparavant en 2015. Ignorer ce qu'une partie de la critique affirma au sujet de ce quatrième volet, c'est fermer les yeux sur ce que peut apporter de nouveau Insidious : The Last Key qui n'est pas qu'un éternel recommencement. Alors bien sûr, le concept étant ce qu'il est, personne ne s'étonnera d'y retrouver encore et encore ces séquences d'effroi, ces voyage dans le monde astral et ces créatures hideuses auxquelles a été apporté un certain soin dans cette séquelle du précédent épisode. Prenant à cœur sa profession, Elise Rainier exige de ses deux collaborateurs qu'ils s'habillent de manière beaucoup plus pertinente qu'ils n'en n'ont l'habitude. Surtout que pour la nouvelle enquête qui se profile, les enjeux vont être de taille. Leigh Whannell abandonne la mise en scène au profit d'un nouveau venu mais conserve toujours la responsabilité de l'écriture et le rôle de Steven Specs qui dans cet opus va littéralement tomber sous le charme d'un nouveau personnage. Mais nous reviendrons sur ce sujet un peu plus loin. Originaire du Massachusetts aux États-Unis, Adam Robitel réalisa avant Insidious : The Last Key, un making-of consacré au 2001 Maniacs de Tim Sullivan, un court intitulé Love Your Customers en 2007 et un premier long-métrage sorti sous le titre L'étrange cas Deborah Logan sept ans plus tard.


Le réalisateur écrivant jusque là lui-même ses propres scénarii, Leigh Whannell ne lâche ici pourtant pas son poste et c'est plutôt une bonne chose. Car quoi qu'en disent les ''spécialistes'' ou les fans de la première heure, ce quatrième volet bénéficie sans doute du script le plus riche. En remontant non plus seulement aux sources du Mal mais aux origines d'Elise Rainier elle-même, Leigh Whannell tape dans le mille et propose une œuvre qui n'est plus simplement horrifique (les occasions de sursauter seront d'ailleurs moins nombreuses) mais à certaines occasions, plutôt émouvante. Insidious : The Last Key permet ainsi au spectateur de découvrir le père particulièrement violent d'Elise alors évoquée lors de sa prime jeunesse ainsi que l'existence de son frère Christian qu'interprète Bruce Davison, acteur à l'imposante filmographie au sein de laquelle on le vit notamment incarner l'un des principaux rôle de Crimes of Passion de Ken Russell en 1984 ou Short Cuts de Robert Altman en 1993. Abandonné par sa sœur qui, n'en pouvant plus d'être battue par leur père chaque fois qu'elle manifestait sa peur lors des différentes apparitions de fantômes, s'était enfuie de chez eux, Christian eut deux filles qui à l'écran apparaissent toutes les deux sous les traits de Spencer Locke (qui interprète ainsi Mélissa Rainier) et Caitlin Gerard (qui incarne quant à elle sa sœur Imogen). Du côté des créatures, exit celles des précédents volets. Parker Crane qui apparaissait dans le second et le troisième chapitres est remplacé dans ce quatrième chapitre par une nouvelle entité maléfique du nom de Keyface. Une apparition incarnée à l'image par l'acteur espagnol Javier Botet, surtout connu pour avoir interprété le rôle de l'effrayante Niña Medeiros dans la franchise [●REC] de Jaume Balagueró et Paco Plaza. La particularité de cette dernière, outre sa silhouette émaciée, son visage monstrueux semblable à un crâne recouvert d'une fine couche de peau et ses longs cheveux, est de porter au bout des doigts, des clés. Celles du titre. Cette créature semble donc avoir pour utilité principale celle de pouvoir ouvrir les fameuses ''portes rouges'' régulièrement évoquées !


