Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Jennifer Connelly. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jennifer Connelly. Afficher tous les articles

samedi 12 février 2022

Phenomena de Dario Argento (1985) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Maître incontesté et incontestable du giallo depuis ses débuts de carrière de cinéaste, Dario Argento a fait prendre au genre qui le rendit célèbre un virage très étonnant dans le courant des années soixante-dix en lui accordant une part de fantastique et en renforçant son aspect horrifique avec des séquences particulièrement ''saignantes''. Si sa trilogie animale formée autour de L'oiseau au plumage de cristal, Le chat à neuf queues et 4 mouches de velours gris est en grande majorité exemplaire ou que certains considèrent Les frisson de l'angoisse et Suspiria comme étant l'apogée de sa carrière, le réalisateur italien réalisait en 1985 comme l'un de ses meilleurs longs-métrages avec Phenomena. Mix entre giallo et fantastique. Le récit d'une adolescente somnambule envoyée par son acteur de père dans une pension suisse où sont perpétués des meurtres particulièrement horribles par un insaisissable tueur. C'est là qu'elle va y faire la connaissance du professeur John Mc Gregor, célèbre entomologiste interprété par l'acteur britannique Donald Pleasence (New York 1997 et Halloween de John Carpenter, Cul de sac de Roman Polanski) ainsi que celle de Frau Brückner, employée de l'académie Richard Wagner pour filles qui la chaperonnera et qu'incarne l'actrice italienne Daria Nicolodi alors compagne du réalisateur avec lequel elle tournera à six occasions et dont l'union donnera naissance à une certaine Asia le 20 septembre 1975. Quant à Jennifer Corvino, l'héroïne de ce conte horrifico-fantastique dans lequel l'adolescente et dotée d'un pouvoir consistant à prendre le contrôle des insectes, c'est l'actrice Jennifer Connelly qui l'interprète. Elle qui quinze ans plus tard apparaîtra notamment dans le cauchemardesque Requiem for a Dream de Darren Aronofsky aux côtés de l’époustouflante Ellen Burstyn et de Jared Leto...


Il est à noter que pour découvrir Phenomena dans des conditions optimales, il est fortement conseillé d'assister à la projection du neuvième long-métrage de Dario Argento dans sa langue d'origine. Ou plutôt SES langues d'origine puisque le film mélange anglais, italien et allemand. Mais surtout pas doublé en français puisque comme la plupart des films d'horreur italien des années quatre-vingt (et auquel n'échappe malheureusement pas le cinéma de Dario Argento) le résultat est catastrophique. À tel point qu'ici, tout le travail d'interprétation des actrices et acteurs s'en voit totalement ruiné et ''offre'' à l'ensemble un style interprétatif proche de l'univers d'un certain Lamberto Bava. Autant dire qu'entre le confort d'une écoute paresseuse et passive mais néanmoins affligeante et l'effort contraint lors de la lecture de sous-titres pour une expérience réellement prégnante, le choix sera vite fait. On retrouve rapidement le style si particulier de Dario Argento et qui fait autant de fans que de spectateurs qui rejettent son univers. Il faut accepter que d'un côté son œuvre soit parcourue de visions étonnantes quoique parfois ringardes et de l'autre, qu'une musique assourdissante et pas toujours judicieusement intégrée vienne miner la poésie de l'ensemble. Phenomena n'échappe pas à cette règle immuable et c'est en cela que le film s'intègre parfaitement dans une filmographie qui cependant, a eu le bonheur d'offrir à ses fans, d'authentiques tableaux de maîtres. On pense notamment à la séquence du puits de Inferno, modèle du genre et dont l'une des séquences finales de Phenomena reprend le principe pour le plaisir des yeux. Tout un art que Dario Argento sait prendre à son compte en jouant avec l'élément eau et des sources de lumière différentes. On en prend ici plein les yeux...


Mais avant cela, la jeune Jennifer se lance à la poursuite du tueur qui sème la terreur autour de la pension. Du moins est-ce le sentiment que procure l'effroi de l'adolescente car autour d'elle, la vie et les habitudes des pensionnaires reprennent très rapidement leur cours. On prend un immense plaisir à retrouver l'acteur Donald Pleasence ici dans le rôle de l'entomologiste cloué dans un fauteuil roulant et aidé par un chimpanzé nettement plus efficace et pacifique que l'effrayante guenon que George A. Romero mettra en scène trois ans plus tard dans Incident de parcours. Jennifer Connely est délicieuse et Daria Nicolodi particulièrement effrayante. Si le déroulement de l'intrigue paraît comme souvent chez Dario Argento, parfaitement absurde ou confuse, le film gagne peu à peu en intensité et donc en intérêt. Et même si le réalisateur italien ne retrouve pas vraiment la verve de son immense Les frissons de l'angoisse, son neuvième long-métrage n'en est pas moins parcouru de séquences horrifiques dont on ne soupçonne pas qu'elles puissent aller aussi loin dans l'épouvante. Allant même jusqu'à proposer une vision morbide digne de la scène de la piscine de Poltergeist de Tobe Hooper réalisé trois ans auparavant, le giallo fantastique se mue en un film d'épouvante particulièrement glauque lors d'une séquence de charnier absolument macabre. Si durant plus d'une heure les plans gore s'avèrent quasiment invisibles, la fin rattrape quelque peu ce retard et offre un petit festival fort réjouissant en la matière. Nanti d'une bande son hétéroclite, les amateurs de métal reconnaîtront notamment les groupes Iron Maiden et Motorhead. La bande originale est quant à elle l’œuvre du groupe de rock progressif italien culte Goblin. Alors que Dario Argento est de retour cette année avec son dernier long-métrage, il serait bon de redécouvrir ses meilleurs films dont fait indéniablement partie Phenomena...

