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mercredi 26 février 2025

Hellraiser VI : Hellseeker de Rick Bota (2002) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ça y est nous voici parvenus jusqu'à l'entame de la seconde moitié de la franchise Hellraiser. Jusqu'à maintenant, c'est avec un certain étonnement que j'ai pu constater que le voyage dans les abîmes de l'univers extra-dimensionnel où coexistent entre eux les cénobites fut plus agréable que je ne m'y attendais. Car en dehors des second et troisième opus, arriver jusqu'au terme du cinquième intitulé Hellraiser V : Inferno réalisé par Scott Derrickson s'est fait pratiquement sans heurts. Quant à cette autre réflexion que je me suis faite en lançant ce sixième chapitre de la saga s'agissant de l'hétéroclisme, il est vrai qu'en dehors de leurs nombreux défauts, les cinq premiers épisodes eurent au moins l'avantage de proposer des continus qui lors de chacun d'entre eux différaient des précédents. Une réflexion qui malheureusement dans le cas de ce nouveau volet n'arrive pas à point nommé puisque Hellraiser VI : Hellseeker vient contredire ce qui jusque là était effectivement facile à vérifier. En effet, ce sixième opus cette fois-ci réalisé par Rick Bota dont il s'agissait à l'époque du premier long-métrage en tant que réalisateur est presque en tout point similaire au précédent. Et pourtant, aucune trace de Paul Harris Boardman ou même de Scott Derrickson à l'écriture puisque seuls Carl V. Dupré et Tim Day eurent la lourde tâche de donner suite à la franchise. C'est donc sur un postulat semblable à celui de Inferno que le personnage central de cette nouvelle aventure évolue. Trevor Gooden (Dean Winters) remplace donc le personnage du détective Joseph Thorne (Craig Sheffer). Exit le flic corrompu. Le ''héros'' de ce nouveau récit vient de perdre son épouse dans un grave accident de voiture. Ayant perdu le contrôle de son véhicule qui est tombé d'un pont pour se retrouver dans les eaux d'une rivière, Trevor n'a pu sauver sa femme Kirsty de la noyade. Cependant, le corps de la jeune femme n'ayant pas été retrouvé, les détectives Lange et Givens respectivement interprétés par William S. Taylor et Michael Rogers sont chargés d'enquêter sur sa disparition. Le premier croit en l'innocence de Trevor. Sa complaisance envers le mari amnésique est telle que son attitude laissera planer le doute dès sa première apparition à l'écran. Endosse-t-il le rôle du gentil policier tandis que Givens, lui, assume celui du méchant flic ? Hellraiser VI : Hellseeker marque avant toute chose le retour dans la franchise de Kirsty Cotton qui par conséquent est devenue l'épouse de Trevor Gooden. Toujours incarnée par Ashley Laurence qui en une quinzaine d'années a bien changé, la jeune femme n'apparaît à l'image que lors de quelques séquences cruciales.


Comme celle qui l'a montre se noyant dans la rivière alors que Trevor tente de lui venir en aide ou lorsque ce dernier, à travers un flash-back, lui offre en cadeau l'un des exemplaires du Cube. Une séquence dont l'importance est considérable si l'on tient compte du fait que jusqu'à maintenant, rien ne pouvait expliquer ni justifier la succession d'événements auxquels Trevor avait dû faire face autrement que par l'utilisation du fameux objet (qu'il n'eut jamais entre les mains). Dès lors, les pièces du puzzle commencent à s'imbriquer... Certains trouveront sans doute la comparaison quelque peu abusive mais Hellraiser VI : Hellseeker n'entretient-il pas quelques points communs avec l'incroyable L'échelle deJacob qu'Adrian Lyne réalisa douze ans auparavant, en 1992 ? Car si l'une et l'autre des justifications qui en conclusion des deux longs-métrages apporteront un éclairage différent sur les événements qui se sont produits, l'un et l'autre des films partagent ce goût de la paranoïa et des visions cauchemardesques dont le long-métrage de Rick Bota peut objectivement se prétendre être une relecture. Certes, d'une qualité plutôt modeste, mais compte-tenu de la réputation de la franchise Hellraiser, nous ne bouderons pas notre plaisir. Car contrairement à ce que beaucoup prétendent, entre ceux qui trouvent ce sixième opus simplement mauvais et ceux qui lui offrent le tragique statut de plus mauvais film de la franchise, Hellraiser VI : Hellseeker vaut bien mieux que son épouvantable impopularité... A moins qu'à force de regarder les films les uns derrière les autres, la franchise ait le même pouvoir d'accoutumance que la cigarette ou le café sans sucre dont les premières expérimentations ne sont pas toujours très agréables... Certains affirmeront sans doute également que le film n'a plus grand chose à voir avec la franchise. En effet, les cénobites sont ici réduits à la part congrue tandis que le plus célèbre d'entre eux n’apparaît que très sporadiquement. Ce qui n'est peut-être finalement pas si mal que cela. En effet, à force de le voir débarquer à tout bout de champ dans les précédents opus, Pinhead eut le malheur de perdre quelque peu de son charisme. Bref, cette cinquième itération est de mon avis personnel une assez bonne surprise. Très proche de la précédente. Et donc, ceux qui aimèrent Hellraiser V : Inferno apprécieront sans doute Hellraiser VI : Hellseeker tandis que ceux qui détestèrent le film de Scott Derrickson risquent de conserver la même opinion concernant l’œuvre de Rick Bota...

