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vendredi 9 janvier 2026

Kombucha de Jake Myers (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le cinéaste canadien David Cronenberg demeure toujours une source d'inspiration pour les auteurs de films d'horreur. Car rien qu'en cette année 2025 déclinante, une dizaine de longs-métrages dont au moins la moitié qui ont fait parler d'eux sont sortis soit sur grand écran, soit directement sur diverses plate-formes légales de streaming. Parmi eux, l'excellent Bring Her Back, œuvre viscéralement passionnante signée des frères Danny and Michael Philippou qui déjà en 2022 avaient réussi à nous surprendre avec l''horrifique et très réussi Talk to Me sorti chez nous sous le titre La main. Notons également la version déviante de Cendrillon avec The Ugly Stepsister d'Emilie Blichfeldt, le Control Freak de Shal Ngo ou, évidemment, le Together de Michael Shanks dont tout le monde a probablement entendu parler. Sans oublier la production franco-belge Alpha, troisième film de l'auteure de la Palme d'or du festival de Cannes en 2021 avec le beaucoup trop surestimé Titane et qui cette année est encore une fois revenue avec une nouvelle proposition de Body Horror sans qu'une fois de plus elle ne parvienne à faire particulièrement briller le genre... Parmi les petits retardataires nous citerons enfin l'inattendu Kombucha de Jake Myers. Lequel n'a rien à voir avec un célèbre tueur en série masqué perpétrant des meurtres lors de la fête d'Halloween mais qui avec son dernier long-métrage adapte au format long son propre court-métrage Kombucha! qu'il réalisa deux ans en arrière. Le film dont le script repose sur l'écriture du metteur en scène mais aussi sur celle du scénariste Geoff Bakken suit les aventures du guitariste Luke Merritt (incarné par le très sympathique Terrence Carey). Après des années de ''galère'' à chercher à gagner sa vie, il croise tout à fait par hasard un très vieil ami qu'il n'avait pas revu depuis de nombreuses années et qui lui propose de travailler pour l'entreprise Symbio. La manageuse de la société accueille Luke et lui promet un avenir radieux s'il collabore efficacement dans le cadre d'une entreprise hyper-active qui pourrait très rapidement lui permettre de gagner des primes et mieux, de prendre du galon. Mais il demeure en revanche un étonnant ''rituel'' auquel s'adonnent tous les employés de Symbio. Chacun boit quotidiennement sa ''ration'' de Kombucha. Une boisson fermentée que déteste cependant Luke mais qui renferme dans le cas du produit proposé par l'entreprise dirigée par Kelsey (Claire McFadden) certains ingrédients qui demeurent secrets. Tandis qu'il vit séparé de son ex-petite amie Elyse (Paige Bourne), Luke se force à boire du Kombucha afin d'être réglé sur le mode de fonctionnement de l'entreprise. Et tandis que le jour de son embauche une femme se rue dans les locaux de Symbio afin d'accuser Kelsey d'être en partie responsable de la mort de sa fille, Luke se met à boire comme tout le monde sa dose de boisson fermentée jusqu'à en devenir dépendant... Causant ainsi quelques dérèglements d'ordre intestinal...


