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mercredi 17 mars 2021

2001 : Space Traversty de Allan A. Goldstein (2000) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Dans la famille des purges cinématographiques section parodies, on tient avec 2001 : Space Traversty (Y a-t-il un flic pour sauver l'humanité ?), un véritable monument. Qui sans son interminable dernière demi-heure, aurait pu trôner quelques places en dessous du navrant Repossessed (Y a-t-il un exorciste pour sauver le monde ?) dans le top dix des pires parodies mais qui du coup, lui tient la dragée haute. Le long-métrage de Allan A. Goldstein (qui signa en outre Le justicier - L'ultime combat en 1994 Virus deux ans plus tard) est de ces films qui déclenchent typiquement ce genre de reflex de défense consistant à vouloir protéger un interprète en se demandant ce qu'il a bien pu venir faire dans cette galère. C'est un peu la question que l'on se pose alors au sujet de Leslie Nielsen qui pourtant, n'en est pas à sa première erreur d'aiguillage (souvenez-vous de Y a-t-il un exorciste pour sauver le monde ?, justement). Ce n'est par contre pas le genre de question que l'on se posera en découvrant que la franco-néerlandaise Ophélie Winters fait partie du casting. Chanteuse ? Actrice ? À dire vrai, difficile de répondre à cette question tant sa carrière semble anecdotique. Tout au plus, la présence de la jeune femme au générique aura-t-elle permis à ses fans de la découvrir dans des robes mettant volontairement ses courbes en relief. Sous-James Bond Girld de service, Ophélie ne laisse pas indifférent lors des quelques séquences qu'elle partage avec l'acteur américain. Une ''consécration'' pour celle qui durant sa carrière d'actrice émaillée d'une dizaine de longs-métrages n'aura pas vraiment fait de vagues...


Comme le veut la tradition de cette fausse saga de longs-métrages (du moins pour un certain nombre d'entre eux) estampillée '' Y a-t-il...'', 2001 : Space Traversty évoque dès son titre original, une source d'inspiration tenant compte de quelques grands films de science-fiction. Au hasard, et dans le désordre : 2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick bien évidemment. Mais aussi Mars Attacks ! de Tim Burton, Total Recall de Paul Verhoeven ou encore Men in Black de Barry Sonnenfeld. Rétrospectivement, force est de reconnaître qu'Ophélie Winters est encore celle qui s'en sort le mieux. Leslie Nielsen, le pauvre, est contraint de composer avec un scénario peu inspiré et encore moins avantagé par des dialogues formidablement insipides. Voilà un film qui pour une fois, mérite sans doute tout le mépris qu'il reçu à l'époque de sa sortie de la part des critiques et des spectateurs. Et même si nombreuses sont les situations qui mènent le héros Richard "Dick" Dix à se montrer comme l'un des pires flics auquel le septième art à donné naissance, pas sûr que vingt ans après, les avis puissent diverger. C'est toujours aussi mauvais, toujours aussi peu amusant, sans doute quelque peu divertissant si l'on accepte le fait de laisser ses neurones au repos. Mais le pire sans doute dans cette histoire dont le scénario fut écrit à quatre mains par Francesco Lucente et Alan Shearman, reste cette approche en forme de ''ruelle sans issue'' que constitue la dernière demi-heure. Trente-minutes durant lesquelles, le réalisateur tente de pousser à son paroxysme le concept de comédie absurde en y incluant un certain nombre de sosies de personnalités américaines (d'où le concept de clonage, thème central du film). Si l'idée est bonne, cette trop longue séquence tourne en boucle. Et à moins d'apprécier l'humour américain reposant presque exclusivement sur la gestuelle et non sur les dialogues, ce passage est une réelle épreuve. Bref, inutile de préciser que 2001 : Space Traversty est une catastrophe industrielle...

samedi 13 mars 2021

Repossessed de Bob Logan (1990) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

