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lundi 16 juin 2025

Predator: Killer of Killers de Dan Trachtenberg (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Depuis ses débuts en 1987 avec l'excellent Predator signé John McTiernan et notamment interprété par Arnold Schwarzenegger, la franchise s'est étoffée de nombreuses suites et crossovers parmi lesquels certains ne font pas officiellement partie de l'univers. L'on évoquera donc d'une part, l’œuvre originale, suivie de Predator 2 de stephen Hopkins en 1990, Predators de Nimrod Antal en 2010 et du pitoyable The Predator de Shane Black en 2018. L'on inclura d'autre part les deux crossovers Alien vs. Predator et Aliens vs. Predator : Requiem respectivement réalisés par Paul W.S.Anderson et les frères Greg et Collin Strause en 2004 et 2007. S'agissant des faux segments, l'on évoquera notamment le Predator : Dark Age de James Busheet ou le Mashup Rambo VS Predator : First Green Blood du regretté Antonio Maria Da Silva. L'on ajoutera enfin la toute nouvelle génération de longs-métrages initiée voilà trois ans avec Prey de Dan Trachenberg. Premier volet d'une suite de films situant leur action dans l'univers du célèbre chasseur extraterrestre reptilien mais à des époques cette fois-ci radicalement différentes. Dans Prey, le réalisateur évoquait théoriquement la première apparition du Predator sur notre planète, lequel affrontait alors la jeune Naru, membre d'une tribu d'indiens Comanches. L'intrigue situait son action en 1719, mais en 2025, et alors que s'apprête à sortir en novembre prochain le nouveau film en live action de la franchise, Predator : Badlands, Dan Trachenberg démontre avec le film d'animation Predator: Killer of Killers que la venue de ces créatures remonte en fait à beaucoup plus loin. En effet, découpé en quatre chapitre tous situés à des époques différentes, le nouveau longs-métrage de la saga débute en Scandinavie et en 841 de notre ère. Période durant laquelle, la viking Ursa mène une croisade afin de tuer le chef Zoran de la tribu Krivich qui fut responsable de la mort de son père des décennies en arrière. Accompagnée de son fils, ils accèdent à la forteresse où l'ennemi juré d'Ursa et tué par sa progéniture prénommée Anders. S'ensuit un combat entre la viking et un Predator... L'aventure se poursuit près de huit-cent ans plus tard, au temps du Japon Féodal. Bien des années après que les deux jeunes fils d'un seigneur de guerre samouraï se soient affrontés lors d'un duel, Kenji qui fut blessé lors du combat avec son frère et pris ensuite la fuite retrouve Kiyoshi pour se venger. Là encore, après un nouveau duel, les deux frères devenus depuis des hommes vont devoir à leur tour affronter un Predator... Nouveau voyage dans le temps puisque le troisième acte de Predator: Killer of Killers se situe désormais en 1941 en plein océan Atlantique. Alors que la guerre fait rage contre l'Allemagne Nazie, le jeune pilote de l'US Navy Torres ainsi que plusieurs compagnons sont pris en chasse par un étrange vaisseau conduit là encore par un Predator.


Lors du combat, la totalité ou presque de l'escadron est détruit par ce dernier. Une fois ces trois chapitres arrivés à leur terme, le dernier acte réuni les trois valeureux héros qui tous ont survécu aux duels qui les opposèrent aux créatures extraterrestres. Maintenant en état de biostase, ils vont cette fois-ci devoir se battre contre leur ennemi commun, dans une arène située non plus sur notre planète mais sur celle des Predators... Passer du Live Action au film d'animation est toujours une aventure périlleuse. Après avoir signé en 2022 un Prey qui avait su renouer la franchise Predator avec les fans de la première heure, Dan Trachenberg parvient non seulement à signer une oeuvre différente tout en demeurant parmi les meilleures d'entre toutes. Le scénario de Micho Robert Rutare semble très proche de celui qu'écrivirent Alex Litvak et Michael Finch pour le compte de Predators de Nimrod Antal. Réunissant ainsi des protagonistes de bords différents, il accentue en outre la différence entre chacun d'entre eux en exploitant des personnages qui viennent d'époques et de lieux radicalement différents. Si l'animation semble parfois manquer étrangement de fluidité, on ne peut en revanche critiquer l'aspect visuel de l'ensemble. Alors que les chapitres respectivement intitulés The Shield, The Sword et The Bullet se déroulent lors de saisons différentes (l'hiver pour le premier, l'automne pour le second et l'été pour le dernier), il arrive parfois que l'on soit admiratif devant le spectacle qui nous est proposé. Et notamment lors de l'affrontement entre les deux frères Kenji et Kiyoshi. Entre le mode d'infiltration du premier, devenu depuis un Shinobi (terme signifiant se cacher, se dérober) de part ses talents en matière de furtivité, l'affrontement entre les deux frères puis celui qui les oppose au Predator, le cadre est absolument somptueux. À travers des décors d'une confondante poésie, la patine automnale de l'ensemble dénote presque vis à vis de l'esthétique générale du long-métrage. Predator: Killer of Killers est aussi l'occasion de découvrir divers types de créatures dont plusieurs ''modèles'' de Predators dont on pourra tout de même émettre quelques doutes concernant le premier d'entre eux (sorte d'énorme masse bodybuildée dont la tête est bien trop petite au regard du reste du corps!). Les effets-spéciaux numériques sont donc parfois d'une qualité exceptionnelle et se rapprochent notamment du style visuel de la trilogie de jeux vidéos Assassin's Creed Chronicles que les amateurs de la saga vidéoludique connaissent forcément. Bref, si l'on demeure circonspect s'agissant du futur Predator : Badlands s'agissant de la gueule du nouveau Predator qui nous a été récemment présentée, au vu de ce qu'a produit pour l'instant Dan Trachenberg concernant sa participation à l'univers Predator, les fans peuvent d'ors et déjà se sentir en confiance...!

