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vendredi 15 mai 2026

Garde à vue de Claude Miller (1981) - ★★★★★★★★★☆


Nous sommes le soir du 31 décembre et alors que la population s'apprête à fêter le nouvel an, l’inspecteur Antoine Gallien reçoit dans son bureau le notaire Jérôme Martinaud. Assisté par l'inspecteur Marcel Belmont, Gallien interroge le notable au sujet de deux homicides concernant deux très jeunes filles. L'une a été retrouvée morte sur une plage et la seconde sur un terrain communal. Lorsque l'intrigue débute, celui qui très rapidement va se comporter comme un suspect se montre arrogant et surtout très évasif lorsque l'inspecteur incarné à l'écran par l'immense Lino Ventura lui pose des questions sur son emploi du temps. Curieux de connaître les détails précis s'agissant de la découverte par Martinaud de l'un des deux corps, Gallien lui met la pression. ''Épaulé'' par un Belmont nettement plus agressif envers le notaire. Et ce qui n'était au départ que l'interrogatoire classique d'un notable très connu dans la région en tant que simple témoin va rapidement se transformer en garde à vue durant laquelle, l’ambiguïté de Martinaud ainsi que sa désinvolture face à l'horreur du double fait-divers vont convaincre Gallien à pousser l'homme dans ses derniers retranchements... Réalisé par Claude Miller entre le 27 janvier et le 13 mars 1981, Garde à vue est un classique du cinéma policier hexagonal. Face à la carrure impressionnante de Lino Ventura, le cinéaste lui oppose un Michel Serrault qui derrière un physique déjà nettement moins impressionnant se sert ici du statut de notable de son personnage pour s'imposer malgré des éléments d'enquête qui contredisent à peu près tout ce qui repose sur le témoignage qu'il a rapporté antérieurement au récit développé ici. Accompagnés par un Guy Marchand qui dans le rôle de l'inspecteur Marcel Belmont rivalise de cynisme avec le témoin devenu suspect, Lino Ventura et Michel Serrault s'affrontent dans un duel verbal absolument remarquable que l'on doit au dialoguiste de génie, Michel Audiard...


Ici, pas d'enquête policière telle qu'elle est généralement conçue dans ce type de fiction. Pas de découverte d'un ou de plusieurs corps précédant des investigations de terrain. Tout juste quelques photographies rappelant l'horreur du fait-divers. Non, ici tout est concentré autour des quatre murs d'un bureau transformé en salle d'interrogatoire où l'on entend régulièrement les touches d'une machine à écrire sur laquelle Belmont s'acharne à taper la déposition du notaire entre deux blagues de mauvais goût. Le concept de ''Good Cop / Bad Cop'' qui se veut être une technique employée lors des interrogatoires intégrant un flic calme et faussement sympathique à un second, agressif et déjà beaucoup moins conciliant envers le témoin/suspect n'est ici pas à l'ordre du jour. Car même si les personnalités des deux inspecteurs ne concordent jamais vraiment, quelques regards de Gallien lancés en direction de Belmont confirment que les deux hommes ne jouent pas à ce jeu qui consiste à manipuler celui qu'ils interrogent. On peut même dire que le premier déteste les méthodes du second. Bien que l'intrigue se déroule à une date presque précise (nous sommes à l'orée du nouvel an mais... en quelle année précisément ?) un certain flou tourne autour de certains détails géographiques. Ce qui, en soit, n'est pas vraiment un problème puisque Garde à vue est un huis-clos tandis que les rares scènes d'extérieurs s'intéressent davantage aux festivités de fin d'année qui se déroulent en face du commissariat qu'aux lieux mêmes des crimes...


