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mercredi 20 août 2025

Weapons de Zach Cregger (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après avoir parcouru plus de neuf-cent kilomètres pour nous installer dans les environs de Saint-Brieuc en Bretagne, voilà que ma compagne et moi essuyons depuis deux jours de fortes pluies. Renvoyant ainsi nos projets de randonnées à des moments beaucoup plus propices. Après avoir sorti le nez ce matin avant qu'il ne se mette une fois de plus à pleuvoir, nous avons précédé notre séance cinéma d'une petite promenade de trois kilomètres autour de la Pointe du Roselier, à Plérin. Retour au bercail vers midi puis direction Trégueux et son multiplex Cinéland un peu avant quatorze heures où était notamment projeté le dernier long-métrage du réalisateur et scénariste américain Zach Cregger. Après un Barbarian qui en 2022 avait su séduire les amateurs de films d'horreur, le voici qui revient cette année avec Weapons. Sorti chez nous sous le titre Évanouis, cette œuvre que d'aucun aurait pu prêter à l'imaginaire de Stephen King repose en fait sur un scénario écrit par Zach Cregger lui-même. Une œuvre dont l'un des principaux atouts est sa construction. Le cinéaste s'intéressant ainsi à une poignée de personnages, il choisit de leur consacrer à chacun un chapitre. À tour de rôle, Justine, Archer, Paul, James, Andrew et Alex vont être au centre d'une intrigue se déroulant en un temps donné relativement court. Car après que dix-sept des dix-huit élèves d'une même classe aient disparu en pleine nuit et à la même heure (à 2h17 pour être très précis), l'intrigue va tourner autour de ces quelques personnages, tous plus ou moins liés aux autres et à cette affaire mystérieuse qui après un mois n'a toujours as été résolue. Mais plutôt que d'étendre le récit autour de ces dernières semaines, Zach Cregger préfère le concentrer sur une durée n'excédant pas quelques jours. Tout commence avec Justine (interprétée par l'actrice Julia Garner), l'institutrice qui était chargée de faire la classe aux élèves disparus. Soupçonnée d'être impliquée dans l'affaire, elle doit notamment faire face aux regards de ses voisins. Ce premier acte n'est certes pas mauvais puisqu'il met en place le sujet du film mais s'avère cependant le moins passionnant. Le film prend davantage d'ampleur lorsque est placé au centre de l'action le personnage d'Archer qu'incarne quant à lui Josh Brolin. Ce sera d'ailleurs l'un des aspects majeurs du long-métrage : chaque arrivée d'un nouveau personnage balayera ainsi le précédant et renforcera l'intrigue en ajoutant quelques éléments supplémentaires venus étoffer le mystère autour des disparus...


Vient donc ensuite Alden Ehrenreich qui dans le rôle du flic Paul Morgan interprète un ancien alcoolique adultère parfois violent. Notamment envers James Anthony, excellemment incarné par Austin Abrams. Un jeune marginal qui à l'occasion vole, mendie et surtout se drogue ! Suivent Andrew Marcus (l'acteur britannique Benedict Wong) et Alex (Cary Christopher). Si la présence du premier semble anodine, celle du jeune acteur sera au contraire d'une importance capitale. Surtout lorsque surgira au sein du récit, une certaine Gladys Lilly dont il est nécessaire ici de taire l'implication... Bien que les conditions de visionnage ne furent pas idéales en raison d'un volume sonore très nettement insuffisant, le spectacle proposé par Évanouis fut total. Entre horreur, thriller et humour, le dernier long-métrage de Zach Cregger est une totale réussite. Et ce, même si l'on peut regretter que la résolution de l'énigme se fasse bien avant la fin du récit. Le film regorge de séquences sinistres magistralement mises en scène. Quelques Jumpscares pourtant très bien pensés tentent de faire sursauter les spectateurs mais, bizarrement, la tentative demeura généralement inefficace ! L'on retiendra l'interprétation générale ainsi que celle d'Amy Madigan, absolument effrayante dans le rôle de la dite Gladys. Le réalisateur ainsi que Ryan et Hays Holladay signent en outre une partition musicale sobre mais efficace qui marque les moments de tension. Zach Cregger semble tout particulièrement apprécier d'ajouter des touches de bizarrerie, voire parfois d'incongruité si bien que l'on ne sait pas toujours s'il faut s'inquiéter de ce qui se déroule devant nos yeux ou s'il faut en rire. Toujours est-il que les cent-vingt huit minutes passent à une vitesse folle. Notons que les amateurs de gore auront la primeur de quelques saillies très graphiques en la matière. Évanouis restera comme l'une des meilleures propositions de cette année 2025 en matière d'horreur et d'épouvante. Une création d'orfèvre que l'on rangera aux côtés de Under the Silver Lake que réalisa en 2018 David Robert Mitchell...

