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vendredi 28 août 2026

Taken de Pierre Morel (2008) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après avoir évalué les dégâts de manière je l'espère, tout à fait respectueuse tout en compressant mon muscle du plancher pelvien pour ne pas me pisser dessus de rire concernant la pathétique projection de Que justice soit faite de F. Gary Gray, il fallait bien un petit reshoot de Taken premier du nom signé en 2008 par le réalisateur et directeur de la photographie français Pierre Morel pour réévaluer l'état de santé du thriller de la fin des années 2000. Preuve que ça n'est pas systématiquement dans les vieux pots que l'on fait la meilleure confiture puisque l'un et l'autre ne sont séparés que d'une année seulement. Quatre ans après le dystopique Banlieue 13 qui donnait une image à l'époque peu glorieuse de notre société et qui pourtant de nos jours lui ressemble de plus en plus, Pierre Morel signait donc en 2008 un petit film d'action qui sous couvert d'avoir été notamment produit par Luc Besson reste encore aujourd'hui comme l'un des plus efficaces thrillers dans lequel le cinéaste français eu la bonne idée de mettre des billes. Autour de plusieurs sociétés de production qui comme elles celle de Luc Besson a choisi de faire confiance au projet, c'est donc bien par l'entremise d'Europacorp que l'auteur du Grand bleu, de Subway, du Cinquième élément ou du pitoyable Valérian et la Cité des mille planètes et producteur de Haute tension d'Alexandre Aja, Danny the Dog de Louis Leterrier ou la série des Taxi a investi dans ce thriller nerveux littéralement habité par un Liam Neeson ultra-charismatique. Dans le rôle de Bryan Mills, un ancien agent secret américain, l'acteur promet à celui qui vient d'enlever sa fille qui venait tout juste de débarquer à Paris avec sa meilleure amie de le chercher, de le trouver et de le tuer ! Protecteur au point d'étouffer la charmante Kim (Maggie Grace), sa fille donc, Bryan possède des compétences et des relations qui vont lui permettre de remonter jusqu'à la source. Un réseau de trafic sexuel qui agit notamment sur le territoire français. Pour le père de l'adolescente, c'est tout d'abord le choc. Mais pas de temps à perdre puisque l'un de ses anciens partenaires lui prédit que si dans les quatre-vingt seize heures il n'a pas retrouvé sa fille, il ne la reverra jamais... Dans le rôle de l'ex-épouse du héros, l'actrice et mannequin néerlandaise Famke Janssen que l'on connaît notamment pour son rôle de Jean Grey dans la franchise X-Men.


Elle interprète dans Taken l'exact opposé de son ex. acceptant de donner toujours plus de liberté à leur fille, le long-métrage oppose donc tout d'abord deux attitudes. Un aspect qui sera rapidement relégué au second plan puisque l'essentiel de l'histoire est donc moins dans la description d'une cellule familiale éclatée que dans le récit d'une course contre la montre d'un père remontant un réseau criminel par étapes. Ici, pas de chichis. Les morts se comptent par dizaines pour le plaisir des amateurs de gunhfights et de combats au corps à corps mais aussi pour un public beaucoup plus large tant Pierre Morel parvient à produire une œuvre dynamique interprétée en outre par un Liam Neeson qui en impose tout d'abord par sa stature d'un mètre quatre-vingt treize et ensuite par ses prouesses physiques directement issues de l’entraînement qu'il suivit scrupuleusement auprès de l'ancien soldat du SAS Mick Gould qui lui inculqua le combat à mains nues et l'usage de différentes armes. Pierre Morel a surtout compris qu'il fallait faire avancer l'intrigue par échelon et ne surtout pas trop en donner au spectateur dès le début. Ne serait-ce qu'en matière de combat au corps à corps, il ne faut pas s'attendre à des contacts physiques qui perdurent dans le temps et ça n'est que lors de l'assaut final à bord du yacht d'un richissime homme d'affaire arabe incarné par Nabil Massad opposant Bryan au chef de la sécurité Ali (Jalil Naciri) que l'on assistera à un duel qui vaut bien la plupart des scènes d'action visibles dans les film d'origines philippine, coréenne ou encore thaïlandaise... Taken brosse le portrait de bons gros méchants qui passeront tous pour notre bonheur à la casserole. À commencer par l'albanais Marko Hoxha (Arben Bajraktaraj) qui kidnappa Kim, le directeur adjoint de la DST Jean-Claude Pitrel interprété par le français Olivier Rabourdin, sans oublier celui qui organise la vente des jeunes femmes à de richissimes individus, Patrice Saint-Clair qu'incarne quant à lui le franco-britannique Gérard Watkins. Bref, Taken assume complètement son statut de thriller simple et sans prise de tête. De l'action, des combats, une pluie de balles pour un très jouissif défouloir...