En 1973 sortait sur les écrans américains l'un des plus grands films d'horreur de tous les temps. L'Exorciste de William Friedkin. L'histoire de Regan Theresa MacNeil, adolescente possédée par le démon Pazuzu, exorcisée par deux hommes d'église, les pères Damien Karras et Lankester Merrin. Plusieurs séquelles furent réalisées par la suite mais aucune d'entre elles ne parvient à égaler ce véritable monument de l'effroi notamment inspiré par un authentique cas de possession relaté dans un exemplaire du Washington Post sous le titre ''The Boy Reported Held in Devil's Grip''. Le film ressort vingt-sept ans plus tard dans une version rallongée agrémentée de plusieurs séquences dont une particulièrement impressionnante montrant la jeune fille dévaler les escaliers de sa maison comme une araignée (la scène dite du Spider Walk). La France bénéficiera malheureusement à cette époque d'une version intégralement redoublée en français... Dix-sept ans après la première sortie de L'Exorciste l'idée relativement délirante de réaliser une parodie du film germe dans l'esprit de Bob Logan, réalisateur l'année précédente de la comédie Up Your Alley dans lequel nous retrouvions déjà l'actrice Linda Blair (la petite Regan du classique de William Friedkin). Surfant sur le succès de la série de longs-métrages réalisés par les frères David et Jerry Zucker ainsi que par leur compagnon Jim Abrahams (les trois homme étant plus connus sous l'acronyme ZAZ), Bob Logan propose à l'acteur Leslie Nielsen d'endosser le rôle du Père Gédéon Mettez (Jebedaiah Mayii dans la version originale), celui-là même qui était censé avoir exorcisé la jeune Nancy Aglet (Linda Blair) dix-sept ans auparavant...


Comme on peut le constater, si les noms des personnages ont changé, la parodie s'inspire par contre très ouvertement du long-métrage de William Friedkin. La présence de Leslie Nielsen n'étant pas le fruit du hasard, le film semble faire partie de la saga des Y a-t-il... titre abusivement employé chez nous pour regrouper des œuvres parodiques qui, si elles ont en rapport la présence de Leslie Nielsen et des ZAZ au générique n'ont en réalité pas toujours d'accointance entre elles comme le signifient les titres dans leur version originale. Retitré dans notre pays Y a-t-il un exorciste pour sauver le monde ? (une sortie dans les salles française début 1994 affubla même le long-métrage du titre L'Exorciste en folie), Repossessed a cette particularité de parodier quasiment exclusivement le film de William Friedkin quand d'autres, souvent, s'amusent à égratigner toute une série de longs-métrages dans une seule et même comédie. Tout comme les valeurs sûres du genre, le film de Bob Logan passe le plus clair de son temps à jeter en pâture des gags quasiment ininterrompus malheureusement, ici, de très mauvaise qualité. L'on pourrait alors supposer que le public français n'était sans doute pas prêt à ingérer un humour typiquement américain, mais connaissant les critiques désastreuses relatées par certains journalistes spécialisés d'outre-atlantique, il est un fait que Possessed est mauvais...


Linda Blair a beau reprendre le personnage qui l'a rendue célèbre en l'exploitant de manière beaucoup plus hystérique qu'auparavant, Leslie Nielsen a beau nous rejouer le même type de rôle que dans, par exemple, Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?, le film ne fonctionne absolument pas. La faute à un manque flagrant d'humour. Le film part dans tous les sens, sans réelle cohésion entre chaque scène. Un prétexte pour balancer à l'image des gags lourdingues. Possessed s'avère alors terriblement ennuyeux malgré sa courte durée qui n'excède pas les soixante-quinze minutes. C'est court,mais en même temps, c'est déjà bien trop long. Si le film fait évidemment référence à quelques séquence de l’œuvre originale, leur évocation ici tombe littéralement à plat. Gags poussifs dont la multiplication demeure hélas, inefficace. Allez, ne soyons pas trop vaches ! Disons qu'à un ou deux petits moments l'on va sourire... par politesse ou même, pourquoi pas, sincérité. Une toute petite poignée de secondes qui ne justifient par contre pas la vision de cette désastreuse parodie de fond de tiroir qui, bien évidemment, ne parvient jamais à faire de l'ombre aux classiques du genre. Voir Possessed, c'est perdre son temps...

 

vendredi 12 mars 2021

Blaxploitation : Change of Mind de Robert Stevens (1969) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

En 1976, dans le rôle de Trelkovsky, le réalisateur et acteur Roman Polanski se posait cette épineuse question dans Le Locataire : ''On me coupe la tête... qu'est-ce que j'dis ? Moi et ma tête ou moi et mon corps ?''. Sept ans auparavant dans Change of Mind de Robert Stevens, un journaliste posait cette autre question au chirurgien qui venait de greffer dans le crâne d'un homme de couleur, le cerveau d'un blanc : '' Qu'est-il maintenant ? Un homme blanc dans un corps de noir ? Ou un homme noir avec un cerveau de blanc ?'' Si la réponse semble complexe, le cerveau étant le centre de la conscience et l'organe central du corps humain sans lequel rien ne peut fonctionner, elle est sans doute plus simple qu'elle n'en a l'air. Avant The Incredible 2-Headed Transplant de Anthony M. Lanza en 1971 et The Thing with Two Heads de Lee Frost l'année suivante, deux films de blaxploitation dans lesquels le concept se radicalisait puisque dans le premier, la tête d'un homme de couleur était greffée conjointement à celle d'un blanc tandis que dans le second, il s'agissait de l'inverse. Pire, dans l’œuvre de Lee Frost, la tête greffée n'était autre que celle de Maxwell Kirshner (interprété par l'acteur Ray Milland), un scientifique xénophobe opéré en urgence. Je vous laisse deviner sa réaction à son réveil...