 

mardi 25 février 2025

Hellraiser V : Inferno de Scott Derickson (2000) - ★★★★★★☆☆☆☆

 



 

Les planètes de notre système solaire seraient-elles parfaitement alignées ? Toujours est-il que nous sommes en 2025 et que le cinquième long-métrage consacré à la franchise Hellraiser s'y positionne pile au beau milieu d'une filmographie qui en compte onze (si l'on tient bien évidemment compte du remake de David Bruckner sorti en 2022). Cela fait donc un quart de siècle que Hellraiser V : Inferno a vu le jour. Pas au cinéma, non, mais directement en vidéo sur support DVD (il faudra attendre 2006 pour que les premiers Blu-ray, tous films confondus, apparaissent sur le marché). Et si les comptes sont bons, il y a un quart de siècle, nous étions en 2000. Soit à la fin du siècle dernier et à l'orée du nouveau millénaire. Si l'Enfer est bien sur Terre (nous le retrouvons en partie sur les réseaux sociaux, en fonction de ce qu'en font certains!), il est également au centre de cette nouvelle page cette fois-ci écrite par Paul Harris Boardsman et celui qui en sera le réalisateur, Scott Derrickson. Avant d'être reconnu comme un très talentueux cinéaste, qui signera en outre le très dérangeant Sinister en 2012, Scott Derrickson se sera tout d'abord fait la main sur le court-métrage Love in the Ruins en 1995 avant de réaliser son tout premier long-métrage cinq ans plus tard. Celui-là même dont il s'agit de parler ici. Et dès ce premier très long jet dont la durée excède celles des quatre premiers films de la franchise Hellraiser, on sent l'amour du réalisateur pour le produit qu'il a entre les mains et la passion qui l'anime pour le septième art. Confiant les décors à Déborah Raymond et la photographie à Nathan Hope, ce cinquième chapitre des infernales aventures de Pinhead (encore une fois interprété par Doug Bradley) a parfois l'étrange saveur de vieilles bobines qui dans le cas présent auraient été souillées par la présence de créatures maléfiques. Cette fois-ci, le héros ne vient ni du passé ni du futur, contrairement au volet précédent, mais bien du présent.


Le détective Joseph Thorne qu'incarne l'acteur Craig Sheffer est le type de PROTAgoniste qui flirte plus que de raison avec l'ANTAgonisme. En effet, le réalisateur et son scénariste nous le présentent sous un jour des plus sombre. Un flic corrompu, qui n'hésite pas à se servir de son coéquipier Tony Nenonen (l'acteur Nicholas Turturro, frère de John Turturro) afin de parvenir à ses fins. Un type tout bonnement abjecte que le scénario de Paul Harris Boardsman dessert en permanence. Et ce, pour une raison évidente : servir les desseins de Pinhead et de ses nouveaux sbires parmi lesquels l'on découvre les jumelles Wire Twins ou même Torso. Mais celui que l'on retiendra sans doute davantage encore se nomme L'ingénieur. Un homme (une créature?) qui semble devoir être invisible durant un très long moment mais que le film cite à de nombreuses reprises avant qu'il n'intervienne lui-même en communiquant directement avec le détective Joseph Thorne. Les ressources de ce dernier en matière d'antagonisme étant semble-t-il inépuisables, celui-ci se rend également coupable d'adultère. L'on apprend d'ailleurs ensuite entre autres joyeusetés lors d'une confidence faite au détective Tony Nenonen qu'il se rendit coupable très jeune de tortures envers l'un de ses camarades de classe. Bref, alors qu'il vient de lever une prostituée, certes, très bien tanquée ( !!! alerte néo-féministes activée !!!), ayant en sa possession le Cube qu'aurait appartenu justement au gamin dont il fit son souffre-douleur étant adolescent et qui vient d'être retrouvé mort, Joseph Thorne s'enferme dans la salle de bain de l'appartement de Chloé (la prostituée en question, interprétée par l'actrice Lindsay Taylor) afin de tenter d'en activer le mécanisme.