Insidious : The Last Key est une nouvelle fois l'occasion pour la franchise d'asséner au spectateur quelques Jump Scares parfois redoutablement efficaces. L'on pense notamment à cette séquence située dans une bouche d'aération encombrée de valises au contenu macabre. La caméra détourne alors avec intelligence l'attention du spectateur pour mieux le piéger et ainsi le faire sauter de son siège ! Le réalisateur et le scénariste s'amusent à entrecouper le film de quelques petites séquences amusantes mais parfaitement inutiles comme lorsque Specs tente de séduire l'une des nièces d'Elise. Une Elise qui d'ailleurs n'aura jamais été aussi émouvante que dans ce quatrième chapitre qui s'intéresse aux conflits qui l'opposaient à un père très violent et ''sinistrement'' interprété par Josh Stewart. Notons que le script crée une intéressante connexion entre le passé douloureux de l'héroïne et la mission première qu'elle et ses deux collaborateurs se sont engagés de mener à bien. Sans livrer la moindre clé s'agissant de l'enquête qu'ils mèneront tout d'abord au sein de la demeure d'enfance d'Elise, disons que ceux qui connaissent Don't Breathe que Fede Alvarez réalisa en 2016 comprendront. Certains effets de surprise passés, Insidious : The Last Key repose sur un scénario plus solide qu'à l'habitude. Leigh Whannell offre à Adam Robitel un script passionnant et même si l'horreur et l'épouvante y demeurent redondantes, ce qui peut facilement se comprendre au bout de quatre longs-métrages, cet opus est sans conteste le meilleur de tous. Cette ''Dernière Clé'' évoquée par le titre pouvait laisser entendre que la franchise allait prendre fin en cette année 2018, et pourtant... Avec un budget ne dépassant pas celui du précédent volet, le film rapporta à l'échelle internationale presque cent-soixante dix-millions de dollars. Soit cinquante-cinq millions de plus que Insidious : Chapter 3. Insidious : The Last Key affichera même un résultat supérieur au second qui jusque là obtint les meilleurs résultats. Les fans devront patienter cinq années supplémentaires pour que réapparaissent à l'image les membres de la famille Lambert dans un cinquième chapitre intitulé Insidious : The Red Door dans lequel, malheureusement, les personnage d'Elise, de Specs et de Tucker n’apparaîtront que sous forme de caméo...

 

jeudi 26 octobre 2023

Insidious : Chapter 2 de James Wan (2013) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Il y a trois ans, je découvrais pour la première fois le premier volet de la franchise Insidious et malgré les qualités que je lui prêtais alors, je n'en ai gardé que de vagues souvenirs. Du producteur, réalisateur et scénariste australien James Wan j'avais alors davantage de prédispositions pour une autre de ses franchises. La série de films intitulés The Conjuring. Des longs-métrages narrativement beaucoup plus proches du concept que j'avais déjà pris le temps d'apprécier des décennies en arrière. Burnt Offerings de Dan Curtis en 1976, La sentinelle des maudits de Michael Winner en 1977, Amityville, la maison du Diable de Stuart Rosenberg en 1979 ou encore The Changeling de Peter Medak l'année suivante pour ne citer que les meilleurs d'entre tous. C'est donc avec dix ans de retard que je découvrais ce qui semblait être devenu comme la nouvelle référence en matière de fantômes, poltergeist (ou, esprits frappeurs), spectres et autres ectoplasmes plus ou moins malfaisants. Ma belle-fille, je m'en souviens maintenant très clairement, m'avait vendu la chose comme une expérience authentiquement terrifiante. Ce que, malheureusement, Insidious ne fut jamais vraiment et je ressortais même de la projection plutôt amusé. Si je n'ai conservé que peu de souvenirs de ce premier volet, rien de grave car d'emblée, la suite sobrement intitulée Insidious : Chapter 2 fut là pour me rappeler les enjeux de cette franchise qui allait atteindre le symbolique chiffre 5 cette année 2023 avec un dernier volet que j'aurai peut-être le plaisir ou le dégoût de découvrir un jour. En attendant, la difficile tâche qui m'incombe aujourd'hui est de revenir sur ce second opus dans lequel nous retrouvons la majeure partie des interprète du premier épisode. On ne va pas tous les citer mais Elise Rainier, Steven Specs, Tucker et les membres de la famille Lambert constitués de Josh, de Renai, de Dalton, de Loraine, de Foster et de Kali respectivement interprétés par Lin Shaye, Leigh Whannell, Angus Sampson, Patrick Wilson, Rose Byrne, Ty Simpkins, Barbara Hershey, Jocelin Donahue, Andrew Astor ainsi que les sœurs Bryn et Madison Bowie ont de nouveau répondu présent !


