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samedi 17 août 2019

R.I.P Peter Fonda : The Trip de Roger Corman (1967)



Peter Fonda nous a quitté hier, 16 Aout 2019. Interprète de plus de cent-dix rôles, il fut l'un des plus célèbres représentants de la contre-culture américaine. Hommage...



Plus âgé de deux années que le culte (mais beaucoup trop surestimé) Easy Rider de Dennis Hooper, The Trip réunit déjà en 1967 ce dernier, aux côtés duquel s'impose dans le premier rôle, l'acteur Peter Fonda, et en tant que scénariste, Jack Nicholson. Forcément à la recherche d’emblèmes représentatifs de leur culture, les hippies ont jeté leur dévolu sur ces deux longs-métrages. Qu'en reste-t-il à notre époque ? En réalité, pas grand chose. A moins d'être assez âgé pour avoir conservé toutes les émotions qui se dégagèrent de la projection du film de Roger Corman lors de sa sortie, on ne peut autrement s'émouvoir du voyage intérieur que va vivre le personnage de Paul Groves qui après son divorce ne trouve plus réellement de sens à son existence.

Alors, lorsqu'il invite chez lui son ami John qui lui propose de vivre une expérience au LSD, Paul s'engouffre dans la brèche pour ne plus en sortir avant la fin des soixante-quinze minutes que dure The Trip. Si l'on a bien à faire à un voyage sous psychotrope hallucinogène, les effets visuels n'ont malheureusement pas conservé l'impact qu'ils durent avoir sur le public d'alors. La majorité des dialogues sont devenus désuets, tout comme les effets visuels à base de lumières stroboscopiques et de reflets kaléidoscopiques.

Le film de Roger Corman demeure cependant un spectacle hallucinogène conservant parfois, mais trop rarement, quelques-unes de ses bonnes idées. Si l'aspect kitsch peut naturellement rebuter les générations nouvelles, il y demeure une vision des effets du LSD particulièrement étonnante. De bonnes idées, il y en a. Si une grande majorité des plans n'ont plus aucun intérêt, quelques passages laissent imaginer l'état de trance dans lequel certains ont dû pouvoir se plonger à l'époque de sa sortie. C'est lors des scènes mélangeant musique rock répétitive et dessins sur imprimant les corps dénudés que le film parvient encore à distiller un ersatz de message que le reste fini malheureusement pas rendre stérile.

Malgré ces quelques trop rares passages, The Trip est une œuvre éminemment ennuyeuse. Presque aussi chiante que Easy Rider. On s'y emmerde prodigieusement. La sauce ne prend plus. Et même le message, cette éloge à la prise de LSD devient futile. Alors que l'on attendait une ode à la vie et à l'amour, The Trip a trop souvent des allures de descente incontrôlée. Si Dennis Hooper porte le confortable costume de « gourou » des stupéfiants, Peter Fonda ressemble à un rat des villes tentant de s'accoutumer au climat des champs. Un contraste finalement pas si saisissant qu'il aurait pu être.

Très impliqués dans le film, Peter Fonda , Jack Nicholson et Dennis Hoppe ont choisi de prendre eux-même du LSD afin d'en ressentir les effets, Roger Corman affirmant devoir en prendre s'il voulait pouvoir réaliser une œuvre sur le sujet. En écrivant le scénario, Jack Nicholson s'est servi de sa propre expérience en tant que consommateur de drogues. Le sujet de The Trip portant en lui une partie du vécu du scénariste et acteur américain. The Trip a peut-être, à une certaine époque, été l'un des flambeaux d'un courant, aujourd'hui, il n'en demeure plus grand chose qu'un film psychédélique quelque peu ringard. Les vrais trips cinématographiques, il faut les chercher du côté de Ken Russell et de son prodigieux Au-Delà du Réel ou du côté de Gaspar Noé et de son tout aussi extraordinaire Enter The Void...