Change of Mind est un cas à part dans le cinéma américain des années soixante-dix. Car s'il est moins connu que d'autres films de Bloixploitation, ce courant cinématographique dont le ''projet'' était de reconsidérer l'image des afro-américains, il demeure peut-être pourtant l'un des plus importants de sa catégorie, pièce maîtresse de la cause noire d'un point de vue culturel et social. Car au delà du simple aspect fantastique que revêt le récit (cinquante-deux ans après, la greffe du cerveau n'est toujours pas à la portée de la médecine et des neurochirurgiens), le message y est peut-être plus fort que dans n'importe quelle autre circonstance. Nous sommes en 1969 et cela fait cinq ans maintenant que la fin de la ségrégation raciale a été officiellement instaurée aux États-Unis grâce à l'adoption de plusieurs lois fédérales dont le Civil Rights Act signé cette année là. Si de part son statut de film de Blaxploitation, il était couru d'avance de penser que l'on puisse envisager au centre du récit de Change of Mind, un cerveau de noir dans un corps de blanc, cela n'est que pour d'évidentes raisons. Le long-métrage de Robert Stevens exploite les rapports quotidiens parfois difficiles qu'entretient une certaine frange de la population noire du pays (qu'elle soit plus ou moins importante) avec le peuple blanc. Plutôt que de tomber dans la facilité en exploitant d'un côté l'homme noir et ses difficultés d'intégration et de l'autre l'homme blanc, forcément raciste, le réalisateur permet à tous les types d'individus de prendre la parole quelle que soit la couleur de leur peau...


De Leslie Nielsen, acteur bien connu même dans nos contrées puisqu'il interpréta notamment le personnage du lieutenant Frank Drebin dans la série de longs-métrages Y a-t-il un Flic pour Sauver... initiée dans la seconde moitié des années quatre-vingt par le producteur et réalisateur David Zucker. Dans le cas présent, il interprète celui du Shérif raciste et corrompu, Gene Webb. Susan Oliver incarne le personnage de Margaret Rowe, qui n'est autre que l'épouse du héros opéré du cerveau au début du film. En mettant face au personnage de David Rowe (l'acteur Raymond St. Jacques) son épouse, sa mère, ses amis ou ses relations professionnelles, le réalisateur permet différentes grilles de lectures, toutes plus réalistes les unes que les autres quand bien même le sujet puisse être à priori farfelu. Contrairement à The Incredible 2-Headed Transplant et The Thing with Two Heads dont le ton était plus ou moins volontairement humoristique, Change of Mind pose de vraies questions, qui poussent inévitablement à la réflexion. Les relents de racismes qui se dégagent de certains protagonistes, antagonistes dirons-nous, font face à des comportement qui, certes ne s'avèrent pas moins méprisables, mais qui entrent souvent dans une certaine logique. À la seconde question posée plus haut, le film tente d'y répondre de deux façons : le principal intéressé évoque l'implantation d'un cerveau dans le corps d'un robot, justifiant ainsi la supériorité du premier sur le second. Du cerveau sur le corps. Plus loin, un politique affirme à David Rowe que pour un blanc, il est noir et que pour un noir, il n'est qu'un monstre de foire. Ce que tenterait par la suite de confirmer cette fois-ci un homme de couleur qui rejette alors l'idée que l'opéré puisse faire partie de sa communauté. On l'aura compris, Change of Mind juge moins une certaine catégorie d'individus que l'humanité toute entière. Et c'est sans doute en cela que le film fait réfléchir tout en apaisant les esprits frondeurs. Aujourd'hui, Change of Mind conserve toute la force de son propos même si le message a des chances de prendre de nouvelles direction dans l'esprit de ses contemporains. L’œuvre de Robert Stevens est une excellente expérience qui ne l'empêche pas d'être relativement divertissant. Nous plongeant dans les États-Unis de la fin des années soixante et accompagnée d'une excellente musique signée de Duke Ellington.Un Blaxploitation que tout fan du genre se doit de connaître...

