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samedi 13 février 2021

Mother! de Darren Aronofsky (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆

 



Dernier long-métrage en date du réalisateur Darren Aronoksky avant l'hypothétique bain de sang que semble promettre le synopsis de son prochain The Whale concentrant apparemment son sujet autour de l'autophagie, Mother ! retrouve-t-il la puissance du vertigineux Requiem for a Dream ? En un sens, oui. Mais c'est alors avec un luxe de précaution qu'il faudra comparer ces deux œuvres dont l'une demeure un authentique monument du septième quand la seconde s'avère être une semi-déception. Un long-métrage en demi-teinte, flamboyant par ses nombreux symboles mais relativement creux d'un point de vue de la narration. Doté de deux parties distinctes mais demeurant pourtant relativement similaires, l'impact de la seconde, qui se veut sans doute la plus remarquable, est diminué par cette mise en bouche relativement ''sobre'' et intrusive qui lui est pourtant bien supérieure. Drame ? Thriller ? Allégorie ? On trouve un peu de tout dans ce capharnaüm grand-guignolesque qui contrairement aux habitudes des téléspectateurs, de ceux qui détestent être conduits par la main, fait œuvre de pauvreté lorsqu'il s'agit de donner un sens aux images qu'assène Mother ! Certains nous promettent un inconfort certain... Mais s'agit-il du même malaise que l'on pouvait ressentir en 1976 devant un certain Locataire, description brillante, et pour le coup, là, véritablement anxiogène de la paranoïa signé par le réalisateur polonais Roman Polanski ? Plus vraiment à vrai dire...


Autant l’œuvre d'Aronofsky semble pousser le spectateur à faire sa propre analyse de cette proposition étonnante dans un contexte où le cinéma d'horreur nous refourgue sans cesse les mêmes histoires, autant l'auteur du formidable The Fountain nous laisse-t-il sur notre faim. Pire : pour que le spectateur ne meure pas idiot, en fin de parcours nous seront révélés les aboutissants de tenants au demeurant fragiles. Si visuellement peu de choses sont à reprocher à son dernier long-métrage (qui date maintenant de quatre années) et si ses interprètes y mettent beaucoup de cœur à l'ouvrage, Darren Aronofsky ne semble plus vraiment avoir les idées claires lorsqu'il s'agit de mettre en scène une histoire extraite de sa formidable imagination. Le réalisateur y dévoile toute une symbolique dont il a l'habitude. Religieuse dans ses derniers retranchements, mais aussi sous forme de ''mise en abyme''. Si dans le cas présent Darren Aronofsky n'intègre pas son œuvre dans le principe du film dans le film, il y expose cependant l'art créatif, ses excès, ainsi que le carburant nécessaire à toute création. Ici, l'auteur de romans en panne d'inspiration remplace le scénariste et le réalisateur. Il y inclut la ferveur (cette obsession, oui!) des lecteurs du romancier incarné par un Javier Bardem inquiétant mais aussi la nécessité pour lui, d'avoir à ses côtés, une véritable source d'inspiration (formidable Jennifer Lawrence en épouse et muse... soumise).


Peut-être moins évident mais identifiable lors de la seconde intrusion dans la demeure où se situe l'intégralité de l'intrigue, on peut supposer l'attachement du réalisateur à se faire l'écho d'une peur exagérée de ''l'autre'' et du désir profond de rester à l'écart de toute cette information anxiogène que diffusent les médias en continu. Mais là où le bas-blesse, et c'est en toute subjectivité que je m'exprime, c'est dans la tournure que prennent les événements qui plutôt que de nourrir les phobies de l'héroïne en nous expliquant que tout ne pourrait être que le fruit de son imagination (Mère ne suit-elle pas un étrange traitement médical ?), Darren Aronofsky préfère prendre un virage plutôt sec en plongeant ses protagonistes (ou plutôt SA protagoniste) dans un univers fantastico-religieux un peu désuet. Personnages sans noms, Lauwrence, Bardem, mais également Ed Harris ou Michelle Pfeiffer permettent une lecture allégorique du récit. Quant à la présence du point d'exclamation dans le titre, et quels que soient les avis, il peut se voir comme une affirmation de soi. Celle de l'héroïne qui à force d'encaisser trouvera la force, enfin, de s'émanciper. Attention aux maux de tête...