dimanche 14 janvier 2018

Hang Em High de Ted Post (1968) - ★★★★★★★★☆☆



Le cinéaste américain Ted Post signait en 1968, un très grand western avec Hang Em High. Un scénario basant son intrigue autour du révisionnisme occidental remettant en question les idéaux fondés sur les coutumes du far West, et qui se révélèrent en fin de compte bien moins reluisants que dans les idées reçues. Clint Eastwood y interprète le rôle de Jedediah "Jed" Cooper, éleveur de bétail et ancien homme de loi accusé à tort d'avoir volé et tué le propriétaire d'un troupeau de bêtes par le Capitaine Wilson et ses hommes. Pendu sans autre forme de procès, il est sauvé in extremis par le marshall Dave Bliss qui ne passait pas tout à fait par hasard dans la région. Finalement reconnu innocent par le juge Adam Fenton, lequel lui offre un poste de Marshall, c'est porteur de sept mandats d'arrêt aux noms de ses lyncheurs que Cooper va se lancer à la poursuite de ces derniers afin de les faire enfermer et juger.
Face au désir de vengeance de Cooper, c'est l'opposition entre justice expéditive et tribunal impitoyable que tournera le récit du film qui chez nous sortira sur les écrans le 20 novembre 1968 sous le titre, Pendez-les Haut et Court. Un grand western, oui. Mais aussi et surtout, un grand malaise filmé en Couleur Deluxe. Le portrait peu élogieux d'une Amérique s'étant tout d'abord emparée des terres appartenant aux indiens. Mais là n'est pas vraiment le sujet. Ce qui intéresse Ted Post dans le scénario écrit par Leonard Freeman et Mel Goldberg, c'est d'abord les différentes formes qu'y prend la justice. Légale ou non, manifeste ou non-offcielle, dans le contexte de ce récit, elle dérange.

Tout commence donc par l'exécution de Cooper par des hommes s'affirmant hommes de loi, ce qui n'empêche pas certains d'entre eux de voler le condamné. L'un se saisit de la selle de son cheval tandis qu'un autre lui vole son portefeuille. Les visages expriment différents types d'émotions. Certains, de la gêne. D'autre, de l'incertitude quant à la culpabilité de Cooper, évaluée à la légère et sans qu'aucune preuve véritablement tangible à part la présence du bétail du propriétaire tué plus tôt dans les parages ne vienne définitivement étailler les soupçons de ces hommes qui se disent de loi mais tuent à la sauvage. Hang Em High n'aurait pu être qu'une succession d'actes mettant en scène un Clint Eastwood toujours aussi charismatique et tuant les uns après les autres ceux qui le jugèrent et le lynchèrent un peu trop rapidement.

Mais là où le scénario brille par son intelligence, c'est lors d'une scène durant laquelle intervient un événement avec lequel le personnage de Cooper entre en conflit. Si dans une certaine mesure, et selon la loi ayant court à l'époque, même un simple voleur pouvait finir la corde au cou, il y a dans ce double portrait de deux frères de dix-huit et seize ans ayant volé des bêtes en compagnie d'un homme plus mûr et seul responsable de la mort de leur propriétaire, de quoi remettre en question la justice un peu trop radicale en ce dix-neuvième siècle où la poudre et le chanvre parlaient un peu trop facilement. Afin d'étayer son propos et de s'assurer une attention de tous les instants de la part du spectateur, Ted Post nous assène aux trois-quarts du long-métrage une sextuple pendaison presque insoutenable dans son attente. Six condamnés pour presque autant de personnalités différentes. Parmis lesquels, les deux gamins cités plus haut, condamnés à mort par un juge que l'on avait loisir d'apprécier jusque là. Et toujours, Clint Eastwood, la marque de son lynchage pour nous rappeler son injustice, tentant de faire basculer le sort des deux jeunes condamnés. En vain puisque leur sort, justement, est déjà scellé.