 

mardi 26 novembre 2024

Rambo VS Predator : First Green Blood d'Antonio Maria Da Silva (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


La rivalité qui opposa l'américain Sylvester Stallone et son compatriote originaire d'Autriche Arnold Schwarzenegger n'étant pas une légende, on se souvient de ce film dans lequel le second se moquait de la taille des muscles de l'icône américaine du cinéma d'action. Ou de celle de son couteau dans Rambo tandis que le sien s'avérait beaucoup plus imposant dans Predator. L'occasion pour les spectateurs de découvrir une œuvre étonnante écrite et réalisée par Antonio Maria Da Silva dont la principale compétence se situe moins dans la mise en scène et l'élaboration d'un récit que dans son montage. Rambo VS Predator - First Green Blood n'est que l'une des facettes du remarquable travail de son auteur mais ô combien démonstrative d'un talent inné pour tout ce qui touche au Mash-up. Une technique employée en musique qui permet à ses auteurs de notamment mixer les textes d'une chanson à la composition musicale d'une seconde et ainsi de pouvoir en créer une nouvelle. C'est donc sur ce principe que repose Rambo VS Predator - First Green Blood qui au delà de l'histoire et du concept est surtout un brillant exercice de style savamment orchestré par le réalisateur, scénariste et monteur ainsi que par son équipe. Si le titre se réfère logiquement à leurs deux principaux interprètes, il s'agit d'évoquer aussi deux des représentations les plus emblématiques du cinéma d'action des années quatre-vingt. Car derrière le Predator se cache bien évidemment tout d'abord le Major Alan ''Dutch'' Schaefer, qui aidé de son équipe de soldats d'élite vont dans Predator être chargés de faire libérer des otages américains retenus prisonniers au Guatemala par des guérilleros. Si leur action échoue dans les flammes et le sang, l'officier des forces spéciales et ses hommes vont par la suite devoir combattre un ennemi encore plus puissant. Une créature reptilienne venue d'une autre planète pour chasser sur Terre, l'humain ! On sait comment tout cela finissait : si tous les hommes (ou presque) de Dutch perdaient la vie, celui-ci parvenait en revanche à éliminer le Predator avant de prendre place à bord d'un hélicoptère de sauvetage. Pourtant, Rambo VS Predator - First Green Blood semble nous dire le contraire. En effet, après un premier acte lors duquel Antonio Maria Da Silva paraît vouloir en fait nous expliquer que la disparition du peuple Maya fut à leur époque causée par la présence de Predators (le réalisateur s'employant ainsi à manier des extraits du formidable Apocalypto de Mel Gibson), apparaît ensuite à l'image un John Rambo (Sylvester Stallone) vieillissant et peignant une toile.


