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mardi 9 juin 2026

Dracula : A Love Tale de Luc Besson (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

''Optio ironiae activata...''

 

Deux heures et neuf minutes plus tard... Cent vingt-neuf minutes, sept-mille sept-cent quarante secondes, sept-mille sept-cent quarante milliards de nanosecondes................ Vu sous cet angle, cela peut paraître une éternité. Mais à l'échelle d'une vie ou d'une année, c'est peu de chose. Par contre, à celle d'une journée, il faut être préparé à n'avoir rien prévu de particulier qu'il s'agisse que l'on prévoie de projeter le film en matinée, dans l'après-midi ou plus ou moins tard dans la soirée... L'important étant tout d'abord de se mettre dans d'excellentes conditions si l'on veut pouvoir bénéficier des qualités qu'il faut pour digérer ce qui semble être non seulement le meilleur film de Luc Besson, la nouvelle référence en matière de vampirisme au cinéma, et donc la plus remarquable adaptation du roman de l'écrivain irlandais Bram Stoker ! Parce que sorti de cette expérience parmi les plus inoubliables dans l'existence d'un cinéphile ou d'un cinéphage, l'on ne peut qu'accorder à Luc Besson le crédit d'avoir renoué avec le meilleur de son art tout en calmant les ardeurs de ses plus virulents détracteurs... Oubliez donc la vision de Francis Ford Coppola qui en 1992 signait Dracula, un authentique navet auquel ressemble il est vrai Dracula : A Love Tale de Luc Besson. Détail qui fut notamment relevé par les fans de l'américain mais qui se justifie ici amplement lorsque l'on découvre devant notre écran l'ampleur du travail accordé aux costumes, aux décors, aux effets-spéciaux, à la mise en scène ou à l'interprétation. Dès les premières minutes et cet épique combat face à l'Empire Ottoman, le Prince Vladimir joue de sa superbe, de sa force, de son courage et d'un charisme indéniable. Chorégraphie au cordeau, maintenant ainsi une lecture simple mais parfaitement lisible des affrontements. L'on devine déjà que le cinéaste français n'est pas là pour rire mais bien pour donner une leçon à toutes celles et ceux qui souvent le critiquent. Gonflé à bloc et produisant une œuvre qui n'a pas peur de s'écarter du roman original, Luc Besson ose tout. Jusqu'à même laisser diffuser des messages très contemporains mais qui pourtant n'avaient pas cours à l'époque où se déroule l'action. Sans évoquer ouvertement le personnage d'Abraham Van Helsing, Luc Besson confie à l'acteur austro-allemand Christoph Waltz le rôle d'un prêtre chasseur de vampires. Plus étonnant, Guillaume de Tonquédec incarne celui du docteur Dumont. Et tandis que Zoë Bleu incarne la Princesse Elisabeta ainsi que Mina Murray et que de son côté Ewens Abid interprète le jeune clerc de notaire Jonathan Harker, l'on s'étonne moins de retrouver Caleb Landry Jones dans le rôle-titre puisque Luc Besson l'avait déjà engagé sur son dernier long-métrage en 2023, Dogman..... S'agi[crssshhh]t, de la bande mus[pschhhhhh] de Danny El[Frrrrrrrr]n...................


''Optio ironiae desactivata... ''