Autre phénomène particulièrement absurde dans le comportement humain, ou du moins, tout à fait abjecte et admirablement retranscrit : la ferveur des habitants du village et de tous ces « touristes » venus assister à la multiple pendaison. Il demeure quelque chose de profondément indécent et de décadent dans ce spectacle de la mort où les chants religieux s'enchaînent, entrecoupés de rires gras et où la bière coule à flot. Seule minuscule note d'espoir dans ce monde chaotique et mortifère, un père refusant à son enfant d'assister à la pendaison. Un court répit immédiatement relayé par l'image marquante d'un père prenant sur ses épaules son enfant, à peine âgé de sept ou huit ans, histoire que le gamin n'en manque pas une goutte !

Si dans le font, le film se regarde essentiellement comme un excellent divertissement et un très bon western, c'est en analysant la forme que l'on y descelle tout le potentiel horrifique accentué par la partition musicale parfois minimaliste et anxiogène du compositeur et accordéoniste de jazz, Dominic Frontière. Aux côtés de Clint Eastwood, nous retrouvons notamment Pat Hingle dans le rôle du juge Fenton, Inger Stevens dans celui de Rachel Warren (incarnant ainsi encore une autre forme de justice), Ed Begley en Capitaine Wilson, ou Bruce Dern dans la peau de Miller. Quant aux plus attentifs, ils auront sans doute reconnu Dennis Hooper dans le minuscule rôle du « Prophète » au début du film. Un petit bijou à côté duquel il serait dommage de passer...

vendredi 24 mars 2017

Massacre à la Tronçonneuse II de Tobe Hooper (1986) - ★★★★★☆☆☆☆☆


Six ans après avoir ouvert les hostilités avec trois de mes films d'horreur préférés, Maniac de William Lustig, American Nightmares de Buddy Giovinazzo et Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper, c'est bien grâce à ce dernier qu'a été créé Cinémart. Et même si dans l'ordre chronologique il n'est apparu qu'en troisième position, il demeure dans mon cœur et dans mes tripes, le numéro UN. Tous genres confondus. Car comme l'écrivait un journaliste (dont j'ai oublié le nom depuis) de l'excellent magazine Mad Movies, Massacre à la Tronçonneuse n'est pas un chef-d’œuvre de l'horreur, mais un chef-d’œuvre du cinéma tout court. La suite, on l'apprendra assez vite, n'aura jamais été aussi glorieuse pour Tobe Hooper qui signa une ribambelle de longs-métrages dont seuls deux ou trois demeurent dignes de faire partie d'une vidéothèque qui se respecte. L'amour-haine que je cultive envers Massacre à la Tronçonneuse II (toujours réalisé par Tobe Hooper) s'explique de plusieurs manières.
Il y a dans cette suite, autant d'hommage au premier que de trahison. Un culte envers une famille monstrueuse, sans doute, mais également terriblement charismatique. Et même si elle n'est constituée que d'individus dégénérés personnifiant la société américaine, tels que Tobe Hooper put imaginer qu'elle fusse capable d'engendrer, on leur accordera une attirance-répulsion, deux émotions qu'aucune autres « famille » ne parviendra à nous faire ressentir (La Colline a des Yeux ou bien Wrong Turn et ses succédanés). Presque de l'amour. Pour un Leatherface dont les visionnages multiples des aventures duquel ont finit par le rendre presque sympathique. Si l'idée même d'une suite apparaissait comme une idée terriblement saugrenue (à l'époque, le principe des séquelles était assez mal perçu), nous n'avions d'autres choix que d'accepter que Tobe Hooper s'y colle à nouveau. Tant qu'un autre ne lui piquait pas l'idée, nous étions encore en mesure d'en accepter le principe.