Mais révélant aussi et surtout qu'à son tour il eu l'occasion lui-même de combattre des Predators près de quarante ans en arrière. Lancé à la recherche de Dutch, John Rambo va donc se lancer à la poursuite de son compatriote dans l'espoir de le retrouver vivant. Opposé à de nombreuses créatures, John va également croiser des personnages inattendus, offrant ainsi l'occasion aux spectateurs de retrouver des protagonistes et des acteurs découverts dans de nombreuses œuvres cinématographiques. Permettant ainsi de redécouvrir notamment des images de Braveheart, des différents opus de la franchise Rambo, de Mowgli, de Legend of the Jungle, d'À la poursuite du diamant vert (pour une séquence plutôt drôle faisant apparaître à l'écran les acteurs Michael Douglas et Kathleen Turner) et dizaines d'autres longs-métrages dont les cinéphiles se délecteront de deviner ou de citer la présence à l'écran. Antonio Maria Da Silva poussant même le concept jusqu'à intégrer l'alter ego parodique de John Rambo en la personne de Sean ''Topper'' Harley vu dans les deux volets de Hot Shots, lequel fut à l'époque incarné par Charlie Sheen. Opposant ainsi les deux hommes dans un combat sans issue. Si les effets-spéciaux conçus par l'équipe du réalisateur ne sont objectivement pas toujours de très grande qualité, le véritable intérêt de Rambo VS Predator - First Green Blood se situe bien entendu au niveau du montage. Le film démontre une connaissance accrue de son auteur pour les films dont il prélève des images afin de créer une toute nouvelle histoire. Contraignant ainsi Antonio Maria Da Silva et son équipe à connaître les œuvres en question sur le bout des doigts. En résulte un long-métrage d'un peu plus de soixante-quinze minutes d'une rigueur relativement bluffante en terme de montage et d'écriture. Les amateurs d'action et de science-fiction peuvent ainsi se délecter d'une œuvre faisant la part belle à un certain nombre de classiques de ces quarante dernières années. Un film qui n'a absolument pas à rougir face aux productions conçues par les professionnels du métier. Son auteur nous offre en outre le privilège de le découvrir en intégralité sur sa chaîne Youtube. De plus, si vous êtes anglophobes, pas d'inquiétude à avoir. Antonio Maria Da Silva a eu l'excellente idée de le proposer en version sous-titrée dans dix-huit langues différentes, dont le français. À découvrir en cliquant sur le lien suivant : Rambo VS Predator - First Green Blood

samedi 13 janvier 2024

Alien Crossover : Aliens VS Predator : Requiem de Greg et Colin Strause (2007) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Trois ans après la sortie de Alien VS Predator de Paul W. S. Anderson, les frères Greg et Colin Strause réalisent à leur tout un crossover des sagas Alien et Predator. Toujours située sur Terre, l'intrigue n'oppose cette fois-ci plus les deux célèbres mythes fantastiques à des explorateurs à la recherche d'une pyramide située dans une immense grotte souterraine du Pôle Nord. Désormais, ce sont les habitants de Gunnison, petite ville du Colorado située aux abords d'une forêt où s'est écrasé le vaisseau du premier épisode, qui vont faire les frais de la guerre qui oppose les Predators aux Xénomorphes. L’œuvre des Strause s'ouvrant sur une traque forestière, tout en étant assez éloignée de l'esprit de la Saga Alien, offre une ouverture se rapprochant par contre de l'intrigue du premier Predator réalisé en 1987 par le cinéaste américain John McTiernan. Des passages assez plaisants mais qui ne dureront qu'un instant puisque très vite l'intrigue échappe au cadre de la forêt environnante pour s'établir ensuite, et ce, jusqu'à la fin du film, dans la localité de Gunninson. Une bourgade où vit son comptant d'adolescents abrutis, son shérif d'origine mexicaine Eddie Morales, l'ancien repris de justice Dallas Howard et frère aîné de Ricky, le livreur de pizza amoureux de la belle Jesse. Eux mais également Kelly O 'Brien, une ancienne soldate qui, heureusement pour le déroulement de l'intrigue à choisi le bon moment pour revenir en ville.
Si l'on ne peut à aucun moment reprocher à Aliens vs. Predator: Requiem d'être ennuyeux (l'action y est en effet permanente), le film de Greg et Colin Strause pose d'épineux problèmes d'incohérences. A commencer par la présence du vaisseau des predators en orbite autour de la Terre. En effet, épaulés par la guide de haute montagne Alexa lors du combat final de Alien vs. Predator, les predators auraient dû logiquement rebrousser chemin jusqu'à leur planète, leur mission d'extermination des xénomorphes ayant été achevée. Pourtant, on ne sait pour quelle raison (et n'attendez pas que les frères Strause vous en donne une), voilà que celui qui était déjà présent dans le premier crossover traîne à dire adieu à notre jolie planète.