 

lundi 25 septembre 2023

The Faculty de Robert Rodriguez (1998) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Réalisé par un artisan du septième art qui sait parler à son public et aller droit au but, The Faculty est une petite merveille alliant science-fiction, épouvante et teen-movie. Mis en scène par Robert Rodriguez en 1998, le long-métrage réunit une bande d'adolescents dont certains connurent ou connaîtront une brillante carrière. L'on y retrouve notamment l'actrice Piper Laurie qui fit connaître l'enfer à Sissy Spacek dans Carrie au bal du Diable de Brian De Palma, Famke Janssen qui interpréta une James Bond Girl dans l'excellent Goldeneye de Martin Campbell avant d'incarner Jean Grey dans la franchise X-Men, Robert Patrick que l'on découvrit en indestructible T-1000 dans Terminator 2 de James Cameron et bien sûr, Elijah Wood, futur Frodon Sacquet de la trilogie de Peter Jackson, Le seigneur des anneaux ou tueur psychopathe du remake de Maniac de William Lustig réalisé en 2012 par le réalisateur et scénariste français Franck Khalfoun. The Faculty s'inscrit dans un genre très précis de la science-fiction que l'on nomme Body Snatcher. Le concept est simple puisqu'il s'agit pour une ou plusieurs entités extraterrestres d'envahir notre planète en se dissimulant sous une apparence humaine. Des créatures se substituant donc aux hommes et aux femmes mais dont certains signes physiques ou comportementaux trahissent en général leurs origines. L'un des cas les plus célèbre concerne L'invasion des profanateurs de sépultures réalisé par Don Siegel en 1958 sur la base d'un script écrit entre Daniel Mainwaring et Richard Collins et inspiré par le roman éponyme de Jack Finney écrit trois ans auparavant. Suivirent trois remakes dont le meilleur d'entre eux, L'invasion des profanateurs de Philip Kaufman, sortira vingt ans plus tard. Le concept est assez courant dans le septième art, représenté avec plus ou moins bon goût, il fut au centre de quelques pépites indémodables telles que The Thing de John Carpenter, l'un des grands chefs-d’œuvre du genre, liste à laquelle nous ajouterons sans hésiter le très troublant et remarquable Under the Skin de Jonathan Glazer, lequel est principalement interprété par l'actrice américaine Scarlett Johansson. Pour revenir à The Faculty, l'intrigue se déroule dans un lycée typique de ceux que l'on croise dans n'importe quel long-métrage ou série télévisée américains.


Il met donc en scène une poignée d'étudiants très représentatifs parmi lesquels le capitaine de l'équipe de football américain de l'établissement, un cancre dealer de drogue, une cheerleader responsable du journal local, le photographe du dit journal qui est en outre le souffre-douleur du bahut, une marginale ainsi qu'une toute nouvelle élève. Un groupe a priori dysfonctionnel qui va pourtant serrer les fesses et devoir accepter de mettre les différences des uns et des autres de côté pour contrer une invasion extraterrestre. En effet, Delilah (Jordana Brewster), Zeke (Josh Hartnett), Stokely (Clea Duvall), Stan (Shawn Hatosy), Marybeth (Laura Harris), et Casey (Elijah Wood) vont devoir affronter les responsables et les professeurs de leur lycée qui apparemment, ne sont plus ceux qu'ils étaient jusqu'à maintenant. Face à eux, Robert Patrick, Famke Janssen, Piper Laurie ou encore Bebe Neuwirth qui interprète la principale de l'établissement. Plus que L'invasion des profanateurs de sépultures, Robert Rodriguez semble s'être surtout inspiré de The Thing de John Carpenter même si ses jeunes interprètes évoquent le premier et non le second. Pourtant, l'hommage au classique qui eut le malheur de sortir à deux semaines d'intervalle avec le E.T., l'extra-terrestre de Steven Spielberg (avec les conséquences que l'on connaît) est criant : plusieurs séquences s'y réfèrent effectivement. Le test sur les membres du groupe afin de dénicher un éventuel imposteur ou encore celle lors de laquelle se déplace au sol une tête munie de pattes d'araignée. D'ailleurs, à ce propos, bien que le film soit postérieur de seize années à celui de John Carpenter, les spectateurs reconnaîtront qu'en matière d'effets-spéciaux, The Faculty pâtit malheureusement d'images de synthèse souvent atroces comme lors de cette séquence justement tandis que les effets pratiques de The Thing ont conservé toute leur puissance. Malgré des effets spéciaux qui sonnent souvent faux, The Faculty est une petite bombe. Ses jeunes interprètes sont attachants, les profs jouissivement détestables et la mise en scène de Robert Rodriguez très énergique. Une sorte de Breakfast Club (John Hughes, 1985) en mode ''invasion''. Cultissime...