mardi 13 mars 2018

Sélection de 3 films à voir, à revoir... ou à éviter (5) Spéciale Hunger Games

Majoritairement (pour ne pas dire, unanimement) encensé par la presse française, Hunger Games : L'Embrasement est la seconde adaptation de la trilogie de romans écrits par Suzanne Collins. Deux choix s'imposent que l'on soit amateur du genre ou pas. Si l'on se positionne en tant que spectateur ayant aimé Hunger Games, premier du nom, on pourra aimer cette suite, même s'il faut reconnaître objectivement qu'elle ne ressemble à rien d'autre qu'à une 'mise à jour 2.0' du premier. Alors, bien sûr, si l'on n'est pas trop regardant et que la possibilité d'assister à un même spectacle divisé en plusieurs actes amélioré de quelques effets supplémentaires nous suffit, pourquoi pas. Sauf qu'en fait d'embrasement, le long-métrage de Francis Lawrence (qui contrairement aux apparences n'a pas de liens de parentés avec l'actrice incarnant l'héroïne Katniss Everdeen, Jennifer Lawrence) cette suite se révèle plutôt timide. N'ayant pas lu la série de romans, je ne peux par conséquent affirmer ou pas que le long-métrage demeure fidèle au second tome, mais concernant son adaptation, et malgré les indéniables qualités du premier que le nouveau réalisateur à su mettre à son profit pour proposer un spectacle plus impressionnant encore, on pourra quelque peu s'ennuyer devant la redondance du récit. Car Hunger Games : L'Embrasement n'explore que très peu de nouvelles idées. Il fallait à tout prix trouver le moyen de renvoyer l'héroïne combattre dans l'arène. Et pour cela, le récit invoque l'Expiation', cette formule qui permet tous les vingt-cinq ans d'envoyer parmi d'anciens combattants, ceux tirés une fois de plus au hasard. Retour à la case départ donc pour Katniss, Peeta, et en arrière-plan, Haymitch Abernathy (Woody Harrelson), Cinna (Lenny Kravtiz) et l'exubérante Effie Trinket (Elizabeth Banks). Donald Pleasance et le monstrueux personnage Coriolanus Snow sont toujours du voyage.
A part quelques petites nouveautés au niveau du scénario (révolte timide d'une partie du peuple vivant dans les différents secteurs des districts, volonté du président Snow de se débarrasser de Katniss, principe d'alliance, combattants de tous âges), Hunger Games : L'Embrasement se décompose de la même manière que l'épisode précédent. Tirage au sort des candidats, avec à la clé, quelques courageux volontaires. Présentation devant le peuple du Capitole, entraînement au combat, et enfin, survie en milieu hostile pour les combattants du soixante-quinzième tournoi des Hunger Games. Mieux vaut éviter de regarder les deux premiers volets consécutivement car sinon, c'est l'ennui qui guette. En effet, on a très souvent l'impression de regarder le premier opus deux fois de suite. Heureusement que quelques bonnes idées viennent améliorer une œuvre qui se révélait déjà convaincante. La forêt devient tropicale, les combattants forment des groupes d'alliés solides et attachants, et quelques ingénieuses propositions donnent une ampleur dramatique supplémentaire à la phase 'survivaliste'. Comme cette horloge climatique gigantesque ou l'immense champ de force qui recouvre le ciel au dessus de la tête des combattants. On le savait déjà, un troisième volet était logiquement prévu, mais mon dieu que Hunger Games : L'Embrasement se termine en queue de poisson. Comme une ellipse improbable qui donne à la fin de ce second épisode les allures d'un brouillon laissé en l'état. Le long-métrage de Francis Lawrence est une déception pour qui aurait préféré que l'intrigue avance davantage et ne nous resserve pas la même sauce que l'année précédente. Le budget de cette suite fut de cent-trente millions de dollars. Le film rapporta en l'espace du premier week-end seulement et ce, à travers le monde, la modique somme de trois-cent sept millions de dollars. La preuve que le public y adhérait totalement. Il n'aura pas fallut attendre longtemps pour que sorte le troisième volet qui apparu sur les écrans en novembre de l'année suivante...

