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lundi 1 avril 2024

Retenez-moi ou je fais un malheur de Michel Gérard (1983) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Pathétique... Il n'y a vraiment pas d'autres mots pour décrire le contenu de cette prétendue comédie qui est aussi drôle que de se faire un tour de rein ou mieux, apprendre qu'il ne nous reste plus que six mois à vivre ! Il m'aura fallut trois bonnes journées de convalescence avant de pouvoir régurgiter sur mon logiciel de traitement de texte favori, mon ressenti. Jerry Lewis, on connaît. Ses mimiques de demeuré qui passent si bien lorsqu'il tourne sur son propre territoire ont chez nous autant d'efficacité et de chance de faire mouche qu'un aveugle tentant de viser le centre d'une cible à l'aide de fléchettes. Doublé dans la langue de Molière par un Roger Carel en grande forme, il est parfois compliqué de décoder certaines phrases. Cet accent caricatural dont '' bénéficie '' l'acteur américain est une véritable torture pour nos tympans. Jerry Lewis forme en outre un curieux tandem aux côtés de Michel Blanc qui à l'époque est en général une valeur sûre. Vue la désastreuse réputation de l'auteur de cette infâme purge, on peut se demander ce que l'ancien membre de la Troupe du Splendid est venu faire dans cette galère. Si l'enfer est pavé de bonnes intentions, le chemin qui mène au nanar est semé de tout un tas d'embûches. À commencer par une mise en scène médiocre et un scénario d'une bêtise absolue. On détient avec '' Retenez-moi ou je fais un malheur '', une catastrophe d'ampleur cosmique.


À tel point que Philippe Clair dû s'en retourner durant des mois dans son lit de ne pas l'avoir lui-même réalisé ! Du Kubrick, le Clair, face à cette engeance plus molle qu'une méduse échouée sur un bord de plage, écrite par un scénariste sans doute en état de mort cérébrale, mais aussi interprétée par des acteurs amorphes (Michel Blanc) ou sous l'emprise de grimaces visiblement incontrôlables (Jerry Lewis). Preuve que Michel Gérard (le réalisateur) n'a aucun goût : le bonhomme embauche sur le tournage la délicieuse Mylène Demongeot (la trilogie Fantomas) mais ne lui octroie pas la moindre ligne de dialogue... le con ! L'on retrouve également l'acteur Michel Peyrelon en trafiquant, Jackie Sardou, ou Maurice Risch et même Philippe Castelli en flic beaucoup moins drôle que lorsqu'il se prenait un bon gros coup de pied dans les couilles par Jean-Paul Belmondo dans '' Le Guignolo ''. Et dire qu'ils s'y sont mis à trois pour '' écrire '' ce semblant de script dont la plupart des gags semble avoir préféré se faire la malle avant le premier tour de manivelle... Même s'il y a pire, comme suivre un débat autour de Sandrine Rousseau et d'Alexis Corbière ou un concert d'Aya Nakamura (pour rester dans l'actualité), un seul conseil : fuyez ! On réservera en priorité '' Retenez-moi ou je fais un malheur '' aux Ehpads et autres maisons de retraite. De toute manière, vu que la plupart des pensionnaires sont soit séniles, soit durs d'oreille, ils ne verront pas la différence entre un bon film et cette authentique merde...



samedi 23 décembre 2017

Docteur Jerry et Mister Love de Jerry Lewis (1963)



Le professeur de chimie Julius Kelp est brillant et respecté par ses élèves. Du moins, par la majorité. Pour ne plus avoir à subir les brimades de l'un d'entre eux, il décide de s'inscrire dans une salle de musculation afin de prendre un peu de poids. Mais contre attente, il en perd. Amoureux de l'une de ses étudiantes, la charmante Stella, il décide d'user de ses talents de chimiste pour mettre au point un élixir qui le transformera définitivement en un autre homme.

Alors que les étudiants de l'université ont pour habitude de se retrouver dans l'établissement Le Diable Pourpre, Stella lui propose de l'y retrouver le soir même. Expérimentant sa nouvelle formule, Julius se transforme d'abord en une créature repoussante, poilue et au visage simiesque. Quelques temps plus tard, le voilà qui file tout droit vers le lieu de rendez-vous. Tout le monde s'écarte sur son passage. Une fois arrivé au Diable Pourpre, les gens cessent de danser et les musiciens de danser. Julius Kelp n'est plus. C'est désormais Buddy Love qu'il faut appeler le timide professeur de chimie. Extrêmement séduisant, il est également narcissique et imbu de lui-même. Excellent musicien, il charme l'assistance pour moitié composée de jeunes demoiselles avant d'embarquer Stella à bord de sa propre voiture. Une fois isolés, Buddy Love montre à la jeune femme un peu troublée par le comportement passablement odieux du personnage qu'il est aussu capable d'être charmant. Mais alors que tout semble rentrer dans l'ordre entre eux, les effets de l'élixir commence à se dissiper et Julius Kelp refait doucement surface. C'est ce moment-là que son double choisit pour prendre la fuite...

