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dimanche 2 février 2025

Un ours dans le Jura de Franck Dubosc (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Camping, Disco, Bienvenue à bord, trois exemples de comédies françaises ringardes notamment interprétées par un comique dont le style entre lui-même dans ce registre. Une catégorie que l'humoriste, acteur, scénariste et réalisateur Franck Dubosc semble par ailleurs assumer parfois avec un certain panache. Comme d'autres avant lui, il a décidé de passer derrière la caméra en 2018 en réalisant son tout premier long-métrage intitulé Tout le monde debout. Et par un fait qui pourrait passer comme tout à fait extraordinaire, le film s'avère convaincant, connaît un grand succès dans les salles françaises, auprès des critiques, que celles-ci soient professionnelles ou non. Une popularité d'ailleurs méritée. Quatre ans plus tard, Franck Dubosc se lance dans la périlleuse aventure consistant à passer sans encombres le cap de la deuxième réalisation. Mais sans être un mauvais film, Rumba la vie n'en est pas moins une petite déception en ce sens où sa seconde comédie s'avère déjà beaucoup plus ordinaire. Toujours est-il que l'on ne lui prêtera malgré tout pas les mêmes basses ambitions qu'une Michèle Laroque qui elle, s'enferre dans une carrière de réalisatrice médiocre, dont l'approche ringarde et passéiste de l'humour en font le souffre-douleur des vrais amateurs de comédies françaises. Passée l'épreuve finalement pas toujours très convaincante du second film en tant que réalisateur malgré d'assez bons retours de la presse spécialisée et d'une partie du public, Franck Dubosc revenait en tout début d'année 2025 avec un troisième long-métrage qui plus qu'une simple comédie mêle avec un certain talent l'humour noir et le thriller.


Dans ce nouveau film où il s'invite en tant qu'interprète principal aux côtés de Laure Calamy et de Benoît Poelvoorde, l'acteur, réalisateur et scénariste s'offre et nous offre par la même occasion un véritable bain de jouvence en allant en outre côtoyer le cinéma de Jean-Christophe Meurisse qui en deux films (Oranges sanguines en 2021 et Les pistolets en plastique en 2024) s'est fait l'un des portes-drapeaux d'un cinéma humoristique hexagonal quelque peu transgressif en y apportant une touche de noirceur particulièrement jouissive. Sans juger ses concitoyens, Franck Dubosc se fait ici en de raisonnables quantités, le transfuge des maux qui atteignent notre société en les transposant sur les terres jurassiennes. C'est donc dans le Jura, à Morbier, à Vaudioux et à Bois-D'Amont qu'il transporte toute son équipe technique et ses interprètes pour aborder le sujet des migrants, du trafic de drogues et des moyens limités dont est pourvue sa petite brigade de gendarmes à la tête de laquelle nous retrouvons donc le belge Benoît Poelvoorde. Dans le rôle du major Roland, l'acteur y déploie le talent qui est le sien, un humour tragi-comique qui depuis longtemps maintenant est devenu l'une de ses marques de fabrique. En père divorcé d'une gamine en pleine crise d'adolescence (Kim Higelin dans le rôle de Blanche), Roland va devoir faire face à ce qui restera sans doute l'affaire criminelle la plus ''remarquable'' de sa carrière. En effet, le gendarme va devoir résoudre aux côtés de son adjointe Florence (Joséphine de Meaux) la mort d'une femme et de deux hommes retrouvés morts dans d'affreuses circonstances à l'intérieur d'un véhicule abandonné. Le scénario de Franck Dubosc ne laisse planer aucune zone d'ombre s'agissant du ''mystère'' qui éventuellement pourrait entourer ces trois individus dont on devine immédiatement qu'ils furent liés à un trafic de drogue.


Quant à leur mort, là encore, aucune énigme à devoir déchiffrer pour le spectateur qui d'emblée assiste aux deux séquences qui mises en parallèle expliquent la mort des uns et des autres. Franck Dubosc et Laure Calamy interprètent les rôles de Michel et Cathy. Un couple de paysans, parents d'un ''Doudou'' (Timéo Mahaut) atteint de troubles psychiatriques légers. Après avoir involontairement causé un accident qui a provoqué la mort d'un homme et d'une femme, Michel rentre chez lui. Accueilli par son épouse qui l'interroge sur sa blessure au front, l'homme lui avoue avoir tué deux personnes. Se rendant ensemble sur le lieu du drame, Cathy prend la décision de ''nettoyer'' la scène de crime afin de faire disparaître tout élément pouvant incriminer son mari. Mais alors que Michel ouvre le coffre de la voiture des deux victimes, les événements vont prendre une toute nouvelle tournure... La comparaison avec le cinéma des frères Coen n'étant pas excessive, il est vrai que l'on retrouve dans le ton d'Un ours dans le Jura celui d'un Fargo ou de tout autre thriller auquel les deux réalisateurs américains s'amusent à injecter un brin d'humour noir. Même écourté, le temps de présence du charismatique Louka Meliava dans le rôle de l'iroquois semble plus ou moins se référer au personnage d'Anton Chigurh qu'incarna le génial Javier Bardem dans No Country for old Men... toutes proportions gardées, bien évidemment. Calmant ses ardeurs d'humoriste beauf depuis un certain temps en dehors de ponctuelles piqûres de rappel, Franck Dubosc forme aux côtés de Laure Calamy un couple touchant, au bord de la rupture sentimentale tandis que Benoît Poelvoorde incarne un gendarme mais aussi et surtout un père de famille blessé par sa rupture d'avec son ex femme qui depuis a refait sa vie et par l'absence de communication avec sa fille qui pourtant vit sous son toit. Drôle, saignant, cynique et touchant, Un ours dans le Jura réussit haut la main son mélange des genres. Après deux heures ou presque de projection, l'on sort de la salle avec la certitude d'un réalisateur et d'un scénariste né qui trop longtemps est resté caché dans l'ombre des autres...