Hunger Games - La Révolte : Partie 1, c'est le changement dans la continuité. Francis Lawrence nous épargne heureusement une seconde redite et fait enfin avancer le récit d'une dystopie qui n'oublie cependant pas d'abreuver ses images des mêmes métaphores que dans les deux précédents épisodes. L'embrasement annoncé lors du second opus, bizarrement, ne survient finalement qu'au cœur de cette révolte tant attendue, que le spectateur aura sans doute la désagréable occasion de voir scindée en deux, le laissant orphelin de ses héros pendant presque une année entière. L'une des grandes tragédies de cette saga adolescente post-apocalyptique devait survenir durant le générique de fin de Hunger Games - La Révolte : Partie 1, puisque sans que l'on y soit forcément préparé, nous apprenions que ce troisième épisode rendait hommage à l'acteur Philip Seymour Hoffman, retrouvé mort dans sa salle de bain. C'est alors un peu honteusement que l'on pouvait penser qu'outre ce malheureux événement, Francis Lawrence avait peut-être tout de même eu la chance d'avoir en sa possession les scènes qu'avait tourné l'acteur pour le quatrième et dernier volet qui allait sortir l'année suivante, en 2015 ? la réponse est... oui. Une interprétation posthume pour un acteur dont l'absence allait profondément marquer le paysage cinématographique mondial... Si les premiers rôles incarnés n'ont physiquement pas eu le temps de vraiment vieillir (Jennifer Lawrence et Josh Hutcherson n'ont par exemple qu'un an de plus par rapport à l'épisode précédent), leur personnage respectif a part contre beaucoup mûri, conférant ainsi une certaine crédibilité à ces personnalités quittant peu à peu le monde de l'adolescence pour celui, beaucoup plus concret, des adultes. Le récit lui-même semble avoir muté et demeure beaucoup plus sombre qu'auparavant. Débarque pour la première fois, l'actrice américaine d'origine écossaise Julianne Moore dans le rôle de la présidente Alma Coin du District 13.
Comme écrit plus haut, la métaphore persiste dans sa volonté de décrire la manipulation par l'image dans un contexte pas si éloigné du notre. En bons élèves, ce sont cette fois-ci les rebelles qui en font usage afin d'opportunément rallier un maximum d'individus à leur cause. Si l'émotion semblait avoir été bannie du second épisode, et si cette émotion n'est pas des plus courante dans ce troisième opus, il demeure tout de même une séquence foudroyante, magnifiquement mise en images, en musique et en paroles. La chanson, L'arbre du Pendu, dont nous envisagions déjà auparavant la portée mais qui trouve ici matière à chavirer le cœur des spectateurs, donne lieu à une séquence aussi belle que bouleversante. Hunger Games - La Révolte : Partie 1 forme une sorte de huis-clos situé presque exclusivement dans la tour souterraine de quarante étages du District 13. Le cadre se veut plus anxiogène et demeure en total décalage avec la forêt tropicale du second épisode. Les rares sorties en extérieurs servent de prétexte pour nous montrer un paysage dévasté par la guerre et par un homme, un seul, le toujours tyrannique Snow (excellent Donald Sutherland), posant fièrement en dictateur ultime d'un monde en pleine déliquescence. Comme l'est de plus en plus sa suprématie, mise à mal par le grondement d'un peuple qui ne veut plus vivre sous son joug. Visuellement, il demeure dans ce troisième épisode, une énigme difficile à résoudre, et que pas même le budget de cent-vingt cinq millions de dollars ne peut expliquer. Pourquoi suggérer les combats plutôt que de nous en mettre plein la vue ? En effet, même si la subjectivité de l'attaque de l'armée du Capitole contre le District 13 a l'avantage de présenter l’affrontement sous un angle plus anxiogène que spectaculaire (le spectateur est ainsi directement confronté aux conséquences du bombardement de la tour souterraine par les missiles ennemis), une partie du public pourra regretter que le film soit souvent plus contemplatif que rentre dedans. Au bout de trois épisodes, on pouvait espérer que la saga verse davantage dans l'affrontement direct, d'autant plus qu'en terme de tactique militaire, Hunger Games - La Révolte : Partie 1 est plutôt timide. Espérons simplement que le quatrième et dernier volet apportera la réponse attendue du public éprit de vengeance...