Une certaine distanciation que l'on pourrait comprendre face à l'horreur des actes dont le spectateur n'est témoin qu'à travers des termes aussi bruts que ''viols'' et ''étranglements'', Claude Miller nous épargnant les détails les plus sordides alors même qu'il ne retiendra plus ses mots ni ceux du romancier et scénariste Emmanuel Carrère dix-sept ans plus tard lorsque viendra le moment de signer le très glaçant La classe de neige... Privilégiant les dialogues à l'action, les regards et le jeu d'acteurs à la gestuelle (quoi que celle-ci puisse tout de même revêtir parfois une importance considérable), Garde à vue repose sur le duel entre deux hommes (et même trois si l'on ajoute la performance toute en audace de Guy Marchand), sur une tension qui à mesure que les heures passent monte graduellement et joue avec la plus subtile des perversions sur l'intime. Car pour comprendre le personnage de Martinaud, quoi de mieux que de dépasser son seul statut de témoin des événements pour aller plus en profondeur et aller chercher ce qui chez cet énigmatique individu expliquerait un éventuel passage à l'acte ? Claude Miller aurait-il choisi son camp en faisant de cet homme respecté et jusqu'à maintenant respectable un personnage qui aurait quoi qu'il arrive des choses à se reprocher ? Car comment expliquer alors l'intervention de la magnifique Romy Schneider dans le rôle de l'épouse du notaire qui au moment où tout bascule lorsque la culpabilité de celui-ci est devenue un impératif moral (Après avoir été frappé par Belmont, Martinaud explique avec ses mots qu'il vaut mieux avoir frappé un coupable plutôt qu'un innocent) vient en rajouter une couche en apportant une ''preuve'' de sa culpabilité ? Romy Schneider, justement... magnifique, digne... Un petit rôle pour une grande incarnation, jusqu'à ce final terrible suivant un twist inattendu, la encore précédé d'un souvenir contant une période dans l'existence du couple qui n'a à proprement parler rien à voir avec l'enquête mais dont l'évocation pourrait avoir de graves conséquences... On sort du film avec la sensation de s'être assis aux côtés du notaire et face au flic. Témoins d'une garde à vue magistralement orchestrée par un cinéaste et ses interprètes...

 

jeudi 7 août 2014

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Georges-Alexandre Sarrejani,Catherine et Philomène Schmidt: "Le Trio Infernal" de Francis Girod (1974)



De la fiction...

A Aix En Provence, l'avocat Georges Serret reçoit la médaille d'officier de la Légion d'Honneur à titre militaire. C'est durant cette prestigieuse récompense qu'il croise le regard de Philomena Schmidt, une jeune allemande qui bientôt va devoir retourner dans son pays car l'homme qu'elle a prévu d'épouser ne peut s'unir avec elle car il est déjà marié et ne peut divorcer car son épouse a disparu. De plus, la vieille dame dont elle avait la garde meurt durant la cérémonie de remise de médaille. Maître Serret se rend à l'enterrement et profite de l'occasion pour approcher Philomena. Le couple finit la soirée dans le lit de l'avocat et ce dernier trouve une astuce afin de permettre à la jeune allemande de gagner la nationalité française. Il demande à un vieil ami de se faire passer pour l'homme que Philomena avait prévu d'épouser et d'accepter un mariage blanc.

Une fois les faux amants mariés, la sœur de Philomena, Catherine, débarque. Elle aussi veut avoir la nationalité française. Pour Georges, ce n'est qu'une broutille et bientôt les deux sœurs voient leur rêve se réaliser. Georges devient l'amant des deux jeunes sœurs. Ils se lancent dans une séries d'escroqueries visant à toucher des assurances-vie contractées par des vieillards aux portes de la mort, mais très bientôt, l'appât du gain les pousse à commettre l'irréparable : ils vont assassiner un couple et se débarrasser des corps en les faisant disparaître dans un bain d'acide sulfurique...

Le Trio Infernal est le premier long-métrage parmi une vingtaine d’œuvres signées Francis Girod. Le film est basé sur un fait divers authentique survenu dans les années 1920. Afin d'apporter sa vision de cette sordide histoire d'escroquerie, le réalisateur confie le rôle de ces trois criminels à Eomy Schneider, Mascha Gonska et Michel Piccoli.