Chose que le flic corrompu parvient à effectuer après seulement quelques secondes, ouvrant ainsi une brèche permettant à Pinhead et les nouveaux cénobites d'apparaître dans notre univers. Dès lors s'enclenche toute une série d'événements qui au fil du récit s'expliquent par la manière dont est traité le personnage de Joseph Thorne. En optant pour un environnement plus classique que les coursives de l'univers extra-dimensionnel des cénobites, Scott Derrickson opte ici sans doute pour le choix le plus judicieux. Car en effet, jusqu'à maintenant, on ne peut pas dire que les décors sur lesquels travaillèrent successivement Michael Buchanan, Steve Hardie et Ivo Cristante (quoique pour ce dernier...) sur les trois premières séquelles de l’œuvre originale aient réussi à faire honneur à l'univers de l'écrivain Clive Barker. Lequel, soit dit en passant, a finalement choisi désormais de se désolidariser de la franchise, proprement dégoutté par la vision (pécuniaire) qu'a Hollywood de son œuvre... Il est presque regrettable que Hellraiser V : Inferno n'ait pas eu la chance de connaître une sortie sur grand écran car bien qu'il ne s'agisse pas d'un grand film, le simple fait que son auteur ait quelque peu réussi à remettre la franchise dans les rails aurait dû pousser les producteurs et les distributeurs du monde entier à faire un effort de ce côté là. Mais trop frileux, ces derniers ont finalement condamné le long-métrage à directement faire sa vie en vidéo. Pour finir, une appréciation toute personnelle. Hellraiser V : Inferno semble curieusement suivre le même cheminement que le chef-d’œuvre d'Abel Ferrara Bad Lieutenant. En effet, tout comme cette merveille de noirceur notamment incarnée par Harvey Keitel (qui interprète le rôle-titre) et par Zoë Lund, le héros du cinquième volet de la franchise Hellraiser suit un véritable chemin de croix devant le mener vers la rédemption... Qu'en pensez-vous... ?

 

lundi 24 février 2025

Hellraiser IV : Bloodline de Kevin Yagher (1996) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Derrière le projet Hellraiser IV : Bloodline, il y a deux noms. Tout d'abord, celui de Kevin Yagher, célèbre maquilleur auquel l'on doit notamment les effets-spéciaux de La revanche de Freddy, des Griffes du cauchemar, de Hidden ou encore de Child's Play. S'essayant à la réalisation entre 1990 et 1992 sur deux épisodes de la série Les contes de la crypte, le voici donc engagé pour la première et dernière fois de sa carrière derrière la caméra d'un long-métrage. Car à moins qu'on le retrouve dans les années à venir à la tête d'un nouveau projet, celui-ci fut le seul dans lequel il ne s'impliqua pas seulement du côté des effets-spéciaux. Mais au vu des conditions dans lesquelles fut traité le résultat final, on peut comprendre que la perspective de mettre lui-même à nouveau en scène un film n'ait toujours pas encore été envisagée. Remercié, il est alors éjecté du projet pour être remplacé par le producteur et réalisateur Joe Chappelle qui des années après avoir mis lui-même en scène Halloween 6 : la malédiction de Michael Myers se tournera vers la télévision en réalisant notamment des épisodes pour les séries La treizième dimension, Les experts : Manhattan et Miami, Frindge ou encore Manifest. Alors que certaines séquences tournées par Kevin Yagher sont écourtées, Joe Chappelle quant à lui en tourne de nouvelles qui seront désormais intégrées au récit. Le film, pourtant, ne portera ni le nom de l'un, ni celui de l'autre. En effet, la paternité de Hellraiser IV : Bloodline revenant malgré tout à Kevin Yagher, celui-ci le renie et c'est donc sous le nom d'Alan Smithee que sort sur les écrans américains le 8 mars 1996 et en France le 4 juin 1997 le quatrième opus de la franchise Hellraiser. Un nom, un pseudonyme qui généralement permet aux cinéastes mécontents de leur film de ne pas y voir apparaître leur nom au générique. Un peu à la manière de David Lynch qui renia par exemple la version télévisée de son Dune en 1988... Et pourtant, plus que la production chaotique que le long-métrage paraît être et bien qu'il fut le dernier de la saga à franchir les portes des grandes salles de cinéma, Hellraiser IV : Bloodline surpasse de très loin les deux précédents volets indignement réalisés par Tony Randel et Anthony Hickox.