Un moindre mal en comparaison de ce qu'il va bientôt subir à l'image de quelques autres symptômes déjà nettement plus inquiétants...... Outre son côté Body Horror, Kombucha épouse également les contours d'un autre type de cinéma qui lui se rapproche davantage de la science-fiction que de l'horreur ou de l'épouvante. On pense ici au classique de Philip Kaufman L'invasion des profanateurs et de tous ceux qui lui ont succédé sans jamais l'égaler dans le sous-genre Body Snatchers ! Un concept fascinant qui fut et demeure encore aujourd'hui décortiqué sous toutes ses coutures et dont le principe est relativement simple : il s'agit en général d'une race extraterrestre qui pour se fondre dans la masse en toute discrétion et pour éventuellement préparer une invasion possède le corps d'hôtes humains. Une vision encore plus radicale lorsque la ''créature'', qu'elle soit extraterrestre ou non d'ailleurs, choisit carrément de remplacer l'homme ou la femme dont il conserve l'exacte apparence ! Ici, le sujet reste encore lointainement évoqué jusqu'à ce que Elyse mette enfin à jour la réalité de Symbio. Une entreprise qui un peu à la manière du génial Invasion Los Angeles de John Carpenter prépare donc de son côté l'invasion encore supposée d'une espèce venue d'une lointaine galaxie dont l'une des représentantes s'avère donc être Kelsey. Dans le genre Body Horror, le long-métrage de Jake Myers fait partie des tous meilleurs à avoir vu le jour cette année. Ne s'embarrassant pas d'effets de style scénaristiques ou visuels superflus, le film peut compter sur l'incarnation de ses différents personnages et notamment celle qu'offre Terrence Carey à ce pauvre Luke, ce sympathique musicien qui pour reconquérir le cœur de son ex va accepter un poste dont il ne soupçonnera que très tardivement les véritables enjeux. Bien que l'essentiel du film tourne autour du genre Horreur, Kombucha n'en est pas moins doté d'un certain humour qui contrairement aux habitudes des comédies horrifiques n'en fait pas des caisses mais s'avère être tout au contraire capable de doser l'attitude parfois amusante de Luke dans un contexte théoriquement inquiétant. Au final, Kombucha est vraiment une très bonne surprise. Frais sans être totalement innovant, il clôt en cette année 2025, le cinéma d'horreur en beauté...

 

mercredi 13 novembre 2024

It's What Inside de Greg Jardin (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Jusqu'à maintenant, le réalisateur, scénariste et chef monteur américain Greg Jardin s'était exercé sur divers courts-métrages et clips vidéos. Ces derniers semblent d'ailleurs avoir été une source d'inspiration inépuisable puisque sa première tentative sur le grand format est gorgée de visuels propres à la pop-music. Un délire artistique permanent qui peut très rapidement filer le tournis mais qui ne dépasse pas le cadre relativement nauséeux, voire kitschissime, de notre Bertrand Mandico national (Les Garçons sauvages, After Blue (Paradis sale)). Passé ce choix qui fait montre d'une ingéniosité technique assez remarquable, un point particulièrement noir vient percer la carapace du travail effectué par cet artiste talentueux : la bande musicale. Si l'implication de protagonistes dont l'âge mental ne dépasse que très rarement celui d'adolescents semble opportunément indiquer que le long-métrage s'adresse d'abord et avant tout à un public compris entre quinze et trente ans, le principal soucis du film est plutôt d'ordre technique. Comme l'ont évoqué nombre de spectateurs qui se sont lancés avant nous dans l'aventure de cette bande d'amis réunis lors de l'enterrement de vie de garçon de l'un d'entre eux, le choix plus ou moins éclairé de musique classique parfois réinterprétée à la manière d'un Walter Carlos (Orange Mécanique) a ceci de contraignant qu'elle est d'un volume souvent trop important. Parfois prétentieuse, surtout lorsqu'elle évoque la fameuse Elevated Horror dont trop de films d'horreur se revendiquent, la bande son de It's What Inside étouffe une partie des dialogues qui, fort heureusement, ne sont pas toujours d'une importance capitale. Il est donc conseillé, au mieux, de découvrir le long-métrage de Greg Jardin dans sa version d'origine sous-titrée en français ou au pire, accompagné d'un logiciel d'ajustement sonore qui permettra de rééquilibrer l'ensemble. Une supposition, si l'idée de lancer la version française accompagnée de ses sous-titres afin de pouvoir lire les dialogues en cas de problèmes d'écoute, rangez-bien au fond de votre sac cette idée car l'expérience se trouve rapidement être aussi désagréable que de coller son oreille contre les enceintes de votre téléviseur afin de percevoir ce qu'il se dit au détour d'un dialogue.