Et merde ! Mon esprit s'était mis en mode ''second degré''... Vu que je n'ai pas l'intention de tout reprendre depuis le début, je vais essayer d'être concis : Dracula : A Love Tale, c'est quoi ? Juste un énième exercice de style engagé par un Luc Besson qui comme souvent n'en fait qu'à sa tête. Résultat, ce film, qui copie de manière éhontée l’œuvre remarquable de Francis Ford Coppola est d'abord un agréable divertissement si tant est que l'on s'accorde sur le fait qu'il n'est rien d'autre qu'un nanar sans doute involontairement drôle pourtant typé ''Premier degré''. Malgré tout, une question subsiste généralement : Luc Besson fut-il conscient au moment de tourner son dernier long-métrage du ridicule qu'il mettait en œuvre lors de séquences aussi remarquablement navrantes que la scène du bal ou celle, justement, de ''l'épique combat'' entre l'armée du Prince Vladimir et celle de l'Empire Ottoman ? Lucas Fabiani... Retenez bien ce nom. Réalisateur d'une tripotée de courts-métrages et de clip musicaux, il est surtout ici le monteur du film de Besson. Et que dire si ce n'est qu'entre le montage lors de l'affrontement dont la lisibilité est presque aussi désastreuse que celle de l'infâme Taken 3 signé de ce tâcheron d'Olivier Megaton en 2015, des fondus et des effets-visuels qui confinent au plus haut grade pour Lucas Fabiani de Maître es de l'archaïsme, Dracula : A Love Tale est surtout l'occasion de voir combien le cinéma de Luc Besson est dépassé, voire ridicule. Passéiste dans son ADN et incapable de se remettre en question, il agit en outre comme un enfant se croyant à l'abri du regard des adultes. Surtout lorsque sans vergogne il ''pique'', allez, on va dire qu'il ''s'inspire'', de l'une des affiches du Nosferatu de Robert Eggers sorti un an auparavant (genre, ça va pas s'voir) ou qu'il emprunte justement au Dracula de Coppola la plus part des idées scénaristiques et esthétiques. Bref, rien de vraiment nouveau sous le soleil puisque Luc Besson continue ponctuellement d'offrir de douces gourmandises. De quoi fournir aux critiques acerbes de ses détracteurs matière à se foutre de lui tout en alimentant la fascination qu'il exerce encore chez certains d'entre nous. D'autant plus dommage que le film profite parfois de décors ou de costumes réellement stupéfiants et d'une bande musicale signée de Danny Elfman en accord avec son sujet...

 

mardi 30 janvier 2024

Dogman de Luc Besson (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ahhhhh comme je l'aime notre Luc Besson national. Et même s'il m'arrive parfois de ne pas être très tendre avec lui (sa propension à détruire ses quelques incartades dans le domaine de la science-fiction à travers Le cinquième élément et Valérian et la Cité des mille planètes m'ayant donné d'affreux maux de tête), il m'arrive parfois d'avoir une haute estime pour ce grand enfant qui dépense son argent et celui des autres sans compter dans des projets dont les fruits sont parfois pourris. À chaque nouvel arrivage du français, la fébrilité est à l'aune de l'impatience qu'il génère en moi. Son nouveau projet parviendra-t-il une fois encore à générer ces rires troubles et plein de gêne qui naissent de la surexploitation d'idées qui auraient mérité davantage de retenue ? Dogman semble aller dans ce sens et c'est tant mieux. Au pire, l'on oubliera rapidement cette nouvelle extravagance placée sous le signe de l'examen clinique d'un sociopathe, au mieux l'on passera un très agréable moment de cinéma bis à vingt millions d'euros. Produit par la société de production de Luc Besson et Pierre-Ange Le Pogam, EuropaCorp mais également par Virginie Besson-Silla et Steve Rabineau, le dernier joujou de Luc Besson a beau être drapé de l'étendard tricolore, le bonhomme ne change pas d'un iota et convie à cette occasion un important panel d'interprètes d'origines diverses. Fondamentalement, le film attire par la seule présence de l'acteur américain Caleb Landry Jones qui dans le formidable Nitram de Justin Kurzel en 2021 incarnait le rôle-titre. D'autres verront sans doute sa participation à Antiviral de Brandon Cronenberg, à Get Out de Jordan Peele ou The Dead Don't Die de Jim Jarmusch comme des valeurs sûres mais c'est bien dans la peau de Nitram que l'acteur révéla surtout son énorme potentiel... Dans Dogman, Caleb Landry Jones ressemble parfois à s'y méprendre à l'acteur français Vincent Perez. Mais un Vincent Perez sous l'emprise d'une psyché désordonnée. Bien qu'elles puissent souvent apparaître rédhibitoires, ce sont les maladresses de ce cinéma typiquement ''Bessonien'' qui font le charme et parfois le sel de certaines de ses réalisations.