Un effort certain a été fourni par le chef décorateur Ivo Cristante et le directeur de la photographie Gerry Lively même si une fois encore l'ambiance générale font ressembler le film à un pâle téléfilm plutôt qu'à un authentique long-métrage ayant pour vocation d'ensanglanter les salles obscures. Après que les budgets n'aient cessé d'augmenter, passant de un million de dollars pour Hellraiser : le pacte à trois puis à cinq pour les deux volets suivants, le financement de ce quatrième opus est revu à la baisse avec un rabais d'un million de dollars par rapport au précédent. Ce qui vaut surtout à Kevin Yagher et ensuite dans une très moindre mesure à Joe Chappelle de devoir se débrouiller avec quatre millions de billets verts. Comparé à ses prédécesseurs, Hellraiser IV : Bloodline se montre réellement ambitieux. Kevin Yagher et le scénariste Peter Atkins qui œuvre sur la saga depuis Hellraiser 2 : les écorchés font table rase d'une bonne partie des antagonistes et des héros des récits passés pour ne plus se concentrer que sur le plus iconique d'entre tous, Pinhead que continue à interpréter avec acharnement l'acteur Doug Bradley. Apparaissant plus tôt que ne l'avait tout d'abord envisagé Kevin Yagher après le remontage de son film, Pinhead ne sera cependant pas la seule représentation maléfique du film puisque l'on pourra observer la présence de plusieurs ''modèles'' de Chatter Beast ou, chiens de l'Enfer. Des créatures canines écorchées et animées à la ''vas-y comme j'te pousse''. Mais l'un des véritables intérêts principaux de ce nouvel opus est bien la présence à l'écran de l'actrice chilienne Valentina Vargas dans le rôle d'Angélique. Un prénom tout à fait antinomique avec le personnage de démon qu'elle incarne mais dont l'importance est considérable puisqu'elle n'est pas moins que la toute première cénobite à avoir été créée à partir du Cube. Mais pour mieux intégrer ce tout nouveau personnage, Peter Atkins crée trois époques durant lesquelles divers protagonistes vont évoluer. Tout commence donc curieusement en 2127 dans l'espace. Paul Merchant (Bruce Ramsay) tente de déclencher le mécanisme du Cube en se servant à distance d'un petit androïde. Au moment même où il parvient à occasionner le retour de Pinhead, il est arrêté par l'officier Rimmer (l'actrice Christine Harnos) qui ordonne à ses soldats d'emmener le prisonnier dans leur vaisseau.