 

samedi 16 juin 2018

Un Cri dans l'Océan de Stephen Sommers (1998) - ★★★★★★★☆☆☆



Si l'intrigue du Vaisseau de l'Angoisse, n'est pas tout à fait la même que celle d'Un Cri dans l'Océan, il demeure cependant des coïncidences troublantes. Si le film de Steve Beck oppose ses héros aux fantômes d'un paquebot italien ayant en disparu en 1962 avec son équipage et la totalité de ses 600 passagers, celui de Stephen Sommers confronte les siens à une monstrueuse créatures sous-marine remontée à la surface par on ne sait quel miracle. Le cadre est identique. Un paquebot de luxe, immense, vidé de son équipage et de ses passagers. Tous ? Pas tout à fait puisqu'on survécu à l'attaque de ce que l'on pourrait comparer à une immense pieuvre pourvue de monstrueuses mâchoires à chacune des extrémités de ses nombreux bras, le capitaine d'une navire, son second, ainsi qu'une passagère.
Mais le véritable héros du récit est John Finnegan, un mercenaire accompagné de son second et mécanicien Joey 'Tooch' Pantucci et de Leila, la petite amie de celui-ci. Une nuit, il loue ses services à des contrebandiers commandés par un certain Hanover, et ses hommes. Alors que jusqu'ici, Finnegan ignorait tout des intentions de ce groupe très lourdement armé, il découvre que Hanover et ses hommes ont l'intention d'investir l'Argonautica, un immense paquebot renfermant dans ses coffres une véritable fortune. Mais lorsque le groupe accoste le luxueux bateau, ils constatent qu'il n'y a une âme qui vive à l'intérieur. Pire, il découvrent d'inquiétantes traces de sang, preuve que des événements terribles s'y sont déroulés. Ce qui n'empêche pourtant pas Hanover et ses hommes de vouloir mener à bien leur mission, forçant Finnegan et 'Tooch' à les accompagner de leurs armes...

Le film sort aux États-Unis fin janvier 1998 mais devra attendre cinq mois supplémentaires avant de voir le jour en France. Beaucoup de choses ont changé depuis les premières intentions du réalisateur qui aurait vu à la place de Treat Williams dans la peau de Finnegan, l'acteur Harrison Ford, notamment connu pour avoir incarné Han Solo dans la saga Star Wars et Indiana Jones dans la série de longs-métrages éponymes réalisés par Steven Spielberg et qui compte à ce jour quatre volets (le tournage du cinquième et dernier ayant été confirmé par le cinéaste lui-même). Pas vraiment une grosse déception puisque Treat Williams, qui jouait le rôle du policier zombifié dans la comédie horrifique Flic ou Zombie de Mark Goldblatt en 1988 incarne un héros charismatique auprès d'une Famke Janssen qui allait, la même année qu'Un Cri dans l'Océan, jouer dans un autre film d'horreur teinté de science-fiction signé Robert Rodriguez et intitulé The Faculty. Mais pour le ignorants, l'actrice néerlandaise sera rendue célèbre pour ses participations aux séries de longs-métrages Taken et X-Men. A leurs côtés, de grandes gueules, du gentil Joey incarné par Kevin J. O'Connor (Des Zombies dans l'Avion), au grand méchant Wes Studi (lequel est notamment apparu dans Le Silence des Agneaux de Jonathan Demme en 1991), lequel incarne le chef des contrebandiers, Simon Canton.

