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lundi 28 septembre 2026

Resident Evil de Zach Cregger (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

C'est en toute confiance que je me suis rendu hier soir dans mon cinéma préféré pour y faire connaissance avec le tout nouveau personnage de la franchise Resident Evil... Très confiant, oui, car derrière la mise en scène et l'écriture de ce huitième et nouvel opus live se cache Zach Cregger, l'auteur des excellents Barbarian en 2022 et Weapons en 2025. Pourtant, il y avait de quoi se faire du soucis car la licence vidéoludique créée par Capcom voilà des dizaines d'années n'a jamais vraiment bénéficié d'adaptations cinématographiques à la hauteur de sa qualité ou de sa réputation. Après quatre longs-métrages signés de Paul W.S. Anderson, un d'Alexander Witt, un de Russell Mulcahy et celui qui fut le dernier en date, Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City, réalisé par Johannes Roberts en 2021, de qualité relativement bonne et pourtant incompréhensiblement rejeté par une grosse partie de la communauté des fans, Zach Cregger s'est donc lancé dans le pari incensé de redorer le blason d'une franchise dont il n'a jamais vu le moindre volet. Et autant dire que cela se voit, se ressent et explique sans doute pourquoi son dernier film s'éloigne drastiquement du reste de l'octalogie qui n'était en grande majorité qu'une série de longs-métrages bourrins, sans finesse aucune et plus proches d'un cinéma Z se fichant du matériau d'origine que celui d'auteurs désirant véritablement rendre hommage à une licence de jeux vidéos qui marqua et continue de marquer profondément l'esprit des joueurs... On pourrait alors arguer que Zach Cregger en fait autant en n'employant les zombies que lors de rares séquences. S'il est vrai que ceux-ci n'apparaissent que de manière très sporadique, le cinéaste exploite cependant beaucoup plus profondément le fameux Virus-T, l'une des souches du Virus Progenitor conçu par la Umbrella Corporation. Un virus qui devait à l'origine permettre à ceux auxquels il fut injecté de développer des capacités physiques hors normes mais qui malheureusement dégénéra pour donner forme à des créatures dont le nouvel opus sorti le 16 septembre dernier permet de découvrir de nouvelles formes de mutations. Si Resident Evil évoque bien l'existence de la ville et de l’hôpital de Raccoon City ainsi que la société Umbrella Corporation et si les créatures ressemblent parfois effectivement à certaines de celles que l'on pouvait croiser au détour de certains jeux issus de la franchise vidéoludique, le film de Zach Cregger aurait aussi bien pu porter un tout autre nom...


Ici, le long-métrage est principalement incarné par l'acteur Austin Abrams. Il y interprète le rôle du coursier médical Bryan Hodukavich auquel est confié la tâche de livrer un très important colis à destination de l'hôpital général de Raccoon City. Il est tard, la neige a recouvert de son blanc manteau la totalité de la région et le jeune homme est pressé de retrouver sa petite amie qui est enceinte. Malheureusement pour lui, la nuit va être longue, très longue et semée d'une foule d'embûches dont il devra se dépatouiller avec ses maigres moyens. Car plutôt que de faire de son personnage central un homme fort et héroïque, Zack Cregger choisi d'en faire un individu lambda auquel n'importe lequel d'entre nous ou presque pourra s'identifier. Une arme à la main, Bryan tire souvent à côté. Au moindre bruit, il se met à crier, à gémir, à respirer très fortement. Devant le danger, il fuit ! Et pourtant, sans hypothétique autre raison que de gagner le double de ce que lui rapporte habituellement les courses qu'il effectue, Bryan va aller jusqu'au bout, pénétrer dans Raccoon City, rencontrer quelques personnages secondaires qui ne feront pas long feu et surtout croiser en chemin des créatures véritablement monstrueuses. L'une des très grandes qualités de Resident Evil est pour son auteur d'avoir su comprendre les attentes non pas simplement des fans de la série de jeux mais bien des amateurs de cinéma d'horreur en exploitant leurs peurs les plus profondes. Et tout cela en évitant le plus possible d'user d'une méthodologie dont certains usent abondamment ! Ici, pas ou peu de jumpscares mais toute une série de situations angoissantes, admirablement mises en scène par un artiste qui s'y connait en la matière. On pense bien évidemment aux incessantes rencontres bien creepy que Bryan effectuera mais aussi et surtout au différents situations auxquelles il sera confronté. Comme cette séquence située dans un tunnel et qui ferait presque regretter qu'à l'époque de l'adaptation télévisuelle du roman Le fléau de Stephen King la séquence se déroulant elle-même dans un tunnel ait été ratée au point d'agacer certains fans du bouquin. Filmant très souvent l'acteur principal dans le dos et même parfois en vue subjective, Zack Cregger signe une fois de plus un excellent film d'horreur, parmi les meilleurs à avoir vu le jour cette année. Se terminant sur une fin ouverte, Zack Cregger ne semble pourtant pas avoir décidé de poursuivre l'aventure puisque son prochain film intitulé The Flood devrait être une œuvre de science-fiction...