Questionné par la jeune femme, Paul lui raconte l'histoire de sa famille en remontant près de quatre-cent ans en arrière lorsque son ancêtre, le fabriquant de jouets Philippe Lemarchant (qu'incarne une nouvelle fois Bruce Ramsay) créa une boite-puzzle à l'attention du Duc de L'Isle (Mickey Myers), un prêtre des forces occultes qui à l'occasion d'un guet-apens orchestré avec l'aide de son complice Jacques (Adam Scott) va se servir d'une jeune femme et du Cube ainsi créé par Philippe pour ouvrir les portes de l'Enfer et ainsi faire apparaître le tout premier cénobite en la personne d'Angélique. Hellraiser IV : Bloodline passe donc allégrement du futur au passé et jusqu'à ce qui semble être notre présent. L'occasion pour Bruce Ramsay d'incarner un troisième membre de la lignée des Merchant sous le prénom de John ! Si cette approche de l'univers de Hellraiser peut tout d'abord étonner. Voire même questionner quant à son intérêt, à vrai dire, le scénario de Peter Atkins tombe pile poil pour relancer la franchise. En effet, le film est plutôt bien construit et les différents passages d'une époque à l'autre évitent au long-métrage de tomber dans l'ennui. Quelques rares décors font enfin honneur à l'univers extra-dimensionnel cher aux cénobites avec ses étonnantes coursives mêlant, dans l'esprit, parfois celles de l'Alien de Ridley Scott et celles des deux précédents opus de la franchise Hellraiser. Débarrassé des ridicules Camerahead, CD et autre Pistonhead, Hellraiser IV : Bloodline intègre donc la version terminale d'Angélique ainsi que deux frère jumeaux dont le désir de ne jamais être séparés va être exaucé de manière fort cynique pour donner naissance au double cénobite Siamese Twins. Hellraiser IV : Bloodline n'est certes pas un grand film. Mais au delà des critiques que l'on pourrait lui faire, et au vu du chaos qui régna apparemment durant et après son tournage, le résultat n'est finalement pas aussi mauvais que l'on aurait pu le craindre. Ce quatrième opus permettra à ses financiers de retrouver à minima leur mise de départ puisque les résultats finaux montreront que le film aura rapporté sur le seul territoire américain plus de neuf millions et trois-cent mille dollars. Soit près de deux-cent trente pourcents du budget initial...

 

dimanche 23 février 2025

Hellraiser III d'Anthony Hickox (1992) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Sorti aux États-Unis quatre ans après le second volet de la franchise, Hellraiser III (Hellraiser III : Hell on Earth) a été confié à Anthony Hickox. Et Anthony Hickox, ben, ça n'est pas vraiment n'importe qui puisqu'il fut l'auteur de l'ineffable, l'inénarrable, l'époustouflant Waxwork en 1988. Ce film fantastique d'un autre âge censé être un hommage aux créatures de l'Universal Monsters mais qui au final causa d'intolérable céphalées. Des maux de tête si puissants qu'un tour chez le neurologue afin de s'assurer que l'on ne commençait pas à développer une tumeur au cerveau s'avérait indispensable. Un traitement visuel pire que l'injection dans l’œil d'une dose de vinaigre ou de jus de citron ! Et encore, c'était sans évoquer le contenu de la suite, Waxwork II : Lost in Time (plus sobrement sortie chez nous sous le titre Waxwork 2) qui quatre ans plus tard allait définitivement enfoncer le clou et ainsi mettre HEUREUSEMENT un terme à cette courte franchise tuée quasiment dans l'œuf ! Autant dire que mettre entre les mains du réalisateur, scénariste et producteur américain le troisième volet de la franchise Hellraiser était une prise de risque qui allait à peine se voir au vu d'un Hellraiser II : les écorchés signé de Tony Randel en 1988 d'une indicible médiocrité. Sans être le miracle que l'on se désespérait voir aboutir un jour dans la carrière d'Anthony Hickox et sans être non plus LA surprise inattendue que certains bavaient sans doute d'impatience de voir enfin surgir chez ce tâcheron, Hellraiser III n'est pas aussi mauvais qu'on aurait pu le craindre. Bon, ça reste quand même de la bonne vieille merde caguée par un artiste qui semble traiter la pellicule qu'il a entre les mains comme d'autres, en peinture, s'amusent avec le cubisme comme un art disant ''Je vous emmerde'' aux courbes, mais bon... ça demeure regardable. Si tant est que l'on soit capable d'accepter que l'on s'amuse avec l'iconographie entourant les Cénobites pour en régurgiter quelques nouveaux avatars du plus mauvais goût.