La raison ? Comme cela est généralement le cas avec ce genre de production, les doublages ne collent pas tout à fait aux sous-titres. Autant dire qu'il est aussi peu agréable de passer des uns aux autres que d'effectuer un exercice du périnée ! Autre chose : si Greg Jardin semble bien connaître ses personnages, il n'en va pas de même pour nous, téléspectateurs. Il est donc tout à fait envisageable de s'imaginer faire une pause une fois chaque protagoniste présenté à l'image afin de noter sur un petit carnet, le prénom de chacun tant l'intrigue va se révéler, du moins dans un premier temps, relativement alambiquée. Car si l'on en vient maintenant à évoquer l'atout principal de cette œuvre que l'on croirait n'être qu'un énième film d'horreur autour d'une réunion de décérébrés nombrilistes (ce qu'est d'ailleurs parfois le film),des démangeaisons, des vésicules, des œdèmes ou plus naturellement, des boutons surgirent sans doute sur l'épiderme de ceux qui eurent bien du mal à décortiquer l'intrigue et ses soubassements. D'ailleurs, celui ou celle qui vous dira qu'il a dès la première projection compris le film au mot ou à la virgule près, hum, hum, méfiez-vous en ! Pour autant, et malgré les défauts, qu'ils soient énumérés de façon objective ou non, It's What Inside demeure une expérience très intéressante. D'un point de vue artistique, cette nouvelle itération du concept de body Snatchers a le mérite d'être très créative. On sent d'ailleurs la patte toute personnelle de Greg Jardin qui semble s'éclater. Tout comme celle de l'équipe technique qui s'en donne à cœur-joie. Concernant le casting, on a droit à un groupe d'interprètes bigarré mais bien dans l'air du temps. Ce qui confirme que le film vise d'abord un public très ciblé. S'il prétend entrer dans le genre Horreur Psychologique, It's What Inside reste cependant assez ''Gentillet'' et ne causera aucun dommage collatéral (aucun cauchemars à redouter !). Comme l'on s'en doute, le concept d'échange de corps va apporter son lot de surprises, éclatant la cohésion du groupe. Si certains auront besoin de bien s'accrocher au wagon pour comprendre raisonnablement l'intrigue, le long-métrage de Greg Jardin est une curiosité à découvrir sur... Netflix !

 

lundi 11 mars 2024

The Beehive d'Alexander Lasheras (2023) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Le genre ''Profanation de sépultures'' est au cinéma de science-fiction ce qu'est le zombie au cinéma d'horreur. Un incunable qui sporadiquement mais régulièrement se rappelle à notre bon souvenir. Depuis le mythique L'nvasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel en 1956 et son remarquable remake L'Invasion des profanateurs réalisé par Philip Kaufman vingt-deux ans plus tard, d'autres adaptations cinématographiques du roman séminal de Jack Finney paru en 1955 ainsi que des ersatz s'en étant authentiquement inspirés ont depuis vu le jour. L'ouvrage inspirera en effet le réalisateur Abel Ferrara en 1993 pour son Body Snatchers, l'invasion continue ainsi qu'Oliver Hirschbiegel en 2007 avec Invasion. Dans la catégorie des longs-métrages de science-fiction largement séduits par le principe de la dissimulation de créatures extraterrestres hostiles se fondant sous l'apparence humaine, citons par exemple les célèbres The Thing de John Carpenter en 1982 et The Faculty de Robert Rodriguez ainsi que le méconnu Assimilate de John Murlowski en 2019. Dernier rejeton du genre, The Beehive apporte sa petite touche d'originalité en intégrant le concept de pandémie à une époque où les œuvres portant sur le sujet du Covid-19 ont déjà passé leur tour. Après le très regrettable Fear de Deon Taylor, voici donc que pour son second long-métrage après le thriller Cadence en 2016, le réalisateur, scénariste et producteur Alexander Lasheras se penche sur l'étrange histoire qui va entourer les membres d'une famille constituée d'un père et de ses deux enfants. En effet, Frank Piers (Stephen JF Walker), son fils Aaron (Kaydin Gibson) et sa toute jeune fille Rosemary (Meadow Kingfisher) vont être confrontés à un étrange phénomène découlant d'une série d'apparitions dans le ciel. Alors que la ville envoie régulièrement des bûcherons arracher des arbres faisant partie de sa propriété, là n'est pas le principal soucis que rencontrera celui dont l'épouse est morte un an auparavant, jour pour jour. Tout comme la communication avec son fils ne sera pas sa principale priorité. Jouant avec sa petite caméra numérique, sa fille Rosemary met à jour la présence dans leur jardin ainsi que dans la forêt avoisinante de plusieurs ''ruches'' qui ont la particularité de posséder d'inquiétantes dimensions.


