Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Barbara Sukowa. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Barbara Sukowa. Afficher tous les articles

dimanche 2 février 2025

Un dimanche de flic de Michel Vianey et Patrick Meunier (1981) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Allez, on aborde cette fois-ci un thriller français qui me semble-t-il demeure relativement méconnu. Au delà de l’ambiguïté du titre qui voudrait que des personnes dépositaires de l'autorité chargées d'intervenir au cours de situations d'urgence ou de prévention seraient corrompues, Un dimanche de flic n'en est pas moins une curiosité en ce sens où trois ans avant que ne sorte sur les écrans français la comédie culte de Claude Zidi Les ripoux (avec Philippe Noiret,Thierry Lhermitte, Régine et Grace de Capitani), le film de Michel Vianey co-réalisé aux côtés de Patrick Meunier traite en partie de ce même sujet tout en l'abordant sous un angle beaucoup moins amusant. Sans être pessimiste au point d'atteindre le degré de noirceur d'un Bad Lieutenant signé beaucoup plus tard par l'américain Abel Ferrara, Un dimanche de flic présente deux commissaires qui un dimanche, et sur proposition de l'un d'eux, prennent la décision de braquer des malfrats qui s'apprêtent à faire un échange entre deux mallettes. L'une contenant de la drogue et la seconde une très grosse somme d'argent. Le long-métrage présente à l'image Victor Lanoux dans le rôle de Franck Lazare tandis que Jean Rochefort incarne de son coté celui de Ruppert. Le premier est demeuré jusqu'à maintenant célibataire tandis que le second vit officiellement avec Patricia (l'actrice allemande Barbara Sukowa) et son fils David (Emmanuel Curtil) tout en fréquentant Dominique (Corinne Brodbeck) avec laquelle il semble avoir désormais décidé de faire sa vie. Une jeune femme décrite comme consommatrice de marijuana et plutôt délurée puisque couchant avec divers hommes dans le dos de Rupert. Bref, une véritable nymphomane, quoi ! Fred, un flic retraité incarné par Maurice Biraud est à l'origine du coup que s'apprêtent à faire les deux amis et collègues policiers. C'est donc tous ensemble qu'ils vont se saisir de l'occasion de se faire de l'argent bien que Lazare ne soit pas trop à l'aise à l'idée de participer. Une fois l'argent et la drogue récupérés, les trois hommes se rendent rapidement compte de l'erreur qu'ils viennent de commettre.


Surtout Lazare et Rupert puisque Fred n'aura pas eu le temps de voir venir la mort. En effet, son cadavre est déposé, défiguré, dans la poubelle du premier. Un avertissement servant de moyen de pression sur ses deux complices. En effet, Viktor Madona dit ''l'avocat'' (l'acteur allemand Armin Mueller-Stahl) a l'intention de récupérer son argent. Quoi qu'il en coûte. Et même si pour cela il doit faire appel à Dansevitch, jeune voyou très violent, lequel va s'approcher de l'entourage des deux flics afin de les convaincre de rendre la mallette qu'ils ont dérobé au truand. Un Dansevitch interprété par l'excellent Jean-Roger Milo, généralement très à l'aise dans ce type de rôles puisque un an auparavant il avait notamment incarné le rôle de Samson Balestra dans l'excellent Vigilante signé de Jean-Claude Missiaen, Tir Groupé. Œuvre dans laquelle il interprétait tout comme Dominique Pinon dans le rôle de Daniel Verlot, une petite frappe devenue responsable d'une agression sexuelle suivie d'un meurtre sur la personne de Carine Ferrand (Véronique Jannot). Confrontés à Antoine Béranger (Gérard Lanvin), Samson y trouvait la mort par vengeance du compagnon de la jeune femme. Désormais sous les traits de Dansevitch, l'acteur suit donc de très près Victor Lanoux dont il traite le personnage avec un calme étonnant malgré la violence qui sourde en lui. Un tueur à gages aux méthodes parfois étonnantes (il défigura Fred à l'aide d'un trousseau de clés), subtil lorsque cela semble nécessaire mais aussi et surtout assez flippant (la séquence lors de laquelle il menace Lazare d'un fusil de chasse). Le duo Victor Lanoux/Jean Rochefort fonctionne plutôt bien même si leurs personnages respectifs sont généralement antinomiques. Si Un dimanche de flic démarre assez mal le film repose par la suite sur l'épée de Damoclès qui trône au dessus de la tête de nos deux ''ripoux du dimanche''... Moins drôle qu'il pouvait en avoir l'air dans ses prémices, le spectateur devine assez rapidement la manière dont sera conclue l'intrigue. Entre un Lazare préoccupé par sa survie et la sécurité de son entourage et un Jean Rochefort détaché vis à vis des menaces qu'il reçoit, il est fort à parier que l'un d'eux au moins finira une balle entre les deux yeux...