Du côté de la réalisation, James Wan est donc toujours au poste et Leigh Whannell fidèle à celui de scénariste. À la production, on retrouve évidemment Jason Blum mais aussi Oren Peli, ce qui n'est pas forcément un gage de qualité vu que le bonhomme n'a dans sa vie réalisé que deux longs-métrages (Paranormal Activity et Zone 51) et que l'un comme l'autre sont, selon l'expression consacrée d'un certain Jacquouille la Fripouille, deux bonnes grosses ''Boules de merdasse'' !!! Bref, cette nouvelle aventure démarre de manière plutôt classique quoique un brin abrupte puisque l'on retrouve certains membres de la famille Lambert toujours aux prises avec la présence maléfique du précédent volet. Une séquence lors de laquelle Elise Rainier tente de leur venir en aide mais trouve la mort dans de mystérieuses circonstances. Très vite soupçonné mais rapidement innocenté, Josh, le père, se comporte de manière fort inquiétante. L'acteur livre ici une interprétation qui dénote avec celle, nettement plus empathique, qu'il incarne dans la franchise The Conjuring et dans laquelle, je le rappelle, il interprète le personnage d'Ed Warren, époux de Lorraine avec laquelle, ce protagoniste ayant réellement existé, il compose un couple connu comme le plus célèbre de chasseurs de fantômes. Avec Insidious : Chapter 2, James Wan et le scénariste se sont littéralement lâchés. À tel point que cette suite ressemble plus à un catalogue réunissant à peu près tout ce que le thème des fantômes peut réunir dans sa mythologie. Un choix qui se fera au détriment de cohérences scénaristiques et narratives. Entre visite d'une demeure abandonnée et d'un hôpital désaffecté en mode Urbex, chuchotements, objet jetés à terre, jouets se déclenchant comme par (dés)enchantement, silhouettes fantomatiques et j'en oublie des vertes et des pas mûres, Insidious : Chapter 2 propose de ce côté là, un challenge nettement plus important que la concurrence même si cela doit défier certaines règles de la logique. Et parce que cela ne suffit pas, le récit intègre pour la première fois le personnage de Peter Crane (l'acteur Tom Fitzpatrick) que l'on comparera (ou pas) au sinistre révérend Henry Kane qu'interpréta en 1985 l'acteur Julian Beck alors atteint d'un cancer de l'estomac dont il mourut quelques mois seulement après la fin du tournage de Poltergeist 2.


Peter Crane semblerait donc avoir un lien direct avec toute cette affaire. Ancien patient apparemment atteint d'un grave trouble œdipien, il tenta alors de se castrer avant de se retrouver dans le service des urgences où travaille justement Lorraine Lambert, la mère du gamin supposé avoir le don de voyager dans le monde astral et ainsi de côtoyer les morts. Ce qu'il y a de terrible avec ce genre de long-métrage est le sentiment de coup de vieux qui nous étreint lorsqu'au détour d'un commentaire laissé par un supposé journaliste spécialisé dans le cinéma d'épouvante, l'on découvre que le film est en priorité réservé à un public jeune. Autant dire que l'on se sent rapidement rejeté et que l'idée même que l'on puisse apprécier le film en question doit être, au mieux, dissimulé ! Et au pire, banni de toute conversation entre adultes. Mais que voulez-vous, malgré les références que l'on accumule et ce jugement souvent hâtif qui naît souvent de critiques aigris par la vieillesse et l'arrogance de ceux ''qui savent'', et bien... allez... je saute à pieds joints : j'ai bien aimé cette suite ! Ouais. Bien que le script soit réellement bordélique et que la peur ou du moins celle que sont censées représenter les différentes apparitions, soit artificiellement accompagnée d'innombrables Jump Scares, j'avoue ne m'être jamais ennuyé. Quasiment chaque plan est l'occasion d'une vision plus ou moins sinistre. Et même si l'on est un peu trop habitués à ce genre de pratique qui consiste à placer au bon endroit et au bon moment le cri strident d'un archet glissant sur les cordes d'un violon ou de grands boums, paf et autres bruits que l'on reproduira par onomatopées, cela fonctionne. Parfois, mais pas toujours. En ces termes, la première heure est franchement réussie tandis que la dernière partie semble aller tout droit dans le mur en multipliant des actes qui se voudraient de bravoure mais qui finalement relèvent de l'absurde. James Wan et Leigh Whannell y ont mis tellement de choses que l'on peut se demander de quelle manière ils auront réussi à aborder le troisième volet. Réponse dans un prochain article, peut-être...

 