Ici, d'emblée Luc Besson fait fi des recommandations faites aux agents généralement concernés par l'interrogatoire des criminels. La psychiatre Evelyn (l'actrice Jonica T. Gibbs) déballe en moins de temps qu'il ne faut pour le dire l'état relationnel dans lequel elle vit actuellement à un type qu'elle rencontre pour la toute première fois : Douglas Munrow, le Dogman du titre. Histoire de mettre en confiance cet étrange individu ressemblant à une Marilyn Monroe passée à tabac ? Peut-être... Un détail en tout cas en regard du gouffre qui sépare le fond de la forme. Un abîme dans lequel s'enfoncent malheureusement aussi bien la quasi totalité des interprètes que la mise en scène de Luc Besson qui décidément semble incapable d'argumenter lorsqu'il s'agit d'apporter cette petite touche d'émotion qu'appelle la tragédie qui entoure le personnage principal. Le film aurait d'ailleurs pu tout aussi bien porter le nom de son principal interprète tant Caleb Landry Jones efface tous ceux que son personnage croise. Sans parler du ridicule qui souvent ici transpire malheureusement par tous les pores d'une mise en scène académique, Luc Besson n'est ni Rob Reiner, ni Frank Darabont. N'est pas conteur qui veut et cette histoire documentée sous forme de flash-back demeure cruellement inefficace. On a beau trouver de bonnes raisons de prendre en pitié le héros pourtant très bien campé par l'acteur américain, les incessants retours en arrière sont chacun à leur tour expédiés de telle manière que l'on n'éprouve finalement pas ou peu d'empathie pour ce pauvre gamin, handicapé, devenu adulte et maître expérimenté dans l'art du transformisme et dans celui du dressage des chiens. Ridicule, oui, parfois, et même parfaitement gênant lors de séquences franchement problématiques. Le passage expédié au foyer, la rencontre du héros avec son seul ''amour'', la comédienne de théâtre Salma Bailey (l'actrice américaine Grace Palma), des passages apparemment obligés qui montrent à quel point Luc Besson ne maîtrise absolument pas son sujet. Reste malgré tout quelques bonnes idées comme le contrôle du héros sur ses amis canins qui nous vaut quelques sympathiques séquences. Notons qu'une fois encore le compositeur Éric Serra est toujours aux commandes de la bande musicale. Le réalisateur et scénariste français, comme à son habitude, engrange les bonnes et les mauvaises idées pour un résultat qui au fond, ne casse pas trois pattes à un can, à un chien... !

 

vendredi 17 mars 2023

Nitram de Justin Kurzel (2021) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Après un premier long-métrage coup de poing et pour le moins dérangeant (Les crimes de Snowtown en 2011), le réalisateur australien Justin Kurzel revenait en 2021 avec Nitram, s'inspirant une fois de plus d'un fait-divers authentique. Entre-temps, il mit en scène l'une des nombreuses adaptations de la pièce de William Shakespeare MacBeth en 2015, une autre basée sur le jeu vidéo Assassin's Creed l'année suivante ainsi qu'une biographie sur le Bushranger Ned Kelly intitulée Le Gang Kelly en 2019. Anacyclique du prénom Martin, Nitram est celui que porte le héros de ce récit qui situe son action dans les années quatre-vingt dix en Australie. Partageant sa passion entre les feux d'artifices et le surf (ce dernier ne lui procurant aucun plaisir concret puisque ses parents, et sa mère en l'occurrence, ne lui donnent pas les moyens de s'offrir une planche), Nitram est un marginal qui au mieux est hyperactif et au pire, est doté de troubles psychiatriques. Sans amis, regardant les jeunes s'adonner à leur passion sans pouvoir la partager avec eux, l'adolescent s'occupe comme il peut. Au détriment de sa mère (extraordinaire Judy Davis), impuissante, ou de son père (Anthony LaPlagia) qui gère autant qu'il le peut l'énergie débordante de son fils. On retrouve le grain du premier long-métrage de Justin Kurzel qui à l'époque fit sensation. Ou comment aborder un fait de société particulièrement dramatique sous l'angle esthétique du cinéma indépendant. Rejoignant une légion de longs-métrages, Nitram est tout comme le premier film de son auteur ou des œuvres telles que Clean, Shaven de Lodge Kerrigan, Julien Donkey-Boy de Harmony Korine ou Elephant de Gus Van Sant, une œuvre véritablement sous tension psychologique. L'antithèse du rêve américain qui génère autant de malaise que d'interrogations. Une œuvre qui ne transpire ni la joie, ni même l'optimisme. Et ce, malgré la rencontre entre Nitram et cette excentrique vieille femme (Essie Davis dans le rôle d'Helen) qui lui donne enfin un but dans la vie. Ou du moins, partage avec l'adolescent ce non-conformiste qui les place à l'écart de la société. Vivant exclusivement entourée de chiens, de chats et d'oiseaux en liberté dans une vaste propriété, sans époux et sans enfants, Helen accueille chez elle le jeune garçon. Ouvrant à ce dernier des perspectives faussées par la maladie qui contamine son quotidien ainsi que celui de ses proches...