Dans le domaine de l'horreur et de l'épouvante, Un Cri dans l'Océan demeure une surprise relativement agréable. Le spécialiste des effets-spéciaux de maquillage Rob Bottin (The Thing, Hurlements, Legend) se voit offrir l'opportunité de travailler sur le film de Stephen Sommers même si les CGI se sont généralisés depuis. D'ailleurs, qui devinerait que ce maître en matière d'utilisation du latex a participé au film tant les effets-spéciaux numériques dans Un Cri dans l'Océan s'avèrent avoir un poids écrasant en comparaison (bien que l'effet spécial créé par Rob Bottin lui-même montrant l"un des personnages fondant littéralement sous l'effet de sucs gastriques soit bluffant). En la matière, là aussi le long-métrage est généreux. Outre la bonne interprétation générales des actrices et acteurs, le film nous en met plein la vue en terme de créature puisque l'immense... poulpe apparaît très généreusement à l'écran. Du moins ses innombrables tentacules qui semblent repousser sans cesse et se montrent particulièrement avides de chair humaine. Dans le rôle du poltron de service, nous retrouvons l'acteur Anthony Heald, ici propriétaire malhonnête et arriviste du paquebot Argonautica. Le nom du navire est une idée du cinéaste, lequel adore le film fantastique que le cinéaste Don Chaffey réalisa en 1963, Jason et les Argonautes. Un Cri dans l'Océan est quant à lui un très sympathique film d'horreur où l'action est largement mise en avant...

dimanche 18 février 2018

X-Men de Bryan Singer (2000) - ★★★★★★★☆☆☆



"Au pays des mutants, comme dans tous les pays... on s'amuse, on pleure, on rit, il y a des méchants et des gentils..." et l'on ne parle pas ici de l'homme dont les extraordinaires capacités génocidaires nous sont suggérées durant la scène d'introduction de cette première incartade cinématographique des X-Men, mais d'un groupe d'individus possédant d'incroyables pouvoirs physiques et/ou mentaux. A ce titre, on peut dorénavant considérer ces êtres d'exceptions contraints de vivre dans la clandestinité comme des individus propres à rendre caduque l'aura de pouvoirs jusqu'ici demeurés extraordinaires et faisant partie non plus de la simple fiction mais servant parfois d'outils à de vrais, mais surtout de faux, spécialistes en la matière. Que deviennent à côtés d'un Wolverine, d'un Cyclope ou d'une Tornade, des êtres investis de pouvoirs tels que la télépathie ou la télékinésie ? Même si ces derniers restent à prouver, les phénoménales performances dont sont nantis les X-Men permettent de relativiser sur celles du commun des mortels qui débarrassé de ses armes de destructions massives apparaît bien faible. Outre certains des personnages de la bande-dessinée originale datant des années soixante, on retrouve dans ce premier long-métrage plusieurs de ceux qui apparurent durant les années année soixante-dix. Ainsi que le personnage de Malicia qui elle, fut créée par le scénariste Chris Claremont et le dessinateur Michael Golden au tout début des années quatre-vingt pour le comic book The Avenger Annual numéro 10.

Le cinéaste et producteur américain Bryan Singer nous refait le coup du Petit Chaperon Rouge à la mode Marvel. Cette fois-ci, la jeune enfant ne porte plus de chaperon rouge, mais vert, et sa rencontre avec le loup (Wolverine) n'est plus située dans la demeure de sa mère-grand mais dans un bar sinistre où le charismatique mutant dans sa forme humaine et sous le nom de Logan participe à des combats pour subvenir à son existence. Trois ans après la publication du premier volet de Harry Potter de J. K. Rowling (mais une année seulement après son adaptation sur grand écran), les scénaristes David Hayter et Christopher McQuarrie imaginaient à leur tour un établissement accueillant des « phénomènes » d'un genre nouveau. Des super-héros reclus dans une luxueuse propriété dirigée par le Professeur télépathe Charles Xavier, loin du regard d'une humanité se méfiant d'eux au point d'invoquer le droit (et l'obligation) de les recenser.
Mais ils ne sont pas les seuls à regarder l'humanité d'un mauvais œil. D'autres mutants dirigés par un certain Erik Lehnsherr dit « Magnéto » forment la Confrérie des Mutants afin d'accomplir des objectifs au profit des mutants et contre les hommes dont il a gardé de bien mauvais souvenirs depuis la Seconde Guerre Mondiale où il a été séparé de ses parents emmenés de force dans un camp d’extermination.

