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mercredi 12 novembre 2025

Monster Summer de David Henrie (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le revival des années quatre-vingt ne cesse désormais plus de montrer son visage au cinéma et Monster Summer de David Henrie en est l'un des plus récents et des plus brillants représentants. Avec sa trogne d'adolescent alors même qu'il aligne les trente-six printemps, l'acteur, réalisateur, scénariste et producteur signe avec son second long-métrage cinq ans après la comédie dramatique This is the Year, un Teen-Movie fantastique dans lequel un groupe d'enfants va se lier afin de démontrer l'existence d'une sorcière vivant au sein de leur communauté. Une créature qui pour survivre dévore de jeunes proies et qui dans le cas de Monster Summer va tout d'abord se nourrir de leur âme, les laissant dans un état végétatif auquel nos héros ne pourront évidemment pas se résoudre à ne rien faire. Car l'une des premières victimes de cette ''descendante'' de la fameuse sorcière Baba Yaga issue du folklore slave n'est autre que Ben Driskel (Noah Cottrel) qui lors d'un rendez-vous nocturne avec une jeune camarade dont est épris son meilleur ami Noah (Mason Thames) va être attiré sous les eaux durant leur bain de minuit. Survivant à son agression, Ben devient mutique et ce petit champion de l'équipe de Base-ball locale reste désormais cloîtré chez lui sans possibilité ou presque de communiquer. De son côté, Noah va pouvoir compter sur le soutien de ses amis Eugene Wexler (Julian Lerner) et Sammy Devers (Abby James Witherspoon) qui vont l'aider à dénouer le fil d'une intrigue qui fera d'autres victimes parmi les adolescents de leur ville. Plus surprenant, notre jeune héros va également pouvoir compter sur l'aide inattendue de Gene Carruthers, un homme d'âge mûr à la peu flatteuse réputation, vivant à l'écart et dont Noah et ses amis ont fait la ''connaissance'' alors qu'ils eurent la curiosité de s'introduire sur son domaine... L'homme en question, un ancien détective désormais à la retraite est incarné par le charismatique Mel Gibson qui longtemps après son rôle mythique dans la première trilogie Mad Max, la controverse entourant La passion du Christ qu'il réalisa lui-même en 2004 ou s'agissant de ses propos au sujet de la communauté juive (sans parler de ses problèmes de drogue ou d'alcool), revient en force depuis quelques années et notamment au cœur de cette comédie rétro-fantastico-adolescente fort sympathique...


En vieux bougon (du moins est-ce l'image que renvoie au départ son personnage), l'acteur incarne un vieil homme cabossé par la vie, comme en témoignera d'ailleurs une séquence relativement touchante évoquant la disparition de son fils alors que celui-ci n'était qu'un jeune enfant. L'on découvre qu'en parallèle des préoccupations de Noah et de ses deux amis, Gene enquête depuis un certain temps sur plusieurs disparition d'enfants dans la région... Ajoutons à nos jeunes héros ainsi qu'à la star américaine, l'actrice Nora Zehetner qui incarne le rôle d'Abby, la mère de Noah, ainsi que celle de Lorraine Bracco dans celui de Miss Halverson, dont l'attitude et le look laissent envisager qu'elle pourrait être la responsable des maux qui touchent la petite localité où il fait habituellement bon vivre et où se déroulent les événements, ainsi que la présence de Patrick Renna dans le rôle d'Umpire, l'entraîneur de l'équipe de Base-ball ! Monster Summer étant majoritairement interprété par de jeunes acteurs aux bouilles irrésistibles, David Henrie signe avec ce second long-métrage une œuvre fantastique qui ne plonge jamais ses interprètes dans un monument d'horreur et de gore. Quelques effets-spéciaux numériques mettant en scène la sorcière en question se révèlent en revanche plutôt efficaces. On pense bien évidemment à un revival des années quatre-vingt même si l'action ne se déroule pas officiellement à cette époque révolue. Le design lui-même ne renvoie pas ses personnages quarante ans en arrière mais il est facile d'opérer une comparaison entre les Teen-Movies produits à l'époque et Monster Summer qui à travers sa discrète référence vaut bien toutes ces productions qui appuient sur le curseur de la nostalgie ! Pas forcément drôle mais par contre très divertissant, le long-métrage sait aussi se faire parfois touchant. Comme lorsque justement, l'ancien détective évoque auprès de Noah le drame qui le toucha voilà près de quarante ans et qui fut notamment fatal à son mariage. Et si le rôle qu'incarne Mel Gibson n'est pas le plus remarquable de sa carrière, il n'en demeure pas moins que sa présence apporte une plus-value au récit. Bref, Monster Summer est un excellent divertissement qui séduira sans aucun doute possible petits et grands...