 

lundi 4 novembre 2024

Le clan d'Eric Fraticelli (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Je commence à comprendre pourquoi mes amis marseillais se sont empressés de me conseiller d'aller jeter un œil au Clan d'Eric Fraticelli. L'occasion de découvrir le second des trois longs-métrages que le bonhomme a réalisé jusqu'ici et le seul qu'il manquait à ma collection. Après Permis de construire en 2021 et avant Inestimable l'année dernière, ce corse d'origine bastiaise aurait tout aussi bien pu intituler son second film Les bras cassés, Les pieds nickelés ou Les indolents... C'est donc tout sourire et avec probablement de mémorables et pas si lointains souvenirs en tête que mes potes m'ont tous affirmé que Le clan était une excellente comédie que je me devais de voir le plus rapidement possible. C'est donc chose faite et... comment dire ? C'est sans faire la soupe à la grimace mais quand même pas totalement convaincu que je suis sorti de la projection. Le clan confirme tout ce que j'ai toujours pensé d'une partie de mes amis qui, s'ils me lisent, risquent de me haïr. Est-ce le soleil méditerranéen qui leur tape régulièrement sur le système ? Sont-ils nés avec quelques neurones en moins ou au contraire, en plus qui leur permettent d'aborder un certain type de comédies dont celle-ci est très représentative ? À contrario et pour remettre l'église au milieu du village, malgré les trente dernières années à avoir vécu à l'Estaque, il est aussi possible que mes gènes parisiens aient encore assez de puissance pour me refuser à ce genre d'expérience cinématographique quelque peu lourdingue. Il y a peut-être et même probablement une troisième hypothèse. Je suis vieux, con, aigri et je n'ai pas saisi toute la finesse du message transmis par Eric Fraticelli ! Le clan, c'est l'histoire de quatre amis pas très finauds (du moins concernant trois d'entre eux) prénommés Fred, le chef du groupe interprété par Denis Braccini, Francis dit la Belette, que l'on comparer à l'idiot de n'importe quel village et qu'incarne quant à lui Eric Fraticelli, Achille dit le Gnou, campé par Jean-François Perrone ainsi que Max, lequel est joué par le DJ Philippe Corti, fidèle ami de Thierry Ardisson qui apparu dans un certain nombre d'émissions animées par ce dernier.


Quatre escrocs qui après avoir totalement raté leur dernier coup tentent de trouver une solution pour se refaire la main. L'idée vient du plus idiot de la bande, la Belette. Un vrai cas d'école ce bonhomme au fond sympathique mais qui vient tout de même de tuer un innocent en fauteuil roulant. Nos quatre ''génies'' du banditisme vont kidnapper une star du cinéma alors qu'un festival se prépare dans la région. Leur choix se porte sur Sophie Marceau (qui a eu la gentillesse de participer au tournage lors d'une séquence située dans un centre de soins). La Belette est chargé de son enlèvement et bien entendu, celui-ci va se tromper de cible et enlever l'épouse du nouveau responsable des autorités policières de Corse ! Si vous vous attendiez à une comédie policière, vous pouvez d'ors et déjà aller vous recoucher. Car en la matière, tout ce qui intéresse en priorité Eric Fraticelli, c'est sont quatuor de bras cassés et leur victime Jocelyne Bompart interprétée quant à elle par la talentueuse Joséphine de Meaux. L'enquête menée par son mari et par deux subalternes n'a absolument aucun intérêt ! Inspiré de sa propre pièce de théâtre, Eric Fraticelli campe un personnage au débit de conneries hallucinant. Presque épuisant pourrions-nous dire. Ses camarades tentent de suivre la même voie sans être aussi stupides que leur ami mais ce qui fait principalement défaut ici, c'est le rythme asthénique avec lequel les quatre acteurs masculins principaux échangent entre eux des dialogues, en outre, jamais vraiment très fins. Ce qui n'empêche pas le film d'être parfois drôle et même plutôt plaisant à regarder. Surtout durant la seconde moitié qui, si elle ne bénéficie pas davantage de rythme finit tout de même par convaincre le spectateur du bon fond qu'accorde le réalisateur, scénariste et acteur à ses interprètes. Chacun y trouvera donc matière à rire ou à s'affliger devant une montagne de vannes plus ou moins amusantes et de situations quant à elles, plus ou moins rocambolesques. Citons notamment la séquence lors de laquelle Achille se rend chez lui pour raconter une histoire à sa fille (Ana Rodriguez) avant qu'elle ne s'endorme. Une version toute personnelle du Petit Chaperon Rouge qui parvint à nous arracher un fou-rire totalement sincère...