 

samedi 6 juillet 2019

Alita: Battle Angel de Robert Rodriguez (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆



La genèse de Alita: Battle Angel remonte aujourd'hui à vingt ans. C'est en effet à la toute fin du siècle dernier que James Cameron s'appropriait les droits du ''seinen manga'' Gunnm du mangaka japonais Yukito Kishiro. Mais alors que la suite de Avatar, le projet le plus important du cinéaste, scénariste et producteur américain auteur des deux premiers volets de la franchise Terminator et de Titanic et Abyss fait déjà partie du planning du réalisateur depuis maintenant quelques années (sa sortie était prévue à l'origine pour 2016 avant d'être repoussée pour l'année suivante jusqu'à ce que l'on apprenne que Avatar 2 ne sortirait finalement qu'en 2021), James Cameron en devient finalement le producteur, laissant ainsi au réalisateur mexicain Robert Rodriguez l'occasion de se frotter au scénario de son principal instigateur et de Laeta Kalogridis.
Robert Rodriguez est notamment célèbre pour avoir tourné la trilogie ''El Mariachi '' entre 1992 et 2003 (El Mariachi, Desperado et Once Upon a Time in Mexico), la série des Spy Kids, Planet Terror, mais aussi et surtout les délirants From Dusk Till Dawn, Machete, et Machete Kills (on attend d'ailleurs toujours le troisième volet de la franchise). Alita: Battle Angel est le projet le plus ambitieux du cinéaste mexicain et même s'il reconnaît que le film est avant tout le ''bébé'' de James Cameron, c'est pourtant bien lui qui l'a mis en scène.

Tout n'étant qu'histoire de goût, on trouve un peu tout et parfois n'importe quoi en matière de critiques, certains estimant que l'avant dernier long-métrage du cinéaste est ce qu'il a réalisé de meilleur. D'autres (comme moi) lui préféreront sans doute la période qui couvre la sortie de El Mariachi en 1992 et se clôt en 1998 avec The Faculty, ou celle qui débutait en 2007 avec Planet Terror et se terminait en 2013 avec Machete Kills. Contraint de remplir le cahier des charges de tout bon (ou mauvais) blockbuster qui se respecte, Alita: Battle Angel offre une profusion d'effets-spéciaux qui ont la particularité de ne jamais pousser dans leurs derniers retranchements les techniques employées (ici, les CGI et la Motion Capture) afin de donner partiellement au film, l'aspect du manga dont il s'inspire.

Si en la matière, on oscille entre le très bon (l'héroïne, la cité, l'univers cyberpunk) et le moyen (la plupart des méchants ou les courses de Motorball ''scrupuleusement' pompées sur le classique de Norman Jewison, Rollerball), Alita: Battle Angel reste très largement au dessus de certains longs-métrages fort peu inspirés et parfois même de très mauvais goût (le pathétique Valérian et la Cité des Mille Planètes de Luc Besson). L’œuvre de Robert Rodriguez se rapproche en fait davantage d'un Ghost in the Shell ''live'' réalisé en 2017 par le cinéaste américain Ruppert Everett que d'un Mortal Engine mis en scène par Christian Rivers et produit par Peter ''Le Seigneur des Anneaux'' (j'aurai préféré citer Bad Taste, mais bon....) Jackson visuellement outrancier et scénaristiquement vide !