Contre toute attente, le cinéaste choisissait alors de prendre un virage à trois cent soixante degrés et de nous offrir un spectacle auto-parodiant presque l’œuvre lui ayant précédé. De cet univers étouffant et attirant les amateurs de films d épouvante comme un aimant ne subsistait plus grand chose. A part des décors toujours plus sordides et une famille s'enrichissant d'un Chop Top (l'acteur Bill Moseley qui n'avait joué jusque là que dans un seul long-métrage) plutôt charismatique. Tobe Hooper octroie à cette suite une dose d'humour presque inattendue, éclipsant par là même tout l'aspect terrifiant de l’œuvre originale. Et c'est d'ailleurs là que le bat blesse. Le public américain ne s'y étant pas reconnu, le film ne connaîtra pas le succès escompté. Il gagnera finalement ses gallons de film culte au fil des années. Au regard des suites catastrophiques qui sont sorties par la suite, Massacre à la Tronçonneuse II revêt finalement l'apparence d'une assez bonne séquelle, toutefois, incapable de faire de l'ombre au premier du nom.

Maintenant, pourquoi ai-je donc choisi d'attendre aussi longtemps avant d'écrire un article sur la suite de MON film d'épouvante préféré ? Parce que jusqu'à maintenant, je n'ai jamais été fervent de cette séquelle. Et ne l'ayant jamais vue autrement que dans sa version française, j'attendais d'avoir l'occasion de le découvrir dans sa langue d'origine. Et cette occasion s'est enfin présentée. Hier soir, vers minuit...
La déception n'en a été que plus grande car que le film soit en version originale ou doublé en français, rien n'y change. Après une ouverture qui réveille nos souvenirs et nous met en appétit en nous rappelant le triste sort accordé à Sally, Franklin et leur trois compagnons, l'histoire de ce second volet démarre accompagné d'une bande-son qui n'a plus rien à voir avec l'étrange score du long-métrage original signé Tobe Hooper et Wayne Bell. Une musique rock, country, diffusée par la station de radio animée par la nouvelle héroïne Stretch (l'actrice Caroline Williams). La brune a remplacé la blonde mais ne possède pas les cordes vocales de l'une des plus grandes scream-girls du septième art. On retrouve l'acteur Jim Siedow dans le rôle de Drayton « the Cook » Sawyer et plusieurs nouveaux venus, tels Bill Johnson qui remplacera au pied levé un Gunnar Hansen (Leatherface premier du nom) qui refusera de jouer pour un cachet qu'il jugera insuffisant. Face à cette famille de dégénérés, Tobe Hooper impose un Dennis Hooper aussi barré que le personnage qu'il interprétera la même année dans l'un des chefs-d’œuvre de David Lynch, Blue Velvet.
Le grand Tom Savini assure des effets-spéciaux relativement sobres lorsque l'on sait que la même année, il produira des maquillages extraordinaires (et terriblement gore) pour le troisième volet de la saga zombiesque de son ami George Romero, Le Jour des Morts-Vivants. Par sa seule existence, cette suite démontre s'il en était besoin, que Massacre à la Tronçonneuse contient à lui seul toute la matière nécessaire pour fait un excellent film d'horreur et d'épouvante. Il était donc parfaitement inutile de réaliser une suite. D'autant plus que l'histoire se révèle peu passionnante. Il ne subsiste pratiquement aucune scène à retenir, à part peut-être quelques bouts par-ci, par-là (Dennis Hooper testant les tronçonneuses qu'il vient d'acquérir). Au final, Massacre à la Tronçonneuse II se révèle particulièrement ennuyeux...
Petite anecdote amusante: l'affiche du film reprend très exactement celle du cultissime Breakfast Club de John Hughes (que j'espère chroniquer un jour en ces pages) sorti un an plus tôt...

lundi 1 février 2016

L'apocalypse selon St George (4): Land Of The Dead (2005)