 

jeudi 26 septembre 2024

N'avoue jamais d'Ivan Calbérac (2024) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

La comédie française des années 2010 et 2020 représente tout le paradoxe du cinéma hexagonal. À trop produire des mauvais films, les spectateurs désertent les salles tandis que n'y retournent invariablement que ceux qui espèrent toujours y dénicher la perle rare. C'est ainsi que parfois l'on passe à côté de très belles surprises dont N'avoue jamais fait indéniablement partie. Des œuvres devenues si rares qu'elles se posent comme d'authentiques ovnis dans un paysage français dont la qualité baisse d'année en année. Découvert il n'y a pas si longtemps que ça à travers Venise n'est pas en Italie en 2019 et La dégustation il y a deux ans, l'écrivain, réalisateur, scénariste et producteur français semble devoir faire partie de ceux qui comptent. Du moins entendons-nous cette petite musique qui nous pousse à aller voir ce que cache chacune de ses nouvelles apparitions sur grand écran. Le couple Sabine Azéma/André Dussolier au cinéma est devenu l'une de ces habitudes qui n'ont pas échappées aux spectateurs français amoureux de leur langue et des personnalités qui la représentent... Dans le registre de la comédie, la référence qui vient immédiatement à l'esprit est Tanguy d'Étienne Chatiliez et nettement moins sa tardive et médiocre séquelle Tanguy, le retour réalisé dix-huit ans plus tard. On pourrait également citer Les Herbes folles d'Alain Resnais de 2008, ou encore la petite dizaine d'autres longs-métrages qui les réunirent en l'espace de plusieurs dizaines d'années de carrière. N'avoue jamais, lui, les réunit et en fait le duo principal d'une comédie aussi drôle que touchante. L'une de ces belles surprises qui justement n'attendait plus que son public pour révéler une fois encore le jeu tout en finesse et en expressions de Sabine Azéma et André Dussolier. L'un et l'autre incarnent un couple marié depuis un demi-siècle environ. Parents de trois enfants prénommés Capucine (Joséphine de Meaux), Adrien (Sébastien Chassagne) et Amaury (Gaël Giraudeau), ils vivent heureux dans une très belle demeure. Lui est en un ancien général de l'armée française prénommé François qui un jour, alors qu'il est en train d'effectuer du rangement dans le grenier, découvre que son épouse Annie l'a trompé il y a quarante ans en arrière...


La lecture de lettres enflammées écrites à l'époque par l'ancien amant Boris Pelleray (Thierry Lhermitte) lui cause un choc. Demandant des explications à Annie, celle-ci avoue mais veut le convaincre qu'après toutes ces années, il y a prescription. Sauf que pour François, il s'agit de laver son honneur. Décidant sur un coup de tête de divorcer de sa femme, l'ancien militaire choisit tout d'abord d'aller rendre visite à celui qu'il cru être son ami voilà quarante ans afin de lui mettre son poing sur la figure. Annie qui affirme qu'après toutes ces années elle sera capable de le reconnaître décide d'accompagner son mari furieux. Arrivés à Nice où vit toujours Boris, le couple part s'installer chez leur fille Capucine dont ils ignorent tous les deux qu'elle est en couple avec une femme... Difficile que d'aborder le thème de l'infidélité même si après tant d'années l'on peut être de l'avis d'Annie et supposer qu'il y a prescription. Mais face au personnage de François, comment réagir ? André Dussolier incarne un ancien général de l'armée française absolument savoureux. Fermé, voire irascible, usant sans cesse de terminologies propres à l'armée, l'acteur est extrêmement drôle, le faciès grimaçant, en totale opposition avec celui de Sabine Azéma dont la fraîcheur malgré ses soixante-quinze ans traverse littéralement l'écran. En incarnant ce couple aux caractères apparemment antinomiques, l'occasion est offerte aux deux acteurs de donner le plein talent qui est le leur. Entourés d'une brochettes d'interprètes tous aussi remarquables, notre duo fonctionne parfaitement. Mais le sujet du couple ainsi que ceux de l'adultère et de l'infidélité ne prêtant pas toujours à rire, le scénario d'Ivan Calbérac nous assène quelques beaux moments d'émotion (les larmes de François lors de la représentation théâtrale de son fils Adrien). Le réalisateur fait certains choix plutôt judicieux, d'ailleurs. Comme de ne surtout pas nous infliger une séquence que l'on voyait pourtant pointer de très loin en découvrant que Boris est professeur de karaté... Le choix de ses principaux interprètes est en outre l'élément clé du récit. Sabine Azéma et André Dussolier se connaissant parfaitement, le couple François/Annie est parfaitement crédible. Ajouté à cela la très belle partition musicale du compositeur Laurent Aknin, on tient là l'une des plus belles surprise de l'année en matière de comédie française et sans doute l'une des plus chaleureuses...

 

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