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dimanche 17 mai 2020

Sharknado 2 : The Second One d'Anthony C. Ferrante (2014) - ★★★★★★☆☆☆☆



Les fans de la série de films Sharknado sont depuis deux ans maintenant orphelins de leur saga préférée puisque le réalisateur Anthony C. Ferrante a décidé d'y mettre un terme en 2018 avec le sixième d'entre eux, Sharknado 6: The Last Sharknado, It's About Time. Pas vraiment ce que l'on peut appeler un aboutissement pour ce qui demeurait le pire épisode d'entre tous. Petit retour sur le second épisode déjà réalisé quatre ans auparavant par Anthony C. Ferrante, Sharknado 2 : The Second One est de loin supérieur au premier à l'écriture duquel s'était déjà attelé le scénariste Thunder Levin. S'il n'est pas le plus délirant d'entre tous, ce second épisode bénéficie déjà d'une multitude de situations permettant de faire oublier aux spectateurs ses nombreux défauts. Il serait en effet peu objectif d’émettre un avis négatif en ce qui concerne le rythme puisque dès les premières minutes, Sharknado 2 : The Second One accumule les scènes d'action. Et qu'elles soient crédibles ou non, à dire vrai, on s'en fiche un peu. D'autant plus que l'absurdité du propos semble totalement assumée par ses auteurs.

Anthony C. Ferrante multiplie les personnages avec en tête de gondole, le toujours héroïque Fin Shepard qu'incarne à nouveau l'acteur Ian Zierling rendu populaire dans le monde entier grâce au rôle de Steve Sanders dans la mythique série télévisée Beverly Hill 90210. L'action se déplace désormais vers New York. Terminé donc Los Angeles, Fin et sa buvette. C'est en famille qu'ils se retrouvent tous pour visiter Manhattan au moment même où un an après les précédents événements, deux tornades, deux ''Sharknado'', vont apparaître et risquer d'entrer en collision, aggravant une situation déjà bien compliquée à gérer. La population est en alerte, les médias relèguent l'information et l'armée est sur place. Mais c'était sans compter sur l'heureuse présence de Fin Sheperd, l'homme qui mit fin à l'invasion de centaines de requins transportés par voie aérienne grâce à de violentes tornades dans Sharknado premier du nom. Les amateurs de films catastrophe sérieux sont priés de s'abstenir. Ici, il ne faudra pas compter sur la crédibilité des événements qui vont venir ponctuer ce second épisode. Les new yorkais partent en guerre contre des milliers de requins tombés du ciel. Ces derniers vont même jusqu'à s'inviter sur le plateau d'un talk show. Armés de jouets adaptés en conséquence, les proches de Fin font ce qu'ils peuvent pour se défendre alors que la tempête fait rage dans les rues de la ville. Quant au héros lui-même, le voilà volant dans les airs, tronçonneuse à la main, afin de pourfendre un maximum de squales...

Si Tara Reid rempile pour la seconde fois dans le rôle de l'ex épouse de Fin Sheperd, Mark McGrath et Vivica A. Fox y apparaissent quant à eux pour la toute première fois. Au tout début du film, les fins connaisseurs reconnaîtront l'acteur Robert Hays dont le rôle du commandant de bord d'un avion de ligne Bob Wilson fait directement référence à sa participation à la célèbre parodie de film catastrophe Y a-t-il un pilote dans l'avion ? réalisé en 1980 par les ZAZ et sa séquelle deux ans plus tard. Plutôt nerveux et bénéficiant d'une interprétation énergique à défaut d'être véritablement convaincante, Sharknado 2 : The Second One repose sur une quantité de séquences à effets-spéciaux qui demeurent par contre excessivement mal fichus. Les requins comme les tornades et autres objets volants dans les airs (sans compter les démembrements), tout y apparaît dans son éclatante artificialité. Mais ce n'est pas grave. Généreux, débile, sanglant, catastrophiste, parodique, dénué de leçons de morale, de démagogie et ne se prenant jamais au sérieux, le second film de la saga Sharknado demeure une sympathique surprise...