S'ensuit alors une violente extraction du thorax du predator valeureux du premier volet qui gît, mort sur un autel du vaisseau de ses compagnons. La créature qui apparaît alors n'est plus celle à laquelle nous étions habitués. L'un des rares intérêts que les fans de la franchise Alien pourraient porter à ce nouveau crossover est la naissance d'une toute nouvelle créature. Un nouvel hybride. Après ceux de Alien, le Huitième Passager (le Xénomorphe), Aliens, le Retour et Alien, la Résurrection (les Aliens Warriors), et celui de Alien3 ( le Dog Alien), Greg et Colin Strause inventent ce qui deviendra logiquement le Predalien. Un hybride, on l'aura compris, du Predator qui hébergea l'embryon et du Facehugger qui l'insémina. Une belle idée sur le papier mais qui à l'écran s'avère décevant. Et ce pour la même raison que les combats apparaissent illisibles à l'écran : le film étant majoritairement tourné de nuit, et sachant que les décors industriels et la couleurs même des créatures sont dans un ton similaire, on n'y pratiquement rien. Le style est brouillon, les éclairages se font rares et les mouvements de caméra trop imprécis pour que l'on distingue quoi que ce soit à l'écran. 
 
Autre point éminemment négatif : il s'agit ici du comportement du predator dont on attend toujours de la part des cinéastes et du scénariste Shane Salerno, une explication. Celui envers l'espèce humaine. Car si l'on prend en compte les rapports qui s'établissent entre cette race extraterrestre et l'héroïne du premier Alien VS Predator, il est clair que l'animosité qui les opposait avait disparu au moment où ils s'alliaient pour combattre la reine des aliens. Sauf qu'apparemment Greg et Colin Strause ont oublié cet aspect du récit et laissent leur predator tuer sans fondements quelques humains, en oubliant parfois même leurs valeurs de chasseurs en tuant d'innocentes victimes.
Alors que les deux frères cinéastes ne parviennent jamais à mettre en valeur leurs créatures, Aliens vs. Predator: Requiem demeure tout de même de meilleure qualité que le premier crossover. Malgré les difficultés que l'on éprouve à suivre dans le noir les aventures de ces héros multiples dont on s'étonnera parfois de la mort, le film est beaucoup plus plaisant à regarder que le précédant. De plus, Aliens vs. Predator: Requiem nous réserve une toute petite surprise à la fin en nous présentant le personnage qui jusqu'à maintenant était demeuré caché : Miss Yutani qui n'est autre que la moitié du binôme ayant bâtit la compagnie Weyland-Yutani formé de deux empires qui par le passé étaient rivaux...

mardi 23 août 2022

Predator : Dark Age de James Busheet (2016) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Pourquoi un premier paragraphe barré ? Parce que le sujet devait à l'origine porter sur En passant pécho de Julien Hollande. Mais au vu de sa piètre valeur artistique, j'ai opté pour un changement de direction...


Pour commencer, un peu d'histoire (ne vous inquiétez pas, ''ça va bien s'passer'' dixit un certain Gérald Darmanin): Sous Valérie Giscard D'estaing, ancien président de la Cinquième République qui s'invitait chez les gens sans y avoir été convié (le coup de pied au cul qu'il se serait pris s'il avait osé sonné à ma porte!), apparu le célèbre slogan ''On n'a pas de pétrole, mais on a des idées''. Aujourd'hui, c'est tout l'inverse. On n'a toujours pas de pétrole mais on a du pognon... Et malheureusement, PLUS d'idées. Alors on produit à la chaîne des comédies françaises qui feraient mourir de honte les scénaristes des films américains les plus stupides qui soient (American Pie et compagnie). Hum, hum, hummm. Sentez-vous cette agréable odeur de fumier rappelant la campagne qui se profile à l'horizon ? Non, hein ? Plutôt l'odeur d'un étron laissé sur le bitume par un pitbull de mauvaise humeur et nourri au hamburger ! Pas la peine d'avoir fait les grandes écoles (ce serait même le contraire) pour deviner ce qui se cache derrière le titre En passant pécho. Une histoire de dealers ! Directement mise à disposition des abonnés Netflix, cette comédie vantée comme étant déjantée est l’œuvre de Julien Hollande. Dont il s'agit du premier film. Dont il a également assuré l'écriture aux côtés de l'acteur Nassim Lyes. Dont il s'agit également pour ce dernier, du premier scénario...