Si Charles Xavier peut compter sur l'aide de Cyclope, de Tornade ou du Dr. Jean Grey (la télépathie et la télékinésie faisant partie de ses pouvoirs) pour défendre leur espèce et éduquer les jeunes recrues (bientôt rejointes par Malicia et Wolverine), la première forme que prend au cinéma La Confrérie des mauvais Mutants, celle de Magnéto, est constituée de Mystique, Dent-de-Sabre et du Crapaud. Mystique possède sa propre confrérie, Crapaud lui également, lequel aura auparavant rejoint celle de Mystique. Lui mais également Dent-de-Sabre, pour la saga Dreams End.

Au cœur de ce premier long-métrage, un projet fou : celui de Magnéto qui est d'utiliser une machine de sa fabrication qui, combinée avec ses capacités magnétiques générant un champ de radiation, va lui permettre d'induire des mutations chez les hommes dits normaux. Un combat va alors s'engager non plus entre ceux-ci et les membres de La Confrérie des Mutants mais contre ces derniers et leurs congénères entourant le pacifiste Professeur Charles Xavier.
Pour sa première incartade au cinéma, l'univers des X-Men tient là une belle réussite. On est encore très loin des bouillies digitales désormais conventionnelles imposées par un public toujours plus gourmand en matière d'effets-spéciaux et de moins en moins regardant en terme d'écriture. Une donnée à laquelle échappe fort heureusement la franchise. Un premier volet duquel se dégage déjà le personnage de Wolverine. Sans conteste, le mutant le plus charismatique de la saga. Admirablement interprété par l'acteur australien Hugh Jackman, l'homme se bat avec style tout en conservant la part d'animal qui sommeille en ce mutant dont l'ossature est entièrement constituée d'adamantium (métal imaginaire constitué de métaux dont l'origine demeure inconnue). Wolverine n'est que la conséquence d'un projet gouvernemental canadien, le Weapon X, dont le but principal est de modifier des hommes afin d'en faire des super-soldats. Accompagné de personnages tout aussi intéressants d'un point de vue performances physiologiques, le canadien est entouré de Patrick Stewart (Star Trek : La Nouvelle Génération) qui endosse le rôle du Professeur Charles Xavier, de Ian McKellen, dans celui du grand méchant, Magnéto, de Famke Janssen, de la méconnaissable Halle Berry dans le rôle de Tornade, ou encore de Bruce Davison, qui endosse le costume du très antipathique sénateur Robert Kelly, acteur qui tourne tout de même depuis la toute fin des années soixante. Et j'en oublie. Une belle brochette d'interprètes pour une œuvre dont les effets-spéciaux demeurent aussi sobres que remarquables. Le film délivre son lot de messages dont un antiracisme et un droit à la différence traités sous un angle, forcément, inédit.

Outre différentes nominations, le film de Bryan Singer remportera son lot de récompenses, tels plusieurs Saturn Awards (récompenses de cinéma et de télévision américaines décernées par l'Academy of Science Fiction Fantasy and Horror Films), le prix littéraire américain Hugo Award du meilleur film, plusieurs autres pour les MTV Movie & TV Awards décernant des récompenses cinématographiques et télévisuelles chaque année, ou bien le Prix Nebula du meilleur scénario accordé par la Science Fiction and Fantasy Writers of America. Bryan Singer allait lui-même réaliser trois ans plus tard, la suite des aventures de nos héros sous le sobre titre X-Men 2...

dimanche 3 septembre 2017

Non, non, non ! Je ne parlerai pas de Taken 3 (du très mauvais cinéaste Olivier Megaton)