 

dimanche 3 novembre 2019

Scary Stories to Tell in the Dark d'André Øvredal (2019) - ★★★★★★★☆☆☆



C'est la mode depuis un certain nombre d'années. Depuis que certains critiques, individus, nommons-les comme on veut ont comparé la série Stranger Things dont je n'ai personnellement approché que la première saison, à ces merveilleuses pellicules qui assombrissaient nos douces nuits d'adolescents que nous étions voilà trente ou quarante ans en arrière. Cette mode qui consiste à faire évoluer des personnages dans un contexte qui n'a plus rien de commun avec ce que nous connaissons aujourd'hui. Si la volonté de revenir à un style visuel old-school s'avère plus ou moins convainquant, la dernière génération n'a que peu à voir avec ces bobines devenues cultes puisque faisant partie d'un paysage qui n'existe plus, abandonné au profit du (presque) tout numérique. Si Scary Stories to Tell in the Dark évoquera pour certains la série de livres éponymes d'Alvin Schwartz, ça n'est pas le fruit du hasard. En effet, l'auteur de l'éblouissant Labyrinthe de Pan mais aussi du reste quasi dispensable de sa filmographie, le mexicain Guillermo Del Toro, fasciné par l'univers du journaliste et écrivain américain, se voit ici endosser le rôle de producteur et auteur de l'histoire originale adaptée par Dan Hageman et Kevin Hageman.

Le récit qui nous est conté ici par le réalisateur norvégien André Øvredal, auteur du très réussi The Autopsy of Jane Doe trois ans plus tôt et qui, espérons-le, ira jusqu'au bout de son projet visant à adapter l'excellent Marche ou Crève de Richard Bachman/ Stephen King, se déroule à la toute fin des année soixante. Si visuellement, Scary Stories to Tell in the Dark paraît davantage situer son action une décennie plus tard dans un décor qui rappellera sans doute aux fans de la première heure le cadre servant l'intrigue du Halloween de John Carpenter, choisir les sixties n'aura finalement aucun impact sur le déroulement du récit. Une histoire qui tourne autour d'une maison hantée, d'une bande de gamins, ou d'une mystérieuse légende évoquant une jeune fille nommée Sarah Bellows qui aurait servi de bouc émissaire aux membres de sa famille dans une sordide histoire d'eau empoisonnée qui aurait provoqué la mort de plusieurs enfants il y a de très nombreuses années...

Le sujet évoque bien entendu pas mal de longs-métrages centrés sur le vengeance d'un esprit qui se venge du mal dont il a été victime de son vivant. L'une des particularités de Scary Stories to Tell in the Dark se situe au niveau du découpage de l'intrigue. Le film se veut non seulement un hommage aux vieilles bobines horrifiques de notre enfance, mais surtout à une catégorie en particulier : celles représentées par ces anthologies qui firent le bonheur des amateurs de films d'horreur et d'épouvante : On peut citer notamment Creepshow de George Romero ou encore plus loin, Le Train des Épouvantes du britannique Freddie Francis. Sauf qu'ici, contrairement à leurs aînés, Guillermo Del Toro et André Øvredal ne se contentent pas d'un film découpé en différents chapitres indépendants les uns des autres mais intègrent chaque mort dans une seule et même histoire. Scary Stories to Tell in the Dark est donc parfaitement cohérent. Sa structure narrative offre une vision claire des événements et une cohésion qui contentera aussi bien les amateurs de films d'horreur à sketchs que les autres.Le réalisateur norvégien perpétue le talent qui est le sien en proposant un film d'épouvante constitué de séquences angoissantes particulièrement efficaces. Grâce au jeu de ses jeunes interprètes (Zoe Margaret Colletti, Michael Garza, Gabriel Rush et Austin Abrams), de certains effets (des Jump Scares, oui, mais opérationnels), des décors parfois dantesques et de visions d'épouvante redoutables (certaines créatures, inédites, font leur petit effet), le film est une réussite sans être pour autant inoubliable. Une sympathique friandise en attendant l'adaptation annoncée de Marche ou Crève que doit donc réaliser le norvégien pour l'année prochaine...
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