« Je ne veux plus être ce que je ne suis pas... »
Buddy Love

Réalisé et interprété par l'immense comique américain Jerry Lewis qui se fit connaître grâce au duo qu'il forma avec l'acteur-chanteur Dean Martin, Docteur Jerry et Mister Love est une version parodique du célèbre roman de Robert Louis Stevenson, L'étrange Cas du Docteur Jekyll et de M. Hyde. Le principal de l'intrigue se déroule entre une université où travaille son personnage de Julius Kelp et le lieu où se retrouvent les étudiants lorsque le soir arrive. Même si lors des prémices de la transformation de son personnage vers son alter ego montre une créature disgracieuse, on peut noter une très nette différence entre cette adaptation et le roman. Dans ce dernier, l'odieux comportement de l'alter ego du Docteur Jekyll est réhaussé par un physique monstrueux qui va de pair avec ses méfaits. En ce qui concerne Docteur Jerry et Mister Love, la frontière physique entre les deux personnages est beaucoup plus subtile. 
 

Jerry Lewis fait même de Buddy Love un personnage certes, antipathique, mais au physique tout de même nettement plus avantageux que celui du professeur. Interprétant les deux rôles, il s'oblige à entrer dans la peau de deux personnalités bien distinctes. Cabotinant énormément avec celui de Julius Kelp, il est plus grave quand il s'agit de Buddy Love. Transformant sa voix et son apparence à volonté, il joue sur l’ambiguïté de ces deux êtres à tel point qu'on ne sait plus dans quelle mesure il peut être amené à rester coincé dans la peau de l'un ou de l'autre.

Finalement, il s'en sort avec la morale qui dit qu'il faut s'accepter tel que l'on est. Une morale naïve aujourd'hui où l'apparence prime souvent sur tout le reste. Pour cette dernière scène, Jerry Lewis ajoute de l'émotion aux thèmes du fantastique, de la comédie et de la romance. Une belle réussite.

mercredi 8 mars 2017

Ils ne verront jamais le jour : The Day the Clown Cried de Jerry Lewis (1972)



Il existe des œuvres qui sont demeurées à l'état de scénario (The Texans de Sam Peckinpah, Napoleon de Stanley Kubrick). D'autres dont il ne subsiste que d'immenses storyboard (les trois mille pages du Dune de Jodorowsky). Certains on fait l'objet de vidéos promotionnelles (Maniac 2 : Mr Robbie de Buddy Giovinazzo), mais il demeure quelques cas atypiques d’œuvres qui existent bel et bien mais qui n'ont jamais connu de sortie cinéma pour telle ou telle raison.

C'est le cas de The Day the Clown Cried de, et avec, Jerry Lewis. Un immense projet. L'histoire ? C'est celle de Helmut Dorque qui durant la seconde guerre mondiale, est un clown mit à la retraite forcée par les responsables du German Circus qui considèrent que le bonhomme ne fait plus l'affaire. Arrêté puis emmené dans un camp de concentration par la Gestapo après qu'il ait été surpris dans un bar en train de critiquer Hitler, il tente de donner une bonne image de lui auprès des autres prisonniers en tentant de mettre en avant ses qualités de clown. Mais peu à peu, et alors que les autres le poussent à exhiber ses talents, Helmut réalise qu'il n'est peut-être pas le talentueux clown qu'il pensait être et refuse de faire le pitre devant ses camarades. Rejeté par les autres prisonniers, il est pris à parti par les enfants du camp qui rigolent de lui. Il décide alors de les amuser, chose que ne peut accepter le chef du camp qui décide pourtant de l'utiliser au chargement des enfants juifs dans les trains à destination du camp. En échange, on lui promet la liberté. Helmut accepte à contrecœur, mais assistant au passage des enfants dans la chambre à gaz, il décide de les y accompagner et de leur offrir un dernier spectacle...

Entre le Dictateur de, et avec, Charlie Chaplin, réalisé en 1940 et mettant en scène un sosie du führer qui, devant l'opportunité qui lui est offerte de s'exprimer à la radio, en profite pour prôner la tolérance et la paix, et La Vie est Belle de, et avec, Roberto Benigni, dans lequel Guido et son fils Giosué sont emmenés dans un camp de concentration et pour éviter l'horreur qui s'y déroule, le père va faire croire à son fils qu'il s'agit d'un jeu, aurait donc dû sortir en 1972 ce The Day the Clown Cried dont une trentaine de minutes semblent avoir été mises en ligne il y a de cela quelques mois.
Jerry Lewis ne fut que le quatrième acteur à avoir été contacté par le producteur américain Nathan Wachsberger pour réaliser et interpréter le rôle principal du film. Malgré ses réticences, Jerry Lewis accepte.
Mais si l'on en juge par les critiques acerbes de certains journalistes qui affirmèrent que le film manquait de sensibilité et que l'intrigue était d'un goût douteux (chose que l'on peut facilement imaginer en lisant le synopsis), on peut comprendre que Jerry Lewis ait décidé de retirer l'intégralité des bandes existantes afin de s'assurer qu'il ne sortirait pas.

L'acteur Harry Sheater pu, lui, découvrir le film sept ans plus tard et jugea qu'il était épouvantablement mauvais, que son discours était pathétique, que l'aspect comique était fort déplacé. Quant à elle, l'actrice Joan O'Brien estima que The Day the Clown Cried était un désastre. Une oeuvre qui elle aussi, est donc passée à la trappe. Mais le fait même qu'elle existe peut nous faire espérer un jour pouvoir la contempler dans sa version complète. Ne serait-ce que pour que nous puissions nous faire un jugement qui nous est propre...

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