N'attendons pas et allons directement dans le vif du sujet. Hunger Games - La Révolte : Partie 2 débute comme s'il n'avait été scindé du précédent épisode que par une longue page de pub d'un an. Pas de générique en dehors de la présentation des sociétés ayant produit le film. On retrouve Katniss comme si nous l'avions quittée un instant auparavant. Minerve autour du cou, déboussolée par ce qui vient tout juste de lui arriver. Pas le temps de tergiverser. Francis Lawrence a exactement cent-trente six minutes pour apporter une conclusion flamboyante à la saga Hunger Games. Verdict ? Si dans une grande majorité des cas ce dernier volet est moins apprécié que les deux premiers (Hunger Games et Hunger Games – L'Embrasement) par la presse et le public, il rempli cependant parfaitement son objectif, qui est de divertir. Désormais, le combat final est engagé. Plus le récit de cette saga qui aura tenu en haleine les spectateurs durant quatre années consécutives progresse, et plus la colorimétrie s'efface au profit d'une bichromie proche du noir et blanc. Après un avant-propos détaillant grossièrement le but de la manœuvre à venir de la part des alliés désormais constitués des rebelles des treize districts, La Révolte : Partie 2 offre une vision urbaine des fameux Hungers Games lors d'une succession de moments de bravoure trouvant leur point culminant lorsque Katniss et les membres d'une mission à laquelle elle participe sont contraints de passer inaperçus en passant sous le Capitol. On pourra reprocher l'apparition de 'mutants' qui dans le contexte de ce récit pourront paraître inappropriés ou du moins, tout à fait opportuniste (le film sort au beau milieu d'un fatras de longs-métrages sur le thème des 'infectés'). Sauf que, la scène durant laquelle la dite 'mission' combat avec acharnement ces créatures humanoïdes est si bien orchestrée qu'on pardonne aisément cet écart de conduite. S'enchaînent alors des séquences inoubliables dont un bouleversant bombardement dont le cinéaste semble avoir le secret. Toujours magnifiquement accompagnée par la partition musicale de James Newton Howard (ahhhhh le déchirant thème The Hanging Tree), l'aventure est riche en rebondissements avec moult trouvailles (le raz de marée, la ville piégée, etc...) et quelques rares moments réellement tétanisants (le massacre des enfants devant les grilles du Capitol). Les effets-spéciaux conservent leur générosité tout en se faisant suffisamment discrets pour que le récit n'en pâtisse pas. Chaque actrice, chaque acteur, incarne avec talent son personnage. La caractérisation de certains d'entre eux est poussée jusque dans ses derniers retranchements et laisse souvent entrevoir des chemins de travers comportementaux auxquels nous ne nous étions pas forcément préparés même s'ils entrent dans une certaine logique ( le personnage d'Alma Coin). Parmi les quatre épisodes, c'est bien ce dernier qui met en lumière l'actrice Jennifer Lawrence, superbement filmée dans une œuvre entièrement vouée à son image. A peine reconnaissable en certaines occasions, le spectateur a l'occasion de noter le double enjeu intellectuel qui ressort de Katniss et du contrat moral qu'elle a envers son peuple. Il demeure en effet en elle, ce qui, très étrangement, participe à l'adhésion du public pour l'actrice qui pouvait jusque là énerver, comme deux aspects de sa personnalité qui au lieu de s'entrechoquer se complètent : Volonté et appréhension.
Au final, on pourra se demander si ce récit qui finalement ne fait que survoler certaines de ses thématiques méritait quatre longs-métrages. Mais le spectacle est parfois si effroyablement beau et le message si proche de nous que l'on se dit que neuf heures de film n'étaient finalement pas de trop ! 