 

mercredi 17 juillet 2024

Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre de George Miller & George Ogilvie (1985) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

C'est point dieu possible. Comment George Miller, le père de deux des plus cultissimes œuvres de science-fiction post-apocalyptiques des années quatre-vingt, a-t-il pu nous asséner un tel troisième opus ??? Ce n'est que quarante ans après sa sortie que je me décidais donc il y a quelques jours à découvrir Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre, troisième volet de la franchise Mad Max qui depuis tout récemment s'est vue enrichir de deux œuvres supplémentaires. Je ne crois pas me tromper en affirmant que j'avais jusqu'ici, plutôt eu le nez assez fin. Il faut dire que la présence à l'image de la chanteuse américaine Tina Turner avait eu le pouvoir de refroidir l'enthousiasme qui à l'époque me caractérisait et qui, d'emblée, m'avait motivé à revoir les deux premiers avant de me jeter entre les griffes de ce troisième long-métrage consacré au valeureux héros australien de l'ère post-nucléaire qu'à la suite, des dizaines de cinéastes italiens pillèrent sans vergogne. Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre, plus que le volet que nous fantasmions de découvrir lors de sa sortie en 1985 s'est semble-t-il laissé aller aux mêmes dérives nanardesques que ces légions de films d'origine transalpine qui sans le sou sont allés très rapidement rejoindre les post-New York 1997 dans cette même catégorie qui offrit chez nous, une place de choix à d'authentiques nanars de la trempe de Terminus Pierre-William Glenn ! Après avoir effectué un petit tour chez le coiffeur façon Franck Provost ou Jacques Dessange à la mode brushing, Mel Gibson débarque dans ce troisième long-métrage d'une franchise qui le fit passer de parfait inconnu à star mondiale looké comme un bédouin perdu en plein désert du Moyen-Orient.


Et pourtant, Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre a bien été filmé sur le territoire australien, entre les Blue Mountains situées en Nouvelle-Galles du Sud et le village de Coober Pedy en Australie-Méridionale. Bien qu'étant un compositeur d'excellente réputation, le français Maurice Jarre remplace Brian May qui avait œuvré sur les deux premiers volets. Si le papa de l'auteur d'Oxygène ou de Zoolook a dans sa carrière été l'auteur de formidables partitions, il n'en va malheureusement pas de même avec celle de ce Mad Max, lequel s'en retrouve encore davantage ringardisé par la présence d'un saxophone qui ne fait pas que se faire entendre mais apparaît de surcroît à l'écran. Sans déc'... Co-réalisé par George Ogilvie dont le seul fait d'arme notable sera justement sa participation au tournage de Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre. Pour le reste, quelques téléfilms, des épisodes de séries télévisées et une minuscule poignée de longs-métrages permettront sans doute aux fans purs et durs des deux premiers volets de la franchise Mad Max d'excuser cette authentique trahison que sont les nouvelles aventures de celui qui par le passé se faisait appeler Max Rockatansky et qui désormais, selon une bande de gamins dont il rejoindra les rangs en cours de route, marquerait le retour d'un certain Capitaine Walker. Un ancien pilote de ligne que les membres de la nouvelle tribu qui vient d'accueillir Max dans ses rangs rêve de le voir les conduire jusqu'à la civilisation. Ce troisième long-métrage se découpe donc en deux parties, la première opposant Max à Aunty Entity (Tina Turner) et au binôme Master/Blaster (Angelo Rossitto/Paul Larsson). Master représentant la tête pensante du duo tandis que le second ne peut compter que sur ses facultés physiques ! Aunty Entity et Master combattant l'un contre l'autre pour savoir qui est le maître de Bartertown une cité commerciale.