Bon, vous savez quoi ? Nous allons finalement laisser tomber l'article consacré au film de Julien Hollande qui soit dit en passant, n'est qu'une petite crotte malodorante sans le moindre intérêt et plutôt nous laisser absorber par le court-métrage Predator : Dark Age de James Busheet et lui donner un peu de notre temps et de notre énergie. À la simple évocation du titre, je devine que certains (ceux qui n'en ont jamais entendu parler) frétillent déjà d'impatience de savoir où peut être découverte la chose. Sur Youtube et en version originale sous-titrée en français, s'il vous plaît ! Bien avant que Prey et son retour en arrière de plusieurs siècles ne débarque sur Netflix, un petit malin semble avoir judicieusement pensé que de s'approprier l'un des plus grands mythes de la science-fiction serait une excellente idée. Auteur de plusieurs courts-métrages avant cela et de quelques (Courts ? Moyens ? Longs ?) métrages pratiquement tous en pré-production, James Bushe a donc gratifié les fans de la franchise Predator d'un opus long d'une petite trentaine de minutes situant son action non pas dans le présent et pas davantage trois-cent ans en arrière comme cela fut le cas avec Prey (qui malgré son titre est actuellement bien le dernier volet de la saga). Le moyen-age s'étant étendu sur dix siècles, il sera difficile d'évaluer très précisément à quel moment se situe l'action de Predator : Dark Age bien que le titre et l'accoutrement de ses chevaliers ne laissent aucun doute sur la ''période'' invoquée. Le court-métrage du réalisateur américain semble d'emblée assez ambitieux. En juin 2014, l'équipe du film lance une campagne Kickstarter afin de réunir les fonds qui permettront de donner vie au projet. En fan absolu du long-métrage original réalisé par John McTiernan, James Bushe imagine relancer la franchise après que la sortie de Predators (Nimród Antal, 2010) ait moyennement fonctionné sur le territoire américain...


Également fan de films médiévaux, le réalisateur imagine un mix entre ce genre (James Bushe apprécie tout particulièrement Braveheart de Mel Gibson sorti en 1995) et le mythe du predator. Et ce qui au départ ne devait être qu'une bande-annonce deviendra donc ce court-métrage de vingt-sept minutes très exactement (on va pas chipoter sur les secondes restantes). Détail amusant, l'acteur originaire du Zimbabwe Adrian Bouchet était, douze ans auparavant, l'un des personnages secondaires du crossover Alien vs. Predator de Paul W.S. Anderson. Construit un peu à la manière des précédents épisodes mais se déroulant désormais dans la forêt anglaise, l'un des atouts de Predator : Dark Age est de mêler deux univers qui a priori n'ont rien de commun. Comme de plonger nos valeureux héros des Visiteurs de Jean-Marie Poiré au tout début des années quatre-vingt dix pouvait paraître étonnant tout en formant un tout parfaitement cohérent. Dans le cas présent, Predator : Dark Age reprend quelques séquences iconiques du long-métrage de 1987. À commencer par la découverte de corps dépecés, victimes on le sait déjà du Predator venu sur notre planète afin de pratiquer son sport favori : la chasse à l'homme ! Ou cette fameuse séquence lors de laquelle Billy Sole (Sonny Landham), l'un des membres du groupe de mercenaires commandés par le major Alan « Dutch » Schaefer (Arnold Schwarzenegger) sentait la présence proche d'un ennemi invisible, ici, brillamment reconstituée...


Après un petit temps de latence, les choses vont aller très vite et le groupe constitué de cinq membres (auquel l'on ajoutera le personnage du sarrasin Sied interprété par l'acteur Amed Hashimi) va être partiellement, mais rapidement, décimé. Predator : Dark Age reprend donc dans les grandes lignes le scénario original des frères Jim et John Thomas, réutilisant quelques effets saisissants comme la vision thermique de la créature, son cri si spécifique ou encore cette pulsation étrange qui accompagne la partition musicale cette fois-ci composée par Juan Iglesias (laquelle s'inspire parfois de celle d'Alan Silvestri). Concernant les effets-spéciaux, sans être bien évidemment à la hauteur de ceux du premier Predator, vu le budget du court-métrage, Mike Peel et l'équipe en charge des effets visuels peuvent être fiers de leur travail puisqu'en comparaison, ils n'ont pas à rougir. En lieu et place du remarquable travail opéré par Stan Winston et son importante équipe plus de trente ans en arrière, celle de Predator : Dark Age renvoie malgré tout à quelques passages mémorables de l’œuvre originale. Comme la découverte de la créature en mode invisible ou son étonnante silhouette d'extraterrestre reptilien à la coiffure rasta ! Bien entendu, le rendu n'est jamais à la hauteur du long-métrage de John McTiernan mais coincé au beau milieu de la célèbre franchise, le court-métrage de James Bushe se dressera, selon les goûts de chacun, à la troisième ou quatrième place. Notons que d'autres fans se sont intéressés au mythe du predator avec plus ou moins de succès...