 

mercredi 20 août 2025

Weapons de Zach Cregger (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après avoir parcouru plus de neuf-cent kilomètres pour nous installer dans les environs de Saint-Brieuc en Bretagne, voilà que ma compagne et moi essuyons depuis deux jours de fortes pluies. Renvoyant ainsi nos projets de randonnées à des moments beaucoup plus propices. Après avoir sorti le nez ce matin avant qu'il ne se mette une fois de plus à pleuvoir, nous avons précédé notre séance cinéma d'une petite promenade de trois kilomètres autour de la Pointe du Roselier, à Plérin. Retour au bercail vers midi puis direction Trégueux et son multiplex Cinéland un peu avant quatorze heures où était notamment projeté le dernier long-métrage du réalisateur et scénariste américain Zach Cregger. Après un Barbarian qui en 2022 avait su séduire les amateurs de films d'horreur, le voici qui revient cette année avec Weapons. Sorti chez nous sous le titre Évanouis, cette œuvre que d'aucun aurait pu prêter à l'imaginaire de Stephen King repose en fait sur un scénario écrit par Zach Cregger lui-même. Une œuvre dont l'un des principaux atouts est sa construction. Le cinéaste s'intéressant ainsi à une poignée de personnages, il choisit de leur consacrer à chacun un chapitre. À tour de rôle, Justine, Archer, Paul, James, Andrew et Alex vont être au centre d'une intrigue se déroulant en un temps donné relativement court. Car après que dix-sept des dix-huit élèves d'une même classe aient disparu en pleine nuit et à la même heure (à 2h17 pour être très précis), l'intrigue va tourner autour de ces quelques personnages, tous plus ou moins liés aux autres et à cette affaire mystérieuse qui après un mois n'a toujours as été résolue. Mais plutôt que d'étendre le récit autour de ces dernières semaines, Zach Cregger préfère le concentrer sur une durée n'excédant pas quelques jours. Tout commence avec Justine (interprétée par l'actrice Julia Garner), l'institutrice qui était chargée de faire la classe aux élèves disparus. Soupçonnée d'être impliquée dans l'affaire, elle doit notamment faire face aux regards de ses voisins. Ce premier acte n'est certes pas mauvais puisqu'il met en place le sujet du film mais s'avère cependant le moins passionnant. Le film prend davantage d'ampleur lorsque est placé au centre de l'action le personnage d'Archer qu'incarne quant à lui Josh Brolin. Ce sera d'ailleurs l'un des aspects majeurs du long-métrage : chaque arrivée d'un nouveau personnage balayera ainsi le précédant et renforcera l'intrigue en ajoutant quelques éléments supplémentaires venus étoffer le mystère autour des disparus...


Vient donc ensuite Alden Ehrenreich qui dans le rôle du flic Paul Morgan interprète un ancien alcoolique adultère parfois violent. Notamment envers James Anthony, excellemment incarné par Austin Abrams. Un jeune marginal qui à l'occasion vole, mendie et surtout se drogue ! Suivent Andrew Marcus (l'acteur britannique Benedict Wong) et Alex (Cary Christopher). Si la présence du premier semble anodine, celle du jeune acteur sera au contraire d'une importance capitale. Surtout lorsque surgira au sein du récit, une certaine Gladys Lilly dont il est nécessaire ici de taire l'implication... Bien que les conditions de visionnage ne furent pas idéales en raison d'un volume sonore très nettement insuffisant, le spectacle proposé par Évanouis fut total. Entre horreur, thriller et humour, le dernier long-métrage de Zach Cregger est une totale réussite. Et ce, même si l'on peut regretter que la résolution de l'énigme se fasse bien avant la fin du récit. Le film regorge de séquences sinistres magistralement mises en scène. Quelques Jumpscares pourtant très bien pensés tentent de faire sursauter les spectateurs mais, bizarrement, la tentative demeura généralement inefficace ! L'on retiendra l'interprétation générale ainsi que celle d'Amy Madigan, absolument effrayante dans le rôle de la dite Gladys. Le réalisateur ainsi que Ryan et Hays Holladay signent en outre une partition musicale sobre mais efficace qui marque les moments de tension. Zach Cregger semble tout particulièrement apprécier d'ajouter des touches de bizarrerie, voire parfois d'incongruité si bien que l'on ne sait pas toujours s'il faut s'inquiéter de ce qui se déroule devant nos yeux ou s'il faut en rire. Toujours est-il que les cent-vingt huit minutes passent à une vitesse folle. Notons que les amateurs de gore auront la primeur de quelques saillies très graphiques en la matière. Évanouis restera comme l'une des meilleures propositions de cette année 2025 en matière d'horreur et d'épouvante. Une création d'orfèvre que l'on rangera aux côtés de Under the Silver Lake que réalisa en 2018 David Robert Mitchell...