Concernant les décors de cette ville consacrée au troc, nous retrouvons l'univers foisonnant qui dans l'esprit de George Miller n'a pas perdu de sa puissance visuelle (en dehors de l'atroce final) et qui au contraire, a gagné en densité. Des décors de Graham Walker aux maquillages de Rosalina Da Silva et de toute l'équipe en charge des effets-spéciaux prosthétiques en passant par les costumes de Norma Moriceau, pas de toute, nous sommes bien dans l'univers post-apocalyptique typique de l'univers ''Millerien''. Sauf qu'après s'être ''reposé'' pendant trois ans, Max a perdu de sa vigueur et semble même être devenu incapable d'échanger ses services contre des biens. La franchise Mad Max perd ici en grande partie de la folie qui la caractérisait jusque là. Il semble bien qu'au contact de George Ogilvie, notre réalisateur australien préféré ait pris la rouille et se soit contenté de mettre en scène son héros dans un film tristement écrit aux côtés de Terry Hayes. Et si le scénario n'a jamais été le plus fort d'une franchise majoritairement axée sur les combats et les courses-poursuites, Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre s'avère étonnamment creux. Voir souvent ennuyeux. Tina Turner a beau être une grande chanteuse (comme en atteste la superbe chanson ''We don't need another Hero'' qui clôt le film), sa présence à l'écran semble factice et paraît ne vouloir faire que les yeux doux au public américain. Dommage... Comme peuvent l'être également certains accoutrements. Comme ces épaulettes ridicules qui viennent rejoindre la coiffure de Max au panthéon du grotesque. À l'issue du récit, une question s'impose alors : quel devenir pour Max ? La réponse tardera à venir puisqu'il faudra patienter trente ans tout rond avant de voir réapparaître la franchise sur grand écran et ce, de la plus remarquable manière. Concernant ce Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre, inutile de nous attarder plus longuement dessus. À son époque, sans doute s'agissait-il de l'opus de trop. Impression qui semble malheureusement se confirmer aujourd'hui...

 

lundi 24 juin 2024

Mad Max 2 : le défi de George Miller (1981) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Je me souviens encore très clairement de ces années d'adolescence à user mes fonds de culotte tout au fond de la classe, le coude posé sur le radiateur et le regard vers l'extérieur, dans le vide, mais l'esprit, lui, plein de ces images que mes compagnons et moi partagions à l'occasion de sorties extra-scolaires dites ''buissonnières''. David, ce très bel enfant éclairé par la passion de son paternel féru de cinéma nous invitait régulièrement chez lui lorsque ses géniteurs étaient au turbin. Des après-midi entiers à sécher les cours tandis que d'autres se battaient pour s'asseoir devant le bureau de notre prof d'anglais, laquelle portait de courtes jupes et rien d'autre en dessous et qu'une troisième catégorie s’enorgueillissait de rapporter des bulletins de notes impeccables à la maison. Molière, Voltaire, Hugo ou Zola demeuraient pour nous d'étranges patronymes dont l’œuvre demeurait une indécrottable énigme sur laquelle nous abhorrions nous pencher. M'éduquant à travers les œuvres de Bukowski, King, Masterton ou ces mensuels grouillant de photos gratinées tels Mad Movies, L'écran fantastique, Vendredi 13 (dans lequel j'eus droit à mon petit encart personnel, quelle fierté!) ou Toxic et allant même enrichir mon goût pour l'horreur et l'épouvante avec la cultissime collection Gore dont le dévorais chaque sortie sur un banc faisant face au mur d'un cimetière, c'est donc grâce à David, ce camarade de classe pour lequel à l'origine nous n'avions aucun attrait que mes camarades et moi allions nous constituer une solide base de données en matière de cinéma ! Caligula de Tinto Brass dans sa version la plus hard. Dawn of the Dead de George Romero et ses zombies bleuâtres amateurs d'entrailles fumantes, La bonne sœur aux gros nichons, un porno plutôt rigolo dont je suis certain de l'exactitude du titre alors même qu'aucune information à son sujet ne semble vouloir filtrer sur le net ou encore, Mad Max 2 : le défi de George Miller, œuvre mythique de post-apocalypse qui les années suivantes allait donner naissance à une multitude de mockbusters originaires de la Botte ! Lorsque l'on n'as que douze ou treize ans dans les années quatre-vingt et que l'on découvre ce dernier pour la toute première fois de notre vie, une fois le générique de fin déroulant sa monotone liste des participants au projet, le premier reflex n'est pas de nous dire ''Wouaw, quel film !'' Mais plutôt ''Wouaw, quel PUTAIN de film de MALADE !'' . Allez, avouez que c'est vrai...