Le voisin d'à côté qui fait tourner sa perceuse durant des heures, le vent sifflant dans les volets comme un air d'Ennio Morricone mal interprété par un mauvais imitateur d'Alessandro Alessandroni, et ce satané repas du soir qui me pèse sur l'estomac. Par vomir, je vais finir. M'évanouir, je ne vais pas tarder. Pioncer, il me reste à espérer. Mais certainement pas devant Taken 3, vais-je me poser. Car trop de plans, tuent l'intérêt et constituent un poison violent pire qu'une colite aiguë en phase d'approche. On la sent venir sans rien pouvoir y faire. Et tandis qu'elle nous dévore l'intestin, le colon ou l’œsophage, l'immonde et prétentieux film d'Olivier Megaton, déjà responsable du précédent volet et de quelques autres longs-métrages tout aussi insignifiants, voudrait un tant soit peu venir définitivement nous pourrir la vie. Taken, premier du nom se suffisait à lui-même. Olivier Megaton n'est pas Pierre Morel et ses suites foncent tout droit dans le mur. On reprend les mêmes acteurs, quelques rides en sus, on leur colle un scénario dont les pages ont jaunies avant même que le premier clap aie retentit, et on filme tout ça à l'aide d'un shaker géant. Taken 2 n'avait pas grand chose à nous offrir. Rassurez-vous : le trois n'en a pas davantage sous la botte.

A la vérité, tout ce que l'on pouvait espérer arrive durant le premier quart d'heure : Famke Janssen meurt enfin. Du moins le personnage qu'elle incarne, Lenore Mills. Cette conne prétentieuse qui n'a jamais vraiment accepté que son ancien époux préfère la fuir au profit de son métier. Faut le comprendre. Avec une jolie (mais carrément insupportable) femme comme elle à la maison, le bonhomme avait de quoi prétendre vouloir bosser auprès de ses amis plutôt que de s'occuper de sa propre enfant. Une gamine fort jolie, mais intellectuellement pas si différente des autres puisqu'en contrevenant aux ordres de son père, celle-ci s'offrait une éducation sexuelle inattendue dans les bras de différents hommes (je rassure les plus prudes d'entre vous : hors caméra et hors contexte) lors de son enlèvement. En désobéissant au paternel, la charmante Kim (Maggie Grace) se voyait punie de fort belle manière. De quoi la contraindre à vie d'écouter les autres et de cesser de n'en faire qu'à sa tête. Désormais rangée (?), cheveux teints, et rondeurs assumées (n'a-t-elle pas effectivement un peu forci?), elle continue cependant à provoquer le malaise en refusant de boire un coup à sa propre santé alors que papa débarque chez elle, une bouteille de champagne (excusez du peu) ) à la main. Renvoyé dans ses pénates avec pour seul lot de consolation, l'immense peluche qu'il avait prévu d'offrir à sa fille chérie, le héros Bryan Mills dont la phrase suivante est demeurée culte auprès des amateurs :
  • « Je ne sais pas qui vous êtes. Je ne sais pas ce que vous voulez. Si c’est une rançon que vous espérez, dites-vous bien que je n’ai pas d’argent, par contre ce que j’ai, c’est des compétences particulières, que j’ai acquises au cours d’une longue carrière. Des compétences qui font de moi un véritable cauchemar pour vous. Si vous relâchez ma fille maintenant, ça s’arrêtera là. Si vous ne la relâchez pas, je vous chercherai, je vous trouverai et je vous tuerai. »
Ça avait quand même de la gueule à l'époque. Et même aujourd'hui d'ailleurs, lorsque l'on (re)découvre le film de Pierre Morel. Liam n'est pas seul à avoir vieilli. Le récit de ce troisième épisode sent tellement le réchauffé que de voir ce très charismatique interprète dans une telle galère fait mal aux yeux, à la tête, et au cœur. J'ai l'air d'avoir une dent contre Olivier Megaton ? Ouais, effectivement. Et pas pour la plus insignifiante des raisons mais parce que ce tout petit cinéaste s'est sans doute pris pour un grand tel qu'Oliver Stone. Celui-là même qui réalisa plus de vingt ans auparavant Natural Born Killer dont la somme de plans donnait le vertige mais montrait à quel point le cinéaste maîtrisait son sujet. Megaton, lui, ne donne qu'envie de vomir. La surenchère de plans n'excédant par les quelques dixièmes de secondes est éprouvante. Visuellement, c'est du grand n'importe quoi, et nerveusement, cela demeure insupportable. blu-ray et dvds de Taken 3 devraient obligatoirement être vendus avec des sacs vomitoires. Testez-le, et dites-moi ensuite si j'en ai trop écrit ou si au contraire, j'aurai dû me montrer encore plus virulent...


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