 

mercredi 9 novembre 2022

Barbarian de Zach Cregger (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 



 

Alors que 2022 s'apprête à prendre fin, qu'aura-t-on réellement retenu de cette année en matière de cinéma d'horreur et d'épouvante ? Quelques longs-métrages dont la réputation ne tient en réalité que sur des critiques abusivement dithyrambiques où des réactions bien trop exagérée de certains publics pour être véritablement honnêtes. X ou Pearl de Ti West ? Ego de Hanna Bergholm ? Abuela de Paco Plaza ? Smile de Parker Fin ? Des œuvres qui, certes, sortent du lot mais ne marqueront pas le septième art d'une marque indélébile en terme d'effroi. Ne parlons même pas du Scream de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, du Black Phone de Scott Derrickson ou pire, du Esther 2 : Les Origines de William Brent Bell qui n'offrent rien de véritablement innovant et ne s'avèrent pas du tout effrayants. Alors que les amateurs de cinéma gore attendent sans doute avec impatience le Terrifier 2 de Damien Leone dont sa réputation le précède, l'une des vraies bonnes claques de l'année 2022 nous est venue tout droit de Thaïlande avec le dernier long-métrage de Banjong Pisanthanakun, The Medium. L'un de ces films titanesques à rejoindre le panthéon des œuvres qu'il faut absolument avoir vu à l'image d'un Midsommar signé de Ari Aster ou The Strangers de Na Hong-jin ! S'il en est un qui échappe malheureusement de justesse au titre de meilleurs film d'horreur et d'épouvante de l'année, c'est bien Barbarian de Zach Cregger qui après la comédie romantique Miss Mars en 2009, le film de guerre historique The Civil War on Drugs en 2011 et quelques épisodes de séries télévisées réalisait en cette année 2022 ce qui aurait pu et dû devenir la nouvelle référence en matière de cinéma de l'effroi. Le genre de perle dont nous n'attendions rien et qui pourtant aurait pu rester dans l'esprit des gens comme l'un des meilleurs représentants de sa catégorie cette année...


N'étant apparemment pas intéressé par la démystification entourant le quartier de Brightmoor situé à Détroit, dans le Michigan, le réalisateur américain utilise ces lieux peu à peu abandonnés et ressemblant à une ville fantôme jonchée de demeure détruites, brûlées et rendues à mère nature pour en faire le terreau d'un récit habilement mené. Prenant pour témoin l'intuition des spectateurs, Zach Cregger parvient à détourner certains codes pour mieux les tromper et les diriger vers une réalité qu'ils n'étaient jusque là pas encore prêts à envisager. Tout le génie, dirons-nous, de ce Barbarian dont le titre se réfère davantage à la situation géographique du récit qu'à un quelconque contenu qui se voudrait aussi rude qu'un Martyrs (Pascal Laugier, 2009) s'inscrit dans des hypothèses habituellement confirmées par certaines attitudes propres aux personnages. Découpé en quatre chapitres ainsi qu'une conclusion, Barbarian démarre avec la présentation de Tess qu'interprète l'actrice Georgina Campbell. Actrice afro-américaine dont la couleur de peau et les origines feront peut-être tiquer ceux qui penseront d'avance à un traitement à la manière de Get Out. Mais ici, rien à voir. Tess découvre qu'elle et un certain Keith (l'acteur Bill Skarsgård) ont loué la même maison aux mêmes dates. Une erreur produite par la société de location qui comme nous le découvrirons bien plus tard n'aurait dû avoir aucune espèce d'implication dans le récit mais qui pourtant participe de l'élaboration d'un stratagème visant à tromper et détourner l'esprit du spectateur. Sans avoir eu besoin le moins du monde d'employer dans le rôle du sympathique locataire l'acteur suédois connu principalement pour son rôle de Pennywise dans le diptyque Ça d'Andy Muschietti, Zach Cregger parvient d'emblée à semer le doute. Serviable, éminemment précautionneux et courtois, Keith se présente comme le jeune homme idéal en qui on peut avoir confiance. Parfait... Peut-être trop, justement. Accueillant Tess pour la nuit dans une maison située dans un quartier qu'il ne fait pas bon fréquenter la nuit, Keith est l'adorable personnage dont on croit déceler une attitude bien trop honnête pour être sincère...