Le film se veut un drame mais lorgne très vite vers la comédie noire de mauvaise qualité. Et ce n'est pas la présence des trois principaux interprètes ni des excellents seconds rôles (Andréa Ferréol, Hubert Deschamps, Pierre Dac et Philippe Brizard) qui changera la donne. La faute sans doute à une musique (pourtant signée par l'immense Ennio Morricone) qui ne colle pas toujours au sujet qu'elle est censée appuyer t à une direction d'acteurs mollassonne.

En fait, ce qui marquera sans doute durablement les esprits dans ce piètre Trio Infernal, c'est la scène centrale de l’œuvre. Elle crée une rupture entre ce qui la précède et ce qui suivra par la suite. Francis Girod filme un double meurtre, des quelques minutes qui le précède à travers le masque angoissé des futurs meurtriers, jusqu'à la manière dont ceux-ci vont se débarrasser des corps. Cette fois-ci, et qu'il soit volontaire ou non, l'humour n'est plus de la partie. Tout devient tout à coup plus noir, sordide et dérangeant. Le sang est montré sans pudeur. L'acte, lui aussi est impudique. Cette fois-ci la musique est éteinte. On découvre des acteurs capables alors de se vautrer dans l'hémoglobine et la crasse. La scène est longue, très longue. Peut-être pas aussi morbide que celle du glauquissime Blue Holocaust de Joe D'Amato, mais tout de même. Il faut voir la belle Romy pratiquer, hors champ et à proximité des corps baignant dans l'acide, une fellation sur la personne de Michel Piccoli pour y croire. Malheureusement, et malgré l'implication des acteurs, c'est bien la seule scène dont nous nous souviendrons. Et c'est bien dommage...

… à la réalité.



Dans les années 1920, Georges-Alexandre Sarrejani rencontre les sœurs Catherine et Philomène Schmidt avec lesquelles il entretient une relation amoureuse. L'avocat est aussi un escroc qui va faire participer les deux sœurs à ses magouilles. Le trio escroquera plusieurs hommes avant de tuer un couple de complice au fusil. Ils feront disparaître les corps dans de l'acide mais seront arrêtés six ans plus tard alors qu'il tenteront un nouveau coup. Les deux sœurs tentent de se dédouaner en mettant tout sur le dos de Georges-Alexandre Sarrejani mais elles seront tout de même condamnées à dix ans de prison. L'avocat, lui, sera condamné à mort et guillotiné le 10 Avril 1934...

samedi 8 décembre 2012

Les Innocents Aux Mains Sales de Claude Chabrol (1975)

Julie et Louis Wormser sont mari et femme et vivent dans une luxueuse demeure de Saint Tropez. Après avoir appris de la bouche de son médecin qu'il était cardiaque, Louis s'est mis à la boisson, frustré de ne plus pouvoir avoir de relation sexuelles avec son épouse. Délaissée, celle-ci fait un jour la connaissance de Jeff Marle, jeune écrivain installé deux maisons plus loin. Très vite, ils entretiennent une relation adultère. Louis, qui très souvent boit pour oublier ses problèmes de cœur, monte se coucher tôt le soir. Les amants en profitent donc pour faire l'amour au rez de chaussée. Un jour, Julie ne supportant plus cette vie que lui offre Louis, décide avec la complicité de Jeff d’échafauder le meurtre de son époux.

Julie tuera Louis puis ce sera au tour de Jeff de prendre la relève et de simuler la disparition de la victime en pleine mer à bord de son bateau de pêche.
Le soir venu, Jeff quitte la demeure des Wormser et rentre chez lui afin d'être vu par la voisine commune à l'écrivain et aux Wormser et ainsi pouvoir justifier un alibi au cas ou la police ferait plus tard une enquête. Louis, qui est à l'étage de sa demeure est effondré sur son lit, ivre. Julie monte alors et en profite pour se saisir d'un objet et l'assomme violemment avant de redescendre au rez de chaussée. Elle finit par s'endormir sur le canapé mais lorsqu'elle se réveille plus tard, elle entend des bruits sourds. Louis est encore vivant. Julie se fait discrète et entend son mari quitter la maison et partir à bord de sa voiture.
Jeff disparaît durant quelques jours comme il avait prévu de le faire afin de ne pas éveiller de soupçons sur lui. Julie et lui correspondent cependant par courrier, se donnant mutuellement des nouvelles de l'affaire. Le commissaire Villon, accompagné de son ami et commissaire Lamy en vacances à Saint Tropez, se rend chez les Wormser afin de discuter avec Julie de la disparition de Louis.
Alors que se passe d'abord comme prévu, Julie apprend de la bouche de son banquier que Louis a retiré avant sa disparition la totalités des fonds qu'il conservait dans un coffre-fort. De plus, Jeff finit par ne plus donner de nouvelles...