Tiens ! Et si j'me lançais dans la saga Harry Potter...? 

dimanche 11 mars 2018

Sélection de 3 films à voir, à revoir... ou à éviter (4).

Bushwick part d'un principe fort intéressant. Du moins le suppose-t-on durant les cinquante premières minutes qui ne nous éclairent pas vraiment sur ce qui se déroule en ville. Les cinéastes américains Jonathan Milott et Cary Murnion semblent préférer mettre en scène un récit tournant autour de ce qui pourrait éventuellement ressembler aux prémices d'un monde post-apocalyptique en devenir. Il est vrai qu'en temps normal, le septième art a tendance à offrir aux spectateurs quelques rares explications concernant l'éradication de toute forme de civilisation et par la même, de toute espèce d'humanité chez les rares survivants. Plongeant ainsi ces héros d'un monde nouveau dévasté par une guerre nucléaire, une invasion extraterrestre ou un virus, directement au cœur de terres dévastées où le seul but n'est plus que de survivre à la barbarie environnante et à la famine. D'un conflit, il s'agit ici, comme nous l'apprendra plus tard le soldat d'une armée qui tue sans distinction d'âge, de sexe ou d'origine quiconque se trouve sur son chemin. Serait-ce l'armée de l'ancienne URSS ? Ou celle d'un état islamiste ? Peut-être encore un contingent de soldats venus d'on ne sait quel pays qui jusqu'ici sommeillait en attendant le meilleur moment pour s'attaquer aux États-Unis ? Non, le combattant vient en réalité de beaucoup moins loin. En effet, le Texas a décidé de faire sécession avec les États-Unis par ordre des Pères Fondateurs de la Nouvelle Coalition Américaine. En bref, ce que veut le peuple du Texas, c'est son indépendance, loin de toute tyrannie gouvernementale. Un message éminemment emprunt de paranoïa. N'empêche, dans les rues, le massacre prend une ampleur catastrophique. Surtout qu'armés jusqu'aux dents, les habitants du coin se défendent contre l'armée des envahisseurs. La guerre civile étant déclarée, certains en profitent même pour perpétrer des vols et des assassinats en toute impunité. C'est au cœur de cette violence qu'interviennent Stupe et Lucy, les deux principaux personnages de Bushwick.
Techniquement, le film est construit autour d'une série de très longs plans-séquences qui parfois, ont malheureusement beaucoup de mal à cacher les raccords. Car en effet, ces dits plans-séquences sont tous truqués et révèlent les limites du procédé. Apparemment très inspiré par l'un des fabuleux plans-séquences de l'excellent film d'anticipation de Alfonso Cuarón, Les Fils de l'Homme, c'est au niveau de l'intrigue que Bushwick montre surtout ses limites. Car à part la traversée d'une ville assiégée par des tirs de mitraillettes nourris et des explosions fréquentes, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Alors bien sûr, le film en jette plein la vue visuellement. La mise en scène et le montage sont aux petits oignons, mais à part la prouesse technique, le film de Jonathan Milott et Cary Murnion manque cruellement d'émotion... ❤❤❤❤💔💔💔💔💔💔