Mais alors que le père de famille semble se désintéresser de cette présence et paraît plutôt préoccupé par sa relation avec Aaron, la nature des ''ruches'' va bientôt se révéler à la famille ainsi qu'au monde entier... Les faiblesses de The Beehive sont telles que cette nouvelle itération du genre ''Profanation de sépultures'' est parfaitement anecdotique et demeure à ce jour comme la proposition la moins intéressantes d'entre toutes. Qu'Alexander Lasheras évoque les difficultés de communication entre un père et son fils, qu'il organise une soirée entre Aaron, ses deux meilleurs amis et deux charmantes demoiselles ou qu'il s'attaque à proprement parler à l'invasion reléguée par les médias, tout est amené de manière totalement fade et non inspirée. Le malheur de cette histoire est que l'on n'y croit pas un seul instant. Le réalisateur, scénariste et producteur lance à la volée quelques idées histoire d'apporter un peu de matière à une œuvre cruellement vide mais sans jamais parvenir à rendre son œuvre passionnante. Ni même un tant soit peu intéressante. Qu'il s'agisse de la soirée arrangée par Aaron, de celle qu'organise la tante des deux enfants pour sa nièce Rosemary ou du thème de l'invasion, tout sonne faux. Et pour ne rien arranger, lorsque Alexander Lasheras daigne enfin se pencher sur le sujet qui nous intéresse principalement, la désillusion est totale. Préférant généralement observer les réactions de ses personnages plutôt que de retourner sa caméra face aux ruches, la mise en scène de The Beehive semble témoigner d'un budget au rabais. Incapable de donner du corps et d'apporter de réels enjeux à son œuvre, le réalisateur se retrouve à proposer des idées qui irrémédiablement sont expédiées ou avortées à force de manquer d'inspiration. Véritable cas d'école, The Beehive est ainsi constitué d'une majorité de séquences continuellement mal torchées. Quant à la direction d'acteurs, elle est à la hauteur de la mise en scène : Alexander Lasheras semble totalement détaché de ses interprètes. Quant au scénario, il tient sur quelques lignes. Ne reste plus alors au cinéaste qu'à remplir les vides. Sans être foncièrement ennuyeux, l'on finit par se rendre compte qu'il ne se passe finalement pas grand chose au sein de The Beehive dont l'ambition a été drastiquement revue à la baisse. Bref, inutile de perdre son temps devant ce très mauvais film de science-fiction et mieux vaut redécouvrir les classiques du genre...

lundi 25 septembre 2023

The Faculty de Robert Rodriguez (1998) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Réalisé par un artisan du septième art qui sait parler à son public et aller droit au but, The Faculty est une petite merveille alliant science-fiction, épouvante et teen-movie. Mis en scène par Robert Rodriguez en 1998, le long-métrage réunit une bande d'adolescents dont certains connurent ou connaîtront une brillante carrière. L'on y retrouve notamment l'actrice Piper Laurie qui fit connaître l'enfer à Sissy Spacek dans Carrie au bal du Diable de Brian De Palma, Famke Janssen qui interpréta une James Bond Girl dans l'excellent Goldeneye de Martin Campbell avant d'incarner Jean Grey dans la franchise X-Men, Robert Patrick que l'on découvrit en indestructible T-1000 dans Terminator 2 de James Cameron et bien sûr, Elijah Wood, futur Frodon Sacquet de la trilogie de Peter Jackson, Le seigneur des anneaux ou tueur psychopathe du remake de Maniac de William Lustig réalisé en 2012 par le réalisateur et scénariste français Franck Khalfoun. The Faculty s'inscrit dans un genre très précis de la science-fiction que l'on nomme Body Snatcher. Le concept est simple puisqu'il s'agit pour une ou plusieurs entités extraterrestres d'envahir notre planète en se dissimulant sous une apparence humaine. Des créatures se substituant donc aux hommes et aux femmes mais dont certains signes physiques ou comportementaux trahissent en général leurs origines. L'un des cas les plus célèbre concerne L'invasion des profanateurs de sépultures réalisé par Don Siegel en 1958 sur la base d'un script écrit entre Daniel Mainwaring et Richard Collins et inspiré par le roman éponyme de Jack Finney écrit trois ans auparavant. Suivirent trois remakes dont le meilleur d'entre eux, L'invasion des profanateurs de Philip Kaufman, sortira vingt ans plus tard. Le concept est assez courant dans le septième art, représenté avec plus ou moins bon goût, il fut au centre de quelques pépites indémodables telles que The Thing de John Carpenter, l'un des grands chefs-d’œuvre du genre, liste à laquelle nous ajouterons sans hésiter le très troublant et remarquable Under the Skin de Jonathan Glazer, lequel est principalement interprété par l'actrice américaine Scarlett Johansson. Pour revenir à The Faculty, l'intrigue se déroule dans un lycée typique de ceux que l'on croise dans n'importe quel long-métrage ou série télévisée américains.