Les morts ont définitivement pris possession de notre planète et les quelques dizaines de milliers de survivants qui ont encore la chance d'être en vie sont parqués dans une ville scrupuleusement gardée par l'armée. Au beau milieu de cette citée vouée aux différents trafiques trône une tour immense où vivent quelques centaines de privilégiés. Fiddler's Green prône le retour à la vie d'avant, avec ses boutiques par dizaines et son apparente tranquillité. Du haut de cette tour, Kaufman dirige la ville et fait affaire avec Cholo DeMora, chef d'un commando de mercenaire qui rêve de poser les armes et de venir s'installer dans l'un des nombreux appartements de la tour Fiddler's Green. Mais Kaufman, lui, n'est pas de cet avis. Cholo part alors dans une croisade et est bien décidé à faire payer le prix du sang à celui qui a refusé de l'y accueillir. Pour contrer la menace que représente le mercenaire, Kaufman engage alors Riley et Slack pour arrêter Cholo qui vient de plus de s'emparer d'un véhicule lourdement armé.

Mais la menace vient également d'ailleurs. En effet, l'armée des morts est en route pour Fiddler's Green. Dirigée par Big Daddy, un zombie un peu plus intelligent que ses congénères, les cadavres déambulent, s'arment, et marchent vers la ville et sa tour. Le fleuve qui les sépare de leur but ne devient bientôt plus qu'anecdotique et le massacre entre vivants et morts peut alors commencer...

Vingt ans après le troisième volet de la saga des morts-vivants initiée en 1968 avec La Nuit des Morts-Vivants, et poursuivie en 1979 et 1985 avec respectivement Zombie et Le Jour des Morts-Vivants, le cinéaste George Romero, grand spécialiste de la question des zombies revient donc avec le quatrième épisode d'une saga qui en compte six jusqu'à maintenant. Si depuis quelques années le mythe du mort-vivant connaît un essor phénoménal à travers des dizaines de films et quelques séries télévisées bien senties, c'est bien grâce à ce Territoire des Morts. Loin d'être totalement dépassé par ses suiveurs, le cinéaste montre une fois de plus qu'il demeure le meilleur dans la catégorie qui l'a fait connaître des décennies plus tôt.

Avant d'être un film authentiquement gore, Le Territoire des Morts est tout d'abord un film d'action. Voire même, une œuvre de guerre. Dans un univers qui s'inspire aussi largement du New-York 1997 de John Carpenter que de tout un pan du cinéma d'anticipation des années quatre-vingt, le film est une très belle réussite et relance le mythe et la saga abandonnée (mise de côté serait-il plus judicieux de dire) vingt années auparavant.
Les effets-spéciaux conservent le charme d'antan, l'usage du latex étant encore à l'époque fort coutumier. Pourtant, on y aperçoit déjà les prémices des effets numériques. Non pas que Le Territoire des Morts soit le premier à lancer la mode des effets gore numériques, mais dans le vaste domaine des films d'horreur basés sur la mythologie des morts-vivants, il semble faire partie des fondateurs.

George Romero profite du récit pour y inclure une critique sociale dont il a l'habitude. Son œuvre creuse un fossé entre morts et vivants, et même entre vivants eux-mêmes. On assiste aussi à l'humanisation des morts-vivants qui désormais communiquent entre eux et sont capables de se munir de divers ustensiles pour se défendre et combattre leur principal ennemi, l'homme. Contrairement aux chapitres précédents, le cinéaste inclus quelques têtes bien connues du septième art sans que cela ne nuise à la crédibilité de l’œuvre. En effet, on y découvre les acteurs Robert Joy, Simon Becker, John Leguizamo et surtout Dennis Hopper. Il convoque même la propre fille du cinéaste Italien Dario Argento, la très sulfureuse Asia. Si l'on demeure encore loin des cultissimes Nuit des Morts-Vivants et Zombie, à l'époque, Le Territoire des Morts parvenait à réconforter ceux des fans qui pouvaient douter des capacités de George Romero à renouveler le genre. Malheureusement, la suite allait nous démontrer les limites d'un courant et peut-être même celles de celui qui lui donna ses lettres de noblesse...