 

vendredi 28 octobre 2016

Prom Night de Paul Lynch (1980)



Lors d'un jeu qui a mal tourné six ans plus tôt, une jeune fille est morte devant quatre de ses camarades. Se sentant responsables de sa mort, il décident tous de ne rien dire à leurs parents ainsi qu'à la police. Six ans plus tard, et alors que le bal de fin d'années approche, un individu profite de l'événement pour punir ceux qui furent responsable de la mort de la fillette. Sans le savoir, Nick, Wendy et leurs amis sont en danger de mort. Tout débute quelques jours avant le bal. Le corps d'une jeune fille est retrouvé par la police à l'endroit même où fut retrouvé le cadavre de la fillette six ans plus tôt. Pour la police, ça ne fait pas de doute. Le responsable est un pervers qui est revenu en ville pour se venger de l'horrible drame dont il a été victime : en effet, poursuivi par les autorités, il fut brûlé dans l'incendie de son véhicule. Le Lieutenant Darryl McBride n'en démord pas. Le tueur, c'est lui. Et il va bientôt recommencer.
Parmi les amis de Nick et Wendy se trouve Kim Hammond, sœur d'Alex et fille de Raymond Hammond, le directeur de l'école où ils étudient tous. Depuis qu'elle fréquente Nick McBride, elle et Wendy ne s'entendent plus. La jeune adolescente en veut à son amie de lui avoir volé son petit ami. Wendy, Nick et les autres reçoivent un matin d'étranges coups de téléphone. Persuadés qu'il ne s'agit que d'une plaisanterie il ne font pas cas de l'événement et pourtant, l'homme derrière le combiné est bien celui qui a décidé de leur faire payer la mort de la gamine six ans plus tôt. Et la vengeance aura lieu bientôt, dans quelques jours, lors du bal de fin d'année...

Le début des années quatre-vingt voit fleurir un nombre impressionnant de slashers consécutifs aux succès de Halloween de John Carpenter et de Vendredi 13 de Sean Cunningham. Avec plus ou moins de bonheur, chacun y met son grain de sel, mais rares sont ceux qui parviennent à se démarquer. On pourra citer Joseph Zito et son excellent The Prowler ou The Burning de Tony Maylam, tout deux sortis la même année en 1981. L'année d'avant, c'est le cinéaste Paul Lynch qui s'essaie au genre avec Prom Night, plus connu chez nous sous le titre Le Bal de l'Horreur. Si pour les plus jeunes d'entre nous le titre fait d'abord référence à une œuvre datant de 2008, il ne s'agit en réalité qu'un remake du long-métrage datant de 1980.

On retrouve dans le rôle principal l'actrice Jamie Lee Curtis qui jusqu'à maintenant n'a joué que dans deux film de John Carpenter dont le célèbre slasher datant de 1978 qui les a rendu célèbre lui et la jeune actrice. Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Jamie Lee Curtis est la fille des stars du cinéma Tony Curtis et Janet Leigh. Depuis le début de sa carrière, la jeune femme a joué dans une cinquantaine de longs-métrages dont plusieurs suites de l’œuvre qui l'a fait connaître.
A ses côtés, l'immense Leslie Nielsen, acteur américain d'origine canadienne que l'on a pu voir dans de nombreux films et davantage encore de téléfilms dès 1949. il fut l'un des interprètes du Creepshow de George A. Romero, tourna un nombre important d'oeuvres parodiques et apparut même dans deux épisodes de la célèbre série Columbo.

Deux grands acteurs donc, pour un film, qui ne l'est pas. En effet, Prom Night, malgré la petite renommée qu'il a acquise depuis sa sortie auprès des amateurs de films d'horreur est un très mauvais slasher. A l'époque où le disco allait devenir désuet, l’œuvre de Paul Lynch est noyé dans une bande-son affreuse qui gâche une bonne partie de l'ambiance. Une ambiance d'ailleurs assez mal entretenue puisqu'il ne s'y passe finalement pas grand chose. Paul Lynch semble vaguement inspiré par les classiques du genre, certes, mais par un certain Carrie au bal du Diable de Brian de Palma puisque l'on retrouve l'idée de représailles de la part d'élèves voulant gâcher les festivités de fin d'année. Bien évidemment, la comparaison s'arrête là. Si l'on patiente durant une bonne heure, c'est toujours dans l'espoir d'assister à des meurtres sanglants. Malheureusement, même d'un point de vue horrifique, c'est le désert. Les meurtres sont terriblement mal filmés, dans une obscurité presque totale, et manquent cruellement d'originalité.
Malgré sa notoriété, Prom Night n'est donc finalement qu'un médiocre slasher, et la présence de Curtis et Nielsen n'y change rien...