Claude Chabrol, qui a déjà derrière lui une solide filmographie (Landru, Que La Bête Meurt, Le Boucher), réalise ces Innocents Aux Mains Sales en 1974. Cette année là, il tournera trois œuvres, celle-ci étant la dernière. Romy Schneider interprète Julie, cette jeune femme séduisante qui ne laisse (presque) aucun homme indifférent. Accompagnée par l'acteur américain Rod Steiger (Lucky Luciano) et l'acteur italien Paolo Giusti, elle exploite sa beauté auprès de son amant et même des policiers qu'elle tente de charmer lors de l'enquête policière. Si Les Innocents Aux Mains Sales n'est clairement pas la meilleure œuvre de Claude Chabrol, elle distille malgré tout une atmosphère et un suspens qui tiennent la route durant une bonne grosse moitié du film.

On appréciera le piège se refermant sur Julie, la disparition de Louis, et l’ambiguïté des rapports entre les amants. En fait, ce qui passionne durant un temps est le fait de ne pas en savoir davantage que l'héroïne sur la disparition de Louis et de Jeff. On pourra éventuellement s'étonner de ressentir les mêmes angoisses que l'héroïne. Si le personnage volontairement niait du commissaire Villon (Pierre Santini) laisse plutôt froid, celui, fin et aiguisé du commissaire Lamy en va tout autrement. Sorte de Monk avant l'heure, il est capable de deviner, presque dans les moindres détails, le cheminement de cette affaire sordide. Au point que l'on finit par se demander si le commissaire ne serait pas un brin extralucide. Ce qui est dommageable, c'est qu'à chaque retournement de situation, c'est à ce moment très précis que de nouveaux soupçons (toujours les bons), parviennent jusque dans l'esprit de ce flic sensiblement cabotin.
Ce qui faisait le charme des Innocents Aux Mains Sales est passablement anéanti par la suite par un trop grand nombre de pirouettes scénaristiques. Ce qui jusqu'à maintenant nous semblait crédible devient un peu trop surréaliste pour nous convaincre définitivement. Mais il faut tout de même pas bouder notre plaisir car outre le jeu d'acteur convainquant de la part de l'ensemble des artistes convoqués à cette perverse machination, on appréciera l'ambiance troublante de certaines scènes, et une fin qui l'est encore davantage.
A noter l'interprétation de Jean Rochefort dans le rôle de l'avocat, Maître Légal : Savoureuse.

samedi 17 novembre 2012

L'Important C'Est D'Aimer de Andrzej Zulawski (1975)


Nadine Chevalier, une actrice ratée, est obligée d'accepter des rôles dans des œuvres érotiques particulièrement malsaines afin de subvenir à ses besoins. Alors qu'elle tourne une scène difficile dans un énième film, elle croise l'objectif du photographe Servais Mont qui la mitraille en cachette. Découvert par l'équipe de tournage, celui-ci est poursuivi et sommé de donner la pellicule de son appareil-photos. Troublé par la beauté de Nadine, Servais décide de se rendre jusqu'à son domicile afin de lui proposer de poser pour la couverture d'un magazine. La jeune femme vit avec Jacques, un excentrique qui fuit les réalités du quotidien en se plongeant dans son unique passion, le cinéma. C'est grâce à lui si Nadine est encore en vie. Lessivée, la jeune femme a trente ans mais en paraît vingt de plus. Le cinéma ne lui offre plus aucun rôle important en dehors du porno.