Il met donc en scène une poignée d'étudiants très représentatifs parmi lesquels le capitaine de l'équipe de football américain de l'établissement, un cancre dealer de drogue, une cheerleader responsable du journal local, le photographe du dit journal qui est en outre le souffre-douleur du bahut, une marginale ainsi qu'une toute nouvelle élève. Un groupe a priori dysfonctionnel qui va pourtant serrer les fesses et devoir accepter de mettre les différences des uns et des autres de côté pour contrer une invasion extraterrestre. En effet, Delilah (Jordana Brewster), Zeke (Josh Hartnett), Stokely (Clea Duvall), Stan (Shawn Hatosy), Marybeth (Laura Harris), et Casey (Elijah Wood) vont devoir affronter les responsables et les professeurs de leur lycée qui apparemment, ne sont plus ceux qu'ils étaient jusqu'à maintenant. Face à eux, Robert Patrick, Famke Janssen, Piper Laurie ou encore Bebe Neuwirth qui interprète la principale de l'établissement. Plus que L'invasion des profanateurs de sépultures, Robert Rodriguez semble s'être surtout inspiré de The Thing de John Carpenter même si ses jeunes interprètes évoquent le premier et non le second. Pourtant, l'hommage au classique qui eut le malheur de sortir à deux semaines d'intervalle avec le E.T., l'extra-terrestre de Steven Spielberg (avec les conséquences que l'on connaît) est criant : plusieurs séquences s'y réfèrent effectivement. Le test sur les membres du groupe afin de dénicher un éventuel imposteur ou encore celle lors de laquelle se déplace au sol une tête munie de pattes d'araignée. D'ailleurs, à ce propos, bien que le film soit postérieur de seize années à celui de John Carpenter, les spectateurs reconnaîtront qu'en matière d'effets-spéciaux, The Faculty pâtit malheureusement d'images de synthèse souvent atroces comme lors de cette séquence justement tandis que les effets pratiques de The Thing ont conservé toute leur puissance. Malgré des effets spéciaux qui sonnent souvent faux, The Faculty est une petite bombe. Ses jeunes interprètes sont attachants, les profs jouissivement détestables et la mise en scène de Robert Rodriguez très énergique. Une sorte de Breakfast Club (John Hughes, 1985) en mode ''invasion''. Cultissime...

 

jeudi 22 août 2019

Assimilate de John Murlowski (2019) - ★★★★★★★☆☆☆



Zach Henderson et Randy Foster sont deux amis d'enfance qui ont décidé de partager le quotidien de leur petite bourgade en créant une série de films qu'ils mettent en ligne. Armés de micro-caméras placées sur le col de leur chemise, ils vont très vite remarquer que certains de leurs voisins agissent de manière inhabituelle. En effet, ces derniers semblent perdre toute émotion au point que les deux garçons se demandent très rapidement s'ils n'ont pas été ''remplacés'' par de parfaites copies. Ce que semblent confirmer certains éléments. Bientôt rejoints par leur amie Kayla Shepard dont le père a adopté un comportement étrange et dont la mère n'a plus donné signe de vie depuis le matin même, Zach et Randy vont constater que leur petite localité est le théâtre d'une assimilation par d'étranges créatures venues d'ailleurs...