lundi 3 octobre 2016

Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? de David et Jerry Zucker et Jim Abrahams (1998)



De retour aux États-Unis après un séjour à Beyrouth où il a déjoué les plans de Rouhollah Khomeini, Mikhail Gorbachev, Yasser Arafat, Mouammar Kadhafi, Fidel Castro et Idi Amin Dada, le lieutenant Frank Drebin est chargé de la sécurité pour la venue prochaine de la Reine Elisabeth II d'Angleterre. En parallèle, il enquête sur une sombre affaire de drogue dont a été victime son meilleur ami et partenaire Nordberg, soupçonné de trafique alors qu'il avait en réalité mis la main sur un réseau de trafiquants de drogue mené par un certain Vincent Ludwig. En remontant jusqu'à celui-ci, Frank fait la connaissance de Jane Spencer, assistante de Ludwig, lequel la jette dans les bras du lieutenant afin d'en apprendre un peu plus sur lui.
Mais très vite, Frank et Jane vont tomber amoureux l'un de l'autre. Malheureusement pour Frank, lors d'une erreur de jugement reléguée par tous les médias, il va se voir retirer la protection de la Reine Elisabeth II par la maire de Los Angeles. En apprenant de la bouche de Jane qu'un attentat contre la Reine organisé par Ludwig doit être commis lors d'un match de base-ball, il décide malgré tout de s'y infiltrer en endossant le rôle d'arbitre principal du match qui va avoir lieu...

Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? est le troisième long-métrage de la série des Y a-t-il... ? Réalisés, produits et scénarisés par le trio des ZAZ formé par David et Jerry Zucker et Jim Abrahams. Si l'on tient compte uniquement des œuvres auxquelles les trois hommes ont participé, Y a-t-il enfin un pilote dans l'avion ? ne peut donc être considéré comme l'un des projets officiels de la série puisque il n'ont participé ni à la réalisation, ni à la production, ni même à l'écriture. Deux ans après le second, Y a-t-il quelqu'un pour tuer ma femme ? David Zucker est seul aux commandes de Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?, même si ses deux complices participent toujours à l'écriture du scénario.

Dans le rôle principal, l'acteur Leslie Nielsen qui jouait déjà le premier volet des Y a-t-il... ? Autre petite précision : lorsque l'on parle ici de saga, le principe des suites ne peut être considéré que dans les versions françaises des œuvres du trio. Aucune ambiguïté n'est permise lorsque l'on constate que dans leur version originale, rien ne rattache les deux premiers films des suivants qui eux, formeront une trilogie à part entière. Dans le rôle du lieutenant Drebin, Leslie Nielsen campe un flic maladroit, séduit par une Priscilla Presley de toute beauté. A leurs côtés, on retrouve l'acteur George Kennedy qui a fait le forcing pour faire partie du casting alors qu'il avait regretté de ne pas avoir été pressenti pour jouer dans Y a-t-il un pilote dans l'avion ? Une fois encore, les ZAZ font preuve d'une imagination débordante. Les gags s'enchaînent à une vitesse prodigieuse, ne laissant aucun moment de répit au spectateur qui chercher ce que peuvent receler les premier et second plans. En ouverture, nous avons droit à un panel de sosies d'une partie des plus grands « secoués » de notre histoire. Le film surfe sur la vague de la parodie en s'inspirant très souvent de classiques tels que Un Espion de Trop (le procédé d'hypnose utilisé par le machiavélique Ludwig (l'excellent Ricardo Montalban) ayant été inspiré par le film de Don Siegel), ou L'Inspecteur Harry pour la réplique « quand je vois deux types en toge poignarder un mec, je les flingue. Ça, c'est ma politique. »

Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? demeure sans doute à ce jour comme l'un des tout meilleurs films des ZAZ, en tout cas, celui dont les gags ont conservé toute leur fraîcheur. Un film à voir et à revoir. A noter que deux suite ont été réalisées par la suite : Y a-t-il un flic pour sauver le président ? En 1991 et Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ? En 1994, toutes les deux étant toujours interprétées par Leslie Nielsen...