Silent Hill, c'est au départ un jeu vidéo créé par le concepteur  japonais Keiichiro Toyama. L'idée d'une adaptation au cinéma pouvait autant faire frissonner de méfiance les fans du jeu qu'elle pouvait laisser imaginer un univers aussi effroyable que le jeu vidéo lui-même. Méfiance tout d'abord car jusqu'en 2006, les adaptations de jeux vidéos avaient donné naissance à de redoutables navets (Street Fighter et Mortal Kombat pour ne citer que parmi les plus connus). Mais aussi, quelque part, un certain intérêt puisque Silent Hill, le jeu, ce fut des millions d'exemplaires écoulés, plusieurs suites sur différents supports et surtout, des heures et des heures de jeu terrifiantes dans un univers cauchemardesque. Un univers que parviendra pourtant à retranscrire sur grand écran et ce, avec brio, le cinéaste français Christopher Gans. Pas seulement une grande adaptation d'un monde au départ strictement vidéoludique, mais un grand film tout court. Une œuvre de plus de deux heures faisant la nique à la plupart des films d'épouvante toutes générations confondues et cela grâce à une esthétique et une vision de l'Enfer tout à faits inédits. Avec un luxe de détail, Christopher Gans plonge son héroïne incarnée par l'actrice australienne Radha Mitchell dans un dédale tortueux procurant une sensation d'étouffement démultiplié grâce à la sensation que rien ne peut permettre à cette jeune femme lancée à la recherche de sa petite fille, de pouvoir quitter les lieux. Une ville sinistrée, plongée dans un brouillard opaque, recouvert d'une épaisse couche de cendre. Outre des décors qui se désagrègent au son d'une sirène dont le retentissement laisse forcément son empreinte sur la santé mentale du spectateur, l'un des atouts de Silent Hill demeure dans son bestiaire fantastique, parmi lequel on trouve de terrifiantes et hyper-charismatiques créatures des Enfers. Qui parmi ceux qui ont vu le film de Christopher Gans peut aujourd'hui encore oublier les Bubble Head Nurses, le Janitor, ou le pire de tous, le Pyramid Head et son immense hachoir ? Pas ceux qui ont plongé tête baissée dans l'un des meilleurs films sur le sujet. Une œuvre que l'on rangera aux côtés du Hellraiser de Clive Barker pour ses visions torturées et ses âmes damnées. Une œuvre qui de plus, apporte un certain nombre de réponses aux interrogations que l'on pouvait se poser à l'époque de la sortie du jeu. Six ans plus tard une suite tardive arrivera sur les écrans en 2012. Un Silent Hill Révélation 3D de piètre réputation, réalisé par le cinéaste britannique Michael J. Basset (Christopher Gans étant lui-même malheureusement retenu sur un autre projet). Malgré le bide retentissant de cette suite et la majeure partie des critiques l'ayant purement et simplement assassiné, un troisième opus est toujours prévu, avec, à la réalisation Michael J. Basset lui-même... ❤❤❤❤❤❤❤💔💔💔