Des spores venus de l'espace volant au grès du vent. Les habitants d'une petite ville agissant de manière incohérente depuis qu'ils sont remplacés peu à peu par des répliques leur étant en tout point semblables. Trois héros cherchant à mettre à jour une invasion extraterrestres... Si Assimilate évoque indéniablement l'un des chefs-d’œuvre de la science-fiction des années cinquante L'Invasion des Profanateurs de Sépultures de Don Siegel ou l'un de ses trois remakes dont l'excellent Invasion of the Body Snatchers que réalisa le cinéaste Philip Kaufman en 1978, ça n'est sans doute pas le fruit du hasard. En effet, de nombreux détails rappellent ostensiblement ces classiques de la science-fiction paranoïaque sans jamais vraiment s'en cacher : les habitants transportant dans le cas présent des caisses renfermant des organismes étrangers figurants les cosses de L'Invasion des Profanateurs de Sépultures, le dernier long-métrage de John Murlowski poussant le mimétisme jusqu'à évoquer un mode de communication entre créatures similaire à ceux de Philip Kaufman.

Démarrant sous les pires augures en mode found footage prépubère, Assimilate prend fort heureusement une forme différente après vingt premières minutes indigestes. Bien qu'il n'atteigne jamais les qualités des classiques dont il s'inspire, John Murlowski parvient à ménager un réel suspens et surtout, un réel intérêt pour cette petite communauté aux prises avec un organisme hostile. Afin de se démarquer des autres, ce petit long-métrage constitué par une équipe jeune et dynamique compte sur la participation des acteurs Joel Courtney, Calum Worthy et Andi Matichak qui sont les héros de ce long-métrage de science-fiction qui apporte malgré quelques défauts (les effets-spéciaux ne sont pas toujours convaincants) son lot de surprises et qui n'a pas trop à rougir de la comparaison.

On appréciera l'atmosphère particulièrement paranoïaque de certaines séquences, une autorité peu encline à écouter les propos alarmistes de vidéastes amateurs, la scène située dans la salle de bain des parents de la jeune Kayla, l'invasion d'une demeure littéralement renversée par des ersatz en mode ''Night of the Living Dead'', ou encore la sinistre scène du bûcher. Évidemment, comparé aux films de Don Siegel et Philip Kaufman et dans une moindre mesure à ceux réalisés plus tard par Abel Ferrara (Body Snatchers, l'Invasion Continue, en 1993) et par Oliver Hirschbiegel (The Invasion, en 2007), Assimilate pourra paraître bien faible au regard de son approche télévisuelle. Il n'empêche que le film de John Murlowski est une honnête petite production et un hommage à quelques grands classiques de la science-fiction...

mardi 2 octobre 2018

Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel (1956) - ★★★★★★★★★☆



Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel en 1956. L'Invasion des Profanateurs de Philip Kaufman en 1978. Body Snatchers d'Abel Ferrara en 1993. Et Invasion d'Oliver Hirschbiegel en 2007. Ces quatre longs-métrages de science-fiction ont en point commun, le roman L'Invasion des profanateurs que l'écrivain américain Jack Finney fit paraître en 1955. Tout n'étant qu'histoire de goût et de sensibilité, chacun rangera ces quatre adaptations dans l'ordre qui lui conviendra. Après avoir découvert l’œuvre cinématographique séminale de Don Siegel il y a un instant, je dois avouer que ma préférence va au remake de Philip Kaufman qui, en respectant la version de Don Siegel, apportait un surcroît d'angoisse en transposant le récit non plus dans une petite localité américaine, mais dans une grande cité. Si la vision toute personnelle de chacun des cinéastes permet d'aborder l’œuvre littéraire sous des angles différents, la version de Don Siegel est un essentiel pour tout amateur de science-fiction des années cinquante. Admirablement incarné par l'acteur Kevin MacCarthy que Philip Kaufman réemploiera dans sa version de 1978 dans une courte scène rendant hommage au personnage principal qu'il interpréta en 1956, le Docteur Miles Bennell, cette première incartade dans l'univers anxiogène créé à partir d'une thématique couramment utilisée au cinéma (l'invasion de notre planète par une forme de vie extraterrestre) est exemplaire à plus d'un titre.