 

mercredi 28 novembre 2018

The Predator de Shane Black (2018) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Démystification. Le genre de terme qui tombe à pic lorsque l'on n'a aucune autre prétention que de déshonorer une franchise qui battait pourtant déjà, sacrément de l'aile. Déshonneur ? Trahison, oui. Et de plus, orchestrée par l'un des interprètes de l’œuvre originale. Le maître John McTiernan trahi par l'un de ses apôtres, lequel chie littéralement sur la tête des fans de la première heure en osant une relecture totalement ringarde, déjà dépassée alors même que le film n'a que quelques mois. Fallait oser. Oser s'en prendre au mythique Predator de 1987. Surtout qu'après John McTiernan, d'autres s'y étaient déjà risqués. Deux suites, dont la première réévaluée à la hausse depuis sa sortie (je me souviens qu'à l'époque beaucoup la méprisaient), et la seconde, plus fidèle au mythe que ne le sera The Predator de Shane Black en 2018. Et je ne parle même pas des deux immondes crossover sortis respectivement en 2004 pour Aliens vs. Predator et 2007 pour Aliens vs. Predator : Requiem. Si la cuvée 2018 a des allures de nanars post-eighties, c'est peut-être aussi parce que le réalisateur et scénariste Fred Dekker (Night of the Creeps) a participé à l'écriture auprès de Shane Black ? Quant à ce dernier, si l'on parcours la liste des longs-métrages qu'il a lui-même réalisé, la présence de Iron Man 3 explique sans doute pourquoi son dernier film ressemble à une œuvre bâtarde tentant d'incorporer l'une des créatures extraterrestres les plus séduisantes de l'histoire du cinéma dans un univers flirtant avec les blockbusters du plus mauvais goût. Non pas que Iron Man 3 soit un mauvais film, bien au contraire, mais certaines hybridations sont vouées à l'échec.

D'une fadeur qui confine à la supercherie, The Predator est, de tous ceux qui l'ont précédé, crossovers compris, sans doute celui qui s'éloigne le plus de la franchise. La célèbre créature aux dreadlocks n'en devient plus qu'un prétexte pour attirer les foules dans les salles obscures. Des quadra-quinquagénaires qui se bousculèrent à l'époque (en 1987) pour s'asseoir aux meilleures places, jusqu'aux nouvelles générations désirant se partager le privilège, oui, d'avoir assisté à la renaissance d'une icône de la science-fiction à l'aube des années (deux mille) vingt.

Dès l'entame, The Predator frise, d'après moi, le ridicule. Avec ces images d’Épinal fixant l’œil de la caméra sur l'espace dont le déplacement de nuages de galaxie laisse transparaître le peu d'intérêt que porte Shane Black à la science. Un détail sans importance et qui pourtant me sauta aux yeux. Le film de Shane Black est un grand fourre-tout mettant en scène le membre d'un commando des Forces Spéciales, son fils autiste, des soldats ayant commis des actes graves, ainsi qu'une spécialiste en extraterrestres et d'autres joyeusetés dont je m’abstiendrai de dresser une liste exhaustive. Mixant tout ça dans un grand shaker, il en résulte une œuvre éminemment brouillonne dont les enjeux sont parfois difficiles à cerner. Des hommes qui se battent contre d'autres hommes. Un super-predator qui s'en prend aux siens. Puis des predators qui s'attaquent à l'homme et vice versa, et au beau milieu de ce carnage apparemment chorégraphié par un logiciel informatique en fin de course, des punchlines par dizaines. Et trop de punchlines, tue les punchines. Et surtout font ressembler The Predator à une grosse blague de potache où des militaires s'amuseraient à comparer la longueur de leur [BIP!]. Aucune caractérisation. Ou si pauvre qu'on se fiche du sort des uns comme celui des autres. L’œuvre de Shane Black n'a pas la classe de l'originale signée John McTiernan. Et l'emploi de certaines compositions mythiques d'Alan Silvestri ne redore pas le blason d'un troisième opus (Predators ayant été zappé des références) rouillé après seulement deux mois de sortie dans les salles. L'existence de The Predator est donc illégitime et demeure une insulte envers le public qui voua, voue, et vouera à jamais un culte pour l’œuvre de John McTiernan... Poubelle !