Nitram déploie des trésors de sensibilité portés par l'incroyable performance de l'acteur Caleb Landry Jones qui du haut de ses trente et un ans à l'époque du tournage n'en fut cependant pas à ses débuts puisque avant cela, il débuta en figurant dans l'excellent No Country fort Old Men des frères Coen et poursuivit sa carrière dans des œuvres aussi diverses que Le dernier exorcisme de Daniel Stamm et The Social Network de David Fincher en 2010, X-Men : Le Commencement de Matthew Vaughn l'année suivante ou Get Out de Jordan Peele en 2017. Il interprétera même le rôle principal du premier long-métrage de Brandon Cronenberg Antiviral en 2012. Autant dire que la carrière de Caleb Landry Jones est déjà sacrément enviable, renforcée donc en 2021 par ce Nitram qui, au delà de l'aspect passablement sordide du fait-divers évoqué est aussi et surtout une œuvre déchirante et totalement habitée par le jeune acteur. Un drame social réaliste, pessimiste et dont les personnages évoluent dans une sphère mélancolique. Comme évoqué plus haut, Nitram, le titre, est la lecture à travers un miroir du prénom d'un authentique tueur de masse qui en 1996 sévit dans le petit village de Port Arthur en Tasmanie en tuant trente-cinq personnes et en en blessant vingt-trois autres. Arrêté puis condamné à mille trente-cinq ans de prison, Martin Bryant purge depuis sa peine au Risdon Prison Complex. De la prison pour un individu que le film fait percevoir à travers le prisme de la folie, de la schizophrénie, vivant dans un monde imaginaire et n'ayant pas vraiment conscience du mal qu'il produit. Formidablement interprété par des partenaires caractérisés avec une grande justesse, Nitram cherche, selon son auteur, à faire réfléchir sur la législation concernant le port d'armes en Australie sans pour autant aborder le sujet de manière frontale. Délaissant également l'aspect purement graphique libéré dans une décharge visuelle particulièrement éprouvante dix ans auparavant avec Les crimes de Snowtown, Justin Kurzel s'intéresse donc moins aux conséquences qui ont menées un jeune homme à perpétrer un carnage qu'aux ''motivations'' disproportionnées qui l'ont poussé à ôter la vie à plusieurs dizaines de personnes. Au final, Nitram est une œuvre choc, bouleversante, terrifiante, admirablement interprétée et mise en scène. Un joyau noir...

 