Nous n'avions jamais vu le premier et franchement, on s'en foutait autant que l'absence de culotte de cette blonde un peu salope sur les bords qui désespérait de nous apprendre à lire et à parler la langue de Shakespeare ! La caméra rasant le bitume de si près qu'approchant nos visages du téléviseur nous aurions presque pu humer l'odeur de l'asphalte et sentir le gravier nous sauter au visage, Mad Max 2 : le défi allait nous épuiser comme un cinq-mille mètres sans échauffement... Sans les CGI d'aujourd'hui, l’œuvre de George Miller dégageait une folie qui rétrospectivement lui permet encore aujourd'hui de demeurer comme l'une des expériences cinématographiques parmi les plus démentielles et délirantes qui aient vu le jour sur grand écran et plus tard sur support VHS. Chacun y verra matière à évoquer la foule de sensations qui interviennent devant telle ou telle séquence. Durant combien de temps en effet aurais-je été personnellement épouvanté par le viol et le meurtre de cette femme filmés à travers un monoculaire et une paire de jumelles ? Il aura fallut quelques années supplémentaires et le visionnage de la dérangeante séquence finale de Salo ou les 120 journées de Sodome de Pier Paolo Pasolini pour me la faire oublier... Du moins, pour un certain temps... Le film se singularise tout d'abord par ses origines australiennes bien qu'avant George Miller, son homologue Peter Weir ait osé nous proposer l'étonnant Les Voitures qui ont mangé Paris en 1974 ainsi que La Dernière Vague en 1977. Terrain propice au calvaire et à la nécessité de survivre que doit désormais endurer l'humanité, L'Australie et ses immenses étendues désertiques permettent une certaine économie de moyens qui évitent l'élaboration d'ancienne cités devenus refuges des rats, des scorpions et autres herbes folles. Ici, la civilisation nouvelle se bâtit comme beaucoup plus tard et beaucoup plus loin chez les héros de The Walking Dead à partir de matériaux de récupération. Sans aucune connaissance approfondie des mécanismes propres au fonctionnement d'un moteur de voiture et sans le précieux carburant qui lui permet de parcourir des milliers de kilomètres sans s'épuiser sous l'écrasant rayonnement solaire, l'homme n'est plus chez George Miller qu'un condamné à mort ! Et même doté de ces quelques avantages, encore faut-il être en mesure d'affronter les bandes de dégénérés qui survivent sur ces terres hostiles. Avant de devenir ''Max le fou'', notre héros était flic et s'appelait Maximilian Rockatansky. Un passé douloureux se concluant par la mort de son épouse Jessie et de leur fils Sprog ont fait de lui un homme plus mutique que jamais, économe en paroles, dont les résidus de morale sont si ténus que le différencier de ceux qu'il combat n'est pas toujours évident.


Seule ou presque son apparence l'y aidera. Face à des punk à crête, des types armés de cuir comme au temps où les chevaliers étaient eux recouverts d'armures métalliques, Max va dans ce second volet de la franchise Mad Max combattre pour ce qui demeure désormais comme étant indéniablement la ressource la plus essentielle : l'essence ! Mélange de science-fiction dystopico-post-apocalytique, de western, de péplum et d'action, ce second volet est un monument de violence et de barbarie mais aussi de virtuosité technique totalement insensée. Avec Mad Max 2 : le défi, le réalisateur australien voit les choses en beaucoup plus grand que lors du précédent long-métrage. Désormais installé sur son trône de héros emblématique du cinéma post-apo, cette séquelle va repousser toutes les limites en débutant par des images d'archives authentiques mêlées à des extraits tirés du Mad Max de 1979 et définitivement asseoir l'acteur Mel Gibson. Dans cette séquelle moins pessimiste qu'il n'y paraît puisque y survivent quelque résidus d'humanité incarnés par l'acteur britannique Michael Preston et par sa communauté vivant grâce et autour d'une raffinerie de pétrole, George Miller crée un contingent d'antagonistes au pouvoir attractif saisissant. Du seigneur Humungus en passant par Wez (Vernon Wells). Des hommes dont la sauvagerie est en totale adéquation avec leur apparence physique agrémentée par des costumes créés par la costumière Norma Moriceau. Débute à travers ce second volet comme une sorte de boucle temporelle où les choses ne feront par la suite que se répéter jusqu'au récent Furiosa, une saga Mad Max dont le titre est en partie trompeur mais dont le contenu semble être une énième itération des préoccupations premières des différents dirigeants de ce nouveau monde. À chacun alors de se faire sa propre opinion entre les effets-spéciaux pratiques de l'époque et les CGI d'aujourd'hui. Entre temps, George Miller aura sans doute cherché à davantage titiller le public outre-atlantique avec sa production américano-australienne Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre de 1985 ''auréolé'' par la présence de la chanteuse Tina Turner, laquelle aura en outre été co-réalisée aux côtés de son compatriote George Ogilvie qui pourtant n'avait jusque là mis en scène que quatre épisodes de séries télévisées. Nous pourrions encore tergiverser des heures sur Mad Max 2 : le défi. Évoquer les incroyables cascades, détailler la violence parfois outrancière, tenter d'expliquer par quel miracle un scénario si chétif a pu se faire oublier au profit du spectacle ou encore revenir sur ces quelques moments d'incroyable bravoure à l'image de cette folle course-poursuite entre la bande d'Humungus et le camion-citerne piloté par Max lui-même, mais d'autres l'ont déjà tellement bien exprimé que je vais m'arrêter là et vous pousser, si cela était encore nécessaire, à (re)découvrir ce monument du septième art...