 

vendredi 7 avril 2023

M.Butterfly de David Cronenberg (1993) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Que peut-on attendre d'une œuvre signée de l'un des plus grands cinéastes canadiens et interprétée par l'une des valeurs sûres du cinéma britannique et même, mondial ? Que la magie opérée cinq ans auparavant, en 1988, le soit une fois encore. Juste une fois. Pas seulement pour se convaincre qu'il se soit simplement agit d'un miracle mais que l'union artistique de ces deux hommes auxquels se joignirent d'autres caractéristiques puisse encore et encore produire du sublime sur support magnétique. Nous sommes en 1993 et cinq ans après le magnifique et bouleversant Faux-semblants, David Cronenberg offrait pour la seconde fois le rôle principal de l'une de ses œuvres à l'acteur originaire de Cowes en Angleterre, Jeremy Irons. Après s'être offert le pari hautement risqué de mettre en images une œuvre réputée inadaptable au cinéma (Le Festin nu du romancier américain William S. Burroughs), le plus réputé des réalisateurs canadiens s'attaquait donc à la célèbre pièce de théâtre M.Butterfly du dramaturge et scénariste américain David Henry Hwang. Mais derrière M.Butterfly se cache en réalité les destins croisés de personnages imaginaires et de personnalités ayant réellement vécu. Le film emprunte donc à l'opéra italien de Giacomo Puccini une partie de son intrigue. La rencontre entre un occidental et une jeune geisha de seulement quinze ans. L'on retrouve ce brin de cynisme chez le personnage incarné par Jeremy Irons dont l'arrogance lui fait tenir des propos diffamants envers une culture que ses semblables et lui semblent tout d'abord mépriser. René Gallimard rejoint donc l'impudent Benjamin Franklin Pinkerton pour qui, Cio-Cio-San n'était qu'une récréation teintée d'exotisme. Dès lors, le récit prend un virage à cent-quatre vingt degrés, se déleste de l'intrigue propre à l'opéra pour se pencher davantage sur celle de la pièce de théâtre. Car dans le cas de M.Butterfly, la passion est plurielle, se vit à deux et n'est plus exclusivement portée par la seule personne de Song Liling (l'acteur américain originaire de Hong-Kong, John Lone). Aïe ! Voilà que tout est dit. Car oui, mais cela ne devrait logiquement plus être un secret, la beauté sous le charme de laquelle va tomber le comptable de l'ambassade France de Pékin René Gallimard est un homme...


C'est là que se rejoignent alors la réalité et la fiction. Car sous des dehors improbables (l'hormonothérapie et les premières opérations consistant à une réassignation sexuelle étaient à l'époque relativement rares et certainement inenvisageables en Chine à l'époque où se situe l'action), il faut savoir que le long-métrage de David Cronenberg s'inspire de l'authentique histoire du fonctionnaire français Bernard Boursicot et de l'artiste lyrique chinois Shi Pei Pu qui eurent une relation entre 1964 et 1983. Derrière l’ambiguïté du propos, le canadien se saisit également de l'affaire d'espionnage qui envoya Shi Pei Pu en prison durant six années pour avoir transmis aux autorités de la république populaire de Chine des documents diplomatiques appartenant à l'état français. Cette histoire d'amour qui, lorsque l'on étudie son approche en profondeur ne dépareille finalement pas avec l'univers habituel de David Cronenberg, apparaît donc biaisée à plus d'un titre. Espionnage, ''tromperie sur la marchandise'', mais aussi, malice de la part de Song Liling qui évoque des coutumes ancestrales chères à sa communauté et adopte ainsi un comportement qui empêchent tout d'abord le comptable de découvrir la vérité. Sur fond de révolution culturelle et de reprogrammation mentale, David Cronenberg signe une œuvre historico-sentimentale qui n'a malheureusement pas l'ampleur de Faux-semblants. Ni même son histoire d'amour, aussi belles peuvent s'avérer certains séquences entre Jeremy Irons et John Lone, on pouvait espérer de la part de celui qui réalisa l'une des plus belles et plus tragiques histoires d'amour sept ans auparavant (La mouche) qu'il nous drape une fois encore de cette émotion qui s'extrayait pourtant d'un contexte fantastico-horrifique. Il demeurera de M.Butterfly quelques plans sur le visage de Jeremy Irons en clairs-obscurs tentant de reproduire la saisissante séquence du miroir de Faux-semblants, la superbe partition du fidèle compositeur Howard Shore ou les contacts charnels des deux principaux interprètes. Mais néanmoins, le films souffre dans sa version originale d'un défaut majeur : Afin de simuler la féminité du personnage qu'interprète John Lone, celui-ci semble avoir été doublé dans la langue de Shakespeare avec un manque de soucis qui paraît à peine pensable chez David Cronenberg. Une voix féminine qui peine à s'insérer au cœur d'un récit pourtant parfois mémorable. Loin du Body Horror, David Cronenberg signait malgré tout un beau film. Un drame romantique quelque peu... déviant, et pourtant si réel...

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...