 

vendredi 30 septembre 2016

Y a-t-il un Pilote dans l'Avion ? de Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker (1980)



Ted Striker (Robert Hays), un ancien pilote de guerre dont l'un des raids militaires avait causé la mort des hommes de son escadrille a gardé des séquelles du drame. Sa fiancée, l'hôtesse de l'air Elaine Dickinson (Julie Hagerty) l'a quitté, mais Ted ne se laissant pas abattre, il décide de la suivre dans un avion pour tenter de la convaincre de revenir vers lui. Mais alors que le vol se passe bien, une intoxication alimentaire causée par un repas à base de poisson fait plusieurs victimes, dont le pilote, le Capitaine Clarence Oveur et le co-pilote Roger Murdock. Il n'y a donc plus personne pour assurer le pilotage de l'avion. Alors qu'Elaine enclenche le pilote automatique, le docteur Rumack s'occupe des malades. Le plus urgent est de trouver un passager capable de piloter l'avion. Le seul à pouvoir prendre les commandes est justement Ted. Aidé d'Elaine, il va tout faire pour que l'engin se pose sans faire de victimes...

Y a-t-il un Pilote dans l'Avion ? marque une date dans l'histoire de la comédie américaine. Il s'agit en effet du tout premier long-métrage des ZAZ, un collectif de scénariste, producteurs et réalisateurs qui se sont spécialisés dans des parodies de films ayant connu un certain succès dans les salle. Pour cette première réalisation, les cinéastes Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker se sont inspirés du film Zero Hour! Réalisé par Hall Bartlett en 1957 et dans lequel un équipage était lui-même confronté à une intoxication alimentaire. Mais alors que l’œuvre de Bartlett était traitée d'une manière beaucoup plus dramatique, Y a-t-il un Pilote dans l'Avion ? tourne le sujet en dérision. La spécificité du film, et de tous ceux que les ZAZ tourneront par la suite, est l'enchaînement de gags ininterrompus, dont certains sont visibles au second plan.


Les énumérer tous serait une perte de temps puisque le principal atout de ces derniers est surtout visuel. Le rôle du Dr Rumack est confié ici à l'excellent acteur Leslie Nielsen qui campera le rôle principal de plusieurs des longs-métrages des ZAZ, qui porteront presque tous la marque « Y a-t-il... ? » alors même qu'ils n'auront pas forcément de point commun en matière de scénario (celui-ci et sa suite demeurant indépendantes de la série des Naked Gun). En septembre 2011, le Time Out London situe Y a-t-il un Pilote dans l'Avion ? À la deuxième place de son top cent des comédies. Zero Hour! n'est pas le seul film à avoir été parodié. Dès le début on entend la musique du célèbre long-métrage de Steven Spielberg Les Dents de la Mer alors même que l'on distingue la dérive d'un avion transpercer les nuages. Plusieurs autres références sont également à noter : au hasard, La Fièvre du Samedi Soir, Midnight Express ou encore Pinocchio.


A revoir aujourd'hui, le film tient encore la route et à plutôt bien vieilli. On se surprend même à sourire lors de gags assez osés pour l'époque : la vieille dame s'offusquant de l'homme qui lui propose un verre d'alcool alors même qu'elle s'apprête à sniffer un rail de coke. Les questions tendancieuse du commandant de bord posées au gamin venu visiter le cockpit. Ou la scène explicite durant laquelle Elaine regonfle le pilote automatique (en fait, un ballon de baudruche) dont le bouchon est situé juste en dessous de la ceinture.
Mais l'idée de génie des ZAZ, sans doute, fut d'avoir choisi des interprètes que l'on n'avait pas l'habitude de voir à l'époque dans ce genre de long-métrage : Leslie Nielsen donc, mais également Peter Graves, Lloyd Bridges ou Robert Stack. On reconnaîtra des visages sans pour autant leur mettre un nom. Notamment, l'actrice Barbara Billingsley qui lors d'une scène irrésistiblement drôle traduit les paroles d'un duo d'acteurs noirs incompréhensibles. On retrouve dans le rôle du co-pilote le célèbre basketteur Kareem Abdul-Jabbar qui avait déjà joué dans Le Jeu de la Mort aux côtés de Bruce Lee et dans un épisode de la série L'Homme de l'Atlantide aux côtés de Patrick Duffy. Deux ans plus tard, une suite fut réalisée, cette fois-ci réalisée et scénarisée par Ken Finkleman : Y a-t-il Enfin un Pilote dans l'Avion ? malgré le titre et les interprètes communs au premier, le film n'a donc rien à voir avec la série mise en scène et scénarisée par les ZAZ...