jeudi 26 mars 2015

Blue Velvet de David Lynch (1987) - ★★★★★★★★☆☆



Lamberton, petite ville américaine où les pelouses sont verdoyantes et où la quiétude semble être la première des impressions que donnent les lieux, un homme arrose son jardin avant d'avoir une attaque. A l'hôpital où il séjourne, son fils Jeffrey Beaumont lui rend visite. Après avoir quitté l’hôpital, ce dernier flâne dans la campagne avoisinante et trouve dans un coin herbeux une oreille coupée. Curieux, il décide de l'emporter avec lui et se rend au commissariat de la ville afin d'en faire part aux autorités. Après que le médecin légiste local ai constaté qu'elle a été coupée à l'aide d'une paire de ciseaux, Jeffrey emmène l'inspecteur auquel il a eu affaire à l'endroit même où il a trouvé l'oreille.

Le soir même Jeffrey se promène dans une rue tranquille de la ville et frappe à la porte de l'inspecteur chargé de l'enquête qui lui promet de lui donner tous les détails de l'affaire une fois qu'elle sera résolue. Dehors il rencontre la fille de ce dernier qu'il connaît depuis l'enfance et la questionne au cas ou cette dernière serait au courant de certains détails concernant l'enquête. Elle lui parle d'une certaine Dorothy Vallens qui serait mêlée à l'affaire. Elle accepte alors de le conduire jusqu'à l'appartement de celle-ci et, attisé par la curiosité, il se fait un devoir d'épier l'inconnue et découvre que l'apparente tranquillité de Lamberton n'est qu'une façade et qu'elle cache en son sein de biens étranges personnages...

Pénétrer l'univers si particulier de David Lynch n'est, pour beaucoup de monde, pas chose aisée. Il demande un effort de concentration, de patience, d'interrogation et de curiosité pour se livrer au cinéphile envieux d'en connaître d'avantage sur celui qui depuis une trentaine d'années triture les méninges de nombre de personnes en mal d'évasions cinéphiles. Depuis ses premiers courts-métrages jusqu'à son dernier film "Inland Empire", le cinéaste nous convie à l'exploration d'un univers sans cesse en expansion qu'il est intéressant de décortiquer image par image ou au contraire définitivement insupportable d'essayer d'analyser lorsque l'on ne s'y est pas préparé longtemps à l'avance et ce, avec conviction. Regarder l'un de ses rares films tortueux et labyrinthiques, c'est prendre le risque de se perdre, à l'image de ses héros, dans les méandres d'histoires alambiquées et de personnages aux destinées troubles, de celles qu'on ne rencontre que très rarement dans la vie de tous les jours.

Alors que le cinéma semble parfois se perdre définitivement dans l'irraisonnable légèreté de scénarios insipides et dans d'insolvables jeux d'acteurs zombifiés par d'indigentes répliques, David Lynch lui, nous offre une approche toute personnelle du septième art. Lorsqu'un génie jette un regard sur le monde qui l'entoure, il offre aux spectateurs conquis les plus belles images qui leur soit offertes à la contemplation. Parler de ce film et de tant d'autres est avant tout un désir de partager l'amour du septième art et pourquoi pas de faire découvrir et aimer des films qui malheureusement passent très souvent sous le nez de ceux qui arrivent à se contenter de ce qu'on leur sert sur de disgracieux plateaux d'argent et à grands renforts de publicité et de bandes annonces grasses et mensongères. 
 
Blue Velvet fait partie de cette catégorie d’œuvres inclassables même si elle demeure aujourd'hui dans sa filmographie comme l'une des plus évidente (et rare) à déchiffrer. Inutile de revenir sur l'interprétation magistrale des acteurs employés ici puisque le cinéaste continue à se fier à des interprètes majeurs du cinéma américain (Isabella Rossellini, Kyle MacLachlane, Dennis Hopper, Laura Dern, Dean Stockwell). La musique signée angelo badalamenti participe elle aussi grandement à l'élaboration de ce rêve (cauchemar?) éveillé qui plonge le commun des mortels dans un univers cérébralement et physiquement éprouvant. Une très granderéussite...
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