En tout cas, de celui qui pourrait éventuellement intéresser les chroniqueurs des pages consacrées aux nanars du septième art. Bonne nouvelle, Anthony Hickox nous épargne la vision par trop exubérante du Docteur Channard, seconde génération de cénobites à avoir vu le jour à la fin du second volet de la franchise. Une bonne chose. Quant à Kristy Cotton (Ashley Laurence), celle-ci n'apparaît qu'à travers quelques images d'archive. Ceux qui apprécièrent le look S-M de Pinhead, Barbie, Chatterer et Butterball seront heureux d'apprendre qu'ils reviennent pour la troisième fois même si leur temps de présence est écourté et même si en dehors de Doug Bradley, leurs interprètes ont été remplacés. À la fin du second chapitre, un pilier (le ''Pilier des Âmes'') sorti dont ne sait où mais qui servait de prison à Pinhead est encore d'actualité dans ce troisième long-métrage de la franchise. Acquise par un gosse de riche pété de thunes et sans scrupules (il tua ses parents pour s'approprier leur fortune). L'actrice Terry Farrell incarne l'héroïne Joanne Summerskill. Une journaliste qui après avoir assisté à un curieux et très sanglant événement dans un hôpital va se rapprocher de la seule témoin encore en vie (Paula Marshall dans le rôle de Terri). Va s'ensuivre un imbroglio scénaristique commis par Peter Atkins, le même scénariste que l'épisode précédent et le même que plusieurs autres à venir. Pour faire court, Joanne va tenter de réunir les deux facettes de Pinhead Celle sous laquelle se cache le cénobite, et celle sous les traits de laquelle l'on retrouve Eliot Spencer, l'homme qui expérimenta l'utilisation du Cube il y a plus de soixante ans et qui depuis est condamné à errer dans le monde extra-dimensionnel des créatures toutes de cuir noir vêtues ! La présence du double-personnage sert de triple cause au long-métrage mais aussi à la mythologie Hellraiser.


Du point de vue du récit, il permet ainsi d'étayer l'hypothèse selon laquelle les réunir pour n'en faire plus qu'une seule entité (humaine, si possible) permettrait de faire cesser le chaos qui règne désormais sur Terre (ou du moins là où Pinhead foule le sol). Un désordre que l'on rêvait d'ailleurs d'apocalyptique lors du massacre se déroulant dans la boite de nuit mais que le réalisateur se réservera malheureusement le droit d'écourter l'horreur visible à l'image en fermant devant nos yeux pleins d'ingratitude, la double porte de l'établissement. Et ce, pour ne plus nous laisser voir qu'une large tâche de sang couler entre les interstices de celle-ci. Ensuite, le double-personnage permet non seulement à Doug Bradley d'apparaître enfin sans maquillage (ce que l'acteur méritait bien) tandis qu'il permet au récit d'avancer quelques nouvelles hypothèses quant à la biographie du personnage. Moins dur à subir visuellement que son aîné, Hellraiser III n'en est pas moins relativement laid. Des décors jusqu'aux flashs lumineux directement travaillés sur la pellicule comme au temps de Ghostbusters mais en moins réussis, les effets-spéciaux ont pris un méchant coup de vieux. Des rides qui de toute manière étaient déjà présentes lors de sa sortie en salle ( sacrément tardive chez nous, d'ailleurs!). Seuls les cénobites s'en sortent avec les honneurs. Du moins ceux que l'on connaît déjà depuis trois films puisque en dehors de Pinhead, Barbie, Chatterer, Butterball et, allez, de la nouvelle Dream (incarnée par Paula Marshall qui après avoir interprété le rôle de Terri se voit muée en une version cénobite), les nouveaux modèles ont tous ceci en commun d'être ridicules. De Kevin Bernhardt qui incarne Pistonhead (vous comprendrez pourquoi au moment de le découvrir à l'image) en passant par Cameraman (Ken Carpenter) et son objectif de caméra planté dans l'orbite droit (personnage visiblement et honteusement pompé sur les Borgs de l'univers Star Trek) et jusqu'à CD (Eric Wilhelm) dont le visage est planté de disques compacts qu'il utilise comme armes. On pouffe de rire plus que l'on ne tremble devant cette galerie de créatures sinon effrayantes, du moins pittoresques. Bref, la franchise Hellraiser s'enlise. Ce qui n'empêchera cependant pas le maquilleur Kevin Yagher et le réalisateur Joe Chappelle (sous pseudo, mais nous reviendrons dessus dans le prochain article) de mettre conjointement en scène un quatrième volet quatre ans plus tard, en 1996, sous le titre Hellraiser IV : Bloodline...