lundi 28 janvier 2013

Creepshow de George A. Romero (1982)



Lorsque l'on a un père aussi con que le sien, on comprend que le gamin de l'intro ait envie d'échapper aux punition d'un géniteur qui ne jure que par la bière et les magasines pornographiques. Quand à la mère, elle a le courage de ces femmes battues qui se résignent à s'écraser devant les vociférations de maris autoritaires qui ne leur laissent en général que le droit de raccommoder leurs pantalons en jeans. La progéniture se rebelle, prend une gifle et voit sa lecture préférée finir à a poubelle. "Qu'il aille pourrir en Enfer" murmure l'enfant à l'attention d'un père qui s'en est allé se rafraichir le gosier dans le salon. L'avorton aurait-il pu imaginer voir débarquer alors devant la fenêtre de sa chambre la goule qui orne habituellement la couverture de son comics préféré? La présence de celle-ci sonne comme une invitation au pays des rêves macabres qui pullulent dans chacune des pages de "Creepshow", la fameuse bande-dessinée responsable du drame familial. C'est ainsi que s'ouvre le film, nous entrainant dans cinq histoires horrifiques mises en scène par le grand maitre George A. Romero ("Dawn Of The Dead"). 

 
Father's Day, le premier segment, nous entraine dans la demeure d'un richissime vieillard mort sous les coups de cendriers assenés par sa fille Bedelia sept ans plus tôt. En effet, ce père particulièrement jaloux des rapports qu'entretenait sa fille avec un homme de soixante-quinze ans fit tuer ce dernier lors d'une partie de chasse. Vengeant la mort de son bien aimé en tuant son géniteur, Bedelia célèbre depuis chaque année la fête des pères en réunissant autour d'elle ses deux neveux. Elle qui d'habitude est d'une exactitude exemplaire se fait désirer. Alors qu'elle arrive aux abords de la grande maison familiale, elle choisit de passer devant le cimetière afin de rendre visite à son père . Ce dernier, revanchard, ne trouve rien de mieux que de sortir de sa tombe afin de souhaiter à sa manière la fête des pères. C'est ainsi que, décharné, il va éliminer tour à tour les membres de sa famille jusqu'à obtenir le gâteau qu'il désira le jour même de sa mort... Des cinq chapitres de Creepshow, celui-ci apparaît comme le plus faible. Si l'idée délirante du retour d'un vieil acariâtre apparaît comme une solution efficace aux projets de vengeance qu'il murit depuis sept ans dans sa tombe, l'aspect humoristique sonne relativement plat et les effets-spéciaux n'ont pour l'instant rien d'exceptionnel.


A propos d'humour, le second segment titré The Lonesome Death Of Jordy Verrill apparaît comme une bien meilleure alternative. Interprété par l'immense Stephen King (auteur du scénario basé sur son recueil de nouvelles The Crate And Weeds), ce chapitre voit un bouseux être témoin de la chute d'un météore dans son jardin. Le pauvre bougre imagine devenir riche à l'idée de vendre le précieux objet à la science mais en tentant de refroidir le rocher fumant, ce dernier se brise en deux et laisse échapper une curieuse substance bleutée que Jordy Verrill aura la malencontreuse idée de toucher du bout des doigts. S'en suit alors une très étrange modification physique du bonhomme qui se transforme littéralement en plante verte. Stephen King est irrésistible dans ce rôle de doux dingue en salopette. On entre véritablement dans le principe à partir de ce récit court mais efficace. Au dela de l'humour, et ce malgré la durée du chapitre, un certain suspens arrive même à s'imposer. Un très bon épisode que l'on se régale de revoir.



Avec Something To Tide You Over, on change ici littéralement de décor pour aborder une vengeance totalement différente du premier segment. Ici, il est question d'adultère. Richard Vickers (l'excellent Leslie Nielsen) sait pertinemment que sa femme Becky le trompe avec un certain Harry Wentworth (Ted Danson). C'est donc avec un plaisir certain que cet amateur de vidéo imagine une vengeance à la hauteur de l'affront. Piégeant l'amant de sa femme en lui affirmant que si celui-ci ne fait pas exactement ce qu'il lui demande Becky trouvera la mort, Harry accepte de suivre Richard jusqu'à une plage lui appartenant et de se laisser enterrer jusqu'au cou dans le sable. Branchant alors un téléviseur à l'attention de sa victime, Richard propose avec une certaine délectation de faire découvrir à Harry le sort qu'il a décidé de lui faire subir et qui déjà, est en train d'emporter Becky. 
En effet, les images que diffuse en direct le poste de télévision montrent Becky subissant le même sort que son amant. Mais enterrée un peu plus bas sur la plage, elle commence à ressentir les effets de la marée montante... Avec cet épisode, on change radicalement d'univers et surtout, d'ambiance. Un certain malaise s'installe lorsque Richard, de retour chez lui, assiste à la lente agonie de sa femme et de son amant grâce aux caméras qu'il a directement branché devant ses victimes enterrée sur la plage. Lui-même semble se rendre compte de toute l'horreur de son acte durant un instant. Ce qui n'aurait pu être qu'une simple histoire de vengeance se transforme alors en une représaille inattendue de la part des victimes du bourreaux. Un excellent épisode donc, interprété par un Leslie Nielsen étonnant.