 

dimanche 1 octobre 2023

L'arme fatale 2 de Richard Donner (1989) - ★★★★★★★☆☆☆




Deux ans après leur première apparition sur grand écran, deux des plus célèbres flics du cinéma d'action refont leur apparition en 1989 dans L'arme fatale 2. Toujours réalisée par Richard Donner, cette suite met donc en scène le très agité et peu conventionnel Martin Riggs (l'acteur Mel Gibson) et le bon père de famille et très protocolaire Roger Murtaugh (Danny Glover). Martin est toujours hanté par la mort de son épouse décédée dans un grave accident de la route tandis que Roger pense déjà à prendre sa retraite. L'arme fatale 2 met également en scène un nouveau personnage qui deviendra récurrent puisqu'il apparaîtra également dans les épisodes 3 et 4 sous le nom de Leo Getz, un escroc qui vient de se retourner contre son employeur et a accepté de témoigner contre lui lors d'un futur procès. Martin Riggs et Roger Murtaugh sont donc chargés de le protéger jusque là. C'est l'acteur Joe Pesci qui interprète ce petit personnage aussi difficile à maintenir en place qu'une anguille et dont la particularité est de terminer chacune de ses phrases par ''Okay, okay, okay'' ! Dans ces secondes aventures de cette légendaire série de longs-métrages de type Buddy Movie, les caractères des personnages incarnés par Mel Gibson et Danny Glover s'affrontent une nouvelle fois pour le bonheur des spectateurs qui assistent à l'une des meilleures comédies policières de la fin des années quatre-vingt. Entre répliques qui font mouche, fusillades et confrontations avec l'ennemi, L'arme fatale 2 offre un véritable florilège de scènes d'action et quelques moments plus intimistes comme la relation naissante entre Martin Riggs et Rika Van Den Haas, l'avocate de l'antagoniste du récit. Ce personnage féminin particulièrement séduisant est interprété par la chanteuse Patsy Kensit qui avant de prendre un virage à trois-cent soixante degrés en se tournant vers le cinéma était la chanteuse du groupe pop Eight Wonder qui connut notamment un immense succès en Europe avec des titres tels que I'm not Scared ou Cross my Heart en 1988. Si un stylo en or réveillera les vieux démons de Riggs, la jeune femme, elle, parviendra à les rendormir... du moins, pour un temps !


Face à nos deux flics et leur témoin, une bande lourdement armée dirigée par un certain Arjen Rudd (l'acteur Joss Ackland), ministre du Consulat de l'Afrique du Sud intouchable pour lequel Leo Getz blanchissait jusque là de très fortes sommes d'argent. Bénéficiant d'un budget plutôt confortable pour l'époque quoique loin d'être mirobolant, le nouveau long-métrage de Richard Donner passe donc des quinze millions du premier à vingt-cinq pour cette suite qui jouit de nombreux effets pyrotechniques. Cette suite est en effet le terrain de jeux d'hommes dont l'impunité les pousse à massacrer du flic à tours de bras. À intervalles réguliers, le récit central est entrecoupé de séquences plutôt drôles comme lorsque les collègues de Riggs parie sur l'éventualité pour lui d'ôter une camisole de force en moins de cinq minutes ou lorsque Murtaugh a le plaisir de découvrir en compagnie des siens et de son meilleur ami la publicité à laquelle vient de participer sa fille Rianne (l'actrice Traci Wolfe). Sans compter la fameuse scène des toilettes ou les diverses interventions de Leo Getz ! De plus, Riggs s'amuse en comparant les méchants du film à une bande de nazis dont il surnomme le chef Aryan et son bras droit Adolf  (Derrick O'Connor dans le rôle de Pieter Vorstedt) ! Sous ses allures de comédie policière, L'arme fatale n'est en pas moins doté de quelques rares séquences réellement tragiques comme la découverte du cadavre immergé de Rika lors du dernier tiers du récit. Cette première suite d'une franchise qui compte pour l'instant quatre volets (et dont nous attendons le cinquième qui doit être réalisé par Mel Gibson lui-même) sera également l'occasion pour Martin Riggs de régler ses comptes avec celui qui fut responsable de la mort de sa femme. Le film est à l'échelle mondiale un authentique succès qui dépasse de loin celui du premier volet sorti deux ans auparavant. L'arme fatale rapporta cent-vingt millions de dollars tandis que la suite, elle, en rapportera deux-cent vingt-sept ! Il faudra patienter trois années supplémentaires avant que nos deux célèbre flics de Los Angeles ne réapparaissent sur grand écran dans L'arme fatale 3, toujours réalisé par Richard Donner...