Pour terminer, je voudrais revenir sur un long-métrage que je n'avais vraiment pas  apprécié à sa juste valeur lors de sa découverte alors que la seconde et très récente vision allait m'être bénéfique. Terminée cette impression d'assister à un spectacle pro-adolescents, de ces œuvres qui érigent des gamins en nouveaux et incohérents sauveurs d'une humanité en perdition. Contrairement à ce que j'avais pu supposer la première fois, Hunger Games est beaucoup mature qu'il n'en a l'air. Basé sur le premier volet de la trilogie éponyme écrite par la romancière américaine Suzanne Collins, ce premier long-métrage installe un univers dystopique qui n'est pas loin de rappeler des œuvres cinématographiques telles que Logan's Run, Running Man ou plus près de chez nous, Le Prix du Danger. Un futur immédiat s'appropriant certains codes du péplum, du survival, tout en traitant sous l'angle de la science-fiction, des faits-divers, eux, bien réels (les émeutes raciales). Ce que cite le film comme districts n'est rien d'autres qu'une somme de quartiers concentrationnaires cultivant le communautarisme régit par une Haute Société ne mélangeant pas les torchons et les serviettes. Sous un prétexte aussi fallacieux que celui qui voudrait que la descendances d'individus ayant accompli des actes répréhensibles paient pour ces derniers, Hunger Games est l'occasion de maintenir une certaine cohésion entre les populations défavorisées en jouant sur leurs peurs. Mais c'est aussi un moyen efficace de divertir dans une certaine allégresse, les nantis, qui sous couvert du spectacle, peuvent sans honte se repaître de la mort d'individus dont la survie n'a aucune espèce d'importance de toute manière.
Ce premier volet de la quadrilogie Hunger Games assure le spectacle dans des environnements aussi divers qu'une cité où l'abondance règne, tandis que dans les Districts, la moindre bouchée de pain se monnaie. Arrive alors la seconde partie, énergisant un scénario déjà fort passionnant, jetant vingt-quatre adolescents âgés de douze à dix-huit ans dans une arène sauvage où tous les coups sont permis. A ce titre, on comparera le film de Gary Ross (qui abandonnera la réalisation du second volet au profit de Francis Lawrence) au Battle Royale du japonais Kinji Fukasaku. Le Japon y étant en proie à une adolescence violente et désobéissante, le gouvernement s'en débarrasse en lui laissant libre cours pour assouvir son désir de mort sur une île sauvage. Hunger Games, sous ses allures de blockbuster (ce qu'il demeure d'ailleurs, au passage), est un grand film d'aventure où la violence n'épargne même pas des gamins âgés d'à peine douze ans. Le rythme est soutenu (surtout dans sa deuxième partie). L'un des points positifs du long-métrage de Gary Ross est d'éviter toute surenchère en matière d'effets-spéciaux, offrant ainsi à son œuvre, une certaine crédibilité. Jennifer Lawrence et Josh Hutcherson y forment un couple épatant, tandis que l'on croise en chemin, la route des excellents Woody Harrelson et Donald Sutherland. Au passage, on notera la présence du chanteur Lenny Kravitz dans le rôle de Cinna. Une opportunité habituellement agaçante qui loin d'être casse-gueule se révèle ici être un atout majeur. Le film, superbement mis en musique par les compositeurs  James Newton Howard et T-Bone Burnett, à sa sortie dans les salles, sera un immense (et mérité) succès. En deux jours seulement, et ce, sur le seul territoire américain, le film remportera soixante-dix millions de dollars de recettes. Soit pratiquement le budget du film se montant, lui, à soixante-dix huit millions de dollars. Après cet immense succès, trois suites verront le jour : Hunger Games : L'Embrasement en 2013, Hunger Games : La Révolte, partie 1 en 2014 et enfin, Hunger Games : La Révolte, partie 2 en 2015... ❤❤❤❤❤❤❤💔💔💔

mardi 3 janvier 2017

Un réveillon au ciné: Passengers de Morten Tyldum (2016)




Premier des deux articles consacrés à ce qui est devenu pour Anna et moi une tradition: passer le réveillon du Nouvel An dans une salle de cinéma...

Avant que ne s'éteigne à tout jamais l'année 2016, le cinéaste norvégien Morten Tyldum a réussi l'exploit de nous éblouir (vraiment?) une dernière fois. Son œuvre ? Passengers. Un teaser qui annonçait le pire mais une séance cinéma qui nous a offert le meilleur, ou presque, de l'année en matière de science-fiction. J'allais presque dire en matière « d'effets-spéciaux ». Car même dans cette catégorie, nous avons eu droit à du très beau spectacle. Un space opera faisant office d'île déserte pour un Robinson Crusoé des temps modernes. Pas de plage, de crabes, de palmier ou de grotte comme refuge de fortune. Pas de tempête non plus, mais une ceinture d’astéroïdes dont l'un parviendra tout de même à traverser le champ de force du Starship Avalon, un vaisseau spatial de croisière en route pour la planète Homestead II, une terre promise sur laquelle pourront bientôt vivre ses cinq mille passagers en hibernation. Bientôt ? Pas vraiment, car sur les cent vingt ans que doit durer le voyage, il en reste encore quatre-vingt neuf.
C'est à ce moment très précis que se déroule le drame. Ce « put... » d'astéroïde qui va bouleverser la vie de James Preston, l'un des cinq-mille passagers en question. Sa capsule tombe en panne et le voilà réveillé d'un sommeil de trente ans. Sauf qu'il aurait du passer les quatre-vingt neuf années suivantes dans le même état que ses compagnons. Jim est donc voué à mourir bien avant son arrivée sur Homestead II.