mercredi 25 juillet 2018

Predator 2 de Stephen Hopkins (1990) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Dans le premier volet réalisé en 1987 par le cinéaste américain John McTiernan, l'intrigue prenait forme en plein cœur de la forêt tropicale d'Amérique Centrale dans un pays imaginaire créé à l'occasion (Val Verde). Le Major Alan Dutch Schaefer et ses hommes y étaient envoyés afin de récupérer un ministre enlevé par des guérilleros. Dutch, George Dillon, Ramirez et les autres arrivèrent malheureusement trop tard. Mais ils allaient tous mener un combat contre une force invisible nommée Predator. Une créature venue d'un autre monde afin de chasser l'homme sur son territoire. Un humanoïde, lourdement armé, porteur d'une combinaison furtive, et rompu à l'exercice de la chasse. A la fin, et alors que tous ses hommes allaient tomber au champ de bataille à la manière des membres de l'équipage du Nostromo d'Alien, le Huitième Passager, Dutch allait mettre un terme aux agissements de la créature en débarrassant la surface de la Terre de sa présence.
Trois ans plus tard, John McTiernan a préféré ne pas réintégrer son poste de réalisateur au profit de À la Poursuite d'Octobre Rouge. Quant à Arnold Schwarzenegger, il était à l'origine prévu que l'acteur reprenne le rôle mais comme cela arrive très souvent, c'est un désaccord financier qui ruina les chances de le retrouver dans la peau du Major Dutch. Désormais, c'est le cinéaste Stephen Hopkins, auteur l'année précédente des cinquièmes aventures d'un célèbre croquemitaine en pull-over rayé de rouge et noir (Freddy 5 : L'Enfant du Cauchemar), qui accepte de reprendre le flambeau. Désormais, la guerre n'a plus lieu dans une forêt tropicale étouffante mais dans la jungle urbaine de Los Angeles où la police et et les différents cartels de la drogue colombiens mènent une guerre sans merci.

Bien qu'il ne possède pas le charisme d'Arnold Schwarzenegger, le rôle principal est désormais confié à l'acteur Danny Glover, surtout connu pour avoir joué dans les quatre volets de la saga Lethal Weapon de Richard Donner aux côtés de Mel Gibson. Le flic a remplacé le soldat. Afin de l'accompagner, il récupère le fougueux Jerry lambert, un jeune inspecteur incarné par l'excellent Bill Paxton. Ils sont de plus confrontés à leur hiérarchie et ainsi qu'à l'agent spécial Peter Keyes qui ne semble pas prêt à collaborer avec la police de Los Angeles. Le compositeur Alan Sivestri qui officiait déjà dans le premier Predator est également l'auteur de la partition musicale de cette suite. On retrouve également à nouveau les frères Jim et John Thomas à l'écriture du scénario ainsi que l'acteur noir Kevin Peter Hall sous la combinaison de la créature.

Devenu un classique de la science-fiction, le premier Predator a engendré une succession de long-métrages de plus ou moins bonne qualité. Outre cette première séquelle, le cinéaste Nimród Antal a pondu une suite plus proche de l'original avec Predators mais néanmoins pénible à regarder en comparaison avec son illustre ancêtre. Une nouvelle séquelle est même prévue pour le 17 octobre prochain. Signée par le cinéaste Shane Black, auteur notamment de Iron man 3, on espère que son nouveau film relèvera le niveau d'une franchise qui n'a fait que perdre en qualité. Et que dire des navrants Alien vs. Predator de Paul W.S. Anderson (2004) et Alien vs. Predator:Requiem de Colin Strause (2007), mélangeant deux des plus grands mythes de la science-fiction horrifique ?

A voir le résultat obtenu par des cinéastes insuffisamment préparés (ou manquant de talent) pour prétendre égaler l’œuvre de John McTiernan, Predator 2 n'est peut-être finalement pas le plus mauvais de tous et se range directement en seconde position après l'original. Pourtant, force est de constater qu'en comparaison, ce récit urbain ne possède pas le charme du cadre tropical, et ses interprètes, aussi bon fussent-ils, n'ont pas le charisme de Schwarzenegger et ses compagnons. Predator 2 flirte même parfois avec le ridicule (le rasta décapité dont la tête continue à hurler), et l'indigeste (la rencontre entre le Predator et l'enfant). L'esthétique apportée à l'image (souvent plongée dans une lumière bleutée) devient épuisante à force de devoir écarquiller les yeux pour espérer comprendre ce qui se joue devant nous (la scène du métro manque cruellement de visibilité). La sublime créature créée à l'origine par le maquilleur Stan Winston étant relativement mal éclairée, elle n'est, contrairement au film original, pas vraiment mise en valeur. Predator 2 grouille de scènes improbables. Danny Glover est beaucoup moins convaincant qu'Arnold Schwarzenegger,. Le cadre est moins plaisant, la mise en scène pas aussi maîtrisée, l'interprétation juste acceptable, la bande originale moins 'puissante', et le scénario, bien moins appréciable. Au final, et même s'il n'est pas le pire de tous, ce second volet n'arrive même pas à mi-hauteur du premier. A voir pour l'originalité du cadre qui tranche radicalement avec celui de Predator. En dehors de cela, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent à part quelques scènes de course-poursuite entre humains et alien dans une cité ravagée par le crime et la drogue...