Même s'il faut le reconnaître à Philip Kaufman l'aptitude à créer un véritable climat de paranoïa malheureusement beaucoup moins présente dans l’œuvre originale, Invasion of the Body Snatchers contient suffisamment de tension pour que le spectateur se sente littéralement happé par les événements. D'ailleurs, on reconnaîtra facilement les sources d'inspiration de Philip Kaufman, qui en donnant une vision encore plus pessimiste, reprendra les scènes clés de l’œuvre originale en les poussant à leur paroxysme. Bien meilleur que la version d'Abel Ferrara (la plus faible selon moi) ou du sous-estimé Invasion d'Oliver Hirschbiegel, les grandes lignes de Invasion of the Body Snatchers seront donc reprises vingt-deux ans plus tard. Dans la version de 1956, on n'échappe évidemment pas à l'idylle entre les deux principaux protagonistes. Déjà, on évoquait l'apparition de graines venues de l'espace et se disséminant de manière beaucoup moins anarchique que dans le premier remake. L'une des différences fondamentales entre les deux premières adaptations cinématographiques demeure dans le fait que dans la version de Don Siegel, les cosses n'ont nul besoin d'être raccordées à leur hôte puisque même à distance, le simple fait de dormir suffit à ces dernières de se développer jusqu'à prendre la forme de l'individu qui lui est assimilé.

Don Siegel suit une voie rigoureuse en parsemant ça et là de petits détails émaillant l'hypothèse que quelque chose d'anormal se produit depuis plusieurs semaines dans la localité de Santa Mira. Un gamin fuit sa mère, qu'il ne reconnaît plus. Une jeune femme trouve le comportement de son oncle bien différent. De retour dans cette charmante petite ville après un séminaire, le docteur Miles Bennell aprend que des dizaines de patients sont venus dans son cabinet durant son absence tandis qu'à présent, aucun d'eux ne semble plus avoir besoin de ses services.

Inconsciemment, nos deux principaux personnages (le second étant incarné par l'actrice Dana Wynter qui interprète le rôle de Becky Driscoll) prophétisent dès leurs retrouvailles. Elle, en arguant qu'il est 'merveilleux d'être de retour à la maison.' Que 'Cela fait si longtemps qu'elle a l'impression d'être une étrangère dans son propre pays'. Lui, en affirmant 'qu'il ne pourra bientôt plus prescrire de l'aspirine à ses patients sans qu'ils doutent de lui'. Dans un superbe noir et blanc, Don Siegel suit donc ses deux héros tentant de survivre dans un monde où chacun est remplacé par un double presque parfait si ce n'est son absence d'émotion. L'une des différences fondamentales entre la version de 1956 et celle de 1978, c'est le choix de Don Siegel d'offrir à l'humanité une chance de survivre à l'invasion, ce que Philip Kaufman refusait à son héros lors d'un final sinistre et pessimiste. Soixante ans plus tard, Invasion of the Body Snatchers a conservé toute sa force. Le film de Don Siegel fait partie intégrante de la grande histoire de la science-fiction au cinéma. Un classique indémodable...

vendredi 1 juin 2012

Invasion of the Body Snatchers de Philip Kaufman (1978)



Dehors la pluie tombe. Accompagnée d'étranges particules tout droit venues du cosmos, d'étranges plantes se mettent à pousser sur les arbres comme de vulgaires parasites. Elisabeth Driscoll qui travaille pour le ministère de la santé s'interroge sur la provenance de ces drôles de bulbes qu'elle ne parvient pas à identifier et dont elle fait part à son mari Geoffroy après en avoir emporté un échantillon chez eux. Geoffroy ne semble pas aussi enthousiaste que sa femme à l'idée qu'elle ai pu découvrir une nouvelle espèce de végétal.
Le lendemain, Geoffroy se comporte étrangement. Jovial la veille, il est désormais froid et distant. Il ne semble d'ailleurs pas être le seul à avoir un comportement plutôt ambigu. Lui et d'autres personnes se regroupent dans la rue et forment de curieux rassemblements qui poussent Elisabeth à les suivre.