dimanche 14 octobre 2018

Cycle Stephen King : Cat's Eyes de Lewis Teague (1985) - ★★★★★★☆☆☆☆



Lorsque sort le 12 avril 1985 Cat's Eyes sur les écrans de cinéma américains, c'est la seconde fois que l'écrivain Stephen King est mis à l'honneur à travers un film à sketchs après l'excellent Creepshow réalisé par le cinéaste George Romero et scénarisé par le romancier lui-même qui adaptait à cette occasion deux de ses nouvelles et créait trois nouvelles histoires. Cat's Eyes semble, lui, dès le départ beaucoup plus modeste puisque l'on passe de cinq sketchs à trois. Deux adaptations auxquelles est ajouté un scénario inédit. Le premier sketch met en scène l'acteur James Woods qui dans la peau de Dick Morrison accepte de suivre un traitement particulier afin de s'arrêter de fumer. Inspiré de la nouvelle Quitters, Inc parue en 1978 dans le recueil Danse Macabre, Desintox INC ferait presque regretter le personnage d'avoir choisi d'arrêter la cigarette, ou du moins d'avoir fait appel à une société n'hésitant pas à s'en prendre aux membres de sa famille pour le contraindre d'arrêter de fumer définitivement. Plutôt amusant, on y découvre un James Woods tenté par la cigarette, épié de toutes parts, à la frontière de la paranoïa dans un sketch plutôt porté sur l'humour que sur l'épouvante.

La Corniche, lui, nous conte les mésaventures de Johnny Norris, un individu qui a eu la mauvaise idée d'entamer une relation avec une femme dont le mari n'a pas l'intention de laisser tranquille le couple adultère. Kidnappé alors qu'il vient d'envoyer sa maîtresse prendre un avion pour l'étranger, Johnny est menacé par le mari trompé qui lui propose un marché. Soit il accepte d'aller en prison après avoir été piégé (deux complices du mari ont en effet planqué un sachet de cocaïne à l'arrière de sa voiture), soit il fait le tour de l'immeuble en passant par une corniche située en hauteur, auquel cas, il pourra repartir libre et même retrouver sa maîtresse. Incarné par l'acteur Robert Hays que l'on connaît avant tout pour avoir joué dans le diptyque Y a-t-il un Pilote dans l'Avion ?, le personnage choisit de traverser la corniche avec tout ce que cela suppose de dangers. La Corniche aurait sans nul doute mérité un traitement en trois dimensions car même en 2D, le sketch risque de donner quelques sueurs froides aux spectateurs qui sont sujets au vertige. A pat cela, rien de mirobolant. Le scénario est aussi simpliste que celui du troisième et dernier segment qui met à l'honneur ce chat qui donne son nom au titre du long-métrage, ainsi qu'une petite fille dont les parents ont choisi de se débarrasser du félin. Contre toute attente, c'est l'intervention d'un lutin particulièrement belliqueux qui fera peut-être pencher la balance du côté de la gamine incarnée par Drew Barrymore qui pour la seconde fois après Firestarter, joue dans un film adapté d'une œuvre de Stephen King.

Le cinéaste Lewis Teague lui-même n'en est pas à son premier coup d'essai puisque deux ans auparavant, il avait à l'occasion de son précédent long-métrage, adapté le roman Cujo de Stephen King. Un ouvrage qui mettait en scène un saint-bernard atteint par la rage, lequel ouvre le bal de Cat's Eyes en poursuivant au début du film, le chat du titre. Cujo ne sera pas la seule référence puisqu'en outre, le personnage incarné par James Wood fera une objection pleinement ironique sur le chef-d’œuvre que réalisa David Cronanberg en 1983, The Dead Zone. Pour les autres références, quitte à vous de regarder le film de Lewis Teague qui de manière générale se regarde sans déplaisir mais se révèle au final assez moyen. Les effets-spéciaux, peu nombreux sont assez décevants, surtout si l'on compare par exemple l'intégration du lutin dans le troisième sketch dans des décors revus à une échelle beaucoup plus grande ou lorsque la créature est incrustée à l'aide de trucages qui en comparaison avec la merveille signée par Jack Arnold en 1957, The Incredible Shrinking Man, fait pâle figure. Une honnête petite série B, sans plus...

vendredi 30 septembre 2016

Y a-t-il un Pilote dans l'Avion ? de Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker (1980)