dimanche 12 février 2023

Boss Level de Joe Carnahan (2021) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

1979, C'était demain de Nicholas Meyer. Et derrière lui, toute une légion de longs-métrages traitant du voyage dans le temps. 1993, Un jour sans fin de Harold Ramis. Et derrière lui, un grand nombre d’œuvres axant leur sujet sur les boucles temporelles. 2014, Prédestination des frères Michael et Peter Spierig. Et là encore, tout un tas de films composant autour du thème des paradoxes temporels. Trois longs-métrages pour trois aspects de la science-fiction dont la thématique centrale repose sur la possibilité de voyager dans le passé ou dans le futur avec tout ce que cela peut engendrer d'avantages et d'inconvénients. Boss Level de Joe Carnahan n'aura retenu de ces trois principes fondamentaux du genre que sont le voyage dans le temps, la boucle ainsi que le paradoxe temporel, que la seconde. En effet, ce récit au cœur duquel s'inscrit le personnage de Roy Pulver ne se déroulant que sur une plage horaire relativement courte (une journée, à tout casser), on ne peut que très prudemment parler de voyage dans le temps même s'il ressurgit inlassablement le matin même, ou de paradoxe temporel puisque les différentes situations évoquées durant le récit n'auront que peu de conséquences sur le monde extérieur à celui qui préoccupe le héros. L'acteur Frank Grillo interprète donc Roy Pulver, un ancien agent des forces spéciales qui noie sa solitude dans l'alcool, couche avec des inconnues, mais surtout, tente de survivre aux tueurs qu'un certain Colonel Clive Ventor (Mel Gibson) a lancé à ses trousses. Mais qu'il se prenne une balle dans le ventre, un harpon de chasse à la baleine dans le dos ou qu'un sabre lui tranche la tête, Roy se réveille chaque fois le même matin afin de revivre la même journée lors de laquelle il va tout entreprendre afin de se venger de celui qui est responsable de la mort de sa compagne Jemma Wells (l'actrice Naomi Watts)...


Si le concept n'est évidemment pas sans rappeler l’œuvre culte de Harold Ramis Un jour sans fin puisque les deux récits reposent sur un même concept de boucle temporelle, il est d'abord logique de penser que le long-métrage de Joe Carnahan a tout de même peu de chance de se voir auréolé de la même réputation que son aîné. Certainement moins ''fin'' que l’œuvre précitée, Boss Level mêle en effet science-fiction et action. Mais si le film n'est tout d'abord qu'une succession de séquences de haute-voltige, de combats et de gunfights, le réalisateur et ses scénaristes Chris Borey et Eddie Borey vont très rapidement nous prouver qu'ils sont en mesure de nous proposer un peu plus de matière que les seules séquences d'actions même si jusqu'au bout le film sera ponctué d'innombrables affrontements entre le héros et ses poursuivants. Père d'un fils prénommé Joe (le jeune Rio Grillo qui n'est autre que le propre fils de l'acteur principal), Roy Pulver va non seulement tout faire pour se venger, tenter de sauver celle qu'il aime (il apprendra en effet qu'il lui reste quatorze minutes après son réveil pour la sauver d'une mort certaine) mais aussi en apprendre davantage auprès d'un enfant qu'il n'a pas vraiment vu grandir. Boss Level n'est donc pas le film exclusivement bourrin que l'on aurait pu imaginer et propose des scènes plus intimes et relativement touchantes entre le père et le fils. Mais en dehors de cela, le film est un délire visuel tout simplement jouissif. Non seulement les affrontements qui opposent le héros aux hommes de main du Colonel Clive Ventor sont parfaitement chorégraphiés mais de plus, leur répétition n'est en soi pas véritablement un problème puisque revenant sans cesse à la vie le même jour après avoir été tué, Roy a eu le temps de précéder les événements et ainsi les contrecarrer. Ce qui donne au final une œuvre extrêmement divertissante, à l'action quasi ininterrompue, qui offre un hommage aux jeux de baston des années quatre-vingt (la salle de jeux), aux boucles temporelles ludiques et à quelques séquences d'émotion. Bref, le spectacle parfait contre la morosité. Pour amateurs de science-fiction, d'action et pour tous les autres également...