The Crate. Lorsqu'une caisse vieille de plus d'un siècle et demi est découverte par Mike, un employé d'une université, c'est l'excitation chez le professeur Dexter Stanley. Sauf qu'au moment d'ouvrir le précieux objet, rien ne se passe comme prévu. Enfermée à l'intérieur depuis de très nombreuses années, une bestiole choisit de se dégourdir la mâchoire en dévorant le pauvre Mike. Faisant par de sa découverte à son ami le professeur Henry Northrup, ce dernier imagine alors un plan pour se débarrasser de son encombrante épouse, la détestable Wilma que tous ses amants surnomment "Billie".
Loin d'être le plus mauvais segment du film, cet épisode demeure néanmoins assez faible en comparaison des deux qui le précèdent. La talentueuse Adrienne Barbeaux (New-York 1997) en fait voir de toutes les couleurs à son dégonflé de mari (Hal Holbrook) qui trouve enfin le moyen de se venger et de trouver le courage de se débarrasser d'une femme pour laquelle il ne ressent plus rien. La créature ressemble à une marionnette du muppet Show qui aurait été atteinte par les radiations de Tchernobyl. Ce n'est qu'une poupée nantie d'une rangée de dents immenses et acérées. Peu effrayante donc mais comme Creepshow est avant tout un recueil de courts-métrages horrifico-humoristiques, on pardonne le peu de crédibilité de la bête.


They're Creeping Up On You diffère des autres épisodes en ce sens où il paraît être situé dans un lieu et dans un temps indéfinis avec pour unique décor un appartement d'une blancheur et d'une propreté maladive. D'ailleurs, Upson Pratt, ce vieil excentrique qui en fait voir de toutes les couleurs à ses employés, il apparaît comme un être détestable qui ne supporte pas la présence de cafards chez lui. Et pourtant, ces derniers vont l'envahir au point que la bombe qu'il utilise habituellement afin de se débarrasser de ses gênants visiteurs n'aura plus la moindre efficacité. Interprété par E.G. Marshall, ce segment joue sur la peur des insectes rampants d'autant plus que le contraste entre l'appartement au teintes monochrome et ces horrible petites bêtes accentue le malaise. Au départ deux ou trois spécimens osent s'approcher de l'ignoble individu qui demeure dans cet appartement aseptisé. Mais lorsque l'invasion est lancée, ce ne sont plus quelques cafards qui le provoquent mais bien des dizaines de milliers de ces créatures. Le court-métrage se termine en apothéose sanguinaire qui voit un être indigne de faire partie des nôtres être digéré par une armée de cafards venus venger leur semblables tombés sur le champ de bataille. Marshall est somptueux dans toute sa méchanceté et l'ambiance cafardeuse et clinique du décor apporte un sentiment curieux qui mêle l'angoisse à une certaine forme de claustrophobie.


Réalisé par l'illustre George A. Romero, Creepshow se révèle donc un excellent film à sketches scénarisé par le non moins célèbre Stephen King, l'un des auteurs fantastiques les plus lus dans le monde. Tentant avec succès de reproduire l'ambiance des comics horrifiques américains, certaines scène sont mises en scène de manière à leur donner l'apparence de planches dessinée mues par une certaine forme de vie propre. Un peu comme ces mangas-live nés des mangas japonais. Les effets-spéciaux signés Tom Savini, s'ils ne font pas partie des meilleurs qu'il ait conçu pour le cinéma d'horreur, conservent tout de même une bonne tenue. A voir, et à revoir donc...

Mais au fait, qu'arrive-t-il donc au jeune Billy? Vous savez, le jeune enfant qui s'est fait rosser par son père au tout début du film. Pour le savoir, il suffit de jeter un œil à ce Creepshow d'anthologie.
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