lundi 15 novembre 2021

Finch de Miguel Sapochnik (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Si Finch de Miguel Sapochnik (réalisateur britanico-américain plus habitué aux séries télévisées qu'aux salles obscures avec seulement deux longs-métrages cinématographiques à son actif) a été très récemment rendu disponible sur la plateforme de streaming Apple TV+, le film date de l'année passée. Soit, tout juste vingt ans après Seul au monde de Robert Zemeckis qui, osons le dire, s'avère sans doute comme l'ancêtre de ce tout nouveau film de science-fiction post-apocalyptique qui emprunte tout ce qui a déjà été conçu en la matière depuis des lustres sur grand écran. Un sol désertique, des cités abandonnées à la nature et quelques très, très, très rares spécimens de l'humanité dont les quelques exemples, en dehors du héros incarné par Tom Hanks, sont à peine visibles à l'écran. Pour ne pas dire, pas du tout. Question angoisse, le film se révèle relativement avare. Une séquence située dans un immeuble délabré... un souvenir douloureux en forme de flashback, voilà tout ce qu'aura de quelque peu inquiétant à nous proposer le scénario de Craig Luck et Ivor Powell. Pour le reste, le film de Miguel Sapochnik est une sorte de road-trip plutôt séduisant en terme de visuel bien que très convenu. On est loin, et même très loin de l'univers décrit par l'australien George Miller dans ses deux premiers volets de la franchise Mad Max sortis plus de quarante ans en arrière. C'en est même presque gênant lorsque l'on pense que le dernier en date est sorti il y a déjà six ans et que Finch n'arrive à aucun moment à lui faire de l'ombre. Ni à lui, ni à aucun autre film de science-fiction post-apocalyptique de ces vingt ou trente dernières années. À la sauce Amblin Partners, l'une des sociétés productrices du film créée en 2015 par un certain Steven Spielberg, il n'est pas étonnant de découvrir une œuvre plutôt familiale, de celles qui n'ont aucune chance de donner des cauchemars à leur jeune public...


Bourré de bons sentiments, d'une morale à toutes épreuves, Finch porte donc le nom de son héros qui très loin de Chuck Noland et de son île déserte où lui tint compagnie un ballon (!?!), doit trouver dans les plus brefs délais un moyen de subvenir aux besoins futurs de son unique compagnon de chair et d'os : un chien. Ingénieur et inventeur de génie, Finch met au point un androïde du nom de Jeff (une machine à l'écran, mais l'acteur Caleb Landry Jones dans les coulisses du tournage afin de capturer ses mouvements) auquel il va devoir apprendre certaines notions que l'androïde n'a pas encore acquises malgré la somme d'informations que Finch a déjà intégré à son logiciel. D'emblée, le héros de Miguel Sapochnik évoque forcément celui de Robert Zemeckis. Sa solitude, dans un monde beaucoup plus vaste mais pas moins inquiétant que la petit île déserte battue par les vents deux décennies auparavant. Aujourd'hui, les tempêtes sont d'une toute autre envergure et l'espoir de retrouver un semblant d'humanité, plus petit que jamais. Finch est condamné à mourir. À cause des radiations causées par une tempête qui a décimé la quasi-totalité de l'espèce humaine. Mais pourquoi donc s'acharner à vouloir trouver une solution pour que le chien subsiste au delà de la mort de son maître ? L'explication viendra... plus tard... lors d'une séquence touchante.... mais qui ne bouleversera sans doute que les tous petits. Un public jeune qui s’émouvra sans doute également de la relation entre l'homme et la machine. Une boite de conserve améliorée. Un peu stupide, même... que les enfants adoreront voir tomber, parler, jouer, mais qu'une partie des adultes détesteront peut-être également.


Film hybride, Finch ne dénote absolument pas dans la carrière d'un Tom Hanks qui continuera à en fasciner certains tout énervant les autres. Trop long (presque deux heures) pour un sujet somme toute classique mais au demeurant, très joliment enrobé. Forcément, les effets-spéciaux relatifs à l'androïde Jeff sont bluffants de réalisme. Contrairement à la tempête qui gronde au loin est qui par contre s'avère visuellement, à peine digne des productions Asylum. Finch se regarde sans déplaisir mais n'apporte au fond rien de neuf. Tout juste une belle histoire entre l'un des derniers hommes sur Terre (du moins l'estime-t-on ainsi) et une machine sur laquelle repose tout les (maigres) espoirs d'un homme pour son ami à quatre pattes...

 