 

mercredi 18 janvier 2023

Signs de M. Night Shyamalan (2001) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Première rencontre avec les quatre membres de la famille Hess en 2002 et grosse déception. L'abrutissant Independence Day de Roland Emmerich était déjà passé par là et face à l'apparente quiétude du nouveau récit accouché par M. Night Shyamalan intitulé Signs, l'ennui s'est imposé comme une évidence, déployant ses bras en m'enveloppant jusqu'à ce que mes yeux se ferment et que je m'endorme. Mais maintenant que deux décennies ont passé et que depuis est oubliée cette douloureuse expérience, revoir le cinquième long-métrage de celui qui avant celui-ci s'était surtout fait remarquer grâce aux brillants Sixième sens et Incassable m'a permis de redécouvrir l’œuvre sous un nouveau jour. Signs n'est pas le long-métrage rêvé de celles et ceux qui espèrent y croiser des légions d'extraterrestres armés de pistolets lasers auxquels s'opposerait une armée d'hommes impuissants. Tout ici est question d'intimité, au sein même d'un foyer constitué de quatre membres qui essaient tant bien que mal de se reconstruire depuis qu'un drame terrible s'est produit huit mois auparavant. Mel Gibson incarne le père de famille Graham Hess, ancien prêtre qui depuis la mort de son épouse dans un accident de voiture a perdu la foi. Si on ne prie plus dans la ferme familiale qu'entourent des champs de blé, on se pose malgré tout des questions, sur le hasard et les coïncidences. M. Night Shyamalan qui jusque là nous avait habitué à de sensationnelles révélations les dissémine cette fois-ci de manière beaucoup plus discrètes et harmonieuses. Au point que l'on pouvait se demander s'il n'avait perdu de ce pouvoir qui permettait à son œuvre toute entière de prendre la forme d'une toile d'araignée au final saisissant. Signs, l'incompris n'en est pourtant pas moins un grand film, sans grand effets, certes, mais dans la continuité de ce que M. Night Shyamalan semble avoir entrepris depuis l'année du Sixième sens. Le réalisateur et scénariste américain d’origine indienne propose deux phases distinctes au récit qui vont pourtant logiquement se regrouper pour n'en faire plus qu'une. D'un côté, l'indicible et le mystérieux, avec ses agroglyphes (ou crop circles) et de l'autre, ce drame familial. Le sensationnel et l'intimisme. Une famille vivant en retrait et des médias qui très rapidement s'emparent de l'affaire jusqu'à devenir un événement à l'échelle de la planète toute entière...


La fin d'un mode d'existence, celui des Hess dont la mère a disparu et l'extinction, hypothétique, de l'humanité. Traitant ses ''petits hommes gris'' en envahisseurs invisibles, le cinquième long-métrage de M. Night Shyamalan nous rappelle au bon souvenir de La guerre des mondes de Byron Haskin (1953). Des créatures hostiles qui malgré les progrès en matière d'effets-spéciaux n'apparaissent qu'avec parcimonie. Un choix que l'on ne reprochera pas au cinéaste vue l'ampleur des dégâts. En effet, bien que le film date de 2001, l'aperçu de ces créatures en réalité beaucoup plus grandes que dans l'imaginaire se révèle relativement désastreux et n'est en soit pas le principal atout du long-métrage. Comme un puzzle croisant ce fait-divers à l'ampleur mondiale au drame des Hess, M. Night Shyamalan bâtit une œuvre à la fois touchante, intimiste, parfois dépressive et paranoïaque mais aussi et surtout, lumineuse. Où l'espoir tient moins dans l'arrivée de ces créatures intelligentes venues d'ailleurs que dans la cohésion familiale. Mel Gibson, Joaquin Phoenix, Rory Culkin (le frère de Macaulay Culkin, acteur devenu célèbre grâce au rôle tenu dans Maman, j'ai raté l'avion ! de Chris Columbus en 1990) et Abigail Breslin (dont Signs est la première apparition sur grand écran) campent une famille homogène, partageant une nature bien différente mais se complétant merveilleusement bien. L'on retiendra la discrète mais néanmoins merveilleuse litanie du compositeur et claviériste américain James Newton Howard construite autour de quelques notes de piano, signifiant autant la tragédie que le merveilleux qui entourent le récit. Que les fans de M. Night Shyamalan se rassurent : si la révélation finale n'a d'apparence pas tout à fait l'ampleur de celles qui servirent de conclusion aux deux précédents longs-métrages du réalisateur, elle s'y intègre au demeurant parfaitement. M. Night Shyamalan continuait là à bâtir une œuvre en tout point intelligente qui allait sans doute trouver son aboutissement deux ans plus tard avec le chef-d’œuvre, Le village...