La vie rêvée pour certains d'entre nous (nourriture à foison, salle de jeux, salle de sport, et surtout, la possibilité de pénétrer l'espace extérieur du vaisseau), mais pas pour lui. Les jours, les semaines, les mois passent. Plus d'un an à vivre seul, à marcher le long des coursives, à pénétrer des salles désespérément vides. Son seul compagnon, c'est Arthur. Le barman androïde. Mais en parcourant les différents niveaux où se situent les corps des 4999 autres passagers endormis, une idée lui passe par la tête. Un cas de conscience qui va le chambouler. LUI, mais pas seulement...

Alors que la bande-annonce m'avait quelque peu effrayé (je reviendrai PEUT-ÊTRE sur ce sujet), tous mes doutes se sont évanouis dès les premiers instants. Si Passengers ne laissera sans doute pas le public avec une foule de questions métaphysiques en tête (on est tout de même loin du Kubrick de 2001, l'Odyssée de l'Espace), le film n'est pas le blockbuster auquel je m'attendais. Au contraire, les amateurs de musique pétaradante et de visuels explosifs incessants risquent d'être déroutés. Relégués dans une salle de cinéma qui ne devait pas compter davantage que deux-cents places et un écran aux dimensions à peine raisonnables pour une œuvre de science-fiction au budget de cent-dix millions de dollars, pratiquement tous ceux qui ont partagé l'expérience en notre compagnie sont demeurés interdit devant le choix du Mega CGR de Narbonne d'avoir opté pour des conditions que nous ne jugerons alors pas « optimales ».
Une 3D imposée pour une œuvre qui n'avait pas forcément besoin d'employer un tel procédé. Je me suis même parfois demandé où elle se situait. Si habituellement, je n'ai pas conscience de sa présence, c'est parce que l’œuvre projetée a suffisamment d'impact sur moi pour que je n'en relève pas autre chose que son intérêt principal. Ici, je me suis parfois demandé d'où pouvait provenir l'intérêt de subir le port de lunettes imprimant à l'image un certain degré d'assombrissement, chose que j'ai toujours jugé de navrant.

Mais au delà de cet aspect technique contraignant, que vaut le récit de Passengers ? Avec le recul, et après n'en avoir pensé que du bien, l’œuvre de Morten Tyldum demeure un bon film de science-fiction. Un space opera efficace, bien rôdé, quelque peu conventionnel dans son approche. Car au delà des formidables effets-spéciaux (décors, CGI, et des sorties dans l'espace qui donnent le tournis), de l'interprétation de Jennifer Lawrence et Chris Pratt, de celle de Michael Sheen dans le rôle d'Arthur, et du plaisir toujours renouvelé de retrouver l'excellent acteur Laurence Fishburne, Passengers ne serait-il pas en fait qu'une simple histoire d'amour entre deux êtres laissés à l'abandon dans un vaste univers dont les limites qui leur sont imposées prennent la forme d'une boite de métal aux formes élégantes ? Passengers est en fait un joli spectacle pour grand public. On ne s'ennuie pas une seule seconde, mais les amateurs de hard science-fiction risquent de ne pas y trouver leur compte. Pour les autres, le voyage se passera sans encombres... 

Anna: 
 J'y repense encore à ce huis clos intergalactique et quand je me remets à la place de nos deux héros, un certain vertige m'envahit... Cette solitude dans l'immensité de l'espace, les choix cornéliens qu'ils se posent, l'instinct de vie, plus fort que tout, même devant l'effrayant et inacceptable destin qui s'impose à eux.... je ne peux pas en dire plus, de crainte de spoiler.
En fait, ce vertige et cette émotion, je les avais ressentis dans certains épisodes de la série Voyager quand, propulsé dans l'espace, les membres de l'équipage de vaisseau réalisent qu'ils sont si loin qu'il leur faudra au moins 70 ans pour retrouver la Terre... autant dire qu'ils ne la retrouveront jamais.....
 
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