samedi 23 mai 2020

Insidious de James Wan (2010) - ★★★★★★☆☆☆☆



Jason Blum et Oren Peli à la production... Des noms qui sonnèrent sans doute déjà la mode en 2010 et qui ornèrent les affiches de ce premier volet de la saga Insidious. Lorsque l'on pense que le premier a manqué de flair en refusant de participer à la production de ce petit film qu'est Le Projet Blair Witch de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, devenu culte depuis sa sortie, on se demande encore comment... Et que le second s'avère être coupable de l'une des plus grandes escroqueries de l'histoire du cinéma en ayant osé réaliser l'immense daube qu'est Paranormal Activity... Et pourtant, plutôt que de cacher leur participation en tant que producteurs (il faut croire que le public n'a pas de mémoire ou s'avère avoir mauvais goût en matière de films d'horreur) ? James Wan, auteur entre autres de Saw en 2004, ou des deux premiers volets de Conjuring en 2013 et 2016, les exhibe, comme d'incontournables références cinématographiques. En 2011, année de sortie de Insidious sur le plan international, James Wan avec ce premier volet, débute un nouveau concept. Enfin, de nouveau, comprenez par là qu'il l'est surtout pour ce tout jeune réalisateur qui réalisa son premier long-métrage à seulement vingt-trois ans avant de connaître le succès quatre ans plus tard avec Saw dont il confiera le soin de réaliser les séquelles à d'autres tout en demeurant à la production. Valeur sûre du cinéma d'épouvante, l'austro-sino-malaisien a jusqu'à maintenant consacré une très large partie de sa carrière de cinéaste à réaliser des films d'horreur dont Insidious, justement.

Une histoire de fantômes comme il s'avère plutôt commode de dire. Et d'ailleurs, ce premier volet navigue bien dans les eaux connues du film de maison hantée. Voyez par vous-même : des portes qui grincent et qui claquent. Des apparitions. Des bruits de pas, des rires et des chuchotements. Une famille qui vient d'emménager dans sa nouvelle demeure (un couple et leurs trois enfants) et très vite, des événements qui relèvent du surnaturel. Un mari absorbé par son travail, une épouse qui reste à la maison pour y écrire de nouvelles chansons au piano. Et surtout, un fils, le plus âgé, victime d'un mal étrange qui l'a plongé dans une sorte de coma le lendemain du jour où le soir-même, il fut victime d'un accident apparemment bénin survenu au grenier. Des médecins incapables de diagnostiquer sa maladie et un Dalton, c'est son prénom, alité dans sa chambre et entouré de tout un appareillage censé le maintenir en vie. Bref, l'environnement idéal pour que s'y développe une intrigue que le spectateur aura tôt fait de comparer à quelques grands classiques du genre, tels L'Exorciste de William Friedkin dans une toute petite mesure, ou Amityville, la Maison du Diable de Stuart Rosenberg dans une autre de toute autre envergure. Chacun ira de sa comparaison, allant parfois même jusqu'à évoquer un troisième classique indémodable : le Poltergeist co-réalisé par Tobe Hooper et Steven Spielberg...

Bon, autant le dire tout de suite, Insidious est beaucoup, beaucoup, beaucoup moins effrayant que certains l'affirment... à moins d'être sensible au moindre excès de volume sonore, au moindre ''BOUM'', au moindre ''jump scare'', il y a tout de même de fortes chances pour que le film vous laisse au mieux, le souvenir d'un joli mais innocent spectacle, et au pire, vous laisse totalement indifférent. Et là, je m'adresse bien évidemment à ceux qui se sont exercés des décennies auparavant sur les terrifiantes pellicules que furent Burnt Offerings de Dan Curtis en 1976 ou The Changeling de Peter Medak quatre ans plus tard... Dans les rôles principaux, l'acteur Patrick Wilson que l'on reverra par la suite chez James Wan avec la saga Conjuring (dont il partagera la vedette avec l'actrice Vera Farmiga qu'il retrouvera ensuite dans The Passenger de Jaume Collet-Serra en 2018), l'australienne Rose Byrne qui incarne ici son épouse Renai Lambert, mais également l'américaine Lin Shaye, grande habituée des films d'épouvante depuis les quasi débuts de sa carrière puisqu'elle joua notamment dans Alone in the Dark de Jack Sholder en 1982, Amityville: A New Generation de John Murlowski en 1993 ou encore Freddy sort de la Nuit de Wes Craven l'année suivante. La mise en scène de James Wan est soignée et la musique du compositeur Joseph Bishara apporte un petit plus non négligeable. Malheureusement, après une première heure classique mais intéressante, Insidious tombe dans les travers de la grandiloquence et l'on passe de l'épouvante pseudo-réaliste au fantastique totalement débridé. Cependant, le dernier tiers offre tout de même un voyage sur un plan astral morbide esthétiquement réussi. Mais de là à dire que Insidious fait peur, il ne faut tout de même pas exagérer. Au final, l’œuvre de James Wan est un film d'épouvante grand public, ni plus ni moins... To be continued...

vendredi 28 août 2015

28 semaines plus tard de Juan Carlos Fresnadillo (2007)