Et puis, il y a la visite de cette cave recelant de sombres recoins. Objet d'un malaise qui semble confirmer ce que l'on ''savait déjà'' : Que le jeune homme attentionné fait partie de cette ''famille'' de pervers qui kidnappent, enferment et torturent psychologiquement et physiquement leurs victimes à des fins sadiques... Sauf que, ben, heu, le spectateur va rapidement se rendre compte qu'il a tout faux et qu'il vient de tomber dans le double piège tendu par le réalisateur et par ses propres idées reçues ! Brightmoor est le genre d'univers propice à générer angoisse et malaise. Quartier abandonné de ses habitants et où la police traite la moindre urgence avec dédain (Tess en fera d'ailleurs les frais). De l'astucieux script qu'il a écrit lui-même, Zach Cregger obtient une œuvre forte, anxiogène mais non dénuée de certaines références. La première partie, la plus longue opposant Tess et Keith est sans doute la plus forte du long-métrage. Jouant sur l'appréhension de ce qui pourrait se produire entre les deux personnages enfermés dans une maison isolée au beau milieu d'un no man's land constitué d'épaves, on reste scotché, dans l'attente suffocante d'un événement. Lequel se produit pour ensuite laisser place à un nouveau personnage interprété par Jutin Long. AJ est le propriétaire de la dite demeure. Accusé de viol par l'une des ses anciennes relations et bientôt sans le sou, cet acteur va bientôt devoir revendre certaines de ses acquisitions afin de renflouer les caisses. À commencer par la demeure justement située à Brightmoor. Son apparition à l'image constitue une bouffée d'air que le spectateur ne se fera pas prier de prendre après ce que vient de lui infliger le réalisateur ! Si ce second ''acte'' est très légèrement moins intéressant que le premier, il est surtout le signe d'une lente dégradation qui ne va avoir de cesse de s'accentuer. Car dès lors, le film va se montrer de plus en plus commun dans son traitement. Certaines sinistres figures du septième art vont en effet s'y refléter. Comme celle du Creep de Christopher Smith et plus encore celle du [•REC] de Paco Plaza et Jaume Balagueró. Des détails pourtant nettement moins dérangeants que le final, lequel détruit toute chance pour Barbarian de devenir LA référence du cinéma d'épouvante de l'année 2022...


C'est d'autant plus rageant que pour une fois, les termes anxiogène, étouffant et terrifiant ne sont pas vraiment galvaudés. Le réalisateur possède l'art et la manière de nous foutre parfois le trouillomètre à zéro. Comme ce plan subjectif filmé à la troisième personne dans des galeries souterraines vraiment flippantes ou ces incessants jeux de lumières qui vont s'y produire. Les interprètes sont convaincants, avec une mention spéciale pour ceux qui interprètent Tess et Keith ainsi que Matthew Patrick Davis dans le rôle de ''la mère'', laquelle n'a presque rien à envier à la Tristana Medeiros de [•REC] si ce n'est qu'il arrive avec quatorze ans de retard. Bien qu'étant doté d'indéniables compétences narratives, le film est malheureusement sabordé par une dernière partie à ce point ratée qu'elle en devient risible. On veut bien imaginer que Zach Cregger ait ainsi pu vouloir désamorcer la charge qui pesait sur ses personnages et sur les spectateurs mais là, c'en est trop. Le spectateur devra donc s'attendre à une fin décevante. Ce qui ne devra en revanche pas le faire douter des qualités réelles de ce film d'horreur qui demeure malgré tout l'une des très bonnes surprises de cette année 2022...

 

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