Jacques et Nadine s'aiment et Servais le sait. Mais ce dernier n'accepte pas facilement de baisser les bras et revoit la jeune femme chaque fois qu'il en a l'occasion. Nadine n'est pas non plus indifférente au charme du photographe mais par respect pour Jacques, elle repousse Servais. Alors, en secret, le photographe demande à un ami de bien vouloir accepter Nadine dans sa nouvelle pièce de théâtre. Il espère ainsi voir la jeune femme rebondir vers une nouvelle carrière de comédienne. Dans l'ombre, il suit les répétitions, se faisant tout petit, cachant à Nadine qu'il en est l'instigateur. Mais pour pouvoir faire engager celle-ci, il lui a fallut accepter de photographier des scènes d'orgie pour le compte d'un certain Mazelli. Mais Servais en a assez de travailler pour cet homme et décide de lui faire savoir. Jacques quand à lui prend une décision radicale qui va bouleverser l'existence de Nadine et Servais...

Andrzej Zulawski ne tourne pas de films d'amour commode. Elles n'ont rien de simple et ses héroïnes ont toutes été marquées par la vie. Entre prostituée (L'Amour Braque), mannequin de charme (La Femme Publique) ou comme ici actrice de films pornographiques, les personnages féminins du cinéastes ont une image de l'amour plutôt contradictoire avec ce qui leur tombe dessus. Mais L'Important C'est D'Aimer n'est pas qu'un simple film d'amour entre un homme et une femme. Il témoigne aussi de celui pour le théâtre et le cinéma (comme ce fut déjà le cas pour La Femme Publique). L'oeuvre du cinéaste fait mal car ce qu'il y a de beau dans cette histoire est systématiquement mis à mal. On rêve de voir Nadine (la sublime Romy Schneider) tomber dans les bras de Servais (Fabio Testi), seul capable de la sortir de sa condition. Tout comme l'intrusion de ce photographe devient gênante dès lors que l'attachant Jacques (Jacques Dutronc) entre en scène. Romy Schneider est mise à nue, démaquillée, elle ne fait pas l'âge qu'on lui donne dans le film mais on lui découvre un visage sincère et sans fard. Et lorsqu'elle maquille ses yeux, le rimmel coule plus tard en rigoles sombres sur ses joues. 
 
Fabio Testi joue le rôle de ce photographe qui d'abord par intérêt pour l'argent va accepter de violer l'intimité d'un tournage de film pornographique, avant de tomber amoureux de Nadine. Tout en retenue, il partage (ainsi que Nadine) des regards d'une intensité folle, bercés par l'inoubliable partition de Georges Delerue. Jacques Dutronc (que l'on retrouvera quatorze ans plus tard aux côtés de Sophie Marceau dans le très troublant Mes Nuits Sont lus Belles Que Vos Jours) campe un très curieux personnage qui fredonne à tue-tête de petits airs, sautille sur place et collectionne les photographies de ses stars de cinéma préférées. Curieusement, l'acteur-chanteur parvient avec difficulté à convaincre dès sa première apparition. C'est au fil de l'histoire que son personnage devient concret et que Jacques Dutronc révèle un vrai talent d'acteur.

Si L'Important C'est D'Aimer n'est pas aussi démesuré que certaines œuvres de Zulawski, il montre déjà les obsessions du cinéaste qui ne peut s'empêcher de mêler l'amour à la mort. Comme s'ils étaient indivisibles. Si ici aussi, l'histoire est menée par un trio d'acteurs principaux, il ne faut pas oublier la prestation du fameux acteur allemand Klaus Kinski qui explose encore une fois par sa seule présence. Son charisme et son interprétation parfois outrancière trouvent ici matière à s'exprimer. L'Important C'est D'Aimer est peut-être le meilleur film d'Andrzej Zulawski. Du moins, le plus émouvant et l'un des plus classiques dans sa manière d'aborder un sujet dont s'est fait le chantre le cinéaste d'origine polonaise.
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