samedi 9 mars 2019

Get Out de Jordan Peele (2017) - ★★★★★★★★★☆



Voilà bientôt deux ans que Get Out est sorti, et autant de temps que j'évite d'en évoquer l'existence autour de moi afin qu'aucune information le concernant ne filtre et ne vienne gâcher mon expérience. Deux ans à porter des ornières devant les yeux et des bouchons aux oreilles. Deux ans à éviter malgré ma curiosité, les sites internet et les articles de presses tous dévolus à la cause de ce premier long-métrage de Jordan Peele très majoritairement apprécié par les professionnels et le public. Deux ans, enfin, à patienter, pour que les braises de ce trop large engouement dont a bénéficié ce thriller horrifique ne s'éteignent. De cet enthousiasme qui généralement a sur moi, un effet négatif. Ô, un pote à moi a bien tenté de m'étourdir l'esprit en invoquant l'hypothèse d'un film tournant autour de pratiques sexuelles interraciales à la mode depuis quelques temps, mais je remercie notre SAIgneur qu'il m'ait épargné d'en connaître par avance le contenu réel.
Car l'expérience Get Out ne supportera pas de souffrir du moindre indice évoqué au préalable et ce, même si sont convoqués des faits historiques, criminels ou caricaturaux jetés ça et là afin de troubler l'esprit critique du spectateur venu pour une fois, RÉELLEMENT, découvrir quelque chose de neuf et surtout, très éloigné de ce que la presse semble avoir besoin de considérer chaque année comme étant LE film d'horreur du moment. Oubliez donc les derniers Hérédité de Ari Aster et Sans un Bruit de John Krasinski qui contrairement aux dires de certains spécialistes son d'assez piètres films d'épouvante ne distillant qu'en d'infimes proportions (et là, je suis généreux) les frissons tant attendus des spectateurs orphelins de vrais bons films du genre...

Si parfois, je m'étends un peu trop longuement sur le récit à proprement parler, le cas Get Out m'oblige cependant à avancer avec prudence sur le terrain du résumé. Pour ne pas déflorer l'intrigue qui demeurerait encore une inconnue pour celles et ceux qui ne l'auraient pas encore découvert, disons que l'histoire tourne autour du jeune « black » Chris Washington (l'excellent acteur britannique Daniel Kaluuya), fiancé à la belle Rose Armitage (l'actrice et chanteuse américaine Allison Williams), laquelle convie son petit ami à venir faire connaissance avec ses parents dans leur grande et luxueuse propriété.. Voici donc tout ce que je dévoilerai d'une intrigue écrite par le cinéaste lui-même. Un scénario intelligent, constitué de bribes de faits authentiquement historiques qui mélangés donnent à contempler une œuvre qui pour le coup, peut se vanter de réellement réinventer le genre horrifique.

Tourné presque exclusivement à Fairhope, en Alabama durant trois semaines ainsi qu'à la Barton Academy et dans le Ashland Place Historic District du centre-ville de Mobile, elle aussi en Alabama, Get Out est une œuvre incroyablement oppressante qui réveille d'abord la conscience du spectateur vis à vis des traitements infligés au peuple noir à travers la traite des noirs dès le milieu du quinzième siècle. Et plus loin encore, à travers un détail d'apparence anodine mais qui trahit l'un des aspects fondamentaux du récit mais que je ne vous révélerai pas dans le cas présent. D'autres références semblent motiver le cinéaste à moins qu'il ne s'agisse simplement de l'esprit bouillonnant du spectateur nourrissant le fantasme qui s'étale devant son regard à travers ses propres références cinématographiques ? Toujours est-il que l'on aura beau réfléchir, tenter de saisir le fond du problème, ou d'en découvrir le dénouement avant que le générique de fin ne survienne, le film de Jordan Peele est une très belle expérience. Mise en scène et interprétation sont remarquables. Si les quelques « Jump Scares » du début risquent d'en rebuter certains (je me souviens m'être fait la réflexion que si la peur ne provenait que de ce genre de gimmick, je risquais de très vite m'ennuyer), ils disparaissent au profit d'une horreur psychologique efficace. Si comme moi vous avez fait l'effort de patienter jusqu'à aujourd'hui, abandonnez vos travaux actuels et foncez louer Get Out... vous n'en reviendrez peut-être pas...

lundi 9 juin 2014

Antiviral de Brandon Cronenberg (2012)


 
 

Dans un monde où devenir célèbre est accessible à tous, et dans lequel certains restent dans l'ombre et fantasment sur des individus injustement définis comme stars, il est aisé d'imaginer les dérives qui peuvent découler de l'engouement qui naît de cette passion contemporaine. Une maladie dégénératrice qui touche nos têtes blondes et même, parfois, leurs parents. Comme des pantins, il restent figés devant l'écran de leur téléviseur, à savourer d'insipides programmes où ne véhiculent que des messages sans intérêts. Brandon Cronenberg extrapole l'idée même de ce fanatisme de pacotille, lui donnant tous les aspects d'une drogue à laquelle s'essaie la jeunesse dans l'espoir d'approcher un peu plus encore ceux qu'elle idolâtre.