Ted Striker (Robert Hays), un ancien pilote de guerre dont l'un des raids militaires avait causé la mort des hommes de son escadrille a gardé des séquelles du drame. Sa fiancée, l'hôtesse de l'air Elaine Dickinson (Julie Hagerty) l'a quitté, mais Ted ne se laissant pas abattre, il décide de la suivre dans un avion pour tenter de la convaincre de revenir vers lui. Mais alors que le vol se passe bien, une intoxication alimentaire causée par un repas à base de poisson fait plusieurs victimes, dont le pilote, le Capitaine Clarence Oveur et le co-pilote Roger Murdock. Il n'y a donc plus personne pour assurer le pilotage de l'avion. Alors qu'Elaine enclenche le pilote automatique, le docteur Rumack s'occupe des malades. Le plus urgent est de trouver un passager capable de piloter l'avion. Le seul à pouvoir prendre les commandes est justement Ted. Aidé d'Elaine, il va tout faire pour que l'engin se pose sans faire de victimes...

Y a-t-il un Pilote dans l'Avion ? marque une date dans l'histoire de la comédie américaine. Il s'agit en effet du tout premier long-métrage des ZAZ, un collectif de scénariste, producteurs et réalisateurs qui se sont spécialisés dans des parodies de films ayant connu un certain succès dans les salle. Pour cette première réalisation, les cinéastes Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker se sont inspirés du film Zero Hour! Réalisé par Hall Bartlett en 1957 et dans lequel un équipage était lui-même confronté à une intoxication alimentaire. Mais alors que l’œuvre de Bartlett était traitée d'une manière beaucoup plus dramatique, Y a-t-il un Pilote dans l'Avion ? tourne le sujet en dérision. La spécificité du film, et de tous ceux que les ZAZ tourneront par la suite, est l'enchaînement de gags ininterrompus, dont certains sont visibles au second plan.


Les énumérer tous serait une perte de temps puisque le principal atout de ces derniers est surtout visuel. Le rôle du Dr Rumack est confié ici à l'excellent acteur Leslie Nielsen qui campera le rôle principal de plusieurs des longs-métrages des ZAZ, qui porteront presque tous la marque « Y a-t-il... ? » alors même qu'ils n'auront pas forcément de point commun en matière de scénario (celui-ci et sa suite demeurant indépendantes de la série des Naked Gun). En septembre 2011, le Time Out London situe Y a-t-il un Pilote dans l'Avion ? À la deuxième place de son top cent des comédies. Zero Hour! n'est pas le seul film à avoir été parodié. Dès le début on entend la musique du célèbre long-métrage de Steven Spielberg Les Dents de la Mer alors même que l'on distingue la dérive d'un avion transpercer les nuages. Plusieurs autres références sont également à noter : au hasard, La Fièvre du Samedi Soir, Midnight Express ou encore Pinocchio.


A revoir aujourd'hui, le film tient encore la route et à plutôt bien vieilli. On se surprend même à sourire lors de gags assez osés pour l'époque : la vieille dame s'offusquant de l'homme qui lui propose un verre d'alcool alors même qu'elle s'apprête à sniffer un rail de coke. Les questions tendancieuse du commandant de bord posées au gamin venu visiter le cockpit. Ou la scène explicite durant laquelle Elaine regonfle le pilote automatique (en fait, un ballon de baudruche) dont le bouchon est situé juste en dessous de la ceinture.
Mais l'idée de génie des ZAZ, sans doute, fut d'avoir choisi des interprètes que l'on n'avait pas l'habitude de voir à l'époque dans ce genre de long-métrage : Leslie Nielsen donc, mais également Peter Graves, Lloyd Bridges ou Robert Stack. On reconnaîtra des visages sans pour autant leur mettre un nom. Notamment, l'actrice Barbara Billingsley qui lors d'une scène irrésistiblement drôle traduit les paroles d'un duo d'acteurs noirs incompréhensibles. On retrouve dans le rôle du co-pilote le célèbre basketteur Kareem Abdul-Jabbar qui avait déjà joué dans Le Jeu de la Mort aux côtés de Bruce Lee et dans un épisode de la série L'Homme de l'Atlantide aux côtés de Patrick Duffy. Deux ans plus tard, une suite fut réalisée, cette fois-ci réalisée et scénarisée par Ken Finkleman : Y a-t-il Enfin un Pilote dans l'Avion ? malgré le titre et les interprètes communs au premier, le film n'a donc rien à voir avec la série mise en scène et scénarisée par les ZAZ...
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