 

dimanche 26 décembre 2021

Wrong Turn 5: Bloodlines de Declan O'Brien (2012) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Entre le quatrième volet de la franchise Wrong Turn situé dans le sanatorium de Glenville et le cinquième se déroulant à Fairlake en Virginie-Occidentale, nos trois chtarbés du bulbe Three Finger, Saw Tooth et One Eye ont parcouru du pays puisque les voici désormais à plus de quatre-cent kilomètres de distance des précédents événements. Nous les retrouvons pour cette cinquième aventures accompagnés de Maynard Odets, le patriarche de la famille visible dans les deux premiers volets de la saga, lequel était alors interprété par l'acteur Wayne Robson avant d'être remplacé ici par Doug Bradley. Oui, l'interprète de Pinhead dans la franchise Hellraiser ! Après un petit cours d'histoire d'une dizaine de secondes seulement, Wrong Turn 5: Bloodlines se poursuit avec l'une de ces séquences que semble affectionner tout particulièrement le réalisateur Declan O'Brien qui pour la troisième et dernière fois de sa carrière réalise l'un des volets de la franchise. Après avoir confronté Three Fingers à des fugitifs dans le troisième et ses frères et lui à des adolescents pas très futés dans le suivant, désormais l'intrigue prend sa source lors de la fête d'Halloween lors de laquelle va être célébré le dixième festival de musique des montagnards... C'est alors la jeunesse du pays tout entier qui se réunit ici afin de faire la fête. Que les fans du style '' Declan O'Brien'' se rassurent. Le réalisateur ne semble pas avoir cherché à changer de mode opératoire. Afin de ne pas rudoyer le transit intestinal des spectateurs, nous retrouvons donc les éternels adolescents au quotient intellectuel proche de celui d'un banc de poissons échoués sur une plage. Inutile de préciser que comme lors du précédent volet, les spectateurs auront la primeur de deviner chaque séquence avant qu'elle ne se produise...


Avec leur tronche façon ''masques de farces et attrapes'' et l'action se déroulant lors de la fête d'Halloween, on soupçonne très rapidement la présence de quiproquos entre d'éventuel plaisantins et les tueurs eux-mêmes ! Wrong Turn 4: Bloody Beginnings était très mauvais. Celui-ci ne vaut guère mieux. Pourtant moins long d'une dizaine de minutes environ, il n'en demeure pas moins relativement ennuyeux. Wrong Turn 5: Bloodlines est une version gore et décérébrée du western de Howard Hawks Rio Bravo. En effet, si l'on excepte l'évocation du festival de musique dont on ne verra d'ailleurs aucune image et la fête d'Halloween durant laquelle se déroulent les événements, le film de Declan O'Brien reprend dans les grandes lignes celui du classique de 1959. Le shérif, l'adjoint alcoolique, la joueuse de poker, le mexicain et l'adolescent de Rio Bravo sont ici remplacés par un shérif de sexe féminin (Camilla Arfwedson dans le rôle d'Angela Carter), un prisonnier sous l'emprise de l'alcool (Duncan Wisbey dans la peau de Mose) ainsi que trois jeunes adultes prénommés Lita (l'actrice Roxanne McKee), Billy (Simon Ginty) et Julian (Oliver Hoare). Le compte y est. Ces cinq là vont à leur tour devoir faire le siège d'une prison où est enfermé le père des trois consanguins qui bientôt vont venir le chercher. 

 

''Trop de bavardages et pas assez de gore nuisent souvent au récit...''

 

Mais d'ici là, Three Fingers et ses deux frères vont semer la mort dans une ville plongée dans l'obscurité et vidée de tous ses habitants pour cause de fête de la musique. Heureusement que de jeunes étudiants sont justement venus à Fairlake ce jour-là car ni les trois frères Odets ni les spectateurs n'auraient eu grand-chose à se mettre sous la dent. Une fois encore, Declan O'Brien fait appel aux effets-spéciaux numériques pour un résultat qui n'est malheureusement toujours pas à la hauteur. Cependant, il fait également appel à des effets-spéciaux de maquillage en plus grand nombre que dans l'épisode précédent. En résulte quelques très saignantes saillies gore du plus bel effet. Cela tombe d'ailleurs très bien puisqu'il est devenu inutile d'attendre autre chose de la franchise dont les protagonistes sont de plus en plus stupides. Drogue et sexe sont encore une fois au centre de leurs préoccupations, ce qui à la longue finit par s'avérer lourdement redondant. On tient avec Wrong Turn 5: Bloodlines un opus relativement mauvais comparé aux deux premiers longs-métrages mais le tout se laisse finalement regarder. Soit dit en passant, il n'est pas inenvisageable que l'on puisse parfois bailler devant certaines séquences de remplissage lors desquelles il ne se passe pas grand chose...

 

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