Syd March travaille pour Dorian Lucas dont la clinique offre l'opportunité aux fans de célébrités d'habiter dans leur organisme des échantillons de virus prélevés sur ces dernières afin de leur donner la possibilité d'être plus proches encore de celles-ci. Le jeune homme s'essaie lui-même à ces drogues un peu particulières et notamment à celles issues des tissus de Hannah Geist, la représentante la plus célèbre de la marque Lucas. Il emporte chez lui et en toute illégalité quelques échantillons afin de les tester sur lui-même avant d'introduire un flacon de son propre sang dans une étrange machine permettant de donner un visage humain au virus. Une manière pour lui d'arrondir les fins de mois en revendant le produit de ses expériences à des trafiquants dont Arvid n'est pas des moindres. Ambigu, ce personnage au premier abord sympathique voit en Syd non pas un ami mais un fournisseur sans lequel il ne peut se fournir en matière premières issues des laboratoires Lucas. Alors que le plus fidèle collaborateur de Dorian Lucas vient de tomber pour fraude, c'est Syd qui prend sa place. Lorsque l'on apprend que la star de l'entreprise Lucas a été infectée par un virus, Syd se rend à l'hôtel où elle séjourne afin de pratiquer un prélèvement. Duquel il s'injectera une dose comme à son habitude.

Une erreur fatale puisqu'après être tombé malade et dans un coma partiel, Syd se réveille et apprend que Hannah Geist est condamnée à mourir après voir été infectée par un virus venu de Chine...

Répétez : Blanc, blanc, blanc, blanc, blanc, blanc... que boit la vache ? Du lait ? Non ! De l'eau bien sûr. Maintenant dites qu'elle couleur prédomine dans cet Antiviral nauséeux. Le blanc ? Oui, peut-être. Mais sans doute beaucoup le rouge également. Effectivement, tout semble immaculé. Les murs sont blancs, les meubles aussi. Comme la nourriture vendue par le personnage de Arvid (interprété par Joe Pingue) et partiellement constituée de cellules humaines. Après avoir vampirisé le public, les médias offrent aux cliniques l'opportunité de se faire de l'argent sur le dos des gamins qui ne voient pas les dangers de cette abominable dérive qu'est le désir de mimer ceux qu'ils fantasment. Vampirisme, oui. Mais également cannibalisme au travers de cette viande au teintes maladive et qui colle parfaitement l'environnement clinique dans lequel baignent les personnages. Syd lui-même (l'excellent Caleb Landry Jones) a le visage pâle, maladif. Dès le départ on se dit qu'il ne va pas aller très loin dans ses recherches et qu'il est sans doute déjà l'hôte d'un invraisemblable mélange de virus.

Brandon Cronenberg reprend le flambeau d'une horreur viscérale abandonnée par son célèbre papa, David Cronenberg. Mieux vaut oublier l'héritage laissé par ce dernier (Chromosome 3, Rage, Faux-semblants, La Mouche, etc...) pour se concentrer sur cet Antiviral plutôt réussi. En tout cas, un essai concluant qui laisse présager d'une relève à la hauteur. L’œuvre contient suffisamment de scènes choques pour maintenir en éveil les amateurs d'horreur génétique. Le fiston s'offre quelques hommages appuyés (l'absence de vulve chez Hannah Geist et qui rappelle l'utérus trifide de Claire Niveau dans Faux-semblants) et même quelques impressionnantes visions de cauchemars comme celle durant laquelle Syd est littéralement "branché" à sa machine.

Antiviral s'inscrit finalement dans l'air du temps. Il suffit de voir l'engouement de certains à vouloir ressembler à leur idôle pour imaginer les excès jusqu’aux-quels ils seraient peut-être prêts à se rendre pour leur ressembler. Heureusement, ceci n'est encore aujourd'hui que de la science-fiction. Mais pour combien de temps ?
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