Soucieuse elle fait part du changement de comportement de Geoffroy à Mathew Bonnel, inspecteur de l'hygiène alimentaire plutôt rigoureux qui prends d'abord l'idée à la légère et préfère même présenter son amie au psychologue David Kibner lors d'une réunion visant à dédicacer un livre écrit de sa main. Alors que tout semble se dérouler normalement, elle découvre qu'elle n'est pas la seule à s'être aperçue du changement d'humeur de son mari puisqu'une femme au bord de la crise de nerf tente avec beaucoup de désillusion à convaincre l'auditoire que son mari lui aussi n'est plus le même.


Elisabeth finit par convaincre Mathew que quelque chose se trame à San-Francisco et tout deux, accompagnés par un couple d'amis, se lancent dans la recherche d'une vérité à laquelle ils ne sont pas préparés: :
Les plantes découvertes quelques jours auparavant sont les prémices d'une invasion extra-terrestre qui vise à annihiler l'espèce humaine et la remplacer par de vulgaires copies déshumanisées.

Commence alors la chasse aux vilains usurpateurs d'identité allant même jusqu'à créer une situation de panique et surtout de paranoïa dans un monde qui ne réalise toujours pas à quel point l'espèce humaine est en danger.

Un événement plutôt curieux mais assez amusant vient ponctuer l'effroyable invasion dont nous sommes victimes nous, pauvres humains, lorsqu'apparaît face à nos yeux ébahis un chien au visage humain. Un visage que l'on reconnaît comme celui du clochard musicien qui, plus tôt, tentait vainement, accompagné de son animal de compagnie, d'attirer sur lui toutes les attentions ne récoltant qu'un intérêt plus que limité lorsqu'il ne s'agissait pas purement et simplement de mépris. On peut se demander alors si le cinéaste à ce moment très précis réagit face à un système qui préfère rester aveugle face aux miséreux auxquels il donne naissance dans un ton humoristique en faisant d'un être "insignifiant" le personnage central et révélateur d'une anomalie génétique révélant enfin aux yeux des derniers incrédules que la fin d'un monde et la naissance d'un nouveau est en marche. Celui que l'on rejette devient un pion important dans la reconnaissance d'une ère nouvelle et désastreuse pour l'espèce humaine.


Le film de Philip Kaufman est le remake d'un vieux classique en noir et blanc. Abel Ferrara lui-même réalisera dans les années quatre-vingt dix un remake plutôt anecdotique. Cette version de 1978 fait la part belle au climat paranoïaque découlant d'une invasion ciblant la race humaine dans une volonté flagrante de la faire disparaître au profit d'une autre, menaçante et inhumaine, et ce dans la confusion la plus totale. Même si l'idée de manipuler les médias et de faire disparaître en premier lieu ceux qui sont à l'origine du maintien de l'ordre pour créer ainsi un état de désordre se ressent à travers les différentes situations proposées par le cinéaste, il faut tout de même avouer qu'il est difficile de s'y retrouver, comme si ce dernier avait en tête un projet tellement vaste et tellement peu de temps pour s'y consacrer que son film prends parfois des airs de brouillons. Mais il ne faut surtout pas bouder son plaisir car retrouver des acteurs de la trempe de Donald Sutherland ou encore Jeff Goldblum est un pur bonheur d'autant plus que le film sait aller droit à l'essentiel et regorge de scènes qui empêchent l'ennui de s'installer. Un nouveau remake est né dans les années 2000. Peut-être encore plus insignifiant que la version de Ferrara. Le film de Kaufman date maintenant d'une trentaine d'années et l'on peut sans prendre de risque, dire que sa version demeure la pus intéressante. Comme un bon vin qui se bonifie avec le temps, cette version restera sans doute la meilleure qui nous ai été donné de voir et il serait bon, une fois pour toute de démontrer aux plus jeunes que les artifices visant à camoufler la maigreur de scénarios indigestes ne font pas toute la réussite d'un film. 

 
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