Mince alors ! Non pas 28 jours, 28 semaines ou 28 mois après le premier épisode mais seulement 10 jours, nous découvrons enfin 28 Semaines Plus tard, œuvre signée par le cinéaste espagnol Juan Carlos Fresnadillo faisant directement suite à la bombe 28 Jours Plus tard du talentueux cinéaste britannique Danny Boyle. Nous en attendions beaucoup, et même, peut-être un peu trop de cette suite trouvée dans un vide-grenier pour seulement deux petits euros. Le film vaut ces quelques pièces de monnaies déboursées sans même que nous ayons eu besoin de réfléchir au bien fondé de cette action. Il nous en aurait coûté quelques euros de plus que nous n'aurions sans doute pas été aussi cléments. Indulgents ? Oui, parce que contrairement à la presse et une large partie des critiques du dimanche qui comme nous pullulent sur le net, nous n'avons pas aimé le film de l'espagnol au point de lui octroyer le terme de chef-d’œuvre.

"Dans sa noirceur absolue, 28 Semaines Plus Tard entraine le genre vers des cimes visionnaires."

C'est donc ainsi que décrit le film l'excellent magazine Mad Movies qui, ici, s'emporte quelque peu. Une remarque qui colle en réalité plus au film de Danny Boyle qu'à celui de Juan Carlos Fresnadillo qui ne parvient jamais vraiment à rendre son œuvre aussi sombre et pessimiste que que celle de l'anglais qui œuvre dans le genre horrifique et lui donne de belles lettres de noblesse à travers un visuel remarquable. Fresnadillo et son 28 Semaines Plus Tard, c'est un peu James Cameron et son Aliens. Les deux hommes transforment en effet deux œuvres majeures du fantastique et de la science-fiction pour en faire des films musclés où le "militaire" prend l'ascendant sur tout le reste. D'une œuvre presque intimiste où l'interprétation avait autant d'importance que le scénario, la mise en scène ou les effets-spéciaux, Juan Carlos Fresnadillo ne retient que la substantifique moelle, laquelle se retrouve noyée sous un flot permanents de scènes d'actions orchestrées par une équipe un peu trop souvent atteinte de Parkinson.

La tension est présente, certes. L'espagnol renouvelle l'exceptionnelle noirceur qui recouvrait déjà d'une chape de plomb le film de Danny Boyle. Aussi, oui. Mais alors que 28 Jours Plus tard appartient à une catégorie de films œuvrant dans un registre porté par l'ambition d'une esthétique picturale que l'on retrouve notamment chez certains peintres de la renaissance, 28 Semaines Plus tard est beaucoup trop musclé, beaucoup trop nerveux pour laisser le temps au spectateur de contempler le naufrage dont est victime l'humanité, prise dans l'étau infectés-militaires. La fameuse scène de la ville mise à feu et à sang par l'armée, qui balance sans la moindre gêne des bombes au napalm, est significative de ce montage fait dans l'urgence et qui balaie la poésie morbide de ces humains brûlés par des souffles incendiaires. On aurait aimé que ces vision apocalyptiques durent et qu'elles ne soient pas aussi vite expédiées.

"Le meilleur film de zombies depuis trente ans"

Le magazine Première définie donc ainsi le film de Juan Carlos Fresnadillo. Soit le critique responsable de cette monumentale bévue n'a jamais rien vu d'autre que les derniers volets de ce qui, jusqu'à aujourd'hui, ne demeure encore "que" l'octalogie de George Romero, soit le bonhomme est d'une clairvoyance commune à l'auteur de l'article que vous êtes en train de lire. Car en effet, bien que la frontière entre infectés et zombie est parfois ambiguë dans le film de Danny Boyle, cette fois-ci, certaines morts nous poussent à penser que la limite entre les deux a été franchie. Des corps totalement dévastés capables de se mouvoir, cela ne vous rappelle-t-il rien ?
On retiendra également que le film de l'espagnol ne retient pas de véritable premier rôle. Il se débarrasse très vite Robert Carlyle de son statut de héros pour en faire un zombie décidément prêt à en découvre avec les siens puisqu'il persiste à apparaître chaque fois que l'on ne s'y attend pas. Un tel acharnement finit par devenir risible, décrédibilisant ainsi l’œuvre dans son ensemble. 28 Semaines Plus tard n'est définitivement pas le meilleur film de zombie des trente dernières années. Il n'en demeure pas moins un bon film de genre. Certains semblent même le préférer au premier, ce qui n'est pas le cas ici. Depuis quelques années des bruits courent sur un troisième épisode. Des propos tenus récemment par le scénariste Alex Garland laissent donc présager un troisième volet dont, pour le moment, nous ne détenons aucune information...


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