Concernant l'histoire, et ce même si James Cameron s'attachait à conserver quelques idées de la série de mangas de Yukito Kishiro, c'est un peu toujours la même histoire. Le combat entre le Bien et le Mal dans un univers ciberpunk plutôt bien retranscrit, avec ses gueules patibulaires, et ses gentils pas toujours très lisses. Le principal soucis que rencontrera une partie du public se situe au niveau de la forme prise par le réalisateur. Plus que le scénario, c'est l'approche du mexicain qui risque de faire tiquer les plus... ''vieux'' qui ne se reconnaîtront sans doute pas dans cet exercice de style à l'attention d'un public jeune (normal, puisque le concept même du ''seinen manga'' fait de la plupart de ses héros, des adolescents). On pourrait élargir le champ en invoquant le fait même que Alita: Battle Angel ressemble à une très longue cinématique de jeu vidéo, tout comme les combats et certains ''caractères''. A propos des combats, justement : Robert Rodriguez s'en sort sans égratignures. Avec la caractérisation du personnage principal Alita incarné par l'actrice Rosa Salazar, c'est dans ce domaine que le film s'en sort le mieux. Presque dignes de ceux que l'on peut notamment voir chez nos lointains voisins japonais ou sud-coréens. Si dans l'ensemble, pas mal de passages s'avèrent particulièrement bourrins, la caractérisation du personnage principal est suffisamment convaincante (émouvante, Alita est à la recherche permanente de ses origines) pour que le spectateur le moins enclin à supporter cette profusion d'action et d'effets-spéciaux reste dans son fauteuil jusqu'au générique de fin. De là à dire que James Cameron et Robert Rodriguez ont signé un chef-d’œuvre de science-fiction cyberpunk, il ne faut pas exagérer. Un bon divertissement des familles qui pourra éventuellement donner des maux de têtes aux néophytes en la matière ainsi qu'aux réfractaires de tous poils...

mercredi 30 avril 2014

Noé de Darren Aronofski (2014)


Après dix générations de destruction, de meurtre et de corruption, Dieu décide de mettre un terme à l'existence de celui qu'il a créé à son image : l'homme. Afin d'assurer la conservation de toutes les espèces animales vivant sur notre planète, il fait appel à Noé, fils de Lamech et descendant de Seth, le fils d'Adam. Aidé par les Veilleurs, des géants de pierre, Noé débute la construction d'une gigantesque arche qui accueillera deux spécimens, mâle et femelle, de chaque espèce animale. Son épouse Naameh et leurs trois fils, dont Shem et Ham, suivent le patriarche dans son périple qui le guide tout d'abord vers une grotte où vit son grand-père Mathusalem, auquel Noé confie les rêves terribles qu'il a fait récemment et dans lesquels la mort se mêle au chaos. En route, la famille tombe sur un charnier au milieu duquel ne survit plus qu'une toute jeune fillette prénommée Iula.

Bien des années plus tard, et alors que Noé érige l'immense arche en compagnie des siens et des Veilleurs, Tubal-Cain, autoproclamé roi des territoires voisinant le chantier, décide de faire partie de ceux qui seront choisis pour repeupler la planète une fois le futur déluge arrivé à terme. Mais Noé est d'un tout autre avis et refuse çà Tubal-Cain le privilège de faire partie du futur équipage de survivants. Car ce que sait déjà Noé, et bien avant même sa propre famille, c'est que le créateur à choisit de ne donner aucune chance à l'espèce humaine en la condamnant à disparaître à jamais. Trop agée, Naameh n'enfantera plus, quand à Ila, une blessure vieille de nombreuses années l'a condamnée à la stérilité...

Noé, c'est tout d'abord un rêve de gamin. Celui de Darren Aronofski, le réalisateur derrière ce projet. Depuis, l'âge de treize an, le mythe le fascine mais ce n'est que depuis sept ans qu'il imagine le porter à l'écran. Le financement tardant à arriver, le cinéaste imagine en compagnie de Ari Handel, proche collaborateur, une bande dessinée qui verra le jour grâce au talent du dessinateur Niko Henchiron. Concernant la version cinématographique, Si Russel Crowe campe avec justesse le rôle titre, il n'était, au départ, pas prévu pour l'interpréter. Christian Bale puis Michael Fassbender étaient pressentis mais c'est finalement l'acteur du Gladiator de Ridley Scott qui a empocher le rôle. De ce point de vue, rien à redire. Russel Crowe est convainquant et joue à merveille le personnage tel qu'il a été pensé par le cinéaste. On retrouve Jennifer Connely dont le visage rappelera d'excellents souvenirs à tous ceux qui ont eu le bonheur (et l'effroi) de découvrir le second long-métrage de Darren Aronofski, le traumatisant Requiem For A Dream.

Beaucoup de reproches ont été fait sur l'adaptation du mythe de Noé par le réalisateur. C'est peut-être pourquoi il vaut mieux aborder le film en faisant abstraction du passage biblique et ne se contenter que du résultat qui, d'un point de vue visuel est à couper le souffle. The Wrestler et Black Swan, les deux précédentes œuvres de Darren Aronofski demeurant à ce sujet, plutôt timides malgrés leurs indéniables qualités. En fait, Noé ressemble dans ses flash-back et visions mystiques, plus près de The Fountain, sans doute l'une des deux plus belles réussites de leur auteur.

Il est vrai, et cela vaut pour une très grandes majorités des films, que les effets-spéciaux en moins, le scénario est plutôt mince et ne tient en haleine qu'au travers de ces fulgurantes scènes au visuel stupéfiant. Aronofski plonge le spectateur dans un spectacle remarquable et même si certains détails auraient mérité d'être approfondis (certains personnages manquent d'épaisseur) et d'autres carrément éclipsés ( Les veilleurs, de grotesques créatures de pierre renfermant des anges) il faut prendre Noé pour ce qu'il est avant tout : un superbe spectacle !
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...