 

jeudi 4 septembre 2014

Mad Max de George Miller (1979)



A bord de son Interceptor, Max Rockatansky, dit "Mad Max", poursuit les hors-la-loi. Alors que les autres équipes chargées de faire régner l'ordre fonctionnent en binôme, Max lui préfère conduire seul. Son acolyte Jim Goose, dit "le Gorille", chevauche une moto. Lorsqu'il poursuivent un dingue à bord d'une voiture qui provoque les agents de police, le sang du duo ne fait qu'un tour. Mais alors qu'ils s'apprêtent à coincer le hors-la-loi (qui se dit faire partie des Aigles de la Route), ce dernier meurt dans un violent accident.

Ses frères, alors, se jurent de venger la mort de leur compagnon. Des dizaines de motards arrivent dans ce qui reste de la ville. Dans leur ligne de mire, Jim et Max. Ces derniers vont avoir fort à faire. Les Aigles de la Route sont nerveux, motivés, et conduits par un chef complétement à coté de la plaque.

S'engage alors un course-poursuite sur des routes interminables, en plein désert australien...

Avant de tourner dans ce Mad Max signé George Miller, Mel Gibson a très peu de films à son actif. C'est même son personnage de flic allumé qui va le propulser sur le devant de la scène. Le film deviendra une trilogie (bientôt une tétralogie avec un quatrième épisode cette fois-ci sans l'acteur) connue mondialement. Si le degré de violence de ce premier opus n'atteint pas celui du second (Mad Max II : Le Défi), le film demeure cependant un grande réussite dans les genres action et anticipation. Le film fera d'ailleurs l'objet de nombreux plagiat, notamment en Italie qui dans les années quatre-vingt ne se gênait pas pour copier les grandes réussites américaines (Les Exterminateurs De L'An 3000).

Le scénario, pourtant des plus sommaire (Une histoire de vengeance qui oppose un flic à une bande de motards timbrés), constitue la base de ce film à l'action effrénée qui ne pâtit d'aucun temps mort. L'amateur en a pour son argent. L'univers de Mad Max est des plus sombre et pessimiste. L'ordre règne grâce à une poignée de policiers encore convaincus de l'intérêt de leur présence. On sent malgré tout pointer une certaine ironie chez George Miller lorsqu'il confronte la police aux magistrats. Des hommes en costard-cravate qui leurs mettent autant de bâton dans les roues que ceux qu'ils sont censés mettre derrière les barreaux.

Très peu d'optimisme se dégage de l'ensemble, si ce ne sont les présences de Jessie (Joanne Samuel), l'épouse de Max, ainsi que celle de leur bébé. L'espoir semblant uniquement passer par l'innocence de cet enfant. Mais l'Australie, ça n'est pas les États-Unis. Le rêve américain n'a pas sa place dans l'univers de Max. Ne rêvons donc pas à cette happy-end qui est l’apanage systématique du cinéma américain. Le cinéaste lui préfère une conclusion terrifiante.

Peut-être aussi afin de donner le champ libre à son héros et ainsi lui donner l'occasion de s'exprimer de manière totalement spontanée dans un second volet largement à la hauteur de son prédécesseur. Mais ceci est une autre histoire.

Toujours est-il que Mad Max fait partie de ces classiques indémodables qui jouent sur une certaine irrévérence et immoralité qu'il est bon de voir parfois. Si aujourd'hui cela est malheureusement devenu une pratique commune, à l'époque il était rare de voir autant de violence dite "grand public".
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