mardi 13 juin 2017

Alien Crossover : Alien VS Predator de Paul W. S. Anderson (2004) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Alexa Woods est le genre de personnage hautement irritant qui aurait droit à une bonne leçon. Sous prétexte que l'équipe d'expédition formée autour de Charles Bishop Weyland (qui n'est autre que le grand patron de la société Weyland Industries dont la saga Alien nous rabâche les oreilles depuis le tout premier volet datant de 1979) compte sur cette jolie jeune femme, guide de haute montagne et experte en traitement des déchets pour mener à bien la mission, celle-ci se comporte en véritable despote, indiquant à qui veut l'entendre que l'expédition se fera selon ses règles. Même Weyland lui-même en prend pour son grade. Mais on n'en impose pas à un vieux briscard et Charles Bishop Weyland termine d'argumenter en faveur de sa participation malgré le mal dont il semble atteint. Les fans de Aliens, le Retour reconnaîtront l'acteur Lance Henrikson dans la peau du grand patron de Weyland Industries. Et pour ceux qui auraient encore un doute sur la paternité du personnage qu'il incarne sur celui que l'acteur interprétait dans le long-métrage de James Cameron, rappelez-vous donc le nom que portait l'androïde : Bishop. On peut donc supposer que ce dernier fut créé à l'image du mégalomane Weyland.
On l'aura compris assez rapidement, l'actrice new-yorkaise Sanaa Lathan sera donc l'héroïne de ce crossover inutile dans lequel vont croiser le fer les mythiques Alien de Ridley Scott et Predator de John McTiernan. Deux légendes du bestiaire fantastique et de science-fiction. Deux créatures extraterrestres que l'on ne s'attendait certainement pas à voir dans un seul et même long-métrage. Une infamie pour les fans des deux licences mais sans doute un spectacle réjouissant pour ceux qui ne sont pas encore coutumiers de ces deux prestigieuses sagas. Nombreux sont ceux qui ont certainement versé de chaudes larmes après avoir découvert Alien VS Predator. A commencer par les historiens spécialisés dans l'étude de l'effondrement de la civilisation Maya puisque l’œuvre du cinéaste Paul W. S. Anderson évoque, contrairement aux spécialistes, l'idée d'une pyramide souterraine au centre de laquelle se trouve une chambre sacrificielle où furent sacrifiés les mayas. Des sacrifiés servant de chambres d'incubation aux futurs xénomorphes, ces derniers devant permettre aux predators de prouver leur valeur lors de combats dantesques face à ces ennemis retors. Mais comme on l'apprendra lors un flash-back, les aliens finiront par avoir le dessus sur les predators et décimeront leur ennemi ainsi que a civilisation maya toute entière.

James Cameron travaillait sur le cinquième volet de Alien lorsqu'il apprit l'éventualité d'un tournage autour des mythes Alien et Predator. Cette idée farfelue, mais qui allait finalement faire son chemin, effraya tant l'auteur de Aliens, le Retour qui voyait dans cette alternative la mort de la franchise qu'il abandonna son propre projet. L'idée de mélanger les deux franchises n'est pourtant pas toute neuve puisque déjà, dès 1989, l'éditeur de comics Dark Horse Comics publie plusieurs ouvrages mettant en scène aliens et predators. En 2001, le studio de développement de jeux vidéo Monolith Productions sort même un jeu et plusieurs extensions dont le thème est identique. D'ailleurs, au sortir de la séance de Alien VS Predator, on a parfois l'impression d'avoir davantage assisté à une très longue cinématique de jeu vidéo plus qu'à un véritable long-métrage.
Le film de Paul W. S. Anderson est bourré d'incohérences et d'autant de scènes de bravoure, elles par contre totalement improbables. Tout au plus peut-on estimer que le cinéaste aura su gérer l'espace alloué et surtout cette immense pyramide où ont lieu les événements. Les effets-spéciaux demeure irréprochables et mêlent CGI et animatronic. L'histoire par contre laisse amer. Une fois les membres de l'expédition plongés au cœur de la pyramide, le scénario est en roue libre. Ne surnage alors que l'architecture changeante de l'édifice, d'où parvient à se dégager d'ailleurs un peu trop facilement l'héroïne. Paul W. S. Anderson convoque deux des plus emblématiques créatures du bestiaire fantastique mais sans jamais véritablement en tirer ce qui fait leur valeur. On assiste tout au plus à un combat de catch viril au final assez ennuyeux. Une suite sera mise en chantier et sortira en 2007. Réalisée par Les frères Colin et Greg Strause, Aliens vs. Predator: Requiem aura la particularité d'intégrer un personnage emblématique mais invisible jusque là de la saga Alien : John Yutani de la compagnie Weyland-Yutani, prenant ainsi la relève de Charles Bishop Weyland dont la mort était prévisible dans ce premier crossover d'Alien et de Predator...
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